Toulouse-Lautrec

De
Publié par

Cette nouvelle monographie consacrée à Toulouse-Lautrec est à la fois une biographie (la vie) et une étude de l’œuvre d'Henri de Toulouse-Lautrec. L’édition VisiMuZ est une réalisation originale et innovante, alliant textes, informations pointues, et une iconographie très abondante et judicieusement placée. Elle s’adresse à tous les publics.

Elle se base d’abord sur la biographie écrite par Théodore Duret, contemporain et proche de l’artiste, témoignage irremplaçable sur la vie et l’œuvre d’Henri de Toulouse-Lautrec. Théodore Duret est aussi l’auteur de l’Histoire des peintres impressionnistes, et de monographies sur Manet, Van Gogh, Sisley, également parues chez VisiMuZ. Écrivain, critique d’art, collectionneur, mécène, ami des peintres, il a écrit une biographie vivante, complète, resituant de nombreuses œuvres au sein de la vie de l'artiste.

Sur ces bases solides, VisiMuZ a réalisé un important travail de recherche bibliographique qui a permis de retrouver les tableaux, dessins, estampes et affiches évoqués par l'auteur, et d’ajouter leur reproduction.

Contrairement aux éditions classiques qui présentaient 30 à 60 œuvres pour illustrer le propos, cette édition numérique nous a permis d’enrichir la monographie de plus de 200 photos de tableaux, insérées dans l’ouvrage au moment où les auteurs les évoquent dans le texte. Pour chacune, les dimensions, la localisation (musée, collection) sont précisées. Le lecteur voit apparaître les différents tableaux au fur et à mesure de sa lecture, peut les consulter en plein écran, et les agrandir plus encore pour regarder un détail.

Cette édition est donc à la fois un livre de la catégorie « Beaux-Arts » et une monographie qui, avec l’équivalent de 454 pages (dont 216 de planches), est une référence pour l’artiste.

En replaçant les tableaux dans la vie du peintre, VisiMuZ permet au lecteur de mieux comprendre son évolution artistique, et rend la lecture plus attrayante et pédagogique.

Pour un livre d’art, voici au moins 5 bonnes raisons de préférer un livre numérique au papier :

  • disponibilité permanente où que vous soyez, avec un encombrement minimal,
  • adaptation de la taille des caractères à la vue de chacun,
  • agrandissement des photos pour mise en valeur des détails, et tableaux mis en valeur, encadrés par la tablette,
  • création d’une photothèque personnelle avec les photos de l’ebook,
  • constitution d’une bibliothèque « Beaux-Arts » pour un budget très raisonnable.


Publié le : mardi 16 février 2016
Lecture(s) : 9
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791090996205
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Avant-propos
La collection VisiLiFe a pour objet l'édition ou la réédition de biographies de référence de peintres célèbres. Ces biographies sont celles qui sont systématiquement évoquées par les biographies postérieures qui puisent abondamment à leur source. Les auteurs sont des écrivains au style très agréable, ils connaissent personnellement les artistes dont ils évoquent la vie et l’œuvre. Ces biographies avaient un défaut : elles étaient parfois frustrantes à lire quand on n'avait pas en mémoire les tableaux évoqués par l'auteur. Avec le numérique, cet obstacle est levé et les ouvrages de la collection VisiLiFe incluent systématiquement les œuvres en regard des textes pour une meilleure compréhension du travail de l'artiste et surtout un plus grand plaisir de lecture. Vous pouvez agrandir chaque photo en pleine page par unsimple-tap. Le détail de la navigation est indiqué ci-après. Vous pouvez évidemment annoter votre livre numérique. La visite virtuelle ne remplace pas la visite réelle. Aussi nous vous indiquons en fin d’ouvrage la localisation des œuvres que vous avez pu admirer au cours de votre lecture. Grâce au numérique, vous pouvez enfin profiter pleinement des illustrations en les agrandissant.
Votre livre est un e-book.
Quelques conseils pratiques d'utilisation
1) Malgré tout le soin apporté à sa réalisation, les programmes de lecture actuels connaissent quelques défauts de jeunesse, qui peuvent altérer l'affichage de plusieurs caractères. Ainsi, sur certains lecteurs, les espaces insécables peuvent dans quelques polices ne pas être gérées. Dans ce cas, il apparaît un petit carré au lieu d'une espace. Le choix d'une autre police de caractères permet de contourner le problème. De même, l'agrandissement du corps des lettres peut poser quelques soucis d'ajustement pour les images. Ici, il suffit de changer la taille des caractères pour améliorer l'affichage. Enfin, les césures sont traitées selon des règles anglo-saxonnes et ne respectent pas encore les règles francophones. Mais votre livre numérique est aussi un livre enrichi, pour vous donner plus de plaisir en regardant les photos des œuvres.
2) Affichage des œuvres en pleine page. Parsimple-tapdans le corps du texte sur la photo de l’œuvre, on affiche celle-ci en pleine page. Undouble-tapalors l'affichage en plein permet écran. Un autredouble-tap retourne à l'affichage pleine page. On peut revenir à la page du texte en cliquant sur la zone en bas à gauche « Revenir à la p. xxx » ou sur la croix en haut à gauche, selon les lecteurs.
3) Biographie des artistes. Lorsque vous lisez votre livre en étant connecté à Internet, vous pouvez, parsimple-tapsur le nom des artistes, lorsqu'il est indiqué dans le cartel des œuvres, accéder aux notices biographiques qui leur sont consacrées au sein de l'encyclopédie libre Wikipédia. Attention : pour ne pas alourdir la lecture, ces liens ne sont pas signalés.
4) À la fin du livre, vous pouvez afficher un diaporama de toutes les œuvres présentes dans l'ouvrage. Le cartel est rappelé en bas de chaque page.
5) Les dates de certaines vies d'artistes ou de création des œuvres peuvent être imprécises. Nous avons choisi d'indiquer les incertitudes de la manière suivante :
be : betweenou entre ca : circaou vers an : anteou avant
po : postou après
Nous sommes très attentifs à vos impressions, remarques et critiques concernant le fond et la forme des ouvrages publiés par VisiMuZ. N'hésitez pas à nous envoyer vos commentaires à l'adresse suivante : guides@visimuz.com
Introduction de l'éditeur
Cette nouvelle monographie consacrée à Toulouse-Lautrec est à la fois une biographie (la vie) et une étude de l’œuvre d'Henri-Marie-Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa (1865-1901). L’édition VisiMuZ est une réalisation originale et innovante, alliant textes, informations pointues, et une iconographie très abondante et judicieusement placée. Elle s’adresse à tous les publics.
Elle se base d’abord sur la biographie écrite par Théodore Duret, contemporain et proche de l’artiste, témoignage irremplaçable sur la vie et l’œuvre d’Henri de Toulouse-Lautrec. Ce texte était paru en 1920, édité chez Bernheim-Jeune. Théodore Duret est aussi l’auteur de l’Histoire des peintres impressionnistes, et de monographies sur Manet, Van Gogh, Sisley, également parues chez VisiMuZ. Écrivain, critique d’art, collectionneur, mécène, ami des peintres, il a écrit une biographie vivante, complète, resituant de nombreuses œuvres au sein de la vie de l'artiste. Certains des tableaux que Duret évoque étaient dans sa collection personnelle et ont fait l'objet d'une donation aux musées de France.
Sur ces bases solides, VisiMuZ a réalisé un important travail de recherche bibliographique qui a permis de retrouver les tableaux, dessins, estampes et affiches évoqués par l'auteur, sans être illustrés. À la place des 38 reproductions des éditions antérieures de ce texte historique, cette édition numérique nous a permis d’enrichir la monographie de plus de 200 photos de tableaux, dessins, estampes, insérées dans l’ouvrage au moment précis où l'auteur évoque l'œuvre dans le texte. Pour chacune de ces œuvres, les dimensions, la localisation (musée, collection) sont précisées. Le lecteur voit apparaître les différents tableaux au fur et à mesure de sa lecture, peut les consulter en plein écran, et les agrandir plus encore pour regarder un détail. Cette édition est donc à la fois un livre de la catégorie « Beaux-Arts » et une monographie qui, avec l’équivalent de 454 pages (dont 216 de planches), se veut une référence pour l’artiste. En replaçant les tableaux dans la vie du peintre, VisiMuZ permet au lecteur de mieux comprendre son évolution artistique, et rend la lecture plus attrayante et pédagogique.
Le référencement de l'œuvre de Lautrec est assez bien connu. En effet, peu après sa mort, les parents d'Henri ont confié à son fidèle ami Maurice Joyant toutes les œuvres et la documentation existantes. Joyant a alors consacré toute son énergie à créer, avec l'aide de Gabriel Tapié de Céleyran, le cousin d'Henri, et de Charles Belley, le musée Toulouse-Lautrec à Albi. Ce musée verra le jour en 1922. La société des amis du musée sera successivement présidée par Maurice Joyant, puis un peu plus tard par Édouard Vuillard et Maurice Denis. Madeleine Grillaert-Dortu (1895-1984) va leur succéder et assurer l'administration du musée de 1943 à sa mort en 1984. Elle établit alors le catalogue raisonné de l'artiste, qui paraît en 1971. L'ensemble des six tomes comprend 737 peintures, 275 aquarelles et 4784 dessins (sans compter les dessins érotiques). Les estampes avaient donné lieu à un catalogue par Loÿs Delteil dès 1920. me Le catalogue de M Dortu n'a que deux défauts : le prix, très élevé, auquel on peut l'acquérir, et ses reproductions en noir et blanc, qui ne rendent pas justice au génie de l'artiste. Un autre catalogue a été établi par Gabriel Mantel Sugana et publié en 1977 en Italie, me puis en France en 1986. Il reprend les travaux de M Dortu en les actualisant. Il est disponible partout à un prix raisonnable. C'est pourquoi nous identifions dans la suite de l'ouvrage les tableaux par rapport à leur référence dans le catalogue Sugana. Ils sont référencés par un « S » suivi d'un numéro d'ordre dans le catalogue. Les dessins sont identifiés par un « D » suivi du numéro dans le catalogue Dortu et les aquarelles d'un « A » suivi du numéro, toujours dans le catalogue Dortu. En 1985, le catalogue de Loÿs Delteil, qui datait de 1920, a été refondu par Wolfgang Wittrock. Nous référençons dans la suite les estampes par leur numéro dans le catalogue Wittrock, précédé d'un « W ».
Pour cette nouvelle édition, en sus du texte principal, nous avons ajouté des commentaires pour certains tableaux. Ces commentaires sont en italique et indiqués par le préfixe V (pour VisiMuZ). En tant qu'éditeur, nous avons aussi pris la liberté d’ajouter quelques notes e (numérotées à partir de 100) lorsque les connaissances du XXI siècle peuvent venir en complément ou en contradiction avec celles du passé. Notre édition présente les œuvres avec leur localisation de 2016, lorsqu’elle est connue. Elle est indiquée systématiquement dans les cartels, et synthétisée par pays et par ville à la fin de l'ouvrage.
Enfin, comme dans tous les ouvrages de VisiMuZ, les cartels des tableaux présentent un fond différent selon la notoriété des tableaux représentés. Gris pour les tableaux les moins connus, bleu lorsque leur notoriété est plus importante, rose lorsqu’il s’agit d’œuvres devenues des icônes universelles de la peinture.
Les reproductions des tableaux sont agrandissables parsimple-tap. Ceux-ci peuvent être vus ensuite en plein écran via undouble-tap.
En couverture :Rousse (La Toilette)(détail), musée d'Orsay, Paris. Photo : VisiMuZ.
Première édition : février 2016 Dépôt légal : février 2016 N° éditeur : 9791090996205
François Blondel (février 2016).
I. L'apprentissage
Quand on écrit sur un peintre, on met généralement au titre :Sa vie et son œuvre. Cela implique qu'il a pu se livrer à une certaine activité, exercer des fonctions, s'assurer des récompenses ou des honneurs, en dehors de ses poursuites strictes d'artiste, que la vie qu'il a menée et l'art qu'il a cultivé ont pu aller parallèlement et se développer côte à côte, mais en offrant cependant des parties distinctes et séparables, dans une certaine mesure. Tel n'a pas été le cas de Lautrec. Ce n'est pas sous l'influence d'une esthétique inculquée et de préceptes élaborés qu'il s'est porté vers l'art. Sa vocation a été spontanée. Son art a d'abord plongé dans la vie, telle qu'il la voyait, telle qu'il la vivait. L'artiste, l'exécutant chez lui n'a fait que représenter les choses que l'homme aimait, n'a fait que s'appliquer à rendre ce que l'homme mêlé au monde y saisissait, comme correspondant à ses goûts et à sa nature. Lautrec n'a pas écrit, il n'a pas développé de système, il n'a pas pensé à formuler les principes auxquels il aurait obéi. Il n'a pas exposé aux Salons officiels, il n'a recherché ni les récompenses, ni les titres honorifiques. Il a été porté vers l'art et s'y est maintenu par la seule jouissance de rendre ce qui dans ses entours l'intéressait. La vie et l'œuvre chez lui sont donc restées se pénétrant l'une l'autre et ne peuvent être présentées que comme indissolublement unies. Henri de Toulouse-Lautrec – par abréviation Lautrec – naquit à Albi, le 24 novembre 1864. Il appartenait à une famille de très vieille noblesse. Il avait pour père le comte Alphonse de Toulouse-Lautrec et sa mère était née Tapié de Céleyran. Son père était un gentilhomme pénétré à un haut degré des mérites de sa race, plein des idées particulières de la classe noble à laquelle il appartenait, telles qu'elles ont pu le mieux se conserver dans un centre de la province. Il avait été officier de cavalerie dans sa jeunesse et, ayant alors contracté le goût des chevaux, trouvait son plaisir dans l'équitation. Il trouvait aussi du plaisir à dessiner et, comme dessinateur, ne manquait pas d'un certain talent. Il n'était tenu que par le soin à donner aux terres qui constituaient sa fortune, étranger aux soucis d'affaires tels que peuvent les connaître les gens de la classe bourgeoise, au-dessus de laquelle il se jugeait fort élevé.
[1]Monsieur,1878, huile sur panneau, 32 x 25 cm, collection particulière S3
V. – Portrait présumé du père d'Henri, peint à la manière du peintre Jean-Richard Goubie, dont les scènes de chasse étaient collectionnées par sa famille. Henri n'a alors que 13 ans.
Paul de Lapparent trace de « Monsieur » le portrait d'un original indifférent totalement au qu'en-dira-t-on. « En 1872, son père, désirant se rapprocher de l'Orléanais où il avait des chasses, s'installa à Paris et le mit au lycée Fontanes [maintenant Condorcet]. Sa famille avait trouvé une maison avec atelier dans la cité du Retiro (à l'angle du faubourg Saint-Honoré et de la rue Boissy d'Anglas). Dans l'atelier, le comte de Toulouse-Lautrec faisait du modelage et élevait divers animaux. Tous les matins, il se promenait à cheval. Mais, comme il voulait prendre son petit-déjeuner au Bois de Boulogne, il avait imaginé de monter une jument laitière. Près de la Cascade, il déballait une tasse, trayait sa jument et, assis sous un arbre, trempait un croissant dans le lait. » Et Lapparent conclut : « L'originalité du père explique celle du fils. Elle n'exclut pas l'intelligence. » [*] Paul de Lapparent,Toulouse-Lautrec, Paris, Éditions Rieder, 1927, p.6. Rien n'eût pu faire prévoir que le fils unique d'un tel père fût destiné à embrasser la carrière d'artiste, surtout pour y développer la forme d'art qui a été sienne. Lautrec, élevé dans les traditions et les idées de sa classe, ne se fût probablement jamais consacré à l'art, il se fût engagé dans une tout autre voie sans un accident qui devait faire de lui un homme difforme. Vers l'âge de treize ans, il eut les deux cuisses cassées. Les cuisses affaiblies se soudèrent mal et lui rendirent pour toujours la marche difficile. Ses jambes, à partir de l'accident, cessèrent de croître. Il devait rester toute sa vie disproportionné, le haut du corps assez développé mais porté par des jambes tronquées. Pour ajouter à cette disgrâce, il était myope et avait de grosses lèvres. Nous savons comment Lautrec reconnaissait sa déformation et ce qu'il en pensait, par les portraits-charges de lui-même qu'il a crayonnés.
[2]Portrait-charge de Lautrec par lui-même, 1895, crayon sur papier, 29 x 19,5 cm, collection particulière D3886
V. – Caricature publiée par Duret en 1920. En haut, tête de M. Maurice Guibert. Lapparent donne plus de détails sur ces accidents « En juillet 1874, l'enfant remporte de nombreux prix. Mais l'existence agitée de ses parents, qui se déplacent continuellement de Paris en Orléanais, en Narbonnais, à Nice, au château de Malromé et à Albi, les oblige à le retirer du lycée; et sa mauvaise santé les engage à le faire soigner à Amélie-les-Bains. Ses os ne se consolident pas et, à Albi, en 1878, il se casse une cuisse en glissant sur le parquet ciré. On le mène à Barèges. Là, l'année suivante, il roule dans le lit d'une ravine sèche, et voilà l'autre cuisse cassée! Tandis que sa mère court chercher un chirurgien, l'enfant, assis par terre, maintient sa jambe entre ses deux mains pour empêcher les os de se déplacer, et attend dans cette position, sans une larme, sans une plainte. Ses fractures se raccommodent mal et la croissance des jambes est arrêtée. » Tel qu'il se voyait, il devait être amené à fuir son milieu, se sentant réellement humilié parmi les hommes désinvoltes et les femmes élégantes qui le composaient. De nature sensible, sa laideur physique explique que du monde aristocratique, où il ne pouvait être qu'un objet de pitié, il ait versé non seulement dans le monde des artistes, mais fort à côté dans celui des
filles, qu'il devait aussi fréquenter. Il est un autre homme dont une difformité a empoisonné la vie, Lord Byron. Il était pied-bot et par ce que l'on sait du tourment que cette disgrâce lui a causé, on peut s'imaginer ce que Lautrec a dû souffrir de la conformation qui a fait de lui une sorte de petit monstre, un nabot. Ce ne fut pas par une détermination d'abord prise et un dessein arrêté qu'il s'engagea dans la carrière d'artiste. Il y fut porté d'une manière accidentelle.
Sa mère, établie à Paris, le temps de ses études lui avait fait suivre les classes du lycée Condorcet. Il se préparait pour le baccalauréat lorsqu'il vint à fréquenter René Princeteau, un peintre, un méridional, avec lequel son père entretenait des relations. Princeteau était peintre de chevaux. Lautrec qui, on peut dire, dès l'enfance avait reçu de son père le double goût des chevaux et du dessin, entré en intimité avec Princeteau, se sentit attiré par le genre de son art. Il se mit à côté de lui à dessiner et à peindre des chevaux. Ce qui n'avait d'abord été qu'une fantaisie devint bientôt une passion. Il continua donc assidu auprès de Princeteau, se tenant à son atelier, dans le faubourg Saint-Honoré.
[3]Bruno,1878, huile sur panneau, 18 x 26 cm, collection particulière S5
[4]Princeteau dans son atelier,1881, huile sur toile, 54 x 46 cm, collection particulière S108
[5]Princeteau dans son atelier,1881, huile sur toile, 73 x 54 cm, collection particulière Wildenstein S123
Il y rencontra John Lewis Brown, un méridional comme eux, un Bordelais, qui n'y était pas seulement amené par la communauté d'origine, mais encore par un goût identique pour la peinture de chevaux et d'élégants cavaliers. Cependant, Princeteau n'avait pas la prétention de pouvoir servir de véritable maître et Lautrec, après avoir poussé son essai d'apprentissage chez lui aussi loin que le permettaient les circonstances, éprouva le besoin de suivre un enseignement régulier. Il avait alors ressenti l'appel de la vocation.
[6]Artilleur sellant son cheval,1879, huile sur toile, 50,5 x 37,5 cm, musée Toulouse-Lautrec, Albi S11
V. – Paul de Lapparent commente en ces termes : « Lautrec débute dans la peinture par des morceaux savoureux.L'Artilleur sellant son chevalest d'un effet frappant, d'une pâte généreuse. On sent que ce débutant a pris plaisir à gâcher les couleurs sur sa palette, à les triturer, à en essayer l'effet sur la toile. D'où tenait-il ce beau métier? Princeteau le lui avait-il enseigné? Était-ce un don naturel?/L'Artilleur sellant son chevaln'est pas précisément un bon tableau. Les qualités qu'il contient en germe ont besoin de mûrir, de se faire. C'est du vin de l'année, un peu vert. Mais j'y reconnais cette grande joie de peindre que je trouve chez les peintres-nés, chez Manet peignant des natures mortes, des fruits. Je ne la retrouverai plus, dans l'avenir, chez Lautrec, envahi par l'amertume et préoccupé surtout de dessin expressif. »
[7]Sur la promenade des Anglais à Nice,1880, huile sur panneau, 31,5 x 40 cm, collection particulière S31
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.