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Art rupestre et peuplements préhistoriques au Yémen

De
241 pages

Art rupestre et peuplements historiques au Yémen fait le point sur l'état actuel des connaissances en ce domaine. À l'inventaire iconographique de l'art rupestre préhistorique des régions de Saada et de Radā‘, établi par Madiha Rachad, s'est établie une nouvelle découverte dans la région d'al-Dalī‘, relevée par une équipe dirigée par Frank Braemer. Ainsi cet ouvrage révèle-t-il un remarquable ensemble gravé et peint de représentations d'animaux, ainsi que des figurations humaines et des signes. Ces œuvres, d'abord gravées par des chasseurs, puis également peintes, illustrent aussi les premières périodes de la domestication animale en Arabie du Sud.


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Couverture

Art rupestre et peuplements préhistoriques au Yémen

Marie-Louise Inizan et Madiha Rachad
  • Éditeur : Centre français d’archéologie et de sciences sociales
  • Lieu d'édition : Sanaa
  • Année d'édition : 2007
  • Date de mise en ligne : 13 décembre 2016
  • Collection : Histoire et société de la péninsule Arabique

OpenEdition Books

http://books.openedition.org

Édition imprimée
  • Nombre de pages : 241
 
Référence électronique

INIZAN, Marie-Louise ; RACHAD, Madiha. Art rupestre et peuplements préhistoriques au Yémen. Nouvelle édition [en ligne]. Sanaa : Centre français d’archéologie et de sciences sociales, 2007 (généré le 13 décembre 2016). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/cefas/1553>.

Ce document a été généré automatiquement le 13 décembre 2016.

© Centre français d’archéologie et de sciences sociales, 2007

Conditions d’utilisation :
http://www.openedition.org/6540

Art rupestre et peuplements historiques au Yémen fait le point sur l'état actuel des connaissances en ce domaine.

À l'inventaire iconographique de l'art rupestre préhistorique des régions de Saada et de Radā‘, établi par Madiha Rachad, s'est établie une nouvelle découverte dans la région d'al-Dalī‘, relevée par une équipe dirigée par Frank Braemer. Ainsi cet ouvrage révèle-t-il un remarquable ensemble gravé et peint de représentations d'animaux, ainsi que des figurations humaines et des signes.

Ces œuvres, d'abord gravées par des chasseurs, puis également peintes, illustrent aussi les premières périodes de la domestication animale en Arabie du Sud.

Rock Art and prehistoric human Settlements in Yemen reviews the current state of the knowledge in this domain.

In addition to the iconographic inventory of the prehistoric rock art of the regions of Saada and Rada', established by Madiha Rachad, a team directed by Frank Braemer made a new discovery in the region of al-Dali'. This book is thus revealing remarkable rock art pieces and paintings of animals, as well as human representations and signs.

These works, at first engraved by hunters, then also painted, illustrate as well the first periods of animal domesticating in South Arabia.

Marie-Louise Inizan

UMR 7055 Préhistoire et technologie, Maison de l’archéologie et de l’ethnologie, Nanterre

Madiha Rachad

Université de Dhamar, Yémen

    1. Avant-propos

      Jean Lambert
  1. Préface

    Christian Julien Robin
  2. Introduction

    Marie-Louise Inizan et Madiha Rachad
  3. I. Peuplements préhistoriques anciens

    Marie-Louise Inizan
    1. Histoire de la recherche préhistorique au Yémen
    2. Peuplements de l’Arabie du Sud au Pléistocène
  4. II. Peuplements à l’Holocène

    Marie-Louise Inizan
    1. Les chasseurs-cueilleurs
    2. La néolithisation
    3. La domestication des animaux et des plantes au Yémen
    4. La culture matérielle à l’Holocène
    5. Manifestations symbolique et religieuse
  5. III. Environnement géologique

    Bruno Marcolongo
    1. Tectonique et formation de la plaque Arabique (fig. 22)
    2. Physiographie et géomorphologie (fig. 23a à h)
  6. IV. Paléoclimats de l’Arabie du Sud

    Anne-Marie Lézine
    1. Les méthodes d’investigation de l’environnement et du climat du passé
    2. Le dernier cycle climatique
  7. V. La faune des grands mammifères

    Djillali Hadjouis
    1. La faune des sites deJabal al-Makhrūq et de Wādī Rūbay‘
    2. La faune néolithique
    3. La faune des grands mammifères de l’Âge du Bronze
    4. Le contexte paléogéographique et paléoécologique des vertébrés à Saada
  8. VI. Des occupations préhistoriques à Saada

    Marie-Louise Inizan
    1. La culture matérielle : l’industrie lithique
    2. Jabal al-Makhrūq
    1. Wādī Rūbay‘
    2. Jabal Ghubayr
    3. Environs de Radā‘
    4. Conclusion
  1. VII. Chronologie et styles de l'art rupestre

    Madiha Rachad
    1. Éléments de datation et chronologie
    2. Les styles
    3. Chronostylistique
  2. VIII. Thèmes de l’art rupestre

    Madiha Rachad
    1. Les animaux
    2. Les figures anthropomorphes
    3. Les figures abstraites : les signes
    4. Comparaison de l'art rupestre yéménite avec celui des pays voisins
  3. IX. Jarf al-Ibil et Jarf al-Nabīrah, deux sites rupestres de la région d’al-Ḍāli‘

    Frank Braemer, Pierre Bodu, Rémy Crassard et Muhamad Manqūsh
    1. Jarf al-Ibil, “grotte des chameaux”
    2. Jarf al-Nabīrah
  4. Conclusion générale

    Marie-Louise Inizan
  5. Références bibliographiques

  6. Planches

  7. Cartes

  8. Catalogue

    1. Relevés et codification

    2. La région de Saada

      1. Carte des sites rupestres autour de Saada

      2. Al‑Musalḥaqāt

        1. Groupe A : 3 panneaux
        2. Groupe B : 5 panneaux
        3. Groupe B bis : Figures non illustrées
        4. Groupe C : (fig. 74, 75, 76)
      3. Al-Ḥaẓīrah

        1. Groupe A : (Shoāb Homeid) trois panneaux
        2. Groupe B
        3. Groupe C “Les personnages” : 4 panneaux
      4. Jabal al-Makhrūq

        1. Panneau n˚ 1 : (fig. 92, 93, 94, 95, pl. 1 et 2)
        2. Panneau n˚ 2 “Alcôve” : (fig. 96 et pl. 3)
        3. Panneau n˚ 3 : (fig. 97)
        4. Panneau n˚ 3 : Figures non illustrées
        5. Panneau n˚ 4 : (fig. 98 et 99)
        6. Panneau n˚ 4 : Figures non illustrées
        7. Panneau n˚ 5 : (fig. 100)
        8. Panneau n˚ 6 : (fig. 102)
        9. Panneau n˚ 7 : (fig. 103)
        10. Panneau n˚ 8 : (fig. 104, 105, 106, 107, 108, 109)
      5. Jabal al-Jarfayn

        1. Panneau n˚ 1 : (fig. 113 et 114, pl. 5 et 6)
      6. Wādī Rūbay

        1. Groupe A. : 1 panneau
        2. Groupe B : 2 panneaux
        3. Groupe C : 3 panneaux
      7. Jabal Ṣamā’

        1. Panneau n˚ 1 : (fig. 128 et 129)
        2. Panneau n˚ 2 : (fig. 130, 131)
        3. Panneau n˚ 3 : (fig. 132, 133)
        4. Panneau n˚ 3 : Figures non illustrées
        5. Panneau n˚ 4 : (fig. 134 et 135)
        6. Panneau n˚ 5 : (fig. 136, 137)
        7. Panneau n˚ 6 : (fig. 138)
      8. Jabal Ghubayr

        1. Groupe A : (Fig. 141)
        2. Groupe B : 5 panneaux
        3. Groupe C
        4. Groupe D : (fig. 151, 152, 153, 154)
    1. La région de Radā‘

      1. Carte des sites rupestres autour de Radā‘

      2. Jabal Aḥram

        1. Al-Ḥarya
        2. Al-Ḥajfa
        3. Aḥram
      3. Al‑Amasān

        1. Panneau n˚1 : (fig. 182, 183, 184, 185)
        2. Panneau n˚3 : (fig. 186 et 187)
        3. Panneau n˚4 : (fig. 188)
        4. Panneau n˚5 : (fig. 189)
  1. Index géographique

  2. Tables des figures, planches et cartes

Avant-propos

Translittération de l'arabe

ي

و

ه

ن

م

ل

ك

ق

ف

غ

ع

ظ

ط

ض

ص

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l

k

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t

d

s

sh

s

z

r

dh

d

kh

h

j

th

t

b

La hamza initiale n’est pas notée.

La tâ’ marbuta est trancrite -a.

Les voyelles sont : a, i, u, â, î, û.

Les auteurs

Pierre Bodu
UMR 7041 - ArScan, Maison de l’archéologie et de l’ethnologie
21, allée de l’Université
F-92023 Nanterre cedex - France

Frank Braemer
UMR 6130-CEPAM
250, avenue A. Einstein, Bat I
Sophia-Antipolis
F-06560 Valbonne - France

Rémy Crassard
UMR 7041 - ArScan, Maison de l’archéologie et de l’ethnologie
21, allée de l’Université
F-92023 Nanterre cedex - France

Djillali Hadjouis
Laboratoire départemental d’archéologie
7/9, rue Guy Môquet
F-94800 Villejuif - France

Marie Louise Inizan
UMR 7055 Préhistoire et technologie, Maison de l’archéologie et de l’ethnologie
21, allée de l’Université
F-92023 Nanterre cedex - France

Anne-Marie Lézine
Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement
UMR 1572 CNRS-CEA-UVSQ
Orme des Merisiers, Bâtiment 701
F-91191 Gif sur Yvette cedex - France

Muhamad Manqûsh
Directeur des Antiquités de la région de al-Dāli‘ - Yémen

Bruno Marcolongo
IRPI-CNR Istituto di geologia applicata
Corso stati Uniti 4 35020 Carmine - Italie

Madiha Rachad
Université de Dhamār - Yémen

Remerciements particuliers

Madiha Rachad

Sans Marie-Louise Inizan, ce travail n’aurait pas vu le jour. Je lui sais gré de sa patience et de sa persévérance qui ont permis de mener à terme cet ouvrage. Depuis les années quatre-vingt, où des missions de prospection nous ont réunies sur le terrain, mon amitié et mon estime n’ont cessé de croître et ma reconnaissance envers elle est totale.

Je souhaite à l’occasion de cette publication rappeler que c’est Roger de Bayle des Hermens, mon professeur, qui m’a dirigée vers la recherche préhistorique au Yémen et plus particulièrement sur la région de Saada, tant la richesse de ses panneaux lui paraissait mériter une attention toute particulière. Cet intérêt a pris la forme d’une thèse intitulée L’art rupestre et son contexte préhistorique au Yémen dans la région de Saada, sous la direction de R. de Bayle des Hermens, soutenue à Paris I‑Panthéon‑Sorbonne en 1994.

Durant la préparation de la thèse et au-delà, plusieurs missions de terrain ont été faites avec Michel Garcia (CNRS), que je tiens ici tout particulièrement à remercier pour ses apports en matière de travail sur le terrain, et notamment aux nombreux relevés qui ont été faits des plus importants panneaux.

Hélène David a attentivement collaboré à cet ouvrage en nous apportant son soutien et en mettant à notre service son talent ainsi que ses inestimables compétences professionnelles en terme de cartographie, de relevés et d’illustrations graphiques. Je lui en suis reconnaissante et lui adresse mes plus fidèles remerciements.

À Christian Robin revient une place particulière, tant je suis fière qu’il ait honoré notre travail en acceptant d’en rédiger la préface.

Je remercie le Centre français d’archéologie et de sciences sociales de Sanaa (CEFAS) et tout particulièrement son directeur Jean Lambert, qui a soutenu cet ouvrage avec conviction et qui a su tout au long de ce travail réunir les différents intervenants.

Enfin et pour terminer, c’est l’Organisation générale des antiquités et des musées du Yémen (GOAM) que je remercie. Je suis très reconnaissante pour leur soutien au qādi Isma‘il al-Akwaa, qui m’a fait entrer au GOAM, et au Pr. Youssuf M. Abdallah, alors directeur du GOAM. À tous ceux qui m’ont accompagnée sur le terrain, et plus particulièrement à Mohammed Ahmed Qasim et Ibrahim Said, ainsi qu’à Yahya al-Nousayri, directeur des Antiquités de Rāda‘, j’adresse mes sincères remerciements pour leur collaboration sans faille et sans retenue.

Que tous trouvent ici l’expression de ma sincère gratitude.

Auteur
Madiha Rachad

Université de Dhamār

Avant-propos

Jean Lambert

Ce n’est pas sans fierté que le directeur du Centre français d’archéologie et de sciences sociales de Sanaa (CEFAS) présente au public l’ouvrage Art rupestre et peuplements préhistoriques au Yémen. Outre que c’est la première publication du centre dans le domaine de la préhistoire du Yémen, c’est aussi l’aboutissement d’un long processus de maturation qui a requis le concours de nombreuses parties, entre lesquelles le centre a été le médiateur.

Si l’origine de ce livre réside dans la préparation et la soutenance, en France, d’une thèse de doctorat de Madiha Rachad, jeune chercheuse yéménite alors boursière du gouvernement français, sur les gravures rupestres de Saada, la suite de son élaboration est le couronnement d’une coopération bilatérale franco-yéménite de longue haleine. Le premier travail universitaire qui avait été soutenu en 1994, a fait l’objet une élaboration ultérieure autour du peuplement historique, grâce à la coordination de Marie-Louise Inizan, spécialiste française du Yémen renommée, et la participation de plusieurs contributeurs supplémentaires tous excellents spécialistes de la préhistoire.

Une telle opération répondait à l’un des buts majeurs du CEFAS : donner une forme éditoriale de qualité à des travaux universitaires qui restent trop souvent inédits, et de ce fait très mal diffusés. Outre la publication des travaux des chercheurs français sur le Yémen, il est aussi de notre devoir de faciliter la publication des travaux des étudiants yéménites en France, ce qui avait été fait par exemple pour l’ouvrage d’Ali Mohammed Zayd sur le mu’tazilisme au Yémen (1997), ou encore la thèse de Mohammed Bāfaqīh (2007). Mais dans ces deux cas, la publication avait été seulement en arabe : c’est la première fois que le centre publie en français un ancien étudiant yéménite en France !

C’est ainsi que l’activité éditoriale du CEFAS complète les efforts du Ministère des affaires étrangères et du CNRS (nos deux tutelles) qui financent par ailleurs de nombreuses missions archéologiques, dont certaines avaient été effectuées par les auteurs de cet ouvrage.

Nous remercions particulièrement la société CGG Veritas, spécialisée dans la géophysique, et son directeur au Yémen, M. Rémy Roustan, ainsi que la société SPIE Oil and Gas Services Yemen, spécialisée dans les forages pétroliers, et son directeur, M. Christian Dumond. C’est tout naturellement que leurs activités industrielles les ont amenés à s’intéresser à cet art qui a pris la pierre pour support. Sans leur généreux soutien financier, cette publication n’aurait pas pu être imprimée avec la qualité technique et artistique de l’imprimeur yéménite Print Art.

Je suis également heureux de pouvoir d’ores et déjà annoncer que le livre Art rupestre et peuplements préhistoriques au Yémen sera traduit et publié prochainement en langue arabe, grâce au soutien spécifique du Fond social de développement du Yémen (SFD), avec lequel une coopération de longue haleine est engagée dans ce domaine stratégique qu’est la traduction scientifique.

Que tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette entreprise soient remerciés, en particulier Hélène David pour ses nombreuses photos de terrain, sa mise au propre des dessins et surtout son remarquable travail de maquette.

Auteur
Jean Lambert

Directeur du CEFAS

Préface

Christian Julien Robin

L’Arabie est souvent décrite comme un désert parsemé de rares oasis et entouré de mers. Cette image, sans être inexacte, est incomplète. De vastes régions, surtout dans les montagnes du Yémen, reçoivent des précipitations abondantes. Il n’existe pas seulement une Arabie déserte, mais aussi, dans les zones les plus élevées, une Arabie humide et verte − qu’on peut nommer “heureuse” à l’imitation des Anciens.

Les études historiques opposent d’ordinaire ces deux Arabie. L’une serait peuplée de pasteurs nomades et l’autre d’agriculteurs sédentaires. Leurs habitants ne parleraient pas les mêmes langues. Le divin lui-même serait conçu différemment.

Les recherches les plus récentes relativisent cette opposition. Toute l’Arabie occidentale partage une même passion pour la pierre utilisée comme support de messages écrits ou figurés : dans de nombreuses régions, on observe une profusion de dessins rupestres et de textes épigraphiques sur pierre, phénomène qui n’a guère d’équivalent ailleurs. La représentation anthropomorphique de la divinité est l’objet d’une aversion partagée par l’ensemble des habitants de la péninsule.

La collection d’études sur la préhistoire du Yémen, réunie par Mmes Marie-Louise Inizan et Madiha Rachad, s’inscrit dans cette réévaluation des catégories utilisées pour décrire les populations de la péninsule Arabique. Intitulée Art rupestre et peuplements préhistoriques au Yémen, elle souligne la diversité des vestiges de la Préhistoire, diversité dont il n’est pas toujours aisé de cerner la raison − écarts dans le temps, conditions naturelles dissemblables, populations différentes, etc Au Yémen, la recherche préhistorique est encore dans l’enfance. Cela tient à trois facteurs. Tout d’abord, l’ouverture du pays date seulement de quelques décennies : il s’agit donc d’un terrain en cours d’investigation. En deuxième lieu, le développement de la recherche préhistorique au Yémen reste assez lent, parce que le travail de terrain n’est pas toujours sans risques. Enfin, le milieu scientifique yéménite est demeuré très faible, à la différence de ce qui s’observe dans les pays voisins.

Pour rédiger cette préface, les éditeurs de l’ouvrage ne se sont pas adressés à un préhistorien. C’est peut-être parce qu’ils se sont souvenus que, lors de mes propres prospections, j’ai eu le bonheur de croiser à plusieurs reprises des équipes de préhistoriens et parfois de travailler avec elles sur un même terrain. En 1980, Roger de Bayle des Hermens et Danilo Grebenart se sont joints à une prospection entre Ma’rib et le Jawf. En 1988, l’exploration du wādī Hirāb a été entreprise avec Marie-Louise Inizan, Madiha Rachad et Serge Cleuziou. Je peux encore mentionner en 1989, une mission commune avec Marie-Louise Inizan et ses collaborateurs dans le wādī Bayhān au Yémen du Sud. Peu familier avec la préhistoire et ses méthodes, j’ai tiré grand profit de ces prospections qui ont élargi mes capacités d’observation et de déduction.

Le volume que publie le Centre français d’Archéologie et de Sciences sociales de Sanaa, que les Affaires étrangères ont fondé en 1981 à ma demande, va faire date. Mariant des contributions synthétiques qui dessinent un panorama complet des connaissances sur la préhistoire yéménite, des études sectorielles plus “pointues”, et un remarquable répertoire des gravures rupestres déjà relevées au Yémen, il sera bientôt un outil indispensable pour les chercheurs et les étudiants. C’est une belle illustration de la vitalité de la recherche française au Yémen, mais aussi de l’excellence de l’école préhistorique française. Associant une chercheuse française d’expérience et une jeune chercheuse yéménite formée en France, il est le symbole du développement de la recherche yéménite et de la collaboration harmonieuse des spécialistes yéménites avec leurs collègues étrangers.

Auteur
Christian Julien Robin

Membre de l’Institut

Introduction

Marie-Louise Inizan et Madiha Rachad

Fig. 1 – L’art rupestre au Yémen.

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“Disons nettement, tout d’abord, qu’à la vérité « l’Art » n’a pas d’existence propre.
Il n’y a que des artistes.” 1

La découverte de l’art rupestre en 1974 par R. de Bayle des Hermens à Saada et la publication des deux plus beaux panneaux gravés sur le site de Musalḥaqāt (fig. 55 et 60)2 fut à l’origine du choix d’un sujet de thèse sur l’art rupestre dans la région de Saada (M.R.)3. L’art rupestre est l’art gravé, peint ou sculpté sur la roche, sans exclusive, qui va des monuments de Pétra aux plus humbles graffiti4. C’est donc ce langage symbolique, esthétique et universel qu’il s’agissait d’étudier.

Il semble que les premières photographies de représentations rupestres au Yémen aient été publiées par C. Rathjens et H. von Wissmann en 1932. Il s’agit de bouquetins à longues cornes recourbées, gravés dans un abri sous roche situé dans le jabal Samsan5 non loin de Sanaa. Beaucoup plus tard, un autre abri, comportant de nombreuses gravures, dont des bouquetins, a été découvert par M. Livadiotti au wādī D.ahr, à une dizaine de km au nord de Sanaa6. Ensuite, en 1975-1976 dans la région du Jawf, F. Cervicek et P. Kortler7, en menant des enquêtes sur les populations nomades vivant sur les marges du Rub‘ al-Khālī, ont relevé grâce aux indications de leurs guides des sites rupestres avec des scènes de chasse, des figures anthropomorphes, divers animaux parfois disparus, ainsi que de nombreuses inscriptions (fig. 1). Cependant les recherches restaient alors occasionnelles et par conséquent très incomplètes.