Réflexions sur et autour de l'Indépendance camerounaise

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Au lieu de gloser et de polémiquer sur le bilan des "cinquante ans" de notre "Indépendance", il nous semble plus constructif de poursuivre l'effort d'intégration nationale, mais encore plus urgent de réajuster notre stratégie de développement à l'aune de nos propres repères historiques et culturels. Le lancement de cette revue, en cette année symbolique du cinquantenaire de l'indépendance camerounaise, est une nécessité pour susciter une prise de conscience culturelle et historique devant aboutir à une refondation politique.
Publié le : mercredi 1 septembre 2010
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EAN13 : 9782296259416
Nombre de pages : 217
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SommaireAvant propos………………………………………………………………………………….pp. 79 Par Blaise Alfred NGANDO Directeur de la Publication **** Archéologie…………………………………………………………………………………pp. 1124 Les fondements archéologiques de l’Histoire du CamerounPar JosephMarie ESSOMBA Université de Yaoundé I **** Sociétés traditionnelles………………………………………………………………………pp. 2562 Le système sociopolitique traditionnel chez les Basaa Par Alain Roger PEGHA Université de Douala Politisation des chefferies et émasculation de l’autorité traditionnelle : le cas des Lamidats du Nord Cameroun de la période coloniale à nos jours Par MAMOUDOU Université de Douala **** Urbanisme & Architecture………………………………………………………………….pp. 6378 Les modèles architecturaux des villes du NordCameroun : 19602010Par André TASSOU Université de Yaoundé I **** Dossier spécial : Réflexions sur et autour de l’Indépendance camerounaise…………..pp. 79182 A propos des « Indépendances » du CamerounPar Jean Bédel NORODOM KIARI Université de Dschang Les opérations militaires françaises en Sanaga Maritime de 1955 à 1958Par Virginie WANYAKA BONGUEN OYONGMEN Université de Yaoundé I Alliances politiques ou absorption politique : le paradoxe camerounais (19551966) Par Alvine Henriette ASSEMBE NDI Université de Yaoundé I
Rio dos Camaroesn°1 – Juin 2010
Regard sur le sens de la présence française au Cameroun en matières juridiques (1916 à 1959) Par Blaise Alfred NGANDO Université de Yaoundé IISoa La lente marche du Cameroun vers l’Etat unitaire : sens, étapes et perspectives historiques d’un processus complexe Par Faustin M. KENNE Université de Yaoundé I Qu’estce que donc, l’Indépendance ? Autobiographie d’un concept Par Patrice NGANANG Ecrivain Mbensan na muenen (Indépendance/Freedom) Par Thierry Mouelle II Ecrivain **** Littérature…………………………………………………………………………………pp. 183195 The satire in african literature of french expression : case study of le vieux nègre et la médaille and le soleil des indépendances By Salawu ADEWUNI (University of AdoEkiti, Nigeria) **** Enseignement supérieur…………………………………………………………………pp. 197 210 La liberté académique en crise au Cameroun de 1997 à 2007 : acteurs de l’histoire, faits et défis de l’enseignement supérieur Par Martin MBENGUE NGUIME Université de Ngaoundéré
Avant propos er Le 1 janvier 1960, le « Cameroun français » accédait à la souveraineté er internationale. Le nouvel Etat était rejoint, le 1 octobre 1961, par la partie sud du « Cameroun britannique » rattachée jusqu’alors au Nigeria, devenant une « République fédérale ». A l’issue du Référendum du 20 mai 1972, la « République fédérale » du Cameroun devenait « République unie ». L’ancienne colonie allemande (18841914) retrouvait ainsi son unité perdue dans le contexte de la Grande Guerrelorsque les troupes alliées, notamment françaises et (19141918), britanniques, la prirent en possession, se la partagèrent, avant qu’elle ne soit mise sous mandat (19221946) puis sous tutelle (19461960/1961) internationale. Cinquante ans après l’Indépendance, il est tentant de dresser un bilan du chemin parcouru par notre pays, d’évaluer les avancées et reculades depuis notre accession à la souveraineté internationale. Mais que représentent « cinquante ans » à l’échelle de l’histoire des Nations ? Et d’ailleurs, quel bilan particulièrement positif pouvaiton attendre d’une « Indépendance » dont les vainqueurs politiques sont ceuxlà mêmes qui en avaient combattu l’idée et qui continuent de « gouverner » sous le regard certes tempéré, mais toujours bienveillant de l’ancienne puissance tutrice ? Au lieu donc de gloser et de polémiquer sur le bilan des « cinquante ans » de notre « Indépendance », il nous semble plus constructif de poursuivre l’effort d’intégration nationale, mais encore plus urgent de réajuster notre stratégie de développement à l’aune de nos propres repères historiques et culturels. Ceci implique que nous devons nous réapproprier notre histoire et nos traditions pour affronter les défis actuels et à venir. D’où le lancement, en cette année symbolique du cinquantenaire de l’indépendance camerounaise, d’une Revue Camerounaise d’histoire et des 1 Traditions, dénommée « Rio dos Camaroes » . L’idée peut, à bien des égards, paraître vaine, tant le monde est devenu un « village » sous l’effet de la révolution technologique et de la mondialisation des capitaux. Et pourtant, notre pays comme le reste de l’Afrique vit ses réalités, sa marginalité. Son existence est menacée par toutes sortes de catastrophes, par une litanie de fléaux qui prolongent ses 1                       !"  # $%  & '  $   ( $  ) *  + , -*.  #/    0 ) + * ,   0 ) 1 ,    &2 ) + , *  +   3  +        # ## #   4      #
Rio dos Camaroesn°1 – Juin 2010
traumatismes. Alors qu’une infime minorité jouit avec ostentation des délices de la «mauvaise gouvernance», une immense majorité croupit dans une misère insoutenable. La crise identitaire amorcée par les expéditions coloniales s’aggrave dramatiquement. Cinquante ans après les Indépendances, l’Afrique reste en quête de repères pour maîtriser son destin. C’est pourquoi nous devons revisiter notre histoire et nos traditions. Ce n’est ni pour faire œuvre de passéisme, ni pour larmoyer sur des traditions révolues, mais c’est une nécessité pour susciter une prise de conscience culturelle et historique devant aboutiràune refondation politique. «Afrique en miniature»,leCamerounest un extraordinaire condensé culturel où se côtoient et se croisent les grandes traditions culturelles du continent. Chacun des 250 groupes ethniques possède sa propre expression artistique, sa propre facture. Son folklore, très riche et diversifié, oc cupe encore une grande place dans la culture nationale, l'organisation politique s'appuyantàla fois sur les structures modernes et traditionnelles. Héritage d'une rencontre de civilisations traditionnelles enrichies de la combinaison d'influences coloniales allemande (1884 1914), française (19161959) et britannique (19161961), le Cameroun possède  exem ple unique en Afrique  deux langues officielles occidentales (le français et l'anglais) en plus de nombreuses langues vernaculaires quasi proportionnellesàla multiplicité ethnique. Marqué d'un exceptionnel passé insurrectionnel, c'est l'unique territoire d'Afrique noire francophone ayant connu une guérilla anticoloniale. Il est aujourd'hui rel ativement stable et uni, nonobstant des velléités séparatistes qui couvent à l'aune du béga iement démocratique, après 24 ans de monolithisme (19661990). Or, en dépit de son potentiel culturel et de sa relative stabilité dans une Afrique belliqueuse, le Cameroun s'enlise pourtant dans une crise de valeurs, conséquence de la pauvreté des activités culturelles : d'abord, une pauvreté des lectures,les bibliothèques universitaires étant tantôt inexistantes, tantôt dans un état de vétusté affligeant. Il arrive que des dons d'ouvrages faits par divers organismes restent dans des cartons ou soient détournés. Quelques privilégiés qui voyagent s'approvisionnentàl'étranger, faute de librairies et d'éditeurs véritables. Qui plus est, les Camerounais lisent peu, traînant des habitudes de la période monolithique où la censure de certaines productions littéraires était de rigueur.Acela, s'ajoute aujourd'hui leur pouvoir d'achat réduit depuis la dévaluation du franc CFA en 1994. Ensuite, un manque d'intérêt pour les manifestations publiques de l'activité intellectuelle dont conférences, expositions et colloques qui se raréfient faute de financements et d'impulsions. Suite à une baisse drastique de leur salaire, les universitaires et autres intellectuels n'ont plus les moyens pour s'offrir des séjours ou des congés à l'étranger où ils pouvaient fréquenter les œuvres de l'esprit dans les musées et les bibliothèques. Enfin, une faiblesse des productions culturelles,
intellectuelles et audiovisuelles. Les revues littéraires ou philosophiques sont aussi bien réduites que paraissant avec irrégularité. Les fruits de la recherche sont rarement publiés. Sur un plan général, le Centre culturel camerounaiscréé en 1968, est pratiquement en marge de la vie culturelIe. Fierté de ce pays dans les années19701980, la structure est délaissée par les promoteurs de festivals quilui ont préféré le Centre culturel français mieux structuré et plus dynamique. Face à ce dénuement culturel, la jeunesse camerounaise est en mal de re pères : elle ne rêve, sinon d'enrichissement facile, que d'exil. Aussi noteton ces dernières années une forte poussée migratoire des Camerounais désespérés d'un quotidien indigent et espérant des perspectives paradisiaques en Occident. Dans le lot, des artistes, des intellectuels et de jeunes diplômés subissant une précarisation indigne de leurs talents et compétences. Or, convaincue que l’histoire et la culture sont les fondements d’une orientation patriotique du developpement, l’Espace Culturel Camerounais (Association loi 1901France) entend apporter sa contribution à l’édifice camerounais. Elle se propose, à travers la revue « Rio dos Camaroes », de promouvoir la réflexion sur l’histoire et les traditions du Cameroun afin de conforter notre identité commune, d’affermir l’esprit citoyen et de contribuer à ériger le patriotisme en véritable dogme du developpement national. C’est à cet effet qu’a été signée en mai 2008, une convention de coédition avec les éditions L’Harmattan (Paris). Il s’agit de publier régulièrement, d’une part, la revue« Rio dos Camaroes », et d’autre part, des ouvrages relatifs à l’histoire et aux traditions du Cameroun. Pour cette première édition de la revue, nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont adressé leurs contributions, et encore plus particulièrement ceux qui ont collaboré à sa réalisation. Nous demandons par avance l’indulgence des lecteurs pour les imperfections de cette première édition. Nous nous ameliorons dans les prochaines éditions. C’est l’occasion d’inviter nos contributeurs à respecter 2 scrupuleusement notre protocole de rédaction pour la mise en forme des articles. Les épuipes de la Revue (comité d’honneur, comité scientifique, comité éditorial, responsables de rubrique) se mettront en place au fur et à mesure pour une meilleure évaluation scientifique et littéraire des articles. Nous fondons un vif espoir que les articles que nous publierons contribueront à une meilleure connaissance historique et culturelle du Cameroun, car commme dit l’adage,« qui connaît le passé commande l’avenir ».Blaise Alfred NGANDODirecteur de la publication
2 Cf. Annexes, infra, pp. 213215
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