//img.uscri.be/pth/ab8b7b371a94d69a2ff1aeb98093e06da46c140d
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 11,21 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

La Grèce face à l'Europe

De
184 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 173
EAN13 : 9782296244368
Signaler un abus

LA GRÈCE FACE A L'EUROPE Dépendance et industrialisation truquée

Collection «Logiques économiques»
Parus dans la même collection: ZARIFIAN P., PALLOIS C, «La Société post-économique: esquisse d'une société alternative », 148 p., 1988. DUMEZ H., JEUNEMAITRE A., «Diriger l'économie: l'état des prix en France (1936-1986) », 263 p., 1989. DU TERTRE
approche

C, « Technologie,

sectorielle

flexibilité, emploi, une du post-taylorisme », 328 p., 1989.

MARCO L., «La montée des faillites en France: xxe siècles », 192 p., 1989. GRaU P., «Les multinationales socialistes 1990 ».

XIXe-

DUTHIL G., «Les entreprises crédit », 1990.

face à l'encadrement

du

Sophie BOUTILLIER Dimitri UZUNIDIS

LA GRÈCE FACE A L'EUROPE

Dépendance et industrialisation truquée

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 PARIS

@ L'Harmattan, 1991 ISBN: 2-7384-1068-5

LA GRÈCE

'TURQUIE'

~o

@

,,",
MER MEDITERRANÉE

......

.....

,,,,"0.,
N

A .,,-'

u, """."""..,

-t
"a

km

.... C""""".. "O'.'lA'oeo,

Source: Atlas Eco, Paris.

A Antigone

INTRODUCTION

« Aucun problème, jamais, ne se laisse enfermer dans un seul cadre. »

F. Braudel, Ecrits sur l'histoire, Coll. Champs, Flammarion, Paris, 1969, page.29.

L'étude de l'évolution des structures des pays moins avancés ou en développement - comme des pays industriels - est inséparable de celle de leur histoire, qui doit être replacée dans le contexte élargi de l'économie mondiale qui les contient. Cet ouvrage n'est pas un manuel sur l'économie et la société grecque contemporaines. Notre but est d'essayer de mettre en évidence les caractéristiques du processus de développement de la Grèce, le tout replacé dans le cadre des rapports de force entre nations. Ceci pour montrer à l'aide d'un exemple particulier comment un pays s'est trouvé inséré dans l'économie mondiale sous la contrainte politicoéconomique exercée par les grands pays, et comment les conditions historiques ont à leur tour enfermé ce pays dans ce que nous appelons le cercle vicieux de la dépendance. Nous allons montrer comment ont évolué les structures productives de la Grèce depuis le milieu du XIXesiècle, date de la création de l'Etat national grec, 7

jusqu'à nos jours. L'indépendance vis-à-vis de l'empire ottoman toutefois ne fut pas pour la Grèce synonyme d'indépendance. Les grandes puissances de l'époque en particulier la France et la Grande-Bretagne - qui l'assistèrent dans sa guerre d'indépendance se sont rapidement imposées sur les plans politique et économique au point de prendre en main son destin. Les activités capitalistes ne sont pas apparues en Grèce avec l'indépendance politique. Bien avant cette période, la bourgeoisie grecque s'était imposée en développant des activités commerçantes, tissant de cette manière de solides liens avec les puissances dominantes, délaissant l'industrie trop incertaine pour la rentabilité du capital investi. Une fois l'indépendance acquise, elle ne se montra pas plus intéressée par les activités industrielles, qui se développèrent, timidement, principalement grâce aux capitaux d'entrepreneurs étrangers. Les faibles capacités productives, mais aussi scientifiques et techniques de la Grèce moderne sont liées à ces habitudes antiproductives, et proviennent de la dépendance de la bourgeoisie grecque vis-à-vis des pays industriels les plus avancés. Plutôt que d'édifier une industrre nationale des biens d'équipement, coûteuse en temps et en capitaux, on opta pour l'importation de produits «prêts à l'emploi» ou pour l'investissement étranger. Le renforcement de la dépendance, suite à l'intégration passive du pays dans l'espace économique et politique de la Communauté économique européenne, renforcé par le renoncement de la bourgeoisie nationale à développet; les capacités productives du pays, fait que tout effort (étatique ou privé) de promotion de l'innovation nationale est rendu caduc par l'état d'asservissement économique du pays. Le cercle vicieux de la dépendance économique condamne par avance tout effort national visant à développer et valoriser les ressources scientifiques et techniques nationales. La crise économique renforce cet état de dépendance et favorise la décomposition du système industriel du pays. Les entreprises multinationales investissent ou n'investissent pas en fonction de leurs préoccupations 8

propres. D'un autre côté, les grandes entreprises de pays, publiques ou privées, se restructurent et multiplient les licenciements. Les petites entreprises pour leur part augmentent en nombre et emploient une partie de plus en plus importante de la population industrielle du pays. Mais, dénuées pour la plupart de moyens de financement, elles sont maintenues dans un état de sous-développement technologique et productif. Pour contourner ce handicap, le petit entrepreneur fleurette avec l'économie parallèle. L'Etat, dans ce contexte de crise, se voit lesté d'une bonne partie de ces recettes. Or, la défaite de l'Etat face à la crise justifie aussi le développement de l'économie parallèle, laquelle n'est pas toutefois strictement l'apanage du secteur traditionnel mais se présente comme un mécanisme fondamental du fonctionnement de l'économie grecque moderne. Les formes et l'organisation de l'économie parallèle diffèrent entre le secteur moderne et le secteur traditionnel. Mais, elle demeure un rouage économique essentiel pour le secteur traditionnel en lui permettant de survivre, et pour le secteur moderne en lui permettant de se développer. Dans le chapitre l, nous donnerons au lecteur quelques points de repère historiques, économiques et sociologiques. Nous considérons, en effet, l'histoire comme un instrument essentiel tout à fait indispensable pour comprendre le présent. Donner quelques éléments sur les conditions de la formation du nouvel Etat national grec à la fin du XIXesiècle (section I), nous permettra de montrer comment se constitua progressivement le cadre institutionnel de la dépendance économique et politique. Nous pourrons mettre de cette manière en relief le rôle joué par les nations dominantes. Ces dernières ont façonné selon leurs intérêts propres les contours politiques et économiques de ce nouvel Etat national. La mise en branle du processus d'industrialisation a par conséquent été biaisée par cet état de dépendance (section II). Les structures économiques et plus particulièrement industrielles de la Grèce moderne portent cette empreinte indélébile (section III): un système industriel dual, composé de 9

deux groupes d'unités productives, les unes modernes tournées de façon prioritaire vers le marché mondial, les autres traditionnelles tournées vers les marchés locaux. Dans le chapitre II, nous montrerons comment ce processus de dépendance a été nourri par une politique industrielle qui se réduisait à favoriser l'investissement étranger. L'intégration du pays dans la Communauté européenne a conduit à une sorte d'institutionnalisation de la dépendance, officialisant une situation de fait sans être à son origine. Ceci en dépit (ou à cause) de l'action - timide - de l'Etat visant à mettre en place les bases d'un processus d'accumulation et de développement des capacités technologiques et scientifiques du pays (section I). L'investissement étranger demeure en effet la forme privilégiée de financement de l'économie grecque. La crise accentue cette situation, les industriels grecs n'hésitant pas à brader leurs entreprises aux multinationales qui sont intéressées par le marché grec. Ce qui tend à accroître davantage l'écart technologique et productif entre le secteur moderne et le secteur traditionnel (section II). L'intégration du pays dans la Communauté européenne ne renforce pas au sens pwpre cet état de dépendance, mais l'institutionnalise (section III). Dans le chapitre III, nous montrerons comment le dualisme économique, nourri par cet état de dépendance, se retrouve au niveau social. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le salariat se développe rapidement aux dépens du petit entreprenariat, se nourrissant du développement industriel et urbain, et porte avec lui un nouveau modèle de consommation (section I). La crise économique actuelle donna un coup d'arrêt à cette évolution en entraînant l'éclatement de l'activité productive et le (re)développement du petit entreprenariat au détriment du salariat. Le secteur moderne, directement dépendant du marché mondial, se décompose et se restructure en quête de nouveaux espaces de croissance; évolution qui se fait au détriment de l'emploi. Le secteur traditionnel, officiel et parallèle, absorbe ces travailleurs en surplus. Remettant en question des pratiques sociales et économiques établies 10

pendant la période de croissance, la crise favorise le développement d'activités économiques non comptabilisées officiellement, qui touchent à la fois le secteur moderne et le secteur traditionnel. Elle multiplie les obstacles à la reproduction du capitalisme grec, et conduit les agents économiques à rechercher de nouvelles structures et pratiques pour survivre ou pour se développer (section II).

11

CHAPITRE I
DES BALBUTIEMENTS
SECTION I: LES ORIGINES DE LA DÉPENDANCE
L'histoire de l'état national grec n'est âgée que de 150 ans, mais elle est riche en événements dont les séquelles sont encore apparentes aujourd'hui (conflit latent avec le voisin turc, conflit chypriote). Depuis le début du XIXesiècle, les guerres civiles, d'indépendance et mondiales marquèrent les grandes étapes de la construction d'un Etat national moderne. Les premiers sursauts du nationalisme grec, dès le début du XVIIIesiècle, coïncidèrent avec le renforcement d'une bourgeoisie commerçante grecque encore sous la domination ottomane. La flotte commerciale grecque s'accrut en nombre de bâtiments et en tonnage, et concurrença sérieusement, dès la fin du XIXesiècle, les flottes française et britannique. Le commerce entraîna dans son sillage les activités artisanales qui tentent alors - sans y parvenir vraiment - de s'émanciper de l'économie domestique: des compagnies d'artisans et de commerçants sont créées, les premières sociétés anonymes apparaissent... humus propice au développement élargi 13

ÉCONOMIQUES

de cette bourgeoisie montante, désireuse de contrôler politiquement l'espace géographique de ses ambitions mercantiles. La Grèce acquiert son indépendance face à l'empire ottoman à partir de 1821. Une fois l'indépendance politique acquise se posa la question de la formation du nouvel Etat national, et celle de son rôle économique et de sa politique économique face aux puissances étrangères qui avaient aidé à sa libération. Les capitaux étrangers, nous le verrons, alimentèrent une certaine effervescence économique, qui à son tour favorisa le développement d'une petite classe ouvrière, qui très rapidement sut se faire entendre du pouvoir. La paysannerie, pour sa part, se renforça progressivement en tant que classe sociale, en accueillant en son sein les réfugiés des régions libérées et les paysans sans ressources à qui un lot de terre fut attribué en guise de moyen de survie. L'Etat grec toutefois se révélera incapable de contrôler dans le cadre des frontières du pays la mise en valeur des richesses nationales. Il ne pourra définir une politique de développement économique relativement autonome vis-à-vis des intérêts étrangers. Les secteurs clés de l'économie et de l'industrie "restent tout ou partie contrôlée par des entreprises multinationales.

I. L'indépendance truquée
L'année 1821 marqua le début de la marche vers la formation de l'Etat national grec: une partie importante du pays est soustraite du joug ottoman, les premières structures politiques et administratives nationales voient le jour. La lutte nationale, toutefois, se double d'un conflit intérieur entre notables sur la direction de la lutte nationale en cours et sur la nature du nouvel Etat à créer. Un Etat-mosaïque se constitue: une série de gouvernements locaux apparaissent (1). Le premier gouvernement général, formé en janvier 1822, proclame l'indépendance du pays, mais ne peut enrayer le pouvoir des gouvernements locaux. Ce qui active 14

l'anarchie et les affrontements et constitue autant d'obstacles à la création d'un appareil administratif véritable. Progressivement, toutefois les choses se mettent en place. En 1827 le jeune Etat grec entreprit de faire le long apprentissage du métier d'administrateur public, en publiant des lois pour le développement de l'instruction publique, contre la piraterie, et pour l'organisation de l'administration. Pendant une brève période, les gouvernements se succèdent rapidement, républicains ou monarchiques, sur les détails desquels nous passerons. Quelques points de repère sont toutefois utiles à retenir. La dépendance politique et économique du pays a pris au cours des décennies de multiples formes, de l'occupation politique pure et simple à des relations plus subtiles de type économique, technologique, financier et commercial. La Grèce se libéra au prix d'autres liens de dépendance économique et politique vis-à-vis de la France, de la Grande-Bretagne, de la Prusse et de la Russie, les puissances dominantes de l'époque. La bourgeoisie grecque trouva en celles-ci un appui précieux pour se libérer de la domination ottomane. Conquise rapidement par les idées libérales et de la démocratie bourgeoise, que la révolution française avait contribué à faire circuler, elle applique sans les adapter à une société à la recherche de son identité, après 400 ans d'occupation ottomane, un mode d'organisation juridique et politique importé. L'appareil administratif et politique prend progressivement forme, tel un corps étranger: son rôle est moins d'administrer les affaires nationales que de gérer les intérêts économiques de quelques grandes familles bourgeoises tirant la légitimité de leur pouvoir des pays étrangers tutélaires.

Les années 1833-43furent celles de la « Xénocratie »
la plus aiguë, sans maquillage. Les Armansperg, d'origine prussienne, gouvernent le pays, et laissent leur empreinte indélébile dans l'administration. En 1833, la formation de l'appareil étatique fut confiée à un expert bavarois. Celui-ci élabora un système où le royaume grec était divisé en départements, provinces et municipalités. En 1836, ce système fut aboli au profit d'un 15

système très centralisé, dans le souci de contrôler l'appareil administratif jusqu'au dernier maillon (2). Mais, le contrôle exercé par les autorités politiques apparaît des plus relatifs. Les recettes politiques importées se greffent avec difficulté sur la société. La notion de légalité prend alors une tournure des plus étranges. A la fin du XIXesiècle, un diplomate français basé à Athènes écrivait à ce propos: « Il est admis aujourd'hui, nous ne savons pas trop pourquoi, qu'il y a deux Grèce, la Grèce officielle, la Grèce des fonctionnaires de tout ordre et de tout rang, et une autre que, faute de terme approprié, nous appellerons la Grèce privée; la première - selon les publicités - cumule tous les défauts; la deuxième toutes les vertus. (3) »

Des « relations de clientélisme» caractérisent, il est
vrai, les rapports Etat-société. Pour obtenir un permis de construire, une place dans un ministère, une pension de guerre, etc., il n'est pas déconseillé de faire appel aux bons offices d'un député ou d'un notable quelconque qui en retour ne demandera que votre voix lors des prochaines élections. S'appuyant d'abord sur les grandes familles du pays, le réseau des relations de clientélisme se restructure rapidement autour des partis politiques, avant la première guerre mondiale, malgré les efforts du premier ministre libéral Vénizélos visant à le détruire (4). Mais, le manque d'expérience des Grecs en la matière eut, en partie, raison, de ces tentatives de réformes, au demeurant très timides. Dès 1862, les idées libérales ont le vent en poupe. Le gouvernement de H. Trikoupis réorganise l'armée, l'administration et la justice, promulgue une loi sur les qualités requises des fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions. Le rôle administratif de l'Etat se double du même coup d'un rôle économique, en tant que commanditaire, client, et dans une moindre mesure entrepreneur. Malgré ces efforts visant à organiser un Etat national indépendant, la Grèce demeure toujours dépendante des grandes puissances. Pendant cette période, l'endettement du pays auprès des banques internationales grandit au point de le mettre en faillite. Après la guerre civile de 1946-49, la Grèce est reconstruite par les Etats-Unis. Aujourd'hui, membre de la 16

Communauté économique européenne, elle demeure très dépendante de l'extérieur sur les plans économique, financier, industriel et technologique.

II. Les premiers pas du capitalisme grec
Contrairement à d'autres jeunes Etats, comme ceux d'Amérique latine, de l'Inde, et d'Extrême-Orient, en Grèce, l'Etat est intervenu très tardivement et de manière timorée dans l'économie du pays. Il se limita à un rôle de gestionnaire des prêts obtenus auprès des banques internationales et des investisseurs étrangers. Les premières tentatives d'industrialisation sont par conséquent à mettre à l'actif de quelques entrepreneurs hardis, pénétrés par les idées libérales qui commencent à envahir l'Europe toute entière. Ce n'est qu'à partir des années 1880, que l'Etat entreprit - précautionneusement - de faire le difficile apprentissage du métier d'entrepreneur. Au cours des années précédentes, les discours et les déclarations d'intention en faveur de l'industrialisation et sur le rôle que l'Etat devait tenir en la matière n'ont certes pas manqué, mais les bons principes qu'ils contenaient ne furent jamais appliqués. Une première loi économique, portant sur les échanges commerciaux, fut votée en 1822 par la première Assemblée nationale, et resta valable jusqu'en 1920. Copie conforme du code du commerce français voté en 1807, elle délimitait le cadre des activités entreprenariales. En 1837, un décret royal donna des directives en faveur du développement de l'industrie. Mais ces textes et discours étaient souvent évasifs. Ils n'étaient pas encadrés par des directives de politique économique visant par exemple à protéger l'activité des petites entreprises pléthoriques du pays contre les importations de produits concurrents (politique de droits de douane par exemple). H. Trikoupis, premier ministre entre 1875 et 1895, passa aux actes en mettant sur pied une politique nationale de grands travaux publics. L'activité écono17

mique s'activa. Des routes sont construites, le réseau ferroviaire se développe, l'Isthme de Corinthe est percé, les ports sont aménagés. Le commerce extérieur s'impose comme la principale activité économique de la Grèce. Le montant de ses opérations passa de 70 drachmes or, par habitant en 1861-70 à 95 entre 1901-10. A partir de 1870, des technologies nouvelles (accroissement du nombre de navires à vapeur au détriment des voiliers) sont utilisées et le tonnage global de la flotte s'accroît (de 260 milles tonnes en 1875 à près d'un milliard de tonnes en 1915). Le commerce, à l'inverse de l'industrie, n'hésita pas à utiliser les technologies nouvelles. D'un autre côté, la superficie des terres cultivables augmente: de 70 000 hectares en 1860 à plus de 111000 hectares en 1911 et à 150000 hectares en 1927. Les frontières du jeune état national s'étendent progressivement, autorisant la mise en exploitation de terres nouvelles. Priorité est accordée aux cultures d'exportation (ex. raisins secs). Une politique de taxe à l'importation favorise le développement de l'industrie, qui attire à son tour les capitaux étrangers. Les taux d'intérêt élevés (entre 30 et 40 %), conséquence de la pénurie de capitaux, exercent aussi un effet d'attraction vis-à-vis des entrepreneurs étrangers. Dans la foulée, le secteur bancaire et celui du crédit se développent. Entre 1875 et 1907, les banques qui sont aujourd'hui les plus importantes du pays, voient le jour: la Banque nationale (1877), la Banque Ionienne, la Banque d'Epiro-Thessalie, la Banque de Crète, la Banque d'Attique, la Banque populaire et la Banque commerciale (1841). A partir des années 1870 jusqu'à la première guerre mondiale, un premier ensemble de mesures fut pris en faveur de l'industrie. En 1884, un nouveau régime réglementant les droits de douane fut voté. Des taxes très élevées étaient enfin dressées contre l'importation de produits que les entreprises du pays pouvaient fabriquer: vin, bière, peaux, vêtements, etc. Mais l'économie semble toujours demeurer à l'arrière-plan, car ce n'est qu'en 1910 que le ministère de l'économie est créé. Il concentrait les trois grands secteurs de l'éco18