CRIMES ET PROCES CELEBRES DE L'HISTOIRE

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De la condamnation de Socrate à l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, cet ouvrage brosse un tableau hétéroclite et historique des grandes affaires qui ont marqué notre histoire.

Publié le : lundi 4 mai 2009
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EAN13 : 9782759007448
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STUDYRAMA PERSPECTIVES
CRIMES ET PROCÈS CÉLÈBRES DE L’HISTOIRE
ALIX DUCRET SABINE DE LA GOUTTE
4| Frédégonde, la reine sanguinaire… des historiens?
3| Agrippine : une sombre histoire de vengeance
9| Agnès Sorel, la favorite assassinée
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6| Isabelle, Catherine: le temps des louves
12| Jérôme Savonarole, pourfendeur d’un siècle corrompu
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11| Le meurtre des enfants d’Edouard
1| Socrate : mourir pour ses idées
Petite histoire du droit romain
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er 17| Charles I , martyr de la révolution anglaise
16| François de Montmorency: victime du duel
18| Les sorcières de Salem ou l’histoire d’une hystérie collective
5| Les Templiers : l’ordre condamné
8| Gilles de Rais, le sanguinaire seigneur de Machecoul
14| François Ravaillac : « au plaisir de Dieu »
10| Jacques Cœur: quand l’argent ne fait pas le bonheur
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SOMMAIRE
19| De la Brinvilliers à l’affaire des poisons
13| Elisabeth Bathory: la comtesse sanglante
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La main de la justice au Moyen Age
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INTRODUCTION
2| César :Tu quoque mi fili !
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15| Leonora Galigaï: histoire d’un bouc émissaire
7| Jeanne d’Arc: un procès joué d’avance
SOMMAIRE
20| L’affaire Calas: histoire d’une manipulation
21| MaratCorday, victimes d’un idéal
22| De l’Auberge rouge à la maison du docteur Holmes
23| Charles Darwin ou le procès de l’évolutionnisme
24| Abraham Lincoln, un symbole abattu
25| Jack l’Eventreur, un célèbre inconnu
26| Alfred Dreyfus: victime ou volontaire?
27| Oscar Wilde: la morale jugera
28| La bande à Bonnot: la technologie au service du crime
29|« Ils ont tué Jaurès ! »
30| Henri Désiré Landru, le sieur de Gambais
31| Al Capone,le seigneur de Chicago
32| Les sœurs Papin et Bonnie and Clyde: crimes sous influence ou crimes en duo?
33| Léon Trotski: la mort du frère
34| Marcel Petiot, le « docteur Satan »
35| Les époux Rosenberg: le temps du maccarthysme
36| John Fitzgerald Kennedy ou le mythe américain
Regards croisés sur la justice pénale française et américaine
Bibliographie
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INTRODUCTION
« Caïn, qu’astu fait de ton frère ? » Dans la Genèse, l’histoire de l’humanité commence par un meurtre. Le premier d’une longue série. Un crime inspiré par la jalousie et la haine ; l’assassinat d’un homme par son propre frère… « Caïn, qu’astu fait de ton frère?»interroge encore le Seigneur. Mais n’estce pas à l’humanité tout entière que s’adressent ces mots ? L’histoire des crimes et des procès célèbres est, en quelque sorte, l’histoire de ce que l’humanité a de plus vil mais aussi de plus humain. La haine, la jalousie, l’avidité, le pouvoir, l’argent, le sexe sont le lot commun de ces affaires, qui vont du suicide de Socrate à l’assassinat de Kennedy. Mais plus qu’un recueil des folies et des passions de l’humanité, placé sous l’angle historique plus que judiciaire, les auteurs ont eu à cœur de jouer sur les parallèles entre les époques, les continents, les personnages aussi, tout en émaillant cet ouvrage d’indications sur les justices antique, médiévale et francoaméricaine. Certaines affaires, plus ou moins célèbres, ont également été l’occasion de découvrir le mythe de Dracula, la magie et la sorcellerie, le créationnisme et son corollaire, le néocréationnisme, bref autant de sujets qui, s’ils n’entrent pas directement dans le cadre de la justice ou de la criminalité, entrent certainement dans celui de l’histoire des mentalités, de l’humanité.
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CRIMES ET PROCÈS CÉLÈBRES DE L’HISTOIRE
1| Socrate : mourir pour ses idées
Echécrate :« Te trouvaistu toimême, Phédon, aux côtés de Socrate le jour où il but le poison dans sa prison, ou estce un autre qui t’a renseigné ? » Phédon :« J’y étais moimême, Echécrate. » Echécrate :« Eh bien, que ditil à ses derniers moments, et comment mourutil ? » Phédon :« Quand l’heure approcha, il se leva et passa dans une autre pièce pour prendre son bain. Criton le suivit ; quant à nous, Socrate nous pria de l’attendre. Nous l’attendîmes donc, tantôt en nous entretenant de ce qu’il avait dit et le soumettant à un nouvel examen, tantôt en parlant du grand malheur qui nous frappait. Nous nous sentions véritablement privés d’un père et réduits à vivre désormais comme des orphelins. Quand il eut pris son bain, on lui amena ses enfants – il avait deux fils encore petits et un grand – ainsi que ses parentes. Il s’entretint avec elles en présence de Criton, leur fit ses recommandations, puis il dit aux femmes et à ses enfants de se retirer et luimême revint nous trouver. Le soleil était près de son coucher ; car Socrate était resté longtemps à l’intérieur. Après cela, l’entretien se borna à quelques paroles ; car le serviteur des Onze se présenta et s’approchant de lui : “Socrate, ditil, je ne me plaindrai pas de toi comme des autres, qui se fâchent contre moi et me maudissent, quand, sur l’injonction des magistrats, je viens leur dire de boire le poison. Pour toi, j’ai eu maintes occasions, depuis que tu es ici, de reconnaître en toi l’homme le plus généreux, le plus doux et le meilleur qui soit jamais entré dans cette maison, et maintenant encore, je suis sûr que tu n’es pas fâché contre moi, mais contre les auteurs de ta condamnation, que tu connais bien. A présent donc, car tu sais ce que je suis venu t’annoncer, adieu ; tâche de supporter le plus aisément possible ce qui est inévitable.” Et en même temps, il se retourna, fondant en larmes, pour se retirer. Socrate, alors, levant les yeux vers lui : “Adieu à toi aussi, ditil ; je ferai ce que tu dis.” Puis s’adressant à nous, il ajouta : “Quelle honnêteté dans cet homme ! Durant tout le temps que j’ai été ici, il est venu me voir et il a parlé
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SOCRATE : MOURIR POUR SES IDÉES
de temps à autre avec moi. C’était le meilleur des hommes, et maintenant encore, avec quelle générosité il me pleure ! Mais allons, Criton, obéissons lui ; qu’on m’apporte le poison, s’il est broyé, sinon, qu’on le broie.” » Et Socrate, stoïque, but. Et Socrate mourut. La question est de savoir pourquoi…
Philosophe, adepte de la simplicité, voire de la pauvreté, promoteur de la vertu et de la connaissance, Socrate n’aura été qu’une « victime collatérale » d’un combat politique qui plonge ses racines dans la déstabilisation d’Athènes. Tout a commencé en 431 avant J.C. A cette époque, le combat est latent depuis e la fin des guerres médiques – première moitié duV siècle avant J.C. – entre Athènes et Sparte. Un combat qui prend un tour nettement plus guerrier avec la guerre du Péloponnèse, qui s’étend aux principales cités grecques, lesquelles répugnent à se laisser dominer par la très démocratique Athènes. La guerre du Péloponnèse est autant une guerre d’influence – notamment économique – qu’une opposition entre deux visions de la civilisation. Et elle va s’étendre sur près de trente années. Trente années au cours desquelles Athènes connaîtra la révolte, la remise en question de son système politique – la démocratie – et, avec la perte de sa flotte, de son hégémonie aussi bien militaire qu’économique. Au point d’ailleurs que lorsque la démocratie est rétablie, en 403 avant J.C., la cité paraît exsangue. C’est dans cette cité en plein désarroi, au bord de l’implosion, que se situent le procès et la condamnation de Socrate. Un procès et une condamnation placés sous le signe des idéaux ; un procès et une condamnation marqués par la peur d’un échec… encore un.
Déjà, en 411, alors que la guerre s’éternisait, la démocratie avait été renversée et avait fait place au régime des QuatreCents, que refusera de reconnaître la flotte, principale force militaire, et qui s’effondrera dès l’année suivante avec le rétablissement de la démocratie et la poursuite du conflit. Ce dernier ne devait s’achever qu’en 404 avant J.C. avec le blocus terrestre et maritime de la cité, qui est alors contrainte à se rendre. Athènes est en proie à l’incertitude : les
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CRIMES ET PROCÈS CÉLÈBRES DE L’HISTOIRE
partisans de Théramène tentent d’imposer une nouvelle Constitution, ceux de Critias et de Charmides promeuvent le gouvernement d’une élite. Les démocrates s’enfuient, les proscriptions commencent : Athènes est au bord de la guerre civile. Paradoxalement, c’est Sparte qui, sous l’égide de Pausanias, souverain de la cité lacédémonienne, servira d’entremetteur pour ramener le calme. Un calme tout relatif et qui conduit la cité à s’unir sur un retour aux valeurs les plus traditionnelles.
C’est alors que commence l’« affaire Socrate ». Fils d’un tailleur de pierre et d’une sagefemme, Socrate est un penseur. Un penseur qui est allé au bout de son devoir de citoyen en participant, en tant que soldat, à la guerre du Péloponnèse. Ayant fait le choix de la pauvreté, du retour à la nature, il sait attirer à lui la jeunesse athénienne par son éloquence et son sens de la dialectique. « Je n’ai pas d’autres buts, en allant par les rues, que de vous persuader, jeunes et vieux, qu’il ne faut pas donner le pas au corps et aux richesses et s’en occuper avec autant d’ardeur que du perfectionnement de l’âme. »Telle était la philosophie de Socrate, ici rapportée par Platon dans sonApologie.Rien que de sain ; rien de dangereux pour la démocratie athénienne. Pourtant, Socrate se montre incisif ; il s’interroge, interroge les autres. Notamment cette jeunesse dorée qui l’entoure et paraît, à force d’interrogations, remettre en question les croyances traditionnelles. C’est du moins ce qui transparaît dans son enseignement et cela bien que nous n’en ayons aucune trace directe, les seuls écrits étant ceux de Platon et de Xénophon. Des preuves indirectes qui laissent supposer que ces disciples, et notamment Platon, ont attribué certaines de leurs propres pensées au vieux sage d’Athènes. Mais peu importe. Car la question de l’impiété n’était pas nouvelle : Anaxagore, en 460 avant J.C., était allé plus loin en affirmant l’existence du « nous », une intelligence suprême interférant sur tout l’univers. Poursuivi par la même accusation, il avait dû s’exiler… Pour Socrate, il n’y aura pas d’exil. Et la faute en est probablement à Socrate luimême. Déjà, en 425 avant J.C., il avait été accusé par Aristophane de ne pas croire aux dieux et de corrompre la jeunesse. Mais cette fois, Athènes ne
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laissera pas passer le doute. Car on pouvait se gausser des dieux, les tourner en dérision même, mais uniquement sous l’excuse du rire, du divertissement. Mettre sérieusement en doute leur existence, c’était mettre en doute l’existence même de la cité. Or, en 399 avant J.C., alors que la cité se remet à peine de la défaite et qu’elle a échappé à la révolution oligarchique des QuatreCents, elle ne peut se le permettre. Socrate décide de se défendre seul. Et il le fait avec talent… sans rien renier de ses idées :« Vous verrez croître le nombre de ces enquêteurs que j’ai retenus jusqu’à présent, sans que vous vous en aperceviez. Car si vous croyez qu’en tuant les gens, vous empêcherez que l’on vous reproche de vivre mal, vous êtes dans l’erreur. »(Platon,L’Apologie de Socrate.) Socrate trouble, convainc même, au point que 281 juges populaires – les héliastes – le déclarent coupable contre 220 qui l’innocentent. Le résultat est serré, et sans doute Socrate n’auraitil eu à subir qu’une faible amende s’il ne s’était pas moqué des juges, s’il ne les avait pas défiés en proposant qu’il soit nourri et logé au prytanée pour services rendus à la patrie. Dès lors, la partie est finie : Socrate est condamné à boire la ciguë. Une condamnation à laquelle il aurait pu échapper, reportée qu’elle était en raison des fêtes religieuses qui devaient avoir lieu. Mais le vieil homme – il a alors approximativement 70 ans – s’y refuse. Il semble même appeler la mort de ses vœux. « Mais voici l’heure de nous en aller, moi pour mourir, vous pour vivre ; qui de nous a le meilleur partage, nul ne le sait, excepté le dieu. »(Platon,L’Apologie de Socrate.)
Alix Ducret
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2| César :Tu quoque mi fili !
En 509 avant J.-C., le règne tyrannique du souverain étrusque Tarquin le Superbe s’achève grâce à la révolte menée par un certain Lucius Junius Brutus. Quatre siècles plus tard, un homme descendant d’Enée et de Vénus, un fils d’Iule, légendaire fondateur d’Albe-la-Longue, part à la conquête de cette royauté depuis si longtemps abolie. Il y laissera la vie…
Neveu par sa mère du célèbre général Caius Marius et gendre de Cinna, Jules César, qui proclamait également une ascendance quasi divine, avait un bel avenir devant lui. Pourtant, personne, jamais, n’aurait pu penser que ce jeune homme dissipé et grand amateur de femmes se révélerait un tel génie… Classé d’office comme membre du parti « populaire », César suivit tranquillement la carrière des honneurs : questeur en 69 avant J.C., édile quatre ans plus tard puis préteur en  62, il devint consul en 59 avant J.C. et fonda le premier triumvirat avec Pompée et Crassus. Sa victoire sur Vercingétorix et la soumission de la Gaule en 52 allaient accentuer sa soif d’honneurs et de pouvoir. César avait acquis le gouvernement de la Gaule, province riche et tremplin pour d’autres conquêtes, en 58 avant J.C. La révolte du jeune chef arverne Vercingétorix allait être l’occasion pour le Romain de prouver son génie militaire et d’attacher à son sort des milliers de légionnaires. C’est aussi à cette époque que la rivalité entre César et Pompée va s’exacerber – Crassus étant mort en 53 avant J.C. César, vainqueur en Gaule, traversera finalement le Rubicon et écrasera Pompée à Pharsale en  48 : à travers Pompée, c’est le Sénat qui est mis au pas, et César s’empare du pouvoir. Il ne le lâchera plus ! Passé maître dans l’art subtil de la propagande, César, qui s’est déjà autoglorifié dans sesCommentaires sur la guerre des Gauleset sesCommentaires sur la guerre civile,s’assure durablement le soutien du peuple romain lors des triomphes de 46 et 45 avant J.C. Là, magnificence et faste éclatent aux yeux du peuple… déjà fortement amadoué par de très généreuses distributions d’argent ! Décidément,
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