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VERTOV

De
287 pages
Il y a cent ans naissait Dionigin Arkadievitch Kaufman, plus connu sous le pseudonyrne de Dziga Vertov. Mais qui connait encore l'auteur de films comme L'homme à la caméra ou de Enthousiasme ? Il paraît aujourd'hui enfoui sous les décombres du projet communiste. Mais, alors qu'on ne cesse pas d'affronter le problème du rapport entre l'image et la réalité, alors que les nouvelles technologies appliquées au cinéma prétendent renouveler le montage cinématographique, I'examen des solutions apportées par Vertov à ces questions apporte de grandes bouffées d'oxygène dans la contusion qui règne aujourd'hui.
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VERTOV . L'invention du réel! ~ I ~, ~ ~ i !1" Collection Champs Visuels dirigée par Pierre-Jean Benghozi, Jean-!,ierre Esquenazi et Bruno Péquignot Une collection d'ouvrages qui traitent de façon interdisciplinaire des images, peinture, photographie, B.D., télévision, cinéma (acteurs, auteurs, marché, metteurs en scène, thèmes, techniques, publics etc.). Cette collection est ouverte à toutes les démarches théoriques et méthodologiques appliquées aux questions spécifiques des usages esthétiques et sociaux des techniques de l'image fixe ou animée, sans craindre la confrontation des idées, mais aussi sans dogmatisme. Dernières parutions Jean-Pierre ESQUENAZI, La communication de l'information, 1997. Laurent JULLIER, L'écran post-moderne, 1997. Gérard LEBLANC, Scénarios du réel (Tomes 1 et 2), 1997: Jean-Paul DESGOUTTE, L'utopie cinématographique. Essai sur l'image, le regard et le point de vue, 1997 Michel AZZOPARDI, Le temps des vamps. 1915-1965 (Cinquante ans de sex appeal), 1997 José MaURE, Vers une esthétique du vide au cinéma, 1997. René NOIZET, Tous les chemins mènent à Hollywood, 1997. Eric LE ROY, Camille de Morlhon, homme de cinéma (1869-1952), 1997. Régis DUBOIS, Images du Noir dans le cinéma américain blanc (19801995), 1997. Ariel SCHWEITZER, Le cinéma israélien de ta modernité, 1997. Denis RESERBAT-PLANTEY, La vidéo dans tous ses états. Dans le secteur de la santé et le secteur social, 1997. Pierre-Jean BENGHaZI, Christian DELAGE, Une histoire économique du cinémafrançais (1895-1995). Regards croisésfranco-américains, 1997. Gérard CAMY, Sam Peckinpah, 1997. Eric SCHMULEVITCH, Une décennie de cinéma soviétique en textes (1919-1930). Le système derrière lafable. 1997. Annie LAURENT, Bruno VILLALBA (sous la direde), Les petits partis. De la petitesse en politique, 1997. @ L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-6149-2 Sous la direction Jean-Pierre de Esquenazi VERTOV L'inventiondu réel! Actes du colloque de Metz, 1996 Les auteurs François ALBERA, Professeur, Université de Lausanne Jacques AUMONT, Professeur, Université Paris 3 Dominique CHATEAU, Professeur, Université Paris 1 Gilles DELA VAUD, Maître de Conférences, Université Paris 8 Jean-Pierre ESQUENAZI, Professeur, Université de Metz Oliver FALHE, Wiss. Mitarbeiter, Université de Weimar Maurizio GRANDE, Professeur, Université de Rome (t) Laurent JULLIER, Maître de Conférences, Université de Metz Jean-Marc LEVERAITO, Maître de Conférences, Univ. de Metz Eric SCHMULEVITCH, Professeur, Université de Nancy Isolda SEPMAN, Institut de cinéma de Léningrad Introduction Jean-Pierre ESQUENAZI A vrai dire, organisant un colloque à propos de Dziga Vertov, je méconnaissais qu'il y a cent ans naissait Dionigin Arkadievitch Kaufman, plus connu sous le pseudonyme de Dziga Vertov; et que l'édition des actes de ce colloque puisse se présenter aujourd'hui comme un hommage au grand documentariste soviétique est finalement le fait du hasard. Nul besoin de fêter un anniversaire pour que l'actualité du travail de Vertov, de sa réflexion comme de ses films, apparaisse évidente. Alors qu'on ne cesse pas d'affronter le problème du rapport entre l'image et la réalité, alors que les nouvelles technologies appliquées au cinéma prétendent renouveler le montage cinématographique, l'examen des solutions apportées par Vertov à ces questions apporte de grandes bouffées d'oxygène dans la confusion qui règne aujourd'hui. Quand il faut encore expliquer au représentant le plus médiatique de la critique des médias qu'une image est l'objet d'une construction et ne saurait jamais se confondre avec la «réalité» quelle que soit la définition qu'on donne à ce terme l, voir les films ou lire les textes de Vertov est un geste salutaire. Donc, revenir à Vertov, pour comprendre ce que signifie filmer le réel, pour comprendre que le nom donné à cette opération - traduction, expression, fabrique de faits, etc. - est le résultat d'une élaboration complexe et difficile. Le titre de ce recueil -Vertov L'invention du réel! - cristallise le caractère paradoxal de toute tentative qui consiste à vouloir « dire le réel ». Vertov n'a pas cessé d'affirmer cette ambition, au nom du ciné. œil, tout en multipliant les formules qui exhibent ce paradoxe: quand il écrit qu'il faut «fixer et organiser chaque phénomène vivant caractéristique en une somme, un extrait, en une conclusion» 2, il désigne la magie d'une telle opération. Car il s'agit de rien de moins que de traduire le vivant continu par un discours discontinu; il s'agit de construire un langage adéquat à la fois à la réalité visée et au public qui vit à l'intérieur de cette réali té. Les auteurs qui ont participé au colloque, et auquel s'est joint après-coup Jacques Aumont (que je remercie), ont bien voulu accepter ce programme de recherche, soit en examinant le tissu filmique, soit en étudiant le contexte historique et social de production de ces films, afin de saisir la «fabrique de faits », l'invention du réel vertovienne. J'ai choisi de regrouper leurs contributions selon les films qui constituent leur objet principal. Un autre partage eut été possible, qui aurait regroupé historiens et sociologues d'une part, sémioticiens et esthéticiens d'autre part. Mais l'un des intérêts de ce travail est de montrer le caractère complémentaire des travaux des uns et des autres: L'homme à la caméra, par exemple, est l'objet d'approches différentes, mais qui s'éclairent les unes les autres. Plus généralement, chacun des textes apporte, me semble1 Je fais allusion à l'émission de Daniel Schneiderman où Jean-Louis Comolli tenta, mais en vain, d'expliquer leur métier à ses interlocuteurs. 2 Vertov D., Articles, journaux, projets, Paris, VOl/Cahiers du cinéma, 1972, page 70. 8 t-il, une documentation précieuse ou une lecture fragments de la filmographie vertovienne. fine de Je voudrais me permettre d'attirer l'attention du lecteur sur le texte de Maurizio Grande, dont la disparition récente a endeuillé la communauté des chercheurs «en cinéma». J'avais rencontré Maurizio Grande quelques mois auparavant et lui avais parlé de notre colloque Vertov. Il avait accepté d'y participer: c'était pour lui l'occasion de poursuivre une recherche en cours, à propos du geste propre à l'écriture, particulièrement filmique. Malheureusement, la maladie, puis les cours à rattraper l' empêchèrent de venir à Metz. Mais quelques mois plus tard je reçus sa contribution, directement en français. Maurizio Grande était quelqu'un sur lequel on pouvait compter. Le texte que nous publions, comme d'autres parus récem- ment en français 3, marque toute l'ambition d'un travail passionnant, qui cherche à comprendre la production du texte comme interaction entre une langue et un auteur. D'où une définition du style particulièrement originale et productive, compris comme la trace d'un geste spécifique à l'intérieur d'une langue. Mais résumer trop brièvement cette conception conduirait à la déformer: je renvoie donc le lecteur au texte de Maurizio Grande. Que ce volume soit aussi une forme d'hommage à un collègue brillant trop tôt disparu. «Le temps au miroir », in De Gaetano (dir.), Deleuze pensare il cinema, Roma, Bulzoni editore, 1993; «Les images non dérivées », in Falhe & Engell (dir.), Le cinéma selon Deleuze, Paris/Weimar, Verlag der BauhausUniversiUit Weimar Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1997. 9 A propos de La sixième partie du monde