Pluie oblige

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Mensonges et trahisons rythment le quotidien du couple Vélard, mais il suffit de quelques gouttes de pluie pour que tout rentre dans l'ordre, une fois encore. Du moins, jusqu'au prochain orage.


Publié le : jeudi 2 janvier 2014
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EAN13 : 9782332630483
Nombre de pages : 156
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ISBN numérique : 978-2-332-63046-9
© Edilivre, 2014
Dédicaces
A toi, Raphaël, mon fils, mon ami, mon complice de toujours.
Pluie oblige
Synopsis Mensonges et trahisons enveniment la vie du couple VÉLARD depuis longtemps. Mais il leur suffit d’un peu de pluie pour que tout change. Et chez eux, quand il pleut ce n’est jamais pour rien… Décor Un salon meublé d’une table, six chaises, un canapé, deux fauteuils, une méridienne, un meuble bar. Dans le fond, quatre portes : un accès à la salle de bains derrière l’escalier, un accès à la salle à manger-cuisine, un accès à la bibliothèque, une porte d’entrée cachée par un mur. Un escalier qui mène aux chambres supérieures.
Les personnages 2 femmes, 6 ou 7 hommes. (Possibilité pour Xavier de reprendre le rôle de l’un des deux agents de police) Éduard VÉLARD:55 ans. Avocat. Avide et égocentrique. Ventru de préférence. Barbara VÉLARD:45 ans. Psychologue. Épouse d’Éduard. Daniel DECHÈSE :55 ans. Dentiste et auteur du livreLe Quincasexe.Amant d’Anastasia. Anastasia :ans. Travesti. L’amante de Daniel. Habits, coiffure et maquillage 30 extravagants. Accent russe très prononcé. Personnalité exubérante. Jérôme :55 ans. Valet. Discret, mais toujours sur la défensive. Son tic nerveux peut être au choix. Xavier DÉCAN :40 ans. Journaliste. Patrice (faux curé) :30 ans.L’amant de Jérôme. Clément BONJOUR :Agent de police appointé, entre 30 et 60 ans. Sec et autoritaire. Martin MARTIN :Agent de police entre 30 et 50 ans. Un peu simplet.
Le rideau se lève. ÉDUARD fume son cigare devant la baie vitrée, son imperméable posé sur l’un des fauteuils. Dehors, on entend des coups de tonnerre. Entre en scène par l’escalier Jérôme, chargé de valises et de deux fusils de chasse en bandoulière qu’il dépose devant l’entrée principale.
ÉDUARD Et un week-end de fichu…(Interrompu par la sonnerie du téléphone.) Jérôme va répondre.
JÉRÔME Villa VÉLARD, bonjour… Un instant, je vous prie.Mimant l’urgence, il apporte le combiné à ÉDUARD et sort de scène par l’escalier.
ÉDUARD Oui, c’est moi !… Oui, je sais, mais je serai auprès de toi tantôt ma douce… Mais enfin, je ne suis tout de même pas à l’autre bout du monde !… Trop loin ? Non, Bonfol se trouve en Suisse… Oui, dans le Jura… Oui, le Jura suisse…. Non, je n’ai pas encore pu le lui dire… Un divorce ne s’annonce pas en un week-end !… Yaka, yaka, c’est facile à dire… Non, je ne peux pas me mettre à ta place, car je peine déjà à occuper la mienne… Ne t’énerve pas, je vais le lui annoncer… Quand ? (Il réfléchit.)Sur le chemin, tiens ! Comme ça, elle ne pourra pas me faire de scandale et tout le monde sera mis au courant du premier coup. Ça te rassure ?… Non ? Ben, moi non plus !… Oui, je sais que j’ai eu trois jours, mais des événements inattendus ont changé mes plans. Mais attention ! Ce n’est pas pour autant que je ne contrôle pas la situation…(Interrompu par l’arrivée de Barbara : bottes à la main, vêtue d’un ciré jaune et coiffée d’un chapeau assorti.)
BARBARA Voilà, voilà ! Je suis prête… (Constate qu’Éduard est au téléphone)! Pardon Ho … Va s’asseoir pour se chausser. Éduard reprend la conversation au téléphone.
ÉDUARD Nerveux, parle au téléphone. C’est cela, à ce soir… Oui, deux petites heures environ. Oui, j’ai compris… Oui, tic-tac, tic-tac… C’est cela, à ce soir. (Raccroche.)
À ce soir ?
BARBARA
ÉDUARD Un client.(Considère Barbara.)Dis-moi, tu comptes prêter main-forte aux pompiers ?
Ils ont besoin de volontaires ?
BARBARA Naïvement.
ÉDUARD Aucune idée. Mais dans cette tenue, crois-moi, l’emploi te sera assuré.
BARBARA Ne change pas de conversation, Éduard… (En tirant sur sa botte.)Je t’ai entendu dire…
Oui, et alors ?
ÉDUARD Réagissant vivement.
BARBARA Tu m’avais promis de ne plus travailler le week-end. Il n’y a qu’à voir ce journaliste qui t’a proposé ce reportage sur la chasse. Eh bien, son week-end est fichu, et pas une seule ligne pour son article !
Ça, c’est son problème, pas le mien.
ÉDUARD
BARBARA Tu devrais te remettre en question pourtant…
Que je me remette en question ?
ÉDUARD
BARBARA Oui, car depuis vendredi, tu transpires, tu te répètes, et tu ennuies tout le monde.
ÉDUARD J’ennuie et je transpire ? Et selon toi,puis-je faire autrement ? Dès que je tente comment d’aborder le sujet avec Daniel, sa cosaque se présente tel l’as de pique… Je t’avais pourtant dit d’attendre encore un peu pour les inviter. Mais non, il fallait que ce soit ce week-end !(Imite la voix de Barbara en minaudant.) «Soyons gentils avec Anastasia, et gnagnagni, et gnagnagna ! » Voilà pourquoi je sue, pour pouvoir la supporter !
BARBARA Tu savais très bien que la présence de ce journaliste t’empêcherait de parler à Daniel pour arriver à tes fins. D’ailleurs, c’est à se demander ce qu’il peut encore écrire, vu que vous n’avez pas mis le nez dehors depuis notre arrivée.
ÉDUARD Mes fins ? Dois-je te rappeler que c’est toi qui as proposé à Daniel d’investir dans ce projet rural pour dépressifs capitalistes ?
BARBARA Le contact avec la nature faisait partie de la thérapie. Mais que peux-tu comprendre, toi, des problèmes des autres ?… Heureusement que Daniel a compris, lui. Son livre en est la preuve.
ÉDUARD Ah, voilà queLe Quincasexe est une preuve d’intérêt social maintenant ! S’il te plaît, Barbara, ne sois pas ridicule.
L’as-tu seulement lu ?
BARBARA
ÉDUARD Le titre suffit à comprendre.(Fort)Le sexe pour quinquagénaires » ! Toi, qui es pourtant « psychologue, tu devrais savoir que c’est tout simplement…(Cherche le mot en claquant des doigts.)Comment appelez-vous ça déjà ? Le transtruc… ce machin qui se passe à l’autre ?
Le transfert.
BARBARA
ÉDUARD Voilà, un transfert ! Daniel a des faiblesses avec sa zigounette et voilà que tous les quinquagénaires sont obligatoirement impuissants. Mais attention ! Sur les conseils d’un dentiste, la machine repart comme en quarante. Ah, ça ! pour une bonne pub, ça nous en fait une bonne ! J’imagine déjà les petites annonces. « Femme, la cinquantaine, cherche compagnon du même âge, point. Lecteurs deQuincasexes’abstenir, point. »
BARBARA Ce ne sont que des conseils pour raviver le désir, ça n’a rien à voir avec l’impuissance.
ÉDUARD Si Daniel n’avait plus de désir, il n’avait pas besoin de s’emmerder et de nous emmerder, en écrivant ces foutaises ! D’ailleurs, il a trouvé tout seul comment raviver son désir… Ha ! Il n’a pas perdu son temps, celui-là. Deux jours ! Il lui a fallu seulement deux jours pour sauter à pieds joints chez les Soviets après le départ de sa femme. On a beau dire que les cochons ne deviennent pas vieux, mais alors que les vieux deviennent cochons, il n’y a plus aucun doute. Même qu’ils voyagent maintenant.
BARBARA Il fait ce qu’il veut de sa vie amoureuse. Cependant, il a tout de même continué à s’intéresser à ce problème tabou au travers de ses patients.
ÉDUARD Car selon toi, il est logique qu’un dentiste t’interroge sur ta libido tout en s’acharnant à t’extraire une molaire ????
Pourquoi pas ?
BARBARA
ÉDUARD Fort. Parce que ça fait mal de se faire arracher une dent ! Et qu’il est impossible de leur répondre, vu que leurs grosses paluches nous ferment la gueule !
BARBARA Ce n’est pas pendant l’intervention que Daniel est supposé questionner le patient. Mais avant ou après.
ÉDUARD C’est du pareil au même ! Avant, on a le trouillomètre à zéro, et après, on bafouille. Sans oublier le prix que coûte une intervention dentaire – du coup, on s’économise sur la salive ! D’ailleurs, si ma zigounette venait à me faire défaut, ce n’est pas à un dentiste à qui je m’adresserais – il n’y a qu’à voir la délicatesse avec laquelle ils arrivent à nous mettre la bouche en compote… alors, d’ici que je lui fasse des confidences sur la grève de « Popol »…
BARBARA Et pourquoi un dentiste n’aurait-il pas le droit de se diversifier ? Je ne me suis pas limitée à la psychologie freudienne, moi. J’ai opté pour la nature et ses bienfaits.
ÉDUARD Ah oui, j’oubliais ton côté écolo… les papillons, les pâquerettes, les cheveux au vent… Sauf que toi, côté finances, il ne te reste que les pâquerettes, contrairement à Freud qui, lui, a su faire son blé.
BARBARA Furieuse. Quinze pour cent de mes patients ont retrouvé leur équilibre grâce à mes thérapies !
ÉDUARD Oui, jusqu’à ce que l’un de tes patients, encore et toujours déséquilibré, mette le feu à toute la maison. Pour marcher, ça a marché ! Coût de l’opération : deux millions de francs brûlés, calcinés, foutus, envolés, comme tes petits oiseaux, et nous devons encore et toujours rembourser Daniel. Je te rappelle au passage que ce genre de détail n’est pas en faveur de ma carrière politique.
BARBARA Tu seras largement élu ! Tu en as la raison, et les moyens. La raison : ta volonté farouche à vouloir tout gérer. Les moyens : ton expérience à manipuler tout le monde.
ÉDUARD Oui, mais en attendant, une dette de deux millions, on ne la planque pas dans un tiroir le temps d’être élu.On peut la ressortir après, mais pas avant. La politique c’est comme ça, il faut montrer patte blanche au début !
BARBARA Et sortir les crocs après, n’est-ce pas, mon chéri ?
On s’est compris.
ÉDUARD
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