Atlas préhistorique et protohistorique de la Sardaigne

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Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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EAN13 : 9782296342682
Nombre de pages : 160
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ATLAS PREHISTORIQUE ET PROTOHISTORIQUE DE LA SARDAIGNE

Publications
Industrie lithique du site antique d'Aphrodisias, Turquie. Thèse Ecole Pratique des Hautes Etudes, 1982. La céramique: la série conservée à l'I.P.H.. in R. de Bayle des Hennens et al., La grotte de Toulkine (Haut Atlas marocain) et le Toulkinien. L'Anthropologie, t. 88, n03, 1984. Les industries préhistoriques des Alpes de Haute Provence. La Collection Vésigné. Thèse de Doctorat d'Université. Université de Paris VI, 1984.

Chipped stone analysis. in Martha Sharp Joukowsky ~ al. Prehistoric Aphrodisias. Providence, Rhode Island, Brown Universityet Belgium, UniversitéCatholique de Louvain la Neuve, 1986, vol. I.
Catalogue of the chipped stone industry. in Martha Joukowsky ~ ~., 1986, vol. II. Prospection de la vallée du Dandalas. Campagne.de fouilles 1982. in Martha Joukowsky ~ al., 1986, vol. II. Menhirs, bétyles et statues menhirs de Sardaigne. L'Anthropologie, t. 93, nOl, 1989. Chipped stone analysis. in R. Ross Holloway ~ al. La Muculufa, the Early Bronze Age Sanctu3.ty. The Early Bronze Age Village. Excavations of 1982 and 1983. Providence, Rhode Island, Center for Old World Archaeology and Art, Brown University, 1990.

579 comptes rendus d'ouvrages et revues de langues allemande, anglaise, espagnole, française, italienne, portuguaise parus dans la revue l'Anthropologiedepuis 1980 à ce jour, 3 comptes rendus d'ouvrages parus dans Anthropos, Brno, 1985, 1986.

JEANNINE LEON LEURQUIN

ATLAS PREHISTORIQUE ET PROTOHISTORIQUE DE LA SARDAIGNE

fascicule 5 - feuilles IGMI 224 à 227 IGLESIENTE, CAMPIDANI, TREXENTA, GERGEl, OGLIASTRA, QUIRRA

Illustrations de Pierre LEON

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

@ L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5524-7

AVANT PROPOS Les fascicules 1 et 2 concernant la partie septentrionale, 3 et 4 la partie centrale ont montré que la Sardaigne était riche en vestiges archéologiques. Les fascicules 1 couvraient les feuilles de 166 à 169, 179-182,2 - 192 à 195,3 - 205 à 208,4 - 216 à 219. Des publications collectives ou individuelles ont relaté telle ou telle culture, modes de sépulture, formes de mégalithisme, nuraghes, l'art plastique, modelage et sculpture, l'art statuaire en bronze, l'art rupestre... Des thèses de l'Université de Cagliari, Faculté de Philosophie et Lettres ont eu pour thème le relevé. archéologique de certaines subdivisions des feuilles de la carte IGMI ou ont encore considéré plus particulièrement certains témoins; des guides, des itinéraires archéologiques, faits par des personnes compétentes ont vu le jour, leur destination est réservée à un plus large public. La Sardaigne s'étend sur une superficie de 24089 km2. Elle n'a pas été à l'abri de fouilles clandestines; l'on ne peut que condamner ces pratiques, ces appétits pour des trouvailles que l'on pense pouvoir commercialiser. A ce propos il convient de louer les efforts des Surintendances, des Musées qui veillent à la sauvegarde du patrimoine. Le présent Atlas résume feuille par feuille les sites, les témoins jusqu'en 238 avant notre ère au moment où la Sardaigne entre vraiment dans I'histoire. La carte d'Italie ayant trait à la Sardaigne comporte une trentaine de feuilles, numérotées en chiffre romain, elles-mêmes subdivisées en quatre carrés porteurs de chiffres arabes. Cette île est, administrativement, divisée en quatre provinces: Sassari, Oristano, Nuoro, Cagliari, s'inscrivant dans diverses régions dont les appellations restent toujours utilisées.

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Matérialisation des feuilles et subdivisions du fascicule 5

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INTRODUCTION Le fascicule 5 réunit les feuilles de 224 à 227 se subdivisant ainsi: FEUILLE 224 224 I SE PUNTA ACQUA DURCI 224 II 224 II NE CAPO PECORA SE BUGGERRU

FEUILLE 225 225 N NO MONTE ARCUENTU 225 N 225 IV 225 N 225 I 225 I 225 I 225 I 225 III 225 III 225 III 225 III 225 II 225 II 225 II 225 II NE SA ZEPP ARA SO MONTEVECCHIO SE GUSPINI NO SARDARA NE LUNAMA TRONE SO S. GAVINO MONREALE SE SANLURI NO FLUMINIMAGGIORE NE GONNOSF ANADIGA SO S.BENEDETTO SE GROTTA S. GIOVANNI NO VILLACIDRO NE SERRAMANNA SO VALLERMOSA SE VILLASOR

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FEUILLE 226 226 IV NO VILLAMAR 226 IV 226 IV 226 IV 226 I 226 I 226 I 226 I 226 III 226 nI 226 III 226 III 226 II 226 II 226 II 226 II NE MANDAS SO GUASILA SE SENORBI NO LAGO DE MULARGIA NE ESCALAPLANO SO SILIUS SE BALLAO NO NURAMINIS NE DONORI SO MONASTIR SE DOLIANOV A NO S. NICOLO GERGEl NE VILLAS ALTO SO PUNTA SERPEDI SE BURCEI

FEUILLE 227 227 IV NO MONTE RASU 227 IV 227 IV 227 IV NE PORTO SANTURO SO MONTE CARDINA SE CASTELLO DE QUIRRA

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Avant d'apporter, selon nos possibilités, des données sur les .sites et leurs témoins du présent fascicule, il nous a semblé opportun de procéder à une rétrospective des écrits anciens, récents qui ont envisagé, de manière générale ou détaillée la préhistoire, la protohistoire sarde, qui ont émis des vues sur des points précis... En ce qui concerne I'historique des recherches, plusieurs auteurs ont abordé ce sujet. Nous retiendrons surtout G. Lilliu qui a fourni, à plusieurs reprises des synthèses: en 1962 en nous présentant l'historiographie des nuraghes à partir du XVIè s. jusqu'en 1840 ; un chapitre de son livre La Civilta dei Sardi dal Neolitico alla Eta dei Nuraghi (La civilisation des Sardes du Néolithique à l'Age des Nuraghes), 1ère édition 1963, revue et mise à jour en 1967, rééditée en 1983, est consacré à l'historiographie et à la bibliographie palethnologique. Il est également l'auteur d'un texte traitant le même thème dans Ichnussa, ouvrage collectif La Sardegna dalle Origini all' eta classica (La Sardaigne des origines à l' Ageclassique ), 1ère édition 1981, rééditée avec des ajournements en 1985. L'attention des premiers érudits, voyageurs et autres personnalités s'est d'abord portée sur les nuraghes, puis sur les sépultures. Pour les nuraghes les principales préoccupations ont été celles de répondre aux questions suivantes: De quelle époque datent-ils 1, qui étaient les premiers occupants de la Sardaigne 1, qu'elles étaient leur destination 1, qui les a construits 1. Par la force des choses en face des arguments, des prédilections, des rejets il y a des répétitions, des compilations, des critiques qui vont croissants avec l'augmentation des publications. Dans La civilisation de la Sardaigne du début de l'Enéolithique à la fm de la période nuragique, IIè millénaire -. VIème siècle avant notre ère, jouissant depuis 1980 d'une traduction italienne, Ch. Zervos (1954) a bien exposé les idées anciennes. Pour Strabon, géographe grec, né à Amassée de Cappadoce vers 58 avo J.C., mort en 21-25 après J.C., les anciens sardes seraient des Tyrrhéniens. D'autres récits grecs relatent que les premiers étrangers venus s'établir en Sardaigne seraient des Libyens conduits par Sardus, fils de Marcelis, porteur en Egypte et en Libye du surnom d'Hercule. Ces textes historiques légendaires ont été détaillés par Diodore de Sicile, historien contemporain de César et d'Auguste qui les aurait repris de Timée, rhêteur né en Sicile et mort centenaire à Syracuse. Il yale De Mirabilis d'Aristote pour lequel G. Lilliu souligne qu'Aristote n'en est pas l'auteur; cette erreur d'attribution a été souvent reprise. Dans le De Mirabilis les constructeurs des nuraghes sont des Grecs. Nous citerons encore Pausanias, géographe grec du IIè S. de notre ère qui donne l'Ibérien Norax comme fondateur.

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Nous résumons ci-après les idées avancées à partir du XVIè s.

Ancienneté ou époque de construction des nuraghes aucune date spécifique (Carillo M., 1612 ; Vidal S., 1639 ; Vico F. de, 1639 ; Camboni A., 1890 ;Fergusson J., 1872) époque postérieure aux monuments celtiques (Batissier L., 1845) postérieure aux menhirs (Lamonnora A.de, 1840) monuments préromains (Angius V., 1838 à 1840) au temps de la guerre entre Sardes, Grecs, Carthaginois (Stefanini S., 1773) avant les Phéniciens (Martorell y Pena F., 1879) avant la guerre de Troie (Bresciani A., 1850 ; Tocco E.L., 1860) rapport avec l'antiquité de Malte (Colini G.A., 1902) oeuvres des plus anciens colonisateurs (Mannu M., 1825) premières constructions nuragiques vers 1000 avant notre ère et un développement ultérieur vers le VIIè s. (Centurione A.M., 1888) 13ème s. avant notre ère (Mayr A. von, 1904) après le 13ès. (Vayssié J., 1894) 1470, 1500-1200 (Petit-Radel L.F., 1826) ; 1450 (Arri G., 1835) 1500 (Ferrari G. de 1852 ; Lombard A., 1873) ; de 1500 à 800 BC (Glyn Daniel, 1958) Avant 2000 (Martorell y Pena J., 1879); vers 2322 (Musu, 1869) au moins 3000 ans (Bennet J.H., 1876) 3000 ans (Tennant R., 1885) Age du Bronze (Baux A. et Gouin L., 1884), mais aussi antérieur à cet âge (Reclus E., 1876; Grosjean R., 1960, 1960a, 1961). G. Lilliu (1987) subdivise ainsi l'Age nuraglque :

PHASE I (1800-1500) civilisation protonuragique, pseudonuraghes PHASE II (1500-1200) nuraghe simple, pseudonuraghe, Culture Bonnanoro PHASE III (1200-900) nuraghe complexe, céramique décor au peigne PHASE IV (900-500) nuraghe complexe, céramique décor géométrique 6

PHASE V (500-238) enceintes Les nuragbes qui s'inscrivent aux Ages du Bronze et du Fer dans les différentes phases montrent parfois chez certains auteurs des variantes de datation. Attribution ou auteurs présumés des constructions nuragiques Les constructeurs seraient venus de : AFRIQUE (Vidal S., 1639 ; Pinza G., 1901) LIBYE (Lamarmora A.de, 1840 ; Rougemont de F., 1866 ; Orsini P., 1881 ; Pais E., 1881; Mayr A. von, 1904) EGYPTE (Pais E., 1881 ; géants égyptiens (Floris G., 1828); Egyptiens (Pintus G., 1644) ; l'hypothèse égyptienne n'est pas entièrement r~ée par SrA. de Castro (1878) ; les auteurs suivants ont avancé le nom de Shardanes, peuple de la mer (De Rougé E., 1867 ; Chabas E., 1872; Spano G., 1873 ; Maspero J., 1878; Spinazzola V., 1903 ; Marongiu G., 1959).M. Pallottino (1950) présente des arguments en faveur de la théorie des Shardanes et également M. Pittau (1980) mais à travers la médiation des Sardes de Lydie. Pour d'autres il s'agirait de peuples venus de la mer. CARTHAGE Réfugiés de Nora (Serpi D., 1600); Carthaginois (Micali G., 1~3'1}; Phéniciens (Nurra P., 1708 ; Munster P., 1821 ; Saint Séverin Ch.de, 1827 ; Martini P~.,~ 1847, 1849 ; Tyndale J.W., 1849 ; Neigebaur J.F., 1855 ; Bresciani A., 1861 ; Tala P., 1861 ; Bouillier A., 1865 ; Chabas F., 1872 ; Cossu M., 1887 ; Corti S., 1891 ; Corona F., 1896) ; des antécédents phéniciens (Cocco y Salinas, 1888 ; Tennant R. (1888). TYR Inghirani (1832).

PAYS DE CANA Géants cananéens (Bresciani A., 1850 ; antécédents cananéens (Arri G., 1835, 1835a; Cocco y Solinas S., 1888 ; Tennant R., 1835 ; Domenech E., 1879) ; identifiés comme cananéens (Saint Séverin Ch. de, 1827; Martini P., 1847; Tyndale S.W., 1849 ; Cocco S., 1856 ; Neigebaur, J.F., 1855 ; Marongiu Nurra, 1861 ; Tala P., 1861 ; Lombard A., 1873). IBERIE Ibérien Norax (Fara G.F., 1580; Arquer S., 1550, 1558 Gregory G.de, 1847); rapports aux Ibères (Cossu M., 1887); avec des éléments occidentaux (Centurione A.M., 1888). Elisée Reclus remonte aussi aux Ibères pour l'origine du peuple sarde. GRECE Ou tout au moins ce qui a trait aux colonies grecques (Vico F. de, 1639; Pintus G., 1644). "M. Mimaut (1825) utilise le terme de colonie d'Iolas ; L.C.F. PetitRadel évoque aussi les Héllènes ; F. de Vico, cité plus haut de même que Pintus relatent 7

des Thraces; E. Tocco (1860) pense entre autres aux Pelasges ; une société cyclopéenne pélasgique est retenue par A. Mazzoldi (1862) et par S.A. Castro (1878). Hittites et Pélasges sont mentionnés par Ardu-Onnis (1904) qui considère deux types de race distincte. Destination des nuraghes Certains auteurs n'ont vu qu'une seule destination, d'autres ont émis plusieurs hypothèses, comme cela a été le cas notamment pour les attributions.

HABITAT (Tocco E., 1860; Tennant R., 1885; Cugia A., 1892; Montelius 0, 1892, 1899; Corona F., 1896); habitat mais à l'intérieur d'un système défensif (Bellini B., 1855; Regoldi G., 1876 ; Martorell y Pena J., 1879) ; habitats de pasteurs (Marongiu Nurra E., 1861) ; habitat (Spano G.).

REFUGES (Mazzoldi A., 1862; Rougemont F.de, 1866; Baux A. et Gouin L. 1884; Montelius O., 1892, 1899); lieu fortifié pour la sécurité des pasteurs (Centurione A.M., 1888) ; en partie lieu de refuge (Maltzan H., 1869).

SEPULTURE Tombe de chef (Nino G., 1853 ; Cocco S., 1856; Pais E., 1881 ; Roissart de Bellet, 1882 ; Camboni A., 1890 ; Cugia A., 1892) : tombe de chef et de leur famille Gregory G. de, 1847 ; Saragat M., 1877; Bouillier A., 1865 ; Bennet J.H., 1876);à des fins sépulcrales (Martini P., 1847 ; Neigebaur J.F., 1855 ; Bresciani A., 1861 ; Castro S.A. de, 1878) ; en partie à des fins sépulcrales (Maltzan H., 1869); tombe de géants, des cyclopéens (Ferrari G.de, 1852).

SIGNAUX, VIGIE, TOUR DE GUET Moyens de signalement de nuraghe à nuraghe (Cara A., 1876, 1877) ; poste de vedette, signalement par des feux (Baux A. et Gouin L., 1884); tour de guet (Mohen J.P., 1985) ; vigie (Vuillier G., 1891, 1893, 1930). 8

TEMPLE, LIEU SACRE, LIEU DE CULTE Temple (Roissart de Bellet, 1882; Pais E., 1881; Camboni A., 1890; Cugia P., 1892) ; lieu destiné au culte (Tennant R., 1885 ; Centurione A.M., 1889); lieu sacré (Martini P., 1847 ; Neigebaur J.F., 1855 ; Bibliofilo, 1877 ; Bresciani A., 1860 ; Castro S.A. de, 1878) ; édifice à fonction religieuse (Tyndale W., 1849; Forester Th., 1858 ; Tola P., 1861).

FORTERESSE

OU OUVRAGE DEFENSIF

Forteresse (Pais E., 1881 ; Camboni A., 1890; Cugia A., 1892); lieu de défense (Nino G., 1843; Cocco S., 1856; Tennant R., 1885); en partie rôle défensif (OStini A., 1876 ;Cara A., 1876, 1877); forteresse en temps de guerre (Maclagan Ch., 1876); D.H. Trump (1992) a soulevé la question de forteresse principalement pour les nuraghes complexes et a considéré le militarisme à l' Age nuragique.

GRENIER Grenier en temps de paix (Maclagan Ch., 1876); grenier (Lombard A., 1873); hypothèse de grenier (Camps G., 1969). Certains auteurs ont aussi considéré les nuraghes comme édifices publics.

CLASSIFICA TIONDES NURAGHES La classification des nuraghes a été abordée par le passé de même que l'étymologie du teffi1e nuraghe ou nouraghe. Ce serait un mot sarde d'origine phénicienne, tiré de la racine hébraïque nour exprimant l'idée de feu ou de lumière et hag signifiant toÎt. C'est un type de construction, une tour en fonne de cône tronqué, propre à la Sardaigne, montrant des analogies ailleurs. S. Arquer (1550) et G. Fara (1580) ont qualifié ces monuments d'obélisques, de tholoi; l'on peut voir chez ces auteurs une influence égyptienne et orientale; si l'on admet l'obélisque en tant qu'une sorte de pyramide allongée et le tholos en tant que sépulture à rotonde ou à coupole, augmentée d'une annexe, découverte pour la première fois dans le Nord de la Mésopotamie au Vème millénaire. Cetti (1774) parle déjà de nuraghes complexes. Un des premiers classements a ét.écelui de V. Angius. Du côté français nous trouvons L.C.F. Petit-Radel (1826) et L. Batissier (1845) ; ce dernier a considéré des nuraghes simple, agrégé, réuni et ceint. Lamarmora (1840) a proposé d'appeler les nuraghes ceints de flanqués. A. Lombard (1873) évoque des nuraghes simple, agrégé, groupé dans une enceinte ou avec des 9

ouvrages extérieurs. Il y a eu par la suite maintes considérations typologiques; nous nous limiterons à celle d'Ercole Contu (1985a); d'après lui il existe encore des nuraghes difficilement classables. Nuraghe simple à. tholos C'est la forme la plus simple, une tour en forme de cône tronqué, à l'intérieur de celle-ci une chambre circulaire; le tholos ou voûte ou fausse voûte revêt un aspect ogival. Dans des cas plus rares où la chambre est élIiptique, la voûte semble s'identifier à la carène d'un navire. En fait dans la construction nuragique il n'y a à proprement parlé ni d'arc au sens propre, ni de clef de voûte. Cette dernière a été exécutée sans coffrage et est produite par le décalage progressif des rangs de pierres et la diminution en taille des blocs. La destruction totale de la partie supérieure des nuraghes, attribuée historiquement aux Carthaginois, aux Romains n'a pas facilité la reconnaissance complète des tours. Néanmoins des preuves indirectes existent; elles sont données par les reproductions des nuraghes. Divers types d'entrée ont été reconnus; les ouvertures sont triangulaires, trapézoïdales, rectangulaires. Certaines sont architravées. Les escaliers ont été le plus souvent aménagés dans l'épaisseur de la muraille. Le couloir offre souvent une niche de garde et la chambre peut posséder une ou plusieurs niches. Les structures peuvent parfois montrer un plan plus complexe.

Nuraghes à tholos avec ajouts frontaux Différents types ont été identifiés: adjonction à la tour originelle d'un couloir circulaire adjonction d'un atrium quadrangulaire, rhomboïdal variante d'un couloir ciculaire menant à une autre tour le couloir peut être élliptique les deux tours peuvent être reliées par un couloir en forme de tour ces ajouts se situent dans l'axe longitudinal une addition frontale transversale consistant en deux tours avec couloir

Nuraghes à tholos avec ajouts latéraux Cette catégorie comporte des ajouts latéraux qualifiés de tangentiels. Les tours secondaires se situent latéralement par rapport à l'entrée de la tour principale. Elles sont distribuées en divers points sans ordre apparent.

Nuraghes à tholos avec ajouts concentriques

La structure est d'au moins trois tours. La tour primitive se situe plus ou moins au
centre, mais il n'y a pas de règle fixe.

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Nuraghes bastionnés à trois lobes Il y a trois tours secondaires qui peuvent saillir des courtines. Elles s'inscrivent dans un triangle régulier ou irrégulier dans le cas d'un profil sInueux

Nuraghes bastionnés à quatre lobes Il y a quatre tours secondaires, le plan est quadrangulaire

f

Nuraghes bastionnés à cinq lobes Un exemple celui d'Orrubiu, province de Nuoro. Orroli,

Nuraghes bastionnés à plusieurs lobes Ce sont des nuraghes à plusieurs tours secondaires, entourés d'une enceinte elle-même pourvue de tours.

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Nuraghe à couloir Existence de couloir, pas d'enceinte ou de bastion ajoutés, importance prépondérante de la muraille eu égard à l'espace occupé. L. Manca Demurtas et S. Demurtas (1984) ont établi leur classification qui s'articule en trois groupes:

Groupe A Groupe B

10 types selon la répartition des cellules couloir et chambre de forme élliptique

GroupeB I couloir en forme de navicelle avec cellules latérales.

Ces mêmes auteurs ont élaboré en 1992 une nouvelle t}pologie : Type I Type II plein a) rampe externe courbe b) rampe interne directe Type III couloir traversant de part en part

Type IV couloir interrompu Type V naviforme

Des comparaisons avec d'autres édifices présents en dehors de la Sardaigne ont été formulées par des auteurs anciens et modernes. Ce sont surtout les talayots des Baléares qui ont été pris en considération. D'autres ont vu également des parentés non seulement avec les talayots, mais aussi avec les casedde des Pouilles, les tours et les tombes irlandaises, les cromlechs d'Ecosse. L'on a recherché des similitudes plus lointaines avec des monuments d' Egypte, d'Assyrie, de Syrie, des Indes...En ce qui concerne l'Irlande l'on peut citer le titre évocateur de A. Lombard (1873) Les nuraghes de Sardaigne et les vieilles tours d'Irlande. Parmi tant d'auteurs E. Pais (1881) mentionne des affinités architectoniques avec les talayots et A. von Mayr (1878, 1904, 1909) pe~e que le talayot comme le nuraghe est sans doute la forme des huttes rondes. J. Lubbock (1878) pose la question de l'appartenance des forteresses écossaises de l'Age du Bronze,

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