Une incertaine poésie... (de l'écriture plasticienne)

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Écrire en peinture, en débattre, en ouvrir les potentialités théoriques, plastiques, interroger les référents sans jamais en revendiquer la dimension d'école sont les appuis de cet ouvrage, dans un débat stimulant entre le plasticien poète J.-P. Brigaudiot et le linguiste G. Mélis. Des notions essentielles y sont interrogées : liberté, invention, recherche, quête, aventure, expérimentation, sens, plastique. Au départ, il y a le désir de faire autre chose du poème (lui donner une visibilité matérielle) : "Obligation de voir plutôt que de lire".
Publié le : vendredi 15 avril 2016
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EAN13 : 9782140007385
Nombre de pages : 146
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Une incertaine poésie... (de l’écriture plasticienne) jeanpierrebrigaudiot [textes & œuvres] gérardjacquesmélis [texte]
UNE INCERTAINE POÉSIE… (DE L’ÉCRITURE PLASTICIENNE)
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782343085661 EAN : 9782343085661
JEANPIERRE BRIGAUDIOTen dialogue avec GÉRARDJACQUES MÉLIS à propos des œuvres de JEANPIERRE BRIGAUDIOT
UNE INCERTAINE POÉSIE… DE L’ÉCRITURE PLASTICIENNE
PRÉFACEde GERMAIN ROESZ
ESPACES DU DESSIN -ESPACES DESS(E)INS(DIRIGÉE PAR GERMAIN RŒSZ) dans la collection Esthétique direction Jean-Louis Déotte
Cette collection est consacrée à tout ce qui fait dessin : graphe, ligne, plan, contour, croquis, esquisse, épure, dessein ou tout simplement dessin - quand l’expérience graphique se suffit à elle-même et quand chaque trait nous informe qu’une trace fait toujours signe de l’intelligence de sa pratique. Tous les états et tous les espaces du dessin ont ici leur place. Du côté des arts plastiques, bien sûr, mais aussi de l’architecture, du design, voire de la musique, d’activités à la lisière des arts ou même de la marche. Car le dessin vagabonde et s’incarne aujourd’hui en formes, outils et matérialités multiples ; il se dépose en tous lieux ; il est dans la feuille comme sur le mur, gravé, numérisé ou suspendu. Ici et là, le geste qui dessine féconde toutes sortes d’images, allusives ou précises, abstraites ou ironiques. Il désigne, croque, anime et ne manque pas non plus de délinéer les histoires que combinent les hommes.
Rien donc n’échappe au dessin et les vieilles querelles qui l’opposaient jadis au coloris ne seront pas ici de mise. Mais si sa liberté interdit désormais d’en fixer les limites et les missions exactes, cet état n’est pas non plus sans conséquence sur la reconnaissance de cette pratique. Si le dessin est partout, quelleTenTPOt aujourd’hui l’audience et la lisibilité ? Le dessin est chose fragile et il nous importait d’en assurer ici la défense et l’illustration : recueillir en nos pages une création trop souvent minorée ou gommée des opus contemporains et l’informer d’une écriture avec laquelle elle partage l’« identité » de son « fond » (Paul Klee).
« Écrire»et«dessiner » seront donc lFTobjetTde cette collection. Décrire l’efflorescence actuelle du dessin, mettre en réflexion une pratique prolixe et interstitielle à l’aplomb de méthodologies, elles aussi plurielles : histoire, esthétique, poésie – discours ou fictions visant à décalquer le dessein des figures que nous convo-querons en nos pages.
Les auteurs et lesdessinantsviendront d’horizons différents (philosophes, historiens, musicologues, plasticiens, poètes, critiques, théoriciens, graphistes, architectes, musi-ciens, cuisiniers, etc.).
Comité de lecture :Michel Demange, Jean-Louis Déotte, Daphné Le Sergent, Hélène Sirven, Sylvie Villaume, Alexandra Pignol.
PRÉFACE
D’une poésie plasticienne
Ecrire en peinture, en débattre, en ouvrir les potentialités théoriques, plastiques, interroger les référents sans jamais en revendiquer la dimension d’école sont les appuis de cet ouvrage, dans un débat stimulant entre le plasticien poète J.-P. Brigaudiot et le linguiste G. Mélis.
Des notions essentielles y sont interrogées : liberté, invention, recherche, quête, aventure, expérimentation, sens, plastique. Au départ, il y a le désir de faire autre chose du poème (lui donner une visibilité matérielle. Primat, presque, de la peinture) : « Obligation de voir plutôt que de lire ». J.-P. Brigaudiot, artiste-poète, donne d’emblée ses références d’une poésie plasticienne : son vécu à Nice, Jacques Lepage, Fluxus, et plus loin le lettrisme, son attachement à la musique disons expérimentale (Cage, la musique répétitive). On peut y ajouter Jean-François Bory qui fut un des défricheurs de ce qu’on appelle la poésie visuelle et qui doit bien entendu à Mallarmé. On peut encore montrer l’horizon russe où le caractère cyrillique sonne comme une étrangeté esthétique qui nous apporte, qui ouvre le champ des signi-fications (je renvoie à Kroutchennykh). J.-P. Brigaudiot se livre aussi plus avant en citant des chemins entre Artaud et Saint John Perse, F.-G. Lorca, Schwitters et la bible. Pour lui, être en poésie c’est êtrehors temps. Sur le sens il répond encore par la malléabilité des formes, des lettres, des mots et des textures qui disent alors précisément que le travail du plasti-cien/poète s’inscrit dans les blancs, dans les silences et les écarts. Que cela fait la lecture même du regardeur/lecteur, que cela en fonde sa respiration. Pour le poème lui-même il y a du défilement, du retour en arrière, de la fixité, des épaisseurs et des appuis comme si la plastique faisait murmurer ou hurler le mot. SIGNIFIANTS ERRANTS. Gérard Mélis, linguiste, analyse très subtilement les différents régimes d’énonciation du poème (« le texte n’est pas seulement une positivité ins-crite sur une page » et « Le texte est une absence, un contour évidé dans le pochoir ») et les régimes de lecture (objet visuel, sens et contre sens, le regard voit ce que le poème parle, arrêt sur image, défilement). J.-P. Brigaudiot opère dans une poésie du différent et du différé. Quand il dit « poésie sans intention + » il saisit que ce n’est pas dans un message trop réaliste que se dit le monde. Il le dit pour dire +. Ce + est visualisé, ce
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