Photographie & altérité

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La relation entre photographie et altérité pourrait se caractériser par un empêchement : l'impossibilité faite au médium d'atteindre son objet. C'est à partir des travaux de Marc Pataut, principal acteur depuis les années 1990 d'une photographie reposant sur des processus dialogiques, que la réflexion va être menée. Confrontée à une altérité qui à la fois se donne et se retire, apparaît et se voile, reste la même tout en étant toujours autre, la photographie n'est-elle pas condamnée à manquer irrémédiablement son objet ?
Publié le : dimanche 15 mai 2016
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EAN13 : 9782140010132
Nombre de pages : 122
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Gilles Picarel
Photographie&altérité
Interrogations à partir de Marc Pataut
Préface d’Alain Bernardini
Série Photographie Collection Eidos
Photographie & altérité Interrogations à partir de Marc Pataut
ème Ce livre est le 86 livre de la
dirigée par François Soulages & Michel Costantini Comité scientifique international de lecture Argentine(Silvia Solas, Univ. de La Plata),Brésil(Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia),Bulgarie(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid),Chili(Rodrigo Zuniga, Univ. du Chile, Santiago),Corée du Sud(Jin-Eun Seo, Daegu Arts University, Séoul),Espagne(Pilar Garcia, Univ. Sevilla),France(Michel Costantini & François Soulages, Univ. Paris 8),Géorgie(Marine Vekua, Univ. de Tbilissi), Grèce(Panayotis Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina),Japon(Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo),Hongrie(Anikó Ádam, Univ. Pázmány Péter, Egyetem),Russie(Tamara Gella, Univ. d’Orel),Slovaquie(Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica),Taïwan(Stéphanie Tsai, Unv. Centrale de Taiwan, Taipei) Série RETINA3 François Soulages (dir.),La ville & les arts11 Michel Gironde (dir.),Les mémoires de la violence 12 Michel Gironde (dir.),Méditerranée & exil. Aujourd’hui13 Eric Bonnet (dir.),Le Voyage créateur 14 Eric Bonnet (dir.),Esthétiques de l’écran. Lieux de l’image 17 Manuela de Barros,Duchamp & Malevitch. Art & Théories du langage 18 Bernard Lamizet,L'œil qui lit. Introduction à la sémiotique de l'image 30 François Soulages & Pascal Bonafoux (dir.),Portrait anonyme 31 Julien Verhaeghe,Art & flux. Une esthétique du contemporain 35 Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou36 Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou au cinéma37 Gezim Qendro,Le surréalisme socialiste. L’autopsie de l’utopie38 Nathalie ReymondÀ propos de quelques peintures et d’une sculpture39 Guy Lecerf,Le coloris comme expérience poétique40 Marie-Luce Liberge,Images & violences de l'histoire41 Pascal Bonafoux, Autoportrait. Or tout paraît42 Kenji Kitayama,L'art, excès & frontières43 Françoise Py (dir.),uDnimasiréàemalptrost-moderne44 Bertrand Naivin,Roy Lichtenstein, De la tête moderne au profil Facebook 48 Marc Veyrat,La Société i Matériel. De l’information comme matériau artistique, 1 49 Dominique Chateau,Théorie de la fiction. Mondes possibles et logique narrative 51 Patrick Nardin,Effacer, Défaire, Dérégler... entre peinture, vidéo, cinéma e 55 Françoise Py (dir.),siècleMétamorphoses allemandes & avant-gardes au XX 56 François Soulages & Sandrine Le Corre (dir.),Les frontières des écrans 58 François Soulages & Alejandro Erbetta (dir.),Frontières & migrationsAllers-retours géoartistiques & géopolitiques 60 François Soulages & Aniko Adam (dir.),Les frontières des rêves Suite des livres publiés dans la CollectionEidosà la fin du livre Publié avec le concours de
Gilles Picarel Photographie & altérité Interrogations à partir de Marc Pataut
Préface d'Alain Bernardini
Du même auteur
Les frontières de l’extériorité, RETINA.CRÉATION, Paris, 2015.
L’Harmattan,
Coll.
Affleurement, L’Harmattan, Coll. RETINA.CRÉATION, Paris, 2016. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09343-7 EAN : 9782343093437
Je remercie François Soulages pour son amitié et sa présence. Sans lui, cet ouvrage n’aurait pas pu voir le jour.
Préface
Vous allez lire ce livre. Vous l’avez peut-être déjà feuilleté, parcouru, avant de le lire. Vous allez le regarder aussi, pendant, avant ou après l’avoir lu. Gilles Picarel pense et il l’écrit. Il réfléchit sur les images de l’autre. Je veux dire sur celui qui en fait des images, des pho-tographies. Et il l’écrit. Il pense comment un auteur, qui fait des photographies sur l’autre, peut continuer en ayant conscience de la res-ponsabilité qui l’engage à le faire. Mais Gilles fait aussi des photographies de l’autre. Ou plu-tôt, pour respecter ce qu’il dit et écrit ensuite, il va « leur » faire une photographie. Si vous re-gardez ce livre justement, vous remarquerez que son « travail photographique », comme il l’écrit page 68, est au milieu physique du livre. C’est aussi le chapitre 3 sur les 6 qui compo-sent ce livre. C’est le cœur de son sujet. C’est « l’entre » de la réflexion, du déroulé de la pen-sée. C’est la preuve. Gilles Picarel s’y colle aus-
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si et éprouve avant ou après avoir parlé, écrit, pensé ce qu’il envisage de l’autre. Comme on dit il sait de quoi il « parle ». Rien n’est fait au hasard chez Gilles quand il réalise quelque chose comme ce livre. Il prend position en plaçant ce peu d’images, en tant qu’artiste pho-tographe, à cette place. Il nous livre avec déli-catesse et fermeté ces points visuels de ren-contre pour que nous puissions prendre la pause, le temps, nécessaire pour regarder et non voir. Car l’envisagé est seul devant l’appareil photographique. Gilles est seul der-rière l’appareil lui faisant ces photographies. Et vous êtes seuls, je suis seul devant les photo-graphies de cette personne envisagée, qui a un prénom et un nom. Pourtant Gilles Picarel a été « avec » cette personne pour faire cette photographie. « Avec », dans le sens que quelque chose est advenu entre lui et cette per-sonne présentée au milieu de ce livre, pour que ces photographies puissent lui être faites. Si-non Gilles ne photographie pas. Je le sais. Je dois le dire ici, nous avons travaillé ensemble, oui travaillé, à réfléchir pendant des séminaires de pratique photographique à l’université, cette question de la figure de l’autre. Et ce qui m’a marqué le plus pendant ces deux années d’échange, ce sont les semaines où Gilles ne pouvait pas photographier, et ne montrait donc rien, pendant que les autres étudiants
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produisaient, et se taisait donc aussi, parce qu’il n’y avait pas encore les conditions de ce qui devait advenir entre lui et l’autre. L’image ne pouvait pas se faire. Ne devait pas se faire. À cette question posée à Jean-Luc Go-1 dard en 1982 :Interviewer quelqu’un peut être, dans le meilleur des cas, essayer d’aller à sa rencontre…(nous pouvons remplacer interviewer par pho-tographier, vous l’aurez compris), il répond : Encore faut-il avoir envie d’aller à sa rencontre, expri-mer cette envie, faire que l’auteur(nous pouvons remplacer l’auteur par la personne photogra-phiée)ait envie de vous recevoir. (…)Et plus loin à propos de ce qui est possible ou pas de faire avec le cinéma sur cette idée de rencontre, il poursuit :Il y a des choses qu’on peut tenter… Bon, mais on ne peut pas montrer à un ouvrier une heure de son travail. Ça l’ennuie au bout d’un moment, forcé-ment, ce travail en lui-même est ennuyeux. Pourquoi le reverrait-il encore ? En relisant cet entretien, je n’ai pu m’empêcher de me demander : à qui s’adresse les photographies des « Envisagés » ? C’est
1. Cet entretien publié dans le numéroartpress spécial « Audiovisuel» (juin-août 1982) n’a pas été réalisé pour une revue. JLG a répondu aux ques-tions de Michel Boujut et d’Anne Andreu pour l’émission qu’ils produi-saient sur Antenne 2, « Cinéma Cinéma ». La séquence fut réalisée par Jean-Claude Giudicelli et programmée le 2 juin à 21h50. Dans son studio vidéo à Genève, Godard était assis devant des téléviseurs délivrant en « direct » des gros plans de son visage que filmaient des caméras vidéos. Godard ne pouvait voir ces écrans, mais les spectateurs et les intervie-wers, eux, les voyaient. « Les grands entretiens d’artpress. Jean-Luc Godard, imec éditeur, Paris, mai 2013 ».
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