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J. M. COETZEE

De
136 pages
La présente étude s'attache à montrer comment les romans de Coetzee donnent corps à cette problématique à travers des situations et des personnages insolites, parfois énigmatiques, et des réseaux de métaphores qui longtemps hantent le lecteur une fois les romans refermés.
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J. M. COETZEE
Romancier sud-africain

Collection L'Aire Anglophone
dirigée par Serge Ricard

Cette collection entend s'ouvrir aux multiples domaines d'un vaste champ d'investigation, caractérisé par la connexion idiome-culture, auquel les spécialistes formés en langues, civilisations et littératures dites "anglosaxonnes" donnent sa spécificité. Il s'agira, d'une part, de mieux faire connaître des axes de recherche novateurs en études britanniques, américaines et canadiennes et, d'autre part, de répondre à l'intérêt croissant que suscitent les cultures anglophones d'Afrique, d'Asie et d'Océanie sans oublier le rôle de langue véhiculaire mondiale joué par l'anglais aujourd'hui. A cette fin, les domaines privilégiés seront l'histoire des idées et des mentalités, la sociologie, la science politique, les relations internationales, les littératures de langue anglaise contemporaines, le transculturalisme et l'anglais de spécificité. Déjà parus
Serge RICARD (dir.). États-Unis I Mexique: fascinations et répulsions réciproques. André BEZIAT, Franklin Roosevelt et la France (1939-1945): la diplomatie de l'entêtement. Ada SAVIN, Les chicanos aux Etats-Unis. Nathalie CARON, Thomas Paine contre l'imposture des prêtres.

@ L'Harmattan, 1999 ISBN: 2-7384-7509-4

ANDRÉ VIOLA

J. M. COETZEE
Romancier sud- africain

L'Harmattan 5-7,rue de l'École Polytechnique
75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Du même auteur:

New Fiction in English From Africa (en collaboration avec Jacqueline Bardolph et Denise Coussy) à paraître aux éditions Rodopi, Amsterdam

Latitudes

-

Solitudes

Nouvelles éditions H.B., 1997

FRAGMENTS

INTRODUCTION BIOGRAPHIQUES

Beaucoup de lecteurs français se posent la question: qui est J. M. Coetzee? De toute évidence, ils connaissent mieux André Brink, Nadine Gordimer et Breyten Breytenbach, qui, à un titre ou à un autre, ont des liens avec la France1. Certes l'homme Coetzee est secret, au point que même ses initiales ont longtemps prêté à confusion. À part quelques renseignements glanés çà et là dans des monographies en anglais, le lecteur n'avait à sa disposition que des rumeurs le décrivant comme un être plutôt froid et désagréable. Celles-ci se fondent sans doute sur ses interviews, où il refuse farouchement la moindre incursion biographique, et qui sont toutes menées par écrit en ce qui concerne leur version finale. C'est pourquoi les pages qui suivent n'ont pas l'intention d'éclairer l'œuvre par l'homme, mais de donner certains repères, tant il est vrai qu'il est totalement impossible de faire abstraction du contexte sud-africain. D'ailleurs le vécu semble revenir au galop, puisque la dernière œuvre publiée à ce jour - Boyhood.Scenesfrom Provincial Life, 1997 - peut être considérée comme une sorte de biographie de l'enfance du romancier qui naquit en Afrique du Sud en 1940. Mais si ce texte constitue à ce jour la seule source d'''information'' sur cette période, il s'agit beaucoup moins de renseignements factuels que de l'évocation d'un climat intellectuel et affectif. En conséquence, Boyhood va nous servir d'introduction commode à la fois à la personnalité et à l'œuvre créatrice de l'écrivain.

1. Peu de lecteurs savent que Coetzee connaît la France pour y avoir notamment déjà parcouru environ deux mille kilomètres à bicyclette.

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1. UNE DRÔLE D'ENFANCE: "DEUX MÈRES, ET PAS DE PÈRE"

Le premier contact du lecteur avec l'ouvrage ne peut manquer de susciter des interrogations sur sa nature exacte. En effet, l'absence de détermination dans le titre et dans lè soustitre entraîne un certain flottement quant à leurs liens éventuels avec le nom de l'auteur qui figure sur la couverture. La première page n'est guère plus explicite, qui commence par: "Ils habitent dans un lotissement à la périphérie de la ville", et mentionne "sa mère", sans autres précisions2. À mesure que progresse la lecture, on découvre toutefois un ancrage très net dans la réalité spatio-temporelle de l'Afrique du Sud de 1948 à 1953. Le narrateur se présente en outre comme membre d'une famille Coetzee qui semble posséder les caractéristiques essentielles que l'on connaît à celle de l'auteur (97), et plus tard il laisse échapper qu'il se prénomme John (107). On doit cependant avancer avec la plus grande prudence, car Coetzee l'essayiste a formulé de nombreuses mises en garde contre les distorsions de l'autobiographie, soulignant que "par la sélection, vous omettez certaines choses" et que "[v]ous choisissez les faits en fonction de leur correspondance avec l'évolution de vos intentions"3. De plus, Coetzee relève deux composantes fondamentales - intérêt personnel et aveuglement - qui contribuent à jeter le doute sur la véracité de toute autobiographie : "La seule vérité incontestable de l'autobiographie c'est que son intérêt personnel va se situer à l'endroit même où l'on se refuse de regarder" (Coetzee emploie "blind spot", le point aveugle; D.P., 392). En conséquence, il convient dans un premier temps de prêter attention au récit tel qu'il se présente, plutôt que de proposer une identification trop hâtive entre auteur et narrateur. Boyhood se distingue d'emblée par le ton très maîtrisé de la confession. Loin du bruit et de la fureur qui retentissent dans certains autres récits du romancier, on a ici l'impression
2. Boyhood n'est pas à ce jour traduit en français, aussi nous donnons notre traduction avec référence à la pagination du texte anglais. 3. Doubling the Point. Essays and Interviews, pp. 17 et 18 (notre traduction); la référence sera désormais donnée dans le texte sous la forme D.P. En ce qui concerne d'autres œuvres autobiographiques célèbres, on peut citer le Portrait de James Joyce, où l'auteur a ajouté ou gommé sans vergogne épisodes et personnages.

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d'entendre la voix retenue mais prenante de John Coetzee lisant en public une de ses œuvres. Cette voix égale, qui évoque le confessionnal, reflète fidèlement la nature profonde du narrateur. Celui-ci estime qu'il doit à tout prix cacher aux autres les failles et les secrets de sa personnalité, car il a la conviction intime de ne pas être "normal", de mener une double vie. Celleci se manifeste dès l'école, où il se conduit comme un garçon timide et effacé (13), alors qu'il a parfaitement conscience d'agir en "despote" à la maison. Il pense par ailleurs être le seul à ressentir des pulsions sexuelles, puis il se singularise parce qu'il ne peut marcher pieds nus et qu'il échoue à un examen de boy-scout. De même, il éprouve une curiosité incongrue envers les diverses personnes métisses qu'il rencontre, et, en pleine guerre froide, il pousse l'excentricité jusqu'à préférer les Russes aux Américains. Pour couronner le tout, il estime pratiquer l'imposture en matière de religion. En effet, à son arrivée dans sa nouvelle école, on lui demande son appartenance religieuse et, pris de court, il répond qu'il est catholique ("Roman Catholic", 18). Il vient d'une famille protestante non pratiquante, mais deux raisons l'ont poussé à ce mensonge non prémédité: il n'a aucune envie de se retrouver avec les garçons afrikaners dont il ne supporte pas la grossièreté et les brutalités, et ensuite, son admiration envers le héros Horace justifie son adhésion à tout ce qui est "romain". En raison de ce double je/u, un sentiment de marginalisation domine l'ouvrage de bout en bout, accompagné d'une inévitable culpabilité. Afin de contrebalancer cette marginalisation, il s'acharne à pratiquer le cricket, sport national (des Blancs), mais ses camarades considèrent avec condescendance ses efforts incessants, qui ne lui apportent aucune intégration. La cellule familiale ne se montre pas plus sécurisante. Père et mère forment un couple désuni, en dépit de deux caractéristiques très particulières qu'ils ont en commun. Ils appartiennent à l'espèce rare d'Afrikaners qui ne se réjouissent pas de la venue au pouvoir des Nationalistes en 1948, et ils témoignent d'un amour paradoxal pour la langue anglaise. Le paradoxe vient de ce que ni l'un ni l'autre ne sont véritablement d'origine anglophone. Le père du narrateur descend d'une lignée d'Afrikaners établis en Afrique du Sud depuis plusieurs générations. Pourtant le père utilise l'anglais à la maison, cite Wordsworth et Shakespeare, se passionne pour les mots croisés du Cape Times et pour les expressions idiomatiques du Pocket English

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Dictionary. Quant aux parents de sa mère, malgré leur ascendance afrikaner et allemande, ils conversaient chez eux en anglais, si bien qu'elle-même parle cette langue avec une correction grammaticale parfaite (106). Voilà pourquoi le petit garçon se montre si à l'aise en anglais, et n'a aucun remords d'avoir trahi sa langue maternelle (comme ce fut le cas de manière occasionnelle chez Nabokov, ou de manière chronique chez Conrad). L'image du père subit une lente mais inexorable dégradation : ses exploits de soldat, de sportif et de chasseur sont peu à peu ramenés à de piètres proportions. Homme de loi, il contracte des dettes, frôle la faillite frauduleuse et doit fermer son étude. Il simule ensuite une recherche d'emploi, mais sombre dans l'oisiveté et la boisson, au point que, comble de l'humiliation, deux huissiers viennent faire l'inventaire du mobilier. Le père est devenu "cet homme" dont la mère et le fils ne parlent qu'avec mépris. Le portrait de la mère s'inscrit en contraste absolu avec celui de son mari, mais n'en renferme pas moins de nombreux germes de conflits. Le premier chapitre lui est consacré, sans doute pour souligner son rÔle essentiel dans la vie du jeune garçon. Ce chapitre relate l'acharnement qu'elle met pour apprendre à monter sur une bicyclette, tant elle voudrait fuir de temps à autre une existence entièrement confinée à la maison. Par ce moyen, elle arrive enfin à aller faire ses courses en ville, mais un jour, devant les sarcasmes incessants de son mari, elle abandonne, "vaincue" (4). Dans cette affaire, le garçon se situe pour une fois du côté du père: "il ne veut pas qu'elle ait un désir à elle. IlIa veut toujours à la maison, à l'attendre quand il rentre" (4). Ainsi se dessine une relation exclusive qui va peser sur le reste du récit. Le deuxième chapitre s'ouvre pourtant sur cette déclaration paradoxale: "Il ne partage rien avec sa mère" (5). À la vérité, il faut comprendre qu'en dépit, ou à cause d'un amour mutuel profond, le garçon résiste de toutes ses forces à la tentation de la symbiose qui menace son intégrité. À l'inverse de ses trois cousins, "il est le seul que sa mère ne mène pas par le bout du nez" (38). En même temps, il se sent piégé et coupable, et se dit qu'il n'arrivera jamais à rendre à sa mère tout l'amour qu'elle lui prodigue (47). Dans ces conditions, la moindre parole se charge de tensions et de sous-entendus, et les accusations fusent des deux côtés: "Si seulement elle pouvait être normale", fait écho à ce reproche de la mère: "Tu ne

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peux pas être un peu normal ?" (38 et 78). Ces sentiments exacerbés atteignent leur point culminant le jour où il lui demande "quand vas-tu mourir ?", question qui ne fait que refléter son angoisse intérieure: "sans elle il ne serait rien" (35). Même l'hostilité commune envers le père ne peut vraiment les rapprocher. Il en veut à sa mère de se sacrifier pour payer les dettes : "sa détermination de fourmi le met en colère au point qu'il a envie de la frapper" (160). Pour échapper au piège de l'Œdipe, le garçon va tenter de vivre un "roman familial" particulier, en liaison avec la ferme qu'un de ses oncles a reçue en héritage. Il essaye d'une part de trouver en cet oncle un substitut paternel, mais celui-ci, mal à l'aise, refuse la relation. Par contre, le transfert d'affection envers l'ensemble de la ferme semble totalement réussi puisque le garçon déclare qu'il se considère né d.'une femme et né de la ferme. Deux mères, et pas de père. [...] il n'y a pas d'endroit au monde qu'il aime plus [...]. Tout ce
qui n'est pas simple dans son amour pour sa mère devient

simple dans son amour pour la ferme. [...] il ne lui échappe pas que c'est à la ferme que l'emprise de sa mère est la plus faible.
(96,79 et 96).

Le long chapitre consacré à cette ferme montre bien qu'elle représente le seul lieu où il peut oublier ses frustrations, car tout le fascine: les nombreux animaux domestiques - qui vont pourtant disparaître au profit de l'élevage ovin exclusif-, l'environnement naturel avec sa retenue d'eau et les vastes espaces, les travailleurs métis dont le mode de vie l'intrigue, le rituel de la tonte des moutons, et même de la castration des agneaux. En outre, le récit insiste à plusieurs reprises sur l'avidité avec laquelle l'enfant écoute les conversations entre les membres de la grande famille qui échangent leurs souvenirs d'enfance dans les fermes du côté maternel et paternel, "ces fermes qui lui donnent de la substance" (22). Dans la mesure où le narrateur représenterait le romancier, on comprend combien la connaissance intime de l'Afrique du Sud non urbanisée, dont témoignent les essais de White Writing et plusieurs autres romans, ne provient pas seulement de sources écrites. La grande famille, symbole de la culture afrikaner traditionnelle, est cependant loin d'être idéalisée, même si elle procure au narrateur un accès privilégié aux activités de la ferme. Déjà la belle-famille n'avait absolument pas soutenu la mère restée seule avec ses deux enfants, tandis que le père combattait en

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Europe. Les deux chapitres consacrés à la tante Annie ne font que confirmer la relâchement des liens d'entraide. Lorsque la vieille dame tombe malade, personne ne s'offre pour la recueillir, et la scène de l'enterrement évoque une cérémonie bâclée: "tante Annie attend sous la pluie que quelqu'un trouve le temps de l'enterrer" (166). De surcroît, elle reste associée pour l'enfant avec les livres invendables écrits par son père et son frère, et dont les titres, qui parlent de maladie dangereuse, guérison éternelle, péché et punition, paraissent à l'enfant relever d'une mentalité d'un autre âge. Après cette vision plutôt lugubre d'une culture moribonde, le récit ajoute trois lignes avant de se clore définitivement: "Comment va-t-il pouvoir garder tout ça dans sa tête, tous les livres, tous les gens, toutes les histoires ?" (166) En d'autres termes, l'enfant veut assumer le rôle de dépositaire de récits, bien qu'il semble jusqu'alors avoir montré au moins autant d'intérêt pour le cricket que pour la lecture. À la vérité, deux indices dans le texte tendent à esquisser le portrait d'un futur écrivain: le fait qu'il ne supporte pas la banalité des conversations de tous les jours (78), et la fascination pour les signifiants (57, 61, 91, 109). Difficile de ne pas penser à d'autres récits de l'enfance, Amants et Fils de D. H. Lawrence ou le Portrait de Joyce: l'emprise de la mère, la haine du père assortie de la déchéance de celui-ci, les traumatismes de l'école, les interrogations devant la conduite de prêtres professeurs, l'éveil de la sensualité, le sentiment de non-appartenance, sans oublier la complexification de la syntaxe à mesure que le narrateur grandit, semblent autant de passages obligés. Devant ces nombreux parallèles, on serait même amené à se demander si en définitive Boyhoodconserve une quelconque originalité. À vrai dire, le cadre sud-africain offre en lui-même un déplacement géographique et culturel qui donne au récit une résonance et une saveur particulières. La qualité essentielle de l'ouvrage réside par ailleurs dans l'habileté avec laquelle il joue du contrepoint entre la vision naïve de l'enfance et la distance prise par l'écrivain adulte. Ce contrepoint, inévitable dans tout récit de l'enfance, peut se pratiquer de diverses manières: avec une ironie évidente chez Dickens (Les Grandes Espérances),ou plus insaisissable chez le Joyce du Portrait. Dans le récit de Coetzee, l'emploi du présent de narration contribue à masquer en partie la dualité d'énonciation et la scène est donnée à voir dans l'évidence de l'immédiateté: il ne reste plus d'interstice où

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pourrait se glisser un questionnement sur les distorsions dues à la remémoration. Deux caractéristiques du texte contribuent aussi à convaincre le lecteur qu'on ne lui cache rien, à commencer par l'insistance sur des actes peu glorieux comme lorsque le narrateur - par jeu? par jalousie? - écrase le doigt de son jeune frère dans un broyeur. Ensuite, quand il répertorie les quatre Africains noirs avec qui il est entré jusque là en contact, il révèle involontairement qu'il n'a pour ainsi dire aucune connaissance de ceux qui forment la majorité de la population de son pays. On peut ajouter que, dans une interview de 1991, Coetzee résume brièvement l'atmosphère de ces années-là en des termes qui rappellent ceux de Boyhood. Certes, il ne s'agit pas d'une preuve externe irréfutable, mais il souligne qu'''un sentiment d'aliénation remonte très loin dans sa mémoire", et que durant son enfance, il fait "des rêves inquiétants où il est poursuivi et acCusé" (D.P., 393). En conséquence, même si l'on prend en considération les avertissements du romancier sur l'autobiographie, on peut penser que la tonalité de ce récit sottovoce, qui nous présente un narrateur agité par des tensions contradictoires et des frustrations répétées, donne une assez bonne idée de celle dans laquelle a pu baigner cette période de sa vie.

2. DE L'ÉTUDIANT AU ROMANCIER

Une fois terminée sa scolarité dans l'enseignement secondaire, Coetzee s'inscrit comme étudiant à l'université du Cap à la fin des années cinquante. À cette époque, le gouvernement continue inexorablement à renforcer le régime d'apartheid. Les Africains ont choisi de répondre par une résistance non violente, jusqu'au "massacre de Sharpeville" (1960), épisode où la police tire sur une foule sans armes, ce qui inaugure une période de troubles et de répression brutale. En 1961, à vingt et un ans, Coetzee obtient une double licence (B.A.),puis une maîtrise (M.A.)en 1963. Mais il a déjà quitté l'Afrique du Sud car, de 1962 à 1964, il séjourne en Grande-Bretagne: sa double licence - anglais et mathématiques - lui a en effet permis de trouver du travail comme programmeur dans l'industrie informatique naissante. L'année 1964 est celle de la condamna-