The Jacksons : Musicographie 1976-1989

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On a souvent l'image d'un Michael Jackson superstar planétaire à l'âge adulte après avoir débuté durant son enfance avec la formation familiale des Jackson 5. Ce serait oublier que, telle une transition, ce groupe est devenu The Jacksons après son départ de la firme Motown pour Epic Records en 1976. Une période importante pour Michael et ses frères, voulant grandir en tant qu'hommes, mais également en tant qu'artistes. Cet ouvrage retrace donc cette discographie jusqu'en 1989, année du septième et dernier album de The Jacksons, et est l'occasion d'aborder de nombreux aspects, aussi bien humains que musicaux.


Publié le : vendredi 21 février 2014
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EAN13 : 9782332723949
Nombre de pages : 260
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ISBN numérique : 978-2-332-72392-5
© Edilivre, 2014
Avant-propos
L’écriture du livre « Michael Jackson : Itinéraire d’un passionné » a été une belle aventure, tel un retour aux sources pour se replonger entièrement dans cette riche discographie, en prenant le temps de la savourer entièrement. Ce fut une sacrée expérience qui restera, quoi qu’il arrive, un souvenir indélébile dans mon esprit. Un projet complexe à l’origine que j’ai mené à bien sans aucune prétention, mais avec beaucoup de fierté. Cette phase d’écriture particulière, accompagnée d’écoutes au casque pour mieux m’imprégner de ces notes musicales lors de longues soirées d’automne, m’avait manqué au point de souhaiter me lancer à nouveau dans un projet de livre. Je n’oublie pas également les encouragements de nombreux lecteurs suggérant un tome II, ce qui ne peut laisser indifférent quand vous marchez à l’affectif. Il est vrai qu’aujourd’hui je n’ai plus ce sentiment d’un travail en solitaire car je ressens la présence d’un auditoire avec lequel j’ai envie de partager, ce qui m’encourage à prolonger le bal. Ce souhait de m’impliquer dans une telle démarche ne pouvait cependant débuter sans l’avoir laissé mûrir, et disposer d’une idée de sujet solide pour mener à bien ce nouvel itinéraire. Le temps de la réflexion a contribué à laisser germer dans mon esprit ce qui allait devenir ce second ouvrage, au point de réaliser qu’il sera logiquement et inévitablement lié au précédent. J’avais parcouru la carrière solo adulte de MJ de 1979 à 2008 à travers la parution de ses singles, et s’épancher sur sa discographie avec ses frères était donc une solution idéale, mais avouons-le, également un moyen de prolonger l’expression de ma passion pour son univers musical. Je décide alors de commencer mes écrits au moment où les Jackson 5 quittent Motown pour Epic, filiale du groupe CBS, et deviennent The Jacksons. C’est une période délicate, à la fois ambitieuse et semée d’embûches, où une formation familiale fait le choix courageux de vouloir progresser artistiquement et de s’épanouir, tel un moyen de grandir et d’évoluer dans un nouveau contexte. C’est un virage important dans la vie des frères Jackson, qui veulent faire leurs preuves en tant qu’adultes, à l’image de ce statut d’enfant-star vécue par leur leader Michael. En tout cas, avouons que cela m’offre une introduction intéressante sous bien des aspects, aussi bien musicaux qu’humains, pour vouloir mener à bien ce second ouvrage. Celui-ci n’est donc pas une suite du premier mais une sorte de complément. Je revisite donc la discographie de The Jacksons qui comprend sept albums (six en studio et un autre en public) de 1976 à 1989. Je souhaite de nouveau prendre le temps de les savourer comme il se doit, pour apporter ma vision et mon ressenti à leur écoute, sans oublier d’évoquer les collaborateurs en studio, comme c’était le cas dans « Itinéraire d’un passionné ». L’occasion également de mettre légitimement en avant les frères Jackson, premiers témoins et complices d’un enfant qui a grandi pour devenir la plus grande star de la planète. Ce dernier a mûri à leur contact, parfois dans des écorchures de la vie, parfois dans des joies musicales, et je pense que cette facette de l’univers Jackson mérite un livre à part entière. Je m’attèle donc à cette tâche, conscient qu’à l’origine, je suis devenu fan du Roi de la Pop en découvrant ses albums solos, et que l’intérêt vers The Jacksons est donc venu en grandissant, sans pour autant avoir connu leurs albums en temps réel. Je n’apporterai donc pas de souvenirs personnels d’époque comme pour l’« Itinéraire » précédent, et cela entraînera un résultat forcément différent. Cependant, je souhaite vivement exprimer toute mon admiration et mon intérêt pour ces opus car, pour moi, la musique est avant tout synonyme de ressenti et d’émotion. J’ai donc l’envie de la communiquer, à travers ces lignes, tel un échange avec le lecteur, pour un partage musical. Chaque album du groupe est donc traité en deux parties distinctes. Pour la première, la genèse en studio avec les collaborateurs et le contexte de l’époque sont ainsi abordés. Une façon de tenter de comprendre ce qui a déterminé le résultat parvenu jusqu’à nos oreilles, tels des ingrédients d’une recette complexe et fascinante. Puis, c’est l’écoute de l’album pour une
revue détaillée qui alimente la seconde partie, amenant des ressentis et réflexions personnels, tout en évoquant le thème des paroles avec parfois des témoignages des protagonistes de la composition, pour mieux s’imprégner de l’univers de ces galettes. En souhaitant que les fans de The Jacksons apprécient de replonger dans cet univers, au point de réécouter ces œuvres, que ce soit en vinyle ou en Compact Disc, tout en feuilletant ces pages. Peut-être que d’autres fans de Michael Jackson, n’ayant pas encore découvert ses travaux dans le giron familial, trouveront ici l’occasion de prolonger le plaisir en parcourant ces lignes. Si c’est le cas, j’en serai le premier heureux, car la musique représente des échanges et des partages qui devraient être sans limites. C’était en tout cas le souhait de Michael Jackson, mais également des Jacksons qui étaient bien plus qu’un groupe : une famille.
ThE Jacksons (1976)
Des Jackson 5 à The Jacksons
J’aime surfer sur le web, comme beaucoup de gens, et cela passe par le fait d’écouter des chansons sur YouTube. Ce n’est pas un secret, pour ceux qui me connaissent bien, que celles de Michael Jackson font partie de mon programme, et j’ajoute le répertoire avec ses frères à celui-ci. En ce cas, l’appellation Jackson 5 est souvent de rigueur, d’autant que c’est le nom original du groupe, auquel la majorité du grand public est habitué, sans pour autant être fan du Roi de la Pop. Il n’empêche que ce terme n’est pas toujours exact, et les puristes et admirateurs du son de cette famille le savent bien car le groupe est devenu The Jacksons à partir de 1976. Je vais donc tout d’abord expliquer cette nuance, les experts maîtrisant cet aspect me le pardonneront, pour bien insister qu’un tournant artistique s’est déroulé à ce moment-là. Nous sommes en 1974 et les Jackson 5 ont fait du chemin depuis 1968 et leur signature chez Motown, la maison de disques de Berry Gordy. Les problèmes commencent alors entre les deux parties, la formation familiale se sentant désormais prête à écrire et produire ses propres chansons. Il faut rappeler que les membres du groupe ne pouvaient jouer de leurs propres instruments en studio, ni s’impliquer dans la composition des morceaux : c’était la règle chez Motown. La réponse fut cinglante :« Pas question que vous écriviez vos chansons, vous avez des professionnels pour ça. »C’est donc dans un état de frustration que se trouvait alors Michael, le leader du groupe, sachant la direction à prendre malgré ses seize ans. Le jeune artiste était conscient que lui et ses frères étaient prêts à davantage d’autonomie, d’autant qu’ils avaient géré eux-mêmes la conception d’un spectacle familial à Las Vegas. Il s’agit d’une série de trois périodes lors de l’année 1974 totalisant une quarantaine de dates, et incluant également La Toya, Randy et Janet à la formation d’origine. Les dirigeants de Motown étaient d’ailleurs réticents à les voir se produire dans cet événement, peut-être conscients qu’il s’agissait d’une sorte d’émancipation artistique. Le retour des frères prodigues de la fratrie Jackson en Californie sonnait donc comme un calvaire après avoir goûté à ce soupçon de liberté dans la ville du jeu. La pilule était d’autant plus difficile à avaler que d’autres artistes-maison avaient eu gain de cause : c’est en effet sous le label Motown que Marvin Gaye était impliqué dans la composition et la production de son album mythique « What’s Going On ». On peut ajouter à cette liste Smokey Robinson et Stevie Wonder, l’autre enfant-star de la firme de Détroit, qui avait su grandir aux yeux de Berry Gordy. Ce n’était vraiment pas le cas pour les frères Jackson, conscients d’être encore traités comme des gamins, comme l’a expliqué MJ dans son autobiographie « Moonwalk », parue en 1988 : « Je suis sûr que si Motown avait pu agir sur notre âge à leur gré, ils auraient aimé que Jackie ne vieillisse pas et que chacun de nous le rattrape, à part moi, car je pense qu’ils auraient aimé me voir rester un enfant-star. Ça peut paraître insensé, mais quand je pense à la façon dont ils nous manipulaient, en nous empêchant de devenir un groupe autonome, avec notre propre ligne de conduite, et nos idées, je ne suis pas loin de la marque. Nous grandissions en taille, en âge et en créativité. Nous avions beaucoup d’idées que nous désirions expérimenter, mais ils nous freinaient car ils prétendaient qu’on ne peut pas bousculer une formule de succès qui a fait ses preuves, sans risquer de tout compromettre. Du moins, ils ne nous ont pas laissé tomber comme on l’avait prédit quand ma voix a changé. » Il fallait donc aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte, ce que fit Joe Jackson, le père mais également manager des Jackson 5. C’est en cette période de négociations qu’il rencontre celui qui est en mesure d’offrir la meilleure proposition pour ses fils, à savoir Ron Alexenburg, le patron de Epic Records, filiale du groupe CBS. Ce dernier contacte alors son supérieur hiérarchique, Walter Yetnikoff, patron de CBS Records, car il veut rapidement faire signer les frères Jackson et ne peut le faire sans son accord. Yetnikoff, fraîchement promu à son poste, est hésitant, argumentant que les frères n’ont plus fait de tubes depuis longtemps, et les
considérant comme des « has been ». Ron insiste, conscient des talents d’un groupe promis selon lui à un brillant avenir, au point que son patron accepte de lui faire confiance, sans faire de difficultés lors des négociations financières du contrat qui sera bien plus intéressant par rapport à celui de la firme de Gordy. L’album « Moving Violation » paraît le 15 mai 1975 et est le dernier album que les frères enregistrent pour Motown car Joe, accompagné de ses fils, annonce dès le mois suivant le départ pour CBS Records lors d’une conférence de presse. L’ambiance est alors pesante, et les journalistes, remarquant l’absence de Jermaine, posent alors une question légitime qui restera sans réponse. Michael prend également la parole, et conscient de ce que lui a apporté Motown et Gordy (et un peu malheureux de vivre cette situation), il va saluer leurs travaux avant d’ajouter que les choses vont aller mieux chez CBS, suite au regard réprobateur lancé par son père. Ce rendez-vous avec la presse n’était pas forcément du goût de Motown qui détient les droits du nom Jackson 5 et allait donc logiquement le conserver. Mais ça n’allait pas s’arrêter là puisque la firme de Gordy allait également garder Jermaine dans ses rangs : le jeune homme, gendre du patron puisqu’il avait épousé sa fille Hazel, avait forcément été le plus tiraillé dans cette situation, jusqu’à sa vie personnelle. Au point de ne pas signer avec ses frères chez CBS, et peut-être, avouons-le, de voir sa carrière solo se développer chez Motown, au vu d’un nouveau contrat rédigé par ses employeurs. Dans son livre « You Are Not Alone », Jermaine évoque d’ailleurs cette célèbre confrontation avec son père lorsqu’il a pris sa décision : «Les Jackson 5 changeaient de label, avec ou sans moi, a déclaré Joseph, imperturbable. Il m’a rappelé son mantra : la famille est la chose la plus importante au monde ; les autres vont et viennent, entrent et sortent, mais tes frères, tes sœurs et tes parents seront toujours là. La famille : le phare, la base militaire, le sanctuaire, la Salle du Royaume. – Alors, qu’est ce que tu vas faire ? m’a-t-il demandé. – Je suis fidèle aux Jackson 5 chez Motown, lui ai-je répondu. Il a explosé : – C’EST MON SANG QUI COULE DANS TES VEINES ! PAS CELUI DE BERRY GORDY ! J’ai essayé de le raisonner : – M.Gordy nous a fait venir à Hollywood, c’est lui qui nous a lancés dans le monde entier. Il met l’entrecôte sur notre table, il paie notre dentiste ! Maman m’a rappelé que nous mangions de la viande à Gary, et que les frais dentaires de Tito et de Jackie avaient été rentabilisés au centuple par M.Gordy. J’avais vraiment besoin de parler avec Michael, mais à quoi bon ? Il y avait désormais cette tension insupportable entre mes frères, que Joseph contrôlait, et moi. Ce n’était pas la peine. » Il est vrai que ce départ avait beaucoup affecté son frère Michael, jusque sur scène, comme il le racontera plus tard dans « Moonwalk » : « Nous étions soulagés d’avoir enfin coupé les liens qui nous retenaient prisonniers, mais ce fut un drame quand Jermaine décida de rester chez Motown. Il était le gendre de Berry, et sa situation était beaucoup plus compliquée que la nôtre. Il pensait que c’était important pour lui de rester et Jermaine a toujours fait ce que sa conscience lui dictait, et il a quitté le groupe. Je me rappelle clairement le premier spectacle que nous avions fait sans lui parce que c’était très pénible pour moi. Depuis que j’étais sur une scène, – et même quand on répétait chez nous à Gary dans la salle de séjour – Jermaine se tenait à ma gauche avec sa basse. Pour moi, tout reposait sur la présence de Jermaine à côté de moi. Et quand j’ai fait ce spectacle pour la première fois, sans lui, c’est comme si j’avais été tout nu sur la scène. Il a donc fallu mettre le paquet encore davantage pour compenser la perte d’une de nos plus brillantes étoiles, Jermaine. Je me souviens très bien de ce show parce qu’on a reçu trois « ovations-debout ». On a travaillé DUR. » Randy, le frère cadet, prit donc la place de son aîné et n’était pas vraiment dépaysé car, sans être un membre officiel, il apparaissait déjà jouant des percussions lors de nombreuses
prestations télévisées avec ses frères. C’est également lui, jouant du piano (son deuxième instrument de prédilection) qui devient inséparable de Michael pour élaborer ensemble des mélodies. Il est en quelque sorte le premier témoin d’un MJ voulant développer sa fibre artistique, alors que Tito et sa guitare ne sont pas loin pour peaufiner l’ensemble. Ce n’est donc pas un choix par défaut de la part de Joe, mais la volonté d’un jeune homme qui a su trouver sa place pour s’imposer et la mériter. Pendant ce temps, Marlon eut la lourde tâche de remplacer Jermaine dans ses parties vocales lors des concerts à venir. Il est vrai que ce dernier était fréquemment la seconde voix du groupe, mais précisons que pour les futures sessions studios à venir, c’est principalement Jackie qui s’attellera à cette fonction. Le contrat avec CBS, dans sa firme Epic, prend alors effet le 10 mars 1976, jour où celui avec Motown se termine. Une petite contrariété se produit cependant d’un point de vue artistique : Walter Yetnikoff est de nouveau sceptique puisqu’il refuse au départ de laisser Michael et ses frères composer et produire leurs chansons, évoquant un manque d’expérience en ce domaine. Alexenburg sait que la venue de The Jacksons (qui deviendra le nouveau nom de la formation) à CBS est liée à cette nouvelle liberté, et va de nouveau plaider la cause du groupe. Mais bien qu’il sache la qualité des travaux effectués par celui-ci dans le nouveau studio d’enregistrement de la maison familiale d’Encino, il ne parvient pas vraiment à convaincre Walter cette fois-ci. C’était sans compter sur Joe qui, dans son rôle de manager avisé, va donc toutefois réussir à obtenir un droit de regard de ses fils sur le contenu de l’album. Leurs compositions seront également prises en considération par les producteurs à venir. Ce n’était pas le Pérou, mais c’est toujours mieux que la situation vécue chez Motown, comme une sorte de compromis. Il fallait donc trouver des valeurs sûres de la production, tels des musiciens expérimentés qui sauraient montrer la voie à The Jacksons, tout en sachant être à leur écoute pour découvrir leurs premiers travaux et les aider, tels des oiseaux encourageant leurs petits, à prendre leur premier envol. Les gens de Epic se tournent alors vers Kenneth Gamble et Leon Huff, musiciens et fondateurs de leur propre label, Philadelphia International Records, lié également à CBS par un contrat de distribution. Les frères partent donc dans la cité de Rocky Balboa pour l’élaboration d’un album sobrement intitulé « The Jacksons » paru le 27 novembre 1976 et auquel Michael a fait allusion dans son autobiographie : « Quand nous avons vu la pochette de l’album des « Jacksons », le premier de chez Epic, nous avions l’impression d’avoir tous la même tête sur la photo. Même Tito avait l’air maigre ! Je portais encore mes cheveux Afro, alors on ne se distinguait pas vraiment des autres. Pourtant, sur scène, quand nous avions commencé à chanter nos nouvelles chansons, comme « Enjoy Yourself » et « Show You The Way To Go », les gens savaient que j’étais toujours le deuxième à gauche, à l’avant. Randy prit la place habituelle de Tito et Tito reprit la place de Jermaine. Il m’a fallu longtemps pour m’y habituer, et pourtant Tito n’y était pour rien. » Ce titre éponyme est donc un moyen efficace de se présenter face au grand public sous leur nouveau nom. Le 45 tours « Enjoy Yourself » en est d’ailleurs le premier extrait, il fait son apparition quelques semaines avant la sortie de l’album. Il est vrai qu’il fallait habituer le grand public à cette nouvelle appellation, d’autant qu’un nouveau disque des Jackson 5, intitulé « Joyful Jukebox Music » et regroupant des inédits de sessions précédentes chez Motown, parut en cette même période. Cette sortie orchestrée par la firme de Berry Gordy avait pour but de parasiter ce nouvel opus. On va dire, aujourd’hui, que c’était de bonne guerre et cela n’allait pas briser l’enthousiasme de Michael et ses frères, loin de là. Tout cela me donne envie d’écouter à nouveau cet album « The Jacksons ». Je vais d’ailleurs le faire de suite, c’est parti ! Vous m’accompagnez ? Il suffit de tourner cette page…
Dela joie dans cette musique
L’introduction de« Enjoy Yourself »et sans qu’aucune parole ne soit encore démarre prononcée, je ressens déjà de la joie de vivre dans cette musique. Les premiers mots évoquant le titre de la chanson sont donc une confirmation à cet instant. Le choix de la placer en ouverture de l’album, et également comme premier single, reflète qu’elle représente dignement le message que veulent faire porter Gamble & Huff à travers The Jacksons : celle d’une jeunesse pleine de joie de vivre dans des ondes positives illustrées par des notes musicales. C’est une ambiance festive, au point que Michael et ses frères semblent nous demander de les rejoindre sur une piste de danse. Nous pouvons alors avoir en mémoire nos premières boums, dans nos débuts timides où nous restions assis. C’est justement dans ce cadre adolescent que nous pouvons percevoir ce titre et en faire un parallèle avec « Rock With You » au message proche, mais dont la sensualité plus adulte nous place dans un lieu adéquat comme une discothèque. Jackie, en seconde voix suppléant Jermaine, appelle justement une demoiselle à venir le rejoindre, son statut d’aîné de la fratrie allant dans ce sens, mais il reste toutefois dans le contexte que j’ai évoqué plus haut. Une belle entrée en matière pour écouter ce message et oublier les soucis du quotidien avant de passer à la piste suivante. Une basse se fait alors entendre pour débuter« Think Happy », avant quelques soupçons de synthétiseur, tel un signal, pour que la batterie, après des débuts en retrait, lance un appel pour libérer tous les instruments. C’est alors qu’une guitare matérialise toute sa libération à enfin s’exprimer, Tito jouant de nombreux riffs, heureux de faire union avec son instrument dans le cadre d’un studio, après plusieurs années de frustration. Le message de la chanson est assez proche du titre précédent puisqu’il veut nous offrir des ondes positives. Sous certains aspects, il paraît cependant moins léger puisqu’il pourrait s’appliquer dans notre vie de tous les jours. Il ne se limite pas à certains bons moments d’une soirée dansante, mais fait davantage appel à un état d’esprit qui résonne comme une philosophie de vie. L’interprétation des frères Jackson se voulant plus déterminée va dans ce sens, sans doute guidée par les compositeurs-producteurs conscients de cet état de fait. Je trouve d’ailleurs les partitions plus mûres, dans des sonorités davantage jazzy, comme si Gamble & Huff avaient écrit ce titre dans un instant davantage pensé pour eux que pour les frères Jackson : une sorte d’effet inverse que pour « Enjoy Yourself », mais le résultat n’en est pas moins efficace car après cette démonstration musicale de force, j’ai l’envie de voir mon verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. La pression se devait donc de redescendre pour que la tracklist de l’album soit cohérente, et c’est ainsi qu’une ballade parvient à nos oreilles. Son titre,« Good Times »,pourrait nous faire penser que nous restons dans cette joie de vivre au message positif omniprésente depuis le début de l’écoute. Ce n’est pourtant pas tout à fait le cas puisqu’il s’agit d’un thème nostalgique, en mémoire d’un amour passé à l’empreinte indélébile. Ce sujet si délicat, où la maturité permet d’avoir ce fameux recul sur son vécu sentimental dans un ton jazzy, nous fait comprendre que Kenneth & Leon tentent d’apporter à Michael une image plus adulte de façon à briser celle d’enfant-star qui lui colle à la peau depuis le début des Jackson 5. C’est l’occasion de faire le parallèle avec le tube devenu un classique, « Me & Mrs Jones », des mêmes auteurs-producteurs. Billy Paul avait sublimé cette œuvre par sa voix mûre, râpeuse et veloutée, et ce n’était donc pas chose aisée de tenter de reproduire ce schéma avec MJ. Pourtant, les fans de Michael savent qu’il peut s’approprier une chanson dans son interprétation, même si son vécu de l’époque ne se prête pas au thème. Il suffit d’évoquer sa reprise de « Who’s Lovin’ You », dépassant la version originale de Smokey Robinson, alors qu’il n’avait même pas douze ans. Cette émotion sur « Good Times » peut donc être palpable pour ses inconditionnels, même si certains pourraient reprocher à cette composition de ne jamais vraiment décoller et de souffrir évidemment de la comparaison avec d’autres ballades à
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