Atlas préhistorique et protohistorique de la Sardaigne

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Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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EAN13 : 9782296329645
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ATLAS PRÉHISTORIQUE

ET PROTOHISTORIQUE DE LA SARDAIGNE

@ L'Harmattan,

1996

ISBN: 2- 7384-4826-

7

JEANNINE LEON LEURQUIN

ATLAS PRÉHISTORIQUE ET PROTOHISTORIQUE DE LA SARDAIGNE
Fascicule 2

-feuilles

IGMI 192 à 195

PAYS DE VILLANOVA, NURRA, SASSARESE, ANGLONA, MEILOGU LUGODORO, MONTEACUTO, GOCEANO,NUORESE,BARONŒ

Illustrations de Pierre LEON

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Publications Industrie lithique du site antique d'Aphrodisias, Turquie. Thèse Ecole Pratique des Hautes Etudes, 1982. La céramique: La série conservée à l'I.P.H. in La grotte de Toulkine (Haut Atlas marocain) et la Toulkinien. / R. De Bayle Des Hermens et al., L'Anthropologie, T. 88, n03, 1984. Les industries préhistoriques des Alpes de Haute-Provence. La collection Vésigné. Thèse de Doctorat d'Université, Université de Paris VI, 1984. Chipped stone analysis. in Prehistoric Aphrodisias. / Martha Sharp Joukowsky et al. Providence, Rhode Island, Brown Univerity et Belgium, Université Catholique de Louvain la Neuve, 1986, vol. I. Catalogue of the chipped stone industry. in Prehistoric Aphrodisias. / Martha Sharp Joukowsky et al., 1986, vol. II. Prospection de la vallée du Dandalas. Campagne de fouilles 1982. in Prehistoric Aphrodisias. / Martha Sharp Joukowski et al., 1986, vol. II. Menhirs, bétyles et statues menhirs de Sardaigne. L'Anthropologie, T. 93, n01, 1989. Chipped stone analysis. in La Muculufa, the Early Bronze Age Sanctuary. The Early Bronze Age Village. Excavations of 1982 and 1983. / R. Ross Holloway et al., Providence, Rhode Island, Center for Old World Archaeology and Art, Brown University, 1990. 515 comptes rendus d'ouvrages et revues de langue allemande, anglaise, espagnole, française, italienne, potuguaise parus dans l'Anthropologie depuis 1980 à ce jour. 3 comptes rendus d'ouvrages parus dans Anthropos, Brno, 1985, 1986.

AVANT PROPOS

La Sardaigne est riche, comme de nombreuses îles, en vestiges archéologiques de diverses époques. Neanmoins les découvertes concernant le Paléolithique et le Mésolithique sont moindres et récentes. Nuraghes et tombes de géants ont principalement intéressé voyageurs et chercheurs dès l'époque contemporaine. D'autres que nous ont tenté de reconstituer le passé de cette île; d'excellents ouvrages, articles ont mis en évidence telle ou telle culture, une période précise, un aspect particulier, un type de manifestations comme celles des mégalithes, des statuettes, de l'art rupestre, des objets en bronze...Des guides, des itinéraires archéologiques existent et semblent être destinés plus particulièrement à un large public; ils ont été faits dans un but touristique. Le présent travail, c'est-à-dire la reconstitution que nous voulons scientifique, bibliographique des sites préhistoriques et protohistoriques de ce territoire italien qui s'étend sur une superficie de 24 089 Km2, s'attachera à faire connaître des gisements fouillés ou non, les documents exhumés, en quelque sorte tous les témoins connus. Ici comme ailleurs certains ont été détruits, d'autres ont disparu, mais on peut retrouver leur trace dans des écrits. La Sardaigne n'a pas été et n'est pas non plus à l'abri de fouilles clandestines. L'on ne peut que condamner ces actes de piraterie, ces appétits pour des trouvailles que l'on croît commerciaIisables. L'on ne peut que louer les efforts incessants du Ministère des Biens Culturels, des Surintendances,'des Musées qui par leur vigilance et leurs soins ont le souci constant

de sauvegarderle patrimoinesarde.

.

Notre tâche est à priori de longue haleine; elle n'est pas aisée et peut paraître quelque peu ambitieuse; elle n'est pas exhaustive. Cet atlas résumera feuille par feuille dans un cadre géographique défini 1'historique des recherches, synthétisera les résultats, les infonnations inhérentes aux lieux des découvertes jusqu'en 238 avant notre ère. La carte d'Italie de l'IGMI au 1 : 25000 ayant trait à la Sardaigne comporte une trentaine de feuilles numérotées en chiffre arabe, elles mêmes subdivisées en quatre carrés porteurs d'un chiffre romain: IV III pour la partie ouest et I II pour la partie est. A l'intérieur de chacun de ces carrés il y a à nouveau quatre cases: exemple IV NO, SO, NE, SE avec mentions des principales villes ou lieux géographiques. Il est à noter que certains secteurs de ces feuilles, rarement, ne concernent nullement notre objectif et de ce fait ils ne seront que brièvement mentionnés.

-

-

L'atlas préhistorique et protohistorique de Sardaigne paraîtra sous forme de fascicules groupant plusieurs feuilles; un total de six fascicules est prévu; ils seront agrémentés d'illustrations faites par nous ou reproduites d'autres auteurs; dans ce dernier cas nous ne manquerons pas de signaler leurs noms. La Sardaigne administrativement est divisée en quatre provinces, l'on peut dire grosso modo celles de Sassari au Nord, d'Oristano au Centre ouest, de Nuoro au Centre est et de Cagliari au Sud. Des régions subsistent en Sardaigne, nous en ferons état. Nous débuterons cet atlas par le Nord et suivrons l'ordre conventionnel qui va d'Ouest en Est, du Nord au Sud. Nous désirons ces fascicules les plus complets possibles; ils feront état en résumé des données dispersées que nous avons tenté de rassembler. Que les préhistoriens, protohistoriens sardes, pardonnent notre témérité, notre ambition, guidées peut être par la ,?onstatation que dans les ouvrages en langue française et autres, touchant à la préhistoire mondiale, la Sardaigne n'a pas eu la place qu'elle méritait.

INTRODUCTION Ce deuxième fascicule réunit les feuilles 192 à 195 et couvre encore les provinces de Sassari et de Nuoro, des régions comme le Pays de Villanova, la Nu rra, le Logudoro, Ie Sassarese, l' Anglona, Ie Meilogu Lugodoro, Ie Monteacuto, Ie Goceano, la <Gallura, le Nuorese et la Baronie. Nous concrétisons ci-dessous ces feuilles et reproduisons graphiquelnent les carrés qui les matérialisent.
FEUILLE'192 192IV NE TRAMARIGLIO 192IV
192 I 192 I 192 I 192 I 192 IT 192 IT

SE CAPO CACCIA
NID,:FERTILIA NE,;OLMEDO 80ALGHERO SE VALVERDE NE PEDRA EITOR! SE MONTE MANNU

FEUILL:E 193 193IV 'NOITTIRI 193 IV :NEFLORINAS 193 IV.SO 193 I 193 INE 193 I 193 I
193 ill 193 ill 193 ill 193 ill 193 IT 193 n

VILLANOVAMONTELEONE

193 IV ',SEBANARI NO PLOAGHE CH1LIVANI -'SOTHIESI 1.SE MORES
NO MONTELEONE ROCCA DORIA NE ROMANA SO MONTRESTA SE.POZZO MAGGIORE NO'.BONORV A NE. FORESTA BURGOS

193n 193n

SOSEMESTENE SE,.BADDE SALIGHES

3

FEUILLE 194
194 IV 194 IV 194 IV 194 N 194 I 194 I 194 I 194 I 194 ill 194 ill 194 ill 194 ill NO OZIERI NORD NE MONTE LERNO SO OZIERI SE PATTADA NO S. REPARA TA NE ALA DEI SARDI SO BUDDOSO SE MAMONE NO BULTEI NE BENETUTTI SOBONO SE SERRA DE OROTELLI

194 TI NO PUNTA GOMORETIA

194 TI NE BITI1 194 TI SO CANTONIERAS. EFICIO 194 TI SE ORUNE

FEUILLE 195
195 N 195 N 195 IV 195 N 195 I NO LODE NE TORPE SO CANTONIERA JANNA 'E RUGHE SE SINISCOLA NO POSADA

195 I 195ill 195 ill 195ill 195 ill 195 il

SO S. LUCIA NO LULA NE M'E SENES SO CANTONIERAPALUDI SE ORUSEI SO FaCE DEL CEDRINO

195 TI NO CANTONIERAMU1RUCONE

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Nous nous trouvons dans le secteur sud de la partie septentrionale de la Sardaigne, île italienne de la Méditerranée occidentale, située au Sud de la Corse et comprise entre 38°51'52» et 41°15'42» de latitude nord et 8°8' et 9°50' de longitude est. Les présentes feuilles couvrent une grande partie de la province de Sassari dont la superficie totale est de 10 675 km2 et le chef-lieu Sassari et une faible partie de la province de Nuoro, chef-lieu Nuoro. Avant d'apporter, dans la mesure du possible, toutes les précisions sur les sites du fascicule 2, dans un premier temps, il nous a semblé adéquat de reprendre dans les grandes lignes les écrits anciens de même que les récents qui envisagent de façon générale la préhistoire, la protohistoire sardes ou qui émettent des vues d'ensemble sur des points particuliers, dans un deuxième temps de résumer les diverses données chronologiques qui ont été avancées. Ces passages seront repris dans les fascicules à venir. Et enfin nous synthétiserons les sites, les périodes, les plus marquants des
régions.. étudiées.

Nous pensons ainsi avoir départagé, dans cette optique initiale, avec un choix volontaire, les publications traîtant uniquement de généralités, de celles qui à la fois les considèrent et prennent en compte des témoins spécifiques qui alors entrent dans ce cadre général. En 1983 dans La Civilta dei Sardi..., paru pour la première fois en 1963, revu et remis à jour en 1967 (1983 est la réédition de 1967), G. Lilliu a consacré un chapitre à I'historique et à la bibliographie des recherches archéologiques sardes; dans Ichnussa (1985), réédition augmentée de 1981 dans la partie La préhistoire sarde et la civilisation dans I'historiographie moderne, ce même auteur nous apporte à nouveau des précisions quant aux recherches archéologiques, nous livre des extraits des écrits et une documentation bien complète à laquelle nous n'avons ajouté qu'un nombre restreint de références. L'attention des tous premiers scientifiques, voyageurs, archéologues s'est d'abord portée sur les nuraghes, puis sur les tombes taillées dans le roc, les tombes de géants, les dolmens, les pierres levées ou menhirs. Pour les nuraghes les principales préoccupations manifestées ont été celles de tenter de répondre aux questions suivantes: Qui les a construits? de quelle époque datentils, qu'elle était leur destination. Certains ont également eu le souci de procéder à leur classification. Par la force des choses, en face des argumentations, des préconisations théoriques, nous rencontrons dans les textes des répétitions, des compilations, des critiques qui vont croissantes avec le nombre de regards jetés sur le passé de la Sardaigne. C'est ainsi qu'il y a tout d'abord pour le milieu historique et l'origine qui demeure toujours obscure du peuple sarde maintes mentions des sources grecques et latines que Ch. Zervos (1954) nous a très bien exposées. L'on peut depuis 1980 consulter l'ouvrage de Zervos en italien. Pour Strabon, géographe grec, né à Amassée de 6

Cappadoce vers 58 av J.C., mort entre 21 et 25 ap. J.C., les anciens sardes seraient des Tyrrhéniens. Les récits grecs relatent que les premiers étrangers venus s'établir en Sardaigne seraient des Libyens, conduits par Sardus, fils de Marcelis, porteur en Egypte et en Libye du surnom d'Hercule. Ces relations historiques ont été détaillées par Diodore de Sicile, historien grec, contemporain de César et d'Auguste, qui les aurait reprises de Timée, rhêteur et historien grec, né en Sicile et mort centenaire à Syracuse vers le milieu du IIIè s. avant notre ère; d'autres auteurs classiques sont cités. Il serait peut être un peu long ici de les mentionner tous. Aussi nous nous bornerons seulement à évoquer l'erreur commise par beaucoup, celle de l'attribution du De Mirabilis à Aristote, oeuvre qui ne considère pas les nuraghes comme des constructions grecques, mais considère comme fondateur Iolas, fils d'Iphicles. Et pour terminer, avant de dresser une sorte de tableau récapitulant les optiques avancées à partir du XVIè s. au point de vue de l'ancienneté des nuraghes, eu égard à leur attribution, leur typologie, nous. rappelerons Pausanias qui tout comme Diodore de Sicile donne l'Ibêrien Norax comme fondateur. RECAPITULA TI ON SOMMAIRE DES IDEES RETENUES POUR LES NURAGHES EN MATIERE DE :
Ancienneté ou époque de leur construction

Vidal S., 1639 ; Vico F. de, 1639 ; FergussonF., 1873)
- époque postérieure aux monuments celtiques (Batissier L., 1845) - époque postérieure aux menhirs (Lamarmora A. de, 1840) - monuments préromains (Angius V., 1838, 1839, 1840) - au temps de la guerre entre Sardes, Grecs, Cathaginois (Stefanini S., 1773) - avant les Phéniciens (Martorell yPena F., 1879) - avant la guerre de Troie (Bresciani A., 1850 ; Tocco E.L., 1860) - rapport avec l'antiquité de Malte (Colini G. A., 1902) - oeuvres de plus anciens colonisateurs (Manno M., 1835) - aucune appartenance à une époque donnée (Camboni A., 1890) En ce qui concerne des dates plus précises ou des attributions de périodes, il convient de citer les auteurs suivants:

- aucune

date spécifique ou encore une période indéterminée (Carillo M., 1612;

- premières

constructions nuragiques vers 1000

ans avant notre ère et un

développeme~t ultérieur vers le VIIè s. (Centurione A.M., 1888)

- 1470, 1250-1200 (Petit-Radel L.C.F., 1826); 1450, période de Josua (ARRI G., 1835); 13 è s. (Mayr von, 1904); après le 13è s. (Vayssié J., 1894); 1500 7

(Ferrari G. de, 1852); avant 2000 (Mazzoldi A., 1862) ; après 2000 (Martorell y Pena, 1879); vers 2322 (Musu S., 1869); au moins avant 3000 (Bennet J.H., 1876) ; 3000 (Tennant T., 1835) - Age du Bronze (Baux A. et.Gouin L., 1884), mais aussi antérieur à cet âge (Reclus E., 1876; Grosjean R., 1960, 1961, 1961a, 1966)

-époque énéolithique (Zanardelli T., 1899).
Nous retiendrons deux chronologies plus récentes en ce qui concerne l'Age nuragique : celle de G. Lilliu subdivisant cet âge en cinq phases, les trois premières s'inscrivant dans l'Age du Bronze, les deux ultimes dans l'Age du Fer. PHASE I PHASE II 1800-1500 1500-1200 civilisation nuragique ou pseudo nuragique nuraghes simples, pseudonuraghes, Culture Bonnanaro nuraghe complexe, céramique décor au peigne complexe, céramique décor géométrique,

PHASE III 1200-900

PHASE IV 900-500 nuraghe importations phénicienne et punique PHASE V 500-238 enceintes

F. Lo Schiavo poursuit la même optique que G. Lilliu en reprenant les trois phases de l'Age du Bronze et les deux de l'Age du Fer avec la seule variante d'appellation. PHASE I PHASE II 1800-1500 1500-1200 Nuragique archaïque ou pseudonuragique. Nuragique moyen 1, déterminé à Barumini, Cagliari. Nuragique moyen II de Barumini. Nuragique récent ou final de Barumini. Période punique avant Rome.

PHASE III 1200-900 PHASE IV 900-700 700-500 PHASE V 500-238

Nous reviendrons plus loin sur ces datations. Attribution ou auteurs présumés des constructions nuragiques Les constructeurs des nuraghes seraient venus de

-Mrique

(Vidal S., 1639 ; Pinza G., 1901)

- Libye (La Marmora A. de, 1840 ; Rougemont de F., 1866 ; Orsini F., 1881 ; Pais E., 1881 ; Mayr A. von, 1904) - Egypte (Pais E., 1881); géants égyptiens (Floris G., 1828); égyptiens (Pintus,
1644) ; hypothèse égyptienne non entièrement rejetée (Castro S.A. de, 1878).

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Les auteurs suivants ont avancé le nom de Shardanes, peuple de la mer: (De Rougé E., 1867; Chabas F., 1872; Spano G., 1873; Maspero J., 1878; Spinazzola, 1903; Marongiu G., 1950). M. Pallottino (1950) présente des arguments en faveur des Shardanes et M. Pittau (1980) également mais à travers la médiation des Sardes de Lydie. Pour d'autres (Vayssié G., 1894 ; Liégeois J. et Peretti G., 1876) il s'agirait de peuple de la mer. - Carthage, réfugiés de Nora (Serpi D., 1660); Carthaginois (Micali G., 1832); Phéniciens (Nurra P., 1708; Münter P., 1821; Saint-Séverin Ch. de, 1827; Martini P., 1847, 1849; Tyndale J.W., 1849; Neigebaur J. F., 1855; Cocco S., 1856 ; Campus A., 1857; Bresciani A., 1861 ; Tala P., 1861 ; Marrongiu Nurra, 1861 ; Bouillier A., 1865 ; Chabas F., 1872 ; Bennet J.M., 1876; Castro S. A. de, 1878 ; Cossu M., 1887 ; Corti S., 1891 ; Corona F., 1896) ; antécédents phéniciens (Cocco y Salinas; 1888 ; Tennant R., 1865) - Tyr (Inghirami, 1832) - Pays de Cana, géants cananéens (Bresciani A., 1850) avec des antécédents cananéens (Arri, 1835, 1835a; Cocco y Salinas S., 1888; Tennant R., 1885; Domenech E., 1879); identifiés comme cananéens (Saint-Séverin Ch. de, 1827; Martini P., 1847 ; Tyndale S.W., 1849 ; Cocco S., 1856 ; Neigebaur J. F., 1855 ; Marrongiu Nurra E., 1961 ; Tala P., 1861 ; Lombard A., 1873 ; Cocco y Salinas S., 1888) - Ibérie, Ibérien Norax (Fara G. F., 1580 ; Arquer S., 1550, 1558 ; Gregory G. de, 1847); rapporté aux Ibères (Cossu M., 1887); avec des éléments d'origine occidentale (Centurione A. M., 1888); 'pour E. Reclus (1876) ce sont aussi des Ibères. - Grèce, ou tout au moins ce qui a trait aux colonies grecques (Vico F. de, 1639; Pintus G., 1864); M. Mimaut (1825) utilise le terme de colonie d'Iolas; L.C.F. Petit-Radel (1826) évoque les Héllènes; F. de Vico et G. Pintus, cités plus haut, relatent des Thraces; E. L. Tocco (1860) pense entre autres à des Pélasges; une société cyclopéènne ou pélasgique est retenue par A. Mazzoldi (1862) et de Castro (1878) ; Hittites et Pélasges sont mentionnés par Ardu-Onnis (1904) considérant deux types de races nettement distinctes. Pour terminer nous citerons les vues relatives à l'Orient, celles de A. Baux et L. Gouin (1884), de sémites orientaux (Lilliu G., 1966, 1967 ; Lilliu G. et Schubart H. G., 1968), d'une race spéciale d'origine orientale (Lombard A., 1873). A propos de la destination des nuraghes Certains auteurs n'ont vu qu'une seule destination, d'autres ont émis plusieurs hypothèses: 9

(Tocco E. L., 1860; Tennant R., 1885 ; Cugia A., 1892 ; Montelius O., 1892 ; Corona F., 1896) ; à l'intérieur d'un système défensif (Bellini B., 1855 ; Regoldi G., 1876; Martorell y Pena, 1879); de pasteurs (Marrongiu Nurra E., 1861) - LIEUX DE REFUGE (Rougemont F. de, 1866; Baux A. et, Gouin L., 1884; Montclius O., 1892, 1899) ; lieu fortifié pour la sécurité des pasteurs (Centurione A. M., 1888); en partie refuge (Maltzan H., 1869); en cas de danger (Mazzoldi A., 1862) - SEPULTURES, tombes de chefs (Nino G., 1853; Cocco S., 1856; Pais E., 1881 ; Roissard de Bellet, 1882 ; Camboni A., 1890 ; Cugia A., 1892) ; de chefs et de leurs familles (Gregory G. de, 1847; Saragat M., 1877; Bouillier A., 1865; Bennet J. H., 1876); à des fins sépulcrales (Martini P., 1847; Neigebaur J. F., 1855; Bresciani A., 1861 ; Castro S. A. de, 1878) ; en partie à des fins sépulcrales (Mal~zan H., 1869) ; tombes de géants, de cyclopes (Ferrari G. de, 1852) - SIGNAUX, VIGIE, TOURS DE GUET, moyens de signalement de nuraghe à nuraghe (Cara A., 1876, 1877); poste de vedettes, signalement par des feux (Baux A. et Gouin L., 1884) ; tour de guet (Mohen J. P., 1985) ; vigies (Vuillier G., 1891, 1893, 1930) - TEMPLES, LIEUX SACRES, LIEUX DE CULTE, temples (Roissard de BeIlet, 1862 ; Pais E., 1881 ; Camboni A., 1890 ; Cugia P., 1892) ; lieux destinés au culte (Tennant R., 1885; Centurione A. M., 1888); lieux sacrés (Martini P., 1847; Neigebaur J. F., 1855; Bibliofilo, 1877; Bresciani A., 1861; Castro S. A. de, 1878) ; édifices à fonction religieuse (Tyndale, 1849; Forester T., 1858 ; Tola P., 1861) - FORTERESSES OU OUVRAGES DEFENSIFS, forteresse (Pais E., 1881; Camboni A., 1890 ; Cugia A., 1892) ; lieux de défense (Nino G., 1843 ; Cocco G., 1856 ; Tennant R. 1885); en partie rôle défensif (Maltzan H., 1869); ouvrages défensifs (Ostini A., 1876; Cara A., 1876, 1877); forteresse en temps de guerre (Maclagan Ch., 1876) - GRENIERS, greniers en temps de paix (Macalagan Ch., 1876); greniers
(Lombard A., 1873) ; hypothèses de greniers (Camps G., 1989).

- HABITAT

Certains auteurs ont aussi considéré les nuraghes comme édifices publics. Comme
on a pu le constater les auteurs ont adopté plusieurs solutions aux problèmes posés.

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TYPOLOGIE
La typologie du nuraghe a déjà été abordée par le passé de même que l'étymologie du terme qui peut s'écrire aussi nouraghe. Nous retiendrons que c'est un mot sarde d'origine phénicienne, tiré de la racine hébraïque nour exprimant l'idée de lumière ou de feu et hag signifiant toît. Le nuraghe est une construction propre à la Sardaigne, mais montrant des analogies ailleurs. C'est une tour en forme de cône tronqué. Sa base est faite d'énormes blocs de pierres taillées ou brutes sans mortier. Elle possède à l'intérieur une chambre voûtée ou à encorbellement; il Y a parfois un ou plusieurs étages. L'accès à la pièce se fait par une porte basse. Des ajouts, des murs d'enceintes, des galeries peuvent être aussi présentes; en bref leur plan est à l'origine du souci de sériatipn de ces édifices dont le dénombrement actuel s'élèverait à quelques 7500 et des upités. L'on sait d'après, les dires d'habitants, les noms de certains lieux ou de localités évoquant le mot nuraghe qu'aujourd'hui bien des nuraghes ont disparu. S. Arquer (1550) et G. Fara (1580) ont qualifié ces monuments d'obélisques, de tholoi ; l'on peut y déceler de ce fait une influence égyptienne ou orientale, si l'on admet l'obélisque en tant qu'une sorte de pyramide allongée, objet de culte chez les Egyptiens et le tholos en tant que sépulture à rotonde ou à coupole augmentée d'une annexe dont les premières ont été trouvées dans le Nord de la Mésopotamie au Vème millénaire avo J.C., Cetti (1774) fait une première ébauche de classification, étant le premier à parler de nuraghes complexes. Un autre vrai classificateur semble être V. Angius qui mentionne des nuraghes à partir de 1838 jusque vers les années 1850 dans le Dictionnaire de Goffredo Casalis. Du côté français nous trouvons L.C.F. Petit-Radel (1826) et L. Batissier (1845) qui reprennent les subdivisions émises auparavant; des auteurs subséquents les relatent à leur tour. Il y a des variantes, des désaccords, des rejets. Voici la classification de L. Batissier : nuraghes simples ressemblant à des tours isolées, les cônes sont parfois détruits; il peut y avoir des enceintes autour du monument nuraghes agrégés faisant corps de bâtiment sans discontinuité nuraghes. réunis, espèces de tours qui font partie d'une grande enceinte de même construction nuraghes ceints, ils sont entourés par des ouvrages extérieurs ressemblant aux tours d'observation qui s'élèvent à la périphérie d'une forteresse, nuraghes que Lamarmora (1840) a proposé d'appeler nuraghes flanqués. A. Lombard (1873) nous fournit un classement simplifié: nuraghes simple, agrégé, groupé dans une enceinte ou avec des ouvrages extérieurs. 11

Ne désirant pas ici prendre en compte maintes considérations typologiques, nous livrons ci-après celles de E. Contu (1985a). Le terme tholos utilisé par cet auteur doit s'entendre en tant que coupole ou voûte. Sa sériation comporte deux types principaux les nuraghes à tholos et les nuraghes à couloir. NURAGHES THOLOS A C'est la forme la plus simple, une tour en forme de cône tronqué, à l'intérieur de celle-ci une chambre ou cellule circulaire; le tholos ou voûte, ou fausse voûte revêt un aspect ogival. Dans les cas les plus rares ou la chambre est élliptique, la voûte semble s'identifier à la carène d'un navire. En fait dans la construction nuragique il n"ya pas ni d'arc au sens propre, ni de clef de voûte. Cette dernière a été exécutée sans coffrage et produite par le décalage progressif des rangs de pierres et la diminution en taille des blocs. La destruction de la partie supérieure quasi totale des nuraghes n'a pas facilité la reconnaissance de tous les indices; néanmoins des preuves indirectes existent, données notamment par des reproductions de nuraghes, ou par la présence d'escaliers. Divers types d'entrées ont été reconnus: ouvertures triangulaires, trapézoïdales, certaines architravées. Les escaliers ont été creusés dans la muraille à partir de l'entrée ou de la chambre; il Y a aussi d'autres modes d'accès aux étages supérieurs ou à la terrasse. NURAGHESATHOLOSAVECAJOUTSFRONTAUX Différents types d'ajouts frontaux ont été identifiés dont la plus élémentaire consiste en une adjonction à la tour originale d'un couloir circulaire, d'un atrium quadrangulaire; plus complexe est la variante d'un couloir circulaire menant à une autre tour. Ce couloir peut être élliptique, quadrangulaire, rhomboïdal. Les deux tours peuvent être reliées par un couloir en forme de tour. Ces adjonctions qui se situent dans l'axe longitudinal peuvent comporter trois tours. Il existe aussi une autre forme, celle d'une addition frontale transversale consistant en deux tours avec couloir intermédiaire. 12

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NURAGHES A THOLOS AVEC AJOUTS LATERAUX

Cette catégorie comporte des ajouts qualifiés de tangentiels; les tours secondaires se situent latéralement par rapport à l'entrée de la tour principale et sont distribuées en divers points sans ordre apparent. NURAGHES THOLOSAVECAJOUTSCONCENTRIQUES A Ces nuraghes deviennent plus complexes. Le complexe architectural est composé d~au moins trois tours; celles-ci peuvent être en nombre plus élevé. La tour primitive se situe plus ou moins au centre; mais il ne semble pas qu'il y ait de règle fixe pour les agencements ultérieurs. Divers types ont été pris en considération. Nuraghes à tholos bastionn'és à trois lobes Il y a trois tours secondaires qui peuvent saillir des courtines ou se fondre dans leur profil. Dans ces nuraghes à trois lobes il peut y avoir des cours de formes variées. En substance les trois tours secondaires forment un triangle régulier; dans le cas d'un profil sinueux cela donne une sorte de triangle irrégulier.

Nuraghes à tholos bastionnés à quatre lobes Il y a quatre tours secondaires; on y retrouve les mêmes conditions évoquées pour les nuraghes précédents. Une des seules différences marquantes est la disparition du plan triangulaire qui se transforme en quadrilatéral ou quadrangulaire.

Nuraghe à tholos bastionné à cinq lobes Un seul nuraghe est représenté jusqu'ici par ce type qui comporte cinq tours secondaires. Il s'agit du nuraghe Orrubiu (Orroli, province de Nuoro). Il est de plan quadrilatéraI irrégulier. 13

Nuraghes à tholos bastionnés à plusieurs lobes Ce sont des nuraghes à plusieurs tours secondaires, entourés par une enceinte pourvue de tours. Il en résulte une grande complexité et des variantes.

NURAGHES COULOIR A Ces nuraghes qui s'insèrent dans le deuxième type principal de E. Contu, présentent les caractéristiques suivantes: présence de couloirs, pas d'enceinte, ni à priori de bastions ajoutés, une ou plusieurs chambres à l'étage inférieur en général de petites dimensions, une importance de la maçonnerie eu égard à l'espace occupé par la ou les chambres et le ou les couloirs. Des comparaisons avec d'autres édifices présents en dehors de la Sardaigne ont été fonnulées par des auteurs anciens et modernes et ceci principalement pour des considérations architecturales. Ce sont surtout les talayots des Baléares qui ont été pris en considération. D'autres ont vu seulement des parentés avec les talayots mais aussi avec les casedde des Pouilles, les tours et les tombes irlandaises, les cromlechs d'Ecosse. Des auteurs ont cherché des similitudes plus lointaines avec des monuments d' Egypte, d'Assyrie, de Syrie, des Indes. En ce qui concerne l'Irlande on peut rappeler le titre évocateur de A. Lombard (1873) : Les nuraghes de Sardaigne et les vieilles tours d'Irlande. Parmi tant d'autres E. Pais (1881) mentionne des affinités architectoniques avec les talayots et A. von Mayr (1878, 1904) pense que le talayot comme le nuraghe est sans doute la fonne des huttes rondes. J. Lubbock (1878) pose la question de l'appartenance des forteresses écossaises de l'Age du Bronze et pour lui les constructions archaïques de l'lie de Sardaigne, connues sous le nom de nuraghes, semblent très proches des forteresses britanniques. Très récemment A. Fradkin Anati et E. Anati (1988) ont abordé les dires sur les quelques parallèles entre les monuments mégalithiques de Malte et ceux de Sardaigne et ont souligné l'identité propre des temples mégalithiques maltais. Pour F. Federle (1988) il Y a toujours en suspens la question de ceux qui ont produit à Malte et dans d'autres îles, comme la Sardaigne, le mégalithisme. U. Rellini (1937) nous parle de Malte et de la civilisation méditerranéenne. G. Camps (1989) discutant l'Age du Bronze corse, le Torréen voit la multiplication de monuments de caractère plus défensif que culturel. Ces places fortes ont pu conune les nuraghes de Sardaigne, les talayots des Baléares servir de réduits mais aussi de greniers collectifs. C'est à l'Age du Bronze que malgré l'insécurité, les échanges s'accroissent avec la Sardaigne et la Péninsule italienne. 14

Il souligne la non existence en Corse du vase campaniforme alors que les pays les plus proches, Provence, Sardaigne, Toscane sont des provinces campaniformes bien connues. Les relations entre la Sardaigne des nuraghes et le monde mycénien de Grèce, Crête et Chypre ont>été revues lors d'un Colloque, tenu en 1979 à l'Université de Tufts à Metford,Massachussets, Etats-Unis (Balmuth M., 1987). Le problème de vieille date, relatif aux tholoi de Sardaigne a été mentionné par C. Malone et S. Stoddart (1985) dans leur introduction aux actes de la 3èmeConférence archéologique italienne qui.s'est déroulée au St John's College et au Church's College, Cambridge en janvier 1984. A côté des auteurs susmentionnés, l'on peut encore dresser une liste de publications à caractéristiques générales en ce qui concerne la période nuragique: F. Barreca (1985, 1985a) résumant les contacts entre Phéniciens et Protosardes; E. Contu (1953, 1969, 1971, 1985a et b); G. Lilliu (1942-1943, 1944, 1951, 1959, 1963a, 1964-1965, 1964-1965a, 1965, 1966-1967, 1987); G~Lilliu et H. Schubart (1967, 1968, 1970); F. Lo Schiavo (1985a) un écrit qui tente de reconstruire le cadre économique et social de la culture nuragique; C. Maxia (1973) qui a beaucoup contribué..à faire connaître la paléoanthropologie et l'anthropologie sardes (dans un opuscule à considérer avec réserve selon G. Lilliu (1983) C. Maxia émet l'idée que les nuraghes seraient des temples du soleil ou des tours du silence comme celles de Parsi pour la décarnisation des cadavres et la supposition qu'ils auraient été édifiés lors des éclipses lunaires ou solaires de 1130 à 210 avant notre ère); M. Pittau (1985, 4èmeréédition, 1ère 1977, 2èmeréédition 1979, 2èmeréédition, revue 1980) considère également l' Age nuragique. Les sépultures en grottes artificielles n'ont pas attiré l'attention des tous premiers écrivains et de ce fait n'ont pas connu le même engouement que les nuraghes ; elles ne sont parfois que juste mentionnées notamment par P. Martini (1847), un peu plus développées par A. Bresciani (1850, 1861) avec pour modèles les grottes des Baléares, de Sicile, de Crête, dé Palestine et de Phénicie et par V. Angius qui distingue des sépultures simples; il en fait état dans plusieurs fascicules du Dictionnaire de Cazalis. Il faut donc attendre les premières découvertes, les premières fouilles pour en savoir plus à leurs sujets. Nous réservons les références bibliographiques les concernant dans la partie consacrée aux sites. Il est évident que les ouvrages..généraux se sont attachés à nous les faire connaître. Parmi quelques opinions nous citerons entre autres celles de A. von Mayr (1904) : les sépultures en grottes peuvent être comparées à celles des chambres voûtées de Sicile, Malte, Baléares et en.partie des Pyrénées; et celle de B. Modestov (1907) : une petite fosse sert d'entrée à la grotte sépulcrale, des cavernes sépulcrales existent en Sardaigne; il y a analogie ,du mobilier funéraire avec celui de la presqu'île pyrénéenne qui s'étend aux dolmens de la France méridionale et aux grottes liguriennes. Elle a une cause

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plus profonde que les rapports commerciaux; c'est la parenté de races de populations de ces pays qui entre en ligne de compte. Ces sépultures ont reçu le nom de domus de janas, de maison de fées. Ch. Zervos (1954) distingue deux types. principaux: «petites tombes à four, précédées de simples couloirs; elles sont apparentées à celles de Chypre de l'Age énéolithique ou du début de l'Age du Bronze des Cyclades et on les retrouve eri Occident (Sicile, Espagne, Portugal, France) ; petites tombes à anti-grotte et grotte rectangulaire et à plafond plat, type de sépulture répandu en Phrygie, à Chypre, dans les Cyclades, en Algérie et en France jusqu'au Rhône et à la Marne. De ces deux types simples, par multiplication des chambres des types plus complexes à chambres rondes ou ovales, carrées et rectangulaires» apparaissent. A peu près à la même époque que les hypogées en grottes artificielles, il y a des doln1cns plus répandus dans le Centre septentrional. Ils sont de type simple ou mixte. Et tout comme en Corse il y a dans le Nord en Gallura des sépultures en coffres mégalithiques. Pour les dolmens nous ditZervos, Von Dühn dans ltalienische Grabunken I, p. 97, 100 a supposé qu'il fallait chercher leur origine en Afrique, une opinion fausse reprise par G. Patroni (1941). Une carte de répartition des dolmens et des allées couvertes nous est fournie parE. Atzeni (1985) ; elle porte une numérotation, malheureusement sans légendes. Les rares sépultures en fosse, en pleine terre, n'ont été que récemmment découvertes dans le Campidano et l'Oristano ; elles sont individuelles ou multiples et à proximité des établissements. Il y a aussi d'importants ossuaires en grottes naturelles dans les provinces de Sassari et de Cagliari et en Gallura des sépultures en tafoni, cavités naturelles. Enfin les tombes de géants n'ont été prises en compte que par les auteurs contemporains. Bien des articles et ouvrages, déjà cités, les' ont mentionnées, elles seraient l'évolution des dolmens. E. Contu (1985a) avance un chiffre de 322 exemplaires. Ce sont des sépultures des temps nuragiques, parfois antérieures, généralement collectives. Voici quelques réflexions à leurs sujets: On trouve les cours en demi-cercle en Espagne, Grande-Bretagne, Sardaigne, copiées sur celles d'Antiphellus ..en Lycie (Rougemont de F., 1866); M.A. Mackenzie (1908) pensait comme bien d'autres que les sépultures des géants étaient destinées à des gens de haut rang; une autre publication de cet auteur est consacrée aux dolmens, tombes de géants et aux nuraghes. Une réédition de cet ouvrage est prévue; les propos de Lindsay Scott (1934) ont été de discuter certaines formes de tombes à chambre de la Côte ouest britannique et leurs relations avec l'ouest méditerranéen au Chalcolithique, leur diffusion d'Ibérie aux Baléares, Sardaigne et Provence; pour R. Joussaume (1955), si les dolmens peuvent trouver leur origine en Catalogne ou en France méridionale, les tombes de géants semblent être le résultat d'une évolution sur place à partir des dolmens locaux; Stuart Pigott (1954) reprend l'argument de ChiIde (1947) celui d'une mise en évidence, d'une similarité, mais non une identité de structure avec les 16

tombes à couloir, avec les tombes en grottes artificielles et les navetas des Baléares et les fameuses tombes de géants de Sardaigne; pour J. Amal (1956) les tombes de géants sont tantôt des allées couvertes vraies avec entrée en four, tantôt des allées à appareil cyclopéen à antennes; pour G. Daniel (1958) les tombes de géants datées de 1500 à 800 BC trouvent leurs parallèles avec les navetas mais ce qui semble important ce sont les analogies avec les tombes en coupole de Los Millares. Là aussi on trouve une sorte d'hémicycle pour présider au culte des morts. F. C. Hibben (1960) parle des tombes de géants et de culte mégalithique; pour R. Grosjean (1966) les premiers monuments des Pouilles, les protonuraghes et tombes de géants sardes, les tours archaïques de Corse, les proto-talayots et navetas des Baléares sont des demi-frères; pour J. Guilaine (1985) les tombes de géants sont datées à partir du Ilè millénaire. Ce sont de longues et étroites galeries construites en piliers ou en blocs, précédées d'une façade courte flanquée d'une porte basse. A leur propos il convient encore de mentionner quelques publications qui ont pour thème unique les tombes de géants: E. Castaldi (196~, 1969), E. Contu (1978) et pour d'autres tombes: O. Davies (1939), M. L. Ferrarese Ceruti (1968), V. Santoni (1976), E. Castaldi (1975, 1976), A. Moravetti (1985). Une ultime opinion relative aux sépultures en grottes artificielles est celle de G. B. Amal et al. (1986) : « En Méditerranée occidentale l'influence du mégalithisme venu de l'Atlantique s'est croisé avec la coutume d'inhumation en grottes artificielles, les domus de janas, les maisons de fées en Sardaigne. Il y a donc divers modes de sépulture. Chronologiquement il y a les dolmens, les sépultures en fosse, les allées couvertes, les sépultures en grottes naturelles, en coffres mégalithiques, en grottes artificielles, les tombes de géants, les sépultures en tafoni. G. Lilliu (1987) place les allées couvertes, les tombes de géants à stèle à bandeau, les hypogées à perspective architectonique, les tombes de type mixte au Premier Age du Bronze (1800-1500 BC) ; les tombes de géants à stèle à bandeau, mais. surtout celles, à rangs de pierres au Deuxième Age du Bronze (1500-1200 BC) ; les tombes de géants à stèle à bandeau, à façade à rangs de pierres, et principalement à frise dentelée, les tombes en tafoni au Troisième Age du Bronze (1200-900 BC) ; les tombes de géants à frise dentelée, les tombes à fosse et à fours au Premier Age du Fer (900-500 BC). Les découvertes sépulcrales ont conduit aux études des restes osseux humains, à des considérations sur les Paléosardes, à des comparaisons anthropologiques. E. Sergi (1907) considère la Sardaigne en tant qu'anthropologue; L. Frongiu (1946) la pathologie des dents et des maxillaires des époques néo-énéolithique, punique, romaine; C. Maxia (1951, 1952, 1970) l'anthropologie sarde; C. Maxia et D. Cossu (1954) la pathologie et la chirurgie de la Sardaigne pré et protohistorique; R. P. Charles (1960)le peuplement de l'Europe méditerranéenne (IIIè et IIè millénaires); C. Maxia et A. Floris (1961) l'anthropologie et l'ethnologie des Protosardes au 2èmeAge du Bronze; L. Brian et F. Seneghe (1961) l'anthropologie des Protosardes ; M. Diana (1962) les processus alvéolaires et les dents des Sardes sur des séries allant de la préhistoire aux temps actuels; C. Maxia (1970) la 17

civilisation nuragique à la lumière de l'anthropologie; C. Maxia. et al. (1974) l'homme et son environnement aux temps préhistoriques; C. Maxia et al. les caractères épigénétiques crâniaux de la population sarde de la préhistoire aux temps présents et surtout à la période nuragique; C. Floris (1978) les indices propocrâniens des Sardes dé toutes les époques; F. Germana (t'978) les crânes brachymorphes préhistoriques sardes; G. G. Cosseddu et al. (1980) la position et le type d'ouverture du trou mentonnier du Néolithique à nos jours; G. G. Cosseddu et al. (1981) la variation de l'indice nasal chez les Protosardes; F. Germana (1984, 1985) les hommes de la culture Bonnanaro. L'importance du mobilier trouvé dans les divers modes de sépulture, le plus souvent dcs objets de la vie courante a largement contribué à l'établissement des phases de la céramique. L'industrie lithique est également présente, mais en nombre plus restreint. Les menhirs, les ustensiles, les effigies de la déèsse-mère, les signes taurins, les officiants, offrants de l'art statuaire en bronze, les temples, les puits sacrés ont permis d'approcher les préoccupations des Protosardes pour leurs défunts, leur culte. A côté des ouvrages cités, relatant des faits attribués au culte, à la religion, nous relevons quelques publications qui touchent à ces aspects particuliers: Menhirs.. bétyles et statues-menhirs ont fait l'objet d'études et provoqué le souci de leur .interprétation. Des écrits se sont attachés à nous les faire connaître globalement. Des approches typologiques ont été faites (Lilliu G., 1957, 1978, 1981). Une même typologie n'est pas adoptée par tous (Leon Leurquin J., 1989). Les statues-menhirs ornées n'ont été découvertes que dans les années soixante-dix (Atzeni E., 19791980); elles ont été commentées par cet auteur dans différentes réunions internationales et nationales et notammment au Congrès National des Sociétés savantes (Avignon, 1990). Il est certain que ces exemplaires, analysés par J. et B. Amal et L. et S. Demurtas (1983) ont fait entrer la Sardaigne dans la grande famille des statues-menhirs du Monde occidental méditerranéen. Effigies de la déèsse-mère elles appparaissent dès le Néolithique. Elles ont été classées par E. Atzeni (1975, 1978); leur évolution a amené A. Antona Ruju (1980) à les sérier de nouveau. Nombreuses sont celles à parenté cycladique. Symboles taurins ils sont bien présents dans les domus de Îanas (Tanda G., 1977). G. Lilliu (1987) les considère comme un art architectonique; les pétroglyphes des abri sous-roche, des grottes, des hypogées artificielles relèveraient de l'art abstrait. Officiants.. offrants de l'art statuaire nuragique G. Lilliu (1966) leur a réservé un important ouvrage; ils sont très présents à la fin de l' Age du Bronze, mais surtout à )' Age du Fer. Comme on pourra le constater par la suite, les références bibliographiques concernant certaines statuettes sont pléiade et beaucoup d'auteurs ont tcnté de cerner les énigmes des attributs dont elles sont porteuses, leurs symboles et le sens qu'elles devaient avoir pour la religion nuragique. 18

Puits" fontaines sacrées" temples les monuments qui se rapportent le plus à l'architecture religieuse sont les temples à puits. Il en existe une bonne trentaine répartie dans toute l'île. D'après la carte de répartition de G. Lilliu (1983), dépassée, leur densité s'accroît à partir du Centre vers le Sud. Certains de ces temples se composent de trois parties: un vestibule de forme variée où l'officiant avait son rôle, un escalier couvert et une chambre voûtée où était le puits. Le matériel récupéré et le soin apporté à leur édification ont permis de distinguer plusieurs types et d'établir une chronologie (Lilliu G., 1987): temples à puits de technique nuragique, temples à chambre rectangulaire, temples à mégaron, appartenant à la Phase III de l'Age du Bronze (1200-900 BC), temples à chambre ogivale, Première Phase de l'Age du Fer après 900 BC. C'est également à cette phase qu'apparaissent certains villages sanctuaires, les grottes sacrées. Les anciens sardes vénéraient l'esprit ou les esprits de l'eau, le soleil, la lune, la tcrre~,les arbres, mais aussi .leurs morts. Ces questions de culte, de religion ont été entre::autres évoquées parR. Pettazzoni (1910, 1912,.1980), par G. Lilliu (1963), A. Brelich (1963), U. Biachi (1963), E. Castaldi (1976). Nous n'avons pas manqué dans notre publication (Leon Leurquin J., 1989) de relever les hypothèses émises à propos des manifestations mégalithiques, notamment par Ch. Zervos (1954): celle d'un accouplement d'une divinité féminine à une divinité mâle, d'une croyance en l'union du soleil et de la lune, d'une foi en la fécondité; celle de G. Lilliu qui dans ses publications développe le culte des morts et la religion animiste (l'animisme créée par le médecin allemand G.E. Stahl, est un système dans lequel l' âme est la cause première des faits vitaux, mais aussi des faits intellectuels), le concept de l'accouplement, le culte des dieux et la religion naturaliste. En ce qui concerne les temples il y a encore l'écrit de V. Santoni (1985). Afin de conclure cet aspect religieux nous transcrivons quelques dires de J. Briard ( 1987): « La Sardaigne a un passé chalcolithique original, du fait de ses conceptions religieuses. Les cornes de consécration qui ornaient les parois des hypogées se retrouvent suggérées par la forme en croissant des tombes des géants. Quant aux statues-menhirs leur particularité tient à leurs poignards, à leurs curieux symboles portés en collier, au capovolto, ce personnage à l'envers qui est peut-être l'effigie du défunt». Et à propos des bronzes: « Le nombre de « prêtres», de « prêtresses» et d'orants témoigne d'une religiosité certaine et de cultes assidus comprenant des sacrifices d'animaux et des offrandes dont les statuettes sont des exemples». Il nous parle d'autels aménagés pour recevoir des épées votives, des barques votives avec comme figures de proues des protomes de cer£: taureau, mouflon, antilope, des figurations d'oiseaux parfois associés à des cercles solaires. Il nous apparaît opportun d'éclairer un tant soit peu le lecteur sur la personnalité de ceux qui ont porté leur attention sur l'antiquité du monde primitif de Sardaigne, sur la teneur et les motivations de leurs écrits. 19

Aux XVIè, XVIIè ce sont des érudits italiens et espagnols, principalement des écclésiastiques qui se sont intéressés à 1'histoire de la Sardaigne, à son peuplement, son histoire naturelle, ses nuraghes (Arquer S., 1550 ; Fara G. F., 1580 ; Serpi D., 1600 ; Carillo M., 1612 ; Vidal S., 1639; Vico F. de, 1639; Pinto ou Pintus G., 1644; Aleu J., 1684; Nurra G. P. (1708); Stefanini St., 1773; Cetti, 1774 (histoire naturelle) ; Madao M., 1792). Plus haut nous avons déjà parlé des idées que certains ont avancées quant aux premiers occupants, aux destinations des nuraghes, etc... Pour le XVIè s. nous rapportons ce qu'en dit G. Marongiu (1952) à propos de l'évêque Fara qui a avancé pour la première fois l'hypothèse du peuplement des Celtes et qui aurait affinné que les « Galluresi ou habitants de la Gallura, appelés ainsi par les géographes de l'antiquité romaine étaient d'origine gauloise; ce qui n'a ricn d'étonnant quand on connaît l'humeur vagabonde des ancêtres de la nation française ». Il est à noter que G. Marongiu, correspondant à l'époque de la Société Préhistorique Française en Sardaigne, a adressé à cette société plusieurs notes dans lesquelles il manifeste des critiques à l'égard des préhistoriens français, italiens; les infonnations qu'il a données ne sont pas toujours à prendre à la lettre. Il s'agit en 1950 des monuments mégalithiques, nuraghes, pierres levées et domus de Îanas ; en 1951 du Culte des Eaux, 1952 des monuments mégalithiques des Celtes, 1953 des bronzes de l'époque desnuraghes, 1955 du Mont d'Accoddi et de la découverte du Paléolithique (vestiges de cerfs) et en 1960 de la nécrologie de Jacques Audibert, attaché au CNRS, envoyé en mission en Sardaigne par l'Institut de Paléontologie Humaine pour étudier le matériel de la nécropole d'Anghelu Ruju en 1958; les observations judicieuces d'Audibert ont été fort appréciées. A partir du XIXè s. les savants, les chargés de missions diverses, les historiens, les voyageurs appartiennent à plusieurs nations; malgré la diversité de leurs champs d'actions ils n'ont pas manqué de relater les témoins archéologiques du passé sarde. En adoptant les mêmes subdivisions pertinentes de G. Lilliu (1985), nous nommerons pour la : Période de 1800 à 1840. M. Urgias (1815) italien; Münter (1821) danois, après Winckelman (1773) il fait connaître en Europe quelques statuettes en bronze du Musée archéologique de Cagliari; G. Arri (1835, 1835a) écclésiastique italien; G. Manno (1825) italien; M. Mimaut (1825) historien français; L.C.F. Petit-Radel (1826) voyageur français qui raconte les souvenirs de deux séjours effectués dans l'île en 1821 et 1822; W. H. Smith (1828) anglais, esquisse sur l'état actuel de l'île; G. Floris (1828) cet écclésiastique italien nous livre une dissertation topographique et historique; G. Micali (1832) historien italien; Ighirami (1832, 1849) historien italien; Valéry (1837) français, antiquaire, bibliothécaire du roi au palais de Versailles et du Trianon; il est aussi l'auteur de voyages historiques et littéraires en Italie. 20

Les deux auteurs les plus marquants de cette période sont sans nul doute l'écclésiastique V. Angius qui à partir de 1833 jusqu'en 1853 publie dans les XXIII volumes du Dictionnaire de G. Casalis, des articles sur bon nombre de communes, sur les monuments et communique ses idées et d'autre part A. de Lamarmora, ancien officier de l'armée française, général dans l'armée de Charles-Albert et gouverneur'de l'lIe, sur les divers types de monuments, sur les bronzes. C'est son oeuvre qui a été à l'origine des premières collections de trouvailles fortuites et des premières fouilles. Période de 1840 à 1880 Il semble que le nombre de personnes intéressées par la Sardaigne s'accroît à cette période; ce sont des voyageurs, chargés de missions, scientifiques, littéraires, journalistes de nationalités diverses; les premiers archéologues sardes apparaissent. Il y a des oeuvres qui revêtent un caractère scientifique, d'autres de vulgarisation. 'Nous citerons: G. Nino (1843, 1872) journaliste.,;L. Batissier (] 845, français, inspecteur des monuments historiques de l'Allier, auteur de l'art monumental dans l'antiquité; G. de Gregory (1847) anglais, sa publication a été traduite en italien; P. Martini (1847, 1849, 1855, 1878) ; J. W. Tyndale (1849) voyageur anglais; A. Bresciani (1850, 1861) regard tourné vers l'Orient ;'G.de Ferrari (1852) qui a présenté une dissertation sur les nuraghes à l'académie pontificale archéologique de Rome; G. Spano, chanoine, premier archéologue et palethnologue sarde; J. Neigebaur (1855, 1863); B. Bellini (1855) un écrit sur les nuraghes ; S. Cocco (1856) des réflexions d'un recteur religieux sur les nuraghes; A. Campus (1857) fait part de ses observations sur la Sardaigne avant la domination romaine; Th. Forester (1858) voyageur anglais qui raconte ses excursions en Corse et en Sardaigne; I. Tocco (1860) donne son opinion sur l'antiquité de la Sardaigne; E. Marongiu Nurra (1861) rapporte les considérations philosophiques du chanoine Torrino sur les nuraghes; P. Tola (1861) entre autres un dictionnaire bibliographique des Sardes illustres; A. Meloni (1861) discours académique sur l'importance de l'archéologie; A. Mazzoldi (1862) origine des Italiens; A. 'Bouillier, français ayant effectué une mission officieuse au temps de Napoléon]II en Sardaigne; F. De Rougé (1867) égyptologue français; V. Crespi (1868, 1884) écclésiastique sarde, disciple de G. Spano; H. Maltzan (1869) voyageur anglais; S. Musu (1869) histoire de la Sardaigne; P. Mantegazza (1869) fondateur de la revue Archivio per l' Antropologia e la Etnologia, organe de la Société italienne d'Anthropologie, d'Ethnologie et de Psychologie comparative; F. Chabas (1872) égyptologue français; Domenech (1874) abbé, ancien aumônier du corps expéditionnaire au Mexique sous le Second Empire; Ch. Maclagan (1976, 1881) journaliste anglais; A. Cara (1876, 1877) une notice consacrée aux nuraghes ;:une lettre à G. Spano; E. Reclus (1876) dans son ouvrage Géographie Universelle consacre cinq cartes à la Sardaigne, apporte des réflexions ethnographiques et évoque Lamarmora ; J. H. Bennet (1876) anglais, auteur d'une publication sur la Corse et la Sardaigne; G. Cara (1876) considérations sur les opinions émises quant à l'origine et la destination des nuraghes; A. Ostini (1876) 21

journaliste; G. Regoldi (1876) une nouvelle anthologie; Bibliofilo (1877) étude critique sur l'histoire primitive de Sardaigne; C. Corbetta (1877) Sardaigne et Corse; M. Saragat (1877) brèves mentions sur les nuraghes destinées aux enfants des écoles primaires; A. Lombard (1873) français; J. Lubbock, anglais; S. A. de Castro (1878) les premiers habitants de Sardaigne; F. Orsini (1878) et F. Vivanet résultats de fouilles; F. Martorell y Pena (1879) espagnol, données archéologiques; Fergusson (1878) anglais, étude des monuments mégalithiques de tous les pays, leur âge et leur destination; J. Lieblien (1879) égyptologue norvégien. Le personnage le plus important pour cette période reste G. Spano, fouilles, deux publications marquantes, l'une en 1871 sur la palethnologie sarde et l'autre en 1873, .un mémoire sur le nom de la Sardaigne et des anciens sardes en relation avec les monuments d'Egypte illustrés par l'égyptologue F. Chabas. En 1955 il fonde la revue Bolletino Archeologico Sardo qui se termine en 1864. De 1871 à 1876 il crée la revue Scoperte Archaeologiche fattesi in Sardegna qui rend compte des découvertes. Période de 1880 à 1900 Pour cette période on retrouve deux auteurs cités précédemment: F. Orsini (1881) avec sa publication sur les premiers habitants de la Sardaigne et F. Vivanct qui fait paranre de 1880 à 1893 des notes de fouilles. A côté de récits, de missions, d'aspects généraux il y a de vagues comptes rendus de fouines qui sont bien loin d'être exécutées avec méthodologie. Il y a E. Pais (1881, 1910) et particulièrement son oeuvre: La Sardaigne avant la domination romaine; Ch. Maclagan (1881) déjà cité; A. Baux et L. Gouin (1884) deux ingénieurs français qui ont effectué des fouilles dans le Centre et le Sud de l'île et qui étaient principalement guidés par la recherche des bronzes; Roissard de Bellet (1882) français, son livre relate I'histoire, les moeurs, la géologie, la richesse métallifère et les productions de toutes sortes; G. D'Hercourt (1882) français; R. Tennant (1885) anglais, son livre a trait aux ressources du pays; D. Lovisato, géologue, fouilleur, il publia tout d'abord en 1886 une page de la préhistoire sarde et de 1887 à 1892 quatre notes complémentaires; L. Martinet (1885) a commenté les vues de Baux et Gouin sur les nuraghes; G. von Rath (1886, professeur d'université, allemand a effectué deux excursions en compagnie de Lovisato, il s'est intéressé à la géologie, aux gisements des minéraux et à la végétation; F. Nissardi (1887) publie des notes de fouilles; M. Cossu (1887) fournit des données historiques, géographiques; S. Cocco y Solinas (1888) une géographie historique de la Sardaigne; G. Perrot et Ch. Chippiez dans leur histoire de l'art antique décrivent des nuraghes; A. M. Centurione (1888) : études récentes sur les nuraghes et leur importance; P. Tamponi publie des notes de fouilles; A. Camboni (1890) une histoire populaire de la Sardaigne. A partir de 1890 ont lieu les premières grandes fouilles du nuraghe Losa Abbasanta. Sont encore à signaler: S. Corti (1891): les provinces d'Italie sous leurs aspects géographiques et historiques, pour la Sardaigne celles de Cagliari et de Sassari; P. Cugia (1892) : un nouveau itinéraire de l'île de Sardaigne; G. Vuillier (1893) ; A. Cionini (1896) : notes et impressions d'un voyage; F. Corona (1896) : guide historique, artistique, commercial de l'lIe; O. Montelius (1898) Souvenirs de 22

Sardaigne. Avant d'en revenir à E. Pais, nous désirons ici ouvrir une parenthèse et évoquer E. Cartailhac, savant français de renom, né en 1821 à Marseille et décédé à Genève en 1921. Il a été professeur libre d'anthropologie à la Faculté des Sciences de Toulouse, rédacteur de la revue Matériaux pour l'Histoire Primitive et Naturelle de L'Homme, une revue d'anthropologie et d'ethnologie fondée par G. de Mortillet. Cette revue prend le nom de L'Anthropologie en 1890 sous le direction de Cartailhac qui en est le rédacteur jusqu'en 1893. II s'est beaucoup intéressé à la Sardaigne, aux nuraghes, aux questions des relations avec les Baléares, Malte, aux problèmes archéologiques de l'époque. Il a été en correspondance avec Spano et se proposait d'écrire un livre sur la Sardaigne qui semble-t-il n'a jamais vu le jour. Citons encore G. Vayssié (1894) pour les monuments primitifs de Pantelleria et S. Reinach «1896) pour les barques votives et son commentaire sur l'article de A. von Mayr (1898) paru en 1899. La publication de E. Pais a été commentée par U. Ugolini (1891). E. Pais s'est d'abord distingué à l'Institut Supérieur de Florence; il a été professeur à Sassari et en 1883 directeur du Musée Archéologique de Cagliari; en 1884 il décide de reprendre l'édition du BoIlettino Archeologico Sardo, interrompue comme nous l'avons vu plus haut. Nous en arrivons au XXè s. pour lequel nous envisageons deux périodes de 1900 à 1940 et 1940 à nos jours: Période de 1900 à 1940. En 1901, il y a Les monuments primitifs de la Sardaigne de G. Pinza qui semble avoir été considérée comme une oeuvre majeure, divisant la préhistoire, la protohistoire en Ages lithique, du Bronze et du Fer avec un Paléolithique, un Néolithique atténué et donnant une grande place à l'Enéolithique. Elle a été commentée par G. Ruggieri (1901) et par G. Seurre (1902) ; ce dernier Inet J'accent sur le fait que malgré la généralité du titre, l'auteur n'étudie pas tous les monuments primitifs. « C'est en quelque sorte un livre de seconde main» qui ne constitue pas un réèl progrès sur celui paru antérieurement de Perrot et Chippiez. Il est seulement plus détaillé au point de vue descriptif, mais ne vaut pas d'avantage au point de vue explicatif. E. Cartailhac en 1904 nous rend compte des articles parus entre 1898 et 1903 de E. Ardu-Onnis, jeune anthropologue sarde, concernant la Sardaigne préhistorique et des notes de palethnologie. A. Taramelli qui a également commenté ces articles peense que Ardu-Onnis a eu tort de critiquer Pinza. E. Cartailhac nous dit avoir visité la Sardaigne en 1901 et « il en est revenu riche d'observations, de dessins, de photographies» ; il critique le mot Paléolithique employé par Ardu-Onnis, auteur en 1904 d'un mémoire sur les Hétéens-Pélasges, également commenté par Cartailhac (1905) et commentateur des publications de G.A. Colini (1903, 1905a et b). A partir de 1903 une des grandes figures de la préhistoire, de la protohistoire de l'archéologie sardes a été sans conteste A. Taramelli. Son énorme oeuvre 23

archéologique a perduré jusqu'en 1939. Il nous a abondamment rendu compte de ses fouilles publiées dans diverses revues. Ces notes de fouilles ont été réunies en quatre volumes, introduits par A. Moravetti. Comme oeuvre générale il convient de citer sa synthèse sur les recherches archéologiques en Sardaigne (1926). Des auteurs italiens et d'autres nationalités n'ont pas manqué de porter leur attention sur les témoins archéologiques comme F. Nissardi (1904) ; G. Merloni (1905) ; A. Grasselli (1905); H. de Chaignon (1906-1907); il Y a les investigatons de Mackensie, un écossais, explorant sépultures, nuraghes, puits sacrés. Il nous en apporte les résultats en 1908 et 1910. Complétant notre nomenclature nous trouvons: F. Préhac (1908) qui apporte des considérations sur les types de nuraghes ; L. Von Schlôsser (1911) allemand; les deux principaux écrits de R. Pettazzoni, ethnologue, inspecteur du Musée Préhistorique de Rome qui ont été axés sur la palethnologie sardo-africaine (1910) et sur la religion primitive de la Sardaigne (1910, 1912), objet d'une analyse par J. Dechelette (1911). Ce sont d'après Dechelette deux notices attachantes. « Elles contiennent des vues ingénieuses le plus souvent préférable aux anciennes explications et à propos desquelles on peut maintes fois dire de l'auteur comparé à ses devanciers cernit clarius » ; ensuite il y a le récit de voyage d'un anglais J. E. Crawford Flitch (1911-1914); en 1917 un article de vulgarisation sur les nuraghes de la part de F. Celentano; G. Vacca observe la position géographique des principaux nuraghes existants. En 1918 nous avons un manuel d'histoire de la Sardaigne par R. Di Ticca. De 1919 à 1922, G.Lilliu (1985) relate les publications de C. Dessi (1919, 1919a, 1920, 1922) et souligne quelques idées particulières, étranges telles que les faux ou pseudo-nuraghes construits par un peuple nouveau, ce n'est pas le peuple qui a érigé les tours simples, les vrais nuraghes, etc..Nous ajouterons p9ur 1921 la publication allemande d'A. Steinitzer, pour 1922 les articles de presse traitant des nuraghes de D.Melis, G.V. Romani, Docteur Pacificus, G. Lorrai et celui en anglais de G. Costa; pour la même année la publication d'un avocat sarde F. Flumene avec des données valables sur les nuraghes, mais aussi des idées incongrues. En 1924 apparaissent des auteurs comme P. Ledda, A. SteÏnitzer; en 1925 E. Benetti (Homère et la Sardaigne) et V. Edel; en 1926 V. Martelli; en 1930 D. Goldring; en 1936 R. Hanslik ; en 1938 M. Niehaus. Avant de brosser un tableau succint des recherches ultérieures, il nous a semblé bon de jeter à nouveau un regard sur les bronzes sardes en tenant compte du catalogue de G. Spano (1860), des notices de V. Crespi (1861). Dès 1904 A. Taramelli étudie les bronzes et produit en 1914 le guide du Musée National de Cagliari et en 1936 avec R. Delogu celui du Musée G. A. Sanna de Sassari; l'on doit d'ailleurs à ce dernier auteur (1932) un article sur la signification des bronzes. G. Porro (1915) essaye de détecter les influences orientales et pré-hélléniques. A. Milani (1909) s'est également penché sur les statuettes. Une des premières monographies est celle de 24

Spinazzola (1903), puis en 1928 nous avons celle de W. von Bissing. Cet art populaire antique est aussi évoqué par C. Albizzati (1928, 1930). Période de 1940 à nos iours. Au début des années 1940 commence l'activité de G. Lilliu, l'un des maîtres reconnus de l'archéologie sarde. Cette activité qui se poursuit encore de nos jours par des écrits peut se résumer par un immense apport scientifique à la littérature archéologique dont nous avons déjà mentionné bien des titres concernant synthèses et généralités, par des fouilles comme celle du complexe nuragique .de Barumini, Centre-Sud de l'lIe, par son travail à la Surintendance de 1939 à 1943 sous la direction de R. Delogu, puis de 1943 à 1949 avec la collaboration de G. Pesce, par la part qu'il a prise à l'Institut de Palethnologie jusqu'en 1955 et ensuite à l'Institut d'Antiquité Sarde de l'Université de Cagliari où dès 1944 une bonne soixantaine d'étudiants ont contribué au catalogue archéologique couvrant plus d'un tiers de.la Sardaigne dans différentes zones, sujets de leurs thèses; d'autres suj~ts de thèses ont été aussi menés à bien. Un dernier ajout aux écrits..d'optique générale de cet auteur, non évoqués jusqu'ici peut être matérialisé 'par G. Lilliu (1944, 1962c, 1962d, 1968, 1973, 1978a); il s'agit de chronologie, d'architecture, de comparaisons avec d'autres monuments Corse, Baléares...de la gente nuragique, de la civilisation nuragique. Il y a des fouilles notamment .dans l'Archipel de la Madeleine dans les années 1950 et à l'étranger (1959, 1960); après ses fouilles de Majorque il se rallie à la thèse de l'archaïsme des monuments de la Méditerranée occidentale. Parmi les étudiants de la Faculté de Lettres et de Philosophie de Cagliari, il en est qui après leurs thèses ont continué à apporter leurs contributions aux investigations, ont publié ou encore acquis une notoriété comme pour l'année académique (19471948) E. <Contu,un des maîtres de l'archéologie sarde qui dès 1948.prend part à des fouilles, notamment au Mont d'Accoddi (1951 à 1959), de domus de janas (1955), du nuraghe La Prisciona (1966) ...On lui doit une abondante littérature touchant bien des points; nous nous sommes déjà référés à plusieurs de ses ouvrages généraux...A ceci nous ajouteronsE. Contu (1971) commentaires et précisions sur la fonctiondesnuraghes ; (1977) Sassari, un musée pour tous. En 1940 également S. M. Puglisi avec l'assistance de E. Castaldi initie des chantiers de fouilles en Gallura, dans le Sassarese... Ces deux chercheurs de l'Institut.. de Palethnologie de Rome ont eu une activité fructueuse qui s'est poursuivie longuement et nous ont amplement informé des résultats de leurs recherches. L'on peut rappeler que S. M. Puglisi est un palethnologue de renom, connu en Italie et en dehors de ce pays. En 1985 M. Liverani, A. Palmieri ont réuni une série d'études palethnologiques et autres, faites par des auteurs italiens et étrangers en l'honneur de S. M. Puglisi. Cet ouvrage a été commenté par nous dans L'Anthropologie. E. Atzeni a débuté ses travaux en 1957 comme collaborateur de l'Institut des Antiquités et est devenu professeur de palethnologie en 1970. Nous avons déjà cité 25

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