Vu(es) de dos

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À travers Vu(es) de dos, l'auteur ouvre la porte vers un monde vu de dos, aboutissant à un recueil théorique et artistique. En partant de l'autoportrait, elle nous transporte dans un univers composé d'un grand nombre d'artistes ayant travaillé la vue de dos, et au sein duquel elle questionne le rapport qu'elle entretient, tant comme corps photographié que photographiant, avec le monde qui l'entoure. Le résultat est un kaléidoscope de dos, dévoilé à travers l'œuvre d'artistes, de l'Antiquité à nos jours.
Publié le : dimanche 1 mai 2016
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EAN13 : 9782140008894
Nombre de pages : 148
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Cristina Dias de Magalhães
Vu(es) de dos La photographie - espace d’identité & de création
Série Photographie Collection Eidos
Préface de Paul di Felice
Vu(es) de dos La photographie - espace d’identité & de création
ème Ce livre est le 84 livre de la
dirigée par François Soulages & Michel Costantini Comité scientifique international de lecture Argentine(Silvia Solas, Univ. de La Plata), (Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia,),Bulgarie(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid),Chili(Rodrigo Zuniga, Univ. du Chili, Santiago),Corée du Sud(Jin-Eun Seo (Daegu Arts University, Séoul),Espagne(Pilar Garcia, Univ. Sevilla),France(Michel Costantini & François Soulages, Univ. Paris 8),Géorgie(Marine Vekua, Univ. de Tbilissi),Grèce(Panayotis Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina),Japon(Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo),Hongrie(Anikó Ádam, Univ. Pázmány Péter, Egyetem),Russie(Tamara Gella, Univ. d’Orel),Slovaquie(Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica), Taïwan(Stéphanie Tsai, Unv. Centrale de Taiwan, Taïpei) Série RETINA3 François Soulages (dir.),La ville & les arts11 Michel Gironde (dir.),Les mémoires de la violence 12 Michel Gironde (dir.),Méditerranée & exil. Aujourd’hui13 Eric Bonnet (dir.),Le Voyage créateur 14 Eric Bonnet (dir.),Esthétiques de l’écran. Lieux de l’image 17 Manuela de Barros,Duchamp & Malevitch. Art & Théories du langage 18 Bernard Lamizet,L'œil qui lit. Introduction à la sémiotique de l'image 30 François Soulages & Pascal Bonafoux (dir.),Portrait anonyme 31 Julien Verhaeghe,Art & flux. Une esthétique du contemporain 35 Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou36 Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou au cinéma37 Gezim Qendro,Le surréalisme socialiste. L’autopsie de l’utopie38 Nathalie ReymondÀ propos de quelques peintures et d’une sculpture39 Guy Lecerf,Le coloris comme expérience poétique40 Marie-Luce Liberge,Images & violences de l'histoire41 Pascal Bonafoux, Autoportrait. Or tout paraît42 Kenji Kitayama,L'art, excès & frontières43 Françoise Py (dir.),Du maniérisme à l’art post-moderne 44 Bertrand Naivin,Roy Lichtenstein, De la tête moderne au profil Facebook 48 Marc Veyrat,La Société i Matériel. De l’information comme matériau artistique, 1 49 Dominique Chateau,Théorie de la fiction. Mondes possibles et logique narrative 51 Patrick Nardin,Effacer, Défaire, Dérégler... entre peinture, vidéo, cinéma e 55 Françoise Py (dir.),Métamorphoses allemandes & avant-gardes au XX siècle 56 François Soulages & Sandrine Le Corre (dir.),Les frontières des écrans 58 François Soulages & Alejandro Erbetta (dir.),Frontières & migrationsAllers-retours géoartistiques & géopolitiques 60 François Soulages & Aniko Adam (dir.),Les frontières des rêves 61 M. Rinn & N. Narváez Bruneau (dir.),L’Afrique en images.62 Michel Godefroy,Chirurgie esthétique & frontières de l’identité 63 Thierry Tremblay,Frontières du sujet. Une esthétique du déclin 64 Stéphane Kalla Karim,Les frontières du corps & de l'espace. Newton65 Marc Veyrat,Never Mind, De l’information comme matériau artistique, 2 Suite des livres publiés dans la CollectionEidosà la fin du livre Publié avec le concours de
Cristina Dias de Magalhães Vu(es) de dosLa photographie - espace d’identité & de création
Préface de Paul di Felice
Secrétariat de rédaction Zoé Forget, Gilles Picarel & François Soulages
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09108-2 EAN : 9782343091082
Remerciements Ce livre n’aurait pas pu voir le jour sans la contribution d’un nombre d’artistes, d’amis et de proches que je souhaite remercier sincèrement : Emily Bates, Elina Brotherus, Lucien Clergue, Emmanuelle Deramaix, diSTRUKTURA, Agathe Eristov, Paul di Felice, Sophie Dominguez, Laurent Friob, Dan Graham, Steve Krieger, Annette Malochet, Claudia Passeri, Nathalie Reymond, Marita Ruiter, Marie-Claude Schmit et François Soulages. De même, je tiens à remercier tous ceux qui ont posé pour moi, de dos.
Préface La photographie comme espace d’identité & d’altérité À travers « la figure de dos » (Rückenfigur), Cristina Dias de Magalhães, plutôt que de nous plonger dans l’infini de l’espace, pose d’emblée la question de l’image du dos comme surface de projection voire comme médium d’une relation dans un espace d’identité et d’altérité. Plus plasticienne que photographe, elle se sert d’abord de façon expérimentale de l’appareil photographique comme médium, comme « extension de son corps et prothèse de son regard », pour progressivement mener une quête théorique et pratique qui se focalise sur le thème du dos, autour des questions du visible et de l’invisible, de l’objet et du sujet. Par sa démarche phénoménologique, elle décline la thématique en différentes parties définissant le dos comme corps expérimental, source d’ombre et de lumière, surface de projection/réflexion et surface corporelle. En commençant par un « moi cherchant » pour aboutir à un « moi exposant/exposé », elle analyse progressivement ses travaux personnels par la mise en perspective avec celles des œuvres d’autres artistes qu’elle a su choisir de façon pertinente pour appuyer sa propre recherche pratique et pour baliser ses références théoriques.
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C’est avec persévérance et persistance qu’elle explore dans la première partie « Habiter l’espace » cette part d’ombre de son corps en tournant le dos à la caméra afin de retourner la question de l’identité et ainsi, comme elle l’écrit, pouvoir « perce-voir », se voir autrement (elle insiste sur le jeu de mots percer et voir). La question du corps percé, cependant, la préoccupe moins. Comme si sa nature la freinait dans son élan d’aller au-delà de cette surface réfléchissante /réfléchie ? Plus loin dans son écrit, Cristina Dias de Magalhães revient sur l’étymologie « tergum vertere » (tourner le dos) du mot tergiversation sans pour autant vraiment avouer une façon de se détourner de son corps, voire peut-être même une manière d’échapper en quelque sorte à un découvrir plus radical du corps. Ainsi, son « habiter l’espace », à travers sa quête à la découverte de l’essence de son moi, se révèle d’abord plus comme surface de dévoilement ou dévoilement d’une surface que comme révélation identitaire ou confidence plus profondes. Nous restons dans la dimension tactile, dans le corps-écran, le dos qui reflète, qui se reflète et moins dans la situation, dans la relation à l’espace. Néanmoins dansMiroir au dos ou se voir de dos…, elle nous montre aussi les interactions avec l’espace environnant ou avec l’espace irréel du miroir (Foucault). Ce jeu de miroir devient pour elle, comme elle l’écrit dans ce chapitre, « une manière de combattre une absence et corriger la déficience d’un regard habituellement porté vers ce qui se donne à voir naturellement de face. » Dans la deuxième partie « Créer des espaces de réflexion », la question de l’identité est associée directement à la question de l’altérité. Dans sa sérieDe dos, le dos devient cette surface réfléchissante qui permet de se connecter à l’autre et d’ouvrir la relation au monde pour que l’acte photographique solitaire introspectif se dépasse pour aller vers l’autre et faire émerger le partage, éveiller l’empathie et la réciprocité.
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À la définition sartrienne tirée del’Être et le Néant: « Être une conscience c’est s’éclater vers le monde », elle préfère l’idée d’une présence retenue dans le monde. Cristina Dias de Magalhães opte délibérément pour une position de créateur esthète qui recherche les similitudes et qui aspire à l’universalité par le cadrage et la décontextualisation du plan rapproché du dos nu. Cette approche la conduit vers cette autre échappatoire qui est celle du dos marqué par la présence asociale et asexuée, plutôt que par un parti-pris politiquement et socialement
engagé. On retrouve cette retenue dans l’ensemble de sa création, la seule exception étant son travail particulier en noir et blanc intituléLa traversée2003, qui se réfère aux de allégories de guerreEvery Onede Sophie Ristelhueber. C’est pour la première fois que le corps, que Cristina Dias de Magalhães présente, est traversé de sorte à transporter le spectateur dans un paysage d’une obscurité mortifère. Est-ce par pudeur ou par un extrême sens d’harmonie et d’esthétisme qu’elle esquive les corporalités ravagées dans ses paysages de corps ? Le corps chez elle est plutôt un beau paysage, un corps qui franchit un « pays sage ». Plus loin, le paysage corporel apparaît aussi sous une autre forme dans la sérieL’autre-portrait qui rapproche le féminin du masculin comme chez Dan Graham dans son installationBody Press1972, où l’interaction filmée des de corps dos à dos, qui se reflètent dans le miroir cylindrique, provoque la confusion chez le spectateur voyeuriste. Même si à travers sa propre recherche plastique on ne pénètre que superficiellement dans les sphères de son intimité, on peut dire que ses choix et analyses de projets artistiques s’inscrivant dans le champ de l’art contemporain sont judicieux. Ainsi, dans la deuxième partie elle crée des espaces de réflexion où elle peut positionner son travail photographique dans l’évolution de l’art sous l’angle de vue des vues de dos et succinctement poser les questions sur la production de l’image et les enjeux de la représentation.
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