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ATLAS PREHISTORIQUE ET PROTOHISTORIQUE DE LA SARDAIGNE

De
144 pages
Le présent fascicule s'inscrit dans la partie méridionale. Il débute par une entrée en matière regroupant l'historiographie, la typologie des sépultures, des nuraghes ainsi que des données de chronologie générale. Lmes sites et témoins sont ensuite détaillés. Les témoignages archéologiques appartiennent au Néolithique ancien, moyen, récent, au Chalcolithique, aux Ages du Bronze et du Fer.
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JEANNINE LEON LEURQUIN

ATLAS PREHISTORIQUE ET PROTOHISTORIQUE DE LA SARDAIGNE

Fascicule 6.. feuilles IGMI 232 à 235, 239à 240 IGLESIENTE, SULCIT ANO, GERREI, SARRABUS, CAPOTERRA

Illustrations de Pierre LEON

L'Harmattan 5-7. rue de J'ÉcolePolytechnique 75005 Paris FRANCE

-

L'Harmattan Inc. 55. rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

Publications Industrie lithique du site antique d'Aphrodisias, Turquie. Thèse Ecole Pratique des Hautes Etudes, 1982 La céramique, la série conselVée à l'I.P.H. in R. de Bayle des Hennens ~ ~. La grotte de Toulkine (Haut Altlas Marocain). L'Anthropologie, t. 88, n03, 1984 Les industries préhistoriques des Alpes de Haute Provence. La Collection Vésigné. Thèse de Doctorat d'Université, Université de Paris VI, 1984 Chipped stone analysis in Martha loukowski ~ al. Prehistoric Aphrodisias. Providence, Rhode Island, Brown University, Université Catholique de Louvain La Neuve, 1986, vol. 1.

Catalogue of the chipped stone industry ID Martha loukowski, 1986, vol. II
Prospection de la Vallée du DandaJas. Campagne de fouilles 1982. in Martha loukowski ~ al., 1986, vol. Il Menhirs, bétyles et statues-menhirs de Sardaine. L'Anthropologie, t. 93, nOI, 1989

Chipped stone analysis.

ID

R. Ross Hollowayg ~. La Mueulufa,the Early BronzeAge

Sanctuary. The Early Bronze Age Village. Excavations of 1982 and 1983. Providence, Rhode Island, Center for Old World Archaeology and Art, Brow University, 1990 Atlas Préhistorique et Protohistorique de la Sardaigne. Nurra, Sassarese, Anglona, Gallura, tome I. L'Hannattan. 1996 Atlas Préhistorique et Protohistorique de la Sardaigne. Pays de Villanova, Nurra, Sassarese, Anglona, Meilogu Lugodoro, Monteacuto, Goceano, Nuorese, Baronie, tome 2. L'Harmattan, 1996 Atlas Préhistorique et Protohistorique de la Sardaigne. Planargia, Montiferru, Marghine, Vallée M. du Tirso, Barigadu, Mandrolisai, Nuorcsc, OIgliastra. tome 3. L'Hannattan, 1997 Atlas Préhistorique et Protohistorique de la Sardaigne. Campidani, Marmilla, Sarcidano, Barbagia, Ogliastra. tome 4. L'Harmattan, 1997 Atlas Préhistorique et Protohistorique de la Sardaigne. Iglesiente, Campidani, Trexenta, Gergci, Ogliastra, Quirra. tome 5 . L'Harmattan, 1997 711 comptes rendus d'ouvrages et revues de langues allemande, anglaise, espagnole, française, italienne, portuguaise parus dans la revue L'Anthropologie de 1980 à ce jour, 3 comptes rendus d'ouvrages parus dans Anthropos, Brno, 1985, 1986

1998 ISBN: 2-7384-7369-5

@ L'Harmattan,

A V ANT-PROPOS

L'Atlas préhistorique et protohistorique de la Sardaigne, île italienne située au Sud de la Corse (France) s'articule en six fascicules ou tomes; les tomes 1 et 2, parus en 1996 concernaient la partie septentrionale, les 3 et 4, parus en 1997 le centre, le 5 (1997) le Nord de la zone méridionale. Le présent et dernier 6 envisage l'extrême sud. Cbaque ouvrage débute par des données sur l'historiographie, les nuraghes, les modes de sépulture, de chronologie générale. Les sites et témoins archéologiques des feuilles de l'IGMI 232 à 235, 239 à 240 sont détaillés ici à l'appui de documents dont nous avons pu prendre connaissance. Ils s'inscrivent dans le Néolithique, les Ages du Bronze et du Fer. Certes des publications individuelles ou collectives ont relaté telle ou telle culture, les formes sépulcrales, mégalithiques, l'art plastique, sculpture et modelage, l'art statuaire en bronze, les représentations rupestres. Des thèses, soutenues à l'Université de Cagliari, Faculté de Philosophie et Lettres, ont eu pour thème le relevé archéologique de certaines feuilles de l'IGMI ou de points particuliers; des guides, des itinéraires archéologiques existent, leur destination est réservée à un plus large public. La Sardaigne s'étend sur une superficie de 24089 km2. L'île est administrativement divisée en quatre provinces: Sassari, Oristano, Nuoro et Cagliari. L'Atlas résume feuille par feuille les sites...jusqu'en 238 avant notre ère. La carte d'Italie ayant trait à la Sardaigne comporte une trentaine de feuilles, numérotées en chiffies romains, elles-mêmes subdivisées en quatre carrés, porteurs de chimes arabes, de coordonnées géographiques, de noms de villes ou lieux.

3

Matérialisation

des feuilles

et subdivisions

du tome 6

39°
U!>s .~411

_4°

-3°

4

INTRODUCTION Les feuilles 232 à 235,239 à 240 se subdivisent ainsi:

FEUILLE 232 232 I NE NEBIDA 232 I SO ISOLA DE SAN PIETRO 232 I SE PORTOSCUSCO 232 II NO ISOLA DE SAN PIETRO 232 Il NE CALASETIA 232 II SE S. ANTIOCHO 232 Il SE CAPO SPERONE (bis)

FEUILLE 233 233 IV NO IGLESIAS 233 IV NE DOMUSNOVAS 233 IV SO CORTOGHIANA 233 IV SE NARCAO 233 I NO SILIQUA 233 I NE VILLASPECIOSA 233 I SO ACQUACADDA 233 I SE MONTE ARCOSU 233 III NO CARBONIA 233 III NE PERDAXIUS 233 III SO GOLFO DI PALMAS 233 III SE GIBA 233 II SO SANTADI 233 II NE S. BARBARA 233 II SO IS CARILLUS 233 Il SE PUNTA SEBERA

FEUILLE

234

234 IV NO ASSEMINI 234 IV NE SELARGIUS 234 IV SO CAPOTERRA

5

234 IV 234 I 234 I 234 I 234 I 234 III 234 III 234 II

SE CAGLIARI NO SINNAI NE S. GREGORIO SO SANT'ISIDORO SE GEREMEAS NO VILLA D'ORRI SO PULA NE SOLANAS

FEUILLE 235
235 IV 235IV 235 IV 235III NO OLIASPECIOSA NECAPOFERRATO SO CASTlADAS NO VILLASIMIUS

FEUILLE 239 239 IV NE PORTO PINO 239 IV SE CAPO TEULADA 239 I NO TEULADA 239 I NE DOMUS DE MARIA 239 I SO CAPO MALFATANO 239 I SE CAPO SPARTIVENTO

FEUILLE 240 240 IV NO S. MARGHERITA
Ces feuilles se situent dans la province de Cagliari, dans des régions telles que l'Iglesiente, Gerrei, Sulcitano, Sarrabus et Capoterra.

Avant d'apporter selon nos possiblités des infonnations sur les évidences archéologiques du présent tome, il nous a semblé opportun de procéder à une synthèse des écrits anciens, récents, envisageant de manière sporadique, générale ou plus en détail la préhistoire, la protohistoire sardes.

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En ce qui concerne l'historique des recherches nous retiendrons G. Lilliu qui en 1962 a fourni l'historiographie des nuraghes à partir du XVIè s. jusqu'en 1840; un chapitre de son livre: La Civilisation des Sardes du Néolithique à l'Age des Nuraghes, 1ère édition 1963, revue et mise à jour en 1967, rééditée en 1983, titre qui devient en 1988 (3ème édition) : La Civilisation des Sardes du Paléolithique à l'Age des Nuraghes de même qu'une contribution dans Ichnussa, la Sardaigne des Origines à l'Age Classique (1985, 1ère édition 1981) sont dédiés à l'historiographie, à la bibliographie palethnologique. Si l'on examine le passé sarde l'attention s'est en effet portée sur les nuraghes déjà relatés dans des textes classiques. G. Zervos (1954) dans son ouvrage jouissant depuis 1980 d'une traduction italienne a fort bien exposé les préoccupations émises par Strabon, géographe grec né à Amassée de Cappadoce vers 56 avo 1.- C. et mort en 21, 25, de Diodore de Sicile, historien contemporain de César et d'Auguste, reprises de Timée né en Sicile et mort centenaire à Syracuse, du pseudo Aristote, de Pausanias, géographe grec du II è S. de notre ère, auxquelles nous ajouterons celles de Salluste, historien et philosophe du Ièr S.avant notre ère. Dans nos précédents tomes nous avons livré maints détails sur les approches qui ont été faites par les premiers érudits, voyageurs et autres personnalités au sujet des nuraghes tendant à répondre aux questions de leur ancienneté, destination, constructeurs. Par la force des choses en face des arguments, les répétitions, les critiques font croissantes avec l'augmentation des publications. Nous avions relevé pour le XVIè s. deux érudits italiens, pour le XVII è s. des érudits espagnols, pour le XVIIIè s. des érudits espagnols, italiens, un moine sarde. A partir du XIXè s. l'intérêt s'accentue et nombreux sont les enseignants, journalistes, écclésiastiques italiens, sardes comme G. Floris (1818), V. Angius qui à partir de 1833 apporte de nombreuses contributions au Dictionnaire de G. Cazalis, A. de La Marmora, ancien officier de l'armée fumçaise, général dans l'armée de Charles Albert, gouverneur de l'île, ses publications
débutent en 1840, A. Bresciani (1850, 1860), G. Spano, chanoine sarde, premier archéologue et palethnologue; c'est à lui que l'on doit la première synthèse sur les nuraghes, en 1874 il accomplit les premières foujJJes aux nuraghes Attentu et Don Michele (ploague) et fonde les revues Bollettino Archeologico Sardo et Scoperte Archeologiche fattesi in Sardegna; B. Bellini (1855), S. Cocco (1856), Tocco (1860), E. Marongiu Nurra (1861), A. Cara, G. Carn (1876), E. Pais (1881) qui a occupé le poste de Directeur au Musée de Cagliari et qui décide de reprendre les Bol1ettino Archeologico Sardo momentanément interrompus. Parmi les ftançais nous avions évoqué M. Mimaut (1825), ancien Consul de France en Sardaigne, L.C.F. Petit-Radel (1826), savant, membre de l'Institut, Ch. de Saint Severin, voyageur et ses récits de deux voyages effectués en 1821 et 1822 dans l'île, M. Valéry, antiquaire, bibliothécaire du Roi, L. Batissier (1845), inspecteur des Monuments historiques de l'Allier, A. Bouillier (1862) qui a effectué une mission officieuse au temps de Napoléon III,

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E. Cartailhac, savant, professeur libre d'Anthropologie à la Faculté des Sciences de Toulouse, il a été en correspondance avec G. Spano, E. Reclus (1876) géographe. Nous avions signalé également des voyageurs, géographes, journalistes anglais, allemands. Ces auteurs ont bien souvent énùs des hypothèses: date de construction, auteurs présumés qui seraient venus d'Afuque, Libye, Egypte, Carthage, Tyr, Pays de Cana, Ibérie, Grèce, destination: habitat, refuge, sépulture, signaux de vigie, tour de guet, temple, lieu sacré, forteresse ou ouvrage défensif, grenier. Au XXè s. ces mêmes questions restent posées. Nous rappelons G. Pinza (1901), préhistorien sarde et son oeuvre majeure: Les Monuments primitifs de Sardaigne, divisant la préhistoire, la protohistoire en Ages lithique, du Bronze et du Fer avec un Paléolithique, un Néolithique atténué, donnant une large place à l'Enéolithique; cette publication a été commentée par G. Ruggieri (1901), par G. Seurre (1902). Ce dernier à mis l'accent que malgré la généralité du titre l'auteur n'étudie pas tous les monuments. C'est un livre de seconde main qui ne constitue pas un réel progrès sur celui plus détaillé de G. Perrot et Ch. Chipiez au point de vue descriptif, mais ne vaut pas d'avantage du point de vue explicatif L'oeuvre de Pinza a été rééditée en 1979. E. Cartailhac (1904) nous rend compte des articles d'Ardu Dnnis (1896-1903). A Taramelli a occupé une place importante dans les recherches archéologiques jusque dans les années trente. De 1900 à 1940 des auteurs italiens et autres n'ont pas manqué de porter leur attention sur les nuraghes : V. H. Chaignon (1907) français, F. Nissardi (1904), M.A. Mackenzie (1908, 1910) écossais, G. Préhac (1908) ftançais, G. Vacca (1917), G. Dessi (1919, 1922) quelques particularités de ses publications ont été soulignées par G. Lilliu telles que les faux pseudonuraghes construits par un peuple nouveau, ce n'est pas le peuple qui a érigé les tours simples, les vrais nuraghes. F. Flumene (1923) avocat sarde, V. Edel (1925).

Au début des années quarante commence l'activité de G. LilIiu se résumant par un immense apport à la littérature archéologique, auteur de fouilles importantes et de publications sur les nuraghes (1951, 1959, 1962a,b,c 1966, 1967, 1980, 1987). Au sujet des nuraghes il y a les écrits de E. Contu (1965, 1969, 1971, 1974, 1983, 1985, 1985a) et entre autres ceux de M.S. Balmuth (1981) de M.S. Balmuth et R. Rowland (1984, 1991), de W. Cavanaugh et R. Laxton (1987), de G. Webster (1991, 1991a, 1996). Des articles traitant divers aspects des nuraghes ont été réunis par R. Tykot et T.K. Andrews (1992) notamment D. Trump s'attachant à démontrer la fonction de divers types de nuraghes et G. Ugas considérant le développement de l'architecture des nuraghes. Un Colloque international, tenu à l'Institut suédois de Rome les 7 et 9 décembre 1989 (B. Santillo Frizzell, 1991) a eu pour objet d'exposer l'art militaire et l'architecture nuragique. 8

CLASSIFICATION

DES NURAGHES

La classification des nuraghes a été abordée par le passé de même que l'étymologie du terme nuraghe ou nouraghe. Ce serait un mot sarde d'origine phénicienne, tiré de la racine hébraïque de nour, exprimant une idée de feu ou de lumière et de lli!g,signifiant toît. C'est un type de construction, une tour en forme de cône tronqué propre à la Sardaigne, montrant des analogies ailleurs. S. Arquer (1550) et G. Fara (1580) ont qualifié ces monuments d'obélisques. Cetti (1774) parle déjà de nuraghes complexes. Un des premiers classements est celui de V. Angius. Du côté fiançais nous trouvons L.C.F. Petit-Radel (1926) et L. Batissier (1845) qui considère des nuraghes simple, agrégé, réuni et ceint. A. de Lamarmora (1840) a proposé d'appeler les nuraghes ceints de flanqués. A. Lombard (1873) évoque des nuraghes simple, agrégé, groupé dans une enceinte. TIy a eu par la suite maintes considérations typologiques. Des auteurs ne retiennent que trois types principaux: à couloir, simple et complexe. E. Contu (1985a) a considéré, tout en admettant qu'il existe encore des nuraghes difficilementclassables, les catégories suivantes :
NURAGHE SIMPLE A THOLOS

C'est la forme la plus simple, une tour en forme de cône tronqué, à l'intérieur de celle-ci une chambre circulaire; le tholos ou la voûte revêt un aspect ogival. Dans les cas les plus rares où la chambre est élliptique, la voûte semble s'identifier à la carène d'un navire. En fait dans la construction nuragique il n'y a ni d'arc au sens propre, ni de clef de voûte. Cette dernière a été exécutée sans coffrage et est produite par le décalage progressif des rangs de pierres et la diminution en taiUe des blocs. La destruction totale de la partie supérieure des nuraghes, attribuée historiquement aux Carthaginois, aux Romains n'a pas facilité la reconnaissance complète des tours. Néanmoins des preuves indirectes existent; eUes sont données par les modèles réduits en bronze des nuraghes. Divers types d'entrée ont été reconnus; les ouvertures sont triangulaire, trapézoïdale, rectangulaire. Certaines portent une architrave. Les escaliers ont été le plus souvent aménagés dans l'épaisseur de la muraille et partent du couloir qui suit l'entrée; il y a parfois une niche de garde dans ce couloir et la chambre peut posséder une ou plusieurs niches. Certaines structures peuvent montrer un plan plus complexe.

NURAGHES A THOLOS AVEC AJOUTS FRONTAUX Différents types ont été identifiés: adjonction à la tour originelled'un couloir circulaire, d'un atrium quadrangulaire, variante d'un couloir circulaire menant à une autre tour, les deux tours 9

peuvent être reliées entre elles par un couloir en fonne de tour, une addition fTontale transversale consistant en deux tours avec couloir.
NURAGHES A THOLOS AVEC AJOUTS LATERAUX

Cette catégorie comporte deux ajouts latéraux qualifiés de tangentiels. les tours secondaires se situent latéralement par rapport à l'entrée de la tour principale. Elles sont distribuées en divers points sans ordre apparent.

NURAGHES A THOLOS AVEC AJOUTS CONCENTRIQUES La structure est d'au moins trois tours. La tour primitive se situe plus ou moins au centre, mais il n'y a pas de règle fixe. NURAGHES BASTIONNES A TROIS LOBES Il y a trois tours secondaires. Elles s'inscrivent dans un triangle régulier ou irrégulier dans le cas d'un profil sinueux. NURAGHES BASTIONNES A QUATRE LOBES Il y a quatre tours secondaires. Le plan est alors quadrangulaire. NURAGHES BASTIONNES A CINQ LOBES
Présence de cinq tours secondaires.

NURAGHES BASTIONNES A PLUSIEURS LOBES Ce sont des nuraghes à plusieurs tours secondaires, entourées d'une enceinte, elle même pourvue de tours.

NURAGHES A COULOIR
Ces nuraghes ont été longtemps sujet de controverses en ce qui concerne leur ancienneté, considérés comme postérieurs aux nuraghes simples, reconnus par tous actuellement comme étant antérieurs. On les nomme aussi proto-nuraghes ou pseudo-nuraghes. Ils seraient au nombre de 280 pour toute la Sardaigne: 70 dans les provinces de Sassari, 100 de Nuoro, 65

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d'Oristano et 45 de Cagliari. Ils oillent un ou plusieurs couloirs, une importante prépondérance de la muraille par rapport à l'espace occupé, n'ont ni enceintes, ni bastions ajoutés. L. Manca Demurtas et S.Demurtas ont établi en 1984 leur classification:

- Groupe

B, couloir et chambre élliptique - Groupe BI, couloir en forme de navicelle avec cellules latérales. En 1992 pour une catégorie spécifique:

-Groupe -Type -Type - Type
- Type

A, 10 types selon la répartition

des cellules

-Type I

plein

II a) rampe externe courbe b) rampe interne directe III couloir traversant de part en part IV couloir interrompu V naviforme

Des observations sur les nuraghes à chambre naviforme ont été livrées par ses auteurs (1992a).
COMPARAISONS, CONTACTS

Des comparaisons avec d'autres édifices présents en dehors de la Sardaigne ont été formulées par des auteurs anciens et modernes. Ce sont les talayots des Baléares. D'autres ont vu des parentés non seulement avec les talayots. mais aussi avec les casedde des Pouilles, les tours et tombes irlandaises, les cromlechs d'Ecosse. L'on a recherché des similitudes plus lointaines avec des monuments d'Egypte, Assyrie, Syrie et Indes. Panni tant d'auteurs E. Pais (1881) mentionne des affinités architectoniques avec les talavots et A. von Mayr (1878, 1904, 1909) pense que le talavot comme le nuraghe est sans doute la forme des huttes rondes. 1. Lubbock (1878) pose la question de l'appartenance des forteresses écossaises de l'Age du Bronze et pour lui les constructions archaïques de Sardaigne sont proches des forteresses britanniques. F. Fedele (1988) a abordé les dires sur les rapports entre les monuments mégalithiques de Malte et de Sardaigne; pour la question liée à ceux qui ont produit à Malte, en Sardaigne, le mégalithisme subsiste. G. Camps (1989) en traitant rAge du Bronze corse nous dit que le Torréen voit la multiplication des monuments de caractère plus défensif que culturel. Ces places fortes ont pu comme les nuraghes, les talayots servir de réduits, mais aussi de greniers collectifs. C'est à l'Age du Bronze que malgré l'insécurité les échanges s'accroissent entre la Sardaigne et la Péninsule. Les relations entre la Sardaigne des nuraghes et le Monde mycénien de Grèce, Crète et Chypre ont été revues lors d'un Colloque, tenu en 1979 à l'Université de Tufts, Metford, Massachussets (Balmuth M.S., 1984), par F. Lo Schiavo et L. Vagnetti (1980), avec la question de la préscnse des Mycéniens, par M.L. Ferrarese Ceruti, L. Vagnetti et F. Lo 11

Schiavo (I987). Plusieurs auteurs se sont préoccupés des contacts avec les Phéniciens, les Puniques à la fin de L'Age nuragique (Acquaro E., 1984, 1985; Barreca F., 1974, 1974a, 1978, 1980, 1983, 1985): D'après certains docwnents archéologiques nous nous rendons compte que dans l'intégration culturelle sarde-phénicienne que si la composante sémitique se continne toujours plus détenninante en ce qui concerne l'évolution de l'île vers des fonnes de civilisation historique, la composante indigène même et surtout à l'époque tardive se révèle d'une force capable d'influencer de manière prolongée et visible non seulement les fonnes artistiques des Phéniciens de Sardaigne, mais aussi certains cultes pratiqués dans l'île. F. Lü Schiavo (1985) et G.S. Webster (1996) entre autres ont envisagé les aspects économiques et sociaux à rAge nuragique.

MODES DE SEPULTURE Dolmens, inhumations en grottes artificielles, naturelles et tombes de géants n'ont pas attiré l'attention des tous premiers écrivains. Des sépultures ont été mentionnées par P. Martini (1855, 1878) plus développées par A. Bresciani (1850) qui prend pour modèle les grottes des Baléares, Sicile, Crète, Palestine, Phénicie, par V. Angius distinguant des tombes simples et moins simples. Au Néolithique moyen il y a la sépulture en fosse de Cuccuru S'Arriu (Cabras, Oristano) seul exemple d'inhumation en pleine terre. A partir du Néolithique récent et à l'Enéolithique il y a des sépultures creusées dans la roche, dites domus de janas ou maisons de fées, parfois décorées de motifs architectoniques, fausses portes, fenêtres, piliers, réplique du toît, présence de lit, de décors spirifonnes, de cornes taurines simple, double, triple, de bélier. Certaines fonnent de véritables nécropoles, certaines sont peintes, d'autres portent en façade la réplique de la stèle des tombes de géants. Des typologies en ce qui concerne l'aménagement interne, les motifs sculptés ont été tentées par G. Tanda (1977) et V. Santoni (1976).

Voici quelques réflexions à leur sujet de A. von Mayr (1904) : les sépultures en grottes de Sardaigne peuvent être comparées à celles des chambres voûtées de Sicile, Malte, Baléares et en partie des Pyrénées; de Modestov (1907) : une petite fosse sert d'entrée à la grotte sépulcrale; des cavernes sépulcrales existent en Sardaigne, il y a analogie du mobilier funéraire avec celui de la presqu'île pyrénéenne qui s'étend aux dolmens de la France méridionale et aux grottes liguriennes. Cette analogie a une cause plus profonde que des rapports commerciaux, c'est la parenté de races de populations qui entre en ligne de compte. Ch. Zervos (1954) distingue deux types principaux: petites tombes à four précédées de simple couloir; elles sont apparentées à ceUesde Chypre, Crète, on les retrouve en Occident (Sicile, Espagne, Portugal, France); petites tombes à anti-grottes, à plafond plat, type de sépulture répandue en Phrygie, Chypre, dans les Cyclades, en Algérie, en France jusqu'au 12

Rhône et à la Marne. D'autres types par multiplication des chambres rondes, ovales, carrées, rectangulaires apparaissent. La planimétrie offie alors des développements longitudinaux et latéraux. Au Néolithique récent l'on trouve dans le Nord de la Sardaigne tout comme en Corse des cercles de pierres, sépultures mégalithiques en coffre appartenant à la Culture d'Arzachena. Des inhumations ont eu lieu dans des grottes naturelles. A peu près à la même époque apparaissent les dolmens plus répandus dans le centre septentrional. Ds sont de types simple ou nùxte. Les tombes de géants (Chalcolithique, Age du Bronze) font suite aux dolmens. E. Contu (1985) avance le chifITe de 322 exemplaires. Ce sont des tombes collectives. Nous livrons quelques observations à leur sujet: On trouve des cours en denù-cercle en Espagne, Grande-Bretagne, France (Mayr A. von, 1904); les tombes de géants du genre mausolée semblent être copiées sur celles d'Antiphallus en Lycie (Rougempent F. de, 1866). MA. Mackenzie (1908) pensait comme bien d'autres que les tombes de géants étaient destinées à des gens de haut rang. Les propos de L. Scott (1934) ont été de discuter certaines £Onnes des tombes à chambre de la Côte ouest britannique et de leurs relations avec l'Ouest méditerranéen au Chalcolithique, leur dispersion aux Baléares, Sardaigne, Provence; pour R. Joussaume (1955) si les dolmens peuvent trouver leur origine en Catalogne ou en France méridionale, les tombes de géants semblent être le résultat d'une évolution sur place à partir des dolmens locaux. S. Piggott (1954) reprend l'argument de Childe d'une nùse en évidence d'une sinùlarité mais non d'une identité de structure avec les tombes à couloir, les tombes en grottes artificielles et les navetas; pour 1. Amal (1956) les tombes de géants sont tantôt des allées couvertes vraies avec entrée à four, tantôt des allées avec appareil; pour G. Daniel (1958) les tombes de géants, datées de 1500 à 800 BC trouvent leurs parallèles avec les navetas, mais ce qui semble important ce sont des analogies avec les tombes à coupole de Los Millares, là aussi on trouve une sorte d'hémycicle pour présider au culte des morts; pour R. Grosjean (1966) les prenùers monuments des Pouilles, les proto-nuraghes et les tombes de géants de Sardaigne, les proto~talavots et les navetas des Baléares sont des denù-ffères; pour G. Guilaine (1985) les tombes de géants sont datées à partir du IIè nùUénaire; ce sont de longues et étroites galeries construites en piliers ou en blocs, elles sont précédées d'une courte façade flanquée d'une porte basse. A leur propos il convient de mentionner E. Castaldi (1968, 1969), E Contu (1978) et pour d'autres sépultures (Castaldi E., 1975, 1976; Davies 0, 1939; Moravetti A., 1985). La chaîne évolutive suivante a été proposée : A- temple in antis, B ~ allée sans stèle, C - allée avec stèle, D -hypogée monolithique

reproduisant la tombe de géants avec stèle fonctionnelle, E tombe hypogée avec stèle adossée et avec la réplique à même la roche, F reproduction dans la roche de toute ou de
~

-

13

presque la totalité de la tombe de géants avec stèle, G - tombe de géants avec stèle de type fonctionnelle, H - tombe de géants sans stèle. G. LiUiu (1987) place les allées couvertes, les tombes de géants avec stèle à bandeau, les hypogées à perspectives architectoniques au Premier Age du Bronze (1800-1500 BC); les tombes de géants avec stèle à bandeau, mais surtout celles à façade à rangs de pierres au Deuxième Age du Bronze (1500-1200); les tombes de géants avec stèle à bandeau, à rangs de pierres, mais principalement celles à mse dentelée, les tombes en tafoni au Troisième Age du Bronze (1200-900). ces dernières représentent un mode de sépulture trouvé en Gallura; ce sont de petites cavités naturelles aménagées parfois avec un muret de fenneture en pieJTes sèches. TIsemble qu'au départ les tombes de géants n'étaient que des allées couvertes composées d'un couloir, d'une chambre se tenninant en abside, puis elles ont été précédées d'un hémicycle comportant la porte-stèle. A l'Age du Bronze tout comme précédemment l'on a procédé à des inhumations en grottes naturelles.

PALEONTOLOGIE

HUMAINE, ANTHROPOLOGIE

Les découvertes des sépulures ont forcément conduit aux analyses des restes osseux humains, mis au jour, à des considérations sur les Paléosardes, à des comparaisons anthropologiques. L'on peut recueillir des informations sur ces points chez L. Frongiu (1946), C. Ma:cia (1951, 1952, 1970), C. Maxia et A. Floris (1961), C. Maxia ~ al. (1974, 1974a), A. Floris (1978), F. Gennana (1978, 1984, 1985, 1989, 1990, 1992) et tout récemment Germana apporte une synthèse anthropologique de l'Homme en Sardaigne du Paléolithique à la fin de l'Age nuragique. Aucun vestige humain au Paléolithique inférieur, ceux de la grotte de Corbeddu, Oliena pourraient remonter au Mésolithique. La sépulture en fosse de la province d'Oristano a révélé des vestiges humains datés du Néolithique moyen. Pour les squelettes du Néolithique récent l'on peut parler d'une réelle et propre etlmie biologique, morphologique et culturelle. L'étude anthropologique de la Culture énéolithique de Monte Claro a permis d'individualiser du point de vue racial deux composantes, l'une dolicomorphe dans laquelle apparaît la morphologie d'Ozieri avec un élément danubien, et deux fonnes brachimorphes sphéroïdes. Pour le Campanifonne ce sont des fonnes dolicomorphes. Au Bronze ancien Bonnanaro A. on trouve des dolicomorphes et des brachimorphes, au Bronze moyen surtout des dolicomorphes éllipsoïdes, au Bronze final des dolicomorphes avec quelques fonnes évoluant vers les brachimorphes. Des analyses paléopathologiques ont mis en évidence certaines maladies osseuses, des carences dentaires. Des trépanations crâniennes ont eu lieu du vivant de la personne. 14

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