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Retour à l'Ailleurs

De
148 pages
Retour à l'Ailleurs marque une étape essentielle dans le parcours du photographe Armand Vial. Ni reportage nostalgique ni carnet de voyage aux réminiscences de cartes postales, ce travail a été réalisé dans l'espace clos de l'atelier. Il se présente comme un tissage de photographies et de textes, récit de la mémoire et de la quête de l'identité, où se mêlent le temps de l'enfance et celui de la photographie argentique. Cet Ailleurs originaire, perdu puis retrouvé, n'est autre que l'Algérie, pays de naissance de l'auteur.
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Re
tour
à
l’Ailleurs
Collection Vivre et l’écrire diriée par Pierre de Givency (voir la liste des titres de la collection en in d’ouvrae)
Du même auteur, cez d’autres éditeurs :
Prise de temps, suite de photographies précédée de cinq nouve es, éd. du Palimpseste, 1983 e Parc, éd. du Palimpseste, 1987 Mémoires argentiques, éd. du Palimpseste, 1987 es chemins du retour, de Vézeay à Santiago de Compostea(Armand Vial, David Hykes, Luis Mizon), éd. du Palimpseste, 1990 a Magdeeine de Cahors(Armand Vial, erner Lambersy), éd. Labor/Poteau d’Anle, 1997 Aposties pour e oiret, éd. du Palimpseste, 1999
Voyages, ouvrae de bibliopilie, J-J. Serent imprimeur, 1988 e Cantique des Créatures(Saint François d’Assise, potorapies Armand Vial, traduction et Louanes Frédérick Tristan), ouvrae de bibliopilie, Bernard Foulquier, 1999 Pierres aïeues(livre objet)
©LHarmattan, 2011 ISBN 978-2-296-416-8 EAN 97822964168
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Armand
tour
à
VIAL
l’A
illeurs
L’Harmattan
À mes parents et mon rère, dans le silence…, À Éloïse, Julien et Florent, pour leur dire, avant qu’il ne soit trop tard… À toutes celles et ceux, acteurs et témoins de ces années d’enance qui, d’une açon ou d’une autre, sont présents dans ce livre et continuent de m accompaner, À cette terre d’Alérie, dans l’attente…
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A. V.
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« Il n’est pas à la beauté d’autre oriine que la blessure, diérente pour cacun, cacée ou visible, que tout omme arde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais proonde. »
Jean Genet (’ateier d’Aberto iacometti)
« Le passé est un immense corps dont le présent est l’œil. »
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Pascal Quinard (Dernier Royaume - Sur e Jadis)
Sait-on vraiment comment travaille au plus intime de soi et durant lon-temps la matière de ce qui deviendra peut-être, un jour, un livre ?
La barbarie d’un siècle inissant et celle de celui-ci déjà avancé sont venues, comme dans un miroir éclaté, se reléter par raments orpelins dans une istoire personnelle. Hommes éorés, emmes violées, terres dévastées, enants terrorisés et à jamais perdus à eux-mêmes et au monde. Ces imaes d’un myte apone et ruisselant de san ne pouvaient qu’éveiller l’éco d’ a u t res imaes, enouies et si présentes, des souvenirs brouillés d’ enance racturée lottant entre l’innocence supposée de la prime jeu-une nesse et la conscience de la mort trop tôt aiuisée.
L’enant s’ouvrant au monde a cueilli avec ravissement le soleil trop ort, l’ombre accueillante et la lumière aveulante. Il a couru sur les cemins poussiéreux et joué avec la mer mytique. Cet enant a aussi découve rt la cair et la saveur des ruits, le plaisir sauvae du jus qui coule sur les joues et les mains. Il a reardé aussi avec étonne-ment et curiosité les jeunes illes et les emmes, parois devancées par un âne, revenant du marcé, le rand panier d’ala posé sur leur tête.
Si dans cette réminiscence l’école prend une rande importance, c’est qu’elle ut toujours le point nodal, le centre du monde, le Lieu par excellence, débordant par son ambivalence : à la ois le lieu de l’ouverture et de l’éveil mais aussi celui de la protection et du repli, le lieu que rien ne pouvait atteindre, en téorie du moins, tant il était en quelque sorte, et dans sa dimension laïque, sacralisé par une lonue tradition républicaine et umaniste. Il convient de préciser que les parents de cet enant, mes parents donc, comme beaucoup d’autres exercèrent là-bas, en Alérie, plus que leur mé-tier : leur belle et noble mission d’enseinants. Dans le dénuement le plus complet, le même de ait que celui des popula-tions autoctones, ils ont enseiné dans toutes les réions de l’Alérie, pra-tiquement toujours, selon l’expression consacrée, dans le bled. Rien d’étonnant à ce que mon père, provençal depuis peu ici, et ma mère « pied noir » née à Constantine aient croisé un jour sur leur cemin les traces d’une autre passionnée, Germaine Tillion, etnoloue à l’oriine de la
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