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DOSSIER SPECIAL COLOMBIE

92 pages
Au sommaire de ce numéro : « L’Europe en marche » par Albert Samuel – « Recompositions africaines » par Angéline Camut et Cyril Musila – « Nouvelles d’Asie » par Hervé Schaefer – Dossier « Spécial Colombie » - 38 ans de guerre civile – Document : « Le dialogue interreligieux, un capital à valoriser » - « Où en est la Chiapas ? » par le Sipaz – « Les élections françaises en 2002 » par François Mabille.
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LE JOURNAL DE LA PAIX
REVUE TRIMESTRIELLE FONDEE EN 1951

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: René Coste REDACTEUR EN CHEF: François Mabille COMITE DE REDACTION:
Henri Bauer, Jean-Piette Desmarchelier, Emmanuel Lincot, Michel

Martin, Cyril Musila, Jean-Piene Rougeot, Albert Samuel, Hervé
Schaefer, Florence Ssréréo,

Revue de Pax Christi France
section française du Mouvement international catholique pour la paix publiée avec le concours du Centre de Recherche sur la Paix

Pax Christi a été prix« éducation de l'éducation à la paix» de l'Unesco en 1983, et prix « peace messenger » des Nations Unies en 1987 58, avenue de Breteuil, 75007 Paris Tel: 01 44 49 06 36

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Ualia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Sommaire
Chroniques
L'Europe
en marche

par Albert Samuel

page 3
page 9

Recompositions africaines par Angéline Camut et Cyril Musila Nouvelles d'Asie Par Hervé Schaefer

pagelS

DOSSIER « Spécial Colombie»
Un espoir de paix ? par Hervé Schaefer La Colombie meurtrie par Henri Bauer

- 38 ans de guerre civile
page 21 page25

Au-delà du désespoir... des sentinelles meurtries: les communautés de paix Par Michel Martin L'association des femmes du Canon deI Porte

page 31 page 35 page 39

La Fondation Institut pour la construction de la paix
Par Joëlle Boneu

Document:
Le dialogue interreligieux, un capital à valoriser

Où en est le Chiapas ? Par le Sipaz Les élections françaises en 2002 Par François Mabille

page 45 page 61
page 75 page 81

Brèves
par Albert Samuel

(CL'Harmattan, 2002 ISBN: 2-7475-3094-9

L'Europe en marche
L'Europe cahin-caha

Albert Samuel
(4 juin 2002)

Les éœnments ant toujours deuxfaces. Ou plutôt, cvrrm: l~ k phiJoophe Alain .. trop oublié . deux anses par ksquR1ks lessaisir. Et ilfaut lesprendre -les ~
parles deux anses. Les CC1I'ŒWirdanskursamtradiaions. L'Europeenceprint1mps

2002,

a carrnu

descoupsde d:Jakuret defroid Printenps tJmbiguou lozck
droit£, en taa cas,

D'un roté; il Y a eu et il Y a : l'Europe en marrhe. De I autre, une Europe qui seferme et vire à droit£, sinon à.lext7âne se détourne de la gaulk

L'Europe en marche C'est d'abord la continuation des premiers pas de la

Convention chargée de proposer une réforme des institutions de l'Union. Les travaux des 105 conventionnels ont commencé à Bruxelles le 21 mars, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Les «conventionnels» ont écouté les diverses professions de foi des représentants allemand, italien, français, turc, polonais... Ils ont adopté leur règlement intérieur établissant une méthode de travail. Malgré difficultés et divergences, quelques idées et orientations communes se sont dégagées. La convention s'accorde pour reconnaître « l'insuffisance d'écoute des citoyens », « les mécanismes lourds, complexes, peu compréhensibles» d'une communauté « absente, lointaine ». Avec le souci de décentraliser tout ce qui peut l'être. la

subsidiarité ! ., elle vise trois objectifs; « des coopérations économiques plus

structurées» ; des références assez nombreuses à la politique sociale », une « action sur la scène internationale ». Cette intention a été réaffirmée à New York, par V.G.E., le 13 mai, où il a suggéré que le représentant de l'UE pour la politique extérieure de l'U.E, soit élevé au rang de ministre des Affaires Etrangères de l'Europe. Ces suggestions rejoignent celles du Partement européen, le 16 mai, et de la Commission, le 22 mai. Le Parlement a souhaité que la conduite de la politique de défense et la politique étrangère ainsi que celle concernant l'immigration et la sécurité trans-frontières relèvent de l'Union. Les commissaires, eux, ambitionnent de devenir le vrai gouvemement de l'Europe. En effet, ils ont fait des propositions visant à réformer profondément les institutions: non seulement ils estiment, comme la plupart des gouvernements, qu'il est grand temps que l'Europe assume ses responsabilités de puissance mondiale, mais ils réclament que ce soit la commission qui exerce cette conduite de la politique étrangère et économique des Quinze. Cette revendication n'est pas sans soulever des difficultés et des problèmes d'application, surtout dans la perspective d'un élargissement à vingt-cinq. De plus, ce transfert des pouvoirs du Conseil à la Commission provoque naturellement l'opposition des gouvernernents. S'ils veulent un «puissant président de l'Europe», celui-ci devrait être élu. « Le gouvernement de l'Europe» ne saurait être exercé par la commission. Reste enfin à entendre le point de vue de la société civile. Celle-ci a déjà constitué un «groupe de contact» qui a rencontré le vice-président de la Convention Jean-Luc Dehaene. La suite est prévue en juin. Parmi les problèmes que l'Union européenne doit résoudre, il y a toujours eu celui de sa défense. Les crises internationales, au Proche-Orient, en Asie; la lutte contre le terrorisme; les exigences des Etats-Unis donnent à cette défense une actualité et une urgence accrue. C'est à Saragosse, le 23 mars, que les ministres de la Défense des Quinze se sont préoccupés d'une véritable politique de l'armement (P.E.A.) au service d'une politique européenne de sécurité et de défense (P.E.S.D.) Première constatation: jusqu'à maintenant, celle-ci relève de « la rhétorique et de l'utopie ». Il y a eu très peu de progrès pour réaliser « l'objectif global ». Le constat n'est pas nouveau. Les budgets consacrés à la défense par les cinq grands pays de l'Union représentent 1,41 % de leur P.I.B, soit 323 euros par habitant 1. Diagnostic: «C'est la volonté politique qui fait défaut». Car, en fait, «la politique industrielle est gouvernée par ses propres besoins ou intérêts, plutôt que par ceux d'une politique nationale ou européenne de défense». En clair, il serait temps de mettre les industries d'armements au service d'une véritable politique de sécurité et de défense... Encore à définir! Et non l'inverse. Dans une situation où l'on assiste aux batailles entre E.A.D.S. Thales, Dassault et les Goliath américains comme Northrop Grumman.

1Aux U.SA : 2,87 % ; 2,3 % en G.B ; 1,77 % en France. 4

Et nous trouvons là les divergences, voire les oppositions entre l'Europe et les
Etats-Unis. Elles sont nombreuses, et, malgré les festivités, le voyage du Président Bush en Europe les a confirmées: sur la pollution et le traité de Kyoto, sur le Proche-Orient et une éventuelle guerre contre l'Irak, sur le T.P.I, sur les traités anti-mines personnelles... Elles sont aggravées par les récentes mesures de Washington subventionnant les agriculteurs américains. et surtaxant les importations d'acier européen. l'Union européenne a envisagé des menaces de rétorsion sur les produits made in USA: textiles, agroalimentaires, papetiers... La conférence de l'O.N.U, à Monterrey, du 18 au 22 mars sur le financement du développement, a montré, elle aussi, des visions différentes de cette aide. Certes, les Européens se sont réjouis de l'augmentation de 5milliards de dollars de l'aide américaine aux pays pauvres. Mais Washington compte davantage sur le secteur privé que sur l'aide publique au développement (A.P.D.) Son représentant Alan larson a proposé de transformer 50 % des prêts de la banque mondiale en dons. Selon les Européens, cette mesure aurait deux inconvénients: asphyxier financièrement la banque mondiale et créer une catégorie à part de pays pauvres perdus pour le développement. Sur le fond, les Etats-Unis montrent ainsi que, pour eux, «le commerce et l'investissement privé sont des parts importantes d'une stratégie du développement». Plus importante que l'A.P.D. Quoiqu'il en soit, «le partenariat n'a pas été au rendez-vous de Monterrey».2 Et «le choix est entre une Europe sous influence américaine . et une Europe

indépendante ».3
Quelques-~nféreneesontjalonnéla-maI'che de l'Europe. Ce fut, le 16 mars, le sommet de Barcelone. Son thème principal: la libéralisation, avec l'ouverture du marché à la concurrence, particulièrement celui du gaz et de l'électricité. Ensemble pour la dernière fois, Jacques Chirac et Lionel Jospin ont défendu vigoureusement les services publics. Désireuse d'obtenir un consensus, la présidence espagnole a fait renvoyer au conseil de Séville, en juin, l'étude des procédés pour ne pas soumettre les services publics aux réglementations
interdisant les aides d'Etat.

les Quinze ont cédé aux demandes de la France. l'Union tiendra compte «de la définition des obligations de service public, de sécurité d'approvisionnement, et en particulierde la protection des régions reculées et des groupes les plus vulnérables de la population». Autre concession à la France: un délai pour la libéralisation totale du fret ferroviaire.

2 «Justice et Paix» avril 2002 3 Michel Barnier, commissaire

- Elena Lasida.
européen. 5

D'autres mesures ont été prises, plus discrètement: concernant le chômage et la retraite, les Quinze se sont fixé pour objectif d'obtenir un taux d'emploi de 70 % des 15/ 64 ans d'ici 2010, de créer des structures d'accueil pour les enfants afin de faciliter le travail des femmes et enfin de faire progresser de cinq ans l'âge de départ à la retraite 4. Sur le plan international, les Quinze ont reparlé de leur élargissement avec les pays candidats; ils ont appelé à saisir l'initiative saoudienne de paix au ProcheOrient, comme une «chance unique». Enfin, ils se sont déclarés prêts à prendre la relève de l'O.T.A.N. en Macédoine: «premier pas raisonnable et ambitieux de la pOlitique européenne de défense ». Toutefois, une fois encore, deux voix divergentes se sont fait entendre face à cette Europe des sommets. D'abord, la voix de la société civile pour une Europe citoyenne. EI/e a été exprimée par les manifestations de 70 000 syndicalistes venus de France, d'Italie, de Belgique, du Portugal, de Slovénie et de toutes les provinces espagnoles et le dernier jour, d'au moins 300000 sympathisants anti-globalisation. Tous ont protesté contre une Europe du capital qui sacrifierait les services publics à la guerre de la concurrence, et contre une Europe ultra libérale, «globaliste », soumise aux U.S.A. Leur souhait: une autre Europe, une Europe sociale et citoyenne; car « un autre monde est possible ». La seconde opposition vient des Etats et des chefs de gouvernement: s'ils sont d'accord avec V.G.E. pour qu'il y ait« un président de l'Europe », ils refusent qu'il soit l'émanation de la Commission ou du Parlement. Pour Jacques Chirac, Gerhard Schroder, Tony Blair et José Maria Aznar, le Président devrait être élu par le Conseil pour une durée de quatre ou cinq ans. 1/devrait être ou avoir été chef de gouvernement ou d'Etat. En profondeur, cette opposition entre la Commission et le Conseil a pour origine la différence de conception entre une Fédération soutenue par la Commission et une union d'Etats-Nations toujours souhaitée par le Conseil. V.G.E. va devoir jouer les arbitres. Il n'est pas au bout de ses peines. Qu'en pensent les citoyens d'Europe?

L'Europe à droite
Les déclarations de Le Pen à Bruxel/es, le 24 avril, ont montré, d'une part, la

permanence de l'oppositionà la construction

européenne, d'autre part, la montée

du populisme nationaliste dans plusieurs Etats européens. Alors que dans la plupart des programmes aux élections présidentiel/es, l'Europe était réduite à la portion congrue, el/e figurait en bonne place dans celui de Front National. D'abord dans sa prioritéà la «préférence nationale» et ses diatribes
4

D'ici à 2010. TI était prévu de faire passer la moyenne européenne 65 ans. La France a obtenu qu'on supprime les chiffres.

de 58 à

6

contre « l'Europe de Maastricht », ses experts et ses bureaucrates, l'armée des fonctionnaires de Bruxelles, leurs lois et leurs règlements. N'est-il pas significatif que sur 25 départements qui ont voté pour l'extrême droite, 21 avaient dit «non» à Maastricht? Député européen à éclipse, Jean-Marie Le Pen, appartient au clan souverainiste et défend l'Europe des patries dans un Parlement fédéraliste». Parlement auquel le F.N préfère le conseil des chefs d'Etat L'indépendance nationale est le maître mot de ses discours. Et c'est en son nom qu'il se prononce contre la libéralisation de l'électricité, contre l'entrée de la Turquie dans l'U.E, pour le rétablissement des contrôles aux frontières, pour le droit de veto des Etats, plus généralement, contre les «lois de Bruxelles, mal faites et laxistes».
L'assassinat de Pin Fortuyin aux Pays-Bas et le succès de son parti aux élections

du 15 mai ont réveillé l'attention sur la montée du populisme et de l'extrême droite, en Europe5 . Certes, on n'avait pas attendu 2002 pour s'intéresser à ces partis au nationalisme rétrograde: le F.p.a autrichien, le D.F. (parti du peuple) danois, le Vlams Block belge, l'Alliance nationale italienne, le F.RP (parti du progrès) norvégien, le P.RO (parti de l'offensive étatique) allemand ou le M.l.E.P. (parti hongrois de la justice). Et la liste n'est pas complète, à laquelle il faudrait ajouter sept ou huit sigles, du Royaume-Uni à la Slovaquie, de la Suisse à la Pologne. Les noms, connus, de leurs principaux leaders, clignotent sur les écrans de l'actualité, au gré des élections: Jôrg Haider, Carl Hagen, Gianfranco Fini, Umberto Bossi, Filip Dewinter, Christoph Blocher... Plus ou moins proches de nos Mégret et Le Pen, surtout par leur rejet de l'immigration, ils sont généralement hostiles à l'Union européenne 6. Hostilité réciproque, comme on l'a vu, en 2000, lors de la participation du parti de Jôrg Haider au gouvernement autrichien. Les Quatorze avaient sanctionné l'Autriche pour limiter la contagion. Il n'empêche que, selon les élections, les partis populistes remportent de 10 à 28 % des suffrages. Si le D.F danois obtient 12 % des voix, le F.RP norvégien 14 % (et 26 députés) ; le Romania Mare en a recueilli 28 % aux présidentielles de décembre 2000 et Vlams Block 33 % aux municipales d'Anvers. Dans plusieurs pays, ces formations d'une droite extrême sont associées aux coalitions gouvemementales. C'est le cas connu en Autriche où le F.p.a. détient la moitié des portefeuilles avec le parti chrétien conservateur (a.v.p) de M. Shüssel. Son ministre des finances, Karl Heinz Grasser, qui a réussi à assainir le budget, n'est peut-être pas dépourvu de chances pour les législatives de 2003. C'est également le cas de l'Italie où la droite de Silvio Bertusconi a pour allié l'Alliance nationale et la Ligue du Nord. Cette montée des populismes plus ou moins anti-européens, interroge les hommes politiques, français en particulier, et

5 La liste Pim Fortuyn a remporté 26 sièges sur 150 6 Particulièrement proche du F.N, le parti norvégien. 7

les responsables de l'Union européenne. Avons-nous assez remarqué que l'Europe a tenu peu de place dans les programmes et déclarations des candidats aux récentes élections? Pourquoi? N'y croyaient-ils plus ou insuffisamment? ou craignaient-ils de heurter l'opinion d'électeurs irrités par les directives bruxelloises accusées de tous les maux? Il Y a sOrement chez nos hommes politiques un déficit de conviction et d'explication. Quant aux commissaires, députés, ministres et chefs d'Etat de l'Union européenne, ils devraient se demander quelles sont les attentes des citoyens, et dans quelle mesure ils y répondent. Ne donnent-ils pas l'impression d'être d'abord préoccupés par l'économie? Les mécanismes et les procédés bureaucratiques? Ont-ils vraiment une vision politique? et savent-ils la faire partager? Ont-ils un langage clair et convaincant pour expliquer les enjeux de la construction européenne: élargissement, réforme...? Enfin, les informateurs des différents médias accordent eux aussi peu de place à l'Europe dans leur communication. Les nouvelles sur les travaux de la Convention ou les sommets européens tiennent moins de place que celles concernant les «Bleus» ou Roland Garros. Comme le titre Le Canard enchaÎné: «La cuisse de Zidane éclipse les législatives». Et dans les législatives, le spectacle d'opérations de police hyper médiatisées éclipse les programmes européens! Cette présence des droites extrêmes dans plusieurs gouvernements européens pose enfin des questions aux Quinze de Bruxelles. Sans peser énormément sur les décisions, ils «polluent l'atmosphère sur "élargissement de l'Europe». Spécialement, le F.P.C. Cette pression de populismes xénophobes a-t-elle été sans influence sur les discussions des quinze ministres de "intérieur à Rome, le 30 mai. Il s'agissait, face à l'urgence de maîtriser et de tarir les flux d'immigrants, de mettre en place une politique d'immigration et d'asile commune. Ce fut également le sujet prioritaire du sommet de Séville les 21 et 22 juin. Les Britanniques proposent le recours à "armée pour refouler les clandestins. La présidence espagnole suggère une base de données pour les visas, une surveillance des côtes par radar et satellites. Le commissaire chargé de la justice a avancé "idée d'un «corps européen de gardes frontières». En revanche, les «normes minimales pour "accueil des demandeurs» ont rejeté la possibilité d'une autorisation de travail, condition sans doute nécessaire d'une intégration réussie. Ainsi la question de "immigration reçoit-elle une réponse uniquement répressive et policière. Cela satisfait sans doute une opinion publique qu'inquiète une certaine information. Iln'y a pas qu'en Israël que renaît l'idée du rideau de fer! Qu'en disent les chrétiens?

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Recompositions

africaines

Interventions des ONG en Afrique: la participation communautaire en question

Angéline Carnut et Cyril Musila
Ommmt ks ONG justijienl-el1es kurs int£rœnJions en Afrique dans un antext£ de crise intmre d'un pays et d'autre œ pèsent d'une part la sitwJJion !XXio-JX1/itiqtœ ~ et part ks dimurs liMraux de baiIkms de fond intemaJionaux ? N'y a-t-il pas risque de d!fùrmer la réalité ? Dans qu£ik111£SUrela dépendttnœ des ONG enœrs certains baiIkms œ faiuJle pas de œs dernières leurs soos-traittmts ? Dans qu£ik mesure œtte d£pent;/am!

a-t-elleau mn des ~

lbrimtation et la réalisationdesprojets sur la corK'ejJIiun, éhharésà destinatiandespopulationscihks?

Ces interrogations se posent dans le cadre de l'évaluation d'un projet de construction d'un centre de santé dans un quartier précaire d'Abidjan (Côte d'Ivoire) mené à bien par une ONG internationale entre 1997 et 1999. Un certain nombre de principes véhiculés dans des discours « développementalistes », comme celui de « participation communautaire», ont donné à ce projet une orientation et un dénouement qu'il est intéressant d'analyser pour mesurer la part des influences locales, nationales et internationales. Or pour reprendre notre exemple du principe de participation communautaire a été initié, puis appliqué par les institutions financières internationales, chantres du libéralisme. Appliquée au domaine sanitaire, cette logique a été mise en exergue en 1978 lors d'une conférence internationale prônant « la santé pour tous en 2000 » à moindre frais. Pour atteindre cet objectif alors que les Etats ne peuvent y faire face, il a fallu

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