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CAMEROUN : LE COMBAT CONTINUE

De
208 pages
Ce livre est à la fois la manifestation d'une colère et l'expression d'une conviction : la colère de voir son pays, le Cameroun, s'enfoncer chaque jour un peu plus dans une déchéance morale et matérielle incommensurable ! A partir d'une expérience personnelle, des choses vues et vécues, l'auteur nous livre ici un diagnostic accablant sur la véritable nature du régime camerounais et sur la situation qui y prévaut malgré certaines apparences passablement trompeuses. Un ensemble d'idées nouvelles sont exprimées ici et constituent un ouvrage politique fort intéressant.
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Cameroun: le combat continue

(Ç)L'Harmattan,

2001

ISBN: 2-7475-0139-6

Richard Mbouma Kohomm

Cameroun. le combat continue

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y 1K9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Collection Études Africaines

Dernières parutions
Pierre DANHO NANDJUI, La connaissance du Parlement ivoirien, 2000. Arsène OUEGUI GOBA, Côte d'Ivoire: quelle issue pour la transition ?, 2000. Mahamoudou OUÉDRAOGO, Culture et développement en Afrique: le temps du repositionnement, 2000. Mourtala MBOUP, Les Sénégalais d'Italie, Emigrés, agents du changement social, 2000. Jean-Baptiste Martin AMVOUNA ATEMENGUE, Sortir le Cameroun de l'impasse, 2000. Emmanuel GERMAIN, La Centrafrique et Bokassa (1965-1979), 2000. Marcel GUITOUKOULOU, Crise congolaise: quelles solutions ?, 2000. Cheikh Yérim SECK, Afrique: le spectre de l'échec, 2000. Félix YANDIA,La métallurgie traditionnelle du fer en Afrique centrale, 2001. Facinet BÉAVOGUI, Guinée et Liberia XVle-xxe siècles, 2001.

"

Si tu avances, tu meurs ,.

si tu recules, tu meurs. Alors, pourquoi reculer? "
(Devise des guerriers Zoulous)

Aux héroïques

compatriotes,

Rudolf Duala Manga Bell, Mayi Ma Mben, Essono Ela, PaulMartin Samba, Adolf Ngosso Din, Mbida Mengue, Ludwig Mpondo Akwa, Simeko'o Angoula, Ruben Urn Nyobe, Félix Moumié, Ernest Ouandjié, Ossendè Mana, Marcel Nguini, Georges Walter Ngango et beaucoup d'autres moins célèbres... Tous morts, certains les armes à la main, d'autres fusillés, pendus ou assassinés pour la libération du Cameroun; d'autres encore, véritables hérauts de la République, sacrifiés à l'autel des ingratitudes régnantes. A Papa et à Maman, rappelés à Dieu à fleur d'âge, eux qui n'ont eu que le temps de m'engendrer. A Mon adorable et très chère épouse, compagne d'infortune, des humiliations et des jours sans gloire,

Le combat continue

AVERTISSEMENT

J'attire l'attention du lecteur sur le fait que les lignes qui suivent ont été écrites sur un style dont les mots peuvent paraître durs aux yeux de certains, à la considération de beaucoup d'autres, comme dépouillés de toute élégance rédactionnelle. D'abord, en écrivant ce livre, mon souci n'était ni d'ordre esthétique ni celui de la perfection syntaxique. Ma préoccupation essentielle était plutôt celle de la restitution d'une vérité jugée nécessaire à mes yeux. Ensuite il y a bien longtemps que j'ai cessé non seulement d'avoir peur de dire ce que je pense mais aussi, du souci de chercher à plaire à tout prix. Je sais, il n'est pas toujours aisé pour celui qui en est l'auteur, de se placer sur la position du
n

parler vrai n. Surtout, quand il s'agit du Prince régnant ou

de ses sicaires. Un bras armé a vite fait de vous réduire au silence à jamais! Ou un procès, bien ficelé par des hommes liges, vous transformer en loque humaine dans une de ces lugubres geôles de sinistre réputation. Qu'importe! Mort pour mort, vie pour vie, je reste convaincu que chacun doit à ses concitoyens, à ses contemporains et à la postérité, le bilan de ses actes, l'explication de ses agissements, la responsabilité pleine et entière de ses décisions. Enfm, si je me suis résolu à écrire ce livre, c'est aussi pour porter un témoignage sur ce que j'ai vu, entendu et vécu pendant ces quinze dernières années au Cameroun, pays dont il sera beaucoup question tout au long de ce livre.

Un pays qui était naguère promis à toutes les splendeurs et qui sombre depuis lors, de manière inexorable dans une décadence spirituelle, morale et matérielle incommensurable ! Est-ce pour autant le Cameroun, ce beau et grand pays, serait-il condamné à jamais à la déliquescence et à la déshérence ?Je ne le crois pas. Car, ses considérables ressources tant humaines qu'économiques lui permettront un jour, quand il trouvera un dirigeant à la dimension de son histoire, de renaître comme Phoenix, de ses cendres. C'est parce que je crois très fort à cette renaissance que j'ai voulu à travers ce livre, exprimer mon optimisme et dont les mots, si durs soient-ils, n'ont pour finalité que celle d'entretenir chez mes compatriotes qui semblent déboussolés et tétanisés par le chaos dominant, la flamme de l'espoir. Que le lecteur donc, dans son immense indulgence, puisse excuser les fautes d'écriture, la dureté de langage et le ton passablement sentencieux.

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REMERCIEMENTS
Qu'il me soit permis ici de remercier en premier ma femme. Sans elle, je crois que je n'aurais pas eu toute la sérénité requise pour écrire ce livre. Elle a su m'apporter à des moments de grand désarroi, la chaleur affectueuse dont j'avais besoin, la tendresse amoureuse qui m'a mis en confiance. Mes pensées de gratitude vont ensuite à Georges Walter Ngango, cet illustre disparu. Grâce à lui, j'ai pu comprendre

les contradictions du régime politique appelé n le Renouveau
" dont il a été un des principaux idéologues. TIfut mon mentor au cours de la période où je fus associé à la promotion de

la politique du n Renouveau n pendant les premières années
du règne de M. Paul Biya. J'ai encore en mémoire ses doctes conseils à la tonalité un tantinet professorale et ses critiques avisées à la lecture de mon éditorial de présentation du numéro spécial que mon journal consacra en cette année 1985 aux " grands enjeux du renouveau". De même, je resterai à jamais reconnaissant à Henri Bandolo, cet illustre confrère lui aussi disparu et qui, dès mon retour au Cameroun après plusieurs années d'absence, me témoigna de son amitié et de sa disponibilité toutes confraternelles. Avec Henri Bandolo, Pierre Boumana et beaucoup d'autres, nous fûmes en réalité les nouveaux initiateurs du débat politique contradictoire au Cameroun en ces années de parti unique, de régime oppressif, de police politique... Malgré la terreur, nous avions coutume de disserter en toute liberté d'esprit chez" Kiki ", une sorte de " Madame Claude" à la camerounaise, sur les concepts philosophico-politiques, sur les idéologies régnantes ici et là. De ces joutes oratoires interminables - il nous arrivait parfois d'y passer des nuits entières - , il est resté le goût de la discussion de la chose publique chez beaucoup de Camerounais qui y venaient souvent nous écouter disserter allègrement. L'ouverture politique des années 90 au Cameroun n'est venue que consacrer ce que Henri, les autres et moi avions

LE COMBAT CONTINUE

commencé. Nous formions alors à cette époque-là, une joyeuse bande de copains qui rêvaient de refaire le Cameroun. Un jour de Novembre 1989, je décide d'aller à Dakar rencontrer Ahmadou Ahidjo, premier Chef de l'Etat Camerounais, qui y vivait en exil après sa démission volontaire de Novembre 1982 et les péripéties militaro-politiques des années 1983 - 1984. La raison de cette visite? Obtenir la version des faits du premier Président de la République du Cameroun sur les tragiques évènements qu'a connu le pays et sur les raisons profondes de sa démission. Malheureusement, je ne pus le rencontrer car, au moment où j'arrive à Dakar, l'ancien Président se trouve dans le Midi de la France où il possède une résidence. De retour dans la Capitale Sénégalaise, le Président Ahidjo succombera quelques jours après à une crise cardiaque. Malgré cette mauvaise nouvelle, je décide tout de même de rester encore quelques jours à Dakar afm d'assister au moins à ses obsèques faute de n'avoir pu m'entretenir avec lui. À voir le nombre impressionnant de hauts dignitaires arabes et africains se masser au cimetière Yoff pour accompagner dans sa dernière demeure cet auguste personnage, je compris que M. Ahmadou Ahidjo fut un grand Chef d'Etat. Je fais ce petit rappel pour remercier M. Samuel Eboua qui, en lisant son livre" mes dix ans avec Ahidjo ", m'a permis de saisir la dimension et la stature de notre ancien Chef d'Etat à qui j'ai pourtant été politiquement opposé. Comment oublier Mrs Venant- Bernard Noa, JeanJacques Nyemb Mboui et Jacques-Philbert Tsimi mes compagnons d'infortune qui ont toujours fait montre d'un attachement et d'une sollicitude à mon égard sans lesquels, ma solitude sur les trottoirs de Yaoundé aurait été encore plus grande. Qu'ils trouvent ici l'expression renouvelée de ma profonde gratitude. Bien évidemment, je ne saurais terminer ces remerciements sans dire un mot sur le regretté Président Marcel Nguini ; mon beau-père. Mon deuxième père. Homme d'exception. 12

REMERCIEMENTS

Sa vie durant, il fut caractérisé par sa probité et son dévouement à la cause nationale. Haut magistrat, il présida avec droiture et abnégation pendant plus de vingt ans aux destinées de la Cour Suprême. Dans un pays où les décisions de justice s'achètent au plus offrant, M. Nguini Marcel a été l'exception qui constituera pour longtemps encore l'exemple pour des générations à venir. Quand ma femme me présenta à son père alors que nous ne venions que de nous connaître, il me regarda droit dans les yeux et me posa cette question: " aimez-vous ma fille cher Monsieur? " Oui lui répondis-je. " Alors, moi aussi, je vous aime" me dit-il. Voilàun homme qui ne m'avait jamais vu auparavant, à qui l'on avait déjà dit que sa fllle sortait avec un bandit et qu'il ne devrait pas accepter qu'un non" béti " -l'ethnie de ma femme - et de surcroît" Bassa" - l'ethnie dont je suis originaire épousât la fllle du Président de la Cour Suprême alors qu'elle est convoitée par des gens importants du régime... TIme dira plus tard, agonisant sur son lit de malade, loin de tous les courtisans, abandonné par cet Etat qu'il avait si loyalement servi sans se servir comme c'est la coutume chez tous ceux qui ont profité de leurs fonctions pour piller le pays et par ceux-là mêmes qui profitèrent de sa position de pouvoir pour faire carrière, combien il regrettait qu'on ne se soit pas connu au moment où il était encore un homme puissant. "Nous aurions pu faire des choses... " me dira-t-il. Comme celle par exemple de lui permettre d'écrire ses mémoires. Qui manqueront hélas cruellement à cette histoire du Cameroun qu'il faudra réhabiliter. Malgré tout, il connaissait avant sa mort, le projet de ce livre. TIaurait aimé le lire. Dieu en a décidé autrement. Une fois encore, Marcel Nguini fut un deuxième père pour moi. Car m'ayant adopté sans à priori ni réticence, je ne peux que lui en être infiniment reconnaissant. Comme ma femme et mes parents, il fait à jamais partie de ces êtres qui auront toujours une place dans mon cœur.

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AVANT-PROPOS
" Celui
qui a commis une erreur et ne la corrige pas commet une autre erreur" (Confucius)

Le 8 Mars 1995, je fus arrêté par la police politique du régime en place au Cameroun et incarcéré à la Prison Centrale de Yaoundé à la demande des Dirigeants du R.D.P.C. (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) Parti au Pouvoir. J'ai passé dans ce sinistre lieu quatre mois de souffrance physique et mentale, sans jugement, victime expiatoire de la machination d'un règne démoniaque. Cet épisode malheureux m'a contraint malgré moi de faire une pause, de jeter un regard sans complaisance sur ma vie, sur un parcours qui ne manque pas de singularité. Non point qu'à cinquante-trois ans, l'envie subite m'est prise de vouloir écrire mes mémoires; ou celle de rédiger une autobiographie qui pourrait paraître prématurée. Je crois qu'avec la bénédiction divine, je connaîtrai ce moment où nécessairement il me faudra intégrer dans un récit destiné à la postérité, les diverses expériences que peut connaître un homme, celles qui sont faites de privations, de combats multiples et de péripéties de toutes natures d'une existence dont le caractère a été façonné à l'épreuve des faits. Néanmoins, ce livre est tout de même ma manière de regarder en face mes erreurs, mes errements et autres turpitudes, mes certitudes et mes doutes, mes espoirs et mes déceptions, ce à quoi j'ai cru, pourquoi je me suis souvent trompé sur les gens, les choses, les évènements. Un Maître Tibétain disait que ttlorsqu'on se trouve devant deux chemins et qu'on ne sache pas lequel prendre, il faut choisir le plus difficile. Car, lorsqu'on veut vivre une expérience profonde, une expérience enrichissante, c'est le chemin le plus difficile qui y conduit". Mon choix de vie est un long chemin difficile. Je

LE COMBAT CONTINUE

considère donc que ce qui m'est arrivé devait arriver! Pourquoi me plaindrais-je donc? Je sais qu'il arrive toujours dans la vie d'un homme, le moment où il doit choisir entre se coucher face à l'ennemi, à l'adversaire ou aux difficultés et celui de rester debout pour combattre. J'ai choisi de rester debout. Cela dit, je crois que ce qui m'a le plus décidé à écrire ce livre, c'est la volonté de dire en quoi j'ai mal au Cameroun, mon pays. Un pays qui s'enfonce chaque jour davantage dans les ténèbres d'une décadence sans précédent. Le calme apparent qu'on y observe ne doit tromper personne. TIcamoufle mal une crise politique et sociale larvée, l'échec cuisant d'une gestion économique catastrophique. Le responsable de cette situation chaotique? Le régime politique dit de " Renouveau" qui sévit au Cameroun depuis 1982. Même si je suis parmi ceux qui avaient soutenu ce régime au début du règne de M.Paul Biya - beaucoup de Camerounais comme moi crurent en ce temps-là aux principes de gouvernement énoncés à savoir: démocratisation, libéralisation, rigueur et moralisation- qui devaientalorsguider l'action politique du régime; or à l'évidence, ce ne fut qu'un leurre. Cependant, cela ne saurait m'empêcher aujourd'hui d'avoir le sens des bilans, l'exigence intellectuelle des révisions idéologiques, le devoir moral de l'autocritique des actions passées. A bien regarder, à vrai dire, les malheurs du Cameroun, le paradoxe de son existence prennent leurs racines dans les évènements de la première guerre mondiale. Tout au moins, en partie. En effet, c'est en 1918, lors de la Conférence de Versailles après la victoire des alliés sur l'Allemagne, que la France et la Grande-Bretagne, sur mandat de la Société des Nations, se partageant le Cameroun comme une " dépouille de guerre" que débutent nos malheurs: division du pays en deux parties, amputation des pans entiers du territoire plus de 120.000 km2 furent rattachés par la France à ses colonies d'Aftique Centrale; embastillement des populations, leur asservissement aux travaux forcés, déportations massives des familles qu'on obligea à quitter

-

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AVANT

- PROPOS

leur milieu traditionnel d'habitation... C'est sous ce climat de terreur, instauré par les Autorités coloniales qu'intervient la seconde guerre mondiale. Déclenchée par Hitler au nom de la politique" d'espace vital" des Nazis qui concernait aussi le Cameroun puisque le Führer réclamait la restitution de notre pays à I'Allemagne dans le cadre de la stratégie de conquête allemande en Afrique connue sous l'appellation de " Mittel Africa". Laquelle visait à constituer un grand empire colonial allant de Buéa au Cameroun à Zanzibar en Afrique de l'Est. Malheur qui se poursuit avec la répression aveugle et la guerre coloniale que livre les Autorités Française aux Nationalistes de l'U.P.C. (Union des Populations du Cameroun) parti nationaliste créé en 1948 et qui, dès sa fondation, pose le problème de la Réunification des deux Cameroun, l'accès à la Souveraineté Nationale par le biais de l'Indépendance et la restitution des parties du Cameroun rattachées aux colonies françaises d'Afrique Centrale. Dès lors, le Cameroun, ce " hinterland ", naguère promis à un bel avenir, bascule dans une nuit historique qui n'en finit pas! Aujourd'hui encore et probablement plus qu'hier, il est menacé par une crise socio-politique qui risque d 'hypothéquer gravement son avenir si nous n'y prenons garde. Tous les signaux sont au rouge: politique, économique, social... Face à une telle menace de dislocation, les esprits sérieux et soucieux du devenir de ce beau et grand pays, attendent anxieusement que les femmes et les hommes politiques - ceux qui gouvernent et ceux qui aspirent à gérer les affaires du pays -, puissent proposer sans tarder des solutions appropriées pour que demain, des générations entières ne soient condamnées comme aujourd'hui à l'errance, au chômage, à la misère, au désespoir et à l'atonie. Ou pire, finissent par sombrer dans la violence. Depuis 40 ans, le despotisme du règne prolongé d'Ahmadou Ahidjo et celui autocratique de Paul Biya son successeur constitutionnel - régime du Parti17

LE COMBAT CONTINUE

Etat, du culte du chef, de l'idéologie totalitaire, de la terreur policière, du contrôle absolu de la société par un Etat hypertrophié et hypercentralisé, des libertés bafouées, du non-respect des droits de l'homme etc. Le tout, entretenu dans un climat de haine sociale encouragée officiellement par un tribalisme et un clientélisme exacerbés et érigés en dogme, ont créé toutes les béances qui enfoncent inexorablement le Cameroun dans une effroyable déconfiture. Le mal camerounais est polymorphe: faillite d'un Etat gargantuesque ; saccage d'une économie déjà largement extravertie, un corps social décadent, une citoyenneté complètement éclatée! le responsable de cette situation ubuesque? La mauvaise gouvernance d'un régime funeste qui dure depuis 18 ans. La Nation Camerounaise se cherche. Elle tâtonne; égarée, sapée par les lubies criminelles d'un Pouvoir politique dont la vacuité des discours n'a d'égale que la nullité de ses dirigeants toujours prompts aux avanies de toutes sortes et qui agressent en permanence le peuple par l'étalage arrogant et ostentatoire des fortunes volées. La corruption endémique pour la juguler il faut autre chose que des mesurettes en trompe-l'œil - la dépravation généralisée des mœurs et des comportements, l'absence de modèles sociaux et de véritable leadership, le renoncement collectif aux valeurs humaines qui fondent une société solide et l'immoralité abjecte des pseudos élites détruisent chaque jour davantage notre pays. Pendant que beaucoup d'autres pays africains comparables au nôtre s'efforçent de sortir de l'obscurantisme et de la barbarie, il semble qu'au Cameroun, la chronique des années noires n'est pas prête d'être close. Les pages les plus récentes de l'histoire de notre pays ces dernières années sont encore humides du sang de nos parents, de nos frères et de nos amis tombés sous des balles, emportés par des catastrophes naturelles, des hécatombes accidentelles, tués par la torture, la famine ou par le manque de soins médicaux ! Comment ne croirait-on pas que ces boubous et ces cos18

AVANT

- PROPOS

turnes étincelants qu'on aperçoit vautrés derrière les rutilantes limousines de Yaoundé et de Douala ne soient de grotesques oripeaux qui camouflent malles corps repus de ceux qui en seraient responsables? Car, il faut dire qu'au Cameroun aujourd'hui, parler de Satan et de démons pourrait paraître aux yeux de certains comme de simples histoires d'épouvante pour enfants turbulents. Alors que dans la réalité, il y a bel et bien des individus qui sont devenus des fervents disciples du vrai culte à Satan, des adeptes assidus des sectes démoniaques, des officiants endiablés des messes noires! Motifs? Garder le Pouvoir à tout prix, accéder à la puissance de domination et au plus colossal des enrichissements par tous les moyens! A croire qu'à ce stade, nul génie bien pensant ne peut remuer par la raison notre peuple qui semble complètement tétanisé! Mais peut-être que cette tâche salvatrice incombera bientôt à un Être d'exception qui, animé par un courage héroïque pourra accomplir le grand labeur. En ce momentlà, les fossoyeurs de tous bords doivent savoir que quand les tams-tams du grand réveil retentiront, le Peuple Camerounais n'écoutera plus les grossiers mensonges des puissants chancelants, ni le brouhaha des radoteurs de service. Son oreille ne cherchera qu'à entendre la grande voix du Sauveur.
Quel sera cet Homme?

Est-ce l'homme qu'attend le Peuple Camerounais? L'homme qui lui rendra enfm le goût de vivre et le sens du bonheur? Le bonheur et la vie auxquels il aspire depuis longtemps et dont les conditions se sont dégradées ces dernières décennies. Sera t-ill'homme que les martyrs de l'Indépendance ont prophétisé avec un si brûlant désir? Celui que la jeunesse de notre pays attend avec tant d'impatience? Telles sont les lancinantes questions que tous les Camerounais conscients de la grave situation dans laquelle se trouve leur pays et les amis étrangers qui sont soucieux de 19

LE COMBAT CONTINUE

l'avenir du Cameroun, se posent en cette fin de siècle, époque cruciale qui verra naître bientôt un nouveau millénaire. Cet homme providentiel qui, par sa stature et son action, sera capable de faire renaître le Cameroun, tel un Phœnix, de ses cendres. En mettant fin à une époque lugubre, grosse de tous les périls, cet homme d'exception et d'envergure, pourra nous faire retrouver l'ordre et la discipline sans lesquels rien de sérieux ni de solide ne peut se faire; il pourra faire en sorte que notre dignité perdu soit restaurée. Sous sa direction éclairée, les Camerounais retrouveront la vraie liberté et une meilleure sécurité qui leur seront garanties par la primauté du droit. Tels sont mon souhait et mon espoir. C'est le désir de les partager avec mes concitoyens et tous ceux qui partagent la conviction que l'Afrique s'en sortira et le Cameroun avec, que j'ai voulu écrire ce livre. Car, j'ai définitivement compris que, quelles que soient les difficultés, les situations pénibles et les malheurs, il n'y a pas de fatalité ni pour un homme, ni pour un peuple, ni pour un pays. TIfaut avoir foi en ses capacités, être conscient de ses possibilités, se fixer des buts et agir. Seule l'action invente des solutions bonnes ou mauvaises aux problèmes quand ils se posent. Ne dit-on pas que la vie est un combat? Le mien continue.

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