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Algérie, l'après-pétrole

De
556 pages
Publié par :
Ajouté le : 27 mars 2012
Lecture(s) : 375
EAN13 : 9782296190221
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~

ALGÉRIE: L'APRÈS-PÉTROLE Quelles stratégies pour 1995 et 2010 ?

,.

ASSIA HIRECHE

ALGÉRIE: L'APRÈS-PÉTROLE
Quelles stratégies pour 1995 et 2010 ?

Éditions L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 PARIS

@

L'Harmattan,

1989

ISBN: 2-7384-0491-X

Ce travail a fait l'objet d'une thèse de doctorat Je cycle en Économie de l'Énergie dirigée par M. Jean-Charles Hourcade, directeur du CIRED.

A mon p~l'e et ma. m~l'e, pal'-delà m'ont sans la al'l'êt mes

qui,

M~ditel'l'an~e, enaoul'ag~e tl'avau:c.

à poul'suivl'e

"L'ENI vient d'acheter sur l'Adriatique une côte de six kil~tres pour y faire un centre de repos pour ses travailleurs. Avec du gaz naturel et de l'eau oous avons obtenu des ITatériaux de oonstruction préfabriqués et oontruit des pavillons de vacances. Nous ne pouvions les laisser vides. Nous avons pris un peu de gaz naturel et un peu d'eau, nous avons obtenu un mobilier en produits plastiques divers. Nous ne pouvions oous dispenser d'un minimum de oonfort. Avec du gaz naturel et de l'eau, oous avons fait des
f'lJ:XIuettes.Mais les fenunes devaient lIOir leur tâches réduites au

minimum. Du gaz naturel et de l'eau - auxquels nous avons bien ajouté quelques petits moteurs électriques - nous ont donné
l'équipement ménager. Il restait a mettre sur des cintres en plastique l'ensemble des vêtements que d'autre gaz naturel et d'autre eau nous permettent de fabriquer. Nous Y avons pourvu. Bien entendu, les instruments de loisirs (ballons, embarcations, etc.. .) 'étaient aussi que du gaz naturel et de l'eau sous une
il

autre

forme.".

Mattei,

ancien président

de l'ENI.

REMERCIEMENTS

remeraie DiDement N. Daniel SOULIE. Professeur à l'{jniDersit~ de Paris IX-Dauphine. qui. apr~s aDoir suiDi aDea attention mes traDaux de Diplôme des Etudes Approfondies. a bien Doulu pr~sider mon jury malgr~ une aontrainte temporelle tr~s forte. J'adresse l'expression de ma tr~s grande reaonnaissanae à mon direateur de th~se, N. .lean-Charlea HOURCADE. qui. n'a jamais m~nag~ son temps pour me guider dans le ahoix de la probl~matique qui est d'actualit~. Il m'a suivie pas à pas tout au long de mes reaherahes et m'a fait profiter de sa grande exp~rienae et de ses aonnaissanaes aigues probl~mes des pays en Doie de d~Deloppement. Sa gentillesse d~faut et sa grande humanit~ n'ont jamais failli. des multipLes toujours sans

Je

J'adresse l'expression de ma tr~s grande gratitude à N. Jean Piezozoe PAGES. Chef de SerDiae d' Etudes Gén~rales de Proteation au Commissariat à l'Energie Atomique. Il a en effet aaaept~ de faire partie de mon jury bien qu'il fut fort peu disponible en aette fin d'ann~e 1986. Mes plus Difs remeraiements Dont à N. Nouzoeddine BERRAH, anaiennement Direateur Général Adjoint de La Planifiaation à la SONELGAZ (aatueLlement Direateur Gén~ral de l'Entreprise Nationale des Syst~mes Informatiques). qui m'a prodigué des aonseils pertinents et a faaiLit~ tous mes aontaats en Algérie. Je lui en suis reaonnaissante. de

Je tiens à remeraier N. .lean-Claude BERTHELENY,aharg~ Reaherahes au C.N.R.S.. pour son soutien. et ses enaouragements amiaaux.

Je remeraie tout partiauli~rement N. Achille PERRARI, Direateur de la Planifiaation et de l'EDaluation des Programmes du Commissariat à l'Energie Atomique. N. Philippe SACHNINE, Direateur du Centre de Saalay et N. .lean BAZIN. Chef du Département des m'aDoir aaauei7,7,i au CEA et aDoir mis à ma disposition néaessaires à la ~alisation de ma th~se. Progammes, pour tous les moyens

Pour l'int~rêt qu'il a manifest~ à l'égard de mes traDaux et pour son soutien aontinu. toute ma gratitude Da à N. Geozoges LN/RENS, Chef du SerDiae de prospeatiDe Appliquée et de Maaroéaonomie.

Mes remerciements vont aussi a M. Iv.. CHELET, Directeur de L'Institut NationaL des Sciences et Techniques NucLéaires, pour son enthousiasme communicatif.
J'adresse ma reconnaissance a M. Rabah BOUSSAID, SousDirecteur du Département d'Energie au Minist~re de La PLanification et de L'Aménagement du Territoire. IL m'a consacré beaucoup de son temps, et m'a permis d'enrichir mes connaissances sur Le domaine énergétique en ALgérie. Ma gratitude va égaLement a M. HACHAD, Directeur de La SONATRACH,ainsi qu'a M. NadJib SEF".lA, Directeur Adjoint de La PLanification a La SONELGAZ, M. Ati AISSAOUI, ResponsabLe du Département d'Energie au Minist~re de L'Energie et des Industries pétrochimiques, et a tous ceux que je ne cite pas, pour Les conseiLs qu'iLs m'ont donnés pour Le chiffrage de mes scénarios.

pour L'aide

Je remercie M. Sel'gtl PLArrARD du Département des progammes qu'iL m'a apportée Lors de La présentation d'un l'apport connexe a ma th~se a VIENNE dans Le oadre de L' Agenoe InternationaLe deL' Energie Atomique. et pour son soutien MAITRE de L'Institut

Pour toutes Les faoiLités administratives moraL, j'adresse mes remerciements a M. pawt NationaL des Soienoes et Teohniques NuoLéaires.

Mes remeroiements
Français du pétroLe

vont

a M. FrangoiB
tr~s pragmatiques.

BELLAT

de

L'Institut

pour ses oonseiLs

oontaot

Je tiens à exprimer à mes compagnons de Labeur oombien Leur quotidien m'a aidé sur Les pLans soientifique et moraL, notamment

M. Jean-Guy DEVEZEAUZ dtl LAVERGNE qui m'a beauooup oonseiLLée, M. ALain CHARMANT qui a reLu ma tMse, M. Rotand LEVAN qui m'a orientée sur Le pLan informatique et Mm. Phy1.tiB LIVANaS qui m'a fait profiter de son art de La oommuniaation.

ltme8

CZ,awIette

DENALAlIDER

et

Brigitte

C1IPPARI ont

fourni

un

immense effort de frappe. travail et leur gentillesse.
A l'e:z;t~rieur notamment Hme CZ,ail'e

Je leur suis

infiniment

reconnaissante

pour leur

du C.E.A'J GUlGOU J

mes

pens~es

vont

à tous

mes amis

et

SAIDI qui ont su être

NeUe8 Catherine DE NAlIZAlICOURTet pr~sentes dans mes moments Zes pZue durs.

Sarnia

SOMMAIRE

-2-

P LAN

DEL A -o-o-<:r

THESE

Pages

-

INTlOXJCTlœ

GENERALE

-

11

PmMIERE PARTIE:

CK>lSSAM:E ET ENER;IE EN ALGERIE

œAPITRE

l : HIS'rolRE DE L'!XXHJUE DU DEVELCPPI!HEm' EN ALGERIE : RENTE PETR:ILIERE ET DEPENDANCE.................

17

.

I.

L'ALGERIE
ECONCMIQUE

ET LE CHOIX D'UN MODELE DE DEVELOPPEMENT

..............................................
de dfveloppelllent pour les pays

19 19 19 21

1.1.

Deux strat@gies

du Tiers-Monde.................................
importa t

1.1.1.

Industrialisation par substitution aux ions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
tations

1.1.2.Industrialisation

....................................... .................. ...................
..................

par promotion

des expor-

1.2.

Strat@gie alg@rienne de dfveloppement : .Les
industries industrialisantes.
.l'industrie

23 23 29

1.2.1. Thêcrie de

industrialisante.......

1.2.2. ~veloppement @oonomiquede l'Alg@rie et risques de d@viation
du modêle

II.

EVOLUTION MACroEX::Ct01IQUE

DE L'ALGERIE

34 34 34

II.l.

But @cxInomique e l'Alg@rie : l'iràlstriad

lisation .......................................
Investissements

II.1.1.

et poids relatif des branches

-3Pages II.1.2. II.1.2. Degr~ de d~pendance externe CoÛt de l'industrialisation

................ ................
~...
agricole

37 38 41 41 44 46 46 52 54 54 56

II.2.

Situation de l'agriculture

II.2.1. II.2.2.

Crise de l'agriculture et son explication. ................................

Evolution

de la production

.........

II.3.

Dfmographie

....................................
dênographique associ~s et problèmes qui ...........................

11.3.1.

Explosion lui sont

II.3.2.

Population

active

et emploi

...................

II.4.

CallDerce extfrieur

et problême

d'endettement...

II.4.1. II.4.2.
III.

Evolution du commerce ext~rieur Endettement extêrieur

............... .........................

VERS LA TRANSITION

111.1. Effets attendus

111.2.

l'aprês-pftrole8

............. ......... 8Le 2ême plan quinquennal vise I ...............................
de l'industrialisation
prfparer

58 58 59

-.œAPITRE II :

PRELDŒ DE LA TRANSITIœ ~IQUE

EN ALGERIE

71

I.

QUELQUES DONNEES ELf101ENTAlRES SUR LA SITUATION

~ETIQUE .............................................
1.1. Hydrocarbures

73

..
d'fnergie

..........
en Algfrie

73 85 97

1.2.
1.3.

Dfvel.oppelllent du systême flectrique
Autres sources

.......................

-

4Pages

II.

ETAT PREVISIBLE

DES RESSOURCES ENERGETIQUES

II.l.

Avenir des hydrocarbures en Algfrie

............. ............

101 101 108

II.2.

Stratfgie d'exportation des hydrocarbures......
du marchê pêtrolier mondial et
et

II.2.1.Evolution
perspectives

perspectives II.2.2.Evolution du prix du gaz en Algêrie

..................................

lU 138

mondiales

........................ ...........

III.

POOFIL DE LA DE1<1ANDE FU'IURED'ENER3IE EN ALGERIE........ III.l. Dfterminants
en Algfrie

156 156 160

de la demande d'lnergie

111.2. ~ndances prfwes pour la delande d'fnergie

....................

- .œAPITRE III: DIFFIaJLTES DE LA TRANSITION Pœ~PETRŒ.IERE ETCBOIX DE Dmx SCENARIœ ~.rlQDES : SCENARIO 'l'ENDANCIELET SCENARIO cœsERVATmR

165

I.

DIFFICULTES

DE LA TRANSITION caI8Ie

POS~PETROLIERE

............
..........

166 167 168 172

1.1.
1.2.
1.3.

Gaz naturel
dfvelopp_nt Gaz naturel satisfaction

pourvoyeur de devises........

Gaz naturel caaematiêre premiêre pour le
f!conaDique de l'Algfrie CCJIIIIe sœrce des besoins d'fnergie pour la finals................

II.

ENJEU: MISE EN EVIDENCE DES MAR3ES DE MANOEUVRE POUR DES STRATEGIES ENER3ETIQUES ENALGERIE..................

176 177 182

II.1. II.2.

Etude des marges de I8n08Uvre .................. Scfnarios'nergftiques
dfvelc1ppementen

etstratfgiesde

Algêr.ie

.......................

-5DEUXI&1E PARTIE : OOTILS D'ANALYSE

Pages

œAPITRE

I : LA KDELISATIœ D'UN CAS CXH:RET

CCHŒ

œTIL D'ANALYSE DES
ALGERIE. E'1tJDE

IMPACTS MACBŒX:X:KMIQUES œ

: MINI-D4S-ENER;IE ............

195

I.

MODELISATION ENERGETIQUE................................ 1.1.
Mo&!lisation Mod!lisation et l'Econcmie de la demande d '@nergie de l'offre d'@nergie

196 199 199

...........

1.2.
1.3.

..............

Mod@lisation des interactions

entre l'Energie ..................................

200 200 202

1.3.1. Systêmesde modê1es........................... 1.3.2. Modêlesint{!!grês..............................
II.
IMPAcrS DES STRATEX3IES ENERGETIQUES SUR LES PRINCIPAUX INDICATEURS MACROECONCMIQUES : APPLICABILITE DE MINI-

DMS-ENERGIE L'ECONOMIE A ALGERIENNE .......................

204

II.1.

Pr@Sentation oompatibilittf Limites

de Mini-D4S-Energie et @tude de sa avec l't!cono8ie alg@rienne

.......

205 218 220 220 224

II.2.
II.3.

et CXII\traintes de Mini-œs-Energie

.....

Nature de l'appareil
l' Alg@rie

statistique actuel de ......................................

II.3.1. Auniveau macroêconomique .................... II.3.2. Auniveau ênergêtique ........................

- .CHAPITREII :
ME'1'B(J)(J.OOIE PIOXJSEE POOR L'ANALYSE DES IMPACTS MACR:BDNCJUQUES DES PCLITIQUES ~'"l.lQUES EN ALGERIE : LA PROSPECTIVE

.....................

227 228 231 231

I.
II.

HORIZON TEMPOREL ........................................
CADRAGE ACRQECCNOMIQUE SCENARIOS................... M DES

II.1.

Perspectives.ae.ographiques ....................

-6 Pages

II.2.

Croissance

du P.I.B. ......................................
D'ENERGIE:
agriculture, industrie, m~nages, services

fconaDique

et structure

sectorielle
232

III.

DEMANDE

...................

transports

235

IV. V.

OFFRE D'ENERGIE:

hydrocarbures,
renouvelables

.........................

~lectricit~, ~nergies 238

INTEGRATION OFF~DEMANDED'ENERGIE

.......................

239

TROISImm

. PARTIÉ :œIFFRAœDEs' ScENAluQS ET IN1'ERPRETATIŒ DFS RESULTATS

œAPITRE

I :

MCDULE

DE CALCUL

!W:lO!XDDUQUE

............
................

245

I.

NIVEAUET STRUcruRE SECTORIELLE P.I.B. DU

246 246 248 248 252

1.1.

Croissance

êconomique

..........................
du P.I.B.

1.2.

Structure sectorielle
Projections tendancie1

................
du sc~nario

1.2.1.
1.2.2.

.................................... projections macr~onomiques du sc~nario conserva teur ..................................

macr~nomiques

II.

PERSPECTIVES DEMa;RAPHIQUES HABITAT.................. ET

259 260 262 264

II.l.
II.2.

Papula tion totale..............................
Structure de la population .....................
Calcul du ~ficit
avec les projections global en logement et CXJherence macroCSconaaiques

II.3.

..........

-7Pages

CHAPITRE II

:

MCDOLE

DE DDlANDE D'ENER;IE

.................
des Industries des Industries

271

I.

Dn.1ANDE D'ENERGIEDU SEX:TEUR INDUSTRIEL.................

272 273 295

1.1.
1.2.

Perspectives Perspectives

Grosses COnso8Iatrices d'Energie (I.G.C.E.) .... Peu COnsommatrices 'Energie (I.P.C.E.) ........ d
DUSEX:TEUR DESB.T.P. .................
de demande d'.nergie

de demande d'.nergie

II.
III.

DEMANDE D'ENERGIE

298

Dn.1ANDED'ENERGIE DU SECTEUR DES TRANSPORTS

.............

299 299 305 307

III.l.
111.2.

projections rlpartition

des transports en vkmet tkm et IIIOdaledans le sclnario tendanciel

.

Transformation de la rlpartition modale entre le sc::Inario tendanciel et le scenario conservateur

III.3.

COnsaImation d'.nergie

des transports..........

IV.
V.

DEMANDE

D'ENERGIE

DE L'AGRICULTURE

......................

310

DE1>1ANDE D'ENERGIEDU SEX:TEUR ES SERVICES............... D

312 312 313

V.l. V.2.
VI.
Dn.1ANDE

COnso8Iation

spêcifique

d'.lectricitl

..........

Besoins en chauffage et eau chaude .............

D'ENERGIE

DES MENAGES

........................... ............. ...........................

314 315 316 317 318 319 319

VI.l. Parc de logements..............................
VI.2. Besoins spêcifiques VI.3. Besoins en chauffage
en I!lectricitl

VI.4. Besoinsen cuisson............................. VI.5. Besoins en eau chaude.......................... VI.6. Besoins en climatisation.......................

- 8Pages.

VII.

DEMANDE

'roTALE D'ENERGIE:

INTERPRETATION DES RESULTATS

321

- .CHAPITRE III :
MCDOLE
D'OFFRE

D'ENERGIE

....................

333

I.

PERSPECTIVES D'EXPORTATION ET ROCETl'ES.D'HYDROCARBURES

ENALGERIE.............................................. 1.1.

334 334

Hypothêses sur les exportations d'hydrocarbures dans les sct!narics tendanciel et conservateur.. Bypothêses sur le prix du pftrole recettes d'hydrocarbures

1.2.

.......................

et evaluation

des
345

II.

EVALUATION DES COUTS D'INVESTISSa-tENT DES FILIERES ENERGETIQUES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

355 355 371 410

II.l.

Electricite
distribution.

de rfseau : pr!)duction, transport et
..................................

II.2.

Hydrocarbures: d4!c0uverte,raffinage, liquefaction, transport et distribution

................

II.3. Energiesrenouvelables .........................
III. IMPACT FINANCIER DES POLITIQUES ENERGETIQUES: CALCUL DES REVENUSNETS D' HYDROCARBURES DETERMINATIONDU ET SEUIL MINIMUMDU PRIX DU PETROLE POUR L' ALGERIE. . . . . . . . .

414 414 416

III.l.

III.2.

....... D@termination du seuillliniJuD du prix du pftrole pour l'Algerie .................................
Evaluation des revenus nets de l'Algerie

#

caa.uSlœ

GJ!'.lŒRALE

-

419

-

BIBLIOGRAPHIE

-

423

-9 Page 437

-ANNEXES-

ANNEXE

A :
prOblême de la transition ~nerg~tique en Alg~rie

ANNEXE B:

La mod~lisation conme outil d'analyse des impacts macr~onomiques en Algêrie. Etude d'un cas concret: Mini-DMS-Energie.

ANNEXE C :

~thodologie

proIX>Sêe pour

l'analyse

macr~onomiques des politiques Algêrie : la prospective.

des impacts ~nerg~tiques en

ANNEXE D :

Module de calcul macr~onomique. ANNEXEE : Module de demande d'~nergie.

ANNEXEF: Module d'offre d '~nergie.

-0-0-

- 11 -

IrrROlXIC'rIO. GB.BRAU
-0-0-0-0-0-

Depuis Loppement

son ind~pendanoe,

L'ALg~rie

a adopt~ une stPat~gie

de d~ue-

11oonomique bade

sup un modUe Les seoteups

: "Les industpies

industpiaLisand'11nep-

tes". pap Leup d~ueLoppement,

Lourds gros oonsommateups

gie, Nposant

sup des teohnoLogies hautement sophistiqu~es, sont oensh

auoir des effets d'entratnement sUP Le reste de L'~oonomie.

La ~aLisation

des diff~pentes

phases de d~ueLoppement

a ~t~ faoi-

Lit~e pap un atout maJeup d' hydpooarbures.

: Les peoettes finanoi~res pePmettent

issues des e~portations de s'endettep vis-lz-

Ces dePni~Ns

lz L' ALg~rie

vis de L'e~t~rieur.

Cependant, montp~

L'histoire

que Les p~aLisations

de L'~oonomie du d~veLoppement en ALg~pie a ont ~t~ en deça des objeotifs et se oaraot~pise

essentieLLement pap: un tau~ de opoissanoed~mogpaphique important L'un J des pLus Hevh au monde, une urbanisation opoissante une d~pendanoe aLiJ
mentaipe aooPue
J

un d~fioi t important 1984, La dette

en Logements

et un endettement

e~t~-

rieur massif.

En

Liards de doLLars

de L'ALg~rie s' ~L~ve lz 18 miL($ 84), soit 36% du P.N.B. et Le sepvioe de La dette est de doLLaps, soit 12% du P.N.B.

e~t~rieure

~vaLu~ lz6 miLLiards

Ces probL~mes de L' ALg~rie

sont importants ses

quand on pense lz La d~pendanoe

aoopue

vi,s-à-vis de d'hydrooarbupes

Nssouroes

e~poptations subissent

Npp~sentent

En effet J Les d' hydrooapbures. 98% de ses e~poptations totaLes et Pap oons~quentJ toute bais-

Les aL~as du maroh~ p~tpoLier

mondiaL.

se du pri~

du ~troLe

entratne

des p~peroussions

sur

L' ~oonomie

d'autaYlt

pLus importantes

que Le pri~ du gaz est inde~~ sur oeLui

du p~troLe.

Or, Les r~sepves

d'hydpooapbupes
partie

sont pap d~finition

~puisabLes

et

si eLLes pePmettent
ment ~oonomiqueJ

en

grande

lz L'ALg~rie

de finanoep

son d~ueLoppe-

eLLes

ne peuvent

L'assuper

ind~finiment.

-

12

-

Ce ppobl~me est l'objet de pp~occupations des instances alg~piennes et les p~flexions sur la pp~papation de la tpansition post-p~tpoli~pe datent d~ja de 1977. En effet. durant toutes ces depni~res ann~es. le ~trole (aux niveaux puisement de la consommation des p~serves nationale

beaucoup plus. impoptant que le gaz natupel.
p~tpoli~pes.

et des expoptations) jouait un rôle Afin de repoussep la date d'~se sont centr~es autour

ces ~flexions

d'une politique dynamique gazi~pe justifi~e paP l'abondance relative des ~sepves de gaz (en 1983. les p~sepves de gaz (condensat et G.P.L. comppis) sont de l'opdpe de 3200 Mtep alors la substitution que celles du p~tpole sont de 870 Mtep). pour une grande pap(sur les plans

Cependant.

du gaz au p~tpole.

tie de ses usages. peut national et intepnational)

tpOOuipe deux p~ali th :

~conomiques

soit un maintien seule diff~penoe.

de la politique ~nerg~tique pass~e avec. un pôle pp~dominant du gaz natupel.

oomme

soit une strat~gie ~nepg~tique bas~e essentiellement sup le gaz. mais peposant sur des mesupes oonsepvatpioes d'~nepgie qui touohent aussi bien les usages du p~tpole que oeux du gaz naturel.

Ce sont oes deux so~napios ~nepg~tiques que nous avons voulu tester dans le oOOpede notre th~se et que nous avons appel~ 8o'nariot.ndanoi.t
et 8C'nariO OOftS.ppat.Kr. L'objeotif reohepoh~ est de mesupep l'impaot finanoiep des politi-

ques ~nepg~tiques ohoisies en 1995 et 2010. La question qui se pose est en effet de savoip si les reoettes hydrooapbupes peuvent finanoer (et si eH es doivent le faire indgpaled' ment) les politiques ~nepg~tiques test~es. oe ppobl~me en tpois papties :

Nous nous proposons d'~tudiep

Une pP8UH purti. intituUe" Croissance et Enepgie en Alg~Pie". Elle d~opit l'histoipe de l'~conomi8 du d~veloppement de l'Alg~rie. tpaite le ppobl~me de la tpansition et ses diffioult~s et met en ~vidence les politiques ~nepg~tiques alternatives.

-

13 -

U~

d.KZi"'partie sont

intituZ~e "OutiZs d'anaZyse". Deux m~thoanaZysep Zes impacts macpo~conomi-

doZogies ques :
quep ne.

te8t~es poup
fpançais

ta _'ti.crticm

1fCZ01"OtcollO!riqa.e il où
Mini-DMS-Enepgie

8' agit

d'appHaZg~pien-

Ze mod~Ze

a

Z'~conomie

L'utiZisation sembZant difficiZe pouP Ze moment a cause de ppobUmes de donn~es statistiques, nous avons aZops petenuta

.'thode
th.

de pro.peOtiV8 qui pepose sup des outHs

pZus adap-

Une

tl"Oi.ünre

pa:rtie

intituUe"

chiffpage des sc~narios et repose sup Za quantification

interpr!>tation des phuZtats". EUe sont effectu~s poup Za

des sc!>napiosfmerg~tiques et l'inteppphation des p~suZtats qui sph~re macpo~conomique, Za demande d'~nepgie et Z'offre d'~nergie.

Afin d'~viter tude prospective vouZons souHgner

toute ambiguit~

sur Ze statut que nous donnons a Z'~gZobaux et chiffrh, dans nous ses

et qui pepose que notpe

sUP des sc~narios est

exercice

nt.cessaipement modeste

prhentions tistiques,
~quipements,

pcnao d..
incertitude

Ni.one

techniqa.e.

( insuffisance
techniques,

des

donn~es

stades

sUP Zes coefficients

capact~ristiques

...J.

En effet, en Z'~tat actueZ des connaissances, avec toute Za rigueur scientifique,

iZ s'av~re des

impossibZe aZternatives

de traiter,

Za totaUtt.

sur chacune des vapiabZes

peptinentes.

Cet

exercice

est

aussi

modeste

pour dee

Ni.one

d.

pnMipe
ou

qui

font

que

tout

sc!>napio En effet,

chiffrt.

est nt.cessairement rt.ducteurpar contraintes socioZogiques

rapport a Za institu-

ppobZt.matique tionneZlesJ.

d'ensemble

(exemple:

un exercice macro~conomique

ne peut rendre compte de aux t.cheZons natio-

la nt.cessitt.de paptir de Z'~chelon naZ et mondiaZ.

local pour remonter

Cependant.

14

notre exercice aura banaLisé

maLgr~ ses imperfections.

L'univers des possibLes en tenant compte des choix strat~giques en termes de styLe de d~l)eLoppement ou de strat~gie énerg~tique. De pLus cet exercice aura fourni ou montr~ L'int~rêt d'un outiL de prospectil)e qui force à mettre a pLat L'ensembLe des pr~mices sous-jacentes a toute strat~gie énerg~tique. Cet outiL de discussions permet aussi de tester d'autres poLitiques. d'autres hypoth~ses que ceLLes. drons en compte ici. n~cessairement contestabLes. que nous pren-

PREMIERE PARTIE:
CROISSANCE ET ENERGIE EN ALGERIE

- 17 -

I

CIIiIPmIB I

I

HISTOIRE DE L 'J!XDDUE DU DEYELO.PP!HENT
REN'ΠPE'mJLIERE

EN AIŒRIE

ET DEPJ!HWI:E

"C'est une cruelle dérision de la nature que ce don du talent, qui n'arrive jamais qu'a force de temps et d'études qui usent la vigueur nécessaire a l'exécution".

Eugène DELACROIX

-

18

-

IN1'lDXJC'l'ION

Problênatique

:

Au cour s de ses vingt deux années d'indépendance, l'expérience d'un industrialisantes".

l' Algér ie a fai t

JTCdêle économique de développement: "les industries Ce pays a opté pour une politique industrielle basée industries substitutives d'importation

sur les industries de base mais les ne sont pas ignorées pour autant.

Ces choix reposent sur des investissements a long terme et font que la structure de production ne se transforme que lentement. Ils demandent aussi un coût financier três important. La réalisation par un atout des différentes phases majeur: Les ressources de développement a été financ:iêres issues des permettent rrême

facilitée

exportations d'hydrocarbures de l'Alg@rie. Ces derniêres l'Algérie de s'endetter vis-a-vis de l'extérieur. Cependant, importante financiêres la rente pétroliêre (le pétrole

a

occupait

une place plus

que le gaz sur le marché IIOndial), en desserant les contraintes du développement a "engendré" un problême três important: L'industrialisation qui devait nattre de l'utilisatione la rente d pl!troliêre est devenueune grande oonsonmatrice de la rente même. De ce fait, cette tendance qui aurait pu être conjoncturelle a revêtu un caractêre structurel suite a plusieurs phénanênes : dépendance alimentaire, dépendance accrue vis-a-vis des ressources pétroliêres, baisse de la productivité du travail face a une déllDgraphie galopante, endettement extérieur massif.... Si dans un premier de IIDteur du développement l'assurer définitivement. par conséquent il devient temps, la rente socio-konomique exode rural,

pétroliêre peut jouer le rôle de l'Algérie, elle ne peut et

Cette ressource est par définition êpuisable urgent de préparer l'êre de l'aprês-pétrole. ...1...

-19 ~

l

-

L'ALGERIE ET LE œoIX

D'UN KDELE DE D~PEMENT

EX::oNCMIQUE

1.1. Deux strat@gies

de développement

lJOur les pays du Tiers ~nde (que nous de dévepar des

L'Algérie, en choisissant SOn nodêle de développement présentons plus loin), a voulu éviter les ecueils des stratégies loppement antérieures des pays du Tiers-Monde: substitution aux importations et l'industrialisation exportations nouvellement qui visaient a établir les a l'indépendance politique. bases

L'industrialisation par pr<m)tion

économiques

de pays venus

Afin de supprimer les contraintes de la division internationale du travail, ces deux stratégies cherchaient a réaliser un développement autonome, rompant avec le nodêle économique de l'époque coloniale (raw material oriented) et devant permettre une accumulation du capital sur des bases nationales. En effet, aussi bien dans le nodêle d'industrialisation par substitution aux importations (1.5.1.) que dans celui d'industrialisation conçu par promotion des exportations, le processus d'industrialisation, comme pivot du développement économique, s'effectue sur une base

nationale et est supposé se poursuivre de l'aval vers l'anont (des biens de consommation courants vers les biens d'équipement lourds) grâce, aux forces et mécanismes spontanés du marché.

1.1.1.

Industrialisation

par substitution

aux importations

Dans la

stratégie

de 1'1.5.1.

, mise principalement
d'industrialisation localement les

en oeuvre

dans

les pays de l'Amérique sur le marché national
mation destinés

du Sud, le processus en vue de produire
la demande

se déclenche biens
sociales

de consomais~es.

a satisfaire
protectionniste

émanant

des couches

Une politique

efficace

accompagne le processus. a deux obstacles

Cependant, majeurs qui

celui-ci est assez rapidement l'empêchent de se poursuivre:

confronté

. . .// . ..

- 20 d'une part, demande effective),

-

l'étroitesse

du marché interne

(insuffisance

de la

et d'autre part, l'insuffisance des disponibilités financif!res permettant d'importer les bi.ens d'équipements lourds et capitalistiques au fur et ! mesure que l'industrialisation s'étend vers la production de biens intermédiaires et de biens d'équipement. "En même temps, le nod~le de oonsonrnation de type occidental des sociales aisées influence profondément, ~s le début, l'adoption qui se oomplexifie de plus en plus". (1). est aussi engenle terrain pour de l'économie

-

oouches

d'une technologie

Une double dépendance technologique et financif!re drée par l'application de cette stratégie qui prépare l'intervention des firmes multinationales et l'intégration

nationale!

l'êconomie IIOndiale

(*).

Nous verrons un peu plus loin qu'en Algérie, une portion non négligeable de la croissance du volume de la production est associée au processus de remplacement des importations de biens finals par une production locale.

(1) Nirou EFTEKHARI ; "Rente et dépendance en Algérie", dans "Pétrole Société, peuples méditerranéens 26". Janvier-Mars 1984 p. 32. (*) Pour stratégies plus de détails, de développement

et
et

cf. HOUR::ADE.J.C. : .prospective de l'Energie dans le Tiers-Monde". paris, mai 1984 p. 256.

1.1.2.
Industrialisation

21

des exportations

par promotion

La strat~gie d'industrialisation par prorrotion des exportations a êt~ surtout adopt~e par les pays du Sud-Est asiatique qu'on a appel~ "les nouveaux pays industriels" : Hong-Kong, Singapour, Taiwan, Corêe du Sud, mais ~alement certains pays latino-amêricain comme le Br~sil et le Mexique. Dans cette strat~gie, le march~ international devient le cadre de r~f~rence du processus de l'industrie d'industrialisation. l~gêre (le textile Celle-ci se ~clénche dans les branches par exemple) a faible contenu de capital.

Les avantages comparatifs retirês d'une telle spécialisation sont supposês importants en raison de la forte dotation en facteur travail. Progressivement l'industrialisation s'~tend aux branches situ~es en amont (*) 00 le procéssus de mise en valeur du capital rencontre des obstacles technologiques et financiers n~cessitant nationales. L'ouverture des zones franches l'intervention des firmes multipour les industries d'exportation

00 les firmes ~trangêres jouissent de facilitês fiscales, commerciales et financiêres considêrables, ainsi que la sous-traitance internationale qui insêre les entreprises locales dans un r~seau dirig~ par les firmes multinationales, sont les modalit~s particuliêres de l'application d'une telle strat~ie.

(*) En Cor~e du Sud, la remont~e de la filiêre Chimie-Plastiques-Textiles (les segments de la filière sont maitrisês tour a tour, en allant des produits a usage final aux produits de base) s'est effectuêe suivant la Logique temporelle suivante: : bonneter ie vêtements et accessoires vestimentaires : Autres produits textiles, puis tissus de fibres chimiques : Fils de fibres chimiques 1973-1975 Les fils de fibres chimiques deviénnent 1975-1978 exc~dentaires 1978-1980 : Fibres chimiques Pour de plus amples ~tai ls cf. BENABOO lbland : "La Corêe du Sud ou l'industrialisation planifiêe", in Centre d'Etudes Prospectives et d'Informations Internationales (C.E.P.I.I.) "Economie prospective internationale Cor~e, Mexique: Deux expériences de ~veloppement face a la crise". Numéro 10, 2ême trimestre 1982. 1960 1960-1970 1970-1973

-

- 22 -

Oette

stratégie

rencontre

deux

types

de limites:

- d'une part chaque récession le dynamisme d'exportation.

sur le marché

international

compromet

-

d'autre

part,

toute

augmentation

du prix

du

travail

ou

toute

hausse du prix des matières sation du capital avaient

premii;!reset de l'énergie

nuisent

a la valor iqui la brut de

et faussent par conséquent spécialisation pêse seul lourdement 25 % des

les avantages du

comparatifs Exemple:

conunandé la

internationale sur

pays.

facture ênergétique constituait 1! lui

la Corée du Sud en

: Le pêtrole Les termes

importations

1980.

l'échange ont êtê fortement marqués par les deux chcx::s pêtroliers, par les dévaluations d'inflation 1979-1980 courante: en 1980 entre apparaît Celle-ci (dollars qui sont venues pêriodiquement la Corée de et ses concurrents. dans attênuer L'ampleur l'êvolution

ainsi que

le différentiel de de la crise la de

façon

frappante

balance

affiche 1980),

un déficit 1,1

de plus de 5,3 milliards deux ans plus tôt,

de dollars d'un

contre

conséquence

ralentissement premières

des exportations part.

d'une part et du renchérisement l'accroissement la

des matières de

d'autre

Il s'y ajoute

des rapatriements

profits d'investissement de construction

que n'a pas compensée importante depuis 1974.

progression

des activités du

a l'êtranger,

source de revenus Les entrées de

en provenance capitaux

r-byen-Orient essentiellement combler ce dêficit

venues De 15,8

ont considérablement

accru la dette extérieure:

milliards de dollars (dollars courants).

en 1978, elle est passée a 21,2 en 1979 et 27,4 en 1980

Oes deux types de limites sont en partie contournées
duction de techniques plus sophistiquées en reléguant la compêtitivité internationale et font pression

par l'introqui, tout

et plus capi talistiques

des firmes lcx::ales,permettent sur le niveau des salaires.

une êconomie de main-d'oeuvre

Oependant dans les stratégies

ce prcx::essusa pour condition
des firmes multinationales.

une insertion plus acentuée

Au total,
dêveloppement

COIIIIIe

dans le m:xiêle de l'I.S.I., la perspective d'un

autonome

se trouve donc repoussée.

- 23 Telles sont pays du Tiers-monde. les deux strat~gies de développement ant~rieures des

Au cours de ses vingt trois ann~es d'ind~pendance et afin d'~viter les déb:>ires des strat~ies classiques, l'Alg~rie a fait l'e~rience d'un mod~le de ~veloppement spécifique: celui des "industries industrialisantes" que nous pr~sentons.

1.2.

Strat/!gie
lisantes

algf!rienne

de df!veloppement

:

8Les

industries

industria-

"

alg~rienne

La notion d'industrie industrialisante est au coeur de la strat~gie ~ d~veloppement ~nomique. Dans la r~alit~, les investissements ne sont pas exclusifs lég~res substitutives La th~rie de l'industrie et s'aœompagnent de l'~tablisd'importation (cf. plus haut). industrialisante

"industrialisants" sement d'industries 1.2.1.

1.2.1.1.

~~ion_

En s'inspirant a la fois de certaines idées de F. PERROOX ("Pôles de croisance", "industries motrices", "effet d'entraînement") et du mod~le
sovi~tique d'industrialisation, G. DES'l'ANNE de BERNIS dl!finit
8les

industries industrialisantes8 de la façon suivante: "Ce sont celles dont la fonction ~nomique est d'entraîner, dans leur environnement localis~ et dat~, un noircissement syst~matique de la matrice inter-industrielle et des fonctions de production, grâce a la mise a la disposition de l'enti~re ~nomie d'ensembles nouveaux de machines qui accroissent la productivit~ du travail et entraînent la restructuration ~nomique et sociale de l'ensemble consid~r~, en nême temps qu'une transformation des fonctions de oomportement au sein de cet ensemble" (1)

.

(1) G. DESTANNEde BERNIS: "Les industries

industrialisantes

et les options

alg~riennes".

Revue Tiers-Monde, 3. 1971.

-

24

-

Dans le mod~le alg~rien lisation, orient~

de d~veloppement, prioritaire

le processus d'industrie

d'industriade base, est,

vers l'bnplantation

par cons~quent, que le march~

dissoci~

de la demande existante

tant sur le march~ national pas une donn~e conditioninduite mis en

international.

Cell1i-ci ne constitue

nant le processus par la

d'industrialisation: du le processus d'une

Elle est plutôt une variable Celui-ci planifi~e ne peut 00 une être

r~alisation que dans

lui-même. ~conomie

oeuvre

cadre

proportion et affect~e sa presque dans le

bnportante du produit a l'investissement totali t~, doit

national

est soustraite De plus, aux"

a la consommation dans

industriel. destin~

l'investissement,

être

industries

industrialisantes"; les secteurs

cadre de l'Economie AIg~rienne,

elles recouvrent

suivants:

- la - la - la -

sid~rurgie

~canique
chbnie
mini~re

-

l'extraction

l'~lectronique

- les mat~riaux - et I '~nergie.

de construct

ion

Trois caract~ristiques

principales

sont attrib~s

a ces industries

a) TMoriquement, souvent de grande

elles LeS

exigent coûts

des

unit~s

de production sont

le plus inverse-

dimension.

unitaires

des outputs Elles

ments proportionnels pas adapt~es il peut Alg~rie

a la taille des de petite c'est

installations.

ne

seraient

donc

aux marcMs

dbnension.

~anmoins, de

dans la pratique, la si~rurgie conformes en aux

en être

autrement:

le cas du Secteur

00 il existe

des unit~s de production

miniaturis~es,

possibilit~s

de financement

de march~ de petite dimension.

- 25 b) Elles appartiennent au secteur de production des biens

d '~quipernent. A partir d'eux, l'Economie peut (si l'on maîtrise les techniques de production) assurer a long terme une large autonomie et stabiliser son taux de croissance. "L' in~pendance ~ique n'est rien d'autre que cette autonom~e obtenue par la possibilité d'~lever la propension a investir sans subir, conune l'Argentine ou le Brésil, l '~tranglement tation" (1). de la croissance par contraction de la capacité d'impor-

c) Elles dinars
industrialisantes

sont hautement capitalistiques pour chaque dinar
alimentaire, (industrie textile,

: Elles
etc

nécessitent

plus de non
inten-

d'investissement

d'output

que les

industries

).

Leur

sité en travail, coût de cr~ation

leur ooefficient capital-travail d'un emploi, est important.

ou en d'autres termes, le Selon certains auteurs, les (~trochimie, dominantes:

branches promues dans la strat~gie industrielle algérienne sidérurgie...) sont celles qui sont en crise dans les ~mies il y a donc implicitement lisation qui s'accomplit dans les conditions

l'idée d'un pMl'1CIIIênede redéploiement, de délocavers un pays 00 les entreprises ne fonctionnent pas mondiale environnante.

de l'Economie

biens produits ont un iJçact relativement important et rapide sur l'agriculture et les industries en aval: La sidérurgie et la ~trochimie peuvent, par exemple, approvisionner l'agriculture respectivement en machines agricoles et en engrais. Ainsi doit apparaître un excédent agricole permettant a la fois d '~largir la demande et de financer le d~veloppement du processus d'industrialisation sur une base "autocentr~", en rupture avec la division internationale du travail.

Mais les

(1) M.E. BENISSAD : "Economie Economica, Paris 1982. p. 137.

de d~veloppement

de l'Alg~rie,

1962-1982".

- 26-

I.2.l.2. ~~~f2!22~~e

et iœ:~rati0!Llli~~~

Le choix prioritaire des "industries industrialisantes" se fonde sur l'appareil conceptuel forgé par F. pERID.JXans sa théoriedu pôle de d croissance, de la firme IIDtriCe." Celle-ci est une unité de production qui

exerce des effets asymétriques et irréversibles
et institutionnel ainsi que sur les ou en aval de sa propre production" bien
biens

sur l'environnement

social

activités productives situées en am:>nt (1). L'industrie industrialisante est se situe dans le secteur des

cette

firme

IIDtrice
parce

dont
que c'est

l'activité

d'~quippJRent

a partir

de ce secteur

que la croissance

économique

est

structuration

diffusée au reste de l'économie de l'économie prend forme progressivement.

et

qu'une

nouvelle

La firme IIDtrice selonG. de BERNIS n'a pas seulement des effets d'entraînement que même l'industrie des peaux et cuirs peut poss~der mais aussi des effets d' industrialisatioo, de cr~ation d'autres industries techniquement et économiquement complémentaires. Ces effets sont propres aux activit~s industrielles de base, comme la sidérurgie de EI-Hadjar, l'industrie ~nique de Constantine et Alger ou le ~trole Saharien. "Le développement de ces acti vi tés s' inscri t inévitablement dans le destin économique d'une nation car ce sont des activités qui portent, en elles, les condi tions d'accumulation de capital et de savoir-faire industriel". (2).

(1) cf. BENISSAD.p. 138.
(2) M. LIASSINE, Ministre de l'Industrie congrès arabe du fer et de l'acier, Alger, lourde, ouverture novembre 1978. du premier

- 27 Le pôle de croissance est la 00 se manifeste la firme IIDtrice. Pour saisir les effets du pôle sur l'environnement, nous reprenons la dêfinition de l'êconomiste belge J. PAELYNCK selon laquelle: (1) "constitue un pôle de croissance, une industr ie qui par le flux de produi ts et de revenus qu'elle engendre, condi tionne le développement et la croissance d'industries techniquement liêes, détermine la prospérité du secteur tertiaire par les revenus qu'elle engendre et produit une croissance du revenu régional grâce a la concentration de nouvelles activités dans une zone donnée, noyennant la perspective de pouvoir disposer de certains facteurs de production". Les effets d'entraînement d'une industrie peuvent être appr~ci~s niveaux: technique, ~nomique, psychologique et g~ographique. a) Les effets double ni veau production: de de la cr~ation et de pÔles techniques du fonctionnement se manifestent d'une uni té a

quatre

au de

l'investissement

o

L'investissement (routes, zone êquipements

entraine une d~pense de pré-industr ialisation industrielles, etc. ..) et une d~pense en

productifs. de fonctionnement, elle s'exprime par des unit~s de production situ~es en

o

Quand a la polarisation des effets d' int~gration

amont (fournisseurs) et en aval (clients) de la firme IIDtrice. A ce niveau, il y a déja un impact sur l'économie régionale du point de vue:

- de la cr~ation de revenus stables ou temporaires - de l' int~ration des diff~rentes uniMs de production que la firme induit. - et de l'abaissement des coûts de production et des êconomies
externes, provoque. que l'accroissement des êchelles de production

(1) J. PAELYNCK "La théorie :
ISEA, Mars 1965.

du développement

r~gional

polaris~".

Cahiers

- 28 b) La polarisation konanique est ~troitement li~e a la cr~ation

de revenus par le pôle de croissance: l'intfgration verticale du pôle de croissance se fait par la cr~ation d'unit~s de production techniquement compl~mentaires (ouvertures d'une usine de ook~faction de charbon pour alimenter le complexe sid~rurgique d'El Hadjar) et l'intfgratiœ horizontale s'effectue par cr~ation mation croissante (fabrication d'activit~s r~pondant a la demande de oonsomde tabliers, chocolateries etc...)

Pour que l'attraction du capital vers la r~gion 00 est localis~ le pôle de croissance se fasse automatiquement, il faut qu'il Y ait eu au pr~alable des investissements d'infrastructure et d'accueils suffisants. A la lumi~re de ces diff~rentes ex~riences de r~gionalisation dans le monde, cette oondition est certes ~cessaire mais oon suffisante: D'autres mesures pr~ ou post-natales d'ordre ~nanique, financier et même politique peuvent aussi s'av~rer indispensables au déroulement des ~canismes de multiplication et d'acc~l~ration dans une ~nomie de marcM 00 les automatismes sont cens~s intervenir spontan~ment. c) La polarisation psychologique "r~sulte de facteurs conscients ou

inconscients qui poussent les entrepreneurs a articulier horizontalement ou verticalement leurs comportements et leurs activit~s au pôle de croissance" (1). Leurs anticipations quant au ~veloppement ~nomique futur découlant de l' ~tablissement du pôle de croissance dans le sens de la cr~ation de pôles. d) La polarisation g~raphique est, par exemple, un facteur jouant

~coule

des facteurs

expliquant

la

déconcentration des activit~s ~nomiques des grands centres urbains vers des r~gions moins ~velop~es (comne c'est le cas de l'implantation d'industries ~trochimiques, alimentaires, textiles etc dans la r~gion de BaJlAA) 00 la main-d'oeuvre est plus abondante et moins chêre, l'infrastructure sous-utilis~e....

(1) cf. M.E. BENISSAD.Op. cit~.

p. 140

- 29 parmi technique les effets d'entratnement sont les plus du pôle de croissance, importants: "l' aba issement les effets des coûts et ~nornique

de production de la firme IIDtrice, par exemple, constitue des ~nornies externes pour les firmes situ~es en aval et est par co~quent pour elles une source d'augmentation de la productivit~. Le ~veloppernent des "industries industrialisantes" apparatt alors comme "un multiplicateur de croissance" au profit de l'ensemble de l'~nomie. ~iproquement, l'.lioration des conditions de production dans l'agriculture et les industries situ~es en aval ~tend le marcM des "industr ies industr ial isantes" L'art iculat ion entre les diff~rentes branches, qui r~sulte de l'intensification des ~hanges inter sectoriels, assure une croissance acc~l~r~e ! la fois de

.

l'emploi nationale.

et

de

la

production

et

~vite

l'extraversion

de

l'~omie

1.2.2.

~veloppement ~viation

~onornique

de

1 ' Alg~r ie"

et

risques

de

du modèle
"industries

La

th~orie

des

inspiration avec cette pement

initiale précision

dans la celle

th~orie

industrialisantes" trouve donc son du pôle de croissance de F. PERROUX l'industrie outils) des biens d'~quisur a un effet notable

importante

que seule

(en particulier
@conaDique

des machines

la croissance

et

la transformation

de la soc:iGtf et que par
est ~vit~e. Cependant, industr ial isantes", les

cons~quent l'extraversion de l'~nornie alg~rienne appl icat ion de la th~r ie des "industr ies dans l' risques d'extraversion existent a deux niveaux:

-

-

au sein même des conditions d'existence au niveau des lIDyens de r~alisation loppement

de cette th~orie de ce modèle de déve-

1.2.2.1.

Risque~trav~sion des "industries

de .l'~ie

~~~~rienl)e est sujette a

L'application üne double condition.

industrialisantes"

- 30 I.2.2.1.1.
L'existence d'un vaste marché

Pour éviter que les "industries industrialisantes" ne se transforment en industries d'exportations, il. faut qu'elles écoulent leurs
etc. ...)

produits la 00 elles trouvent leur marché le plus vaste. G. de BERNIS note
que ces industr ies (mécanique, ênerg ie,

sont hautement capi ta-

listiques et "n'ont de chances de pouvoir dimension continentale ou économique" tion de petite trialisantes dimensioo (1). Cet auteur les et qui Que penser 0CIIIIIe moteur et ne s'insdrant dans qu'enregistreraient dimension

dans le cadre

se réaliser que dans les paysa d'une politique de coopération
par le niveau porter des coûts d'une préjudice des ~ique ~ie. iildustries de producéconomie iildusde petite rl!!gionale? aux efforts industrialisantes"

est préoccupé
"industries pourraient alors aucune de

a terme

d'industrialisation.

l'adoptioo en Algfrie,

de dfveloppement

organisatioo

Jusqu'en

1979, quelques économistes algériens ont donné

la

réponse

suivante: Le but cherché par la prorootiond'industries de base n'est pas la rentabilité financiêre mais .leur rentabilité sociale. Cette derniêre" est mesurée:

- d'une
branches

part,
plus

a travers
rentables

leurs
dans

effets
le

d'entraînement
financier,

sur d'autres

domaine

- et d'autre part, a travers leurs effets sur l'autonomisation des possibilités futures de croissance par rapport au marché mondial et a la capacité Mais cette thêse d'ÛRportation. ne peut être soutenue que si globalement le revenu

consolidé alimenter
reposent

de toutes les entreprises publiques est suffisamment positif pour le fonds d'accumulation social. Mais comne les industries de base
sur des investissements a long terme on assiste a un décalage nécessité

temporel entre

l'offre

et la demande. De plus en plus,

on

admet la

de favoriser les projets d'investissement financiêrement rentables.

(1)

G. DESTANNE de BERNIS"
d'intl!!gration

Industries

industrialisantes

et contenu d'une

politique

régionale".

Economie

appliquée

1966.

p. 473.

- 31 effets L'~nagement du milieu pour que la industria1i.sants des grandes firmes-cl~s s'exercent

I.2.2.l.2.

propagation

des

sur l'~nomie.

Il faut que le plan "organise chaînon par chaînon la propagation de leurs effets d'industria1i.sation puisqu'on ne peut jamais supposer que cette propagation se r~alisera spontan~ment (1). En effet, alg~rienne hérit~e compte tenu de la structure ~sarticul~e de 1 '~nomie de la ~riode coloniale, les "effets d'entraînement" ne

se diffusent pas automatiquement a travers 1 '~nomie. Ceci veut dire qu' 1.1 faut une fois la sid~rurgie lanc~e, ~velopper une industrie ~anique, principal ~bouch~ des produits sid~rurgiques ~ ensuite il faut ~uler les produits ~caniques et pour cela, il y a 1i.eu d'introduire notamment "le progr~s en organisation" ~cessaire dans l'agriculture pour l'amener a se ~caniser, a ~lever sa productivit~. Ce progr~s en organisation pourra être la r~forme agraire. VoUA donc le type de trajectoire que devront d'industrialisation et qui devrait permettre d'êviter suivre les efforts l'extraversion de

l'~nornie. A travers les deux points pr~~dents, on peut retenir surtout que le probl~e central s'exp1i.que par l'kart qui existe entre les' oonditioos de la th@orie (qui peuvent d'ailleurs être critiqu~es) et la pratique.

1.2.2.2.

Autres ris9.1:~s d':~~~~~~~~~~~_ ~~ndan~
et la d~pendance financi~re

1.2.2.2.1. La rente pêtroliêre

Ce problêne a trait au finanCèment de l' industria1i.sation a partir essentiellement de la rente des hydrocarbures. En effet, 1 'Alg~rie poss~de des ressources naturelles, les hydrocarbures, qui. lui permettent de ~gager par les exportations ou l'endettement externe la capacit~ d'importation ~cessaire a la mise en oeuvre "d'industri.es industrialisantes".

(1) cf. politique

G. de BERNIS: "Industr d'int~gration r~gionale".

ies op.

industria1i.santes citê p. 472.

et

contenu

d'une

- 32 important Au départ le que le gaz p!trole (ce dernier jouait dans les années soixante) de développement un rôle se voit (*) : beaucoup attribuer plus un

double r&le dans le nodele algérien

celui de permettre le financement des industries fortement capitalistiques au départ inexistantes dans le pays. En fait, le pêtrole est la base de l'ac:cœulation primitive en Algérie oonme l'a ~té par exemple la rél1Olution agricole en Europe de l'Ouest.

-

- et de servir a la fois de source d'fnergie Ix>n marché dans toutes les branches et de matiêre premiêre dans les industries directement li~es au pêtrole : p~trochimie, engrais, plastiques etc....
La logique de construction d'une ~nomie autocentr~e suppose du

l'effacement progressif et la disparition a long terme du rôle pêtrole, a l'avantage de son rôle purement industriel.

financier

suppose

Ainsi, si au départ l'apport financier du pêtrole est d~cisif, on qu'a plus long terme, l'~ie alg~rienne trouvera une base ind~pendante du financement externe.

d'accumulation

COmpte tenu du caractêre fpuisable du pftrole, hydrocarbures de maniere g~n~rale, le probleme posé a l'~omie est donc de transformer la rente a l'origine capital productif et d'~viter par cons~quent terme d'une ressource ~puisable.

et

des

alg~rienne de l'effet de développement en la ~pendance financiere a long

1.2.2.2.2. La rente pêtroliêre
L'autre risque d'extraversion dfpendance technologique,

et la ~pendance

technologique

:

dans

la

de l'~nomie alg~rienne se sit\,Je life au choix des "industries

industrialisantes". Le marché du travail en Alg~rie ne fournit pas la main d'oeuvre hautement qualifife requise par la maîtrise des processus technologiques nodernes et des processus ~iques lifs a l'effort de développement.

(*) Nous n'i~isteron$ pas; bea~p sur le rôle des hydrocarbures car un chapitre leur est rêservf ult~rieu.rement.

en Alg~rie

- 33 Le transfert de technologie peut certes, dans un premier temps, être assur~ en grande partie par la rente des hydrocarbures (ce qui s'est produit effectivement). Mais l'aisance financH!re procur~e par cette rente peut a terme privil~ier favorables â un Véritable fique. En r~s~, les les formules de transfert transfert du savoir-faire de technologie tr~s peu technique et scienti-

risques

d'une

oouble

financière

inh~rente aux modèles classiques

technol09 ique et d'industrialisation, he sont pas financière industria-

d~pendance

absents du roodèle alg~rien : "le renforcement de l'extraversion et technologique est une sons~quence in~vitable du choix d'une lisation â base d'industries industrialisantes" (1).

Les risques d'une telle extraversion avaient certes êté prêvus par les dirigeants alg~riens ; ils préconisaient une forte di!pendance, comme prix d'un di!veloppement a lOng terme "autonome", mais ils IOOttaient surtout l'accent sur le caractère passager et temporaire de cette situation.

L'~volution ult~rieure de l '~nomie algérienne, caract~ris~e principalement par un endettement ext~rieur massif, une d~pendance accrue vis a vis de ses ressources en hydrocarbures et une di!pendance alimentaire a amené plusieurs observateurs a consid~rer tendances longues, peu r~versibles. Af in de comprendre concrètement l'évolution de planification adopté. que l'on était en présence de

tous ces pMnomi!nes, nous proposons de l'Algérie â travers

d'analyser le système

socio-êConomique

(l)cf.

M.t. SENISSAO. p. cité p. 144. â

-

34

-

II

- EVOLUTION
II.1. But

MN:K>!XXKMIQUE

DE L' ALGERIE

êconomique

de l'A!g@rie et

: l'industrialisation le poids relatif des branches

II.1.1.

Les

investissements

Le syst~me
plusieurs deux sation plans consid~r~e plans se quadriennaux

de planification
sont suc~d~s (1970-1973,

a ~t~
Wi 1974-1977).

instaur~
plan

en

1967.

Depuis, est de

triennal

(1967-1969), 1978-1979 et pour

La pE!riode préc~dents

comme une pE!riode de transition de quelques projets d'investissement nouvelles orientations qui servent a 1980-1984.

qui se caractérise
des plans

par la r~ali-

pr~parer

le plan quinquennal

Les r~a1is~s

investissements

prévus

par

les

diff~rents 1.

plans

et

ceux

effectivement

sont présent~s

dans le tableau

On constate r@aliS@s ont largement

que pour la pE!riode 1970-1977, les investissements d@pasS@s les objectifs des plans. En effet, lors de

la promulgation du plan 1970-73, ce dernier est qualifi~ d'ambitieux car il triple le montant pr~visionnel des investissements par rapport aux investis-

sements r~a1is~s pendant le plan triennal.
projets du secteur de l'Energie. Mais

SOn volume est
le problème

largement dû aux de la capacité a

r~a1iser ce plan est ressenti: En effet, le deuxi~ plan (1974-1978) a pour double objet d'achever les projets en retard du plan pr~~dent et de lancer la r~a1isation de nouveaux projets. Son ~laboration subit quelques retards en raison de l' instabUit~ de la conjoncture ~mique interna-

tionale a la fin de 1973 ~ ce qui entraîne

un montant d'investissement

fixé

pour cette pE!riode de 85 milliards de dinars. Mais @tant donn@ l'@volution favorable des prix d'exportation des hydrocarbures, le montant des investissements pr~vus passe a 110 milliards (en termes nominaux) tandis que leur r~alisation effective s'~l~ve a 122 milliards.

- 35 Le taux d'investissement total est três ~lev~. Il repr~sente 40 % Il passe de 20 % en 1967 a 48 % en 1978. Cette hausse du taux r~pond a une rrême caractéristique: Priorité a
l'industrie lourde. La part programm~e de l'industrie dans les investissements globaux est respectivement de 51,6 % (1967-1963), 44,7 % (1970-73) et 43,4 % (1974-77). Mais contre pourtant 19 prês en r~alité, % et de la lIPitié du est elle a ~t~ respectivement de 52 %, 57 % et 7 % seulement de la population secteur de 88,7 pour le secteur agricole du pays. l'industrie de base est 86 % en 1970-73 et 88 % en 60 %

du P.I.B. en moyenne entre 1967 et 1978.

%, 12

couvrant

A l'intrieur pr@pond@rante : elle 1974-77.

industriel, % en 1967-69,

Même dans

le

plan

quinquennal,

qui

est

censé

r~rienter

la

structure industriel

des investissements vers les autres secteurs (le secteur repr~sente 38,9 % des investissementslobaux), l'industrie g de
dominante et représente 79,2 % de l' invest issement

base cont inue a être industriel. Mais ce sont pr@pond@rante. Le tableau
Tableau 2

surtout

les

hydrocarbures

qui repr@sentent

une part

2 nous IIPntrel'~volution de ces différents postes:

-

Investissements

industriels

réalis~s

unit~ : millions de dinars Industrie dont:

1967-69 4750 4213 855

1970-73 20803

1974-77 76145 67007 35999

1980-84 154500

- trie de base
dont: hydrocarbures

Part de l' indus-

88,7 % 17891 18 % 9776

86 % 47 %

88 % 122900 48 % 63000

79,2 41

% %

- 36 Il en est de m@meen ce qui concerne la production industr ielle. En effet, en 1978 la part de l'industrie de base atteint 90 % de cette prodoction, le reliquat allant aux industries la~res. Mais il faut noter que la branche du pêtrole, avec ses prix en hausse a l'exportation depuis 1913 tient une place prfpondfrante (15 ') au sein des industries de base. En fait, la polarisation industrielle s'est surtout effect. autour de la branche des hydrocarbures. Par stagner ailleurs, d'apr!s le tableau 3 indiquant la structure du

P.I.B. , l'industrie
de 1967

a 1979

maufacturi!re voit ; cette stagnation le fait que les tr!s

sa part dans le produit est due a une double cause: investissements de l'industrie

global

a) d'une base ont des dalais

part,

de

de maturation part,

longs. que les investissements de l'industrie

b) et d'autre

le fait

lag!re n'ont pas atteint leur ~riode de rendement physique maximale. "On estime qu'une fois une unit~ de prodoction mise en marche, il faut tMoriquement attendre 4 ans p;:>ur qu'elle fonctionne et ~gage son output maximal (1). Dans le ~le l'utilisation alg~rien, la nature des investissements entraîne en de techniques tr!s modernes. Le tableau 4 nous donne

g~n~ral

une id~e du coût myen. T~leau 4 août de création d'un ~loi entre dans les activit!s lndustrielles 1967-69 60 000 136 000 4 300 1970-73 219 000 819 000 100 100 1967 et 1978

UniMs : en dinars courants

1974-78 475 000 722 000 347 000

- Industries
Extraction

- hydrocarburesde base
et

-

Industries

lag@res

(l)cf.

M.E. BENISSAD. Op. cit~

p. 54.

- 37 -

II.l.2. Le degr~ de ~pendance

externe

Pour mesurer

la dépendance

externe

de chaque branche, (*). La comparaison (1974 et 1979).(voir

on utilisera est faite a tableau 5)

le ratio importation/offre d'une branche partir des deux derniers T.E.S. disponibles Pour hydrocarbures, sid~rurgiques,

l'industrie de base on retiendra les trois branches des des mat~riaux de construction et des industries nétallurgiques, nécaniques et êlectriques (I.S.M.M.E.)" industrie l~g~re, on prendra en consid~ration les

Quand al' branches

du textile,

de la chimie,

du cuir et de l'alimentation.
des banches

Tableau 5 : Ratios

importation/offre

1974

1979

Industries

lourdes

: 48 76,3 1,6 22 69,5 1,1

- Matêriaux de construction - I.S.M.M.E.
- Hydrocarbures

Industries lêg~res : - Alimentation - Textiles, cuirs - Chimie - Divers (bois, ......) 26,2 5,8 60,1 77 16 14 50 36

- L' industr
Le ratio 1,6 en 1974 a 1,1

ie de base: de dépendance en 1979. de la branche Cette branche passe de des hydrocarbures ouverte sur est fortement

l'ex~rieur

pui$q1JIIit , de son output est exportA. 98

(*)

Ratio

utili~ê l'analyse

par

la

COn1IIission

EcX:>nomique pour d'importation.

l'Amêrique

Latine

concernant

de la substitution

- 38 Malgr~ la l~g~re baisse de son ratio, la branche des matdriaux de construction reste largement dE!pendante de l'ext~rieur : le marcM du ciment plus pr~is~ment connatt des ~nuries tr~s importantes. Enfin, dans les I.S.M.M.E. (Industries SidE!rurgiques, M~talliques, Mkaniques et Electriques), le ratio est toujours ~lev~ diversification de la structure de production. du fait de la faible

- L'industrie de conscmnaton finale i
Le coefficient de dE!pendance de la branche alimentation reste encore ~lev~ qui est fortement int~gr~e a l'agriculture dont elle reçoit 41% de ses inputs. Dans la branche chimie, le coefficient de ~pendance est rest~ lui aussi ~lev~. Cette disparit~ de coefficients s'explique surtout par deux facteurs techniques; les manques d'inputs locaux et la complexit~ du processus technologique.

II.1.3. Le coût de l'industrialisation
Le processus
mimétique du nDd~le

d'industrialisation
de dE!veloppement

acc~l~r~e dE!coule du "transfert , conduisant certains ,pays a une

forte croissance mais dont le contenu est tel qu'il conduira a une "croissance perverse" (qui se bloque en ~finitive ou se ralentit) ou en "mal ~veloppement" (croissance qui se poursuit quantitativement mais a des coûts sociaux, ~logiques et de ~pendance croissants)".(1) En Alg~rie, le processus d' industrialisation coût social qui peut être r~parti sous deux aspects: coût financier. acc~1~r~e entraîne un le coût humain et le

(1) cf.

HOURCADE.C. Op cit~ p. 253. J

- 39 11.1.3.1. ~.L~in
deux facteurs imFOrtants :

Pour ce FOint oous retiendrons

- l'insuffisance
le processus

de l'infrastructure sociale qui doit accompagner d'industrialisation: lTCyens de transFOrt inadéquats, ~nurie du

de logements. Toutes ces lacunes affectent négativement la productivité travail. Ces FOints sont explicités dans le chapitre "Dêmograph\e".

le besoin d'élever le taux d'accumulation aux dépens de la conSOllTllation privée. Dans les économies comne celle de l'Algérie, en cas d'industrialisation rapide, le niveau de la croissance de la consommation de la FOPulation est en général comprimé FOur permettre d'augmenter l'épargne. Mais si l'on prend comme exemple la ~riode 1967-1978, on constate le phén~ne suivant (1) le FOuvoir d'achat du consoimnateur s'est nettement amélioré, la consommation globale des biens et services exprimés en termes constants s'est accrue au rythme annuel lTCyen de 8,5 %. Compte tenu du taux de croissance déIIDgraphique (3,1 % par an), le revenu par tête en termes réels (base 1974) passe de 1860 dinars en 1967 a 3300 dinars en 1978. Sur la même ~riodé, l'accumulation brute s'est accrue en volume au rythme de 15,3 % par an. Ainsi, le taux élevé d'accumulation n'a pas empêché la conSOIl'll1ation des nénages de s'accroître globalement. financiêres, de la con~ a

-

permis mation.

La rente p!troliêre, en desserrant les contraintes une croissance simul~ de l'investissement et

II.1. 3.2. ~..2?g,L fi~~~_
L'e~rience d'industrialisation algérienne a été une entreprise extrêmement coûteuse. Financée quasi-exclusivement par la rente, l' industrialisation s'est vue confrontée a des probl~mes de coûts d'investissements. Ces derniers sont liés essentiellement:

(1) cf.

EFTEKHARl Nirou

Op. cité

P. 42.

- 40 a) Aux retards de r~alisation des projets d'investissement. Selon H. TEMMAR (1) la ~riode de retard de r~alisation par rapport au progranune d'exécution varie d'une annêle et demi a quatre ans au cours du 1er plan quadriennal et de un an et demi a cinq ans au cours du second plan. De 1970 a 1973, 71 % des projets furent termin~s, mais il coût~rent a eux-seuls, 156 % de l'ensemble des ~penses planifi~es pour le secteur industriel. b) trialis~s Aux pr ix discr iminatoires des constructeurs des pays indus-

rench~ris
c) A fonder

par le mouvement inflationniste
de des structures investissements par les

des prix mondiaux.
diversifi~es ce qui qui

l'absence

industrielles locale; auxilliaires. sociê!tê!s

pourraient

une politique

de sous-traitance

a conduit

les entreprises

a effectuer

d) Au surstockage de l'arrêt

pratiquê!

nationales

par

crainte

des approvisionnements

ê!trangers.

e) Au coût de l'assistance

êtrang~re.

L'existence de ces coûts d'investissement explique que le coût des usines construites en Algê!rie soit tr~s Hevê!. Selon THIERY (2), le coût d'investissement a la tonne installêle tX>ur le complexe sidê!rurgique d'El Hadjar aura ~~ de 2 500 dollars 1980) environ tandis qu'en même temps les coûts dans la sid~rurgie complexe de même taille. canadienne sont estimê!s a 1 200 dollars tX>ur un

Les coûts ont dans l'ensemble induit entreprises industrielles publiques financ~es

une progression du dê!ficit des par le budget de l'Etat, c'est

a dire

par la rente

~troli~re.

Ainsi l'industrialisation
sation de la rente est a peu profitê! au reste.

alg4rienne qui devait nattre de l'utilidevenu grande oon&aIIMtrice de cette rente même et

(1) H. TEMMAR "Stratêlqie de l'Algêr ie : Un bilan". Ed. Publisud, (2) S.P. Grenoble THIERi : "La crise 1982.

rlêIveloppement Par is 1983. productif

inrlêlpendan t , algêrien".

le

cas

de

du systême

I.R.E.P.D.,

-

41

-

II.2.

crise de l'agriculture II.2.1. L'~volution de la production agricole
de Les des

L'agriculture algérienne repose sur la production des cér~ales, l'arboriculture (oliviers, vignes et jardins de fruits) et l '~levage. plaines les plus arrosées et les plus fertiles se caract~risent par IIII!thodes de production intensives et *anis@es et l~umes et vin) est en partie destinf a l'exportation. Hors de ces zones, (céréales en particulier) et seuls 400 000 hectares de ces modernes en grande exploitation maraichêres. Le
1962-78

leur

output

(agrumes,

existent un ~levage r~ions pour

des a sont les

cultures caractêre cultiv~s cér~ales

de subsistance extensif: Mais avec des lléthodes et les cultures

fait la

frappant stagnation

de

l'agriculture

alg~rienne

de

la

période

est

Ministêre

chargé

du plan pour la derniêre
de la production

de sa production. Les données (*) du ~ennie le prouvent: agricole. Base 100

Tableau 6 : indice

= 1967

1970

1972

1974

1975

1978

101,6

112,1

107,9

134

119

stagne

Par ailleurs, a prix courants

la production agricole entre 1969-1974, année

(en termes de valeur ajoutée) a partir de laquelle la hausse La diminution du n'est donc pas

des prix

a la production agricole poids de l'agriculture dans le surprenante:

devient três sensible. P.I.B. a prix courants

(*) Ces données tionale pour

sont

confirmées

par les statistiques et_ le Dêveloppelllent

de la Banque (B.I .R.D.)

Interna-

la Reconstruction

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