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SACRIFICE D'ANDREI TARKOVSKI (LE)

De
476 pages
L'œuvre du grand cinéaste russe Andreï Tarkovski (1932-1986) n'a pas la réputation d'être facile d'accès auprès du grand public, et sans doute est-ce déjà une raison suffisante pour en explorer les énigmes et les mystères afin de la rendre plus accessible. En effet, celui qui prend la peine de scruter la richesse impressionnante de ses films découvre comme les strates multiples d'une vie et d'une œuvre entremêlées, qui ne se laissent pas sonder par les seules ressources de la raison.
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déjà une raison suïsante pour en explorer les énigmes et les mystères aîn de la rendre plus acces sible. En eet, celui qui prend la peine de scruter la richesse impressionnante de ses îlms découvre comme les strates multi ples d’une vie et d’une œuvre entremêlées, qui ne se laissent pas sonder par les seules ressources de la raison. Tarkovski fait appel à ce qu’il y a de
« Vivre avec moi mes îlms » espérait-il des spectateurs. Le réalisateur est de ceux qui ressentent que l’essentiel fuit à l’horizon et qu’il faut lutter pour le préserver. En proposant ici une analyse de son dernier îlm, SacriIce à-vis des interprétations qui existent déjà, mais prendre la mesure de son actualité, de sa question : pour quoi serions-nous prêts à donner notre vie
phares dans la nuit, pour ceux qui veillent sur le monde…
Prêtre du diocèse de Malines-Bruxelles, en théologie pratique de l’Université Catholique de Louvain (UCL) et fait
des questions cinématographique.
de l’UCL. Ses travaux s’articulent autour
Illustration : « Petit Garçon arrose l’arbre japonais » – image extraite du îlmLe SacriIce Tarkovski – © Institut du Film suédois.
ISBN : 978-2-8061-0350-5
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Jean-Luc MAROY
IMAGINAIRES
LE SACRIFICED’ANDREÏ TARKOVSKI
Une parabole sur le temps de la in
Une parabole sur le temps de la in
LESACRIFICEDANDREÏ TARKOVSKI
COLLECTION« IMAGINAIRES»(Anciennement collection « STRUCTURES ET POUVOIRS DES IMAGINAIRES»)
dirigée par
Myriam WATTHEE-DELMOTTEet Paul-Augustin DEPROOSTLes sciences humainessoulignent aujourd’hui l’importance des imagi-naires, c’est-à-dire du réseau interactif des représentations mentales nourri par l’héritage mythique, religieux et historique et par l’expérience vécue. Constamment réactivé dans les productions culturelles, ce réseau constitue un système dynamique qui se superpose au réel pour lui octroyer des struc-tures signifiantes au niveau de l’interprétation individuelle et collective. Ces structures sont souvent cryptées et leur pouvoir de mobilisation est d’autant plus fort qu’elles restent en deçà du niveau de conscience; leur analyse per-met de comprendre la force de conviction des images utilisées dans les stra-tégies politiques, commerciales, etc. Contrairement aux représentations fixes, les imaginaires visent un réseau sémantique interactif :l’adaptabilité des structures de l’imaginaire à différents contextes explique sa puissance de façonnage du réel. L’objectif de cette collection est de rendre compte des travaux dévelop-pés dans le Centre de Recherche sur l’Imaginaire de l’Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve) ou en lien avec lui. Elle a pour spécificité d’aborder cette problématique dans une perspective transdisciplinaire : elle rapproche à cet égard les champs de l’antiquité (qui interroge les sources, notamment mythiques, et en propose une typologie) et de la modernité (qui porte la trace des permanences et des mutations des imaginaires), et fait se croiser les domaines de la littérature et des arts (lieux d’ancrage prioritaires des imaginairesdans des structures décodables) avec l’histoire (qui témoigne des formes d’efficacité des imaginaires dans le réel). Ce champ d’investigation se trouve renforcé par l’apport de différentes disciplines en sciences humaines. Les auteurs qui publient dans la collection sont responsables de leurs textes et des droits de reproduction y afférents.
LESACRIFICEDANDREÏ TARKOVSKIUne parabole sur le temps de la fin Jean-Luc MAROY Préface du CardinalJosef DE KESEL
D/2017/4910/34
©Academia – L’Harmattan s.a.Grand’Place, 29 B-1348 Louvain-la-Neuve
ISBN : 978-2-8061-0350-5
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
À ceux qui veillent sur la nuit du monde Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter?Luc 12,56Le sens de l’art est la recherche de Dieu dans l’hommeAndreï Tarkovski Cette année, pareille à tant d’autres, n’avait pas étél’année de la Fin du monde et nul ne songeait à s’en étonnerLéon Bloy
RÉSUMÉ
L’œuvre du cinéaste russe Andreï Tarkovski est complexe et exi-geante. Elle demande, comme le dit le philosophe Hans-Georg Gadamer à propos de l’art, de «séjourner» auprès d’elle pour qu’elle délivre petit à petit la profondeur de son sens. Cetteœuvrepousse jusqu’en ses retran-chements la question de l’analyse et de l’interprétation, dont la tradition critique accompagne la production des films dans l’histoire du cinéma. Tarkovski a construit un art très personnel, fondé sur une conception poé-tique du cinéma cherchant à exprimer « la vérité de la vie », un art tendu vers l’absolu dont le temps est la matrice essentielle. L’esthétique tar-kovskienne forgée et théorisée tout au long de sa carrière est donc d’un grand secours pour comprendre ses films. En nous penchant surLe Sacri-fice, analysé ici dans son intégralité, nous pouvons apprécier la richesse d’une œuvre qui tend à rencontrer les grandes questions qui se posent à e l’humanité en la fin du XX siècle, dont celle de la crise spirituelle qui l’affecte etqui met en danger son existence. Un tel film est riche de ques-tionnements théologiques possibles autour du rapport entre le cinéma et l’art, de la place et de l’importance des motifs apocalyptiques, du rapport entrematièreetespritou entrelogosetratio. Ce qui préoccupe particu-lièrement lecinéaste, c’est que le développement de la civilisation né-glige les besoins spirituels des hommes, que le lien entre spiritualité et culture est négligé. L’art tarkovskien tend, à son corps défendant peut-être, à renouer avec un courant prophétique présent depuis longtemps dans la littérature religieuse russe, en confrontant la question de la foi, au sens général du terme, avec les pensées de la modernité.
PRÉFACE
Il n’est pas habituel qu’une thèse en théologie pratique aborde le ci-néma ; la littérature afait l’objet de davantage de recherches, pensons par exemple aux travaux du père Jean-Pierre Jossua qui écrivit en son temps les quatre volumes dePour une histoire religieuse de l’expérience litté-raire. Pourtant force est de constater que l’image occupe une place pré-pondérante dans la culture et qu’elle s’affirme comme un vecteur fonda-mental de la communication.
De plus, dans l’univers des arts et des médias, le cinéma possède une place particulière par la très riche palette de ses possibilités expressives. Le cinéma d’auteur, le pur divertissement, ou le cinéma de genre en sont quelques exemples. Comme le dit le théologien Bruno Forte, en associant l’image au récit, ou la dimension symbolique à la dimension narrative, le cinéma peut devenir l’instrumentd’une médiation de la transcendance.
C’est ainsi que les études cinématographiques peuvent concourir au dialogue entre foi et culture. Paul VI, dansEvangelii Nuntiandi(L’annonce de l’Évangile), en 1975, déplorait, dans un mot bien connu, queLa rupture entre Évangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d’autres époquesPlus tard,(n° 20). Jean-PaulII, dans un discours à l’UNESCO le 2 juin 1980, en reprendra les accents :Une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n’est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement vécue.La foi ne peut se passer de la culture pour s’exprimer, et en retour elle évangélise les cultures, en ouvrant celles-ci à son langage particulier.
Le choix d’étudier l’œuvre du cinéaste russe Andreï Tarkovski (1932-1986) et en particulierLe Sacrificeillustre la nécessité de (1986) cette rencontre. Certes, le film ne vise aucune affirmation théologique et n’est pas une expression apologétique de la foi. Néanmoins, dans un cli-mat apocalyptique, qui reflète bien les inquiétudes de la post-modernité, il réussit le pari de poser la question de Dieu au cœur même de sa contes-tation ou de son absence. Comme s’il fallait «retourner à Dieu », comme le dit le cinéaste lui-même, pour que la culture ne périsse pas. Cette œuvre montre à loisir que le débat, plus que cela, le rapprochement entre l’art et la spiritualité, la foi et la culture, la théologie spéculative et pra-tique, la raison et la sensibilité, reconstituent le socle sur lequel s’édifie l’ethos humain. Sans doute n’est-il pas inutile de rappeler l’acquis du Concile de Chalcédoine (451) qui, après la définition de la consubstantia-lité du Père et du Fils acquise à Nicée (325), ajouta celle de la consubs-tantialité du Fils à la nature humaine. Ainsi c’est de la contemplation du Christ, vrai Dieu et vrai homme, que leLogos contemporain pourra se
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