ECOLE (UNE) AU PAYS DE LA MINE

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Qui aurait pu supposer que le modeste cours professionnel accueillant 40 élèves en 1949 deviendrait un lycée technologique de 700 élèves ? A l'origine, pas de local, aucun financement, mais un besoin de formation professionnelle pour les filles auquel ont su répondre des personnes qui n'y étaient pas préparées, une volonté d'affronter toutes les difficultés un peu à la fois, une foi à toute épreuve en l'homme et la Providence, un idéal de promotion humaine à réaliser.
Publié le : vendredi 1 octobre 1999
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EAN13 : 9782296398283
Nombre de pages : 128
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U ne école au pays de la mine
,

UN PEU A LA FOIS

(Ç) L' Harmattan, 1999 ISBN: 2-7384-8381-X

Marie-Hélène DELEFORGE Hélène GUILLAUME

UNE ÉCOLE AU PAYS DE LA MINE
Un peu à lafois

Préface de Pierre Pie rra rd

L'Harmattan
5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Relnercielnellts

Notre gratitllde

à Micheline (;its et Albert Malaqllin
et leur aide attel1ti vet reconnaissantes

polir leur confiance l"OS pensées

à (;astOll LallO~V (t)

1VOS l'enlerciel11ellts sincères à tous celles et ceux qui ont bien vOlllu paltager a vec nous leurs SOlivenirs ou leur expérience actuelle: Evelyne Blll'B-eat, Marie-Françoise Myrianl Bétrancourt, ÎJJpin,

ÎJJm te, Marie-Stella

Robert ÎJJurollble, Jeanine Dehallt, Be111adette Delfosse-Dllrupt, Emilienne Delvincourt, Cha11es et Andrée Dépret, Jean-Marc Desmoutiez,

Anny DLlparloil~ Marie-Pascale DUPllY, Nadine (;azet, M. GOllbet, André-Pierre Guérin, Louisa Klinl1ik, François et Josette Lenl1e, Sœur Cécile, Marie-Thérèse Saccon.

Thérèse Paris, Mireille Rybarczyk, Nos remerciements

allX pères Scohy, JJecoopman, Machelart, Cayman,

et au doyen de Somain polir lellr éclair agie et leur soutien. Merci à Pierre Thomas de nOilS a voir fait découvrir l'histoire de Somain. Merci au Père Dame et à Gilles du Retail, responsables de l'Enseignement Catholique pour lellr soutien logistique.

Photos de Victor Goœlt

SOMMAIRE
Préface de Pierre Pierrard INTRODUCTIONp15
CHAPITRE 1 p 17

Au pays de la mine
L' histoire de la fondation de l'Ecole s'inscrit dans celle de la région charbonnière du Douaisis et du diocèse de Cambrai Une population nouvellement installée et majoritairement ouvrière La pratique religieuse: Somain, terre de mission Il y a des écoles libres à Somain, mais aucune ne dispense d'enseignement professionnel pour les filles Somain se relève de la guerre La vie religieuse en 1949
CHAPITRE

2

P 27

Les catholiques et la question sociale
La Le La Le La protection de l'enfance au travail a été mise en place très lentement catholicisme social Jeunesse Ouvrière Chrétienne clergé du diocèse de Cambrai et la question sociale JOC dans le diocèse de Cambrai
CHAPITRE 3 p 35

Une équipe soudée de trois fondateurs
Albert Malaquin Gaston Lanoy Micheline Gits
CHAPITRE

4

p 49

Les temps héroïques
Une naissance clandestine Un appui immédiat et constant e Mgr Guéry, archevêque de Cambrai Les premiers locaux Les baraquements La reconnaissance officielle de l'école Un nom de baptême L'Ecole obtient le contrat d'association
CHAPITRE 5 p 63

Le Fil conducteur
L'idéal de l'Ecole de Coupe et Couture dans les temps héroïques Hélène Boucher s'intègre progressivement dans l'enseignement Catholique

CHAPITRE 6 p 69

Mademoiselle, une directrice « qui a l'esprit qu'il faut »
Une directrice peu conventionnelle Une méthode qui laisse à chacun sa place
CHAPITRE

7

P 77

La vie de l'école
MadameGilda: « elle avait du métier» Professeurs et élèves arrivent à l'école Un travail qui façonne Une pédagogie où chacun apprend de l'autre Un enseignement de qualité Apprendre à travailler Voir le positif et comprendre Socialisation et ouverture Fonnation de la personnalité Un climat qui épanouit Relations de confiance Bien d'autres adultes sont associés étroitement à la vie de l'école Les parents Les fêtes, des moments forts
CHAPITRE 8 p 103

Après le départ de Mademoiselle Gits
Jean-Marc Desmoutiez Soeur Cécile Robert Courouble
CHAPITRE

9p

117

Une évolution qui s'accélère
Enfin un lycée construit en dur Croissance des effectifs De la couture à la diversification des diplômes technologiques et professionnels Aménagements récents Le Centre de Fonnation Continue Louisa Klinnik et toute son équipe
CHAPITRE

10

P 125

Les enjeux d'aujourd'hui et de demain
Cinquante années se sont écoulées L'idéal des temps héroïques peut- il aider à cons- ruire l'avenir?

8

PRÉFACE

« Il n' y ad' Histoire que particulière )) : cette réflexion du grand historien Marc Bloch signifie que toute étude sérieuse et
vivante portant sur une famille, une communauté humaine, une ville, un village... est le miroir de ce qu'on appelle la Grande Histoire, qui s'y reflète dans sa réalité à la fois une et diverse, à l'échelle de l'homme, quel qu'il soit: l'homme qui est le seul véritable acteur de l'histoire. Cette réflexion de Bloch m'est venue naturellement à l'esprit en parcourant Unpeu à la fois, qui est l'essai - combien réussi - d'une Histoire originale d'une école au pays de la mine: le Lycée Hélène Boucher de Somain, qui fête ses cinquante ans d'âge et d'activité. Somain, c'est le Nord, le cher Nord, dont l' histoire est faite de beaucoup d'amour et de labeur, mais aussi de beaucoup de souffrances. C'est le pays minier, dont Emile Zola, venu de l'extérieur, et malgré son génie, n'a retenu, dans Germinal, que les aspects brutaux, inhumains ou surhumains, ignorant les vertus secrètes de « ce peuple grave et droit ennemi de l'esclandre ))
qu'a si bien deviné, derrière les gueules noires et les visages qués par le travail, le Lillois Albert Samain. Marie-Hélène tures mais d'une contemporaine charbonnier si fécond Deleforge et Hélène Guillaume, mar-

'

sans fiori-

plume précise, ont su cerner et éclairer l'histoire de Somain, depuis l'apparition du premier site

en 1839 jusqu'à

la fin de notre siècle, qui fut à la fois

et si cruel. Durant plus d'un siècle, Somain fut une acti)), s'étendant autour d'un nœud ferrovière sans ve ville « feumière cesse grandissant et tirant de son sous-sol les éléments sinon de la richesse, du moins de la sécurité de vie des habitants, toujours plus nombreux. Puis viennent les calamités: les destructions terribles de la Seconde ve des mines qué le début épidémie à partir d'un Guerre mondiale et la fermeture que
)) économique,

progressi1970 a mar-

de 1970. Mais tandis

1945 fut le prélud'une

de de vingt années
jusqu'alors

de « surchauffe
repliement inconnue:

douloureux, le chômage

de l'apparition

massif et de longue

10

durée. Les auteurs de Un peu à la fois ont eu raison d'illustrer ce changement existentiel intervenu dans la vie des habitants de Somain par la comparaison entre les 277 cabarets ou estaminets, hauts-lieux de la convivialité, qui existaient en 1913, et les mornes bistrots - une quinzaine - actuels. Pour quelqu'un - c'est mon cas - qui s'intéresse au comportement religieux de la classe ouvrière, le présent ouvrage est précieux. Tout naturellement les auteurs ont recouru aux enquêtes et observations pastorales qui, à partir du Second Empire, traduisent en chiffres ce qu'on appelle la « pratique », c'est-à-dire, essentiellement, la fidélité à la messe dominicale, sensée rassembler toute la communauté des baptisés. Comme dans tous les milieux ouvriers, cette pratique s'amenuise avec les progrès de la grande industrie: 50% de la population en 1860, 30% en 1890, 15% en 1936, 8% en 1956 dans la paroisse très ouvrière de De Sessevalle. Bien entendu, les prêtres responsables de la communauté s'inquiètent de cette désaffection apparemment irréversible; ils cherchent les moyens d'y pallier, mais plusieurs d'entre eux sont suffisamment attentifs au comportement et aux schémas de pensée des mineurs - race aux vertus rares - pour ne pas se réfugier, comme les chrétiens le font trop souvent à l'époque, cc derrière l'apostasie de la classe ouvrière », formule-alibi qui occulte le véritable problème: pourquoi la classe ouvrière n'est-elle pas à l'aise dans l'Eglise? pourquoi lui est-elle souvent hostile? J'ai été heureux de retrouver, dans les pages qui suivent, la grande figure de Victor Desmytter, qui fut curé-doyen de Somain de 1936à 1965. Préparant moi-même un ouvrage sur les relations entre l'Eglise et les ouvriers, j'avais exploité la déclaration qu'il avait faite, le 30 juin 1928, lors du Congrès des Œuvres diocésaines de Cambrai, réuni à Valenciennes, alors qu'il était vicaire à Denain; rompant avec le ronron satisfait de ce genre
de réunions, il avait affirmé:
cc Le

monde

ouvrier,

pris en bloc,

n'a

plus rien de commun

avec l'Eglise. Il ne voit plus en elle qu'une 11

ennemie qui s'est constituée la gardienne du coffre-fortdu riche. Du peuple des travailleurs nous sommes séparés par un fossé large et profond, sur le bord duquel le prêtre le plus zélé, constatant que tous les anciens moyens d'évangélisation sont impuissants à franchir l'obstacle, sent son âme saisie d'une immense pitié ».A Somain, l'abbé Desmytter créateur, en 1948,du bulletin, très ouvert, Le trait d'union, a dû certainement aller au-delà de cette pitié et ne pas hésiter « à franchir l'obstacle ». la contre-Eglise, celle qui prétend arriver au triomphe de la justice sociale sans faire le détour par le religieux, c'est le Parti communiste qui fut et reste - au moins partiellement- « le parti des travailleurs », titre, qui semble-t-il, ne luia guère été contesté à Somain. L'historien est sensible à l'aimantation, très nette au lendemain du Congrès de Tours(1920) - avant, c'était la SFIO-, exercée par le communisme municipal dans la banlieue parisienne et dans les zones très industrialisées, comme le Nord-Pas-

de-Calais.On a parlé de « captation des esprits» : Madeleine
Delbrel, qui le connut à Ivry-sur-Seine,y voyait plutôt une forme très attirante et très efficace d'esprit communautaire. Mais enfin, on comprend que des chrétiens nourris d'esprit évangélique ne se soient pas contentés de contempler ce phénomène, d'autant moins que, longtemps, le communisme fit profession d'athéisme. Eclairés par l'enseignement social de l'EgHse,notamment par l'encyclique Rerum Novarum (15 mai 1891), un certain nombre de chrétiens, appartenant généralement à la bourgeoisie, s'étaient très tôt engagés dans une action sociale prise en compte par l'ACJE le Sillon,les Cercles d'études sociales... Mais, vers 1925, cette action ne semblait pas avoir enta-

mé le « mur » séparant l'Eglisedes ouvriers.C'est alors que surgit
la JOC/JOCE dont les fondements furent jetés, à Bruxelles,en 1925,par Joseph Cardijn, à Clichy, en 1927,par Georges Guérin. Ce n'est pas que les jocistes puissent se targuer d'avoir abattu le « mur », mais ils y ont taillé de telles brèches que, de chaque 12

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