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L'ÉCHEC SCOLAIRE CALÉDONIEN

De
168 pages
Le pari politique de la Nouvelle-Calédonie est un pari inouï et inédit sur l'intelligence. Les différents groupes ethniques et sociaux tentent de construire un lien social identitaire commun. Si le métissage biologique est incontestable, il n'en est pas encore de même du métissage culturel et social. Il va falloir réduire l'inégalité dans la réussite scolaire pour que l'écart social entre les deux grands systèmes socio-culurels (kanak et européen) ne reproduise plus les conflits précédents.
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L'échec scolaire calédonien

~ L'Harmattan, 1999
ISBN: 2-7384-8063-2

Hamid Mokaddem

L'échec scolaire calédonien
Essai sur la répétition du même dans l'autre: la reproduction sociale de l'échec scolaire est-elle une fatalité?
Avec en annexes:
graphes
entretiens avec des acteurs calédoniens : François BURCK, Davel CAWA, Jean-Pierre DETEIX, Déwé GORODÉ, Raphaël MAPOU, Élie POIGOUNE, Maurice PONGA, Léonard Drilë SAM, Marie-Noëlle THÉMEREAU,Octave TOGNA, Fote TROLUE, Roch WAMYTAN.

. .

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique
75005 Paris

-FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Collection Mondes Océaniens dirigée par Paul de Deckker
Les sciences humaines ont contribué à la perception des réalités passées et présentes des communautés et des sociétés du Pacifique Sud. Le croisement des approches sociale, culturelle, politique, historique, juridique ou économique doit conduire à un nouvel effort théorique et méthodologique. Il permettra d'affiner l'analyse de sociétés traditionnelles de l'Océanie, confrontées aux mutations engendrées de l'extérieur ou induites de l'intérieur. Cette collection accueille des ouvrages et des essais traitant des archipels du Grand Océan dans cette logique et cette perspective.

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Déjà parus

Paul de DECKKER, La bataille de la coutume. Se.."enjeux pour le Pacifique, 1998 Jean-Marie LAMBERT, La nouvelle politique indigène en NouvelleCalédonie, 1999

« Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L'avenir doit être le temps de l'identité dans un destin commun.-»
Préambule de l'accord politique de Nouméa sur la Nouvelle-Calédonie.

«Il faut reconnaître que nous sommes arrivés à une décolonisation extrêmement pacifique et dans l'amitié.» Déclaration de M. Jacques Lafleur, député de Nouvelle-Calédonie, président du RPCR, reproduite dans Les Nouvelles Calédoniennes du 8/07/1998.

« Le problème est que nous nous trouvons dans un petit pays fragile, dans lequel il n'y a pas de consensus au niveau sociologique. » Jean-Marie Tjibaou, Mon idée du développement, in : La présence kanak.

PRÉFACE

Small is difficult. Telle pourrait être la devise de cet essai. En effet, la compréhension des sociétés insulaires du Pacifique Sud n'est pas chose aisée. Voici des îles où lès populations parlent plus d'un millier de langues1, classifient les parentés en des structures compliquées, échangent des mythes, biens et services dans ce qui est revendiqué par un emblème identitaire qualifié de « coutume ». Nous pouvons dire que ces îles, du fait de leur petitesse, ont été et sont encore négligées du public européen. La Nouvelle-Calédonie, bien que territoire français d'outremer, n'échappe pas à cette complexité. Les populations mélanésiennes, « kanak », échangent leur art de vivre dans vingt-huit langues, les autres populations océaniennes, issues de l'immigration, Océaniens, Polynésiens, Européens et Métropolitains (surnommés « ZoreilIes ») présentent une bigarrure qui donne le tournis et défie la simplicité de l'analyse. La Nouvelle-Calédonie est une société insulaire compliquée du fait des cultures et de l'histoire. Cette complexité se retrouve avec le

1. MUGLER, France & LYNCH, John, Pacific Languages in Education, Pacific Languages Unit, Department of Literature and Language, Suva, Fidji, Port Vila, Vanuatu, 1996.

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problème de J'échec scolaire. La compréhension de celui-ci n'est ni immédiate ni simple. L'explication de l'échec scolaire, sommaire et facile, est celle de l'acculturation. Or, un regard plus proche et minutieux nous fait voir que le problème n'est pas si apparent. L'essai met entre parenthèses les analyses toutes faites. Les psychologues, sociologues, et autres spécialistes des sciences humaines, ont tous proposé une explication selon la découpe de leur objet. L'essai qu'on va lire montre que la compréhénsion de l'échec scolaire calédonien se doit de ne négliger aucune variable. Les variables des langues, de la culture, des conditions matérielles et de la coutume ne sont pas isolables d'un ensemble qui, lui-même, est configuré selon la géographie. La géographie culturelle de l'écolé détermine la configuration de ces variables. Faute d'avoir évalué toutes ces données à propos de l'échec scolaire, beaucoup de pratiques se sont fourvoyées et ont fait preuve d'inefficacité. Certaines analyses marxistes accusent la dépendance économique et mettent à jour les structures sociales de reproduction inégalitaire du savoir. D'autres, plus culturalistes, accentuent la « singularité» des langues et de la culture mélanésienne pour expliquer le retard des écoliers kanak. L'essai se propose de montrer que toutes ces variables sont nouées entre elles par les nœuds serrés d'un lien social en train de se constituer. Aujourd'hui, il s'agit d'analyser toutes les composantes de ce lien social. Dénouer toutes les variables afin d'élucider les raisons de l'échec scolaire calédonien paraît impératif. Pourquoi aujourd'hui? Le pari calédonien est que les populations construisent ensemble un « lien social identitaire ». Ce qu'un journaliste appelait jadis «l'utopie calédonienne» est l'enjeu d'aujourd'hui. Si le déséquilibre entre les populations se creuse, notamment vis-à-vis de l'écart dans la réussite scolaire entre Kanak et Européens, mais, aussi bien, entre migrants polynésiens et Européens, il y a fort peu de

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chances que ce lien social ne prenne une form~ réelle. Les exclus de l'école ne risquent pas de se reconnaître dans ce .lien social. Ainsi, l'objet anodin de l'essai, à savoir. l'échec scolaire calédonien, devient un objet à considérer. L'auteur prépare, sous ma direction, une thèse d'anthropologie culturelle et sociale, dont l'objet rejoint le présent essai puisqu'il s'agit du « lien sociétal en Nouvelle-Calédonie ». De 1989 à 1994, il travailla comme professeur de psychopédagogie au Centre de Formation des Maîtres, situé à Touho, dans le centre nord-est du Territoire. À cette occasion, -il organisa et mit en place un travail sur l'adaptation de la culture kanak dans le programme scolaire des écoles primaires. Ainsi, il travailla pendant une année avec les porteparole des clans des Chefferies de langue cèmuhî, langue parlée par les locuteurs du pays de Touho. Il nous livre un élément de ses recherches et le publie sous forme d'essai, sans que celui-ci ne prétende ni à l'exhaustivité ni à l'esprit de système. Il s'agit plutôt d'une contribution intellectuelle pour l'avenir de ce Territoire, ou du pays, comme disent les Calédoniens de souche. L'enquête n'est pas quantitative mais quai itative. L'entretien, l'observation participante sont les méthodes de travail privilégiées dans la procédure qui sous-tend l'analyse. Celle-ci se clôture sur des propositions pragmatiques pour réduire l'échec scolaire des écoliers kanak. L'auteur pense que l'essai doit susciter des prolongations pratiques. Je le rejoins.
Paul de Deckker Professeur d'anthropologie culturelle et sociale à l'Université Française du Pacifique.

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AVERTISSEMENT

D'emblée, dissipons un malentendu. L'échec scolaire ne frappe pas que les enfants kanaks2. Il touche aussi d'autres enfants calédoniens. Une enquête fondée sur des statistiques plus précises, avec un échantillon plus large, montrerait que les enfants d'autres groupes ethniques sont aussi concernés par l'échec scolaire. L'ensemble inclurait les enfants de migrants polynésiens, plus particulièrement les résidents originaires du Territoire voisin de Wallis et Futuna, les enfants d'Océaniens européens, plus communément désignés par le vocable de « caldoches », et provenant d'une géographie scolaire plus sensible, comme la zone rurale, surnommée « brousse », ou encore, dans la zone urbaine de Nouméa, les quartiers populaires comme certains endroits de Rivière-Salée. Il serait facile de démontrer que la géographie scolaire se dessine selon une cartographie qui s'articule sur la complexité de la production historique. Par exemple, le clivage brousse / Nouméa est

2. Nous utilisons l'orthographe donnée par le dictionnaire Le Robert. Un militant nationaliste nous a fait remarquer que le mot est invariable en genre et en nombre. Les problèmes identitaires de l'écriture du nom et adjectif «kanak» ne nous sont pas inconnus. Mais nous mettons provisoirement entre parenthèses le problème de l'identification pour ouvrir à un public élargi notre analyse. En revanche, nous avons respecté l'orthographe « kanak» des citations et des entretiens.

Il

encore une découpe schématique. Cette dualité masque, ou englobe dans la généralité, des sous-ensembles comme la différence de populations et de niveaux scolaires - ou de capital culturel - entre ceux qui vont à l'école publique du village et ceux qui fréquentent l'école de tribu. La géographie des institutions scolaires résulte de J'histoire du système, ou des systèmes éducatifs calédoniens. Deux grandes lignes inégales orientent les parcours scolaires des enfants calédoniens. L'école confessionnelle est encore le parcours obligé des entànts kanaks3, tandis que les Européens bénéficient toujours de l'école primaire publique. Les micro-histoires des peuplements et les fondations des communes ont constitué des inégalités entre petits et gros colons. Pour nous faire comprendre, appuyons-nous sur l'analyse historique proposée par Isabelle Merle. Celle-ci étudie la formation des identités coloniales et démontre que la condition des « petits colons» les a désavantagés et a profité aux « gros colons» qui monopolisaient la maîtrise du capital culturel, économique et relationnel. La logique de l'inégalité persiste à travers les générations suivantes faute «d'un des leviers essentiels sur lequel s'appuie la France républicaine: l'école ». Isabelle Merle. complète l'analyse:
« Dans la colonie, nombre d'enfants, comme on l'a vu, ne suivent pas de scolarité normale4. »

Il est probable que la genèse de l'échec scolaire est historique. La complexité de l'échec scolaire reproduit ainsi la complexité historique de ce pays. Il y a une histoire politique de J'échec scolaire qui est en parallèle avec la croissance économique et une reproduction inégalitaire des richesses. Mais dire que l'échec scolaire ne s'e?,plique que par la politique est une tautologie, et ne nous fait pas avancer d'un pas dans la compréhension du problème, dans la

3. 4.

Dans la zone rurale, appelée « Brousse», pratiquement aucun enfant européen ne fréquente les écoles primaires confessionnelles. MERLE,Isabelle, Expériences coloniales. La Nouvelle-Calédonie (1853/920), Paris, Belin, 1995, p. 391.

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mesure où la réponse est déjà dans la question. Tout essai va se voir déprécié, comme si l'échec scolaire était naturel, comme s'il était impossible d'enrayer la machine sélective et exclusive de l'école. L'échec scolaire devient une fatalité avec laquelle les acteurs du système éducatif doivent vivre. De même, les acteurs vont rassurer leur conscience morale par le recours à une pédagogie de la réussite, ou à des distinguos comme «situation de l'élève en difficulté» / « échec scolaire» pour ne plus regarder le réel en face. Or, quoi que disent les tenants du discours redondant et optimiste, l'échec scolaire touche davantage les enfants kanaks, et l'écart de la réussite entre les groupes européens et kanaks se creuse au profit des premiers groupes. Nous renvoyons les sceptiques aux Annexes, qui incluent des quantifications proposant sous forme graphique des données statistiques collectées auprès des sources officielles5. Le transfert progressif des compétences en matière d'éducation nécessite que l'échec scolaire soit considéré avec rigueur, étudié dans toute sa complexité, par-delà les polémiques et calculs d'intérêts particuliers. Ce problème concerne la formation. La relève de la société calédonienne, l'équilibre entre les groupes ethniques, l'égalité des chances de réussite sont des critères à considérer pour comprendre le devenir de la société calédonienne. L'échec scolaire nécessite que la société décide de régler au plus vite la question de la scolarité. Nous ne pensons pas que les enfants kanaks soient responsables de leur échec. Les discours qui prennent comme objet « les enfants kanaks, au centre du système éducatif », comme les

5. Nous en profitons pour remercier de leur aide technique nos amis Albert Santelli, Bruno Marque et Yvan Souarès. Nous remercions les services des statistiques de l'ITSEE, du Vice-Rectorat, et les services techniques des provinces Îles' et Nord. Notre analyse ne se fonde pas sur des statistiques. Les statistiques ne constituent aucune preuve démonstrative. Elles n'indiquent que des mesures de phénomènes. Évaluer le taux de réussite ou d'échec par ethnie ou par classe sociale ne nous fait pas comprendre les raisons de cette réussite ou de cet échec.

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nombreuses conférences et études savantes, oublient que l'échec scolaire se p~rpétue depuis des générations. L'échec scolaire est l'échec d'une société qui ne sait pas poser le problème en termes clairs. Trop peu de travaux sont suivis de structures accompagnant les recherches. La pratique du français dans les écoles de brousse, ou des quartiers peuplés de francophones dont le français standard n'est pas la langue première, n'est pas appuyée de méthodes, d'outils pédagogiques, faute de recherche encadrée, sollicitée et favorisée par les institutions du Territoire6. L'analyse devrait pouvoir compter sur les institutions territoriales. Le transfert des compétences va conférer plus de pouvoir au Territoire. L'esprit des accords politiques est que le pays puisse se gouverner lui-même, gérer lui-même et se déprendre de la tutelle de l'État. La décentralisation conduit l'État à donner plus d'autonomie (littéralement, ses propres lois, appelées «lois du pays») à la société civile calédonienne. Dans «les compétences immédiatement transférées dès la mise en œuvre de l'organisation politique », l'article 3.1.1 des accords de Nouméa est explicite sur ce point: «une réglementation locale sera définie pour privilégier l'accès à l'emploi des habitants». Entre autres, sont inclus «les programmes de l'enseignement primaire, la formation des maîtres et le contrôle pédagogique7». Du coup, il ne s'agit pas de focaliser le travail sur la relation pédagogique entre le maître et les enfants. Beaucoup trop de conférenciers ou de comportements d'acteurs pédagogiques restent nombrilistes - pour ne pas dire narcissiques en ne parlant que de la relation idéalisée de la communication entre l'adulte et l'enfant. La relation pédagogique, officialisée par le trop célèbre énoncé de la loi de 1989, passe pour révolutionnaire en

6.

Cf. l'Annexe II, entretiens avec les linguistes kanaks, D. Cawa et L. Sam, l'entretien avec J.-P. Deteix, et les contributions universitaires de J. Dahlem et C. Pauleau.

7. Cf. l'Annexe V, M.-N. Thémereau.

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« mettant l'enfant au centre du système éducatif». Ce n'est pas sans faire écho à « l'identité kanak au centre du préambule des accords politiques de Nouméa». Certains vont jusqu'à dire qu'il faut faire abstraction des institutions et ne travailler que dans la perspective de la réussite de l'enfant. Cette profession de foi du «bon» maître oublie que la relation pédagogique est institutionnelle. Les conditions de possibilité de l'acte pédagogique dépendent de la reconnaissance officielle, juridique et administrative. L'institution valide la relation pédagogique. Celle-ci est évaluée par le corps de l'inspection du primaire. L'institution contrôle le contenu des programmes et autorise la reproduction sociale du savoir par la formation des agents du système éducatif. La compétence est la reconnaissance juridique par des diplômes. Par exemple, l'insuccès des cinq heures hebdomadaires consacrées à l'adaptation des programmes aux «réalités culturelles et linguistiques », sous la responsabilité des provinces, s'explique par le manque de formation et de préparation des instituteurs, complètement désarmés sur ces questions linguistique et culturelle. Les programmes ne s'improvisent pas. Ils doivent être précédés d'une recherche scientifique. La complexité de la société calédonienne fait que chaque groupe social travaille selon ses intérêts particuliers, alors qu'il faudrait une cohérence dans la recherche et une coordination de toutes les initiatives pour fortifier cette entreprise et parfaire l'efficacité de la réduction de l'échec scolaire. L'idéal serait que les

décideurs favorisent les initiatives en - créant une structure de
recherche incluant toutes les compétences, indépendamment des divergences politiques ou partisanes. Une politique de formation digne de ce nom doit regarder l'équilibre social. Tant que subsistera, dans la société calédonienne, la marge entre l'ensemble des microsociétés kanakes et la société européenne, la stabilité et le lien identitaire ne seront qu'une pure utopie ou un verbiage de sermonneur pieux. Il arrive que certains enseignants accusent de laxisme les parents kanaks et reportent la faute et la responsabilité de J'échec de

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l'instruction scolaire sur le manque d'éducation8. Encore une fois, ce discours moralisateur oublie le « traumatisme de la colonisation », reconnu par le préambule du texte de l'accord politique de Nouméa. Ou ce que nous disions plus haut, à savoir que l'échec scolaire a une longue histoire devant ou derrière lui. Ce discours moralisateur - ou de «moraline », dirait Nietzsche - oublie que l'investissement moral et matériel des parents n'a de sens que si les parents voient un intérêt matériel et moral dans l'école. Les parents qui s'investissent le plus dans le soutien scolaire sont ceux qui mesurent l'enjeu social de l'acquisition du capital culturel. Ce sont les parents conscients de la gravité sociale de la réussite scolaire, donc conscients du problème, qui encadrent leurs enfants. {-J'intention de cet essai est de clarifier la complexité de l'échec scolaire en Nouvelle-Calédonie. Si l'échec scolaire existe partout ailleurs, il n'empêche qu'il se formule selon des singularités propres à chaque société. L'échec scolaire calédonien est compliqué puisqu'il contient plusieurs facteurs qui sont liés les uns avec les autres. Le facteur historique, qui explique les retards accumulés sur deux siècles et qui ont amplifié des inégalités sociales. Le critère géographique, qui n'est pas l'équivalent, comme le pensent certains acteurs du système éducatif, de la métropole. Ce n'est pas suffisant pour expliquer la complexité scolaire. Existent d'autres paramètres, comme les langues et les cultures, les contraintes économiques et politiques, qui orientent les trajectoires différenciées des enfants dans le système éducatif9.

8. Certains acteurs kanaks tiennent aussi ce discours: O. Togna. 9.

Annexe IV,

Significative est la conclusion de l'étude du CIRAD (centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) sur Le Déclin de la filière café en Nouvelle-Calédonie. Pour de nouvelles approches du secteur rural mélanésien, novembre 1997, p. 50: «Mais surtout et nous conclurons sur ce point, il nous apparaît urgent d'intervenir dès aujourd'hui sur les contraintes qui sont

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