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Renaissance et baroque (Tome 1)

De
254 pages
L'homme de la Renaissance et de l'Age Baroque appréhendait le monde à travers un mode de pensée hérité d'un passé immémorial : la pensée analogique. Pensée première de tout être humain, elle tisse un réseau de liens entre le monde (le macrocosme) et l'homme (le microcosme). Les philosophes et les artistes de l'Antiquité jusqu'au XVIIIe siècle se sont emparés du développement naturel de cette pensée et ont établi une science des correspondances, ou science de l'analogie.
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Jocelyne CHAPTAL
RENAISSANCE ET BAROQUE
Les charmes de l’analogie Tome I
Préface de Philippe Beaussant
Renaissance et Baroque Les charmes de l'analogie
Histoires et Idées des Arts Collection dirigée par Giovanni Joppolo Cette collection accueille des essais chronologiques, des monographies et des traités d'historiens, critiques et artistes d'hier et d'aujourd'hui. À la croisée de l'histoire et de l'esthétique, elle se propose de répondre à l’attente d’un public qui veut en savoir plus sur les multiples courants, tendances, mouvements, groupes, sensibilités et personnalités qui construisent le grand récit de l'histoire de l'art, là où les moyens et les choix expressifs adoptés se conjuguent avec les concepts et les options philosophiques qui depuis toujours nourrissent l'art en profondeur. Dernières parutions Pierre BERGER et Alain LIORET,L’Art génératif. Jouer à Dieu... un droit ? un devoir ?, 2012. Denis MILHAU,Du réalisme, A propos de Courbet et Baudelaire, mais aussi de Cézanne, Kandinsky, Apollinaire, Picasso et quelques autres,2012. Olivier DESHAYES,D’Eros à Agapè ou la correspondance de Mme Deffand avec Horace Walpole, 2011. Jean-Claude CHIROLLET,La question du détail et l’art fractal (à bâtons rompus avec Carlos Ginzburg), 2011. RIBON Michel,L’art, miroir de vies et créateur de mondes, Essai sur la peinture, 2010. Sonia DELEUSSE-LE GUILLOU,Eugène Ionesco, de l'écriture à la peinture,2010. Océane DELLEAUX,Le multiple d'artiste. Histoire d'une mutation artistique. Europe-Amérique du Nord, de 1985 à nos jours, 2010. Olivier DESHAYES,Le désir féminin ou l’impensable de la création,2009. Isabelle DOLEVICZENI-LE PAPE,L’esthétique du deuil dans l’art allemand contemporain. Du rite à l’épreuve, 2009.
Jocelyne CHAPTALRenaissance et Baroque Les charmes de l'analogieTome I
Préface de Philippe Beaussant
Iconographie : Page 167 : schéma de l’Arbre des Séfiroth. © L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00275-0EAN : 9782336002750
Remerciements
à l’ami qui m’a aidée à structurer et à clarifier cette recherche ; à Philippe Lépolard qui a saisi sur son ordinateur ma première rédaction ; à Joëlle-Elmyre Doussot, docteur en musicologie et sciences humaines, pour ses critiques judicieuses ; à Jean Duron, directeur de recherche au Centre de Musique Baroque de Versailles pour m’avoir orientée vers les Éditions de L’Harmattan ; à la librairie Tschann, et spécialementà Fernando de Barros.
Pour le claveciniste Yannick Le Gaillard
Préface
Nous sommes si bien accoutumés à notre manière de penser – nous l’appelons «logique »et nous l’estimons incontestable, irréfutable – que nous avons du mal à imaginer que d’autres temps – et pas si anciens – ont pu concevoir autrement les choses. Nous avons la certitude que la relation (établie par nous) entre les êtres, les faits, les objets, le monde qui nous entoure est définitive et absolue. Tout autre cheminement mental nous semble anecdotique, léger, un peu enfantin: ou bien, tout simplement poétique. Pourtant, il ne nous apparaît pas saugrenu de dire « son cœur brûle d’amour, son cœur est tout feu, tout flamme ». Quelle est la relation entre la passion et le feu? Pourquoi, après des siècles, continuons-nous (sans nous poser de questions) à rattacher l’amour et la flamme, alors que nous savons bien, depuis que la pensée «logique »et «rationnelle »s’est imposée, que nos émotions n’ont pas la chaleur pour cause, pas plus d’ailleurs que notre cœur. La relation que sans trop réfléchir, nous continuons à établir ainsi entre les pensées, entre les êtres, nous l’appelons des « associations d’idées » (c’est-à-dire quelque chose comme des idées artificiellement attachées les unes aux autres), ou bien des «images »,c’est-à-dire des représentations physiques, non moins légèrement liées à un concept : des allégories, si l’on veut, des symboles, des paraboles, des fables, des fictions… Pour un esprit sérieux de notre temps, des caprices et des rêves. Cela s’appellel’analogie. Elle a dirigé la pensée des hommes pendant des siècles et des millénaires. Peut-être même est-elle à l’origine de la pensée, comme elle est toujours à celle de l’enfant qui commence à réfléchir. Elle continue d’ailleurs, en catimini, si fiers que nous soyons aujourd’hui de ce que nous appelons notre « raison » :un homme est toujours «chaleureux »,ou «d’un tempérament glacial ».Pourquoi le chaud et le froid persistent-ils dans notre esprit à traduire nos sentiments et nos états d’âme, si ce n’est pas ces traces qui nous restent del’analogieLogos».la parole, en grec, c’est «Anale», c’est «à travers, c’est « passage ». La pensée des hommes n’a cessé de « passer à travers ». Mais il nous faut aujourd’hui faire un effort pour pénétrer en profondeur et dans toute sa richesse ce que les siècles ont dit, que nous ne croyons être que des