CHANGEMENTS AU FEMININ EN AFRIQUE NOIRE

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Les textes regroupés ici sont des études littéraires et anthropologiques couvrant l'Afrique centrale, l'Afrique occidentale, le Kenya, le Botswana, l'Afrique du Sud, les États-Unis et la France. Ils s'articulent, dans leur thèmes, les problématiques de la mondialisation telles que les femmes les vivent, en souffrent et en usent.
Volume II : Littérature
Publié le : samedi 1 janvier 2000
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EAN13 : 9782296397897
Nombre de pages : 160
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CHANGEMENTS

AU FÉMININ

EN AFRIQUE

NOIRE

ANTHROPOLOGIE

ET LITTÉRATURE

Volume II

Sous la direction de DANIELLE DE LAME et CHANTAL ZABUS

CHANGEMENTS AU FÉMININ EN AFRIQUE NOIRE
ANTHROPOLOGIE ET LITTÉRATURE

Volume II: Littérature

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

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L'Harmattan, 1999 ISBN 2-7384-8361-5

Remerciements

Le présent ouvrage constitue essentiellement les actes d'un colloque tenu à l'Université catholique de Louvain, campus de Louvain-la-Neuve, en décembre 1997. Ce colloque était organisé à l'initiative de l'Association belge des Africanistes. Comme membres du Comité de cette Association, nous voulons redire à nos collègues combien leurs suggestions et leur soutien nous ont été utiles. Sollicité en dernière minute, le Professeur Michael Singleton nous fit l'amitié d'ouvrir le colloque avec la profondeur, la gentillesse et l'humour qui lui sont coutumières. Nous le remercions d'avoir ainsi débridé nos , pensees. La Faculté de Philosophie et Lettres de Louvain-la-Neuve et, en particulier, le service de "Literary- and Cultural Studies in English", nous a offert l'aide de son personnel et l'hospitalité de ses locaux. Cependant, sans le soutien du Fonds national de la Recherche Scientifique, des Services d'Information de l'Ambassade des Etats-Unis d'Amérique (USIS) à Bruxelles et de la Communauté française de Belgique, le colloque n'aurait pu avoir lieu. Le Musée royal de l'Afrique centrale (Africa Museum, Tervuren, Belgique) a généreusement offert un appui logistique, en matériel et en personnel, lors du déroulement du colloque. Madame Sony Van Hoecke, du service des publications, a pu assurer le lay-out de l'ouvrage. Nous la remercions et nous remercions la Direction du Musée de . , . , . nous aV01r assure ce soutIen precIeux. Il nous reste à remercier notre graphiste de couverture, Ching Shiow Lu. Naviguant entre sa Chine natale, son Europe d'adoption et l'Afrique lointaine, elle a fait échapper à la virtualité les créations identitaires auxquelles le papier montre encore pâte blanche.

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SOMMAIRE Volume I ANTHROPOLOGIE LISTE DES AUTEURS AVANT-PROPOS D. DE LAME ET
D. DE LAME

9

C. ZABUS

13

Que sont mes amis devenus? Se re-créer des rapports de genre W. VANBINSBERGEN La chambre de Mary, ou comment devenir consommatrice à Francistown,

17

Botswana

37

F. DE BOECK 'Dogs Breaking their Leash': Globalization and Shifting Gender Categories Diamond Traffic Between Angola and DRCongo (1984-1997) D. RODRIGUEZ-TORRES La libre entreprise au féminin. Une typologie de la prostitution

in the 87

à Nairobi,

Kenya

115

S. NYANCHAMA OKEMWA Wombs and Graves, Witches and Whores. Gusii Paradoxes in a Context of Land Commodification J.1. GROOT AERS Zande Prophetesses at the Articulation Local CtÙture and World Religion R.DEVISCH Les Eglises de guérison à Kinshasa et la villagisation matricentrée de la ville M.C. FOBLETS Les enjeux des femmes sud-africaines locales, entre la nouvelle constitution les exigences du droit international et des traditions et of

147

183

203

235

6

SOMMAIRE Volume II LITTÉRATURE LISTE DES AUTEURS AVANT-PROPOS
D. DE LAME et C. ZABUS 11 15 9

c. ZABUS Une civilisation de femmes
1. ASSIBA D'ALMEIDA Problématique de la mondialisation des discours féministes africains O. CAZENA VE Roman africain au féminin et immigration. Dynamisme du devenir A. KING De l'universel au particulier chez deux féministes africaines en France, Calixthe Beyala et Michèle Rakotoson M. SCHIPPER Le champ littéraire de la Mère Afrique et de ses filles. Race et genre en Afrique du Sud mondialisée E. BEKERS Women's Rites and (W)Human Rights: Female Genital Excision in African Women's

27

49

71

87

Writings

101

1. MEURET Maigritude, pré/ ascription d'un remède universel dans 'A fleur de peau' de Tsitsi Dangarembga

121

CONCLUSION B. SAUNDERS Des fantasmes de genre dans le système monde (et de ce qu'il convient d'en faire)

143

7

Liste des auteurs

IRÈNE ASSIBAD'ALMEIDAis Associate professor of French and Francophone African Literature at the University of Arizona at Tueson. She is the author of a.o. Francophone African Women Writers: Destroying the Emptiness of Silence (University Press of Florida, 1994). She translated works such as Achebe's Arrow of God. Born in Benin, she graduated at French and Nigerian Universities, and got her Ph.D. from Emory University. She is also involved in creative writing, mainly in French. Some of her poems appeared in the Heinemann Book of African Women's Poetry (London 1995), in New Poets of West Africa (Lagos 1995), a.o. LIESBETHBEKERSest assistante en anglais à l'Université SaintIgnace d'Anvers (UFSIA). Elle rédige actuellement une thèse sur la représentation de l'excision dans la littérature africaine d'expression anglaise. ODILE CAZENA est Visiting Associate Professor en littérature VE africaine et antillaise à Wellesley Colllege, et Adjunct Associate Professor à l'Université du Tennessee. Auteur de Femmes rebelles:naissance d'un nouveau roman africain au féminin (L'Harmattan, 1996) j à paraître en anglais chez Lynne Rienner Publishers, 1999), Cazenave a publié de nombreux articles sur les écrivains femmes africaines et antillaises, sur les questions d'identité, d'écriture du corps, de métissage et d'interracialité. Elle vient de terminer une étude portant sur la jeune génération d'écrivains africains installés en France, pour laquelle elle a obtenu une bourse de recherche à l'Institut Bunting de Radcliffe College (1997-98). ADÈLEKING is Professor of French at Ball State University. She previously taught at three universities in Nigeria. Her publications include the first book on Camara Laye (The Writings of Camara Laye, Heinemann, 1980) and a study of five French women novelists (French Women Novelists: Defining a Female Style, Macmillan, 1986). She has also published a book and a collection of essays on Camus. ISABELLE MEURET est assistante en anglais aux Facultés Universitaires catholique de Mons (Belgique). Elle rédige actuellement un thèse en littérature de langue anglaise sur le

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thème de <<l'art de la faim» ou les différentes l'anorexie mentale dans la littérature contemporaine.

formes

de

MINNEKESCHIPPERis Professor of Intercultural Literary Studies and Head of the Department of Literary Theory and Comparative Literature at the University of Leiden (Netherlands). She is the author of a.o. Theatre and Society in Africa (1985), Beyond the Boundaries (1989), Conrads Rivier (fiction, 1994) and The Soul Eater (1998). Her Imagining Insiders: Africa and the Question of Belongingis forthcoming. BARBARA SAUNDERS est docteur en philosophie de l'Université d'Utrecht, chercheur et professeur associé au Département de Philosophie de l'Université catholique de Louvain (Leuven, KUL). Elle est l'auteur de nombreuses publications sur la théorie des couleurs et les peuples aborigènes. CHANTAL ZABUS est Professeur de littérature anglaise et de littérature comparée à l'Université catholique de Louvain (Belgique), où elle dirige également l'Institut de littérature. Africaniste et comparatiste de formation, elle a publié, entre autres. The African Palimpsest (Rodopi, 1991) et End of Century : Rewriting « The Tempest" in a Postcolonial, Postmockm and Postpatriarchal Context est à paraître. Elle vient d'éditer Le Secret: Motif et moteur de la littérature (avec une Préface de Jacques Derrida) (Louvain-la Neuve, 1999) et a, en préparation, un livre sur l'autobiographie et la pratique rituelle de l'excision dans la littérature post-coloniale. Elle a fondé en 1996, avec deux autres collègues, le groupe interfacultaire d'études-femmes (GRIEF) à l'uCL.

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Avant-Propos

a cette pretentlOn. C'est un devoir accompli avec d'autant plus de plaisir que les courants de pensée actuels incitent les chercheurs autant que les artistes à déplier les éventails des désirs et des trajectoires. Nous livrons ainsi aux lecteurs un ensemble de textes, et d'études de textes, fort variés à plusieurs égards. Tous, cependant, ont pour thème les effets, sur les femmes, de divers aspects de la mondialisation. Ces effets sont, bien entendu, multiples, mais aboutissent, en fin de compte, à remettre en cause la définition même des genres. Plutôt que de parler de femmes, nous aurions préféré intituler notre recueil "féminins changeants d'Afrique noire", indiquant par là le caractère culturellement construit et donc, contingent, des attributs masculins et féminins. Ce sont ces constructions culturelles qui expriment et donnent forme aux rapports sociaux, et non la biologie. Le choix a été cependant,

Les textes que nous présentons ici ont, pour la plupart, fait l'objet d'une présentation orale lors d'un colloque organisé à l'Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve) en décembre 1997. Si, depuis, nous avons abandonné le titre "Femmes africaines et mondialisation. Transformations des rôles" c'est plusieurs raisons, et qui se tiennent. Il semble bon de les examiner en guise d'introduction. Un tel titre n'est plus, certes, commercial. Le motif de cette perte d'attrait n'est pourtant pas la pléthore des publications sur ce thème, du moins parmi les publications en langue française. C'est plutôt, parmi ces publications, une difficulté à quitter les sentiers battus de l'exotique désincarné qui, s'embourbant dans les doubles ornières de la répétition (para)académique et de la contradiction activiste, aboutit à la lassitude. Cette lassitude a beaucoup à voir avec l'impossible quête d'une production, encore et toujours, de la vérité. Quant à nous, abordant le terrain de façon d'emblée contestable à travers les chemins rarement croisés de l'anthropologie et de la littérature, , il nous,. a semblé devoir, du même coup,
renoncer

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premier lieu, l'intér&t des écraivain(e)s dont le but est d'être lu(e)s et de faire connaître leur sort et celui de leurs semblables. Les prophétesses et les trafiquantes ont donc plutôt également mauvaise presse chez les littéraires: trop I meconnues. A u d etour de la comparaIson reapparaIt une des ambitions des anthropologues, celle de faire connaître ceux et celles qui n'ont pas accès aux réseaux de la parole et de l'écrit. Il nous a semblé utile de mettre anthropologie et littérature côte à côte, non seulement pour pointer vers de nouvelles synergies, mais aussi pour infirmer certains mythes d'incompatibilité. Dans sa préface au livre Les femmes dans la littérature africaine (1998), Coquery-Vidrovitch émet, par exemple, un postulat qui nous paraît erroné. Selon cette historienne, "la littérature nous apprend plus et de façon autrement [plus] plaisante que ne le fait la littérature dite savante des anthropologues et des historiens. Par vocation, en effet, les anthropologues se penchent davantage sur les us et coutumes du passé dont beaucoup, qu'on le regrette ou non, sont en train de passer
l 'I A

d'aborder les transformations de rapports de genre à partir du point de vue des femmes. Les thèmes abordés ici (la consommation, les trafics, l'excision, l'anorexie mentale, la prostitution, le prophétisme féminin) le sont par des spécialistes de l'anthropologie et de la littérature. Sur le plan thématique, les textes recueillis se complètent, tandis que sur le contenu, ils rendent compte de la rugosité des textures tissu culturel et tissu littéraire - qui ne présentent pas partout sur le ocntinent africain ou en terre d'exil les m&mes aspérités. Les critiques littéraires sont, en effet, tributaires des auteurs. Ceux-ci, s'adressant à des publics différents, choisissent les thèmes les plus aptes à capter leur public. Ils s'expriment aussi, de préférence, à propos de thèmes qu'ils ou elles connaissent, parfois jusque dans leur chair, et qui sont donc, forcément plutôt liés à un milieu urbain et, en tout cas, à un milieu lettré. Dans certains cas, ces auteurs décrivent des trajectoires sociales portant des protagonistes d'un milieu à l'autre. Le plus souvent, ils livrent des représentations. Ainsi, des thèmes frappants au regard des normes occidentales relatives à la , I l' sexua IIte, a l 'est h etIque corpore Il e et a l amour, captent, en ' ' '

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au folklore"1 Depuis longtemps, en effet, l'anthropologie ne dort plus à l'ombre du vocable d'ethnologie, rivé presqu'exclusivement à la tradition française. Echappée de la modernité coloniale, l'anthropologie se consacre à l'humain dans le foisonnement de ses diversités. La littérature, en se penchant sur les tactiques de survie féminines, les tribulations quotidiennes de l'exil, les douloureux vécus corporels, les complexes chassés-croisés de sororités verticales et horizontales entre femmes africaines, n'en est pas plus "plaisante" que le texte anthropologique. Le tissu littéraire et le tissu anthropologique s'entrecroisent, au-delà des catégories d'espaces francophone et anglophone, et forment une mouvance de "logiques métisses" , de binarismes démantelés, de féminins changeants, pour lesquels la mondialisation est tantôt un facteur d'oppression et de contamination, tantôt opportunités nouvelles et trafic ludique que les femmes récupèrent à leurs propres fins. Si, comme le veut la formule consacrée, les opinions exprimées dans cet ouvrage n'engagent que leurs auteurs, le parti-pris résolument (post-)féministe n'engage que ses rédactrices,

Danielle de Lame et Chantal Zabus

1 Denise Brahimi & Anne Trevarthen 1998, Les femmes littérature africaine: portraits (Paris, Karthala et Ceda, p.S. 13

dans la

UNE CIVILISATION

DE FEMMES

par Chantal Zabus
Université catholique de Loumin

Si, comme le postule Irène Assiba d'Almeida en ouverture à cette section littéraire, la mondialisation n'est autre qu'une accélération post-coloniale de la colonisation, l'Afrique serait en cette dernière décennie du vingtième siècle en phase néo-coloniale, victime du mono culturalisme euro-américain. L'Afrique serait dès lors non seulement mal partie mais également mal arrivée. Mais mon propos n'est pas d'interroger ce trafic globalisant de significations qu'est la «mondialisation», qui est elle-m&me en crise et génératrice d'inégalités, comme l'ont fait récemment Fredric Jameson et Masao Miyoshi dans The Cultures of Globalization (1998).1 Il s'agit plut8t de montrer en quoi cette culture globalisante a contribué à créer ce que l'on pourrait appeler « une civilisation de femmes ». J'utilise ici le pluriel à dessein pour me démarquer du colloque d'Abidjan sur « la civilisation de la femme» qui a eu lieu en 1972 et ainsi illustrer le glissement du singulier « la femme» vers le pluriel « les femmes », glissement qui
marque également la transition, dans les pays occidentaux, entre la mouvance féministe des années 60 et le postféminisme des années 90. Cette« civilisation de femmes» se veut post-patriarcale et peut-hre, comme le souhaite Werewere Liking, «de jaspe et de corai1».2 De par son

appartenance

à la « communauté de dauphins» évoquée par

1 Fredric Jameson & Masao Miyoshi, eds. The Cultures of Globalization (Durham & London: Duke University Press, 1998). Voir surtout Fredric Jameson, "Notes on Globalization as a Philosophical Issue", pp. 54-77. 2 D'après le titre du roman de la Camerounaise Werewere Liking, Elle sera de jaspe et de corail:Journal d'une mislYUireParis: L'Harmattan, 1983). (

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Julia Kristeva,3 cette civilisation serait également en dialogue avec elle-même tout en restant à l'écoute du discours ventriloquiste masculin renfermé dans ce globe/ globule que l'on nomme le « global village ». Avec en toile de fonds un multivocalisme dit « post-culturel » dans le sens où les identités culturelles ont cessé d'être stables et homogènes4 et sont même
«

meurtrières, » selon l'expression récente d'Amin Malouf,

le présent volume a pour but d'interroger, à travers les disciplines de la littérature et de l'anthropoplogie (donc, le texte littéraire et le tissu culturel), ce trafic de féminins changeants en Afrique noire. Par la même occasion, on sera à même d'évaluer l'émergence de féminismes théorisés depuis le continent africain, l'Europe (en particulier, la France) et les Etats-Unis. Ces féminismes africains aussi variés que la «féminitude» (Beyala), le «misovirisme» (Liking), le «womanism» adapté de l'Afro-Américaine Alice Walker, démontrent à quel point les femmes africaines sont à la recherche d'un syncrétisme imaginatif féminin, tant littéraire que sociétal, qui se situerait en dehors du patriarcat mais pas nécessairement en dehors de « l'Occident» dans le sens où il se ressourcerait de manière éclectique auprès de celui-ci tout en déshémogénisant les (post-)féminismes qu'il a produits.5 Bien que soucieux de la fissiparité des féminismes, des spécificités ethna-culturelles et des multiples instabilités idéologiques de l'Afrique au féminin, le présent volume postule, dans son versant littéraire, un univers
3 La "communauté de dauphins" est l'expression de Julia Kristeva pour désigner une "communauté de femmes." Voir Joëlle Vitiello, "Ecriture féminine maghrébine et lieux interdits," in Notre Librairie: Nouvelles écrituresféminines, 117/1 (avril-juin 1994), p. 86. 4 Voir, entre autres, Clifford Geertz, The Interpretation of Cultures: Selected Essays (New York: Basic Books, 1973); James Clifford, The Predicament of Culture: Twentieth-Century E thrwgraphy, Literature and Art (Cambridge, Ma: Harvard University Press, 1988); et Ulf Hannertz, "The W orid in Creolization," Africa, 57:4 (1987). 5 Voir Ann Brooks, 'What is Postfeminism?' in Postfeminisms: Feminism, Cultural Theory and Cultural Forms (1997) (London & New York: Routledge, 1998), pp. 1-10. Voir également Sara Ahmed, "Intimate Touches: Proximity and Distance in International Feminist Dialogues", Oxford Literary Review: Knowledge, Learning and Migration, ed. Caroline Rooney, 19 (1998), pp. 19-46, surtout la section "International Feminism?", pp. 28-33.

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