COMMENT RÉUSSIR UNE PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE EN AFRIQUE

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Ce livre est le témoin et en même temps le fruit de quinze années de travail pour réfléchir sur la notion de participation démocratique en Afrique. Cet ouvrage est un plaidoyer en faveur du développement de la participation démocratique en Afrique et se propose de prendre la mesure de ce qui peut et doit être fait pour la promouvoir.
Publié le : vendredi 1 janvier 1999
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EAN13 : 9782296364103
Nombre de pages : 112
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COMMENT RÉUSSIR LA PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE EN AFRIQUE

Tous droits de traduction réservés Adaptation finale du texte Brigitte Venturi Réalisation, pré-impression: TexTua, Rotterdam
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PADEP/L'HARMATTAN
ISBN. 2-7384-6643-5

1999

COMMENT RÉUSSIR LA PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE EN AFRIQUE

Sous la direction de Kwasi Adu-Amankwah et Gérard Kester

Ce livre a requis les contributions de Kwasi Adu Amankwah, Patrick Agbesinyale, Gumah Ahmed Awudu, Samuel Chambua, Massa Coulibaly, Raoul Galarraga, Aimé Tchabouré Gogué, Evance Kalula, Gérard Kester, Nadedjo Bigou Laré, Fatima Maiga, Tacko Oumou Maiga, EI-Khider Ali Musa, Tiécoro Sangaré, Ousmane Oumarou Sidibé, Sékéné Moussa Sissoko, Brigitte Venturi et Reina de Vree.

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Sommaire
Prologue

l'AFRIQUE POUR lA PARTICIPATION

DÉMOCRATIQUE

7

Chapitre 1
UN MÉCONTENTEMENT GÉNÉRAL ET AMER

La recherche de données sur le monde du travail Les conditions sur le lieu de travail de quoi être mécontent L'emploi et les revenus La condition syndicale La sous-représentation syndicale le cas des femmes Aspirer à la participation démocratique La pratique de la participation des travailleurs sur le lieu de travail La participation syndicale au niveau local, régional, national et international

11 11 14 19 22 26 32 36 41

Chapitre 2 lA PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE: UN VÉRITABLE DÉFI POUR lES SYNDICATS

47 49 51 52 55 57

Améliorer la démocratie interne et la représentation des femmes dans les structures syndicales Renforcer les négociations collectives et les négociations sur le lieu de travail Promouvoir la participation sur le lieu de travail L'organisation du secteur informel Etendre la participation au-delà du lieu de travail

Chapitre 3
COMMENT RÉUSSIR lA PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE

Concevoir un modèle de participation adéquat Un cadre de soutien Une législation favorable à la participation

59 60 65 79

5

Epilogue
CONSOLIDER LA DÉMOCRATIE

La crise et le vide institutionnels Pas de démocratie sans participation Le rendez-vous des syndicats avec l'histoire Annexes Le PADEP Plan d'action pour la participation démocratique Adresses utiles Publications PADEP Bibliographie choisie Sigles

85 85 88 89

93 95 101 103 105 109

6

Prologue

L'AFRIQUE POUR LA PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE

Ce livre porte sur la démocratie et explore la manière dont la participation démocratique des travailleurs peut élargir et approfondir le processus de démocratisation. L'idée sous-jacente du travail présenté ici est que la démocratie peut uniquement survivre si elle est participative, et que la démocratie participative est une condition nécessaire pour le développement. De nombreux politiciens et d'importants groupes de la société civile en Afrique ont pris conscience de ce phénomène en adoptant, en 1990, la Charte africaine de la participation populaire au développement et à la transformation. Cette Charte réhabilitait les valeurs et objectifs de la participation mais ne formulait ni politique ni stratégie afférentes. Ces dernières années en outre, la Banque mondiale, le PNUD, l'OCDE entre autres ont déclaré que la participation était vitale pour un développement durable et effectif. La participation est une notion difficile à définir parce qu'elle touche à toutes les dimensions de la société: l'économie, la politique, le social et le culturel. Dans le domaine des relations de travail, la notion de "participation des travailleurs" fait généralement et principalement référence à la prise de décision. Ce phénomène doit être défini dans une perspective dynamique. La participation des travailleurs est un processus de transformation progressive des relations de travail. Par l'accumulation et l'institutionnalisation des pratiques participatives, les travailleurs acquièrent une influence indépendante, significative et effective sur les prises de décision aux différents niveaux de la gestion et/ou de la politique menée par l'entreprise. Cette influence peut, à travers les syndicats, s'étendre à tous les niveaux décisionnels, au-delà de l'entreprise. La notion de participation se réfère le plus souvent au partage du pouvoir mais elle est aussi utilisée dans un sens plus large: un partage dans la distribution des revenus (profits) et de l'emploi (démocratie économique) et un partage de la production (meilleure utilisation des ressources humaines). Le concept de "participation populaire" est la 7

notion la plus globale et fait référence à la fois au partage du pouvoir, au partage des revenus et de l'emploi et au partage de la production. Les tentatives d'introduire la participation en Afrique dans les années ayant suivi l'indépendance ont été un échec cuisant. Des leaders charismatiques tels Nasser, Nyerere et Kaunda ont joué un rôle marquant en incluant les politiques de participation dans leurs stratégies globales
- bien souvent de nature socialiste - pour le changement et le

développement. Cependant, dans la pratique, la participation n'a pas pu se développer sur des bases solides du fait de la forte "charge idéologique" qui entourait sa mise en place dans les premiers temps et de l'omniprésence d'un parti doctrinaire. La participation qui fut introduite par décrets (présidentiels) n'était à quelques exceptions près pas légalisée, et quand elle l'était, la législation n'était pas suffisamment solide pour contrer les pratiques industrielles héritées du colonialisme. La participation pouvait donc aisément être manipulée par les gouvernements. La "participation responsable" telle qu'on l'appelait alors consistait, notamment dans les anciennes colonies françaises, à coopter des dirigeants syndicaux pour appliquer la politique du parti et à imposer la paix sociale et une meilleure productivité. Le destin des régimes mobilisateurs d'après l'indépendance en Afrique est bien connu. Le pouvoir conquis démocratiquement a corrompu les dirigeants. Il s'est opéré un glissement de l'utopie au slogan, du slogan au dogme, du dogme à la répression, de la répression à la dictature voire à la tyrannie. Conformément à cette évolution la participation a changé: initialement objet de libération sociale et économique, elle est devenue objet de manipulation et d'exploitation. L'ajustement structurel et son pendant, le néo-libéralisme, sont entrés en scène au début des années 80. Ils dominent depuis le développement économique et social du continent. Des réformes économiques se faisaient attendre depuis longtemps peut-être, mais ces deux-là ont fait immanquablement sentir leur présence. La souffrance de la population a augmenté, les dettes se sont alourdies. Pendant ce temps, des privilèges ont continué d'être concédés à une petite élite qui a accaparé les biens publics en prétextant qu'ils seraient ainsi mieux gérés. Les protestations ouvertes ont été étouffées mais le sentiment d'injustice des populations s'est profondément enraciné. Au bout du compte, la fin de la guerre froide a donné un coup de pouce au néolibéralisme. L'espoir a de nouveau jailli quand la "démocratie" est devenue le nouveau principe d'organisation du changement. La plupart des gens 8

descendus dans la rue pour réclamer la démocratie l'ont fait parce qu'ils en avaient assez de la mauvaise gestion, du népotisme, du détournement de fonds publics et du non-respect des droits de 1'homme. L'intensification des pressions populaires signifiait que le peuple n'avait plus confiance en l'Etat. Ces manifestations ont aussi révélé une prise de conscience de la population et sa volonté de montrer qu'elle est capable de se mobiliser pour survivre, pour se faire entendre, pour prendre part aux décisions, même si elle dérange. Quand les vents du changement ont balayé l'Afrique, la participation des travailleurs n'a pas été reléguée aux oubliettes avec les anciens dirigeants, idéologies et systèmes. Il en a été tout autre en Europe de l'Est où la "participation" est devenue un mot grossier dans le débat politique. Comme nous le verrons dans le chapitre 1, l'intérêt pour la participation ne s'est pas érodé parmi les travailleurs et les militants syndicaux à la base. Des études PADEP confirment le besoin, sinon la soif, de participer de la plupart des représentants des travailleurs. Il ne s'agit pas uniquement du besoin d'exprimer ses idées, ses critiques et de les partager; il s'agit aussi pour les représentants des travailleurs et les délégués syndicaux de contribuer à la productivité et l'efficacité sur le lieu de travail, et de voir ces contributions reconnues et appréciées. Comme le précise le Programme de reconstruction et de développement de l'Afrique du Sud: "La démocratie ne se confine pas aux périodes électorales mais est un processus actif permettant à chacun de contribuer à la reconstruction et au développement: l'objectif global du gouvernement est de démocratiser l'économie et de donner plus de pouvoir aux opprimés de l'histoire, notamment les travailleurs et leurs organisations, en encourageant une plus large participation aux décisions

économiques des secteurs privé et public. "
La recherche et l'expérience du Programme africain pour le développement de la participation des travailleurs (PADEP) déclencheront, nous l'espérons, un débat politique sérieux sur la participation des travailleurs. Le débat a déjà été lancé par les chercheurs du PADEP dans le livre Syndicats africains, à vous maintenant! (pour une démocratie durable). La thèse principale de ce livre est que les syndicats sont des éléments clés de la société civile et qu'ils ont joué un rôle crucial dans l'instauration d'une démocratie politique dans de nombreux pays africains. La prochaine gageure pour les syndicats consiste à appliquer l'égalité entre hommes et femmes dans les activités syndicales et à jouer un rôle capital dans l'installation d'une démocratie durable. N'occupent-ils pas une position stratégique pour aider à démocratiser l'économie? 9

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