Vincent van Gogh

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  • VAN GOGH par Théodore Duret est un texte de référence sur l’artiste, par un contemporain engagé dans l’aventure de la peinture de son époque.

On y suit l’artiste tout au long de sa vie, y compris dans les périodes antérieures à ses débuts artistiques. L'auteur analyse aussi l'œuvre de Vincent : son évolution, ses innovations, ses techniques, mais aussi ses dessins et son œuvre littéraire. Au-delà de l’aspect biographique très réussi, le texte est aussi celui d’un critique d’art perspicace, certainement le plus grand de son temps. Maints aspects de ce texte apparaissent avec le recul comme prophétiques. Duret était bien plus qu’un témoin, il était aussi un acteur (il a entre-autres introduit le japonisme en France en 1872) et a lui-même influencé Van Gogh , comme on le verra dans le livre.

  • L'édition enrichie de VisiMuZ comprend en sus du texte 150 photos de tableaux, agrandissables en plein écran par simple-tap. Pour chacune, les dimensions, la localisation sont précisées.

Tableaux, dessins, lithographies sont aussi commentés lorsque des informations complémentaires peuvent enrichir la lecture.

S'il est d'abord une source de plaisir, le texte devient aussi un instrument d'étude pour les étudiants et professionnels de l'art. En sus de la lecture classique, vous pouvez parcourir les œuvres sous forme de diaporama.


Pour un livre d’art, voici au moins 4 bonnes raisons de préférer le numérique au papier :


- Agrandissement de la photo pour mise en valeur des détails

- Bénéficier grâce à la tablette d’un cadre qui met en valeur le tableau

- Création d’une photothèque personnelle avec les photos de l’ebook

- Adaptation de la taille des caractères à la vue de chacun.


Plusieurs catalogues raisonnés de l’œuvre de Van Gogh ont été réalisés. Celui de Jean-Baptiste de La Faille (1928, dernière édition en 1970), malgré les découvertes faites depuis son élaboration, continue à servir de référence. Un catalogue plus récent a été établi par Giovanni Testori et Luisa Arrigoni en 1990. Pour faciliter le repérage dans l'œuvre de Manet, nous indiquons donc pour chaque tableau le numéro de référence dans ces deux catalogues.


Publié le : dimanche 7 décembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791090996090
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Avant-propos

La collection VisiLiFe a pour objet la réédition de biographies de référence de peintres célèbres. Ces biographies sont celles qui sont systématiquement évoquées par les biographies postérieures qui puisent abondamment à leur source. Les auteurs sont des écrivains au style très agréable, ils connaissent personnellement les artistes dont ils évoquent la vie et l’œuvre. Ces biographies avaient un défaut : elles étaient parfois frustrantes à lire quand on n'avait pas en mémoire les tableaux évoqués par l'auteur. Avec le numérique, cet obstacle est levé et les ouvrages de la collection VisiLiFe incluent systématiquement les œuvres en regard des textes pour une meilleure compréhension du travail de l'artiste et surtout un plus grand plaisir de lecture. Vous pouvez agrandir chaque photo en pleine page par un simple-tap. Le détail de la navigation est indiqué ci-après. Vous pouvez évidemment annoter votre catalogue. La visite virtuelle ne remplace pas la visite réelle. Aussi nous vous indiquons en fin d’ouvrage la localisation des œuvres que vous avez pu admirer au cours de votre lecture. Grâce au numérique, vous pouvez enfin profiter pleinement des illustrations en les agrandissant.

Quelques conseils pratiques d'utilisation






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  • be : between ou entre
  • ca : circa ou vers
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  • po : post ou après

Nous sommes très attentifs à vos impressions, remarques et critiques concernant le fond et la forme des ouvrages publiés par VisiMuZ. N'hésitez pas à nous envoyer vos commentaires à l'adresse :
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Introduction de l'éditeur

L’auteur

Théodore Duret (1838-1927), écrivain, journaliste, critique d’art, collectionneur, grand voyageur, a été aussi le premier défenseur des impressionnistes. Il en a écrit l’histoire et ses ouvrages sont des références. Dans un style très moderne, mêlant l’histoire, l’anecdote, et la critique d’art, il nous fait entrer de plain-pied dans la vie et l’œuvre de Van Gogh.


Théodore Duret était issu d’une famille de riches négociants en cognac. Sa rencontre avec l’art a fait partie des hasards de la vie.

En 1862, il n'avait alors que 24 ans, il rencontre Gustave Courbet, venu peindre à Saintes. C’est le début d’une amitié profonde. Le même hasard va lui faire rencontrer Manet en 1865 dans un restaurant madrilène[*]. Deuxième amitié indéfectible. Elles vont l'amener à fréquenter très régulièrement le café Guerbois entre 1865 et 1870 et lui permettre alors de rencontrer tous les jeunes peintres de l'époque.

Lorsqu’il écrit Les Peintres français en 1867, il n’hésite pas à donner à Courbet et Manet autant de place qu'à Ingres, un texte plus important que celui dévolu à Corot ou Millet, alors que Meissonier, vedette de l’époque, n’a droit qu’à quelques lignes.

En 1871-72, il fait un tour du monde avec Henri Cernuschi et en rapporte une collection d’estampes japonaises qui va lancer la mode du japonisme dans l’art français. Il publie en 1874 Voyage en Asie : le Japon, la Chine, la Mongolie, Java, Ceylan, l'Inde qui influencera plus tard en 1886 profondément Vincent van Gogh.

Seul contre tout Paris, il a soutenu les premiers essais des impressionnistes et publie dès 1878 la première Histoire des Impressionnistes, constamment rééditée par la suite.

En 1885, il publie Critique d’avant-garde, dont nous reparlons ci-après.

Les biographies que Théodore Duret a écrites font référence et celle de Van Gogh ne fait pas exception.

Ami et biographe des peintres, il était aussi grâce à sa fortune, collectionneur. La vente suite au décès de Théodore Duret eut lieu le 1er mars 1928. Il possédait quatre dessins de Van Gogh : un Autoportrait (8 700 francs), Les Alyscamps, les tombeaux (7 000 francs), Les Alyscamps, la grande allée (13 800 francs) et Le Semeur (23 400 francs).

Théodore Duret, 1912
[1] Édouard VUILLARD (1868-1940), Théodore Duret,1912, huile sur carton collé sur panneau, 95,2 x 74,8 cm, National Gallery of Art, Washington

Entre le biographe et l'artiste

Théodore Duret n’a pas été que le biographe de Van Gogh. Il a été aussi, indirectement, l’un de ses inspirateurs.

On sait que Vincent alla en Provence pour y retrouver les couleurs du Japon, à défaut de pouvoir voyager plus loin, épisode que nous retrouverons dans sa biographie au chapitre V ci-après.

Quelques jours après être arrivé à Arles, il écrit à son frère Théo (lettre 559 du 14 mars 1888) :

« Mais, mon cher frère, tu sais je me sens au Japon — je ne te dis que cela et encore je n'ai encore rien vu dans la splendeur accoutumée ».

Et il écrira un peu plus tard à sa sœur Wilhelmina (lettre W07, 9 et 16 septembre 1888) :

« Theo m'écrit qu'il t'a donné des japonaiseries. C'est certes le moyen le plus pratique pour arriver à comprendre la direction qu'actuellement a prise la peinture colorée et claire. Pour moi ici je n'ai pas besoin de japonaiseries car je me dis toujours qu'ici je suis au Japon. Que conséquemment je n'ai qu'à ouvrir les yeux et à peindre droit devant moi ce qui me fait de l'effet. »

Or en 1885, Théodore Duret avait écrit dans Critique d'avant-garde[**]. « Lorsqu'on a eu sous les yeux des images japonaises, sur lesquelles s'étalaient côte à côte les tons les plus tranchés et les plus aigus, on a enfin compris qu'il y avait, pour reproduire certains effets de la nature qu'on avait négligés ou crus impossibles à rendre jusqu'à ce jour, des procédés nouveaux qu'il était bon d'essayer. Car ces images japonaises que tant de gens n'avaient d'abord voulu prendre que pour un bariolage, sont d'une fidélité frappante. »

De plus, à Paris en 1886, Vincent eut le loisir de consulter la collection d’estampes japonaises de Duret. Celui-ci l’avait déposée chez Maurice Joyant, collaborateur de Théo van Gogh dans la maison Goupil.

Dans sa biographie, Théodore Duret n’évoquera pas, par modestie, le rôle qu’il a eu dans la vie du peintre et sur son œuvre.

En 1920, Théodore Duret est un vieux monsieur de 82 ans, mais ses liens avec le Japon ne se sont pas distendus. Dans une lettre du 22 octobre au peintre Jûtarô Kuroda (1887-1970), il écrit [***] :

« Je vous accorde avec plaisir l’autorisation que vous me demandez de faire et de publier une traduction de mon livre sur Van Gogh sans rétribution. Je serais heureux de penser que mes publications sur l’art français puissent intéresser les artistes japonais, pour lesquels ai toujours eu une particulière estime.[…] Dans ces conditions je vous verrai avec plaisir faire connaître Van Gogh au Japon, un artiste que je me suis moi-même appliqué à faire connaître en France. »

On voit par ces quelques exemples toute la richesse des liens entre l’auteur et l’artiste, qui nous vaut une biographie riche, vivante, précise, ainsi qu’un témoignage exceptionnel.



[*] Du même auteur, voir Histoire d’Édouard Manet et de son œuvre, VisiMuZ Éditions, 2014.

[**] Théodore Duret. chapitre II, Les peintres impressionnistes, p. 65-66, Paris, Charpentier, 1885.

[***] Shigemi Inaga, Actes du colloque du 20 juin 1998, Maison franco-japonaise, Tokyo, p. 79-94.

L’édition enrichie de VisiMuZ

Couverture de l'édition originelle de 1919, éditions Bernheim-Jeune, Paris.
Couverture de l'édition originelle de 1919, éditions Bernheim-Jeune, Paris.

Le livre numérique que vous avez entre les mains est une première. Il reprend le texte intégral de l’auteur en ajoutant la reproduction des œuvres chaque fois que l’auteur les évoque, au sein du texte.

L’édition originale était, lors de la première édition, illustrée de 54 reproductions en noir et blanc, sans lien avec le texte. Nous n’avons pas repris ces impressions, avantageusement remplacées par les reproductions en couleurs des tableaux. Les illustrations originelles sont pour l'essentiel incluses dans les 150 reproductions en couleurs de la présente édition. Nous avons mis en regard ces images avec le texte lorsqu'elles y sont mentionnées.

Dans l’édition de 1919 chez Bernheim-Jeune, l’éditeur précisait : « Le Van Gogh de M. Théodore Duret compte deux éditions : l'une, de 1916, l'autre, définitive, de 1919. ». Nous avons repris l’édition de 1919.

Plusieurs catalogues raisonnés de l’œuvre de Van Gogh ont été réalisés. Celui de Jean-Baptiste de La Faille (1928, dernière édition en 1970), malgré les découvertes faites depuis son élaboration, continue à servir de référence. Un catalogue plus récent a été établi par Giovanni Testori et Luisa Arrigoni en 1990. Nous indiquons pour tous les tableaux reproduits le numéro utilisé dans ces deux catalogues.

De plus, comme l'activité artistique de Van Gogh a duré moins de dix ans et a été abondamment commentée dans ses lettres à son frère, nous connaissons non seulement l'année mais le mois, voire le jour de la réalisation de ses toiles. Aussi avons-nous indiqué dans les cartels le mois (ou les deux mois quand le tableau a été peint à cheval sur deux périodes) à la suite de l'année de réalisation.

Les cartels des tableaux présentent un fond différent selon la notoriété des tableaux représentés. Gris pour les tableaux les moins connus, bleu lorsque leur notoriété est plus importante, rose lorsqu’il s’agit d’œuvres devenues des icônes universelles de la peinture.

Tableaux, dessins, lithographies sont parfois commentés lorsque des informations complémentaires peuvent enrichir la lecture (en italique et avec un fond légèrement grisé pour indiquer que cette note n’est pas issue du texte originel). L'abréviation T. D. signifie que cette note avait été ajoutée par l'auteur (Théodore Duret). L'abréviation V. (VisiMuZ) signifie qu'il s'agit d'un ajout de l'éditeur.

Van Gogh est connu aussi pour les versions multiples d'un même sujet. Nous avons essayé de vous indiquer les différentes versions d'un tableau, afin de vous guider lors de vos visites de musées et d'expositions.

La localisation des tableaux est indiquée systématiquement. Elle peut souvent être différente de celle indiquée par l’auteur en 1918, soit que les tableaux soient entrés dans des musées, soit que les musées aient eux-mêmes changé (Van Gogh n’est plus au musée du Louvre mais au musée d’Orsay par exemple).

Les icônes des tableaux sont agrandissables par simple-tap et peuvent être vus ensuite en plein écran via un double-tap.

Les notes de l’auteur ont été reprises. Nous avons pris la liberté également d’ajouter quelques notes (numérotées à partir de 100 et accessibles par un lien) lorsque les connaissances du XXIe siècle peuvent venir en complément ou en contradiction avec celles d’il y a 100 ans.

En couverture : Autoportrait au chapeau de paille, The Detroit Institute of Arts, Detroit, Michigan.
Reproduction issue de Wikimedia Commons : Van_Gogh_Self-Portrait_with_Straw_Hat_1887-Detroit, DcoetzeeBot.


Première édition : décembre 2014
Dépôt légal : décembre 2014
N° éditeur : 9791090996090

V. À ARLES ET À SAINT-RÉMY

Van Gogh possédé de la passion de peindre en couleur et dans la clarté s'est livré à Paris à l'étude des coloristes. Il a accompli sur lui-même le travail voulu, pour réaliser le passage de la peinture noire à la peinture claire. Il n'a plus qu'à se tenir à l'œuvre. Mais quand il entre dans une voie, il s'y engage à fond. Et maintenant puisqu'il veut peindre absolument en couleur et en pleine lumière, pour obtenir des œuvres aussi éclatantes que possible, il devra aller peindre dans un pays, où l'éclat venu du soleil lui permettra de porter à leur suprême puissance ses moyens de palette.

Il est passé des Pays-Bas à Paris, il y trouve déjà plus de lumière mais elle est toujours insuffisante. Il lui faut encore s'avancer vers le soleil. Dans les dispositions où il se maintient, rêvant du Japon qu'il s'est représenté comme le pays de la couleur, de la lumière, de la beauté par excellence, il s'y fut sans doute rendu, si ses ressources le lui eussent permis. Mais il vit dans la gêne. Il dépend de son frère Théodore, il ne subsiste que des secours qu'il en reçoit. Ce frère lui est dévoué. Il le garde chez lui depuis qu'il est à Paris. Le sacrifice à faire ainsi de sa part est assez facile à supporter, mais il sera autrement lourd, quand Vincent en viendra à abandonner la vie commune, pour mener au loin une existence séparée. Dans ces conditions le choix, comme lieu de séjour, parmi les pays de grand soleil, devra porter sur celui qui sera le plus accessible de Paris, afin de réduire autant que possible les frais à prévoir et le pays qui s'offre ainsi est la Provence.

Van Gogh a dû avoir tout d'abord son attention attirée sur la Provence, par les toiles lumineuses que Claude Monet avait rapportées d'une ville située dans son voisinage immédiat, de Bordighera, où il était allé peindre en 1884.

Van Gogh n'a pu manquer de les voir dans le magasin du boulevard Montmartre, où son frère Théodore tenait les œuvres des peintres impressionnistes admis par la maison Goupil et particulièrement celles de Claude Monet. Van Gogh a dû encore se sentir attiré vers la Provence par la gratitude qu'il doit à Monticelli, un véritable provençal, un Marseillais, auquel il a emprunté lorsqu'il est passé à la couleur.

C'est donc en Provence, à Arles, qu'il ira chercher le soleil. Il a dû choisir Arles en particulier, par le même motif de rapprochement de Paris et d'économie, qui lui avait fait choisir la Provence elle-même. Arles est en effet des villes provençales, la moins éloignée de Paris, celle avec laquelle on peut entretenir les rapports en réduisant les frais. Elle présente d'ailleurs, par son site, des avantages à un peintre. Elle est en plein dans la région des oliviers, voisine de la Méditerranée, sur un grand fleuve le Rhône, près des terres singulières d'aspect de la Crau et de la Camargue.

Van Gogh quitte Paris et arrive à Arles en février 1888. Émile Bernard qui a été en correspondance suivie avec lui, pendant son séjour à Arles, dit qu'il fut loin d'y être bien accueilli, qu'il y rencontra une certaine hostilité, qu'il eut de la peine à y trouver des modèles[10]. Rien de moins surprenant. Il n'y connaissait personne et y tombait, si l'on peut dire, comme un aérolithe. Les Arlésiens voient tout à coup apparaître un homme d'aspect singulier. C'est un étranger, venu du Nord, blond-rouge de barbe et de chevelure, aussi différent d'eux que possible. Il est vêtu avec une négligence, qui le rapproche des gens du peuple. Il est dans la gêne. Il se montre obligé à une extrême économie. Il vient pour exercer un art, dont il ne tire apparemment aucun profit. Que peuvent bien en penser les Arlésiens ? Ils n'ont encore jamais vu de peintre s'établir dans leur ville. Il n'existe pas d'artistes parmi eux, pour leur expliquer qu'il puisse se trouver un artiste, travaillant d'une façon désintéressée à la poursuite d'un idéal. C'est pourquoi tous ont dû d'abord le regarder avec étonnement et beaucoup n'ont pu s'empêcher de le tenir en suspicion, de voir en lui un être au moins énigmatique.

[51] Paysage de neige avec Arles au loin, 1888/02, huile sur toile, 50 x 60 cm, collection particulière, F391, T464
Paysage de neige avec Arles au loin
Le Pont de Langlois à Arles
[52] Le Pont de Langlois à Arles, 1888/03, huile sur toile, 58 x 65 cm, musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas, F397, T473
[53] Le Pont de Langlois, 1888/05, huile sur toile, 49,5 x 64 cm, Wallraf-Richartz Museum, Cologne, F567, T495
Le Pont de Langlois
 Pêchers roses (Souvenir de Mauve)
[54] Pêchers roses (Souvenir de Mauve), 1888/03-04, huile sur toile, 73 x 59,5 cm, musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas, F394, T479
[55] Verger entouré de cyprès, 1888/04, huile sur toile, 32 x 40 cm, collection Richard J. Bernhard, New York, F554, T484
Verger entouré de cyprès
Aux Saintes-Maries (Bateaux de pêche en mer)
[56] Aux Saintes-Maries (Bateaux de pêche en mer), 1888/05-06, huile sur toile, 44 x 53 cm, musée Pouchkine, Moscou, F417, T505
La Mer aux Saintes-Maries-de-la-mer
[57] La Mer aux Saintes-Maries-de-la-mer, 1888/05-06, huile sur toile, 51 x 64 cm, Van Gogh Museum, Amsterdam, F415, T506
Bateaux de pêche sur la plage aux Saintes-Maries-de-la-mer
[58] Bateaux de pêche sur la plage aux Saintes-Maries-de-la-mer, 1888/06, huile sur toile, 65 x 81,5 cm, Van Gogh Museum, Amsterdam, F413, T507
[59] Les Barges à charbon sur le Rhône, 1888/08, huile sur toile, 71 x 95 cm, collection Carleton Mitchell, Annapolis (MD), F437, T554
Les Barges à charbon sur le Rhône
[60] Café de nuit, 1888/09, huile sur toile, 72,4 × 92,1 cm, Yale University Art Gallery, Newhaven (CT), F463, T539
Café de nuit
[61] La Maison de la Crau ou Le Vieux Moulin,1888/09, huile sur toile, 64,8 × 54 cm, Albright-Knox Art Gallery, Buffalo (NY), F550, T560
La Maison de la Crau (ou Le Vieux Moulin)
Nuit étoilée sur le Rhône
[62] Nuit étoilée sur le Rhône, 1888/09, huile sur toile, 73 x 92 cm, musée d'Orsay, Paris, F474, T570

Dans les conditions où Van Gogh se trouve à Arles, il va y vivre replié sur lui-même. Il n'aura de relations avec aucun des habitants bien placés. Il ne s'inquiète point de rechercher leur société. Il ne se tiendra en rapports qu'avec cette sorte de gens, qui pourront lui être utiles. Des hommes et des femmes du peuple, qui voudront bien lui servir bénévolement de modèles ou qui, de par leur condition, se contenteront pour poser du faible salaire qu'il peut seul leur donner.

Les individus de l'ordre le plus élevé qu'il peindra pendant son séjour à Arles sont un facteur de la poste, Roulin, et un sous-lieutenant de zouaves, Milliet, qui a le goût du dessin, qui posera pour lui et en recevra en compensation des leçons de dessin. Les relations avec le sous-lieutenant, qui quitte Arles assez promptement, furent de courte durée, mais elles se prolongèrent avec le facteur et conduisirent de sa part à un véritable attachement. Van Gogh a peint Roulin plusieurs fois dans son uniforme.

Portrait du facteur Joseph Roulin
[63] Portrait du facteur Joseph Roulin, 1888/07-08, huile sur toile, 81 x 65 cm, Museum of Fine Arts, Boston, F432, T534
Portrait du facteur Joseph Roulin
[64] Portrait du facteur Joseph Roulin, 1888/07-08, huile sur toile, 64 x 48 cm, The Detroit Institute of Arts, Detroit (MI), F433, T535
L'Amant, portrait de Paul-Eugène Milliet
[65] L'Amant, portrait de Paul-Eugène Milliet, 1888/09, huile sur toile, 60 x 49 cm, musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas, F473, T568

[ici : 18 tableaux illustrés et commentés,
non disponibles dans cet extrait]

La Mousmé
[84] La Mousmé, 1888/07, huile sur toile, 73,3 x 60,3 cm, National Gallery of Art, Washington (DC), F431, T533
V. — Dans sa période provençale, Vincent pense au Japon, il parle ainsi à son frère Théo de « ce qui est l’équivalent du Japon, le Midi. Je crois donc qu’encore après tout l’avenir de l’art nouveau est dans le Midi. » (lettre 500, autour du 5 juin 1888). Une mousmé est selon l’argot de l’époque, une jeune fille japonaise de 12 à 16 ans. Le mot vient du japonais musume et a été introduit en France par Pierre Loti. À l'époque où Vincent réalise cette toile, il est relativement apaisé, sa vision du Japon correspond à cette sérénité. La branche d’olivier en fleurs pourrait correspondre aux croyances de Vincent en des cycles de mort et de renaissance liés à la nature. Contrairement à plusieurs autres de cette époque, cette toile n’a pas connu de réplique.
 

Il s'est logé, à son arrivée à Arles, dans un restaurant. Il y vit sur le pied de cinq francs par jour, qu'il fait bientôt réduire à quatre. Après il a loué à une extrémité de la ville, sur la place Lamartine, une petite maison, une bicoque, composée de quatre pièces, deux au rez-de-chaussée et deux à un premier étage. Elle a été peinte en jaune à l'extérieur, sous sa direction ; les murs à l'intérieur ont été badigeonnés à la chaux. Il nous a donné un croquis de la maison et un dessin et deux tableaux à l'huile de sa chambre à coucher. Le mobilier n'est pas luxueux. Un lit de bois blanc, deux chaises de paille du même bois et une petite table servant de support à une cuvette et à un pot-à-eau. Il a meublé de même manière la seconde chambre de son premier étage, pour pouvoir y loger un ami et a laissé vides les deux pièces du rez-de-chaussée, qui lui serviront d'atelier et de dépôt.

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