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La dynamisation des initiatives locales

De
134 pages
n’arrive cependant pas à enclencher un processus de développement généralisé : la moitié de sa population vit aujourd’hui encore dans des conditions de grande pauvreté. Ainsi, force est de constater que l’effort de coopération mis en oeuvre dans la Convention de Lomé, n’a pas atteint ses objectifs en matière de développement. Enfin, les échecs des modèles politiques de socialisme d’Etat sont encore plus dramatiques. C’est la raison pour laquelle il faut mener une réflexion politique en profondeur visant de nouveaux axes politiques de développement. La voie proposée ici est celle d’une mobilisation concertée, à travers la réalisation de programmes intégrés, d’initiatives au niveau local.
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LA DYNAMISATION DES INITIATIVES LOCALES: une force synergique de développement

@ L'Harmattan,

1997

ISBN: 2-7384-5456-9

José Antonio de Sequeira Carvalho

LA DYNAMISA TION DES INITIATIVES LOCALES: une force synergique de développement L'appui aux "Initiatives de Développement Local Intégré" : un axe complémentaire pour la politique de coopération de l'Union Européenne 1

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

1

Les opil/iol/s exprimées dalls ce travail SOllt persollllelles façol1 les illstitl/tiollS oÙ l'al/tel/r travaille.

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Du même auteur: Sistemas de gestêio empresarial, édition de l'Associaçêio dos Estudantes do Instituto SI/perior de Economia, Université Technique, Lisbonne, 1985.
A adesêio de Portugal CEE, uma opçêio historica, um imperativo de desenvolvimento, édition de l'Associaçêio dos Estudantes do Instituto Superior de Economia, Université Technique, Lisbonne, 1984.

Eureka-Programme Bolivar, lm nouveau paradigme pour la coopération technologique internationale, édition du Centre d'Etudes et Documentation Européenne, Instituto Superior de Economia et Gestêio, Université Technique, Lisbonne, 1992.

fi

ëlisabeth et $rédéric,

INTRODUCTION

La conception de cette étude s'inspire directement des idées et des propositions présentées dans un mémorandum sur la dimension locale du Marché Intérieur que le gouvernement portugais a adressé en 1994 au Conseil européen de Corfou au cours de la présidence grecque. L'objet de ce mémorandum est le développement des initiatives au niveau local en tant qu'axe important pour dynamiser la croissance et la création d'emplois dans le cadre du Marché Intérieur de l'Union Européenne. Nous pensons que le potentiel des perspectives politiques et opérationnelles avancées dans ce mémorandum nous permet d'apporter une contribution significative au renouveau des politiques et des instruments d'action de la coopération pour le développement. Néanmoins, cette transposition exige une nécessaire adaptation des concepts et du cadre instrumental qui y sont proposés au contexte spécifique des pays en développement. Le défi et les risques d'une telle transposition nous semblent de taille. Cependant, ces nouvelles perspectives représentent un apport positif pour le nécessaire renouveau des paradigmes politiques et des instruments de la coopération au développement. Le premier chapitre présente une évaluation globale du bilan 9

LA DYNAMISATlON

DES INITIATIVES LOCALES

insuffisant des politiques de coopération pour le développement menées par les bailleurs de fonds en Afrique. Un continent dont le développement est actuellement considéré comme bloqué, où les échecs des politiques et des instruments traditionnels de développement apparaissent avec plus d'évidence. A partir de ce bilan global, nous avons analysé, dans le deuxième chapitre, les facteurs qui ont empêché la réussite des politiques de développement axées sur la dimension locale et poursuivies au cours des vingt dernières années, à la fois par les pays en développement eux-mêmes et par les bailleurs de fonds. Le troisième chapitre esquisse les lignes d'orientation pour la définition d'une approche communautaire visant à promouvoir les initiativesde développement local dans les pays en développement. Une approche qui, pour avoir un véritable effet en profondeur de dynamisation des structures socio-économiques au niveau local, devra être intégrée. De cette façon, elle pourra mobiliser d'une façon effective et synergique tous les facteurs externes et tous les acteurs endogènes de développement capables de susciter l'enclenchement de processus effectifs et durables de développement au niveau local. Dans le quatrième chapitre, nous présentons les principales caractéristiques du cadre instrumental d'action que nous avons élaboré pour rendre opérationnelles les perspectives politiques esquissées dans les chapitres précédents: les initiatives de développement local intégré. La pertinence et l'actualité de cette étude résident dans le fait que l'on prenne conscience aujourd'hui des limites à la fois des politiques d'ajustement structurel et des approches sectorielles 10

LA DYNAMISA nON DES INITIATIVES LOCALES

et "top-down". Ces limitesempêchent l'enclenchement de véritables processus de croissance économique dans les pays en développement à travers la nécessaire mobilisation des acteurs économiques et sociaux les plus capables de conduire et de dynamiser ces mêmes processus. Par ailleurs, au niveau de la politique de coopération de l'VE, la priorité accordée aux trois "Cs" (complémentarité, cohérence, coordination, en tant que principes de gestion institutionnelle de cette même politique consignés dans le Titre XVII du traité de l'Union) doit commencer à produire de véritables effets catalyseurs sur l'efficacité de son aide. Mais pour cela, cette priorité doit nécessairement être accompagnée par la conception et la mise en oeuvre de politiques concrètes de développement ayant un haut niveau de qualité et d'adaptation par rapport aux contextes et aux besoins de développement des pays. Tel me semble être le cas des "initiatives de développement local intégré" dont la mise en oeuvre est préconisée dans l'étude que nous avons réalisée.

Il

I. L'UNION EUROPEENNE ET L'AFRIQUE SUBSAHARIENNE, QUELLE COOPERATION

POUR QUEL DEVELOPPEMENT?

2

Un bi/an insuffisant Le début des années 60, en ce qui concerne l'Afrique subsaharienne, est caractérisé par ce que certains spécialistes ont qualifié "d'afrooptimisme", qu'ils opposent à "l'asia-pessimisme". Alors que l'Asie, confrontée à des problèmes multiples et quasi insolubles (surpopulation dans les zones rurales, problèmes fonciers et misère des paysans pauvres, famines à répétition...) semblait condamnée à la misère, les africains, libérés du colonialisme, voyaient leur avenir avec optimisme et beaucoup d'occidentaux, constatant que la plupart des pays africains connaissaient effectivement un début de développement, partageaient ce sentiment. Nul ne prévoyait alors qu'après les "trentes glorieuses" nous allions entrer dans une crise dont nous ne sommes toujours pas sortis. La perspective générale, s'appuyant sur la croissance continue de l'économie mondiale, tablait sur un développement généralisé. Certes, selon les régions du globe, les régimes politiques, les systèmes économiques... les

2

Le contenu de ce chapitre est le fruit d'une réflexion commune menée avec M. Michel
GAULT en 1994.

13

LA DYNAMISA nON DES INITIATIVES LOCALES

fruits de cette croissance étaient très inégalement répartis, parfois les populations n'y avaient accès que de façon très indirecte et les "colonialismes" traditionnels étaient remplacés par des formes de colonialismeéconomique plus subtiles et indirectes, mais non moins efficaces.Il n'en reste pas moins que, globalement, on assistait à un processus de développement qui touchait même l'Amérique Latine et dont il semblait que l'Afrique noire devait bénéficier de façon prioritaire. C'est donc à contre-courant que, seul ou presque, René Dumont faisait alors une analyse très différente et publiait sous un titre, qui s'est révélé prophétique, son livre "L'Afrique noire est mal partie" . Aujourd'hui, on constate que si certains pays asiatiques sont dans des situations quasi africaines (Birmanie, Bangladesh, péninsule indochinoise ...), beaucoup d'autres ont connu une croissance spectaculaire, ont réussi leur "révolution verte" et développé une industrie manufacturière produisant des produits exportés dans le monde entier, alors que trouver un produit manufacturé africain hors d'Afrique relève de l'exploit. La comparaison entre la Côte d'Ivoire et la Thailande est significative car il s'agit de deux pays tropicaux disposant à peu près des mêmes ressources naturelles. On doit rappeler que dans les années 60 on parlait de "miracle ivoirien". Dans les années 70, les taux de croissance ivoiriens - qui étaient supérieurs aux taux de croissance thaîs dans les années 60 - leur sont devenus inférieurs et, dans les années 80, on peut parler de catastrophe ivoirienne, alors que la Thaîlande connaît un boom extraordinaire (50% d'accroissement de son PNB en quatre ans!) malgré une situation politique troublée. On est bien obligé de constater que non seulement l'Afrique noire est mal partie, mais qu'elle semble même sombrer dans un processus de déclin irréversible ponctué par des catastrophes (sécheresse, famine, guerres ethniques, sida) qui laissent la 14

LA DYNAMISA TION DES INITIATIVES LOCALES

communauté internationale comme paralysée par l'ampleur du désastre, ne sachant sur quelle priorité concentrer ses efforts. Dans le rapport qu'il a publié sous le titre "Pour une nouvelle alliance Afrique-Europe", le groupe NOBIL 3 recense sept types de difficultés auxquelles l'Afrique noire est confrontée, dont les effets se conjuguent pour expliquer la situation catastrophique actuelle et qui doivent donc être pris en compte simultanément: économie ravagée, explosion démographique, carences majeures en matière sociale, dégradation continue de l'environnement, mauvaise administration, large état de non-droit, nombreuses incertitudes en matière internationale. L'ensemble des indicateurs soulignent la gravité dramatique de la situation. Le produit intérieur brut et la production par tête diminuent d'année en année dans un grand nombre d'Etats africains au cours des 20 dernières années. Sur les 46 pays pour lesquels des statistiques sont disponibles, un rapport de la Banque mondiale en date du 14 avril 1994 souligne que, pendant la dernière décennie, 28 ont vu leur PNB par tête d'habitant décliner. La Banque Mondiale évalue par ailleurs, d'ici 2003, le coût économique du sida à 0,6% de croissance annuelle en moins pour les 10 pays qui souffrent le plus de la pandémie. Globalement, la part de l'Afrique dans le commerce mondial a régressé de 2,4% en 1970 à 1,7% en

3

Le groupe NOBIL rassemblc des chercheurs et spécialistes de diflërcntes disciplines qui

se sont réunis dc 1989 à 1991, sous la houlette de Pierre PIGANIOL pour tirer des conclusions de l'échec dcs stratégies de développcmcnt Nord-Sud au cours des précédentesdécennieset élaborer des pistes nouvelles pour une coopération renouvclée entre l'Afrique ct l'Europe. IS