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L'Afrique Noire à l'I.H.P.O.M

278 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1996
Lecture(s) : 254
EAN13 : 9782296313064
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Etudes africaines
L'Afrique noire à l'IHPOM
1964-1994En couverture: harpe "Azandé" (Zaïre), 64 cm, in Art Africain de
Johannes Nicolaisen et Jens Yde, Baudoin, Paris, 1986
@ L'Harmattan, 1995
ISBN: 2-7384-3909-8Afrique-Recherches et Documents
Etudes africaines
L'Afrique noire à l'IHPOM
(1964-1994)
Préface et présentation
de Marc Michel et Pierre Soumille
IHCL'Harmattan
21, rue Gaston de Saporta5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique
13100 Aix-en-Provence75005 ParisAvant propos
Pendant une génération, l'Institut d'Histoire des Pays
d'Outre-mer a été à Aix un acteur essentiel de la recherche
historique sur les terrains que le reflux de la décolonisation
française laissait à découvert. Il est bien évident que le choix du
nom répondit au désir de lier cette recherche à l'installation à Aix
de fonds d'archives coloniales destinées à faire de la capitale de la
Provence un centre documentaire unique en France, mais que le
choix du nom ne reflétait en aucune manière une sorte de splendide
isolement sur une sorte de butte--témoin d'un passé revécu dans la
nostalgie des choses du passé. Au contraire, il répondit à un souci
d'ouverture aux vents des plus lointains "outre-mers" et c'est
pourquoi l'Institut cultiva les liens avec des partenaires étrangers
d'Afrique ou Europe, orientés vers des recherches similaires comme
l'Institute of Commonwealth Studies de Londres ou le Centre for
the History of European Expansion de Leyden qui sont devenus des
partenaires et des amis dont je ne dirais jamais assez la fidélité.
Recherches "européano-centrées", dira-t-on, et donc frappées
d'un véritable vice de lecture historique, d'une incapacité à
reconnaître le regard de l'Autre. Je ne m'engagerais pas ici dans ce
débat très théorique (et stérile, me semble-Hl) ; je dirais seulement,
avec la plus fausse naïveté, qu'on ne prouve le mouvement qu'en
marchant et que les travaux effectués par l'IHPOM démontrent
que le souci le plus pressant d'écoute présida à ses activités. Après
avoir étendu notre champ de curiosité aux horizons véritablement
ultramarins des pays de l'océan Indien et du Pacifique, c'est vers les
périodes les plus récentes des décolonisations et aux confrontations
des expériences que nous nous sommes tournés, comme en
témoignent les deux derniers colloques de 1990 et de 1993 réalisésA.frique /laITe
grâce à une étroite collaboration avec l'Institut d'Histoire du
Temps Présent à Paris..
De cette ouverture témoigne aussi la liste des travaux
soutenus depuis 1968 et les études de quelques unes des plus
récentes "Journées" de DEA rassemblées ici par notre collègue et
ami Pierre Soumille. Je tiens ici à l'en remercier tout
particulièrement ainsi que ceux qui ont bien voulu nous apporter
leur contribution et tout particulièrement le professeur
Oumar Kane, doyen de la Faculté des Lettres de Dakar, dont
l'exceptionnelle communication ouvre ce recueil. Mais je ne saurais
ignorer les autres dont on appréciera la richesse depuis l'histoire de
la santé en Afrique jusqu'aux réflexions si pertinentes du
professeur Thierno Bah de l'Université de Yaoundé sur les
problèmes de l'Islam contemporain au Cameroun. Enfin, les
chercheurs apprécieront sans nul doute la mise au point que
Mme Elisabeth Rabut, conservateur général du Centre des
Archives d'Outre-Mer à Aix, a.si gentiment accepté de joindre à
cette publication, Certes, on ne trouvera pas ici l'unité thématique
ou chronologique à laquelle des conférences ou des exposés de DEA
ne sauraient prétendre; mais nous espérons que ces études, par leur
qualité, démontreront à quel point la recherche à l'IHPOM a été
une recherche "vivante",
Or, ce sont justement ces deux exigences d'ouverture et vitalité qui
commandent aujourd'hui de franchir une nouvelle étape; l'IHPOM
ancienne manière va se transformer une nouvelle fois grâce à
l'apport du sang nouveau de chercheurs et d'enseignants et devenir
l'Institut d'Histoire Comparée des Civilisations. Et c'est sans nulle
tristesse que j'ai l'honneur de présenter cette dernière parution de
l'IHPOM puisqu'elle annonce une renaissance.
Marc Michel
.
"La France et les indépendances des pays d'Afrique noire et de
Madagascar", 1990, L'A.frique noire française: l'heure des Indépendances,
publication du CNRS, 1992 ; "Décolonisations comparées", 1993, à
paraître aux éditions Karthala avec l'aide du CNRS et Publications de
l'Université de Provence.
6Préface
e volume consacré à l'Afrique noire souligne l'importance
des recherches historiques effectuées à l'Institut d'HistoireC des Pays d'Outre-mer (IHPOM) en ce domaine. En effet,
depuis sa création en 1965, cet institut de l'Université de Provence a
patronné, d'abord sous l'autorité de son fondateur, Jean-Louis
Miège, et plus récemment sous celle de son actuel directeur, Marc
Michel, de nombreux mémoires, DEA, thèses de troisième cycle,
thèses d'université et thèses d'Etat dont une sélection est ici
présentée.
Les auteurs de ces travaux fort utiles pour la connaissance du
passé de l'Afrique noire étaient souvent des étudiants et des.
chercheurs francophones venus de la plupart des pays situés au sud
du Sahara. Ils s'appuyaient sur la richesse de la documentation
présente à Aix-en-Provence (CAOM) et à Marseille (Pharo,
Chambre de Commerce) grâce aux archives concernant les
territoires appartenant jadis à la mouvance française et à celles de
l'ancien ministère de tutelle, également au CAOM du chemin du
moulin Detesta. Sources toujours enrichies d'apports nouveaux
dont un inventaire est fourni au début de cet ouvrage. Et ils
bénéficiaient aussi des contributions des importantes bibliothèques
des divers centres spécialisés dans l'Outre-mer qui sont présents
dans les universités aixoises.
Et même modeste par ses dimensions, en comparaison de la
quantité et de la qualité des travaux menés à bien pendant près de
trente ans sous les auspices de l'IHPOM, l'échantillon des études
publiées dans ce volume n'en est que plus intéressant par la
diversité des thèmes abordés: aperçu sur l'évolution politique de
l'Afrique noire de 1920 à 1960, bilan de la situation sanitaire en AOF
à l'époque coloniale et présentation des sources relatives à ce sujet,
relations parfois difficiles entre l'islam et la modernité au
Cameroun, transformation de l'économie d'une région de ce même
pays, essai sur la symbolique du pouvoir vue à travers la religion
des princes de l'Ouest africain, deux analyses des solutions
envisagées par les différents colonisateurs soit pour agrandir leur
territoire respectif soit pour établir avec un pays voisin unecoopération technique, et enfin deux approches de l'histoire de la
Centrafrique actuelle (Oubangui-Chari colonia!), l'une tentant une
synthèse de l'occupation de ce territoire par les Français, l'autre
s'efforçant de brosser le portrait du personnage central ayant créé
cet Etat, Barthélémy Boganda.
Articles et communications qui reflètent bien les différentes
pistes de recherches en cours et qui promettent de la part d'autres
chercheurs, actuellement en DEA ou en thèse, une nouvelle et
abondante moisson de travaux.
Et pour terminer, il faut souligner qu'outre la direction des
mémoires et des thèses portant sur l'Afrique noire, l'IHPOM a
assuré l'organisation d'importants colloques traitant de l'histoire
de ce continent, les trois derniers tenus à Aix-en-Provence en 1993
et en 1995 abordaient l'étude comparée des décolonisations
européennes, les mémoires de la colonisation, et l'enseignement de
l'histoire en Afrique centrale francophone, travaux qui ont fait ou
feront l'objet de prochaines publications.
Ces textes ont été réunis par le secrétariat de l'IHPOM qu'il
faut ici remercier, particulièrement Nicole Mondino qui en a assuré
la présentation.
Pierre Soumille
8L' Afrique noire:
nouveaux instruments de recherche
et archives privées récemment entrées
au CAOM
s travaux menés portent d'une part sur des fonds d'archives
ubliques, jusqu'alors non accessibles -ou difficilement- fauteu de classement et d'inventaire, d'autre part sur la prise en
charge de fonds d'origine privée, archives et documents
iconographiques. Afin d'ouvrir quelques perspectives nouvelles de
recherche, ils sont ici brièvement signalés.
Afrique occidentale française
Les microfilms des archives conservées à Dakar (fonds du
Gouvernement général de l'AOF) sont consultables sous la cote 14
MiOM à Aix (14 MiOM 1 3015 - dossier 18 G 284) et sous la cote Mi
à Paris (200 Mi 1 à 3249 - dossier 23 G 46).
Afrique équatoriale française
-Inspection générale du travail et des lois sociales, 1945-1959. AEF
1 H 1 - 187.
Fonctionnement de l'inspection, application de la législation
du travail, main d' œuvre.
Répertoire numérique, par AC. Tizon.
- Compagnies et sociétés concessionnaires, 1897-1954. AEF
8 Q 1 72.
Répertoire numérique, par D. Ledoux et AC. Tizon.
- Commissariat de l'Afrique française libre, 1940-1942. AEF 2 Y 115.
Répertoire numérique, par AC. Tizon.Afrique noire
- Papiers Alfred Fourneau, 1884-1914. AEF 4 Y 1-29.
Mission de l'Ouest africain. Mission Ouesso-Gabon (1899).
Commission de délimitation franco-portugaise (1901).
Répertoire numérique, par AC. Tizon.
Ministère de la France d'Outre-mer
- Cabinet du ministre, 1887-1958. FOM, cabinet 1-923.
Pour la Ille République et le Secrétariat aux colonies de l'Etat
français, seuls des fragments se trouvent conservés. Le fonds
apparaît en revanche riche et cohérent pour le Comité
national de la France libre et le Comité français de libération
nationale, le Gouvernement provisoire, la IVe République.
Répertoire numérique, par A Rinckenbach.
Fonds privés
- Fonds Marcel Decressac- Villagrand (1858-1923). 72 APOM 1-5.
Gabon-Congo (1886-1891), puis Côte d'Ivoire et Sénégal.
Répertoire numérique, par AC. Tizon.
- Fonds Augustin Giraud (né en 1880).88 APOM 1-8.
Conférences et articles de Giraud, essentiellement sur l'AOF,
où il fut directeur des Services économiques du Gouvernement
général (1919-1927), avant d'être directeur de l'Agence économique
de l'AOF à Paris (1927-1937).
Répertoire numérique, par AC. Tizon.
Plusieurs fonds privés, entrés récemment, ne sont pas encore
dotés d'inventaires:
- Léon Cuisinier (1883-1952), petit-fils d'Elisée Reclus. 62 APOM.
Compagnies minières en Afrique.
- Jean Capelle (décédé en 1983), ancien recteur de Dakar, 79 APOM.
Manuscrit de son ouvrage "L'éducation en Afrique noire à la
veille des indépendances".
- Paul Dugué, fondateur des Ateliers et chantiers maritimes de
Dakar. 92 APOM.
10CAOM
- Père Souillac, jésuite. 94 APOM. .
Documents sur l'enseignement agricole.
Fonds iconographiques
- Collection photographique du Musée des Arts africains et
océaniens (environ fin XIXe-1930).
Les albums ont été intégrés dans la série Album - 8 Fi.
Les photographies isolées, classées en trois séries:
Afrique I à CI
AOF I à XL
Afrique orientale I à IV
sont accessibles par un fichier intermédiaire.
- Fonds Gaden. 15 APC 1 à 3.
Plus de 1100 verascopes : Guinée, Sénégal, Côte d'ivoire,
Niger, Mali.
Répertoire numérique, par N. Celestin.
- Fonds Lauroy. 18 Fi.
Niger, Soudan, Côte d'Ivoire, Haute-Volta, 1930.
- Fonds Lanne. 17 Fi.
Tchad, 1963-1975.
- Fonds Loiseleur de Longchamps, 21 Fi.
Environ 250 plaques de verre: Guinée, Sénégal, Niger, 1914-
1924.
- Fonds Heckenroth. 23 Fi.
1907-1941.
- Photographies aériennes. 24 Fi.
Afrique noire et Océan indien, 1958-1962.
Elisabeth Rabut
Conservateur général chargé du CAOM
NDLR
Existent aussi au CAOM d'importants fends publics et privés sur
Madagascar, nouvellement disponibles,.
11IHPOM est le laboratoire d'accueil de la formation doctorale
"Histoire des Outre-Mers". Il organise régulièrement (etUepuis 1984, année de l'obtention par l'Université de Provence
de cette habilitation), des séminaires et des journées d'études
thèmatiques où des personnalités extérieures sont invitées à
participer.
C'est ainsi que lors de la journée" Afrique centrale" du samedi
23 janvier 1993, MM. E. M'bokolo, P. N' Dombi, P. Soumille et
J.L. Vellut ont pris la parole devant un public d'étudiants (de
maîtrise, de DEA, de doctorat en histoire), et quelques auditeurs
libres intéressés par ce thèrp.e. Furent évoquées ce jour-là les
questions relatives à :
L'apport de la Belgique à l'historiographie du Congo Zaïre des
années 1960 aux années 1990 : trente années de travaux mis en
perspective par Jean-Claude Vellut de l'Université de Louvain-Ia-
Neuve;
L'Histoire face à la transition démocratique: le cas du Zaïre par
Elikia M'Bokolo de l'EHESS de Paris;
La fiscalité et l'administration publique en Afrique équatoriale
française entre les deux guerres, 1920-1939, par Pierre N'Dombi de
l'ENA de Libreville;
Les villes en Afrique centrale: Bangui "l'enclavée", par Pierre
Soumille de l'Université de Bangui puis de Limoges.
En 1994, la journée du 29 janvier avait pour thème" Les villes
africaines". Devant le même public d'étudiants de maitrise et de 3e
cycle, quatre intervenants ont débattu des problèmes liés à :
La mise en place des systèmes urbains avant les indépendances par
Jacques Champaud, de l'ORSTOM.Afrique /la ire
La sociabilité et l'urbanisation en Afrique noire par Robert Vuarin
de l'Université de Provence.
L'infection HIV en Afrique au sud du Sahara: une vocation urbaine
par Gérard Rémy de l'EHESS -Marseille.
Les préoccupations sanitaires dans la ville de Ouagadougou de
1919 à 1947 par Jean-Paul Bada, chercheur associé de l'IHPOM.
A partir du 1er octobre 1995 la fQrmation doctorale, dirigée
par le professeur Jean-Louis Triaud, fusionnera avec la formation
"Etudes arabes et civilisation du monde musulman (resp : Pr. Jean-
Claude Garcin) et constituera un nouvel ensemble intitulé "Mondes
africain, arabe et asiatique; histoire, langues et littérature".
Le laboratoire, devenu depuis le 1er juin 1995 l'IHCC,
continuera d'accueillir les éh,j.diants de l'option "Afrique, Asie,
Caraïbes" de ce nouveau DEA et organisera à leur intention,
comme les années précédentes, des séminaires et des journées
d'études spécialement consacrés à ces trois aires culturelles.Le coUoque sur les décolonisations
comparées1
D:mrsuivant ses recherches sur la décolonisation, initiées par le
:olloque d'avril 1990 sur La France et les indépendances des.1-
pays d'Afrique noire et de Madagascar, l'IHPOM a organisé
du 30 septembre au 3 octobre 1993, avec l'Institut d'Histoire du
Temps Présent (CNRS), un colloque sur Les décolonisations
comparées.
Journées studieuses et pleines d'enseignements qui se sont
déroulées dans le cadre agréable de la Baume-lès-Aix et auxquelles
ont participé une centaine de spécialistes de l'histoire d'Outre-mer
appartenant aussi bien à des universités étrangères (d'Amérique,
d'Afrique, de Madagascar ou d'Europe) que françaises. Et que
l'ancien Premier ministre Pierre Messmer a rehaussé de sa présence
en y apportant des réflexions riches de son expérience d'acteur et
de témoin de la décolonisàtion française.
Après une séance d'ouverture au cours de laquelle
Robert Franck, directeur de l'IHTP et Marc Michel, directeur de
l'IHPOM, dégagèrent le sens et la portée du colloque, tandis
qu'Elisabeth Rabut, conservateur général du CAOM développa
l'historique de ce centre et montra son rôle et son importance pour
les chercheurs travaillant sur l'Outre-mer, une première séance
plénière traita des idéologies coloniales et anticoloniales ainsi que
des "guerres révolutionnaires" dans la décolonisation: un rapport
de Charles-Robert Ageron analysait les communications portant
sur ce sujet.
1 Pierre Soumille, Compte rendu in U/tramarines, n° 8, 33 p, pp. 31-32.Afrique noire
Le colloque se divisa ensuite en plusieurs ateliers qui
étudièrent successivement les décolonisations européennes
comparées en Asie; les mentalités et les mémoires devant les
décolonisations; la décolonisation britannique en Afrique et en
Méditerranée; le rôle des religions dans la décolonisation; les
aspects internationaux de la décolonisation et le rôle joué à cette
occasion par l'ONU; les aspects économiques, financiers et sociaux
des décolonisations. Chacun de ces ateliers fit l'objet d'un rapport
de synthèse avec pour auteurs Philippe Devillers, Henry Wesseling,
Robert Ilbert, Claude Prud'homme, René Girault et Lucie
Rabearinmanana. Une première séance plénière fut consacrée aux
décolonisations belge, française et portugaise, avec un rapport de
Denise Bouche.
Devant l'impossibilité matérielle de présenter ici le contenu
des cinquante-six communications faites à ce colloque et qui seront
publiées chez Karthala (fin 1995) et aux Editions de l'Université de
Provence, (1996) nous nous bornerons à évoquer rapidement les
grandes lignes de ces huit rapports et à résumer les conclusions
générales présentées au moment de la clôture du colloque par
Charles-Robert Ageron, Marc Michel et Jean Stengers.
Certes, en histoire la comparaison n'est pas chose facile
et une intervenante fit même remarquer qu'il nous était demandé
"de comparer l'incomparable". A propos des décolonisations
européennes en Asie, l'accent fut mis surtout sur l'Inde et
l'Indochine, pays où selon M. Pierre Messmer le projet fédéral
français de 1945-1946 n'avait aucune chance d'aboutir, tandis que la
décolonisation américaine des Philippines n'apparaissait pas... Au
sujet de l'indépendance des territoires anglais, il n'est pas possible
de parler d'un système de décolonisation britannique - sans doute
parce qu'il n'y a pas eu de système de colonisation mais des
systèmes différents faciles à démonter en raison de la culture
politique anglaise. Toutefois, deux caractères sont propres à la
décolonisation britannique: le pragmatisme et la non-
dramatisation, car, à la différence de la France, la Grande-
Bretagne n'a pas subi de traumatisme lors de la décolonisation,
parce qu'elle n'a pas d'histoire militaire et parce qu'elle n'a pas
connu d'effondrement politique en 1940.
16Colloque décolollisatiollS comparées
L'atelier sur les mentalités et les mémoires a retenu quatre
aspects: le regard de la presse sur la décolonisation, la presse
française ayant bien informé ses lecteurs sur l'indépendance de
l'Inde tandis que sur la décolonisation française les journaux
anglais, restés discrets jusqu'en 1958, deviennent hostiles dans les
années suivantes; le regard intellectuel avec les ouvrages de
Mannoni et de Frantz Fanon; les regards croisés mais où les points
de vue des colonisés sont peu représentés; le problème de la
mémoire ou des mémoires, avec les risques de manipulation, la
réalité étant transformée par le temps et par le vécu.
Il n'y a pas de décolonisation explicable par l'élément
religieux, y compris dans l'Inde de 1947, mais le fait religieux
interfère partout. Et ne faudrait-il pas renverser la problématique:
comment la décolonisation a-t-elle affecté les grandes religions,
avec l'exemple de l'inculturation, phénomène issu de la
décolonisation? En ce qui concerne l'économie, l'aspect
comparatiste n'a pas assez été développé et l'importance du facteur
temps y a été souligné, la décolonisation n'étant pas terminée dans
le domaine économique comme en témoignent la poursuite de la
politique de coopération et le maintien des pays francophones dans
la zone du franc CFA.
Dans les aspects politiques de la colonisation, trois thèmes ont
dominé: le rôle des Etats-Unis dans les décolonisations avec une
attitude pragmatique qui dépend de la situation de "guerre froide" ;
les différences en fonction de la puissance des Etats; le rôle de
l'ONU qui n'est pas seulement une caisse de résonance mais qui a
fixé des normes nouvelles du droit et de la morale, le droit
d'ingérence. Et il ne faut pas faire des décolonisations un
mouvement d'ensemble mais étudier les différences et les pouvoirs
des aires régionales.
Dans une intervention finale, Charles-Robert Ageron se
félicita de l'abandon de l'explication manichéenne de naguère au
sujet de la décolonisation (ni "main de Moscou ou de Washington",
ni rôle des démiurges), du rejet des typologies, la recherche des
modèles relevant de l'histoire et non de la sociologie, de l'absence
de débats idéologiques qui a permis de respecter les exigences de
l'histoire scientifique. Et de souligner la surprenante parenté des
réactions françaises et hollandaises devant la décolonisation ainsi
17Afrique noire
que la ressemblance des populations coloniales de l'Espagne et du
Portugal. Marc Michel dans ses conclusions montra que comparer
n'est pas chercher des ressemblances mais identifier les différences
et dégagea les grands thèmes du colloque tout en admettant ses
lacunes et des insuffisances: trop d'histoire politique et pas assez
d'études économiques. Et Jean Stengers déclara sa satisfaction
devant la qualité des interventions et remercia toutes les personnes
de l'IHPOM et de l'IHTP qui par leur travail avaient permis la
réussite de ce colloque.
Pierre Soumille
18Le colloque "Mémoires de la colonisation"
epuis le début des années 1980, l'Institut d'histoire des
pays d'outre-mer a poursuivi avec l'appui constant du
Ministère de la Coopération, plusieurs programmes deD recherche privilégiant les sources orales pour une
histoire plus complète de la période coloniale, Femmes et
colonisation faisait déjà largement appel aux témoignages et a
donné lieu à plusieurs publications 1.
Convaincus par cette expérience de l'intérêt de ce type
d'enquêtes nous avons élargi l'entreprise avec Mémoires de la
colonisation. Les 9 et 10 décembre 1988 un premier colloque sur ce
thème avait permis la rencontre d'universitaires et de témoins,
européens et africains. Cette manifestation fut incontestablement
un succès. Treize communications de qualité amenèrent de longs
débats. Des affrontements, parfois en termes assez vifs, opposèrent
scientifiques, praticiens laudateurs ou détracteurs des sources
orales et des témoins, anciens "colonisateurs" et anciens
"colonisés", Mais en dépit de réserves de détail, nul ne contestait la
valeur des renseignements ainsi obtenus en complément
"indispensable" des archives écrites.
Nous avons ainsi précisé une méthodologie, difficile à établir
dans cette voie nouvelle; distinction tradition orale et sources
orales, nécessité d'utiliser toutes les sources à la disposition des
'chercheurs sans privilégier les unes par rapport aux autres, analyse
d'autant plus rigoureuse que les informations apparaissent plus
fragiles et contradictoires.
1 La femme dans la société coloniale. Table ronde CHEE-CRIFSE-IHPOM,
Groningen, Amsterdam, septembre 1982. Y. Knibielher et R. Goutalier La
femme au temps des colonies, Stock, 1986 ; Femmes et colonisation,
Université de Provence, IHPOM, 1987.Afrique noire
La publication des actes en 1989 a confirmé ce succès.
L'ouvrage a été rapidement épuisé au point que nous ne pouvons
plus fournir désormais à la demande. L'IHPOM en est réduit à
proposer seulement la consultation sur place ou des photocopies.
Depuis nous avons poursuivi la collection et l'analyse des
témoignages: constitution de réseaux d'informateurs, contacts
avec des associations (anciens de l'ENFOM, Rabla, Amis de la
Mauritanie...), interviews par des étudiants et chercheurs de notre
institut auprès d'anciens coloniaux, participation à des colloques où
j'ai pu faire entendre à diverses occasions, la voix des témoins 2.
Dans ce dernier cas cependant, le témoignage était largement
faussé puisque mon intervention ne proposait que le compte rendu
des mémoires de coloniaux écrivains. Car il s'est révélé difficile de
faire entendre directement des témoins dans des colloques
universitaires. On peut d'ailleurs faire aussi le constat inverse. Les
grandes réunions d'anciens' coloniaux ne convient guère de
scientifiques africanistes à leurs débats. Ainsi en était-il au colloque
"Mémoires Voltaïques", au Sénat, les 27 et 28 octobre 1993, où
intervenaient des personnalités de premier plan, françaises et
burkinabé 3.
Après un long travail de préparation, nous avons pu
renouveler les 3 et 4 décembre 1993, l'expérience de 1988 et tenir un
deuxième colloque à l'université de Provence et aux archives
d'Outre-mer. Le thème mieux défini que précédemment, était cette
fois "Mémoires de la colonisation - Relations colonisateurs
colonisés". Lors de ces deux journées très denses, vingt
communications suscitèrent des débats souvent passionnés. En
dépit de divergences parfois violemment exprimées, universitaires
et témoins ont cohabité et même coopéré sans encombre.
2 Colloque sur la décolonisation, Aix-en-Provence, avril 1990 ; colloque La
jeunesse en Afrique, Paris, décembre 1990.
3 Un bilan provisoire a été établi pour notre colloque par Monsieur Massa,
président de l'association France-Burkina.
20Colloque Mémoires de la colonisation
La présence de jeunes chercheurs - pas encore universitaires
et encore moins témoins, mais très engagés déjà dans la collecte et
l'analyse de sources orales coloniales, introduisait une nouveauté
dans cette manifestation. Leur vision objective proposait parfois
des perspectives méthodologiques intéressantes. Un regret
pourtant: je déplore qu'un seul de ces chercheurs communicants
appartienne à l'université de Provence.
Ainsi se rencontraient - pendant et hors colloque - les
personnalités les plus diverses tant par l'âge que par leurs activités
et leur style de vie: scientifiques à différents niveaux, anciens
"colonisateurs", aussi bien ceux de l'ENFOM qu'ingénieur,
forestier, assistante sociale... et anciens "colonisés", homme
politique ou enseignant.
De l'avis des participants, les sources orales ont apporté bien
des révélations sur les aspects de la vie quotidienne et l'histoire des
mentalités. Mais au delà de ces domaines, où nul ne conteste
l'intérêt des témoignages, nous avons aussi évoqué l'évolution
politique, l'histoire économique et sociale dans la dernière période
coloniale.
Les actes de cette manifestation ont été publiés chez
L'Harmattan.
Régine Goutalier
21La symbolique du pouvoir
La religion des princes dans la tradition
et dans l'histoire ouest-africaine
Oumar Kane
ans le Soudan occidental et en Sénégambie, la tradition a
imposé une certaine vision de la religion des princes. AvantD le triomphe des régimes islamiques à partir du XVIIIe siècle,
les princes traditionnels sont considérés comme des païens, des
fétichistes ou des animistes. Les exemples les plus couramment
donnés sont les satigi deeniyanke, les dammel et teen du Kajoor et
du Bawol, généralement présentés comme des princes païens,
hostiles à l'Islam. La polémique sur la religion de Sonni Ali Ber et la
récente controverse sur la religion de Lat-joor sont en cela typiques.
La formule du pouvoir ceddo, popularisée par Boubacar Barry,
rend compte de cette perception.
Certains historiens de l'Islam se sont engouffrés dans cette
brèche de la tradition sans se donner la peine d'en faire une critique
systématique. Ainsi J. Spencer Trimingham a pu écrire: "The
Wolof-Seré'r groups, howerer after a chief or two had toyed with
idea of Islam, rejected it and in spite of their openess to its influence
it was not until the ninetheeth century that the Wolof ruling' classes
joined it whilst even today it has gained little influence over the
Serër" 1.
Vincent Montei! semble adhérer à cette opinion lorsqu'il écrit
qu'après la mort de Lat-Joor en 1886, les Wolofs étaient en voie de
conversion massive alors qu'au milieu du XIxe siècle "Z'Islam était
discret pour ne pas dire inexistant au Sénégal" 2. Le même auteur
semble prendre à son compte l'affirmation selon laquelle Lat-Joor
1 J. Spencer Trimingham, A history of Islam in West Africa, 1962, p. 45.
2 V. Monteil, Esquisses sénégalaises, IFAN, Initiations et Etudes Africaines
n °XXI, Dakar, 1966, p. 71. Il attribue cette dernière citation à l'ancien
khalife général des Mourides Falilou Mbacke dans un discours du 7 juin
1963.Afrique nOire
est né dans un milieu fétichiste et qu'il n'est pas musulman de
naissance 3.
Pour nombre d'auteurs la lutte que Lat-Joor a eu à mener
contre les marabouts en général et contre Ahmadu Mahdiyu en
particulier découle de son paganisme et de son hostilité à l'Islam.
De la même manière les persécutions de Sonni Ali Ber contre les ,
ulama de Tombouctou sont imputées à son paganisme ou à ses ""
hérésies.
Une analyse plus approfondie permet, sinon de rejeter, du
moins de nuancer ces traditions relatives à la religion des princes.
Les sources dont nous disposons nous amènent à reconsidérer ces
traditions sur la religion des princes en Afrique de l'ouest et faire
remonter leur islamisation à une date beaucoup plus haute. On ne
peut s'empêcher dès lors de poser un certain nombre de questions à
propos des traditions en cour~. Quels sont les responsables de ces
traditions? A quand remonte leur élaboration? Pourquoi et
comment se sont-elles imposées à la mémoire collective et sont-
elles prises en charge par les groupes sociaux auxquels elles se
rapportent?
Pour répondre à ces différentes questions, il est indispensable
d'abord de procéder à l'analyse de la symbolique du pouvoir
politique et de son contenu à travers les cérémonies et les rites de
couronnement dans l'espace ouest-africain et sénégambien. On
pourra dès lors faire la part respective des croyances
traditionnelles et des influences islamiques.
On peut alors tenter de suivre l'évolution, l'islamisation des
Etats de la sous-région du XIe XIxe siècles, c'est-à-dire jusqu'au
moment où l'Islam réalise ses objectifs politiques aux dépens des
régimes traditionnels. Les nouvelles couches sociales qui prennent
alors le contrôle de l'Etat élaborent grâce au pouvoir et à l'écrit de
nouvelles traditions qui sont à la fois une justification de leur prise
du pouvoir et un jugement de valeur sur les régimes déchus.
3 V. Monteil, Op. cit., p. 90.
24Oumar Kalle
J. Le contenu et la symbolique du pouvoir politique
A. Description des rites et cérémonies de couronnement
En Afrique de l'Ouest, le contenu traditionnel du pouvoir est
souvent perceptible à travers les rites et les cérémonies de
couronnement. Ces rites résultent souvent d'une stratification et
d'une imbrication d'influences diverses, païennes et islamiques.
Souvent le contenu et la symbolique du pouvoir résultent d'un
équilibre entre le fonds traditionnel et les apports islamiques.
Dans la pure tradition païenne, le pouvoir plus ou moins
sacralisé résulte d'un contrat entre le fondateur d'une dynastie et la
divinité protectrice, tout comme dans les cultes en l'honneur des
divinités poliades dans l'antiquité égyptienne et gréco-romaine.
Ainsi le contrat entre Diga et le Serpent Bida devait assurer la
richesse en or et la prospérité du royaume du Wagadu, par
l'offrande annuelle de la plus belle fille du pays, richement parée. Le
meurtre de Bida et la suppression du sacrifice de la jeune fille a eu
pour conséquence l'effondrement du Wagadu et la dispersion du
4,peuple soninké à la suite d'une sécheresse absolue de sept ans
La gémination et le pacte entre Ho et le Serpent Caamaaba
étaient la garantie de la prospérité et de l'abondance du troupeau
de no, La violation du pacte par la femme de Ho aurait entraîné la
disparition totale du troupeau avec Caamaaba, n'eût été
l'utilisation du bâton de nelbi pour retenir une infime partie du
troupeau qui avait suivi son maître dans les eaux.
M. Mbaye Gueye affirme que le roi était à l'origine considéré
comme un dieu dont la "puissance surnaturelle" et le "charisme"
devaient apporter aux populations la prospérité. n parle du
pouvoir "essentiellement religieux" du prince qui fait de lui
"l'incarnation de l'unité spirituelle du pays" 5,
4 Joli Samba Diabate, de Soringo : Traditioll sur le Wagadu ; Oumar Kane,
Du Fuuta-Tooro des satigi aux almaami, 1986, p. 962 à 971.
5 Mbaye Gueye : "Le pouvoir politique en Sénégambie des origines à la
conquête coloniale", in Revue d'histoire d'Outre-mer, t. LXVIII (1981),
o
n 250-251,252-253, p. 380 et 381.
25Afrique noire
Sans aller, comme M. Gueye, jusqu'à faire du roi un dieu
"invisible dans sa transcendance", Mme Adama Ba Konare, dans sa
tentative de saisir la nature du pouvoir de sonni Ali Ber trouve son
ancrage dans la conception vitalis te de la royauté: "la force vitale,
écrit-elle, est la valeur suprême et ces pratiques religieuses ont pour
but de renforcer la vie et d'assurer sa pérennité" 6. Selon le même
auteur, dans toute société africaine, les manifestations d'ensemble
sont marquées de sceau du "mysticisme" et du "collectivisme".
Nous nous contenterons de dire que la sacralisation du
pouvoir et de la puissance, attribut de Dieu, rejaillit sur son
détenteur dans les sociétés organisées en Etats. Ce qui rend le
mieux cette réalité, ce sont les pratiques rituelles qui accompagnent
les cérémonies de couronnement et d'intronisation des rois. A partir
de la description de certaines de ces cérémonies, nous tenterons de
saisir le contenu du pouvoir, sa symbolique et sa mystique. Sur cette
base, nous tenterons de mettre en évidence la religion des princes.
1. Le njaasew au Jolof.
Au Jolof, après la mort d'un burba, son successeur est élu dans
la famille de Njajaan Njaay par une assemblée formée de sept
grands électeurs 7 dont le choix se porte généralement sur l'aîné de
la famille. Le choix est publié par le griot, tisserand (maabo ) à sept
reprises au son du tama. Le prétendant lui-même est
personnellement présenté par deux dignitaires, les jaraaf Satlee et
Jarno. Ce dernier lui ceint au poignet un bracelet en argent.
La nuit de l'avènement, le nouveau burba doit prendre un bain
rituel. Accompagné des dignitaires, il doit prendre place sur un
monticule de sable édifié pour la circonstance. Il descend de là pour
s'accroupir dans le fossé du njaasew qui avait été préalablement
creusé et rempli d'eau du marigot de Njajaan Njaay par sept
serviteurs. En sortant de ce bain rituel, il garde pendant quelque
temps ses habits mouillés. Après quoi, on sème dans le fossé du bain
na6 Adama Konare Ba, "Sonni Ali Ber", Etudes Nigériennes, 40, Niamey,
1977, p. 52-53.
7 Cette assemblée présidée par le grand jaraaf est composée de cinq jaraaf
jambuur, chefs des hommes libres choisis dans les familles Ley, Nang,
Sih, Jaw et Jeng auxquels s'adjoignent les deux fara du Warxox et de
Ceng.
26Oumar Kane
rituel des graines de tout ce que produit le pays (mil, haricot, coton,
pastèque, oseille, calebasse, concombre, etc ). Les pousses de ces
graines sont les présages de la prospérité du règne. Après avoir fait
un certain nombre de libéralités, le burba est présenté à son peuple
par le Jaraaf accompagné des deux farba de Ceng et Warxox,
constituant sa garde personnelle.
Après cette cérémonie, s'ouvre une période de quarante jours
de festivités (festins, beuveries, chants et danses au rythme des
tam-tam, distribution de cadeaux), qui se termine par la répartition
publique et la nomination aux charges, fonctions et
commandements (lamaan des provinces, douze jarnbuur arba et
kangam )8.
2.Les cérémonies de couronnement au Waalo
Au Waalo, le couronnement du barak a lieu dans la plaine
voisine de Njurbel, la capitale située sur la rive droite, au point que
le terme njurbel finit par désigner la couronne et la dignité royale.
Si le trône est vacant, le conseil électoral (seb-ag- Baar) est
formé de trois membres (le jawdin, le jogamay, et le maala) se
réunit pour délibérer sur le choix à faire. Le chef des esclaves de la
couronne (bëknëg njurbel) sert d'intermédiaire entre le prétendant
et le conseil électoral. Le choix du seb-ag-baar doit se faire dans
l'un des trois meen ou matrilignages royaux (Loggar, Dyoos,
Teejeek). La proclamation de l'élu par le seb-ag-baar est ratifié par
8 V. Monteil, op cit, p. 122-123. Les laaman sont des chefs de provinces
descendants des premiers occupants et défricheurs. Les jambuur au
nombre de douze sont les chefs des principaux villages. Les ardo sont les
dignitaires peuls, chefs de grandes tribus fulbe du Jolof. Les kangam sont
les princes de sang titulaires des grands commandements: ce sont le
tuube ou vice-roi; le bumi ou héritier présomptif, le bOr16p du canton de
Paas, le bôrgeldu Xolxol,le Jara du Baxal. Les Jara sont les chefs des deux
principales capitales du burba, Ceng et Warxox, et à ce titre jouent un rôle
essentiel dans l'entourage du burba. Le tama est une sorte de petit tam-
tam à cordes que l'on maintient sous l'aisselle pour le battre avec un
martinet à la main droite alternant avec percussion de la main gauche. Il
est différent des autres tam-tams royaux connus sous le nom de fung-
j uHg.
27

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