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DU MEME

AUTEUR

ORSTOM(Office

de la Recherche 70-74 Roite

Scientifique

et Technique

Outre-Mer;
~

d'Aulnay,93140-BONDY)

Le bo~~~d~ns
Démo~raphie de

l'Ankaizinana,1953.
l'AnkaiZ1nana,1956.

- Expansion

- Coutumes et - Petit guide
A l'im~imerie

textes

Tanala,1957. maIKach~,1951.

de toponymie

tsimihety,1960

.

luthérienne royal

de Madagascar

(Antananarivo)

- Le bain~

à Mada~ascar,1956.

LOUIS MOLET

LA CONCEPTION MALGACHE DU MONDE, DU SURNATUREL ET DE L'HOMME EN IMERINA

Tome 2
ANTHROPOLOGIE

Librairie - Éditions "Harmattan 18, rue des Quatre-Vents 75006 Paris

REM
Quelques-unes

E R CIE

MEN

T S

des informations

dont il est fait état dans ce travail d'enquêtes ethnologiques sur d'autres

ont été recueillies

à l'~ccasion

suiet faites en 1966 et 1967 gr~ce à des bourses dées par le Social Science auquel je renouvelle Research Council

qui m'ont été accord'Amérique

des Etats-Unis

ici mes vifs remerciements. Mes remerciements J.P. Bounio1 ainsi

vont éga.lement à ha dame C. Ben Chareb et Monsieur qu'à Monsieur illustrations Wolfgang Wou1koff

qui ont permis de donner quelques C. Galvan qui a réalisé à Monsieur le la

au trait, et à Mademoiselle remerciements

frappe de l'ouvrage.Mes

vont également

pasteur Jules Foltz qui a bien voulu faire pour moi des recherches dans les archives à Monsieur à Tananarive. Ma reconnaissance général va aussi et surtout

Guy Camus, Directeur et Technique préalable

de l'Of£ice

de la Recherche la

Scientifique réalisation

Outre-Mer

(Paris) qui a rendu possible Louis MOLET

de ce travail.

Cet ouvrage de la Recherche

a été publié Scientifique

avec le concours et technique

de l'Office

Outre-Mer.

ISBN:

2-85802-090-6

4

SOMMAIRE

R E CAP

I T U LAT

I P

====
I.

TOME

I

Introduction LA CONCEPTION ID! ~ I II-~ III
II.

- Univers, astrologie,
Les air,

te.ps, espace sy.bolisme,

divination

de - Les règnes végétal,la .inéral, LE SURNATUREL I

élé.ents eau, feu

nature

animal

II
III

- Les
- Les - Les

- Le

surnaturel
personnages lieux moyens puissances sacrés d'action sur le sacré sacrés

- Les

IV
V

surnaturelles

TOME ------ II ------III.

--- La I II - La
III
IV V

L IHOMME naissance, l'enfance, le nom

- Le - La - La

circoncision mariage santé mort mentale et les et physique cérémonies funéraires

IV.

LI AME I II III

de la - Evolutionl'influence notion christianisme sous du

- Les coutumes - Lltme et son

funéraires vocabulaire

CONCLUSION. La mutation

philosophique

5

A VER

TISSE

MEN

T

Dans ce texte, pour l'orthographe

nous avons

suivi

les usages

français

et malgaches

et accepté plutOt
et fady non ou de ou

le francisation qu'Antananarivo

de certains ou Toamasina.
avons

noms propres: Nous écrivons
francisé mal-

Tananarive,
également certains gacha du

Tamatave,
"malgache"

"malaQasv". mérina, mais

Nous nous

délibérément la

mots nom Pour

comme

respectons

graphie

géographique la lecture dialecte

l'Imerina. la prononciation (ou langue des mots malgaches, malgache) on se

,'souviendra

qu'en

mérina

officielle

toutes

les lettres
pond orné au é de

se prononcent.
"bébé" et Les même est

Le 0 sonne
généralement finales

comme

le français~,
L'::L n'est quasi dur, ~

le e corresqu'un muettes. sifflant). sur les la

accentué. sont

i

final
Les Le

d'une

boucle. ont le à~, sauf

voyelles son qu'en

souvent

consonnes

français L'accent par un

(£ toujours d'intensité accent,

l

correspond

le £ exception

est

roulé. marquée

est dans

syllabe ter--

pénultième,

mais,

mots

minés par ~,

~,

=œâ, il remonte sur l'antépénultième.
Imerina,
Imérina Imerin~,

Exemple:

.ill:!.

~

~

qorobaka.

AO

ou a tal~ta~ndr gouroubak
(le) mardi (est un) jour percé des deux

En

bouts.

6

INTRODUC'l'IO)(
et rappel du contenu du premier tome de l'oUYr&i8

Le

BeOGrad

to_ dt cet euvrage
de l'Iœerina,

veut présenter la cQDCeption œalgache
la proyj,.nce centrale mérina. b:Loloaiques qui le rattachent de Madagasoar,

de

l'ho88
à dire,

propre aux gens
ell. terMS

c'est

brefs, malgré

l' anthropoloaie

L'hODllll8,

ses

caract~res

solidement

au "ngne aniIIal" D.OUSavens fait 1IlI8 desgraDdes divisions dont
e.t inséparable de sa civilisation propre

de la nature,

et de la cultureoù il DÛt, graDdit

et _urt. C'est pourquoi,dans le prellierome, apns avoir fourni de rapides t
aperçus surla laDgWI IIalgache, D.OUS avens donné des iDdicati01l.8éographiques g sur le. Bautes Terresintérieuresainsi que les re~res chroDOloaiques essentiels
~e 1 'histoire de leur population et de ses dirigeants. de. Mérina, l'univers, les astres, et ce Nous avons TU la cosmologie qu'est le JI.Ondeà leurs que le paysage présente à la course s'articule apparente aTeC l'espace

yeux et cOlIIJII8ntce dernier aurait pris l'aspect t011l1'lll8nté sur les Hautes 'l'erres de l' 11e. Noua avons présenté l'idéE que tout un chacun s',. tait de la durée, de l'histoire et comment le teJlps rappor1 du soleil

.

par la _diatien

du zodiaque

et des points

oardiw

Articulation

qui débouche sur les àoroscopes,

l' astrele.

aie et quelques autres techniques tort élaborées de divination pour dévoiler l'in. connu ou le futur. Au pass&i8, D.OUS avons TU le symbolisme mérina des DCmbres et des couleurs. Ce fut ensuite l'air, l'eau du ciel la présentation des éléments tondamentaux universels: sauvage et de la terre sous ses divers aspects; puis le teu,

ou domestiqué, ce qui nous a amené à parler de cuisine et du triallgle culinaire. Le quatri~1I8 élément habituel, la terre, a tait l'objet d'un long chapttre divisé
selon les "ngnes" de la Datura : llinéral, ~tal, udmal, par rang d'anillation

croissante .
7

)fouavons TU.que la terre
(l)UcOlliDes, accidents respectives. rain, voulait tont l'objet de mentions naturels ou 4vénsments

est saiDte et que oertaiDS reliets, 8Ont&CJl8S particulières pour de. raisons dive1'888, de mbe que les terrains sont qualidu souve-

historiques,

tiés et hiérarchisés
figurer

selon leur état,
la position

le\11' destination
vis-à-vis

ou

II&me

leurs aituatiODS
où rési-

Et le camp royal, le 8Onarque. cultivée

par son &88ncement lors des provinces

des déplace88nts de la capitale

4ai t oriiD.airuent La terre, llétaux précieux culières.

ou !lOn, cOllpreDd aussi des bijoux,

des pierres,

des lI1D8rai11, de. à expliquer partiet leurs le règD8 saU1'&-

dont on peut taire

ce qui nous a conduit

ce que sont les perles

"lIIIBiques" auxqelles

sont attribuées soit toutes

de. influences les plantes lieu,

Nous avons vu ensuite nombreux us8&8s alimentaires, animal avec se. grandes divisions

le règne végétal, thérapeutiques

ou II&gi.que.. En dernier malgaohe,

selon la ncmenclature

les bOte.

ces, les bestioles et les animaux domestiques, ainsi que certa.1.na 'tres fantastiques ci tés dans le folklore. Pour en te1'llliner avec ce règne 8Di8al auquel ou pO\U'rait mérite le joindre, et nécessite Par ailleurs, la nature, quslles savent venait royal. il existe il doit manipuler. le roi compter, il ne resterait de tels plus à parler qU'il que de l'holllllle. Mais ce dernier fara l'objet du second tome entier. et au-delà d. S\11'lui et avec lesraDg persuadé qu'à travers développements surnaturelles individus empreints lors entretien,

l'homme est toujours des forces dont certains

qui s'e:arcent

sont dépositaires de ces forces de la célébrstion

et que d'autre. et au premier du Bain. leur le. éle

Parmi les personnages

(ou la reine), leur leur

f@té annuelle_nt ou leur

Nous avoml examiné les fonctions renouvellement

et les pouvoirs

de ce souverain, et tout

COllllunication,

particulièrement ou palladiums bénéficier

idoles,
vaient taient n'est

objets sélectionnés
apporter servis par un clergé

et considérés commedoués de vertus spéciales,qui dedu trtne. Ces fétiches royal qui en avait la garde et faisait

appui au détenteur

monarqusde ses service..

Outre ces pritres-devins,

appartenant

à un passé qui
par Ranavalona

pas totalement révolu malgré la destruction des idoles ordonnée

II et la diffusion
sont en rapPOrt ont été discutés.

du christianisme,

avec le surnaturel,

d'autres personnaces que ncus avons cOnaidérés, en des lieuxdétel'lllinés et consacrés. Les
tant prières qu'offraDdes et sacrifices

moyens de cOilllluniquer avec le surnatursl,

Noua avons

tel'llliné ette seconde c

partie

du premier

tome en précisant quate qui aboutisau Dieu tout puiset son acceptation

quelles sant,

étaient

ces puissances

surnaturelles. que les chrétiens malgache,

Au tel'l.le de notre ont assimilée son syncréti...

sai t à la di vin! té supérieure, nc~18 avons présenté

la religion

8

d'une certaiDe incoh4rence que le flo. des concepts estoape larpmellt, ea tellps que :noue avons S01Ù.igné que 80n ~le 80Cial sable avoir .. au pruier et conserve encore, une coloretioll politique.

.aeMf,

Il ne ROUSreste plus, comme DOUSl'avons annonc4, mais ne n'est pas le moins important ni le plus aid, à d4velopper la derniitre partie de notre

titre:

l' ho...
Nous n'y traiterons pas exprimé d'anthropologie dans notre physique, introduction de caractères le

somatiques

ou

raciaux,gyant

générale

strict

minimum

qu'il

était

indispensable certains

de savoir traits

pour situer

la population

que nous étudions

et comprendre

de ses croyances.

Il ne s'agira sociale,
à cette sont tives tieuse autres, ressés

pas non plus, soyons
qu'à Ils

à proprement de faire

parler souvent

d'anthropologie et largement
Les usages

bien que nous
discipline ainsi

contraints
l'ethnographie font

appel

d'ailleurs. de rituels, que en par regard m@me

sociaux posiminudes des inté-

largement ou

formalisés. de

l'objet et ce les ne

d'observances leur les aux étude uns

négatives, nous

cérémonies, accéder,

sera

que

pourrons

en bien

mettant

à la

réalité

profonde,

souvent

cachée,

yeux

eux-m@mes.

Nous ne nous exigerait ne pouvons observés. rant une autre faire,

risquerons

pas dans le domaine des réalités,

de la métaphysique davantage

qui

appréhension

spéculant

que nous des faits pour-

car nous tenons à partir point

à ne pas quitter

la matérialité

Par contre,

de nos conclusions, de vue)nos chapitres

les métaphysiciens et en tirer

reprendre,

de leur

leur propre

miel.
Dans ces pages, se révèle ne pouvant age), mort. à travers être Mais nous allons forts envisager l'homme malgache, tel qu'il et (maride

les temps

de son existence,

celle-ci

n'étant

que ce qu'elle chaque
et de

est pour tous selon

les hommes:

naissance,

peuple,

sa civilisation,
locale, et collectif a donné de

elle-même
une vie

fonction

l'environnement et Nous organisé le

son

interprétation individuel

tonalité de ses

propre membres.

déroulement donc la

la

étudierons

spécificité

mérina.

9

Selon avec sance et tout ce qui

le

schéma

général sur

esquissé, le plan

nous

verrons

donc

la

naissance la le naismariage

s'y que

rapporte la

phénoménologique, Puis et la de nous santé la

tant

biologique

naissance La santé

sociale. physique

envisagerons mentale, Un des avec phénomène

d'autres la et

alliances. maladie, nous aussi

leur bioloet tenu

revers gique des des

conduiront nous nous

à parler retiendra permettra

mort.

social

complexe et une

à cause de tracer

funérailles compte espérons

cérémonies chapitres

subséquentes antérieurs,

enfin, que nous

anthropologie

malgache,

cohérente.

10

I CONCEPTION MERINA DE L'HOMME

CHAPITRE

l

LA NAISSANCE

ET l'ENFANCE

Bien sa naissance, et, partant,

que l'existence les mois

de l'individu celle-ci

ne commence

effectivement

qu'à

qui précèdent

ont leur importance

biologique

sociale.

La nité, un

naissance,

aussi

universelle qui obéit

soit-elle à des règles

est

toujours

dans

l'huma-

phénomène

socialisé

précises

s'accommodant

des impératifs au monde subir membre

biologiques. Pour

la naissance qu'un

n'est

donc pas que la simple une personne,

venue

d'~n individu.

individu

devienne

il doit un

une série

de traitements

qui le feront

progressive~ent

devenir

de la communauté,
à son sexe,

de la société
à sa filiation,

à laquelle
à son

il sera intégré
de il naissance

à une place
et à la

correspondant

rang

si tuation

sociale

de la faloille au sein

de laquelle

s'insère.

Nous l'acte sesse, la sexuel,

aurons la

donc

à montrer qui usages une

ce

qui le

précède

et du la

concerne rOle mère du et

la père, son

naissance: la gros-

conception, et bébé les exige

pose qui

problème

l'accouchement du

concernent la

nouveau-né. de cheveux

socialisation

cérémonie:

première

coupe

au cours

de laquelle social

il reçoit

son nom et nous verrons Pour les garçons,

ce qui se rapporte supplémentaire

à

cet attribut

si important.

un rite

est indispensable: ment que le rituel

la circoncision, en est touffu et qu'il

qui nous retiendra qU'il

d'autant

plus longuemais

et compliqué, convient

a de lointaines

importantes

conséquences

de lui donher détaillée.

une interprétation

satisfaisante,

ce qui exigera

une démonstration

12

LA

MORALE la

SEXUELLE grande en pudeur actuelle ne des Malgaches, pas été que le puritanisme qu'était (1), peu et victo-

rien

a transformé Il semble mais

puritanisme,

correspond ait

à ce

l'usage non seule-

ancien. ment

c,ue IL; licence recommandée de certaines des

sexuelle dans des

grande un de le

permise, le cas (le

circonstances du Fandroana, ou quand

exceptionnelles. nuits en décidait

C'était d'obsèques

lors

nuits Betsiléo)

certaines

fiandravana

souverain

ainsi.
On peintre a l'exemple séjournant de c~ qui s'était passé pour le 7 mars le 1826

et que le
du roi

COPPALE,

à Tananarive

faire

portrait

Radama mérite

II, mentionne cette assez

dans son journal longue citation:

à la date du 16 du même mois

et qui

"le soir

de l'accouchement de joie, avait

de Rassalima accordé

[son épouse

sakalavei], le roi, qui du

transporté excita

à son peuple

une permission

le courroux

religieux

des missionnaires les classes:

(...). Par ordre mariées mises qu'un
n'est

monarque, [dont

les femmes

de toutes

ou non, Mifadv pour une nuit à

le mari

est absent) des jeunes
di:)catte ; j'ai à ce un que usage j'ai

ou non Mifadv, gens (...).

furent

la discrétion
point à les reste des

J'ai pensé
nation

roi ne donne
point disposée qui la du du

ordres (...)

nature vu dans établi

à une cette

qui

suivre

permission avant

licencieuse, Radama (...) à l'égard en

appartient de des

longtemps fait (...) Ambaniandre certaines

confirmation débordem'mt de converser

précédemment

remarquer et il pour fêtes

~~ l'Ambaniandre me ".iT', temps prince, (2). avec il les

suffit, s'en

effet

quelque avant ce

convaincre. lesquelles

Longtemps tout était

y evait

durant

oermis"

C'était rappelant petites les

la

coutume inonàées divisent

du

":i1'Llab~, de certains les

la

grande au point

enceinte" que

(J) ,image les

rizières qui

jours

toutes

diguettes

différentes

parcelles

sont

submergées.

(1)"A et

l'aga
les et, libres née

de 6, 7, B ans, ils pouvaient
filles). encore dans de le traite d'un ~ova~, Dans SE R., leur adolescence, leur ouvrage, la 70). une vue course Cet gra~de fréquenter; p.

jouer
liberté

au mariage
et de se filles moeurs dans un

(les garçons
étaient était style de plus effrétrès la

garçons passion rédigé des de

mariage, avec

à la

poursuivait".

(RAKOTONDRAIBE, persD~nel, (2)
(J)

franchise

questions

sexualité, COPPALE, WEBaER,

point de p. 63.

imprégné

protestantisme.

Dictionnaire, p. 742, s.v.

13

De m8me, de caste C Iétaient

les nuits

de valabe,

on ne tenait

plus aucun imposait

compte

des interdits du temps,

ou de famille les "~~ Cette morale

que la morale matv, exigeait

usuelle

le reste

j ours sans mort". m8me en temps
avec un signe et sa

normal
ou

l'observation
un frère jonc 8tre avec noué en

d'évitesa soeur

ments sans lière) les ce ou

: un que

père

ne

pouvait ne

voyager

fille (un

celles-ci

portassent n'étaient en au

lien

de

bandouet

indiquant

qu'ils employées mais Un d'une d'un

pas

ne

pouvaient ne

concubins, jamais de

expressions genre de

s'adressant contraire à cette (aux

à eux

devaient le

impliquer paternité un aller inceste, jus-

d'intimité

sous-entendre règle,

rapport supposer pouvant

fraternité. passible sacrifice

manquement réparation boeuf. (1) frères

laissant offensés)

était qu'au

anc@tres

D'autres de se serrer la main

interdits entre

étaient et

scrupuleusement (car c'est le

respectés, propre des

comme amou-

soeurs

reux de se tenir par la main, ce qu'un m@me verbe:

mifandrav~,

expri-

me), comme de se baigner entièrement nus entre grands garçons, de crainte
d'un regard indiscret en fasse désuétude. perdre la virilité (2). Ces interdits tombent

progressivement

Le christianisme, naires
de

ou du moins

son interprétation du siècle
des

par les missionavait amené

protestants

britanniques,
dans

au milieu
le

dernier,
convertis,

profondes surtout.

transformations

comportement

extérieu-

rement

Les hommes
long, par dessus une

se v@tirent
large chemise

progressivement
de flanelle

à l'européenne:
descendant aux genoux

pantalon

(~
proscrire jusqu'aux le lamb~

barv) toute

et une vaste robe

toge

(~)

parfois

duublée.

Les femmes devait

durent tomber

décolletée En plus,

et les manches elles continuèrent que celui

courtes.

La robe

chevilles. plus léger

jusqu'à des hommes,

maintenant mais

à porter

et plus élegant

qui doit dissimuler

les formes. L'influence nous le verrons fut profonde aussi sur certains types de mariage comme

en traitant

ce chapitre.
dans les

Dans la vie courante,
écoles, pas dans les cOte 8tres temples à cOte de La

les sexes
et les un égliédi-

étaient ses, fice et

soigneusement même des car pu

séparés, ne des mal

conjoints par suite que le

devaient idées dès

s'asseoir deux

dans

public,

puritaines, qu'ils étaient

sexe

opposé

n'auraient

faire

ensemble.

censure

(1) On a une liste (2) RAKOTONDRAI3E,

de ces interdits

dans RUUD, aussi

~.
exemples pp. 5 à 9.

R., p. 9 qui donne

d'autr~s

14

"pastorale" que hibé ce

s'exerça pas de

même digne réciter

malencontreusement des chrétiens

sur

la

poésie

sous et il

le

prétexte propour-

n'était

d'exalter des poèmes

l'amour, d'amour

reste n'ont

d'écrire,

ou 'd'entendre

(qui

tant cette

rien

d'érotique).

Ce n'est

que par le biais L'auteur

de la radiodiffusion que nous avons

que cité

censure

est battue

en brèche.

malgache

écrit:
"La théologie
empreinte de ce

du XIXè

siècle,
sur que l'~me

marqué
malgache

par

le (1).

puritanisme, Ce qui fait

laissa qu'à

une l'opposé tout "et (2). 60

indélébile coutume à la

l'ancienne qui touche "Le

permettait devient anglais

une

grande

liberté les chez

sexuelle, chrétiens les

sexualité

"impur" s'est s'était

pour

ailleurs: Une que réaction

puritanisme contre les ce

incarné

Malgaches" les Le années Président

puritanisme (à

dessinée et

dans

symbolisèrent dans un

mini-jupes

mi-cuisse 1966 (3)

au-dessus).

Tsiranana, les plus

discours

d'octobre des

fustigea

"l'impudicité l'usage des robes

dans

attitude::/' et longues L'ACTE se

demanda généralise".

l'aide

Missions"pour

que

-

--------

SEXUEL

-

"L'acte

sexuel

peut être

l'apanage

de tous,
(4)

mais

il faut

que son sexuels dans

caractère mystérieux et secret soit bien gardé"
divulgués l'intimité.
"En jouant au ne mariage, le leur les enfants n'hésitent L'initiation

et les délits Tout

sont

parmi

ceux

qui font

perdre

la face.

doit rester

pas

à aller ne

jusqu'au se fait

bout. pas
(5)
.

Personne

reprochera.

sexuelle

théoriquement.
D'ailleurs, partage, la nuit,

Chacun
on lit

s initie
sait de que, ses

.

sans
sauf

la direction
dans en les

des grandes
aisées, souvent de

personnes"
l'enfant ses frères

classes

"le

parents,

compagnie

et soeurs, et même

ceci

jusqu'à

un ~ge indéterminé dans certains

allant cas.

de quatre

à six ans en fait,

jusqu'à

la puberté

Cet usage

dépend,

des moyens les parents
ports habitué qui

dont dispose dans leurs
pratiquent ne pas en

la famille. rapports
à ses être

Malgré

la discrétion

que s'imposent par ces rap-

sexuels,
cOtés,

l'enfant
qu'il

est marqué
y soit (6).

se

encore outre

suffisamment

pour

traumatisé

mesure"

(1)

Il par

s'agit la

ici

essentiellement à cette et 71. liberté. pp. 85

des

Mérina,

car ont

les

peuples de

peu robustes

touchés

christianisation

époque,

conservé

(2)

habitudes de RAKOTONDRAIBE,
Discours du

0)
(5)

25

octobre

1966.

lJl!.U..

de

Madaa:ascar,no

246,pp.1049-50.

(4) RAKOTONDRAlBE,
L. MARX,

p.68.
p. 13.

"E1éments",

15

Ce que confirme,
"C'est certain que les

de san cOté RAKOTONDRAIBE
enfants ces se rendent trouvent leurs compte les aises

: de ce que font leurs

parents. tellement

Dtailleurs, naturelles

derniers prennent

relations sans se

sexuelles saucier de

qu'ils

personne"

(1). pas facile ont lieu très de déterminer les premières l'3ge auquel, dans les campagnes personnelles.

Il n'est ou dans Elles les villes, jadis

expéIiences

sexuelles

étaient
pères

précoces:
à boire à leur fils (de la poudre de tsilakv réprimer de douze ans le ~Lvco-

"les

donnaient L. Le tout

podium toute

qnitioides timidité". être

LycopodiacéeS]) résultat perdus de était

"pour parfais Sur

qu'ils que une des

puissent garçons

pouvaient

syphilis.

remarque

là-dessus,

père répondit à un jeune

"Mais

c'est

ce qui fait

un homme".. On disait

volontiers chez

garçon:

"Si tu n'es pas un homme,
)".

tu ne peux pas aller

une femme (au chercherune femme
saient mères filles, leurs faisaient encore fils, même peu et des usage formées, mères

Des pères poussaient ou instruifilles, à la fornication: pour des rendrE des leurs (2).

leurs

d'artifices "capebles

innombrables de recevoir

hommes"

Et le Dr. RANAIVO "Une jeune fille

écrit

de son cOté: à 12 ans. Il est vrai qu'à cet

peut être

sage-femme

âge, elle peut déjà être mère et mériter doublement le titre de "reninj~, mère
On voulant çons de parler douze

d'enfants"

(3).
qui se place en 1928, se et les à ce qui d'un trouve avaient chef en scout face eu de qui, gar-

a aussi à sa

l'exemple, troupe

d'initiation ans déjà que très

sexuelle, avertis

à quatorze sexuelles

plusieurs plus écrire:

expériences récentes (5)

(4).

Ce

confirment déjà cité

enquêtes propos va

beaucoup jusqu'à

et

l'auteur

malgache

"D'habitude, puberté.
sont déjà

les enfants qu'ils
de

en s'amusant

au mariage

le font

jusqu'à

leur

Avant

atteignent
relations

cet âge,
sexuelles".

les garçons

et les filles

saturés

(1) RAKOTONDRAIBE, p. 16. (2) VIG, Charmes, p. 22. (3) RANAIVO, Pratiques et crovances

... p. 16 et aussi: "A Madagascar, les jeunes filles (nous devrions plutOt dire les petites filles) r~mmencent dès l'âge de 12 à 14 ans à avoir des relations avec les hommes". (GRANDIDIER, G., A Madaqascar, p. 181). (4) RAKOTONDRAIBE, p. 16. (S) MARX, "Eléments", pp. 14-16.

16

Et il affirme: "(...) chez les Malgaches, l'acte sexuel est comme le besoin de manger et de boire
Ce dont nous (...)

Ils croient
reste parlé, très mène

que la santé
général, à des mais

en dépend"
le

(1).
extérieur plus dissi-

sentiment déjà

puritanisme beaucoup

avons

comportements

mulés.
De nos jours. guère antérieures en milieu urbain, les premières expériences ne sont

à 13 DU 14 ans pour nubiles

les garçons

et à peins

plus tOt pour

les filles sont part,
parents surtout

qui deviennent

à peu près

à cet âge. Les expériences DU semi-rural. prématurées
conduite de

généralement les Eglises
sont de tenus leurs

plus précoces réprouvent
pour filles.

en milieu

rural

D'autre et les
leurs enfants,

ces activités
des

sexuelles
écarts de

responsables

"Très le

précocement, jeune enfant de

en

tous

cas

depuis ses

les

apports génitaux.

chrétiens, Et l'on

l'on bat

empêche

man~puler

organes

chaque

fois

le garçon Onanisme

qui s'en est rendu et masturbation
restent parle usuels d'affirmer dorsal de

coupable"

(2). pratiqués
solitaires"

n'en sont
des

pas moins
"plaisirs

couramment
et la

mais pudeur

én

secret. fait qu'on

Ils

normalement pas. mais qui que la la

n'en

Des classiques, sexuel est

proverbes

ne

figurent

pas

sur

les de

recueils l'acte

permettent le decubitus

poe>ition on

"normale" entend pour

femmJ3dar

quelqu'un

qui refuse (ou elle)
bekibo, enceinte".

quelque vous

chose

: "~.!!!.ê.!:!S!2.h

miamboho,

on l'invite,

et il

tourne

le dos" et encore
(ou qui présente

"Sarotra
une

atao ~.!1Y
difficulté), comme

vehivavv
une femme

difficile

à faire

De cilement fécondation

toute

façon, et, femme,

l'acte compte il n'a

sexuel tenu jamais de

correspond l'ambiguïté été,

à un de

instinct sa nécessité revêtu

très

diffila

répressible de la

pour de

à Madagascar,

l'impor-

tance
Juifs timé

que lui accorde
rigoristes ou non par et le la

la Bible
plupar~

ni surtout
des Eglises à la

de celle
chrétiennes.

que lui ont donnée
L'acte de sexuel,

les
légi-

mariage,

correspond

satisfaction

besoins

connus

et admis précises:

et ne cause l'inceste

de trouble

que dans des conjonctures

sociales

fort

et l'adultère.

(1) (2) (3)

RAKOTONDRAIBE,p. 21.
MARX, "Eléments~..,
'p. 14.

Va dans

le m3me sens le nom donné aux prostituées.

v. ~,p.31.

17

L'adultère concerner qu'une

(manqalatra,

voler)

est qualifié

de vol.

Cela ne peut

femme,

dans les liens

du mariage,

dont

le mari est présent de l'époux adultère

ou à proximité

(1). Il s'agit

du fait que le partenaire du privilège

n'a pas tenu compte et si celui-ci faute

des prérogatives, il a droit

de jouissance

du conjoint, Cette quand durement

l'apprend, un crime

à une compensation était commis

pécuniaire. par la femme réprimé

ne devenait était

que lorsqu'il militaire,

son mari

en expédition successifs.

et il était

alors

par tous les codes

L'inceste, ~,

(ce qui déclenche le) malheur, est beaucoup plus

grave socialement, car il ne concerne pas, cette fois, le bien ou la propriété individu, - les Européens, de de leur sur point lequel de la vue parleraient est

d'

"honneur" Et le

mot

d'un in-

mais

l'ordre

société

édifiée.

ceste

met en cause, (2) entre
le verrons

non le mariage deux personnes
loin.

(interdit) parentes

mais

les relations à un degré

sexuelles prohibé,

illicites
comme nous

ou alliées

plus

MENSTRUATION - PUBERTE, --------------------Contrairement l'apparition des premières à ce

qui se passe une dans d'eutres ne régions donne lieu du monde, à aucune

règles

chez

fillette

cérémonie passé

spéciale

et c'est

un cas relativement rapporte
n'a, et

particulier (3).
aucun exclue

et qui s'est

sur la cOte ouest,que
la femme son menstruante état

GRANDIDIER
en Imerina, en rien

interdit de la

ni vie

obligation domestique

en

raison

de

passager

n'est

ou sociale,

et les relations pendant
ne

conjugales

restent

au gré des partenaires. la période
peuples de

Il

en est de m@me
tention des

la grossesse.
pas l'objet,

Après
comme

une naissance,
dans d'autres

d'absl'ile,

époux

fait

(1)

COPPAlE, parfois où elles au quable d'Emirne plaindre. délit qu'elle

écrivait les le lois

en

1825

:"... le la le

l'adultère il

est est

fort

commun, des la

mais

si

semblent avec que m@me, en lui autre si la

tolérer, dernière mari de se sa qu'il

aussi dans

circonstances Il est de et remars'en son province lieu

punissent

rigueur trouvait il

(...). n'a de pas lui

surplus, pendant Souvent mari, un

l'infidélité disant choix"

femme, vient

coupable

elle-m@me capitale, être n'est que

annoncer plaire p. 52).

à son

a cessé

a fait

(Voyac:je à la qui ne peuvent alors 11<;).

(2) "les interdits
subsidiairement les vrai: les ne relûtions le le sont

visent
les sexuelles peut pas)"

avant
le être

tout
sont

les relations
(l'inverge

incestueuses
permis pas les

et ( .

. .

),

mariages

que-].ors.que sexuel-

nécessairement relations

mariage

interdit,

(l''IAKARIUS, p.

(3) GRANDIDIER,

G. A Madaqascar,

p.

181.

18

d'une femme

durée

réglementée.

Elle est cependant

au moins comme

égale

au séjour

de la biehtOt.

dans le Kombv,

c'est-à-dire

huit jours,

nous le verrons

Nous parlerons blions pas, quand nous

des invertis traiterons

et des transvestis, mentale.

que nous n'ou-

de la santé

- LA CONCEPTION

----Bien

eCt atteint près un ~ge où elle n'espérait plus avoir 46, la

qu'elle

d'enfant reine appelé

puisqu'elle

avait

de 50 ans, et très le 23 septembre fut réputé

probablement 1829, fils

Ranavalona

1ère mit au monde,

un fils qui fut mari de

Rakoto-5eheno-ndRadama. le roi Radama

Le bébé

du défunt

la reine,

1er, bien

que celui-ci

"eut tourné

le dos", près

comme

on dit du décès mois auparavant.
Malgré gique, la reine

des rois,

le 27 juillet

1828; c'est-à-dire

de quatorze

l'impossibilité considérait son

physiologique fils comme né

d'une du

telle et

filiation voici ce

biolo-

défunt,

qu'écrivait

le chroniqueur
avait, en

Raombana
effet,

à ce sujet:
savoir au peuple qu'elle était encein-

"Sa Majesté

fait

te par le fait de Radama et que
qu'on
venait toute

~

avait condescendu à entrer sans
la forme
alors son

le sache
de

dans son sein
Elle disait

et à prendre
qu'un poussé jour, dans

de l'enfant
était elle se

qui
assise trouva

na!tre.

qu'elle sein et

seule,

quelque

chose

fut

immédiatement même qui était

enceinte; entré

elle était

certaine

que c'était

~
devenu

luiainsi

de force

dans son sein et qui était (1). une preuve

l'enfant

qu'elle

avait

mis au monde" proclamation

On a dans cette une vague puisqu'elle n'attachait enfin notion du role

comme

que la reine de son défunt

avait époux

possible

en tant

que géniteur

attribuait aucune avait

sa grossesse

à une action

de son fait;

qu'elle humaine; effective des

importance une ferme

à la matérialité conviction

de la semence

qu'elle

de la réincarnation

dé-f'llnts.

S'il cet bue enfant, cependant. du

est fait

difficile des amants

de

procéder "nombreux

à et

une

recherche de la

en

paternité on

de 1'attri-

variés"

reine,

à Andriamihaja.

(1) DELVAL,Radama II,

p. 77.

19

"Raombaha que les

ajoute plus

que

les n'y

personnes croyaient mais pour

ignorantes ,pas, des

crurent

ce non

récit, à cause

mais d'une et disaient

sensées naturelle

(ajoutons:

impossibilité

raisons

psychologiques)

que le fantôme de
qu'il vie" avait (1).

~
et

"ne serait pas entré dans le sein d'une femme
qu'il n'avait pas voulu conna!tre durant sa

détestée

On comprend RANAIVO,

aisément,

après

avoir

lu ces textes ait pu écrire

que le Dr Ch. que les Mérina

en 1902, dans sa thèse étaient magiques
certaine que de les

de médecine, persuadés

de son temps ou de rites
"dans

tellement pour avoir
classe rapports et des

de l'efficacité

de comportements

des enfants
la société sont (2). plus récente, faite dans l'ignorance Richard le sur et que beaucoup la cie personnes conception étant

une

de

croient un don

sexuels

inutiles,

Dieu

esprits" identique,

Une

affirmation

manifeste
RAKOTONDRAIBE bien-fondé, l'expérience qui sont

du texte
qui

de Ch. RANAIVO,
développe des des toute

nous est fournie
une argumentation et sexuels des

en 1967
pour en et avant

par

démontrer s'appuyant la nubilité

invoquant courante "sans

témoignages rapports

pratiques,

pratiqués

restés

conséquences",

pouvons-nous

dire

(3).

Une telle certains auteurs
Disons termes du

assertion

n'est

pas sans soulever discussions.

le scepticisme

de

et amener
en quelques

de longues
mots

qu'effectivement,

pour

reprendre

les

psychenaliste

André

GREEN:

"Si lion centre ignore~
prévalence si l'enfant

la réflexion

sur la seule

naissance,

on a tendance

à

la part que peut y prendre
maternelle. y assiste, Si et l'on nous

le père et à s'orienter
la réflexion sur celui-ci le

vers cette
co£t garde (même pour le

centre dirons

surtout),

jeune

enfant

tout

son mystère

et la place

du père ne peut être ignorée. primitive est déjà par

Car n'en doutons
anticipation tout

pas, le fantasme
l'oedipe." (4)

de la scène

(1) (2) (3)

DELVAL, RANAIVO, de sur Le faire

Radama p. 24.

II, pp.

p.

78.

RAKOTONDRAIBE, sance le des

longuement mécanismes social erreur sociale être plan en

16-21. Ces témoignages malgaches nous la distinction qui s'impose entre la de et comme est la p~ternité l'oubli le autre que et rappelle la physiologique peut avoir induit Jean le GUI ART cas en et sa dont

dispensent connaispertinence spé109). Les et plus

certains

cialistes paternité deux (4) GREEN,

(Clefs...p. Imerina

paternité

physiologique.

peuvent p. 224.

indépendantes

c'est

généralement

à Madagascar.

20

Mais, la jalQusie

laissant du et

momentanément père qui vis-à-vis ne nous les

de de

cOté

l'oedipe et

qui les

peut

naître nés pensons ou un

de de

à l'égard originaire,

la mère pas

fantasmes nous

la scène
que au par moins

concernent rapports le coit

ici

(1),

l'initiation pré pubertaires

précoce, et

par

sexuels est

infantiles comme

tout simple

prénubiles,

considéré

divertissement, tère,
suivie Comme

une occupation pendant
devient bien le

érotique. les dernières
un acte sans

Il perd en quelque années
lien dont

sorte

son myspas

et sa pratique
de grossesse, très

de l'enfance
avec la

n'étant
naissance. les phrases,

direct nous

l'écrit

psychanaliste

inversons

si tout coit ne donne précédée que nous facultatif
reste, reine lui

pas lieu

à une naissance, pas évident de fait,

toute naissance pour la mentalité

doit être malgache sorte

d'un coit, étudions.

mais

ce n'est

Pour celle_ci,

le coït reste

en quelque

et la naissance
aussi, facultatif 1ère, et

ne met en je~ que la mère
et comme tout nous à fait le marginal, en

et l'enfant.
comme le

le père
la

pensait

Ranavalona

verrons

décrivant

l'accouchement

d'où

il est congédié. cérémonie

C'est

contre

cette

situation masculine,

qu'il comme

réagit

lors de la

circoncision,
bientOt. Et gynocentrique, intervention nous avons

essentiellemer.t

nous le montrerons

la

mentalité sans qu'on

mérina puisse

reste, parler

à propos de

de

la

naissance, puisqu'il

à ce y a

point

parthénogenèse que le théologien écrit

extérieure suivi dans

surnaturelle cette étude de

(2), la

malgache dans la

que que

sexualité,

foulée

les pratiques tion spontanée" l'~me

sexuelles

infantiles certaines

qu'il

cite, et que l'idée de mariage

de la "concep-

expliquent et le sang

formes

et que "l'enfant maternel

possède est plus

de la mère.

Et c'est (3).

pour cela que l'oncle

important

que le père lui-même" enfin une étude

Il y aurait à faire sur les contes comme

de type psychanalytique

passionnante

et légendes celle années

extraordinaires, aurait porté

d'un certain nombre de naissances (4) que sa mère enceinte d'Iboniamasiboniamanoro ou de la'fillette Imaitsoanala étude qui serait dépasserait sorde

à propos

plusieurs

tie d'un oeuf
beaucoup le

de sa mère
de ce

"Gros-Oiseau"
travail.

(5). Une telle

cadre

(1)

La

relativement ancien du relevée thèse pour de la

faible quant concept dans Géza notion de notre

importance conception création première : 'le de

du et

coit de

parental être s'y

dans une

le

psychisme de nous subaccepun que l'on

mérina l'absence avons te la stitut

à la

pourrait mythes de partie concept coit

explication si est

rapportant donc

"cosmogonie", création (La parental"

ROHEIM

refoulée

panique

des

~)
(2) GREEN,

pp. 30-31.)
pp. 223-224. aurait désigné

(3) RAKOTONDRAIBE, p. 21.Rappelons qu'Andriamasinavalona

comme

,Son suacesseur le fils de sa soeur et non sea fils.(Dl!:LIVRt, p. 253). (4) ~,p.4-8. Cette étude est amorcée par OTTINOet VOGEL. V.Bibliog. (5) Ibid. p. 115.

21

Il est ~ertainque le sein
dehilahv, lique (1)

la naissance par l'opération
un de homme" problème rapports comme à la

miraculeuse

de Jésus, "~~_

conçu

dans

de la Vierge
non n'a De engendré jamais nos

Marie
par posé si

du Saint-Esprit,
l'explique masse des le

catéchisme

catho-

convertis

malgaches. ils

jours,

les

sexuels

paraissent

nécessaires,

ne sont

bien souvent

pas jugés

suffisants, sociale,

car, que ce soit hors mariage ils ne provoquent jamais à

ou

dans les liens coup
bués

de cette

institution

sOr une grossesse,
à la femme, Rien ne sont

et les cas de stérilité,
fréquents. de ne penser, comme pour

très généralement

attri-

permet

les

Canaques (2) qui

de

Nouvelle la le con-

Calédonie, femme cours de la

que

l'homme aux es~ de la

serait

qu'un

"roborateur" à s'incarner.

rendrait si des est

perméable de l'homme

esprits

cherchant il pour

Néanmoins, qu'une

indispensable, femme qui,

paraît assurer

n'@tre sa

conditions pr@te à

fécondité

fertilité,

toutes cesse donner

sortes

de pratiques.

Comme

le dit avec donne

force

Rasoabemanana, entre c'est

la prinou

du conte,

à qui la devineresse désastreux: avoir

le choix

la stérilité

le jour à un enfant désastre.
(3).

"La calamité

de ne pas avoir

ce futur
d' héd

Mieux

vaut

un véritable

fléau

que de ne pas avoir

tier"

ANALYTIQUE - LE SYMBOLISME -----------------------Pour vement ce qui en finiiavec le

_

l'acte

sexuel, de

il la

convient "scène

de

reprendre dans

brièla

concerne

retentissement

primitive"

mentalité nel

mérina

en analysant

sommairement du ciel"

un texte

du folklore

tradition_

: le conte

"Obtenu

une épouse pages

(3) qui vient

du Vakinankaratra largement.

et occupe

neuf pleines

du recueil.

Il doit

donc être résumé

(1) (2)

Katesizv,

p.

40. p. 87. en le ROTH

LEENHARDT,
1897: qui relation

M. .lli!.~, "Ces Australiens, d'une effective en comme p. 4. effet un préparatoire entre

<i.!1BETTELHEIM,
de leurs n'ont la contacts encore

p. 125) écrit
avec aucune "Les dehors les idée de

en
la

dépit d'années, coit

Blancs

datent

trentaine

et

conception". en un fraie chemin

indigènes de leur p.

considèrent fonction espri t), 126) . (3) (4) AnQano, AnQano,

les (de

relations l'homme passe-temps

sexuelles, qui érotique"

à l'enfant-

simple

(KABERRY,~.

"Nahazc

vadv

~

tanv

,S!2-danitra",

pp.

124-132.

22

"Andrianoro avait aussi deux

était

le fils du Seigneur-du-milieu-de-la-terre célibataires. de lui trouver une épouse seul.
beauté

qui

filles,

également

"Ce fils il se montrait
lui dire qu'au mais Voulant

demandait

à ses parents qu'ils
se

mais

si difficile
bord dès d'un que lac l'on

lui dirent

de se pourvoir
soeurs elles alla d'une

On vint
extravers du aux

baignaient

trois d'elles,

ordinaire, le ciel.

s'approchait épouser, conseilla

s'envolaient demander l'aide orangers

aussitOt Celui-ci

les lui

Andrianoro de se

devin

Ranakombe.

changer

en

trois

belles

oranges

et de se saisir

des filles faillit

quand

elles

s'approcheraient mais ses aînées,

pour plus

cueillir
méfiantes,

les fruits.
l'en

La plus jeune

succomber

empêchèrent. conseilla à Andrianoro de devenir une eau azurée au

"Ranakombe

milieu

du lac et de saisir appétissants

celle

qui viendrait

y nager.

Echec.

Il se mua lieu, le

en légumes devin noro

mais

ne réussit

pas mieux.

En dernier

lui souffla se saisit

de se transformer

en fourmi

sur le sable.

Ainsi

Andria-répondit qui

de la cadette

qui, à ses propositions des ennuis à cause

de mariage,

qu'elle

ne pourrait

que lui causer

de ses parents

habitaient

au ciel et avec la bouche,

qui il ne supporterait un coup goutte
découragé fortifie préférée, temps, la (1) reste jeune

pas de vivre: Elle-m@me la fereit

dès que ne suppormourir.

le père ouvre tait

c'est

de tonnerre! sur ses lèvres
et ils se

pas l'alcool
ne "Peu fut

et une simple
pourtant pas

Andrianoro

marièrent. lui avec fait les une enceinte

après, jeune bout

Andrianoro soeur, la

son vient jeune et

village, habiter mariée

septuple

et

sa

époux. à son mari

"Au à jouer avec

d'un

certain

demande part sa qui une en

une

corne une. de

d'hippopotame Comme tuer il la la

Andrianoro absent, de (dans sa

expédition aînée et est de qui

pour les parti

s'en parents au

procurer décident Son

longtemps femme

soeur

à cause à boire

Andrianoro corne)

loin.

beau-père de ce qui lui

contraint lui

l'alcool. lui de était son

Avertie dévouée,

allait demanda

arriver

par

jeune le

belle-soeur chemin

elle

d'être

enterrée

sur

habituel

mari. "Andrianoro, qui sa soeur avait ce eu qui en rêve de passé f~cheux et où pressentiments, sa femme est enterrée.

revient,

apprend

de

s'est

Il prépare jeune

une cérémonie dans toute aînée

pour renouveler sa fraîcheur

le linceul.

On ouvre

la tombe

et la

femme,

revient

à la vie.

Il chasse

ses parents

et sa soeur

qui deviennent

très malheureux.

(1) Dans

les contes,

animal

plus ou moins

fabuleux

nommé

~~,

qui

appelle, par association" jouet rouge, ~~".

23

"Peu ses au parents ciel. et

après, demande

la

jeune

femme mari pas la la la il

entendant permission quitter, femme lui c'est

le

tonnerre, leur de

se

souvient visite

de

à son pour ne

d'aller lui demande

fGire

Andrianoro, "Pour l'en terrible,

l'accompagner.

dissuader, quand

explique: le tonnerre qui gronde et en

"Papa

est

parle

ce lieu céleste, il y a une longue toute cette dans

tu ne peux pas demeurer, colline et un arbre

toi qui es

humain.

Et là,

énorme;

si tu ne peux b~cher Et il y te

colline

et abattre étang

cet arbre, bêches vaches

mon père te tuera. qui sont enfouies avec leurs
avec que

a aussi faudra
faudra soeurs,

un grand

mille

qu'il il te
et mes

sortir.
distinguer nous

Il y a aussi mille
les unes des

velles,
ma mère s'y

autres. à un tel

Enfin, point

nous

ressemblons

l'on

méprend,

or,

il te faudra réussis,
du va bien.

désigner

notre mère.

Si tu ne peux,

Papa te tuera.

Si tu

il me donnera
Reste donc, s'ennuyer décide

à toi pour que je sois
ami, toi" et n'abandonne

ta femme
pas ta

et il te fera
soeur qui

mon de

petite

tellement

(1). d'accompagner animaux et les sa femme. les Auparavant, nourrit

"Andrianoro il va dans les champs,

cependant les

convoque

oiseaux,

et leur expose monté au ciel.

les difficultés Tous

et les énigmes leur aide.
le ciel avec qu'il

qui l'attendent

quand

il sera

lui promettent
alors vers qui

I "I l s envole en larmes sa soeur

sa ne

femme, l'oublie. le sa

ce

qui

fait

fondre

bien-aimée du reçoit devant ciel,

craint

liA la de l'avoir "Quand l'on

porte

Andrianoro,

malgré de

tonnerre femme: et modeste

qui

gronde

entendu, tu te "Il seras tue". demande

d'ultimes mes

conseils sois

parents,

humble

de

peur

que

à entrer.

un coup de tonnerre
Son beau-père
il se cale

lui répond

et il en sur

tombe
son lui

évanoui.
d'or,

Sa femme
mais, dans

le ranime.
humble, propre

l'invite
un coin.

à s'asseoir
Son

siège offre

très sa

dans il

beau-père d'un

à manger

assiette,

mais

préfère

l'assiette

domestique. "Alors

Son beau-père

lui dit brusquement: ma fille ?"
alors un les épreuves labour annoncées gr~ce aux qu'il surmonte qui

tu veux épouser
Andrianoro

"Et gr~ce à ses

subit

alliés

surnaturels:

immense

sangliers

fouirent cinent

le sol; ; sortir

renverser de la vase

un arbre un millier

énorme

gr~ce

aux oiseaux

qui le dérales

de bêches

qu'allèrent

chercher

(1)

AnQano,

p.

130.

24

crocodiles; enfin,

distinguer

les vaches

de leurs

velles

grâce

aux taons;

et

reconnaître

la mère

de ses filles

grâce

aux mouches. Il lui accorda'sa de l'argent.
leurs de richesses, chagrin". par symbole, mais

"Le beau-père fille en mariage,
"Les la pauvre soeur, Il et comme ne

fut stupéfait

de sa réussite. des esêlaves,
avec toutes morte texte

lui donna
revinrent

des boeufs,
sur terre

époux

délaissée peut Geza être

trop

longtemps, d'analyser

était ce

question :

symbole

l'écrit "Il

ROHE lM

n'est

pas

nécessaire ces qu'un détails profane pour le

de

fournir

une

explication peut la

psychanalytrouver (1). par

tique

à tous et

puisqu'un refusera lecteur non

analyste d'y

lui-même Disons que plusieurs

ajouter

foi" avec et

toutefois sont

familier

cet se

exercice retrouvent

symboles

particulièrement

transparents

avec

la même
,

signification

ce qu~ assure d'hippopotame à son mari, quelle

plusieurs autres , , (2) , no tre ~n terpre'ta t~on. Men t~onnons, avec laquelle la jeune mariée veut

dans

contes

du même

recueil, corne demande laénor-

par exemp jouer c'est

le, la

et qu'elle

ainsi

que la corne l'oblige principal

"blanche à boire devait

et noire, de l'alcool;

tout un" dans l'arbre

son beau-père

ou encore

me que le personnage du sexe masculin.
Remarquons et enferme ainsi son

abattre,

qui sont

des représentations

qu'après bien la (sa

son

mariage, sans de femme sa et

Andrianoro réussir femme, finit

"fortifie à renoncer pleure

son à sa

village" jeune larmes aban-

femme),

soeur. quénd

Celle-ci il "s'envole

devient au

confidente avec sa

à chaudes d'être

ciel"

par

mourir

donnée.
Souvenons-nous auquel quées ment un nous d'amour sur lit des venons de aussi, fûire indépendamment (et les sol ce qui du symbole les propre à l'envol masdorsur la qui dans

allusion que dans le

remplace

"effusions" les enfants dorment ouvre Andrianoro le conforter

fraternel), nattes Ce étalées qui se

maisons alors lit et le

malgaches, que les que

sur passe au Sa

parents le père

surélevé. il

sur

("dès laisse

bouche, veut

tonne"), à ce

ressemble niveau.

tonnerre doit

inanimé et

atteindre

femme

"ranimer"

sa virilité refuser tions

évanouie.

Il doit,

pour y être admis

se fare

humble

et surtout

ce qui appartient

en propre

au père de famille il s'assied,

(avec les transposi-

qui s'imposent)

: ce eur q~oi

ce dans quoi il mange.

(1)

ROHEIM,

La

panique

des

dieux,

p.

208.

(2) V. l'étude de ce conte sousun autreangle d'analyse par OTTINO et VOGEL, "La reproduction du merveilleux" p.141. 25

Enfin, lui

il

doit tant puisque

"abattre" de frayeur ce sont

ou et les de

considérer

comme

déraciné ce qui se

l'arbre pRsse Il mais fait

énorme sans doit il son

qui interce à Il y a ce

cause

d'appréhension, "oiseaux" la "longue les aient de qui

vention, qu'est y porter ce

interviennent. céleste", en ont

savoir n'a pas

labour sa propre que

immense bêche "mille

colline sangliers été

puisque b@ches" muni qui

leur "le lac

affaire. où il Mais soit mère pour

doit

accepter de

enfouies qu'il

dans devrait il

beaucoup sont les

crocodiles"(lac eux-mêmes d'éviter puisque, vaches

dents)

redouter. faut qu'il la

crocodiles capable ses leurs filles,

l'ont et

aidé. de- ne

Enfin, jamais doit

absolument l'une mères lement prend de de

l'inceste par ou deux

prendre

fois,

il

savoirreconnattre d'ailleurs le est beau-père comme morte

les formelqui

filles, comme

femmes.

L'inceste

étant c'est

montré

terrifiant et provoque

quand, sa bru

à l'inverse, puisque

l'initiative

celle-ci

jusqu'au la mère

retour

de son mari.

Le récit

implique

à la fois la renonciation

à

et à la belle-mère. A la fin, débarrassé de ses parents, de ses~eurs, ayant renoncé

à sa belle-mère l'effrayer,
plus de

et déférent

vis-à-vis

de son beau-père

qui ne peut plus ,n'ayant
et elle-même

assuré

de l'assistance
son est épouse, en paix.

éventuelle
accordée

de son entourage,
par son beau-père

plaisir

qu'avec

consentante,

Andrianoro

LA FERTILITE ET LA STERILITE - __00---______________________
Les enfants les Elles joues quand des jeunes le filles, sera qui leurs les bien venu,

avant et, de pour au allant, se ce marier, faire, de souhaitent pincent les de fàire cailloux, avoir très.fDrt pleurer. auprès des

moment

enfants aussi

approchent, en

point

supputent

chances

munies

d'un rocher~ésentant but le plus grand
Celles Toutes basse enfant" connaissent pleine (1). de

un trou ou une fente de leurs
mariées moyens plonger faire

et en s'efforçant

de placer

au

nombre
-qui sont

projectiles.
souhaitent réputés sous des l'eau être rapiDement enceintes. une caleun Un exem-

plusieurs graisse et vont

efficaces: avec permet à des

"Porter

d'obtenir pierres.

Certaines

pélerinages

ple est donné "Au bord

par VIG

: une grande oVGide. pierre C'est longue d'un peu plus de quatre de la fécondité, au-

du chemin

nes[ 4,éO m) à la forme

le symbole

ce qui

(1) Anqano. p.

94.

26

avait

fait donner
il ses

à la

piarre

le

nom de "bevohoka" pour y demander de petits placés cailloux par

(enceinte). d'avoir que les les priantas

Des
Sur gens avec

femmes y venaient
la pierre, appelaient l'idée te aurait

en pélerinage une quantité Ils

un enfant.

y avait "enfants".

y étaient obtenu

que comme la pierre bientOt portent priante d'un la joie toujours faisait le

avait

des enfants, sur

la femme imploranson dos (les le femmes lamba). la était le

de porter leur voeu,

un enfant sur elle le était

malgaches Et toute pierre toute bonheur _ d'autres

enfant si

dos serré exaucée,

dans

d'enduire pierre

peu de graisse ce qui enfanté" dans

(...).
prouvait (1). le lit

Une des extrémités que beaucoup lui

de la attribuaient

graisseuse, d' avoir vont

se mettre

que vient

de quitter

une femme nou-

vellement

accouchée.

- d'autres
censés

profitent

de certaines
magique:

cérémonies pour se procurerdes objets
lors d'un famR,dihana (retournament

doués

d'un pouvoir

des morts), un fragment de la natte
tres" ; lors

sur laquelle ont été posés "les anci!!-

d'une visite à une femme qui vient d'avoir un bébé, un morceau
(viande séchée au soleil) volé subrepticement; lors de la prepointe-démi!!loir morceau de

de kitoza

mière sortie d'une accouchée avec son nouveau-né;
que la femme a laissé exprès dans ses chevaux; EDit

soit la
un

petit

graisse de bosss de zébu placé sur la tete du bébé;
mière coupe de cheveux (~voloniaza), une boulette

soit lors d'une prede nourriture lors ri tuel-

le mêlée

de cheveux,

que nous verrons

plus loin;

enfin,

de la circon-

cision, un morceau ou la pousse

terminale d'une des cannes à sucre rituel-

les.
Toutes des aliments à la savent saveur qu'il convient ou de manger chaud comme le et de préférence, frais,

piquante

pimentée,

gingembre

et d'accomoder rika Rich., (Colocasia cresson

le riz avec esculenta du Para,

des herbes Sch.,

telles

que feuilles

de son je, b9£i(Spilanthes acmella

Aro!dées),

ou anamalaho

Composées). à avoir de sérieuses raisons de se

D'autres, croire stériles

qui commencent à divers

ont recours

auxiliaires:
par poser

devin et sage-femme. La
des questions
fournit et

sage-femme,
prête les

lors de la visite,
réponses, du le puis prescrit

commence
des

et interparfois

remèdes

qu'elle

administre: plante dont

vahivoraka suc fait

(Phvtolacca vomir (2) et

abvssinica constitue en

Hoffm., même

Phytolaccées),

temps

un purgatif

(1) VIG, Cnnceptions relioieuses, (2) VIG, Charmes, p. 27, 30.


p. 37.

27

très

violent,

ou de l'huile réchauffer

de ricin,

purgatif

un peu moins préparés

fort.

La femme

doit ensuite nuitamment:
frais, et

sa matrice

par des aliments de boeuf

et absorbés de gingembre

riz, bouillon
quelque.s Un autre plantes. remède,

.de cervelle

assaisonné

plus poisson embryon

magique vivant, (1).

encore,

consiste

à faire sp.) qui

absorber est censé

à la devoir

femme se

un

to.ut petit en

un.!2.b2.. (Gobius

transformer

Les massages

du ventre

sont également nord-est comme

recommandés.

Habituellement, ou à

ils sont faits eu chevet proximité témoin. pierres
promesses ou le

ou au coin

du tombeau

d'un prince maintes

d'une

pierre

de Vazimba,

nous en avons

fois été sur les et des
la pierre

La masseuse avant

applique

ses mains

plus ou moins

longtemps

de les passer
être

sur le ventre
à la

de la femme.
qui

Des voeux
dans

peuvent

adressées

puissance

réside

tombeau. Un grand nombre qui de se femmes font le à recours, exposer sikidv par ailleurs, et ce les aux services

des

devins-guérisseurs infructueuses. et les (2), en charmes le'~ un

l'affaire leur tels à la révèle le "~

tentatives convient beauco!.lp Voici, par de

restées faire

Ensuite, (odv)

qu'il

à préconiser, beaucoup qui était

atodv, (3). le

d'oeuf's" exemple,

ampototra, procédé

racine" dans

résumé,

administré

Vakinankaratra:

"La femme l'homme chacun s'était risseur

allait faisait

trouver un pacte

le guérisseur. (velirano) servi

Après

tonsultation

du sikidv,

avec la femme Puis,

et ils buvaient que la femme cascade, le guédans

de l'eau baignée

qui avait dans

au pacte.

après d'une

une eau courante "Te voilà délivrée

en amont

lui disait: te voilà

délivrée du mauvais

de ton mal qui a disparu

la cascade,

état' où le sort t'a jeté, alors un poulet noir qu'il de la céréde
vit; sormais

l'impossibilité "baignait". monie,
ta

d'enfanter".

Il prenait

Si le poulet

se noyait,

c'était disait:
(...) Tu te

signe

d'échec

s'il survivait,
le poulet vivra

le guérisseur
noir dans l'a ton prise

"Te voilà
la preuve

délivrée
est qu'il d'une

stérilité, l'enfant

ainsi, cellerie

ventre:

as

été

victime

maléfique elle est

(...)

qui

pouvait La femme

rendre donnait

stérile alors au

à jamais, guérisseur

désormais,

enlevée".

une piastre

non coupée

et celui-ci

fixait

le temps

dans lequel

elle

(1) (2)

RANAIVO, VIG,

pp.

21-22. 27,

Charmes,p.

nD 33 ; p. 97, nD 94.

(3) ~.,

pp. 97-98.

28

enfantexait. consultation qu'il le fallait

En du

cas

d'insuccès, qui ou

la

femme le

revenait fadv

se

plaindre. ou ("pas les

Nouvelle charmes pax perle

sikidv

indiquait

transgressé

porter

détenir: ("perle ("qui

7 perles qui

tsileondoza tahonala,

vaincu

malheur"), à

vakamiarina tonQsrivo maizinkitro un morceau vola"

relève"), à

(grosse ("qui

bleue
xentre

chevron), vivant"),

arrive

mille"), sombre"),

velomody vonimbszaha circoncision), demandait,

("absolument hazomanQa fait

("perle un puis de anun nuit

d'étranger"), neau anneau qui, un La d'argent de

de

(poteau obteni:.. ce les femmes figures

de

"vava

qui

qu'on

cuivre

"vaxahina" faisaient du sable ensuite

qui

chassait les les

esprits-papillons (1). On faisait du

croyait-on, nouet recevait

avorter répandu l'ordre sur

également sikidv. (à

petit femme

favorables obJets

d'acheter

dix

différents

cause

des dix lunaisons devait

de la grossesse) une nouvelle du suif,

et, après piastre

une nouvelle

séance

de sikidv, seur. Puis,

remettre

non coupée

au guériset un

s'étant

procurée

du miel,

de la résine,

petit lézard andronqo (Hoplurus~)

qu'elle enfermait avec les dix

objets et le miel dans un sac qu'elle cousait, elle agitait le sac
au-dessus avoir
petit disait

d'un

petit

feu de suif et résine

en disant: Et_le

"Si je vais

des enfants,
lézard le

il faut que tu bouges".
par un le feu se et la

sac où se trouvait le
s'agitait. dans "Maintenant, ton sein". La

incommodé

fumée

guérisseur,

enfant

remuera

bient8t

femme

sortait Puis

alors devant

de chez elle, la maisonnée

relâchait assemblée,

le lézard on brisait

et conservait des assiettes un peu de

le

charme. en terre

ou des calebasses criait:
Le

et sur les fragments "0 toi, le premier
affirmait: d'eau et que

on mettait

riz et l'assistance
après du les mal, le premiex que tous qui nombrèux né".

né, 0 toi qui vient
"Nous et voici délivrés de de une tous

guérisseur bien". liés

soient étaient qui

Aspersion ensemble et

rassemblement le nom

fragments

recevt1ient l'on saluait

"Mara person-

kirehitra,

démangent"

comme

ne. La femme ques

qui faisait

l'objet

de tout ce cérémonial tenir son assiette
personnes; donner qu'à

recevait

quel-

interdictions:
ni sur l'approcher son

ne pas laisser
des assiettes ne

par quelqu'un
s'il son restait mari"(2).

d'autre du riz

d'autres le

assiette,

elle

pouvait

seul

(1) ~, p. 130, n° 114. (2) D'après VIG, Charmes,

p~.98-102.

29

Tout cela revient comme
tion à des

à dire que la fertilité rarement
de

féminine

est considérée dont l'acattribuée supranaessen-

un état naturel.
n'est causes qu'une des

La stérilité,
nombreuses absence sources négative

imputée
la

à l'homme
est

conditions de des de

féCDndité, des

extérieures: comme action

bénédiction enfants ces mêmes

puissances ancêtres,

turelles tiellement)

considérées ou bien

(vazimba, puissances

contrariées

par des actes contraire
,

qu'elles

réprouvent,

comme

un mariage

ou un mode ancore

de vie

aux normes

traditionnelles.

Ce peuvent

être

les pratiques

efficaces d'une personne jalouse ou délibérément méchante comme le sont
les sorciers (mpamos8v~).

De grande

toute

façon, entre la femme (momba) la

la

stérilité

était

redoutée stérile" enfants"

et

l'on (litt.: (1).

faisait lame La

une sans

différence ?) et

femme

"fotsinantsy, qui a des

manche
de la femme

"renianaka, était

situation en té moi-

stérile

particulièrement

pénible

comme

gne cette
"Pauvre

complain~
stérile toujours parents

dont nous extrayons
sans ressources

quelques

lignes:

Aux-yeux Pas Pas de

mouillés, qui te visitent, sur toi,

d'enfants à qui à qui

pour

pleurer

Personne Personne Malade, Fatiguée, Et meme,

demander offrir pour qui

à manger ton te surplus. soigner, compassion

personne personne 0 stérile, pour

ait

Personne Pour fait de de des

pleurer

ta

mort

...(2). ou à la vindicte des des esprits, on

remédier des

à l'indifférence sacrifices et

cérémonies,

à l'intent~on Les soupçons plus

ancêtres les l'on

familiaux, agissements connatt de

coQteux personnes

"retournements, malintentionnées

fameJdihana". sont

contre que

d'autant

fondés

nombreux

procédés

employés exemples
et l'on

par celles-ci

pour leurs

maléfices elles

et VIG en cite en employant

de très nombreux
leurs Qropres

(3). On se défendait
connaissait des

contre

armes

charmes

contre

les

ensorcelle-

mente, tel l' It,2!!y~,

charme

contre

la eorcellerie"(4).

(1) (2) (3) (4)

V. JULIEN, Institutions, II, pp. 218 et suiv. MONDAIN, Raketaks, p. 23. VIG, Charmes, pp. 11, 89-90, 122, 123, etc. Ibid., pp. 55-56.

30

Mais savent fertiles

il arrive

aussi,

à l'inverse,

que des femmes plus avoir

qui sont et se d'enfants. PaS sur le pas Que

ne veuillent

pas ou ne veuillent

ce soient côté, être

des prostituées du français en l'absence souhaitent
deux sortes

(tsimihorirana, maquerelles), de leur mari,

qui ne se couchent des femmes

makorelv, enceintes

qui ne veulent

ou qui, fatiguées d'autres.
devrait

par de nombreualors
une

ses maternités,
il Y a encore

ne plus en avoir
de médications,

Il y avait
provoquer

et
sté-

l'une

rilité
stérile"

temporaire.
(1) qui ce

C'était
pouvait que l'on

le rOle

de charmes
le bon

comme
comme pas"

le
le

"~-~,
mauvais, Ce ou dernier

main
le "remè-

tout

détruire,

"tsivanombina,

conjecture

n'aboutit

(2).

de" était
"La La

administré
s'assied de la

dans
sur

des conditions
un mortiex être de

particulières:
bois qui-sert au pilage en signe du riz. de fer-

femme porte

maison

doit

soigneusement

fermée

mature Cette

de la matrice. cérémonie

La femme

boit

huit cuillérées

de la mixture. le jour de

a toujours

lieu le mardi; (...),
femmes

"le jour facile,

des courtisanes
sorcellerie

et des coquettes
pour les

le jour destiné
légères qui

aux actes

religieuse

voulaient

(. . . )

être

libérées

d'enfantement doit
le

(...). "boire

Le devin

fait savoir

à la femme le charme
ou un autre,

combien
(...). lui

de fois elle
Quand elle la boit

du médicament"
un homme,

et adorer
le devin

médicament, (3).

tiendrait

cuiller"

D'autres mais
mais

étaient

des produits

capables

de stériliser passaient
(4). Les actes:

à tout jaccnnattre
ainsi baigner

les femmes,
dont ils

que certains

devins-guérisseurs
le secret de

pour
femmes se

conservaient néanmoins

jalousement s'abstenir

"soignées"

devaient

certains

dans les remous à contre-courant (~mody) quelque chose venant d'une femme enceinte;
né avant terme, etc. abortives:
les se femmes, faire à leur grand Ces

d'un cours d'eau;

manger

prendre dans ses bras un enfant

- Pratiques
Parfois et s'efforcent de

ennui,

se

trouvent

enceintes autrefois tolé!:W

avorter.

pratiques

n'étaient misy

réesque

"pour sauver l'existence de la mère,
Dans
non,

~

antan y hamoniena

hain '.!1)L bevohoka".
volontairement ou

les autres
était puni

cas,
de

l' avortement
(5). Parmi

(~~)
les moyens

provoqt.;c'
anciens,

prison

(1) (2) (3) (4) (5)

VIG Charmes. pp. 43-45. Ibid.,pp. 9ï-108. Ibid. ,p. 106. Ibid., p.108. Par ex.: Code des 305 articles

(1881),

Art. 64-66.

31

figurait blement foetus. Il

l'introduction tailladé Si pour

dans que ne la

la

matrice en

d'un

drageon et

frais

d'aloès,

préaladu

sève

exsude pas du

provoque

l'expulsion on

l'opération encore

réussissait manoeuvres

premier

coup,

recommençait. et

y avait

d'autres

abortives,

toujours

douloureuses

parfois

dangereuses: surchauffé

massages

de l<abdomen jusqu'à d'eau

de la femme,

couchée

sur le dos sanguin à coups sur

en un lieu comme

de soleil,

provoquer

un écuulement massages

une menstruation; jusqu'à

injections soit

très chaude;

de talon le ventre employés, une bonne cacées)
tives

ce qu'elle

"débarrassée"

; cataplasmes

brQlants

et les reins. les femmes douzaine

De nos jours,

à ces moyens de bleu

qui sont encore de lessive,

parfois

préfèrent

l'absorption

ou mangent Urtilaxa-

de graines

de l'arbre ~-boav Agréables au goQt,

(Ura crepitans, ces graines sont

vendues
dose

sur les marchés.
d'une ou deux.

à la

- lA VIRGINITE

--------

-

Il ne faut cependant abortives,
fants, tôt même

pas croire, nombreuses
pas n'a

à l'énumération

de ces pratiques et les enperdue qu'elle très revêt

q''e les maternités
rapprochés, nous l'avons ne déjà

ne soient
la

pas désirées
virginité, exagérée

soient dit,

bienvenus. pas la valeur

comme

dans les pays d'Islam. "Chez les Antalaotra (Malgaches islamisés), comme chez les Swahili, on à la

montrait mère,

le drap couvert

de sang après

la première

nuit de noces, mariée, encore (1). mais

à la grand-mère

et aux soeurs

de la nouvelle il était

on ne

le promenait d'usage

pas à travers Comore,

les rues comme à Anjouan

récemment

à la Grande

et à Moheli" comme

la virginité avait

n'était qu'il

pas considérée a fallu forger

un état particulier

et

si peu d'importance
pour en parler d'une

un mot à partir
(2) ou'viriinv" jours dans

de l'anglais
(3). Au con-

"~irqin" traire,

vierge comme

"viriiina" encore de

Imerina,

autrefois

nos

les

provinces,

le mariage

à l'essai

était

pratiqué

et un homme ou qui était

préférait enceinte,

souvent

épouser

une fille qui avait
avait donné des

déjà un enfant
de sa

et qui, en somme,

preuves

fécondité.

(1 )GRANDIDIER,G.

Les Sakalava de Soalala considéraient .! MadalœScar,p.185. cette pratique des Comoriens immigrés comme ridicule'Hébert, ÇQ!!!!!I.. ~.) (2) Emploi fréquent dans la Bible, par exemple Genèse 24/16 (au féminin)
et Apocalypse 14/4 (au masculin). (3) Orth"graphe catholique: "litanian'ny la Sainte Vierge". Viriinv~. litanies de

32

- ~p~OSS~S~ AussitOt Elle s'efforce avons qu'elle est mariée, tous une femme souhaite être enceinte. et d'accomplir cité les actes d'exemples. qui empêchent Elle évite la stérilité d'autre contre dont nous une série part tout ce qui pourrait contrecarrer son souhait et se prémunit les sortilèges. et la conune

Quand, firmation

par l'absence

de ses règles

ou par des nausées

de la sage-femme, avec

la femme

se sait enceinte, à sa famille savoir

elle commence proche,

vie en rapport évitant, entoure

son état et l'annonce de le faire

tout en

à cause la femme
Quand

des sorciers, de soins
l'enfant sexe de

au-dehors.

La maisonnée

particuliers
est suffisamment si

et lui évite
formé, l'utérus peut la est être

les fatigues.
sage-femme incliné peut parfois ce petite la

pronostiquer sera fête, fatigue On un

le

l'enfant: de du la

à gauche, d'une à Oter

garçon.

L'annonce

grossesse massage de les

l'occasion (destiné "envie" et

soit de

à l'occasion la un femme), grand

premier

abdominal la première

soit repas

à l'occasion où figurent

ratsiaina. dont la

organise

aliments

désirés

femme porter
si,

mange

jusqu'à

l'indigestion

ou au moins

à satiété.

Ces envies

peuvent aus-

sur des aliments
femmes deviennent

abracadabrants
agressives

ou. de l'argile
(ratsiain'adv)

blanche.
(1).

Parfois

les

- Prescriptions: Durant tant sion abstentions du délivre; sa grossesse, et obligations piler la femme est tenue à un régime de vie comporl'expuldans

(2) : Se lever les matins

tOt pour

faciliter

du riz tous après

pour asseoir quand

le foetus volent

le bassin; (papillons jamber

ne pas sortir crépusculaires

le coucher

du soleil,

les lolo

incarnant

des esprits posée

malfaisants) par crainte

; ne pas enque l'enfant du bec-depar

un pilon

à riz ni une hache terrseS ou soit

à terre,

ait les jambes lièvre; crainte

pied-bot,

ni une corde, frais

par crainte

ne pas envelopper de doigts

du gingembre

dans un coin de son IambE de gens ayant pas mettre le cordon

surnumaires; ne passent

ne pas se moquer pas à l'enfant :ne

des difformipour

tés pour qu'elles se couvrir

une jupe autour

les épaules,

ce qui ferait à riz;

s'enrouler éviter

du cou; ou une

ne pas descendre des mares calebasse

dans le silo

de manger

des framboises

pour que l'enfant pour que l'enfant

n'ait n'ait

pas des taches

de vin;

ne pas casser

pas une fontanelle

trop large;

ne pas

(1) GERBINI5, II, pp. 57-58. (2) Un grand nombre de ces coutumes est
dans Raketaka,

bien exposé

par G. MONDAIN,

pp. 1-5.

33

chasser provoquer

les

sauterelles

comestibles, ni arracher

car des

leurs herbes

coups

de

pattes vertes

pourraient de peur

l'avortement;

(ahitra)

d'avorter porte entrer

(le placenta

se dit~) ne prenne mortuaire,

; ne pas s'asseoir pas une position

Bn travers

d'une

pour que l'enfant dans une maison

transversale; d'un proche et annoncer:

ne pas et que "je

ou, en cas dB déc~s d'entrer

ce soit inévitablB,
suis enceinte, Les

frapper
(1).

à la porte avant

0 mort"

prescriptions

alimentaires

n'étaient

pas

moins

nombreusBs

:

ne rien mangBr manger

des mains

d'autrui

de crainte

d'être

ensorcBlée

; ne pas ne du

trop salé,

ce qui ferait

mettre

au monde

un trop

gros enfant; à cause rouge

pas manger mot mosavv l'enfant
ne pas

de ganglions qui signifie

lymphatiques maléfice

de boeuf

(mosavin-~) de piment

j ne pas manger rouges

pour que

n'ait

pas les cheveux
de Au pattes de

(non la rousseur
de crainte d'eau que

mais le kwashiorkor);
n'ait des

manger collés.

palmipèdes boirB

l'enfant pour

doigts

contraire,

beaucoup

fraiche

transpirer;

manger solide;

de la peau de poulet manger de temps

et du gras-double des pieds

pour que le placenta dB porc

soit ait

en temps beaucoup

pour qUB l'enfant

des pieds n'ait

élégants;

boire

de bouillon sa mère.

de boeuf

pour que l'enfant ou

pas les tares manger

que pourrait

avoir

En cas d'indisposition de "tsororinanQatra, L. Césalpià boire de

de maladie, qui n'est
niacées).

du riz cuit mou avec par les fantômes"
souvent, les femmes

des feuilles (~occidentalis

pas affligé
Enfin, très

s'astreignaient

l'eau

dans laquelle avaient trempé des charmes (~~),
charme bout" "tsiafadraifito, pendant leur dire ce dont et tard à sept pères (devins) pendant "Pour ne

en particulier le
viennent pas à aussi l'eau

grossesse plus

continuaient leurs enfants:

l'allaitell1ent, toi j'ai bu

pouvaient-ellez amère" (2).

Par ailleurs, de recevoir (ale ~-iaza) une nasse, va puiser

les femmes

enceintes lors

doivent

également coupe

s'abstenir de cheveux avec qui

ou de prendre

des cheveux elles

de la première pêcher

d'un enfant; se servir

ne peuvent

des poissons

de v~nneries pour

inachevées,

participer

à un cortège

l'eau

rituelle

une circoncision, ne doivent

ni pénétrer

dans la maison d'eau à de

où aura lieu l'opération. midi
les

Elles

pas non plus puiser de leur état

ni au coucher
rendre

du soleil,
à

celà à cause
entourage.

qui risquerait

préjudiciables

leur

(1) RANAIVO, p. 28. (2) VIG, Charmes, pp. 102-104.

34

Le
lière tiquée et l'on

père, ne

par connait

contre, pas

ntest

astreint

à aucune d'équivalel1tà

conduiteparticula c;ouvadElpra-

à Madagascar,

par

d'autres

populations.

- L' ACCOUCHEI'lJENT --------L'action

un enfant au monde est considérée c;ommeun

de mettre

combat, uni:!xpédition militaire (tafika). e
En ne peut lmerina, le comme où ailleurs, elles les douleurs même si surprennent elle les la attend. femme Dès qui que

prévoir

joùr

arrivent,

les premières qu'elle

se manifestent,

une platée

de riz lui est administrée qU'elle devra

pour fournir.

ait des forces

suffisantes qu'on

pour les efforts

Par contre, refuser la durée
riture,

la sage-femme

est allé quérir ses clientes longue

et qui ne peut (1), ne pourra, prendre

pas plus pendant aucune toute nour-

ses services

que choisir

de son intervention,
maia seulement une boire. palpation à la et

aussi

soit-elle,

Après elle sorte L'idée à aller donne de en et des

pour

se

rendre

compte lui

où place

en

est une

le bande

travail, d'étoffe,

conseils étroite,

parturiente. relative~ent de doit

Elle très

ceinture est

serrée (2). La

SOUs femme

les peut dans

cOtes. continuer position

d'empêcher à sa

l'enfant guise ou

remonter s'aliter

venir

et

se

mettre

la

convenable. une matrone école

Celle

qui est recommandée la tradition et ayant

varie

selon

que la praticienne formée

est

qui suit

mérina

ou une sage-femme médicale latéral,
Une

dans une La

professionnelle conseillait

reçu

une formation le décubitus
le à

appropriée. gauche
multipare, écartées.

tradition

aux primipares
pour

ou droit
devenue Les

indïféremment,

probablement

épargner

périnée.

moins
vraies dorsal, pas

fragile,

était

engagée

à se mettre
la

genoux,

jambes

sages-femmes jambes en Si levées

recommandent et appuyées. (3). est femme, en la les

position Normalement,

"gynécologique", la femme mérina

décubitus ne doit

parler

accouchant la femme

position matrone jambes

accroupie généralement allongées

(4),

elle est

s'eppuie accroupie

sur

les

épaules elle, ou

d'une

autre

qui la

devant ce qui,

parfois

assise,

sous

parturiente,

en cas d'expulsion

trop vi~~

du bébé,

empêche

sa tête

de heurter

contre

le

sol.
(1) (2) (3) Dr. RANAIVO, VILLETTE, p. STANDING, travail (4) la future Selon la p. 17. 96. p. doit 119 et aussi: plus dire un "tar mot en de une fois présence ENGELMANN le de &

"Les fadll malqaches", commencé, personne ne mère" (MONDAIN, nomenclature des

Raketaka, postures

p. 29). dans le travail

RODET, p.

SB.

35

NOrm8le~nt,

le "poche des eaux"

contenant

le liquide

amniotique

(ranon-~
Sinon

litt.
elle

l'e.u de la tete)
le c8ève a droit

e.t rompue quand le bébé se présente.
Si elle reçoit du liquide dont le indemnité supplémentaire nait

la sage-femme

avec ses ongles. à une petite

sur le visage, montant

est Isissé

à Is générosité

du meri.

Si l'enfant

"coiffé", (1).

on pense, comme ailleurs, que c'est signe de bonheur

pour lui

Les hommes sont exclus de le pièce où se déroule l'opération (2). Mais en cas d'accouchement fois, passer présentes laborieux, le meri peut être convoqué et doit,

par deux

par dessus

le cou de sa femme la pièce

slors voisine

couchée~Toutes sont invitées les mauvai-

les personnes

sur place ou dans leurs

à se déboutonner ses influences, tonaom~v Cesaloinia ment

ou à desserrer on fait brQler

vetements.

Pour exorciser il existe

des cheveux. (graine

Enfin,

des charmes, liane :

(pied de fer), bonducella,

vatolaleka

lisse et dure d'une destinés à faciliter pousse

Bak. Légumineuses)

l'accouche-

(3). Il est malséant (~, .2Sm,y)

que la fenvne crie. on lui dit
l''

Si elle

des gémissements

trop fort

l "Convnent (4)
qui n'ont

I les souris mettent bas sans

se plaindre et toi,
Sans entrer

tu crierais
dans des

détails

pas

leur

place

ici,

indi-

quons

que la présentation (zanak'ombv)

par le bras,

la plus redoutée, ne survit pas;

est dite celle il en est de de rapports de brQler fier, et de

des veaux

et souvent

l'enfant

même d'une présentation du siège, conséquence,
sexuels incestueux et l'action la plus efficace

croyait-on,

dans ce cas était serait réputé

des cheveux; orgueilleux,
puissance. d'un

un enfant "~miavona"
Toutes les

qui sortirait

per les pieds

et on lui prédirait
difficultés de qui la peuvent mère, se

un avenir
présenter

de richesse
à l'occasion anormales du

accouchement, étaient ou

malformation sont attribuées

présentations maléffque

foetus,

à l'action

d'une

personne

enne-

mie.

(1)

Le

Dr.

VILLETTE les

écrit

au du se

contraire: foetus; elle

jamais

enveloppes

ne rompait "La praticienne attendait patiemment qu'elles contractions utérines" on disait à la femme

se rompent d'elles-m@mes (p. 96). Si la rupture

sous l'influence des faisait sans bruit,

"Mug, mora, apporte (le) doucement", si elle 'était bruyante : "~ ~, envoie, envoie" (ibid.). Nous traduirons plut6t par: "porte. (2) C'est
aussi l'usage tandroy. Pour"cette partie, comparer avec DECARY, l'Androy, II, Pp. 87-90.

porte " ) .

é) V. HEBERT, Le. ri tes de 1'en jambe " , p. 5 à 10. (4 ) VIG, Charmes, p. 31 et pp. 146-7. ment " (5) VILLETTE,p. 96.
36

ter

Les iumeaux : Sauf dans les premiêres bien accueillis. pour éviter divisions les luttes ayant de la caste avait intestines noble, les jumeaux par résuldans du La restriction des droits à mort, été prononcée qui pourraient d'usage titulaire

(kambana) étaient Andrianampoinimerina du fait

que deux prétendants

égaux par leur naissance comme encore

revendiqueRt pouvoir. le

Sans les mettre

d'autres
fief

populations

(1), la mère et ses bébés étaient

exilés

hare d'lmerina.

Les GRANDIDIER,citent le cas d'une Zanakandriemesinavalona, pour avoir donné le jour
Ces naièsances mère

d'Andramasina qui fut, ver. 1894 destituée et reléguée à Ambohitromby à des jumeaux gémellaires
cruches d'eau (2).

étaient attribuée. au fait que la
à le foi., ou

avait porté

deux

avait mangé

des

fruits,

des racines

doubles.

On ne distinguait que l'a1neBBe

pas les vraiB

des faux jumeaux. qui est venu

Le

Dr.

RANAIVO affirme

eBt accordée

à celui

au monqu'il nom

de le premier, le dernier expulsé étant le cadet (3).

Nous pensonB
qu'un

doit y avoir souvent de~ exceptionB à cette règle du fait du placenta, dit "ahitra. herbe"

autre

est

".&SIs!!l.-.i!!l!.,

est expulséaprès lui.
pour "sorciers,

Si des jumeaux sont de se"
car "il ne sied

a1né de l'enfant"car il opposé, on les tient
et il une soeur

mDamosavv"

pas à un frire

de "cohabiterdans la mdme pièce dix mois durant
étaient immédiatement Les rapporte triplés supprimés.

I" (4).

Autrefois,

ils

(ou

plus)

étaient
avait qui

bien acceptés
institué une au

en lmerina
prime de trois la trois

et l'on
piastres ou

qu'Andrianampoinimerina

et
plus

une

vache
(S). Cet

lai tière événement

aux

fe_s

mettaient

monde 1892

enfants

était

assez

rare pour

qu'en

reine

se fit et

présenter 1eur avait

une femme fait

et les trois (6).

filles

qu'elle

avait mises

au monde

des cadeaux

danB la région de Mananjary. Le des postes d'accouchement et des maternités où sont des listes d'attente de familles mérina, tanale et betsimisaraka, désireuses d'adopter des snfants et qui recueillent les jumeaux aussitOt après leur naissance. (2) D'après le Journal officiel de Madagascar du 20 mai 1897. in : --Ethnoaraphie, II, p. 267, notule (3) RANAIVO,
Par exemple, chez les Tambahoaka,

(1)

coutume

est adoucie du fait

(4) Ibid. V. pour
(5)

p. 30.

c.

certains

Sakalava, HIlBERT,
et _ociales.

SaDdraJI&oatsy.., p. 33.
Il, p. 91.

JULIEN, Institutions (6) RANAIVO, p. 30.

politiaues

37

- lA

-----

NAISSANCE

-

Au moment présentes serait doivent

de la naissance, la tête

sauf

la sage-femme,

toutes

les femmes ce sorti

détourner

pour ne pas regarder

l'enfant:

lui nuire et l'on attend son premier du nombre l'enfant
quand court le

pour le voir qu'il le nombre de noeuds

soit complètement

et ait poussé serait présage

cri.

(s'il y en a) du cordon

de cadets est sorti,
sang avec

à venir

de l'enfant. lui dégage
dans Un le

Quand
son est doigt, ligaturé de puis,

la matrone
de du le battre

la bouche
cordon,

avec

a cessé du filou puis Le

celui-ci à la

assez

raphia.

premier vers

lien les

hauteur un second

l'appendice à la les hauteur deux

xyphoide, des liens. genoux. Le

cordon est

rabattu alors

jambes, à mi-dis-

cordon couteau,

sectionné un

tance

entre

petit

~
placé est

(autrefois

éclat

de

bambou
sert pour

tranchant

(1), encore
le au cordon frais. est Le

employé

parfois

sur la cOte orientale)
près reçu d'une de cruche la moëlle

qui
à eau de

à trancher qu'il soit

préalablement sang qui coule

sur

papyrus l'enfant

(~-j~),
est

comme

d'usage

et l'on y essuie
tiède,

aussi

le couteau.
de graisse.

sommairement

frotté

à l'eau

ensuite

enduit

Il reçoit la langue,

une marque

de sang sur le front pour qu'il

et un petit

cristal

de sel sur

cela respectivement Puis le nouveau-né

soit courageux sorte béni

et riche. par la praticienne

est en quelque

en ces termes:
"Salut, Obtiens prospère, la justice sois des bon, vis longtemps,

puissances

Ne sois pas la proie Ni des oiseaux.
Acquiers Bénédiction la gloire" les

des milans

(2).

à laquelle

assistants

répondent

à peu

près

dans

les

mêmes

termes.
-Accidents:
En extra-maritales enterré l'enfant, au sud qui cas d'enfant de de avait la la mère, maison. causé sa mort-né, le ce qui comme était en attribué CBS IB de à des relations était couches,

corps,

fausse-couche, mourait elle. en

Si, mort.

à l'inverse, était

mère avec

enterré

(1)

VILL:TTE,

p.

97

; CAMBOUE,

p.

381.

(2) RANAIVD, p.

30.

38

-

La délivrance:
A la campagne, le. placenta, Dorm~lement, de terre, est enterré soit à deux au

pas de la porte ras du mur est.
tapissé ne de

à l'intérieur

des cases

soit à. l'extérieur

Le trou est d'environ
Celui ni qui à part gauche avec

SO cm de profondeur
l'arrière-faix droit devant

et le fond en est
impérativement que l'enfant

pierres. ni

doit lui

regarder

à droite

mais

pour

ne louche

pas, et déposer et rebouche

son fardeau avec

dans le trou.

Il met de grosses de toutes

pier-

res par-dessus de maladies

de la terre.

Par crainte aucun

sortes chien

ou même

de mort,

il ne faut qu'en

cas un animal,

particulièrement,
Autrefois, pas des suffisamment fumigations et

ne lèche
si la on

le sang ni le placenta
sage-femme lui faisait de estimait subir, l'eau que

(1).
la parturiente sur un n'avait à riz,

saigné, vaginales dans

assise sur une

mortier

en le

versant du

pierre

préalablement

chauffée

placée

creux

mortier

(2).

La rétribution consistait
centimes,

de la sage-femme en une coupure
aiguille.

n'était de monnaie

pas très élevée équivalent

car elle

théoriquement
et une grosse

à trente

"Ces

six

sous,

en

malgache,

s'appellent

"lasirav"

mot

à mot

(lli.

El

irav)

un cOté

plus

un, ou mieux

encore

la moitié comme

plus

un (...). Ces la mère et (0,20 F),

six sous auraient l'enfant, et l'enfant
l'aiguille importante risquer somme maladies de

donc pu, primitivement étant symbolisée

représenter monétaire

la première

par l'unité Note:

par les deux sous ajoutés.
et des trente centimes d'offrir devenir aussi était

En tous cas le don de
comme chose fort c'était payer la de

considéré

(...)."Oublier voir l'enfant devait (5).

l'aiguille aveugle sur (3)

traditionnelle, (...) Ne pas

convenue (4)".

attirer

l'enfant

toutes

sortes

De nos jours, femmes
d'un

ces usages plus

se perdent, officiel
supérieurs qui

et l'on rétribue qui admet
à ceux

les sages-

selon

un barème
autorise des

ou moins

que la naissance
pour une par fille, la

garçon

des repas

honoraires et des

versés

indépendamment famille.

cadeaux

peuvent

être

offerts

(1)

"Si

c'était un si p.

un

boeuf,

cela un n.

devait dans il et

donner la devait

à l'enfant parlerait avoir 43) la

la jambe

syphilis; à tort et à raide".

si

c'était travers; (fI!ONDAIN, (2) (3) RANAIVO, "kY

mouton, c'était p.

l'enfant, 39 70

suite,

cheval,

k£.
48.

RANAIVO,p.

manome

faniaitre

(4)

!W

renin-jaza

mahaiamba

zaza".

"~ manome~!W ~-j~, ma/';arofv zaza". (5) MONDAIN, Raketaka, p. 28 et n. 37.
39

Autrefois, leur maison (1) chez

les leur

femmes mère

mérina ou chez

allaient une

souvent

accoucher

hors quand

de la

parente.

Aujourd'hui,

naissance

n'a pas lieu

dans une maternité

ou un poste

d'accouchement,

elle

se fait à la maison.
La réclusion Une foyer un et on sorte oost-natale de loge kombv nattes ou (ou : d'alcôve couverte est (2) de boue dressée ). Ce mêlée qui de à l'est ressemble bouse, du à enser-

l'appelle fait de

autrefoiskomov et lutées

baldaquin

cousues

re les trois bas. C'est
en

cOtés

nord,

est et sud du lit et lui constitue le nouveau-né
pour tenir une en qu'elle sans

un ciel assez dans une coupendant la maison est instalà la puerpuéles

là que reposent
guise où elle de lamba, doit pièces s'y

et sa mère,
transpire presque

enroulée

verture huit

abondamment sortir. Quand la y est

jours

comporte lée fois dans pour

plusieurs une chambre

dont

cuisine kombv

extérieure, et (pia) un et feu

femme

transformée tranchées

entretenu, la fièvre

éviter

les

utérines

surtout

rale (~),
anQatra,

et pour écarter les revenants ou esprits malfaisants
qui peuvent vulnérables. cas, quand le lit est assez littéralement
"moifana" du cOté les est,

(~,
sont

zavatra)

rôder

pendant

ces jours

où les @tres

particulièrement "Dans certains

élevé,

on place

même

le foyer

sous lui, au risque
La patiente Au est pied

d'enfumer

la malade
(celle on

et son rejeton.
se tient des au

d'ailleurs du lit et

appelée le long

qui avait esprits"

chaud). plantes

placé

épineuses Comme

destinées les sont pendant

à écarter GRANDIDIER:

mauvais

(3).

l'écrivent l'enfant pouvant

"La

mère

et ne

littéralement ce temps

cuits sortir de

et

enfumés étuve"

pendant (4).

huit

jours,

cette

Il s'agit
(Annam, exposées avec des Cambodge, à un feu

là d'une
Siam, ou

coutume
Birmanie, placées

répandue
Malàsie, sur un

dans toute
etc.) figurant où

l'Asie les une

du

sud-est sont de gril

Laos, latéral dessous

femmes sorte

lit

charbons

(5).

(1) GRANDIDIER, (2) GRANDIDIER,

G., A MadaQascar, p. 189. EthnoQraohie, Il, p. 259, n. 3. En swahili,

Kumbi

:

"Appartement de réclusion, préparés à la circQncision

souvent hutte, (...), où les enfants sont et finalement circoncis" (SACL£UX~ .J2isi.

Sw.-Fr.,
(3)

p. 448).
Raketaka,
p. 259,

MONDAIN, GRANDIDIER, !bid.,

p. 28.
Il, a. Cf. p. aussi 280. ENGELMANN & RODET,££. £it.

(4)
(5)

EthnoQraohie, notule

40

LEVI-STRAUSS

explique

parfùitement

ces

usages:

"On fait

"cuire"

les individus nouveau-né, social avec

intensément accouchée la nature

engûgés

déms un processus d'un par la charge
humain fois,

physiologique: membre du groupe

(...).

La conjonction

doit être médiatisée normalement
du consommateur tout

l'intervention
de et cuit médiatiser donc et par

du feu de cuisine,
la conjonction duquel du

à qui revient
produit cru et

l'opération (1.). comme le feu

un

être

naturel

est,

à la

socialisé" part, avec

D'autre pour incompatible

le de

remarque cuisine

ce (2),

théoricien la nouvelle

qui

tient

le

bruit (mpi-

accouchée

~,

de la racine~, sa période

chaleur) de réclusion:

est tenue

au silence

et à l'obscurité

pendant

"Devant
et pour

le lit, on entretient
favoriser utérines) l'écoulement sans cette

un feu continuel,
du sang, qui On

pour chauffer
des le

la pièce
(tran-

produirait sur

~

chées

précaution.

étend

mûtelas

une

natte parler

neuve

et très fine et la femme possible.

est couchée

dessus.

Elle

doit

le moins

Les fenêtres susceptibles

sont fermées de laisser de vache"

hermétiquement, un filet de

et tous lumière

les interstices sont obstrués

passer (3).

avec

de la bouse

Elle reçoit une nourriture ûbondante de riz appelé "~-j~, remplaçant de l'enfant", destinée à remplir en elle le vide laissé par la
naissance, cuites ainsi que du bouillon dteau, de~, crevettes d'eau douce séchées,

dans beaucoup du bouillon Si la femme

qui ont la réputation des~, mais

de provoquer

une abondante verts.

lûctation,

de poulet, peut

pas de légumes pour manger

se lever

et se redresser

et pour

ûllaiter, le plus

il lui est recommandé possible pour

de se coucher

sur le côté,

de se pelotonner

"éviter

un coup de froid,
les os qui ont

pour maintenir
été écartés

l'utérus
par le

en place
de

et pour
(4).

rapprocher

passage

l'enfant"

(1) (3)

LEVI-STRAUSS, RANAIVO, p.

Le 51.

cru

et

le

cuit,

p.

342.

(2)~.,
(4) ~.,

p. 299.
p. 52. Voir aussi VILLETTE, p. 194.

41

Nous sous un destin

ne

reviendrons comme

pas

sur

le

cas

des

enfants

qui, ou

jadis,

nés à des

"fort"

Alakaosy,

étaient

supprimés

exposés

sortes

d'ordalies

où ils risquaient qu'ils avaient

leur perdu

vie et qui, s'ils leur pouvoir

en sortaient Les eninquiétanaussi pas; ou

indemnes, fants

montraient

dangereux.

nés en Asorotany, exorcisés

beaucoup

moins

chargés

de potentialités

tes étaient

par des moyens de leur destin: enfant

moins

aléatoires

et recevaient

des noms révélateurs tout dit. simplement Il en était

rsimaniho, etc.,

qu~ ne contrarie comme

Z~nakolona, de même

d'homme, (1).

nous l'avons

déjà

pour Alahamady le jeune mérina

A la naiss3nce, bras repliés
quième te mois

est emmailloté

très serré, vers
se mère

les

en croix
(2). et Ce ne

sur la poitrine
dans l'étuve attendre

et le demeurera
constituée la montée du par

jusque
le kombv de sa

le cindéshydrasans

bébé,

rapidement

pourrait

lait

recevoir

de liquide.

On lui donne

de l'eau

bouillie

contenant

ou non du c'est
tout

lait condensé
plutôt premiers une

(3). Naguère,
qui qui

at encore
qui du

aujourd'hui
donner ce qui le lui

dans les campagnes,
sein donne pendant droit les non

voisine et

allaite "prête

vient

jours

lait",

seulement

à participer ceaux

aux repas

de la famille,

mais

à recevoir

les meilleurs momentanément

morprivés

de poulet

ou de boeuf

pour elle et ses enfants et cette consommation

de son lait. té telle

Ce nourrissage constituent nourri

de lait créent dirimant

une parenau mariage tem-

qu'ils

par la suite

un empêchement de sexe opposé son bébé.
et on

de l'enfant poraira.

ainsi

et des enfants la mère

de la nourrice

Dès qu'elle
Quand le

le peut,

allaite

cordon ce

ombilical

est

desséché idiot,

tombe, le met

pour dans

éviter une poi-

qu'il

ne s'énare,

qui. rund:':'iJ:.t 'enfant l

gnée d'~erbeverte
prospérité

et on le fait manger

à un boeuf,

ce qui fera obtenir

la

à l'enfant.

(1)

Cela BBS ou

pouvait bras, porté avait

être le des mangé

da

a~

fait du

que

la

future un ou de

mère

avait né pris en un

tenu balai,

dans ou

sans

savoir cendres une

évidemment, foyer, jumelle racine

enfant avait manioc

Alakaosy, Raketaka,

avait

encore

(MONDAIN,

p. 30). (2) MARX, p. 13. (3) Cette pratique,

inconcevable il y a cinquante ans où l'on ne pouvait penser nourrir un bébé avec du lait d'animal (cf. MONDAIN, Raketaka, p. 44 n. 75) est tout à fait entrée dans les moe!J£'s, m@me si l'hygiène des biberons n'est pas pleinement satisfaisante.

42

-

lE HUITIEME JOUR ET lA SORTIE DU KOMBY -------------------------------------Pendant les huit jours qui suivent

la naissance de l'enfant, on

s'efforce

de ne rien changer

de place

dans la maison. où elle s'est

De même rétablie

que la mère dans le silenfaite
cherche Plutôt

est restée. recroquevillée ce et la pénombre, la venue
à

sur la natte évité

ona

de modifier

l'état

des lieux où s'est
l'~me à le qui fûirè.

au monde
et

du bébé,

comme

pour ne pas effaroucher
pas encore bien décidée

s'incarner

n'est

peut-être

que de déplacer à des parents

un ustensile

laissé

dans la maison,

on préfère

l'emprunter ou d'un outil l'accord

OÛ à das voisins.

Si le déplacement

d'un meuble

est indispensable, de la mère vraiment pour

il faut en trouver

un de remplacement et expliquer

at obtenir

procéder

à la substitution

qua l'on ne peut

pas faire autrement. le huitième jour, le soleil bien haut dans le ciel, cesser par l'eau il est d'usage ou

de baigner l'enfumage leurs,

le bébé et sa mère qu'ils avaient

et de faire depuis

la cuisson

endurés

la naissance.

l'opération,

d'ail-

se fait avec de l'eau (médiatisé

chauffée

sur le feu de cuisine et tempérée

qui intervient à l'eau froide cuit du

à nouveau

par l'e3u

et la marmite),

(1). On ne prend poisson d'herbe à cause
des at

évidemment

p3S de l'eau

dans un chaudron du bain,

où aurait

par crainte ariandro

de la lèpre,

et, à l'eau

on ajoute

une poignée Composées) le bébé

(Pterocau~on

Boieri.Bak., le jour",
encore

ou laqqera~, et qui devrait
engourdie de sa

S.B., préserver
longue

du nom signifiant
malignes. et la

"créé
la mère,

influences de sa

immobilité tour reprela premi-

réclusion et

qu'une

parente l'essuyait ses

aidait, et la

s'ablutionnûit frictionnait et se préparait

à son (2). Elle

soigneusement nait ensuite

parente

progressivement

occupations

pour

ère sortie

publique. le jour pour cette sortie
pour

a été conseillé
son

par le mpisikidv
et effectuer

consans

sulté

sur

l'avenir

du

bébé,

c:.onnaltre

horoscope

attendre

les exorcismes Au jour fixé,

recommandés un cortège

et accomplir

les

~

propitiatoires. préde

se forme comptant objets
moins

tous les membres avec le sexe
c'est un

sents

de la famille
sabre,

portant

différents
ou au

en rapport
une hache si

l'enfant:

sagaie,

fusil,

garçon

(1)

mi tamppka "Mandr0.!:!:!!lE.W (chaude) non tempérée fait p. 49, femme n. 91). n'est frottée que à

~
augmenter par
deux.

aretina,
les

se baigner

d,ms de l'eau
Raketaka.

maladies"

(MONDAIN,

(2)

la

une

seule

personne.

Ce

sont

les

cadavres

que l'on frotte

43

un couteau instruments autrefois, traversait
Il se

de métier utilisés après

à tisser,

une navette

de tisserande, une fille

un fuseau

ou des

par les femmes

si c'est

(1). Le cortège,

avoir

fait sept fois la mère
à b:::::uf",

le tour de la case o~ est le komqy, son bébé dans
jL.;sq!J'à la

le village,
aL! pex:::

portant
et

ses bras
porte du

(mitrotro).
village,

rendait

poussait

puis

sur le place où il s'arr@talt. le front
village

Le père

prenait

alors

de la poussière compté
en occa-

du sol et en frottait
parmi rapport les habitants la du

de l'enfant.
et surtout, levés.

Désormais,
tous les et

le bébé était

interdits c'est

collectifs une

avec

naissance

étaient

C'était

encore,

sion

de joie,

de musique

et de danse

que ces relevailles

et la réintégration cependant quelvoir

de la femme ques usages

dans la collectivité impératifs surtout

villageoise.

Il subsistait

pour le bébé et sa mère,

que nous allons

bientôt.

En ville, vont faire, parés
par les

les parents,

après

le bain et la toilette vBtements,
et

de la mère, en
leur

de leurs

plus beaux

le tour
maternels

de la parenté,
pour présenter

commençant bébé et

grands-parents et

paternels cadeE'
JX.

rec! loir

compliments

LA PRIME ENFANCE
"Pendant mère, il la première en enfance, contact l'enfant le corps mérina vit en le symbiose jour avec sa

vivra

avec

maternaI,

étant

serré

contre

elle

dan~ son lamba,

la nuit en partageant de reprendre

le lit de ses parents sexuels sitôt

qu'aucune

presciption
cC'I"::hs,,"

n'empêche

les rapports

la fin
Si
est posé sur

c'3S le
une

(7'
pOLlX

mère

doi.t,

une raison
des loques

quelconque
plus ou moins

s'en 3éparer,
fréquemment

l'enfant
lavées

couverture

ou

(3).

Il

est

veillé un~

en

qu";si-permanence une voisinp..

sinon On

per

sa de

mère, lui

du les

moins mouches,

par

sa

grand-mère,

parente,

éloigne

les

animaux garde

et l'on s'inquiète cesser

dès qu'il

pleure.

Le meilleur

moyen

pour

sa ce

de faire

ses larmes

ou ses cris de tétine.

est de lui donner Mais on évite

le sain,

qui le nourrit pleurer, "sauf

ou lui tient lieu dans les couches
concernant sont observées

de le laisser où las

occidentalisées
du une

de la population
et les

prescriptions diététiques

l'élevage avec

nourrisson bièn

recommandations du ritualisme

rigueur

proche

(0 GERPINIS,II, p. 59.
(2) MARt, Eléments, o. 13. (3) Ce n I était pas le cas autrefois:
"Ce serait aussi nuire à l'enfant que de laver trop vite les linges ou la natte qu'il aurait souillé de ses déjections (..,). On est trè~ heureux de voir le bébé vomir un peu de lait" (MONDAIN, Raketaka, p. ~7).

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