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ETUDE DES REPRESENTATIONS LINGUISTIQUES DES SEREER

De
136 pages
Dans cette recherche, il est question de la communauté linguistique sereer du Sénégal. Dans ce pays plurilingue, l'État reconnaît six " langues Nationales " ( le wolof, le mandingue, le diola, le peul, le soninké et le sereer) et une " Langue officielle ", le français. Axé sur l'analyse des représentations linguistiques des Serrer de Mbour, de Nianing et de Sandiara, ce travail met en avant les paroles des locuteurs à l'aide de l'observation et de l'entretien.
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ÉTUDE

DES REPRÉSENTATIONS SEREER

LINGUISTIQUES DES

Brigitte RASOLONIAINA

ÉTUDE

DES REPRÉSENTATIONS DES SEREER

LINGUISTIQUES

SÉNÉGAL: (Mbour, Nianing, Sandiara)

L'Harmattan
5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris FRANCE

-

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

@ L'Harmattan,

2000

ISBN: 2-7384-9148-0

REMERCIEMENTS

Cette étude a pu être réalisée grâce à la participation et à l'amitié chaleureuse des trois jeunes Sereer, Philippe Dione, Youssou Gning, Alphonse Faye, des informateurs de Sandiara et de Mbour, et grâce aux soutiens infaillibles des amis et des collègues d'ici et de là-bas, particulièrement de Nicole Gueunier, Gabriel Ngom, Waly Coly Faye, Claude Allibert et Malanjaona Rakotomalala. Que chacun trouve ici l'expression de ma profonde gratitude. Diooka ndial.

~

ma mèt:f?!10U&JfJ.S70 ans.

SOMMAIRE

POURQUOILE SENEGAL? Rappel de la politique linguistique du Sénégal Les Sereer Aperçu linguistique et dialectologique de la variété sereer L'instrumentalisation du sereer
CHAPITREI

13 18 19 22

LESPROFILSDESHABITUES TROISMARCHES DE EN PAYSSEREER A. Méthode d'investigation 1. L'enquête par questionnaire 2. L'observation B. Les lieux de I'enquête 1. Le marché de Mbour (Quartier Escale) 2. Les marchés de Sante Yalla et de Khar Yalla 3. Le marché hebdomadaire de Sandiara C. Les données des questionnaires et de l'observation: les profils des habitués des trois marchés 1. Les lieux d'habitation 2. Les langues parlées 3. Les langues écrites 4. Les variétés déclarées utilisées dans les échanges aux marchés 5. Les échanges sur les trois marchés: résultats des observations 6. La variété préférée par les informateurs et les raisons invoquées
CHAPITRE il ANALYSE DU DISCOURS EPILINGUlSTIQUE DE QUELQUES LOCUTEURS SEREER A. Méthodes d'investigation B. Présentation des lieux d'investigation: Mbour et Nianing C. Les données de l'observation dans l'espace familial

25 25 27 27 27 29 31 33 33 35 37 39 39 41

46 47 48

D. Le discours épilinguistique des informateurs 1. L'utilisation des langues sereer et wolof 2. Le sereer, la ville et la campagne 3. La langue française 4. L'alphabétisation 5. Le sereer et le militantisme actuel CONCLUSIONS Le plurilinguisme du Seerer et le besoin d'un véhiculaire

57 58 74 81 86 93

y -a-t-il « wolofisation » du milieu sereer?

Résistance de l'ethnie sereer à l'expansion wolof L'alphabétisation en langues nationales
DOCUMENTS ANNEXES 1. Questionnaire utilisé aux marchés 2. Recensement des échanges observés aux marchés de Sandiara 3. Recensement des échanges observés aux marchés de Khar Yalla et de Sante Yalla

101 102 103 105

109 111 113 115 119 129

4. Statuts de la confédération « Ndef Leng

»

5. Extraits de la traduction en sereer de la déclaration universelle des Droits de l'Homme
BIBLIOGRAPHIE

* * *

10

POURQUOI LE SENEGAL?

Il est vrai que la situation sociolinguistique du Sénégal a été longuement étudiée par des chercheurs du CLAD,du CIREFLA,de l'Institut d'Etudes Créoles et Francophones qui ont publié de nombreux articles (Calvet 1992, 1994a, Chaudenson 1990, 1992) sur les différentes variétés en présence, souvent étudiées en relation avec le français, langue officielle. Toutefois, pour les différentes raisons que je vais rapidement présenter dans cette introduction, je me suis intéressée à ce terrain qui m'est beaucoup plus qu'un lieu d'investigation, puisque cette recherche a pu être entreprise dans le cadre de mon travail à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales où j'ai à ma charge les enseignements relatifs à la «Sociolinguistique de l'Afrique» et grâce aux conseils de mes amis du Collège Coopératif de Paris et aux étudiants sénégalais qui m'ont souvent parlé de leurs langues. Le projet de réaliser une enquête sociolinguistique au Sénégal date déjà de quelques années. Ayant reçu en formation d'adultes au Collège Coopératif de ParisI, pendant quatre années successives (de 1993 à 1996) quatre groupes d'alphabétiseurs en pulaar, originaires de la vallée du Podor, je me suis intéressée à ce pays et à ses réalités linguistiques à travers les riches expériences de ces stagiaires et les travaux consacrés à ce domaine. En effet,
1 La formation des Acteurs-chercheurs du développement à la base assurée en partenariat avec l'Union de Solidarité et l'Entraide (USE)à Dakar et la CIMADE, conçue sur le principe de la Recherche-Action, a commencé en 1997. Les unités de valeurs capitalisables comprenaient: la monographie villageoise (soutenue devant l'assemblée Villageoise), la didactique des adultes, l'initiation à la recherche-action sur le développement (au Collège Coopératif à Paris) (cf «Rapport de la Mission d'Evaluation de laformation «Acteurschercheurs du développement à la base », avril 1996, archives du Collège Coopératif de Paris).

par leur travail et leur engagement dans un militantisme profond, ces adultes en formation m'ont sans arrêt rappelé que l'alphabétisation en pulaar est une des conditions qui permettent à cette variété de vivre pleinement le statut de langue nationale. Par ailleurs, durant cette époque, j'ai été mille fois confrontée à des problèmes linguistiques par le fait que la majorité de ces adultes ne parlaient pas français! Il a fallu ainsi passer par la traduction du français au pulaar mais aussi du français au wolof et du wolof au pulaar, par l'intermédiaire du stagiaire bilingue ou trilingue du groupe ou d'un étudiant sénégalais inscrit à d'autres formations au Collège Coopératif. Les multiples rencontres avec plusieurs autres étudiants sénégalais (Peul, Wolof, Sereer), acteurs dans différentes régions du Sénégal, dans le suivi de l'écriture de leur mémoire de DHEPs2,

les discussions

concernant

le thème de

«

langues

et

développement» et mes cours sur le « plurilinguisme» n'ont fait qu'augmenter mon désir de mieux connaître les variétés linguistiques du Sénégal et les conditions concrètes de leur usage. Le projet de réaliser cette enquête sociolinguistique a été enfin conforté par l'invitation indirecte d'amis Sereer, habitants de Mbour. Sans leur accueil amical, il m'aurait été impossible de faire ce premier terrain et de conduire jusqu'à la fin cette première investigation menée sous la chaleur accablante de l'hivernage. Je pense aussi qu'en entreprenant ces études portant sur l'une des variétés linguistiques parlées au Sénégal, je participe indirectement aux réflexions que mènent les différents décideurs quant à la politique linguistique que le Sénégal, à la veille des élections présidentielles, doit tôt ou tard décider pour le devenir de ces différentes variétés actuellement vivantes. Dans la présente étude, il s'agira essentiellement de recueillir sur le terrain diverses données auprès d'usagers sereer pour amorcer et approfondir des observations portant sur les représentations et les pratiques actuelles de locuteurs de langue
2 Le Collège Coopératif de Paris propose aussi des formations pour les acteurs du développement au Sud sanctionnées par ce diplôme qui équivaut à Bac + 4. J'y anime depuis 1995 un séminaire annuel intitulé Linguistique appliquée à l'écriture de recherche et assure un suivi individuel de l'étudiant qui doit déposer un mémoire en fin de parcours. 12

sereer évoluant dans trois localités sereer: Mbour, Nianing et Sandiara. Il s'agit alors d'une enquête de type sociolinguistique, et non de présentations de méthodes d'alphabétisation ni d'évaluations des programmes mis en place par les Organisations Non Gouvernementales au Sénégal. Mon travail a pour objectif de mettre surtout en avant la parole des locuteurs sereer que j'ai rencontrés et d'essayer de la comprendre et de l'interpréter. Cette première enquête, qui sera suivie d'une étude des pratiques linguistiques de Sereer de la région du Fatick, comporte deux volets: l'étude du profil linguistique des personnes qui fréquentent les marchés de Mbour et de San di ara et celle du discours épilinguistique de quelques locuteurs sereer.
RAPPEL DE LA POLITIQUE LINGUISTIQUE DU SENEGAL

Si on se réfère aux données du recensement sénégalais de 1988 (Ministère de l'Economie, des Finances et du Plan 1993), on peut dire qu'avec les 49,2% de locuteurs, la langue wolof est la plus parlée comme première langue au Sénégal; le pulaar se situe en deuxième position (22,2%), le sereer en troisième (12,8%), le diola en quatrième (5,1%), le manding (4,7%) et le soninké (1,4%) suivent. Les 4,6% des Sénégalais parlent les autres variétés. Dans ceUe situation de plurilinguisme du Sénégal, caractérisée par un taux important d'analphabètes (61,7% selon les données de l'UNESCO en 1990), la politique linguistique choisie par les dirigeants et actualisée par la planification mise en application, se définit, d'une part, par le choix de six langues nationales (le wolof, le peul, le sereer, le mandingue, le soninké et le diola) sur une vingtaine de variétés parlées, et d'autre part, par le choix de la langue française au statut de langue officieIlè Ainsi, en 1968, après les premiers résultats des recherches des instituts linguistiques, l'Etat sénégalais a formulé ces deux
3 Plusieurs lois nomment cette fonction de la langue française et favorisent la francophonie: décret n° 73-955 du 17 octobre relatif à l'enrichissement de la langue française (JO n° 4327, 2137), loi n° 74-57 du 28 novembre 1974 relative à la transcription des noms propres sénégalais, décret n° 75-262 du 10 mars 1975 relatif à la transcription des mots français dans une langue nationale écrite et de mots sénégalais dans un texte français.

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