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Deux républicains de progrès : Eugène et Camille Pelletan

De
168 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1995
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EAN13 : 9782296303676
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DEUX RÉPUBLICAINS DE PROGRÈS Eugène et Camille Pelletan

(Ç)L'Harmattan,
ISBN: 2-7384-3309-X

1995

Georges TOUROUDE

DEUX RÉPUBLICAINS DE PROGRÈS
Eugène et Camille Pelletan

ÉDITIONS L'HARMATTAN 5-7, rue de L'École Polytechnique 75005 Paris

LES ÉDITIONS DU PAVILLON 5, rue Rollin 75005 Paris

Du même auteur

Les pavés de la haine, (Le roman de la Commune de 1871), Albin Michel 1970. Les insurgés juifs de la commune de Paris, Cahiers Bernard Lazare, novembre 1971. Royan (En collaboration avec Germaine Pelletan), Solar, 1973. Contes des vents atlantiques, Bias, 1974. Robert Jean Boulan, Poète de notre temps, Anthologie, SLSA,1980. Bestiaire pour un petit âne gris, SLSA, 1981. Ludovic Trarieux (En collaboration avec André Berland), Librairie Bruno Sépulchre, 1990. De l'oppression à la liberté, Histoire des Communautés huguenotes et de leur pasteur Jean Jarousseau, 1729-1819, Éditions de la Langrotte, 1992. Dix cris du coeur-poésies 1948-1990, Les dits du PontAvignon, 1994.

En préparation: Les braconniers de l'espérance, Histoire du mouvement rouennais de la Résistance étudiante). Printemps sans moissons (Roman de la Grande Jacquerie).

SOMMAIRE

AVANT-PROPOS
PREMIÈRE PARTIE EUGÈNE PELLETAN CHAPITRE 1 Une famille de bonne souche CHAPITRE 2 Jeunes années et premières armes CHAPITRE 3 L'entrée en politique CHAPITRE 4 Une abondante production littéraire CHAPITRE 5 L'irréconciliable adversaire de l'Empire CHAPITRE 6 Le temps des épreuves DEUXIÈME PARTIE CAMILLE PELLETAN CHAPITRE 1 Le drame parisien CHAPITRE 2 Le combat de l'Amnistie CHAPITRE 3 Le théâtre de Versailles CHAPITRE 4 Le triomphe de Marianne 9

7
13

15 21 29 37 .4 55 65

..67 75 81 91

CHAPITRE 5 L'affaire Dreyfus CHAPITRE 6 Le Ministère de la Marine CHAPITRE 7 Les derniers combats

107 123 135

CONCLUSION BIBLIOGRAPHIE ...

143 147

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De tout temps, l'homme a frappé

l'homme pour une idée, et jamais, m€me

sous la hache, l'idée n'a renoncé à la parole.

Eugène Pelletan

AVANT-PROPOS

Divers hommes politiques, célèbres en leur époque, bien qu'ayant occupé d'importantes fonctions, finirent, au cours des décennies, par être injustement oubliés. Seules, au pays natal, une école publique, une rue, une avenue, rappellent leur nom, et pour certains, une statue. Dans le présent ouvrage, nous dressons la biographie de deux vaillants défenseurs de l'idéal républicain: Eugène Pelletan et son fils Camille. Biographie objective, critique, comme il sied à la vérité historique, car l'hagiographie excessive dessert les meilleures intentions. Au XIXème siècle, le nom de République se charge de vigoureuses connotations, et s'oppose à la monarchie, même habillée d'une Charte et d'un Parlement élu au suffrage censitaire. De nombreux français de toutes origines sociales ont la nostalgie de la 1ère République, celle des Droits de l'Homme, de l'instruction publique, du suffrage universel, de l'égalité, de la liberté de conscience. Certes, dans leur département d'origine: la CharenteInférieure, les républicains de 1792 adoptèrent l'Empire et lui restèrent fidèles jusqu'en 1870. Cela parce que Bonaparte, se souvenant de sa jeunesse jacobine, avait maintenu la majeure partie des conquêtes de la Révolution dont la petite et moyenne propriété bénéficièrent largement.

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Eugène Pelletan se destinait à la littérature et au journalisme. Pour se faire un nom dans ces domaines, il fallait vivre à Paris. La capitale, frémissante de tous les événements politiques, était un vibrant foyer de contestation. Tout naturellement notre jeune auteur, par ses fréquentations, se trouva pris dans le tourbillon républicain. Le retour de la royauté et de la Terreur Blanche, la victoire de 1830 usurpée par Louis Philippe, celle de 1848 par Louis Napoléon, furent autant de cruelles désillusions, survenant après de brèves périodes d'enthousiasme où les militants républicains crurent enfin en la victoire de leur cause. Eugène Pelletan se fit rapidement une solide réputation dans les milieux de gauche. Par la force des choses, il devint député. Jamais il n'abandonna l'écriture, même au plus fort de son combat de républicain irréconciliable, sous le second Empire. Était-ce l'âge, la mauvaise santé ou la plaie ouverte des massacres ayant donné, au forceps, naissance à sa chère République qui le mirent après la guerre de 1870 et la Commune, en retrait de la vie politique? Toujours est-il qu'il se contenta de son poste honorifique de sénateur. Son fils Camille prit le relais avec la fougue de la jeunesse, une jeunesse qui ne connut que les multiples brimades d'un régime autoritaire et se réjouit de sa chute. Les idées avaient également évolué. L'entrée dans la lutte, pour la démocratie républicaine, de nouvelles couches sociales ouvrières, soutenues par des intellectuels marginalisés, radicalisait celle-ci. La génération de Camille se montra plus exigeante, socialement, économiquement, que la précédente. Le tempérament généreux de Camille lui fit prendre position pour l'amnistie générale aux communards, dont certains figuraient parmi ses amitiés d'étudiant et de journaliste. Il fut aussi violent polémiste que son père fut discret. Son évolution vers une république axée à gauche, volontiers socialisante, marquée par ses relations confiantes avec Jaurès, se concrétisera dans son action, tellement décriée, de ministre de la Marine du gouvernement Combes. La réaction
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conservatrice ne lui pardonna jamais son anticléricalisme, caractéristique d'une famille franc-maçonne, ayant souffert des persécutions anti-protestantes du XVIIlème siècle et n'ayant rien oublié, ni pardonné. Depuis 1875, notre peuple a connu trois républiques. Le mot a perdu beaucoup de son sens premier, au point de s'être vu ajouter celui de démocratie. Pourtant l'intermède sanglant de quatre trop longues années d'occupation nazie et de gouvernement antirépublicain de Vichy, fut la douloureuse révélation qu'aucun régime n'est assuré de sa pérennité. La défaite des ennemis de tout ce que la République véhiculait d'idées et de lois émancipatrices eut pour résultat, à la libération de la France, de redonner sa juste valeur à l'idéal démocratique. Certes, on peut s'interroger sur l'actualité de pareilles biographies. Mais qui oserait affirmer que la démocratie est installée au siècle des siècles, alors que règnent dans de nombreux pays, la torture, la tyrannie, la répression, le fanatisme? Le rappel des luttes menées par d'authentiques témoins comme les Pelletan est indispensable pour réveiller les consciences. C'est le devoir d'un historien. Nul ne doit rester indifférent devant la résurgence du fascisme, du racisme, de l'intolérance, de la violation la plus élémentaire des Droits de l'Homme. Nous n'avons pas voulu décrire la vie sociale et politique de la France, au XIXème. Par contre, à travers deux hommes représentatifs de leur époque, nous avons tracé, à grands traits, l'évolution des principaux événements d'un siècle où ils furent légion. L'idéal républicain des Pelletan, minoritaire à leurs débuts, dans le pays, devint, vers la fin de leur vie, celui du plus grand nombre. Devant les attaques des ennemis de la démocratie, l'exemple bénéfique et soutenu des Pelletan revalorise le parlementarisme. Car il est réconfortant de démontrer que l'exercice des fonctions électives peut être désintéressé, idéaliste. Nos deux élus, issus d'une bourgeoisie moyenne provinciale, ne se sont pas enrichis, bien au contraire. Aucun adversaire n'a douté de leur parfaite probité.
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Devant l'actuel fracas, pas toujours innocent, des médias autour des «affaires », il est sain d'affirmer que l'honnêteté est le propre de la grande majorité des hommes publics. Seules succombent les individualités assoiffées de pouvoir, aux idéaux fragiles et changeants, au désir effréné du luxe qu'apporte l'argent. Nous aimerions reprendre les fortes paroles de Camille Pelletan, qui définissent bien la mission qu'il s'était fixée: C'est une des forces de la France qu'une partie de la bourgeoisie puisse être unie aux prolétaires pour travailler à l' œuvre d'affranchissement des déshérités... Il n'y a jamais eu que deux partis dans les luttes politiques: celui qui veut faire cesser les abus, et celui qui veut les conserver: le bloc de gauche, le bloc de

droite. Puisque nous parlons d'honnêteté, précisons que notre travail de recherche doit beaucoup à la lecture attentive des deux seuls ouvrages (partisans, mais ce n'est point une critique) publiés dans un passé déjà lointain. Il s'agit de EugènePelletan, sa vie, son œuvre (Édouard Petit, 1913) et de CamillePelletan(Tony Révillon 1930). Les amicales remarques de Mme Madeleine Rebérioux, présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, nous fit préciser plusieurs détails importants. Pour l'enrichissement de notre documentation, nous ne saurions assez dire notre reconnaissance envers Gérard Baal. Il nous a obligeamment permis de puiser nombre de renseignements sur les activités politiques de Camille Pelletan, dans sa remarquable et monumentale thèse d'Etat: « Le Parti Radical de 1901 à 1914 » (Université de
Paris I, 1991, encore non éditée). Nos remerciements iront également à Alain Bonnet, député honoraire, arrière petit-fils d'Eugène Pelletan, pour son amical accueil et son aide efficace, à Paul Baquiast, de la famille de Mme Camille Pelletan, qui voulut bien nous communiquer des passages importants de la thèse de doctorat, qu'il s'apprête à soutenir: «Camille Pelletan et

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les siens - Étude d'une dynastie de la bourgeoisie républicaine ».* Enfin, je n'aurai garde d'oublier Gisèle, ma compagne, arrière-petite-fille du pasteur Jarousseau et de Simon Eugène PeIletan. Elle m'a constamment soutenu et a été ma précieuse secrétaire.

*

En appendice, seront reproduites les Mémoires Inédites de Camille 15

Pelletan.