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EGYPTE PHARAONIQUE : DÉCONCENTRATION, COSMOPOLITISME

176 pages
Un pays long de plus de mille kilomètres, épousant le cours d'une voie navigable, le Nil. Une capitale administrative, des subdivisions territoriales dont on connaît mal le rôle et les contours géopolitiques, et aussi des temples. Comment tous ces éléments étaient-ils articulés pour former ce régime dont le centre - le pharaon - était le moteur imposé ?
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Midif{lrrani{l$
Revue du Centre d'Études Internationales sur la RODianité
N° 24

-

2000

égypt{l phôrôoniqu{l d~eone{lntrôtion,
eosmopolitL~m{l
Édité par Bernadette Menu

:

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Ine 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9

L'illustration de couverture est extraite de l'Hypnerotomachia Poliphili (le songe de Poliphile) l, ouvrage de Francisco Colonna, écrit en 1467 et imprimé par le Vénitien Alde Manuce en 1499.
@ L'Harmattan, 2000 ISBN: 2-7384-9320-3 ISSN: 1259-1874

1

Curieuse fantaisie allégorique, en un mélange de latin et d'italien (avec des passages en grec et en hébreu) ; l'ouvrage, illustré de belles gravures sur bois d'un artiste inconnu, est considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs livres illustrés de la Renaissance.

Membres d'honneur : Guillaume CARDASCIA (professeur émérite d'Histoire du Droit - Université Paris II - Assas) Jean GAUDEMET (professeur émérite d'Histoire du Droit - Université Paris II - Assas) Directeur de pubUcation : Jacques BOUINEAU (professeur d'Histoire du Droit - La Rochelle)
Comité de lecture Hassan Claude ABD ELHAMID (maître de conférences d'Histoire Université Ain Chams du Caire) ANDRAULT
(professeur d'Histoire de l'Art

et de Philosophie

du Droit

-

-

Université

de Poitiers)

Ivan BILIARSKY (attaché de recherches - Académie des Sciences de Bulgarie) Jean-Marie CARBASSE (professeur d'Histoire du Droit - Université de Paris II - Assas) Pierangelo CATALANO (professeur de Droit romain - Université "La Sapienza" de Rome) Jean CEDRAS (professeur de Droit Privé - Université de La Rochelle) Jean-Marie DEMALDENT (professeur de Sciences Politiques - Université Paris X - Nanterre) Jean DURLIAT (professeur d'Histoire médiévale - Université de Toulouse-Ie-Mirail) Jean-Louis GAZZANIGA (professeur d'Histoire du Droit - Université de Toulouse) Gérard GUYON (professeur d'Histoire du Droit - Université Montesquieu - Bordeaux IV) Andréas HELMIS (professeur d'Histoire du Droit - Université d'Athènes) Sophie LAFONT (professeur à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes) Bernadette MENU (directeur de recherche au C.N.R.S) Cemil OKTAY (professeur de Sciences Politiques - Université d'Istanbul) Marie-Luce PAVIA (professeur de Droit Public - Université de Montpellier I)

Secrétaire de rédaction: Solange SEGALA (maître de conférences d'Histoire du Droit

- Université

de La Rochelle)

ka vjsn~ d~ ~~nnidj~m
Miditrzrranirzs drz vignrzs sans parrzil1rzs ! <Vrzs millirzrs d'annirzs rzn ont mûri lrzs trrzillrzs du nord au midi, rzt drz l'rzst au ponant, drz l'europrz rzt dt/friqurz aux eôtrzs du brzvant Isis

- ou <Vimitrzr

- sut

eultivrzr

la trzrrrz

rzt son frtZrrz Osiris un jour planta la vignrz <Vu raisin sueeulrznt s'ieoula lrz nrzetar Gouronni drz grapprzs, <Viongsos rzn fut dignrz brzs vignrzrons d't/sirz aeeourrznt au palais drzs grands pharaons, lrzs fils drz Thoth rzt dt/mon enivri drz ~h~d~, ~rznnidjrzm rrzeonnaît aux murs drz son tombrzau sa vignrz rzt sa maison Il voit lrzs ouvrirzrs qui ehantrznt drz plaisir Tout dansrz au eirzl blrzu-nuit drzs itoilrzs thibainrzs On tord lrz sae-prrzssoir, la euvrz rzst birzntôt plrzinrz rzt lrz sol alrzntour n'rzn przut plus drz rougir <Vans lrzs jarrrzs du fond, sur lrz sablrz birzn frais on vrzrsrz lrz jus prieirzux millisimi t/u bord du Nil, dans tout lrz pags birzn-aimi plus drz drzux millrz ans qu'on sait du vin lrzs attraits!
~rznnidjrzm a eompti, e'rzst unrz brzllrz annirz rt}rzmain lrz batrzau du roi, poussi par lrz vrznt, pari, ealrz lourdrz, rrzlrzvi à l'avant, sillonnrzra la mrzr, rzn Miditrzrrannirz.

...

:J3rzmadrzttrz

MeNa

cSommairrz

Jacques

Bouineau
................................................. ...................... .. ................. ......... ..
9

Éditorial.

1 ère partie:

pouvoir

central

et pouvoirs

locaux

Christopher Eyre Pouvoir central et pouvoirs locaux : problèmes historiographiques et méthodologiques Marcella Trapani Anthropologie politique de l'Ancien Empire égyptien: fonctionnaires de cour et fonctionnaires provinciaux Laure Pantalacci Pouvoir central, pouvoirs locaux en Égypte à lafln de l'Ancien Empire
Valérie Selve Les titulatures religieuses des nomarques comme indices de l'évolution des relations entre pouvoir central et pouvoirs locaux avant et au-delà de la Première Période Intennédiaire

15

41 57

69 81 99

Renaud de Spens La xxr dynastie: un État décentralisé Michel Chauve au Administration centrale et autorités locales d'Amasis à Darius 2ème partie:

socité

pharaonique

et cosmopolitisme 113

Burt Kasparian Famille et cosmopolitisme dans l'Égypte ancienne

Pierre

Tallet
Des étrangers dans les campagnes d'Égypte au Nouvel Empire 135

Bernadette Menu La traditionjuridique joce au pluralisme culturel dans les inscriptions du tombeau de Pétosiris (IV s. av. J.-C.)
Comptes rendus

145
161

editorial

n'est pas la première fois que Méditerranées et l'AIDEA participent ensemble à un numéro de notre revue; le plus connu, celui que l'on trouve cité de

A

près plusieurs Internationale

succès,

l'association

Médit..erranées

et l'Association (AIDEA) Ce nouvelle.

pour l'étude

du Droit de l'Egypte Ancienne

ont décidé de s'unir une fois encore pour une entreprise

manière

régulière chez les égyptologues,
de Bernadette Menu,

est le numéro

6/7:

« ÉGYPrE

PHARAONIQUE: responsabilité

POUVOIR, SOCIÉTÉ )), qui avait été confectionné présidente de Méditerranées.

sous

la du

de l'AIDEA et membre

conseil d'administration

Le présent numéro 24 paraît quatre ans après ce numéro spécial consacré à l'Égypte ancienne et se présente comme le fruit du travail de membres de l'AIDEA. Les deux parties du recueil renvoient à deux moments scientifiques importants pour l'AIDEA et Méditerranées: la journée d'études de l'AIDEA,

intitulée « Pouvoir central et pouvoirs locaux en Egypte ancienne », qui s'est
tenue au Centre de Recherches Egyptologiques le colloque de Méditerranées, « Cosmopolitisme en novembre 1999 à l'Université Démocrite de la Sorbonne en juin 1999 et et Antiquité », qui s'est déroulé

de Thrace (à Komotini en Grèce).

Il En dépit de sources souvent disparates, mal réparties dans le temps et dans l'espace, privilégiant le discours officiel et l'idéologie royale (on verra là-dessus les fécondes remarques et remises en question de Christopher Eyre), une avancée certaine a été réalisée, au cours de cette journée d'études, dans la connaissance des relations entre le gouvernement central et les 9

Bernadette Menu et Jacques Bouineau

pouvoirs

locaux

en Égypte

ancienne,

et dans

la mise

en évidence

des

mécanismes de la déconcentration, même si les rouages provinciale demeurent encore largement méconnus. Marcella Trapani relance l'analyse pour en extraire, à partir de la distinction

de l'administration

des titulatures de l'Ancien Empire traditionnelle - et révisable - entre sur le

fonctionnaires de cour et fonctionnaires provinciaux, des indications clivage politico-administratif entre le centre et la province. A partir de l'obseIVation du gouvernorat Laure Pantalacci défmit d'abord ce pouvoir gouverneurs s'inscrivent dans le même système

à Balat (fm de l'Ancien Empire), oasien. Elle note que les hiérarchique aulique que les

autres dirigeants provinciaux. Ils portent le titre de « chef des seIViteurs-dudieu (le dieu local) » ; leurs pouvoirs sont proches de ceux des nomarques. Ces
gouverneurs directement n'en ont pas moins un statut particulier: ils dépendent de la et personnellement de pharaon. Dès lors, les perturbations

fm du règne de Pépy II font décliner la fonction de gouverneur. L'étude des titulatures religieuses des nomarques permet à Valérie Selve de mesurer l'évolution des relations entre pouvoir central et pouvoirs locaux de l'Ancien au Moyen Empire. C'est au cours de la VIe dynastie que les pouvoirs des nomarques se précisent, entraînant divers privilèges; sous le Moyen Empire, à côté de fonctions principales se greffent des attributions annexes liées au culte de la divinité locale. Schématiquement, nous dirons que la décentralisation se met en place sous la ve dynastie, laissera poindre des ambitions individualistes sous la VIe dynastie, ce qui fragilisera l'État sous la Première Période Intermédiaire, nécessitant une reprise en mains sous le Moyen Empire. Il revient à Renaud de Spens d'ausculter et administratifs déconcentration l'essentiel jouissaient de la XXIe dynastie, consciente et maîtrisée, les mécanismes institutionnels et de conclure en faveur d'une les pharaons tanites conseIVant

du pouvoir royal, tandis qu'à Thèbes les grands prêtres d'Amon de compétences déléguées, subordonnées au principe de locales d'un conflit entre

subsidiarité. Michel Chauve au obseIVe les conséquences

ministres en 556 avo J.-C. : des prêtres ont empiété sur le domaine royal, ce qui leur vaut une confiscation de la part du Chef des champs accompagné de ses arpenteurs, cette mesure étant toutefois suivie d'un rétablissement, par le roi, de l'équilibre entre les intérêts de la couronne et le bon fonctionnement des temples à caractère 10 locaux. Puis il démêle, d'abord violent, l'écheveau complexe sur fond de règlement des compétences de comptes entre respectives,

Editorial

Memphis et les autorités hyksôs,

(civile et militaire) du nome.

11/ Dès la XIIe dynastie, et surtout à partir de la XVIIIe, après l'épisode l'Égypte vit avec les étrangers qui se sont installés de gré ou de force et qui participent à l'activité économique du pays en vue de

sur son territoire

sa prospérité. A la Basse Époque, le mouvement est inversé, les étrangers dominent l'Égypte: les Perses, puis les Macédoniens, détiennent les rênes du pouvoir. Dans convient-il un cas comme dans plutôt l'autre, des débats Alexandre peut-on qui eurent le Grand vraiment parler de cosmopolitisme? Ainsi qu'il ressort en particulier lieu à Komotini, ne

pas de souligner

l'universalisme

dont le pharaon

-

et ses le

héritiers étrangers, champion?

-

se proclame

C'est un aspect particulier de ce cosmopolitisme auquel s'attache Burt Kasparian: celui de la famille. Il note que la famille se présente comme une structure d'accueil pour les étrangers; elle permet en effet à des étrangers de bien qu'il se placer au service d'Égyptiens, mais aussi de favoriser une intégration plus grande: celle qui naît du mariage mixte. Car c'est bien d'intégration s'agit, dans la mesure où les étrangers se fondent littéralement

dans le tissu

social égyptien: ils en respectent les coutumes et les institutions. Cette fusion cosmopolite va se retrouver au plus haut niveau: celui de la cour de pharaon. De l'ouvrier agricole à l'exploitant aisé, les Asiatiques déploient leur savoir-faire dans le domaine de la viticulture et de la vinification, en vue de la fabrication d'un produit de luxe fort apprécié de pharaon et de sa cour. Pierre Tallet nous palestiniens Empire. Enfm, Pétosiris Bernadette Menu se réfère aux inscriptions l'attachement en dépit du tombeau du grand de (IVe siècle avo J.-C.) pour souligner prêtre présente le cas spécifique de ces nombreux que l'on rencontre en Égypte, particulièrement vignerons syrosous le Nouvel

d'Hermopolis aux traditions artistiques et philosophiques judaïque.

-

de ses ancêtres, surtout formelles

de concessions

- aux influences grecque et
Jacques BOUINEAU

11

l~r{l partill

:

pouvoir

cllntral III pouvoirs locaux

pouvoir crzntral rztpouvoirs

locaux. problimrzs historiographiqurzs rzt mithodologiqurzs

l'historiographie antique (implicitement cohérente modernes, élaborés idéalisations des événements

L

e régime pharaonique se caractérisait lui-même à travers l'image d'un ordre - idéologique et divinisé - qui montre la même tendance que plus tardive à incorporer ou explicitement) dans et comportements caractérisés et avec la structure une vision de la société ordonnée et implicite, des ne

humains. recul, et

Les récits historiques culturel qui incorporent centrales,

qui sont souvent de façon utopiques

par un darwinisme et des grandes

anachronique

de l'Antiquité

cultures

sont à cet égard pas moins enclins utopiques des auteurs classiques: les sources pharaoniques façon dont elles affmnent

à déformer la réalité que les idéalisations Hérodote, Diodore et Platon. Cependant,

sont tout aussi idéalisantes, pas seulement de la une adhésion aux principes de l'ordre appelé Maât1, furent vision
des idées

mais de la manière dont les données contemporaines (consciemment ou inconsciemment) pour présenter cette comme s'il s'agissait
pour une histoire

rédigées de Maât

de la réalité.
idéologique

En conséquence,

les sources
histoire

disponibles

de l'Égypte

-

une

-

sont

1

J. Assmann, Muat. Gerechtigkeit und Unsterblïchkeit imAltenAgypten,

München,

1990. 15

Christopher Eyre

relativement étendues2, alors que les données se rapportant à une histoire institutionnelle, personnelle et se situant à un niveau moins important comportements et événements explicite, ordinaires expliquant

- sont à la fois clairsemées et peu
de recherches comment doit donc mobiliser ce parti pris traiter

fiables. La mise au point d'un programme une méthodologie idéologique.

Les problèmes d'interprétation atteignent un point critique dans la relation entre le régime central et la réalité locale: le rôle normatif du centre était le siège de l'idéologie, et la réalité locale, dans la mesure possible de l'incorporer dans cette norme ordonnée, faisait ordre, exclue du décorum et pas seulement du récit idéologique. Les omissions accidentelles. L'idéologie fondamentale où il ne fut pas partie du nonsont délibérées,

de l'État était celle

d'un centre tout-puissant, les fonts baptismaux simple référence à l'administration provinciale Pour une historiographie équilibrée,

de l'autorité, de sorte qu'une était en soi anti-idéologique. les plus importants pour

les critères

l'évaluation du centre sont ceux de taille et d'efficacité. Le revers de la médaille - la périphérie - pose de semblables questions sur les sources: la taille et l'efficacité des unités locales et des institutions locales. La preuve d'une relation entre les unités locales et le centre fournit alors la mesure pénétration du gouvernement3. En termes simples, l'État pharaonique généralement parlant un État prospère de la était

et, parce que son idéologie était celle

d'un ordre assuré par l'intermédiaire du roi et de la classe administrative, on a de façon caractéristique supposé que cet État était, généralement parlant, une bureaucratie efficace. Les détails contenus dans certains documents, tels que les listes de recensement4, viennent corroborer cette approche avec le plus de fermeté: par exemple, à partir de Gebelein vers la fin de l'Ancien

2 3

J. Assmann, Agypten. Eine Sinngeschichte, München, 1996. R. Müller-Wollermann, Krisenfaktoren im iigyptischen Staat des ausgehenden Alten Reichs, Tübingen, 1986, pp. 23, 72-98 et passim; P. Andrâssy, dans S. Allam (éd.), Grund W1d Boden in Altiigypten, Tübingen, 1994, pp. 341-349; Müller-Wollermann, « Prâliminierung zur agyptischen Stadt », zAS 118, 1991, pp. 48-54 ; N. Kanawati et A. McFarlane, Akhmim in the Old Kingdom I, Sydney, 1992 ; Eyre, «Weni's career and Old Kingdom historiography», dans C. Eyre, A. Leahy et L.M. Leahy (éd.), The Unbroken Reed: studies in the culture and heritage of Ancient Egypt in honour of A.F. Shore, pp. 107-124, et en particulier pp. 108-110 et 116-118. D. Valbelle, «Éléments sur la démographie et le paysage urbains, d'après les papyrus
f(

4

documentaires d'époque pharaonique », CRIPEL7, 1985, p. 75-87 ; Les recensements
dans l'Égypte pharaonique pp. 33-49. 16 des troisième et deuxième millénaires », CRIPEL 9, 1987,

Pouvoir central et pouvoirs locaux

Empire5, inscrite Thèbes individus
qu'une

ou Rabun au registre datant

au Moyen Empire6. L'image d'une société semble être renforcée Nouvel à laquelle
locale

contrôlée et
officiels qu'à de à des l'ordre

par des documents ainsi
dans des

du plus

récent duquel de

Empire,

qui font référence

et à l'institution le contrôle
documentation telle

ils appartenaient,
listes de noms

officiel sous juridiques, d'organisation une utilisation est rarement oeuvres administrative bureaucratiques relations mettant

ils tombaient 7. Il est cependant

discutable
protocoles

-

des

impôts, centrale

conscription,

de

paiement

des

rations

ou soit

du travail - implique un rassemblement des données8. Une image L'impression plus familière celle donnée par des documents

central sur-arqué, d'efficacité est celle

impersonnelle d'une classe

individuels,

ou même par des

de littérature.

corrompue et égoïste, manipulant procédures et fonctions à son propre profit, au sein d'une société dans laquelle les étaient la réalité par contraste avec une idéologie La

patron-client

l'accent sur les valeurs d'une méritocratie désintéressée. Différencier la réalité de l'idéologie est donc le problème

central.

réalité de l'Égypte au début du règne est celle d'un vaste pays, long et mince, dans lequel chaque district était relativement isolé de tout sur le plan géographique, de tout sauf de ses voisins immédiats; un pays où le Nil fournit une grande route, mais une route irrégulière et pas toujours prévisible, variant selon les saisons, selon une traversée dépendant du niveau des eaux, selon des bancs de sable sujets à fluctuation et des vents peu fiables. Les communications par voie de terre avec les territoires marginaux, et en particulier les oasis et les carrières, sont mal comprises. Une analyse détaillée des problèmes de communication et des durées de voyage pour l'Égypte prémoderne constituerait un outil utile, mais elle tombe dans le fossé commun entre les différentes périodes-matières de l'histoire de l'Égypte9.

5
6

P. Posener-Kriéger,«Les papyrus de Gébélein. Remarques préliminaires », RdE 27,
1975, pp. 211-221. Comme l'affirme U. Luft, «Toponyms atLahun », dans S. Quirke (éd.), Kahun Studies, Reigate, 1998, pp. 1-41, 24-25 et 29-30. Cf. Kemp, Ancient Egypt, pp. 156-158 et 305308. B.J.J. Haring, Divine Households: Administrative and economic aspects of the New Kingdom royal menwrial temples in Western Thebes, Leiden, 1997, pp. 217-218, 285286 ; Haring, dans C.J. Eyre (éd.), Proceedings of the Seventh International Congress of Egyptologists, Louvain, 1998, pp. 539-545. Cf. Eyre, dans A.K. Bowman et E. Rogan (éd.), Agriculture in Egypt: from pharaonic to modem times, PBA 96, Oxford University Press, 1999, p. 33. J.C. Moreno Garcia, /:lwt et le milieu rural égyptien du me millénaire. Économie, administration et organisation territoriale, Paris, 1999, pp. 243-245, a réuni une 17

7

8 9