Congo : Le temps du devoir

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Publié le : lundi 1 janvier 1996
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EAN13 : 9782296304642
Nombre de pages : 102
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Congo Le temps du devoir

Le Général Jean-Marie Michel MOKOKO

Congo: Le temps du devoir

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

@ L'HARMATTAN,

1995

ISBN: 2-7384-3372-3

" Lorsqu'une cité démocratique, altérée de liberté, trouve dans ses chefs de mauvais échansons, elle s'enivre de ce vin pur au-delà de toute décence ,. alors, si ceux qui la gouvernent ne se montrent pas tout àfait dociles et ne luifont pas large mesure de liberté, elle les châtie, les accusant d'être des criminels et des oligarches" Platon, La République

Avant. propos

Ces quelques pages veulent être un témoignage et l'expression d'un engagement politique par devoir. Témoignage d'un homme qui, après avoir observé de très près le fonctionnement des institutions et le comportement des dirigeants au plus haut niveau de l'Etat, s'est retiré aujourd'hui et s'efforce de mieux comprendre et d'analyser. Devoir parce que je réponds à un appel pressant, celui de contribuer à recréer toutes les conditions pour redonner confiance à mes compatriotes, soucieux de retrouver la cohésion nationale. Nous le savons l'Etat au Congo s'est affaibli et paupérisé en raison de l'ampleur des dissensions, des dysfonctionnements, et de l'esprit partisan qui règne au sein de la haute hiérarchie. Il n'est donc plus en mesure de garantir à chacun le droit à la vie, à la mobilité sur toute l'étendue du territoire national. L'ensemble du peuple attend un vaste mouvement politique capable de faire resurgir les valeurs démocratiques et une nouvelle éthique publique. Il veut que cesse le piétinement des droi~s fondamentaux de la personne humaine et que soit mis un terme à la 9

dégradation sociale qui contribue inexorablement à la démotivation, des forces vives de la Nation. En agissant ensemble dans le cadre d'un nouveau pacte républicain, nous parviendrons à relancer le dialogue national complètement interrompu, et à redéployer sainement l'action de l'Etat. Un Etat qu'il nous faut contribuer à relégitimer en le dotant d'instruments de gestion plus performants. Car Notre société est bloquée du fait du refus des dirigeants politiques de faire fonctionner les procédures constitutionnelles et administratives. Le maintien de la gestion opaque de la trésorerie publique en particulier en est une parfaite illustration. Face à la suppression brutale de la vie par les armes et par la faim, à la démolition des biens patrimoniaux, à la désorganisation du circuit financier de l'Etat, à l'effritement du pouvoir d'achat, à l'inacceptable ethno-régionalisation du commandement de la Force publique, il nous faut réagir sans tarder si l'on ne veut voir se perpétuer l'exclusion et la logique meurtrière. Nous vivons une très grave crise qui touche au plus profond les organes vitaux de la société congolaise. Elle nous oblige à repenser et à vivre autrement notre citoyenneté. Non seulement parce que la démocratie se trouve dans une voie sans issue mais, pire, nous venons de le dire, parce que la nation congolaise est aujourd'hui menacée dans son existence même. L'affrontement violent entre communautés par milices interposées en particulier, a annulé momentanément toute opportunité de gestion commune de notre destin. Et c'est contre tout cela, contre ce gâchis national, que nous nous devons de réagir. Car il n'y a point de fatalité. Les moyens humains en vue d'une 10

organisation performante ne nous font nullement défaut. Ensemble, nous pourrons réparer les dégâts si tant est que nous nous ressaisissons sans rancoeur ni animosité. . C'est à mon métier des armes que je dois d'avoir pu observer de près les différentes évolutions de la situation de notre pays. J'ai fait ce qui était en mon pouvoir de faire pour sauver à mon niveau en décembre 1993 les institutions de mon pays. Ce n'est pas de gaieté de coeur qu'à la fin du mois de juin 1993 j'ai proposé au Président de la République ma démission. C'est par devoir envers ma conscience, et envers mon pays. C'est par devoir aussi que je m'adresse à mes concitoyens de bonne volonté. Pour qu'ensemble nous tentions de réfléchir sur les voies possibles et susceptibles d'aider au redressement de la situation devenue aujourd'hui désastreuse.

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