Brève Histoire de la Guinée Équatoriale

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Publié le : mardi 27 mars 2012
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EAN13 : 9782296149489
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Brève histoire de la

,

Guinée

Equatoriale

DU M:ÊME AUTEUR

Economie

- Géographie - Histoire

-Politique

Le self-service en Suisse et dans le monde, Prix «Edouard Folliet », Université de Genève, 1953. Les Anniviards. Essai de géographie humaine d'une vallée suisse (Miméo), Genève, 1958. Réflexions sur l'antiféminisme suisse, Les Editions du Temps, Genève, 1959. Jean-Jacques Rousseau au Val d'Anniviers, ou Les Lettres sur le Valais, Les Alpes, Berne, 1959. L'orange d'Espagne sur les marchés européens. Le problème oranger espagnol, Les Editions du Temps, Genève, 1962. La Suisse, sa neutralité et l'Europe, Les Editions du Temps, Genève, 1965. Méthodologie de l'enseignement de la géographie, Prix «Arthur de Claparède », université de Genève, Mémoires de l'I.P.N., 1, Kinshasa, 1966. Le mythe de l'établissement des Huns et des Sarrasins dans les Alpes, Les Alpes, Berne, 1966. De l'Eurafrique. Utopie ou réalité? Les métamorphoses d'une idée, Editions CLE, Yaoundé, 1972. The Congo Bassin and adjacent Areas, Textbook for Teaching Geography of Africa, uNEsco/Longmans, Londres, 1975. Africana. L'Afrique d'hier à demain, Les Editions du Temps, Genève, 1977. Historical Dictionary on Equatorial Guinea, Scarecrow Press, Metuchen (NJ.), 1979; 2" édition augmentée, 1988. La Guinée Equatoriale. Un pays méconnu. L'Harmattan, Paris, 1980. Guinée Equatoriale. De la dictature des colons à la dictature des colonels, Les Editions du Temps, Genève, 1981. De la Guinée Equatoriale. Eléments pour le dossier de l'afro. fascisme, Les Editions du. Temps. Genève, 1983. O.N.U. et dictatures. De la démocratie et des Droits de l'Homme, L'Harmattan, Paris, 1984. Le pays où les vaches sont reines (Ouvrage collectif). «Où il est fait référence à la race d'Hérens et aux fantaisies d'aucuns ». Preiswerk et Crettaz (Ed.). Editions Monographie. Sierre, 1986. Connaître la Guinée Equatoriale. Editions des Peuples noirs. Rouen, 1986. Small is not always beautifull. The Story of Equatorial Guinea. C. Hurst & Co. Londres, 1988. Comment on s'empare d'un pays. L'exemple de la Guinée Equatoriale. En préparation. De l'éradication du crétinisme et autres phénomènes remarquables tels qu'on peut les observer dans la région des Alpes pennines, à paraître. (Suite, page 4)

Max Liniger-Goumaz

BRÈVE HISTOIRE DE LA

GUINÉE

ÉQUATORIALE

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 PARIS

Poésie

-Reportages

Soliloque logogriphe d'un géo8raphe enseignant, plaquette (Emmanuel von Kirchendorf), dessins de GU Pasteur, Les Editions du Temps, Genève, 1967. La Pigale fédérale ou, les gaietés du Cameroun, album illustré (Emmanuel von Kirchendorf), Les Editions du Temps, Genève. 1970. Voyez la technique. La ronde des métiers du Cameroun, album illustré (Emmanuel von Kirchendorf), Les Editions du Temps, Genève, 1971. Suivez la mode. La ronde des métiers de C6te-d'[voire, album illustré (Emmanuel von Kirchendorf), Les Editions du Temps, Genève, 1976.

Bibliographies

- Statistiques

Pygmées et autres races de petite taille. Bibliographie générale, Les Editions du Temps, Genève, 1968. Villes et problèmes urbains de la République démocratique du Congo, Les Editions du Temps, Genève, 1968. Préhistoire et protohistoire de la République démocratique du Congo, Les Editions du Temps, Genève, 1969. Eurafrique. Bibliographie générale, Les Editions du Temps, Genève, 1970. Bibliographies africaines, I, Energie, Politique, Population, Transports, Les Editions du Temps, Genève, 1971. Henry Morton Stanley (en collaboration avec Gergen Hellinga) Les Editions du Temps, Genève, 1972. Bibliographies africaines, II, Frontières, Légendes, Orographie, Population, Les Editions du Temps, Genève, 1974. Guinea Ecuatorial Bibliografîa general, I, Commission nationale suisse pour l'Unesco, Beme, 1974 (1782 titulos). Guinea Ecuatorial. Bibliografîa general, II, Commission nationale suisse pour l'Unesco, Beme, 1976 (2010 tÎtulos). Kivu-Maniema (République du Zaire), Bibliographie générale, Les Editions du Temps, Genève, 1976. Guinea Ecuatorial. Bibliografîa general, III, Commission nationale suisse pour l'Unesco, Beme, 1978 (1219 titulos). Guinea Ecuatorial. Bibliografîa general, IV, Commission nationale suisse pour l'Unesco, Berne, 1980 (1106 tÎtulos). Guinea Ecuatorial. Bibliograrw. general, V, Volumen recapitulativo (Referencias 1-8125),Les Editions du Temps, Genève, 1985. Statistiques de la Guinée Equatoriale nguemiste. Données pour comprendre un désastre politique, Les Editions du Temps, Genève, 1986. Guinea Ecuatorial. Bibliografia general, VI, Les Editions du Temps, Genève, 1987 (3200 titulos). @ L'Harmattan,
ISBN: 2-7384-0080-9

1988

TOPONYMIE

Le régime des Macias Nguema et Obiang Nguema a procédé à plusieurs reprises à des modifications de noms de lieux. Il s'agit de : Fernando Poo = Macias Nguema, puis Bioco en août 1979. San Carlos = Luba, d'après un chef bubi. Concepcion = Riaba, d'après un chef bubi. Annobon = Pagalu, soit «Papa Galu» = Papa Coq en créole local, rappel d'un sorcier local et de l'emblème électoral de Macias Nguema, le coq. En 1980, les Annobonnais ont contraint le gouvernement nguemiste à rétablir le nom d'Annobon. Dans ce texte, la toponymie qui avait cours au moment de l'indépendance est maintenue, les modifications opérées par le régime du «clan de Mongomo» n'ayant jamais reçu l'aval d'un parlement digne de ce nom.
Santa Isabel = Malabo, d'après un roi bubi.

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INTRODUCTION

Ces pages paraissent l'année du xxe anniversaire de la République de Guinée Equatoriale. Elles visent à offrir un tableau succinct du parcours des peuples et des hommes de ce qui fut naguère la Guinée espagnole, après avoir, des siècles et des millénaires durant, été terre pygmée et bantoue. Avant d'être accaparée par des envahisseurs européens, cette modeste tranche d'Afrique pratiquait couramment la démocratie. Mais laminée par la traite et la domination coloniale, la tradition civique n'est pas encore parvenue à refaire surface. Voici pourquoi, depuis l'indépendance de 1968, la Guinée Equatoriale connaît l'horreur de la dictature sous la férule successive de Macias Nguema (1968-79) et d'Obiang Nguema (1979- ). S'il est une portion de la côte occidentale de l'Afrique où se sont exercées pratiquement toutes les pressions coloniales européennes, c'est bien dans le golfe de Guinée, et particulièrement le territoire de l'actuelle Guinée Equatoriale. Portugais, Espagnols, Hollandais, Britanniques, Américains, Allemands, Français s'y sont non seulement succédé, mais affronté dans des luttes qui ont mis en pièces le vaste territoire que le Portugal d'abord, puis l'Espagne depuis 1778 détenaient dans la région. Autant la compétition pour la maîtrise de ce coin d'Afrique fut le fait des commerçants et des militaires, autant l'a-t-elle été des missionnaires protestants et catholiques. Ceux-ci, tout particulièrement les presby-

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tériens américains, ont laissé au XIXesiècle de nombreux travaux sur les populations de la partie continentale, leurs mœurs, leurs langues. Au xxe siècle, après que l'Espagne n'ait su conserver de son empire colonial que les modestes parcelles que sont la Guinée espagnole et le Sahara occidental, le reste du monde s'en est pratiquement désintéressé. Au point que jusqu'à l'indépendance de la Guinée Equatoriale, il n'existait que quelques rares publications gouvernementales ou para-gouvernementales, que nous citons dans la bibliographie sommaire. Le reste était le fruit des travaux d'auteurs espagnols qui n'ont jamais bénéficié de traductions. De sorte que la Guinée espagnole, puis équatoriale, reste aujourd'hui encore largement méconnue. La Guinée Equatoriale se présente avec une géographie peu commode: la province continentale, assortie de quelques îlots au sud-ouest, mesure 26 000 km2; le Rio Muni - c'est son nom ainsi que celui de l'estuaire du fleuve Utamboni (ou Mitemele) qui fait frontière avec le Gabon est essentiellementle pays des populations fang et ndowe. La province maritime, composée des iles de Fernando Poo et d'Annobon, s'étend sur 2 051 km2 et abrite principalement des Bubi et des Annobonais d'origine angolaise. Alors que l'île d'Annobon se situe légèrement au sud de l'équateur, le reste du pays s'étend au nord de cette ligne. L'ensemble du territoire, au creux du golfe de Guinée, connaît des conditions climatiques typiquement équatoriales. Avec ses quelque 350000 habitants - auxquels il faut ajouter plus de 100 000 réfugiés politiques vivant dans les pays voisins ou en Europe - la Guinée Equatoriale bénéficie d'un vaste domaine forestier, ainsi que d'importantes étendues de plantations d'autosubsistance (manioc, igname) ou spéculatives (cacao, café, palmiers à huile), sans oublier les abondantes ressources de l'océan (poisson, crustacés) et du sous-sol (pétrole potentiel). Mais en raison des problèmes que connaît le pays depuis l'indépendance, il fait partie du groupe des Pays les moins avancés, bien que disposant de tous les éléments pour devenir une Suisse de l'Afrique centrale. Le survol de l'histoire de la Guinée Equatoriale

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que nous tentons ici souffre de diverses imperfections: une large part des archives espagnoles n'est pas encore accessible; l'histoire orale n'a pas encore été sérieusement analysée; nombre de travaux qui font référence à la Guinée Equatoriale sont marqués par les préjugés qui imprègnent encore l'histoire coloniale et post-coloniale ; enfin, comme le signale une Geografia de Guinea Ecuatorial réalisée par le ministère espagnol de l'Education et des Sciences, en 1985, dans le cadre de la coopération technique, «la difficulté d'obtenir des données concrètes» I est un obstacle majeur. Ce qui
manque aussi à l'historiographie équato-guinéenne, ce sont des travaux réalisés par des nationaux. Hormis la remarquable thèse de Valentin Oyono Sa Abegue (1985), il s'agit encore d'approches européo-centrées. Le présent livre ne fait d'ailleurs pas exception. En effet, notre point des connaissances historiques de la Guinée Equatoriale offre plus une fresque du pays que de la nation composite qui l'habite. Mais il a pour le moins le mérite d'apporter la brique manquante à ce type d'historiographie africaine. Aux historiens équato-guinéens eux-mêmes de nuancer ce qui n'est ici que généralités. La Guinée Equatoriale, victime du virus colonial depuis le xV" siècle, est aujourd'hui encore exposée aux convoitises. Si dans le cadre local elle a su, récemment, s'intégrer dans l'Union douanière des Etats de l'Afrique centrale (UDEAC)et adhérer à la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), sur un plan plus vaste elle a été et reste l'enjeu des intérêts du Nord: paternalisme espagnol fondé sur une longue cohabitation et sur le poids de l'hispanité; visées stratégiques soviétiques et américaines à court terme; lente capture du pays dans la zone franc suite aux premières tentatives du XIXesiècle; patiente présence de la Chine populaire; visées à peine déguisées des voisins que sont le Cameroun, le Gabon et le Nigeria. Tout cela, alors que depuis l'indépendance le pays étouffe sous une dictature succes1. Castro AntoUn, MoL. de, Calle Munoz, MoL. de la, Geografia de Guinea Ecualorial. Ministerio de Educaci6n y Ciencia. Programa de Co1aboraci6n Educativa eon Guinea Ecuatorialo Madrid, 1985, p. 3, ill.

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sivement dirigée par Macias Nguema, puis par son neveu Obiang Nguema. La Guinée Equatoriale, après l'indépendance, n'a pas su échapper aux relents de pouvoir absolu laissés par la monarchie espagnole, ni aux modèles de caudillisme que furent Primo de Rivera et, peu après, mais pour 37 ans, le généralissime Franco Bahamontes. Tous ces pouvoirs étaient largement étayés, tant par l'Eglise romaine que par les oligarchies de propriétaires de latifundias espagnols. Alors que dans la tradition des divers peuples composant la nation équato-guinéenne, et en particulier des Fang, largement majoritaires, la démocratieexiste depuis des temps immémoriaux, l'impact espagnol semble avoir momentanément imposé sa tradition de barbarie et de machisme. Mais il ne fait pas de doute qu'une fois fissurée la chappe de plomb que l'emprise néo-coloniale fait peser sur le pays, les pulsions ancestrales viendront corriger la déviation actuelle. Il n'y a probablement pas d'histoire sans contenu idéologique, et tout historien, délibérément ou non, fait œuvre de combat. Nous ne nous sommes jamais imposé d'autre combat que celui du triomphe des droits de l'homme et de la démocratie pluraliste. La gageure du présent exercice est la proximité d'une large part des événements politiques relatés, la difficulté de s'informer et celle, plus fondamentale, de transférer déjà les événements en fait historique. C'est là d'ailleurs une tâche qui incombera prioritairement aux historiens équatoguinéens eux-mêmes, quand le combat pour la liberté aura abouti. Quant aux éclairages d'ordre économique, le lecteur voudra bien se reporter à nos autres livres sur la Guinée Equatoriale.

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Chapitre premier

La Guinée Equatoriale antécoloniale

Comme souvent en Afrique, les fouilles préhistoriques se sont limitées, en Guinée Equatoriale, à des sites d'accès aisé et ont été surtout le fait de la curiosité de quelques missionnaires. Voici pourquoi, davantage d'informations sont pour le moment disponibles sur la banlieue de la capitale, Santa Isabel (Malabo) que sur le reste du pays. Toutefois, dans la partie continentale du Rio Muni, on a signalé des gisements préhistoriques, plus particulièrement dans l'estuaire du Muni, face au Gabon actuel. Les îlots Ivelo et Ngande, de même que l'île d'Elobey Grande, au large de l'estuaire, ont livré quelques vestiges, dont notamment de petites haches en grès proches de certains instruments dégagés au Ghana et au Tchad. À Fernando Poo (Bioko), aucun vestige typiquement paléolithique n'a été découvert, sinon quelques traces d'industrie pré-néolithique (Kalino-Iupembien), mises à jour en 1963, à Banapa, dans la banlieue occidentale de la capitale, et qui semblent avoir appartenu à des chasseurs nomades. Par contre, le néolithique est bien représenté à Fernando Poo, où il s'apparente aux matériaux laissés par les populations qui, vers l'an 1000 avo J.-C., occupaient l'Afrique centre-occidentale: chasseurs, éleveurs, culti-

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vateurs. Les gisements les plus connus s'alignent près de la mer, à Playa Carboneras, à l'ouest de Santa Isabel, dans l'ancienne finca Simon. Les relations avec le Rio Muni et le reste du golfe de Guinée semblent indiscutables. La plage de Carboneras atteste un peuplement probablement pré-bubi (l'ethnie dominante à Fernando Poo). Elle tire !ion nom d'un dépôt de charbon destiné initialement au ravitaillement des vapeurs civils anglais sur la route du Cap, autorisé entre 1862 et 1864 par des ordres royaux espagnols, suite à des négociations menées par R. Burton, alors consul britannique pour le golfe du Biafra, et qui résidait à Santa Isabel. Les dépôts «préhistoriques» de Carboneras semblent, pour les plus anciens, dater d'il y a quelque 1 300 ans selon la technique du carbone 14 appliquée à des noix palmistes. Il s'agirait d'une population d'agriculteurs des VIIe.XIe siècles, vivant dans des maisons aux fondations pavées. Leur économie était basée sur la culture de l'igname, sur l'exploitation des palmiers à huile (elaeis guinensis), sur la pêche (thon, baleineaux) et, occasionnellement, sur la chasse et la cueillette. Le fait que l'igname joue de nos jours encore un rôle essentiel dans l'alimentation bubi témoigne d'une singulière continuité. Les indices préhistoriques relèvent certainement, pour une bonne part, du peuplement d'agriculteurs-pêcheurs et forgerons qui, au fil des migrations des premiers siècles de notre ère, ont peuplé et colonisé l'Afrique centrale et méridionale. Ils y ont développé un espace culturel, et plus particulièrement linguistique, en par. tant du tronc commun que fut le proto-bantu, une langue dont ils divergèrent voici deux mille ans environ. On relève ainsi plus de 3 000 racines et de nombreuses caractéristiques grammaticales communes. Il semble que le foyer de diffusion de ces populations bantu se situe entre le Nil et le lac Tchad, voire même entre le Nil et les grands lacs d'Afrique orientale. Sans aucun doute, la désertification de l'espace saharien a été un des moteurs de ces vagues migratoires. Une première vague, vers les VIlle.xe siècles de notre ère aurait mené les
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Bantu dans la région des Grands Lacs où ils auraient élaboré les traits de leur civilisation matérielle. Une seconde poussée les aurait ventilés en trois flux différents dans ce qui est aujourd'hui le sous-continent bantu: Afrique orientale, Afrique méridionale, Afrique centrale et occidentale forestière, entre les xe et XIIIe siècles. Durant leur migration, les Bantu semblent avoir affectionné particulièrement les abords des grands cours d'eau; pendant leur progression, ils diffusèrent diverses plantes alimentaires originaires d'Asie tropicale. Les Bantu trouvèrent sur leur chemin des peuples installés dans la forêt depuis 6 000 à 10 000 ans: les Pygmées, appelés Bayele en Guinée Equatoriale. Ces cueilleurs-chasseurs, témoins d'une civilisation préagricole paléolithique, utilisaient uniquement des instruments de pierre et de bois; ils avaient, cependant, une extraordinaire connaissance du milieu végétal et de la faune. Les envahisseurs bantu, qui apparurent dès le début de notre ère dans la zone forestière d'Afrique centre-occidentale, doivent aux Pygmées de nombreuses connaissances, notamment en matière de pharmacopée. Mais dotés d'instruments en métal (cuivre et fer), les Bantu s'imposèrent rapidement à leurs prédécesseurs, inventeurs probables de l'arc, voire de l'arbalète. Parmi les Bantu du nord-ouest, les Fang, qui s'étendent du Cameroun méridional au Congo, peuplent l'essentiel de la partie continentale de la Guinée Equatoriale. On les appelle aussi Pahouin, Pangwe ou encore Pamue. C'est, semble-t-il, au XIIIe siècle que les avantgardes fang, mêlées de N dowe, sont apparues pour la première fois dans la région du Rio Muni. Trois siècles plus tard les Portugais arriveront à leur tour, et depuis lors de nombreux auteurs ont décrit les aspects géographiques, historiques, anthropologiques, sociologiques, philosophiques du pays fang. Pourtant, ce pays reste un des plus mal connus d'Afrique. S'étant installés dès le XIIIe siècle dans les régions forestières de la Sangha, les Fang s'y familiarisèrent avec l'écologie de la forêt dense. Une partie d'entre eux ont, pour des raisons inconnues, pris au xve siècle une direction nord vers les savanes centre-africaines, entre

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Adamaoua et Logone. La tradition rappelle qu'ils y cultivaient le mil, le sorgho, la banane, et qu'ils utilisaient le cheval. C'est dans ces savanes qu'entre les XV" et XVIIIe siècles les Fang ont probablement développé les structures socio-politiques qui sont aujourd'hui encore évoquées dans la grande épopée fang des Gestes d'Ekong d'Akoma Mba. L'économiste et historien équato-guinéen V. Oyono Sa Abegue signale qu'à partir du XVIIIesiècle les données de la tradition fang et de l'histoire régionale permettent de localiser le cheminement des Fang. Sous la poussée des Foulbé du royaume de Sokoto, en guerre contre le royaume du Bomou, les Fang, avec d'autres peuples tels les Babute, Mboum, Baya, Basso, fuirent vers le Sud. Cet exode se transforma en campagne de conquête militaire, après qu'ait été brisée la résistance basso. Puis, par vagues successives, ils franchirent la Sanaga (Cameroun). Les Fang poursuivirent leur course selon trois axes auxquels correspondent aujourd'hui les trois régions principales du pays fang: les aires beti, bulu et fang-fang, cette dernière comprenant l'essentiel de la province du Rio Muni ainsi que le Woleu-Ntem gabonais. L'avance fang a bousculé nombre d'autres populations bantu, dont les Basiwo, les Balengue, les Seke et les Ndowe, ces derniers installés dans la région depuis le XIIe siècle semble-t-il. Basiwo et Balengue, un temps réfugiés dans les montagnes de la chaîne côtière - pro-

bablement à cause de la traite négrière qui sévissaitle
long de l'Atlantique seront refoulés vers la côte par les Fang; plus tard, les inter-mariages furent si nombreux qu'au XIXe siècle les Européens confondirent souvent Balengue et Fang. Les Seke, qui auraient peuplé la forêt au xe siècle déjà, vont descendre d'un côté dans la vallée de l'Utamboni, à la limite sud du Rio Muni, jusqu'à l'estuaire, et de l'autre côté longer la vallée du Ntem (Rio Campo). Les Ndowe, qui semblent être venus du sud-éthiopien, furent également victimes des poussées guerrières et enfoncèrent dès le XVIIIesiècle le pays seke. Finalement, les Benga-Bapuku s'installèrent entre Bata et Rio Benito (Mbini), alors que les Kombe occupaient la côte depuis 14

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les îles Elobey et Corisco jusqu'au Cap Santa Clara. A l'arrivée du mercantilisme sur ces côtes, dès le xve siècle, les Ndowe de Corisco-Elobey s'intégrèrent au réseau commercial portugais en tant qu'intermédiaires, alors que les Ndowe des autres régions réagirent comme les Fang, en se repliant vers l'intérieur jusqu'à la Sangha et à l'Oubangui. Sur l'île de Fernando Poo, après les établissements proto-agricoles déjà mentionnés, émergèrent, vers les XIIe-XIIIesiècle, les cultures de Balaopi I et Il. Il s'agissait là d'une civilisation de pêcheurs fabriquant des poteries très fragiles et des haches en pierre très fine. Au-dessus. de ces dépôts on rencontre la culture de Buela, largement représentée sur tout Fernando Poo, et manifestement antérieure au peuplement bubi. La civilisation bue1a se localise dans une bande située à moins de 500 m au-dessus de l'océan, en particulier à l'embouchure des torrents. A l'intérieur on l'a repérée jusqu'au village de Bilepila, au sud de Batete (sud-ouest de l'île). Parmi les divers instruments trouvés sur le site de Playa Carboneras, à l'ouest de Santa Isabel, figurent des houes du Tumbien et une hache du type bamenda (Cameroun occidental). Carboneras correspond parfaitement à la culture de la houe de l'Afrique occidentale, sorte d'enclave néolithique dans l'âge du fer; à remarquer que les navigateurs portugais de la fin du xve siècle ont rencontré sur Fernando Poo des populations ignorant l'usage du fer, alors que l'art du forgeron était depuis longtemps connu des Fang. Quant aux céramiques de Carboneras, elles se rattachent elles aussi au type de celles dégagées sur le continent proche, mais semblent pour la plupart ne dater que du XIve siècle. Une mention spéciale s'impose pour le gisement de Rio Esoso, près de l'embouchure duquel on a découvert, sur un petit dôme volcanique, un important atelier de polissage de pierres, également néolithique. Il doit s'agir d'illle manufacture commerciale, mais on ignore à quelle fabrication elle s'adonnait. La tradition orale bubi évoque une population particulière, les Mome, peuple pêcheur qui aurait habité sur les côtes de Fernando Poo et qui serait l'auteur de 15

certaines gravures rupestres. Quant aux menhirs de petite taille, repérés à divers endroits de l'île, ils semblent avoir servi à des rites funéraires et relever de la culture buela. Les Balaopi et Buela étaient probablement aussi des peuples bantu. Ils ont atteint l'île par quatre vagues successives: 1. Celle de Riabba, qui débarqua au sud de l'île et fonda le village d'Ureka avant de coloniser les hauteurs; 2. Les tribus basakato, baney, basuala, bariobe et autres occupèrent les côtes occidentale et orientale; 3. Les Bareka, Balacha, Balombe, etc. seraient venus un peu plus tard pour se fixer au sud-ouest; 4. La dernière vague, arrivée au XIV" siècle, serait celle des Batete-Bokoko. D'abord installés à côté des Bareka, ils migrèrent vers l'intérieur de l'île, aux abords du Massif du Sud. Divers affrontements avec d'autres occupants de l'île les chassèrent finalement vers le nord. Ce n'est qu'avec l'émergence d'un royaume héréditaire conduit par les chefs riabba que l'île fut politiquement unie. Les Bubi sont de bons cultivateurs - notamment d'igname. Ils s'adonnèrent jadis à la pêche avec des pirogues et des voiliers qui provoquèrent l'étonnement des navigateurs portugais des xV"-xvue siècles. De leur côté, les Fang, non tournés vers la mer, excellèrent dans le travail des métaux. Divers témoignages anciens montrent que les instruments et armes de fer des Fang étaient de meilleure facture que les produits importés d'Europe. La société fang, lorsqu'elle pénétra dans la zone forestière, était organisée en tribus, clans, lignages et familles, un cadre d'institutions gentilices assez proche de ce que connurent les Grecs et les Romains. Si à la base de cette société on a affaire à l'Ayong (la gens) réunissant les consanguins avec le même nom gentilice, on rencontre au-dessus l'Elat-Ayong (la curia), une association à finalités religieuses, sociales et militaires, diffusées dans de nombreuses assemblées populaires. Plus haut 16

se situent les tribus (comme chez les Romains), sur le territoire desquels les chefs étaient élus. Au sommet, enfin, la nation fang (l'équivalent du Populus Romanus). Ces institutions avaient pratiquement disparu au XIXe siècle, sous l'effet des «métissages culturels ~ et de l'apparition de diverses sociétés secrètes type «Hommes-Léopards~. Mais l'anarchie fut évitée grâce à l'émergence d'une caste guerrière qui sut s'organiser à l'échelle nationale. Outre des fonctions militaires, cette caste cumulait les fonctions judiciaires et se faisait l'idéologue d'un système politique étatique. Les membres initiés (hommes et femmes) étaient groupés dans une série d'ordres de citoyens à caractère corporatif: Ngil (guerre, police, justice), Ndong-Mba (confession, pardon, mœurs), Bebom-Mvet (poètes guerriers: encadrement idéologique), etc. Le Ngil incarnait l'appareil d'Etat en tant qu'institution de contrôle social; le Ndong-Mba est une institution complémentaire du précédent, en tant que «police des mœurs»; quant à l'Ordre Bebom-Mvet, il incarne en fait la culture fang. La transmission, par voie initiatique, des récits des hauts faits légendaires et historiques du peuple fang donne aux membres du Bebom-Mvet le monopole du Cycle des Chroniques d'Engong. On y trouve toute la cosmogénie du peuple fang, « Peuple d'Engong », soit Peuple de Fer ou encore Peuple d'Immortels. La conquête coloniale bloqua malheureusement l'évolution harmonieuse de cette civilisation fang. Le royaume benga, sur les côtes méridionales du Rio Muni, fut une conséquence de l'action du commerce de traite amorcé au xv<' siècle. C'est avec les rois benga qu'à partir de 1840 traitèrent la plupart des puissances coloniales qui visaient les territoires du golfe de Guinée, en particulier l'Espagne, dès 1843, puis la France, peu après. Les rois benga qui gouvernaient alors étaient assistés par une cour d'Anciens et aidés de vice-rois dans les diverses provinces et îles. Quant aux Bubi de Fernando Poo, après une série d'hégémonies régionales exercées par de grands chefs de tribu, s'imposa finalement un «chef des chefs ~. 17

Mais les guerres tribales et le banditisme déchirèrent la société bubi jusqu'au XVII" siècle. Sous la conduite des chefs riabba et de leur police-armée, la Lojua, l'ordre fut restauré, transmis dans les districts par l'intermédiaire de chefs (botuku) ayant rang de nobles (baita). Ces charges étaient héréditaires et se transmettaient par la lignée maternelle. Avec une propriété privée de type domanial et de nombreuses inégalités sociales, la société bubi contrastait fort avec la démocratie fang; la monarchie héréditaire bubi, limitée seulement par un Conseil royal, régnait sur une société très inégalitaire.

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Chapitre Il

La colonisation

1. Phase pré- et protocoloniale On peut négliger la très hypothétique visite au Mont et à l'île de Fernando Poo qui lui fait face par le Carthaginois Hannon. Le premier Européen à aborder la région, au nom du roi du Portugal Joao II, le fera en 1471-72. Fin 1469, Alphonse V du Portugal, dit l'Africain, avait amodié au navigateurmarchand Fernao Gomez da Minha le commerce de la côte occidentale de l'Afrique, au sud du Sierra Leone, pour une durée de cinq ans. Dès 1471, la côte du Ghana était explorée (d'ailleurs on y trouve encore un fort appelé Mina). Gomez da Minha, contre le droit de commercer le long de la côte guinéenne, avait l'obligation de découvrir chaque année cent lieues au-delà du Sierra Leone, ce qui lui fit révéler l'existence de Sâo Tomé et Principe en 1474. Ces deux îles étant situées plus au sud que Fernando Poo, il semble logique d'imaginer l'arrivée des premiers Européens dans cette île vers 1471-72. L'île fut d'abord baptisée Formosa (Belle-lIe), probablement par l'aventurier Lopo Gonzalez, accompagné de Fernao do Po dont on ne sait rien de précis. C'est à partir de la fin des voyages de Pernâo Gomez da Minha que les rois du Portugal se mirent à porter le titre de seigneurs de Guinée, principalement

Cameroun

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4: acquis ~ les territoires du district de Biafra. Sao Tomé devint rapidement le principal établissement portugais de la région. Un for de 1493 lui attribue la responsabilité de Fernando Poo, cette île faisant alors officiellement partie de la sphère commerciale de sâo Tomé. Sur les deux îles commencèrent alors à se développer des plantations de canne à sucre. En 1507 déjà, le Portugais Ramos de Esquivel tenta de coloniser la région de la baie de Concepcion (baptisée ainsi en 1739 seulement, par G. Carbonell, et appelée ultérieurement Melville Bay par les Anglais), située sur la côte est de l'île. La baie de Concepcion se garnit de plantations de canne à sucre et d'une factorerie. Toutefois, la résistance des Bubi et les fièvres semblent avoir réduit à néant cette tentative. Par contre, la colonisation portugaise réussit sur d'autres tronçons de côte d'une île qu'en 1506-1508 Duarte Pacheco Pereira (Esmeralda de Situ Orbis) donnait pour fortement peuplée. Duarte précise qu'alors le Mont Cameroun était appelé Serra de Fernao do Po, soulignant ainsi l' «appartenance:l) portugaise non seulement de l'île, mais aussi de la partie continentale qui lui fait face. Plus tard, Pigafetta (Relatione dei Reame di Congo, 1591) ajoutait que l'estuaire du fleuve Wouri (Cameroun, 5° N) était initialement appelé Fernao do Po, précisant qu'en face de son embouchure, à trente-six milles, émerge «l'île qui porte le même nom :I). Par une bulle du pape Paul III, de novembre 1534, l'évêché de sâo Tomé put étendre sa juridiction sur Fernando Poo et Annobon (petite île équatoguinéenne, légèrement au sud de l'équateur, à 355 km du continent). Avec l'occupation portugaise, la région s'enrichit de végétaux nouveaux apportés d'Asie et d'Amérique, le plus visible étant le cocotier (alors que l'arbre à pain n'arrivera qu'au XIX" siècle grâce aux missionnaires méthodistes de la Jamaïque). Au milieu du XVIIesiècle, l'embouchure du rio Utamboni et les îles gardant l'estuaire du Muni (Elobeyes, Corisco, etc.) étaient occupées par les Portugais et servaient de bases pour le troc avec les autochtones. En 1656, après le déploiement de marins hollandais dans le golfe de Guinée, les

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Portugais - par analogie avec la néerlandaise Compagnie des Indes occidentales - créèrent la Compagnie de Corisco. Parallèlement aux progrès des commerçants, l'Eglise catholique tentait de s'implanter partout. Elle échoua toutefois face à la population de l'île d'Annobon où, en 1770 encore, les chanoines A.L. Monteiro et G. Martins das Neves de la cathédrale de Sâo Tomé durent, après un an de séjour, renoncer à tout empiètement étranger et ceci en raison de l'hostilité de la population. L'île d'Annobon a été aperçue une première fois en 1471-72 par les navigateurs portugais Joao de Santarem et Pedro de Escobar, mais il semble que c'est un certain Ruy de Sequeiros, qualifié de domestique du roi du Portugal, qui foula comme premier Européen le sol de l'île, le 1 janvier 1474, d'où l'appellation d'Anno Bom = An!}obon. En 1592 fut envoyé de 8âo Tomé un gouverneur subalterne, accompagné d'un instituteur et de quelques Africains, la plupart de Jorge de Melo, qui revendit ses droits à Luis de Almeida pour 400 000 reales, et qui peupla réellement l'île avec des Noirs amenés de Sâo Tomé (la plupart issus de l'Angola). Le 30 octobre 1623 arrivèrent à Annobon onze navires de l'expédition hollandaise dite de Nassau, dirigée par l'amiral Jacques L'Hermitte, pour y faire eau et aussi pour s'approvisionner en oranges, abondantes sur l'île en ce temps-là, à ce qu'il semble. En raison de vols divers, le gouverneur portugais dut faire arrêter quelques officiers hollandais. Le village principal, Palé, comptait alors 400 habitants. Entre 1645 et 1647, ainsi qu'en 1654, des capucins en route pour le Congo tentèrent vainement d'évangéliser la population de l'île. En 1656, un essai de colonisation par Diego Delgado, de Sâo Tomé, en particulier avec de la canne à sucre, devait échouer. On sait qu'à la fin du XVIIesiècle, Annobon était administrée par un gouverneur originaire de Galice, Ferrera Velozo. L'île servait alors de relais pour les navigateurs portugais en route pour l'Angola et les Indes orientales. A la suite de déviations du catholicisme pratiqué sur Annobon, diverses expéditions missionnaires y furent envoyées, dont celle du frère Pinto

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de Fonseca, en 1757, mais toutes échouèrent. Durant les XVIIe et XVII~ siècles, les Annobonais vendaient des toiles de c coton ~ à Sâo Tomé, probablement confectionnées avec le produit des kapokiers (ceiba). Par le Traité de San Ddefonso (1er octobre 1777), confirmé par celui du Pardo (24 mars 1778), le Portugal céda à l'Espagne sa seigneurie de Guinée avec les droits sur Fernando Poo, Annobon et les côtes et îles du golfe de Guinée, depuis le Niger jusqu'à l'Ogoowe, non sans continuer à y pratiquer le commerce, dont la traite d'esclaves. Le gouverneur portugais de Fernando Poo et d'Annobon était alors Joâo Manuel de Azambuja, avec résidence au Dahomey (Bénin), où subsiste une tour à son nom. Signés peu après l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique du Nord, les deux traités mirent fin à la vieille controverse hispano-portugaise relative à la délimitation du Brésil, par le transfert des droits portugais dans le golfe de Guinée à l'Espagne, en échange de l'île de Santa Catalina, au sud du Brésil. Le traité du Pardo, entre Maria I du Portugal et Carlos III d'Espagne, adjugeait à cette dernière, notamment par sa clause XIII, la côte africaine entre le delta du Niger et l'embouchure de l'Ogoowe (Cap Lopez, de Lopo Gùnçalvez, par contraction). Aucun Etat européen ne protesta contre ce traité, si.non quelques marchands négriers non ibériques. Le traité dit: «Sa Majesté Fidélissime (u.) cède à Sa Majesté Catholique (u.) l'île d'Anno bon (u.) et de même (.u) l'île de Fernando Poo pour que les vassaux de la couronne d'Espagne s'y puissent établir et négocier dans les ports et fleuves du Gabon, du Cameroun, de Saint-Dominique, de Cap Formosa et autres de ce District ». Compte tenu de l'arrière-pays, le domaine hérité par l'Espagne dans la région du golfe de Guinée a pu être estimé à quelque 800 000 km2. Les Portugais restèrent nombreux dans la région: à la fin du XIXesiècle, le consul du Portugal, Diaz de Acunha, possédait à Concepci6n (Fernando Poo) une finca (plantation) de cacaoyers de 150 ha. Et durant la première moitié du Xxe siècle travaillait encore sur l'île la société portugaise Bon Esperanza, pendant que 22

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