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L'ÉCRITURE, L'AFRIQUE ET L'HUMANITÉ

119 pages
Les auteurs de ce numéro entendent relancer le débat intellectuel en Afrique sur des bases nouvelles. En l'occurrence, ils mettent l'écriture à profit pour mener une réflexion sans complexes autour des questions aussi riches que variées telles : l'ethnisme en Afrique, l'idéologie présumée dans la pensée de Cheikh Anta Diop, l'auto-légitimation des savoirs et des savoir-faire, le statut des minorités dans le paysage audio-visuel français, le traitement des immigrés africains dans la République. Le Papyrus est à e sujet une véritable tribune critique et polémique.
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L'Écriture,

l'Afrique

et l'Humanité
Le Papyrus vol. 1

Sous la direction de

Eyene Essono Auguste et Ngadi Benjamin

L'Écriture,

l'Afrique

et l'Humanité
Le Papyrus Vol. 1

Cahier de l'Institut Cheikh Anta Diop

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y lK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@ L'Harmattan, 2001 ISBN: 2-7475-0711-4

Directeur de publication Grégoire Biyogo

Rédacteur en chef
Eyene Essono Auguste

Comité de rédaction et de lecture
Secrétaire de rédaction Dominique Etoughe

Adjoints
Flavien Enongoue Léandre Serge Moyen

Sommaire
Editorial
Eyene Essono Auguste " au nom du sens "

...8

Panell-

Penser avec Cheikh Anta Diop

15

Eyene Essono Auguste Au nom d'un diopisme scientifico-militant et pragmatiste...17

Panell- Diaspora kémite

... ...

37
39 54

Léandre Serge Moyen Africains en France. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Enongoue Flavien Du malaise autour d'une "différence " introuvable

PaneI3-L'exégète-lire

et faire lire

60

Benjamin Ngadi « Origine égyptienne de la philosophie». .. .. . . . . .. . . . . .. . . . ...62 Eyene Essono Auguste De « kémit anti-démocrate? » à. .. . ... . . .. .. . .. . .. . . . . . . .. . . . .74

« origine égyptienne de la philosophie» ou vice versa, une pensée en gestation

Panel4-Parole du poème...
Taba Odounga Didier

..83
85 ...91 ..............93

Poésie et histoire chez Matcheu Madjeu Panel 5-Paroles d'intellectuels
lbraima Diakhaby L'ethnisme en Afrique: un fléau inextinguible?

Panel 6-Tensions et controverses
Eyene Essono Auguste Des principes dialogiques de l'entropie et de la polémique...l
Annexes.

103
05

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .114

Editorial

"Au nom du sens "
Eyene Essono Auguste

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l'altérité

d'un texte, c'est retourner

à celui-ci

l'effet naturel et irréversible de son réseau complexe de radiations. L'intertexte est lisible en ce lieu comme un instant virtuel de "passage d'ondes" agonis tiques sous forme d'énergie "disséminée" et fondamentalement retenue par la fibre socialitaire ; cela même qui rend pertinent, " au nom du sens", l'exigence éthique inhérente à tout espace de signification ou de diction et selon laquelle toute parole en acte est irrévocablement et toujours déjà un acte d'ajointement dialogique. Une communauté potentielle d'interlocuteurs est ainsi pour une parole dite ou écrite, une sorte d' "auditorium virtuel" à géométrie extrêmement variable, en fonction des lieux, des différences d'âge entre locuteurs-auditeurs, de la diversité socioculturelle qui les amène instantanément ou non les uns aux autres ou les uns contre les autres, des appartenances socio-éducatives multiples qui déterminent l'horizon communicationnel de

chaque interlocuteur, du degré d'affectivité et d'attachement quasiment spontané à l'égard des matériaux linguistiques en usage entre locuteurs et allocutaires. L'enjeu est tel que la radiativité, procédé par lequel une énonciation présumée, de sens, de non-sens ou même de contre-sens (tout dépend du point de vue à partir duquel on se joint à la discussion) en appelle d'autres grâce aux propagations de piques ondulatoires ou corpusculaires qu'elle émet, suscitant ainsi un émerveillement polémique, se généralise, instaure la réciprocité plurielle, la passion et l'admiration mêlées d'adversité pittoresque entre les "acteurs". La communauté polémique émerge. Les amitiés autour du sens se font et se défont à mesure que des paroles et des problématiques se forgent en "pied de guerre" les unes vis-à-vis des autres. Ce qui tient la socialité "en haleine et en émoi", c'est cette catégorie d'être qui fait que l'affaire du sens soit, non pas un "problème à résoudre" ni même une situation apaisante, mais cette donne insoluble et indispensable qui nous laisse toujours sur l'entre-bords du vouloir et du non vouloir, du sens et du non-sens, du dire et du silence, du logique et du narratif. Dire une parole, c'est finalement venir signifier qu'on n'énonce guère ni le sens ni le non-sens; par le discours, nous nous situons sur la fibre qui sépare les bordures, celles qui vont à l'envers les unes par rapport aux autres; celles qui, tirées, retenues, repoussées par le bas ou par le haut sous le signe de l' "agonis ta ", tissent la plateforme de notre ajointement communautaire. Le langage (( truchement pour observer n'est pas ici un " sert à..." comme les faits vivants qui constituent notre expérience ))1 tel que le voudrait Austin; il n'est pas non plus l'immense signifiant ou (( la pluralité stéréographique des signifiants qui le tissent);2 et

9

que Barthes érige "traversée" .

en norme

antinorme

du texte

comme

Dès lors, vu que chaque question ouvre sous forme de chassé-croisé, soit des pans variés de son propre champ de significativité, soit des brèches entières d'autres questions; vu le caractère ambivalent de la communauté -celle-ci peut être réelle ou virtuelle, ou réelle et virtuelle, voire une sorte d'interlieux en dilatation d'un bord à un autre-, on ne peut plus savoir où commence la discussion, avec soi-même ou avec l'autre; en soi ou hors de soi. Le problème ici pointé en dissimule bien d'autres: où se situe la socialité discursive, en nous ou hors de nous? Est-elle vraiment circonscriptible ? La communauté, semble-t-il, est partout présente; elle est même incontournable: la discussion nous habite, nous fait être en dialogue un peu partout autour de nous et en nous. Ce paramètre général ontologique fait de nous des êtres fondamentalement en apérité, hésitants, indécis. Ce fait mental athérapique contamine irrémédiablement notre univers sémantique. Voilà qui nous fait zigzaguer face aux mots, aux problèmes qui exigent de nous chaque fois un supplément de signification, une modification ou même un ébranlement de sens. Mais, une telle situation n'est guère une atteinte au dialogue. Au contraire, elle en stimule les motivations; exaltante, elle nous incite à prendre en compte l'exigence éthique de faire venir à nous et aux autres la vertu du langage, à veiller, à faire en sorte que" l'être-là" de la communauté soit toujours là en éveil. Si, en Rédacteurs du Papyrus nous pouvons relayer le signe en acte tel qu'il se trouve décrit par l'orientation

10

générale là-dessus esquissée, nous aurions compris que les chemins de l'écriture comportent en leur sein et portent pour les communautés, la possibilité de mettre en situation des différences et des nuances qui nécessitent que le geste qui s'y déploie induise l'horizon de la gestae L'écriture porte le sceau de la geste, au double sens d'exploit et de fait accompli; elle donne des signes, esquisse des espaces, consigne le temps, signale des indices, pour que naissent un jour des exploits, afin que des faits s'accomplissent. L'écriture est un lieu d'encrage subjectif mettant, via l'image, le concept, voire l'énigme, la communauté en scène par épisodes, par enchaînements de bribes factuels mis en symboles. En un mot, c'est un entrefaits; entre un fait accompli et un autre non encore accompli, les mots fusent de partout, le langage déborde, excède les lieux inertes, parfois on le sent envahissant: la parole, soupçonnant partout le non-encore être, s'étend sur tous les coins et les recoins, générant de ce fait une sorte d'inflation ontologique autour de nous. Ecrire, c'est prendre en compte par le "sryle", l'inspiration du moment, la teneur autrement inavouable de notre relation au factuel et les mots comme ils nous viennent et nous habitent, l'inconscient temporel de la geste à-venir. C'est-à-dire que l'écriture, au-delà des clivages interdisciplinaires et paradigmatiques, prend avec elle l'horizon venu de nulle part, risquant en fin de compte de nous laisser confus et même perplexes et de porter un coup à nos croyances, nos habitudes; non pas pour les bannir, mais pour nous offrir l'opportunité de les vouloir encore meilleures, au sens de les rendre comme idéaux actualisables en devenir pour la communauté. Le Papyrus se veut être, à cet effet, un espace de renouvellement et de ré appropriation du sens ou du non-sens que parfois les mots, les pensées, les théories, si ce n'est la réalité empirique, soit occultent soit extrapolent au détriment, sinon a contrario au profit des uns ou

Il