LA LANGUE DU RÉCIT

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De quoi les récits sont-ils faits ? Qui est-ce qui raconte ? Pourquoi au passé simple, temps qu'on emploie si peu ailleurs ? Quelles différences entre fictions et histoire vraie ? Une synthèse claire et cohérente, illustrée d'exemples empruntés aux littératures anglaises et françaises.

Publié le : dimanche 1 octobre 2000
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EAN13 : 9782296369801
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LA LANGUE DU RÉCIT

Dans la même collection... Pierre Anglade - Inventaire étymologique des termes créoles des Caraïbes d'origine africaine Marc Arabyan - Le paragraphe narratif: Etude typographique et linguistique de la ponctuation textuelle dans les récits classiques et modernes Elisabeth Bautier, - Pratiques langagières, pratiques sociales: De la sociolinguistique à la sociologie du langage Fabienne Cuzin-Berche - Le management par les mots: sociolinguistique de la néologie Jacqueline Dahlem deux histoires Nouvelle-Calédonie, Pays kanak: Glossolalie: Etude

Un récit,

Nathalie Dubleumortier dans un culte pentecôtiste

Discours de la croyance

Claude Fintz (éd.) - La didactique du français dans l'enseignement supérieur: Bricolage ou rénovation? Roselyne Koren - Les enjeux éthiques de l'écriture de presse et la mise en mots du terrorisme Christian Lagarde - Conflits de langues, conflits de groupes: Les immigrés espagnols du Roussillon Daniel Laumesfeld - La Lorraine francique: Mosaïque culturelle et disssidence linguistique Fabienne Leconte - La famille et les langues: Une étude sociolinguistique de la deuxième génération de l'immigration africaine dans l'agglomération rouennaise Christian March - Le discours des mères martiniquaises: Diglossie et créolité, un point de vue sociolinguistique Dawn Marley - Parler catalan à Perpignan Anne Méténier et sémantique Le Black American English: Etude lexicologique

Pascal Singy - L'image du français en Suisse romande: Une étude sociolinguistique en Pays de Vaud André Wlodarczyk langues occidentales
@ L'Harmattan,

Politesse et personne:

Le japonais face aux

2000

-

ISBN:

2-7384-6937-X

«
SOU

s
S

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direction

n

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Arabyan

s

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René

Rivara

,

LA LANGUE DU RECIT
INTRODUCTION A LA NARRATOLOGIE ÉNONCIATIVE

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique F - 75005 PARIS- FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques MONTRÉAL - CANADA H2Y lK9 (Qc)

Il faut, par un effort d'eJprit, de traMporter daM ledperdonnagu, et non led attirer à dOi. Flaubert, Corrupondance Conard, 5e série, p. 257.

Le travail dur la forme daM le rOlnan revêt dèd lord une importance de prelnœr plan.

Michel Butor, Répertoire, p.8.

Avant-propos

À l'exception pouvait

du discours

indirect

libre qui, à toutes les ressources

les époques, que la langue avant

difficilement

passer inaperçu,

offre à la littérature le milieu du xxe linguistique, littéraires

n'ont guère attiré l'attention

des critiques

siècle. C'est seulement

dans les années 1950 que la comme la science des études nouveaux. des spéciaà susciter d'analyse

qui fut un certain temps considérée commença qui y cherchaient des instruments

pilote dans les sciences humaines, Encore faut-il préciser ration structuraliste listes de littérature. ral, la recherche ouvrage raIes»

que c'est surtout en tant qu'elle était d'inspia attiré l'attention

que la linguistique

Dans le domaine du roman et des récits en généMorphoLogie du conte), donna les plus connus G. Genette. sous-discipline le dit à juste titre naissance sont à un

d'une dtructure d&1récitd (qui inspirait déjà le célèbre ou de « structu-

de V. Propp, dont

courant de recherches qualifiées de « sémiotiques»
les représentants C. Brémond, A. Greimas, ont donné littéraire, T. Todorov,

R. Barthes,

Ces recherches de la critique C. Brémond

le jour à une nouvelle la narratoLogie. Comme

(1966, p. 60), ces études concernent en fait deux « secteurs» bien différents; le premier est la recherche des « Loilqui régildentL'univerd
raconté », c'est-à-dire des relations entre l'ensemble d'événements et d' « actants» qui donnent à un récit sa structure narrative et expliquent comment il évolue d'une situation initiale à une situation terminale. L'autre domaine concerne
«

L'anaLYde d&1 techniqu&1 de narra-

tion

»

et traite de problèmes

tels que les types de narrateur,

la con-

12

LA LANGUE DU RÉCIT

struction spective d'autrui,

d'une dimension », etc., les procédés

chronologique
«

essentielle

aux récits, la », «perdonner qualifié narde par et gé-

définition de ce qu'on appelait
accès à ce qui est inaccessible celle des personnages peut-être, d'« omniscient». Paradoxalement la «forme aux concepts nérative

point de vue », « regard un récit pouvait humaine,

par lesquels à l'expérience

la conscience

mis en jeu par un narrateur

c'est dans l'étude des techniques l'étude l'importance structuraliste a été soulignée ni de la grammaire

ratives que la linguistique

a exercé le moins d'influence:

des récits », dont de la linguistique théoriques

M. Butor (1960), n'a presque rien retiré du recours aux méthodes transformationnelle.

Malgré le rôle majeur qu'ont joué ces dans le développement l'étude de la linguistique, de la phrase, de

deux approches l'une et l'autre

avaient pour objet premier par exemple

ses unités constitutives

et de leur agencement,

et non pas les problèle fait que, dans son explicitement ou

mes du récit. Ainsi s'explique non, les faits grammaticaux

Di1courd du récit (1972), Genette considère

toujours,

comme secondaires.
œ

Le présent linguistique

travail

a pour objet l'étude

des techniques

narratives, de la du récit littéde définir les comme les

dont il tente de poser les bases en appliquant énonciative. raire et de ceux de la fiction:

les enseignements

Il y est traité des problèmes on essaie en particulier

propriétés générales (les « catégories»)
suivantes, essentielles

par lesquelles on peut caraccomment les ressources d'une chronologie de la relation de qui régit

tériser les différents types de récit. On pose des questions à l'analyse des récits: de la langue rendent-elles et le sentiment l'auteur possible la construction Quelle est la nature au lecteur

de la durée?

au public et du narrateur

? Qu'est-ce

l'emploi des temps dans le récit? Quel est le rôle du discours rapporté dans la représentation de la conscience des personnages? Quel statut doit-on donner à la fiction ou, en d'autres termes, qu'estce qui crée, dans la fiction, la « dlMpe/Uwn of di1belief» des critiques

anglo-saxons?
cision ?

Peut-on définir le « point de vue» avec quelque pré-

AVANT-PROPOS

13

03

Cet ouvrage

est né de la constatation satisfaisante, peu concluantes

que ces problèmes

n'ont pas par

reçu à ce jour de solution exemple les discussions

comme en témoignent sans réexamen

relatives à la nature exacte à tous les exacte la définition

de la

«

focalisation

», la façon d'appliquer

textes la trop célèbre distinction du « monologue intérieur» On se propose plus concrètement, L'ouvrage, s'adresse nécessaire, clairement prématurée,

récit / discours,

et des moyens qu'il met en œuvre. d'une narratologie explicatifs à

ici de poser les fondements un ensemble cohérent

énonciatifJe qui offre à la fois une théorie du récit et de la fiction et, de concepts tous ceux qui travaillent d'abord sur les œuvres littéraires de littérature. narratives. contemporaine, Il a ainsi paru aussi linguistique d'autre

inspiré par la linguistique aux spécialistes l'analyse

énonciative

avant d'aborder que possible,

des récits, de présenter, de la théorie

sinon l'ensemble non indispensable

utilisée, vaste entreprise part ses analyses

ici, et qui serait d'ailleurs fondamentaux, qui touchent directe-

mais d'une part ses principes des phénomènes

linguistiques

lnent à l;énonciatwn littéraire. Deux chapitres (le second et le troisième) sont ainsi consacrés uniquement à cette introductwn linguMtÜJue. Ils n'apporteront rien, ou presque rien, aux linguistes énonciativistes. Destinés aux lecteurs littéraires, ils leur permettront, nous l'espérons, de lire facilement les chapitres suivants, terminologie linguistique réduite à l'indispensable. Les analyses narratologiques narratologÜJued sont soigneusement ment sur des extraits d' œuvres (auxquelles Dostoïevski). longuement nouvelles a travaillé il faut ajouter Ces extraits, commentés, munis d'une

(où conceptd linguMtÜJlLedet conceptd distingués) s'appuient régulièrenarratives françaMed ou anglaMed de CrÙne et Châtiment de

un passage

plus ou moins longs et plus ou moins de romans ou Les extraits figurent à la bibliographie.

sont tirés d'une cinquantaine

dont les éditions sur une traduction,

anglais sont traduits aucune des propriétés

en note. Pour l'extrait narratologiques

de CrÙne et ChâtÙnent, on

après avoir vérifié qu 'elle ne masque étudiées.

14

LA LANGUE DU RÉCIT

Les œuvres rique. citées,

citées vont du XVIIe au XXe siècle, ce qui nous a parfois de brèves remarques cependant arbitraire, théorique. Quant de caractère histoque le point de vue de l'ouau choix des œuvres mais il a été dicté par le souci narratologiques. au premier et au française utile d'abord

amené à proposer

Il doit être entendu pourra paraître

vrage est fondamentalement
il

d'illustrer

le mieux possible les phénomènes

Cette étude sera particulièrement second cycles des Universités et d'études des concours de l'Éducation de langues étrangères,

dans le cursus de littérature Nationale qui comportent

et, plus encore, à la préparation des épreuves solide une compétence

écrites et orales où l'on attend des candidats dans l'analyse technique des textes.
œ

Conformément grammaticalité

à la pratique incertaine

des linguistes,

une phrase

considérée

comme agrammaticale

est précédée est précédée

d'un astérisque;

une phrase de

d'un point d'interrogation.

1

Les problèmes fondamentaux de la narratologie

1.1.

Problèmes hérités notions de mimeJu

de l'Antiquité, et iJieguu en tant que disci-

On considère, pline autonome,

à juste titre, que la narratologie,

ne date guère que d'un siècle. Ce sont les écrits

d'Henry James, à la fin du XIxe siècle, qui ont attiré l'attention des critiques sur les formes multiples que peut prendre un récit, et sur le fait que les modalités complexes représentent - résultent des récits littéraires - de loin les plus et ne peu imporde choix faits par les romanciers relativement

pas une sorte de vêtement

tant, ou même arbitraire, Les Anciens, tains problèmes notamment que pose

pour une substance Platon le récit et Aristote, littéraire, de relation

du récit qui serait ont soulevé mais sans privilégiée d'Homère, cer-

seule digne d'une étude littéraire. établir, entre la de la qu'ils ont être quesnarratifs

comme nous le faisons aujourd'hui, narration poétique, distingué et les genres narratifs. et notamment

C'est dans le cadre général

de leurs commentaires

des types de récit (deux essentiellement), pour l'un ou l'autre. d'une narratologie antique: éloquent,

et ont marqué

leur préférence tion de parler

Ainsi, il ne saurait les procédés

bien que la narration

soit une partie obligée du discours

n'ont jamais attiré leur attention comme l'ont fait les techniques rhétoriques qui, on le sait, ont été abondamment analysées, sou-

16

LA LANGUE

DU RÉCIT

vent d'ailleurs,

dans une perspective de la narratologie (1950,
», Platon

utilitaire,

comme

constituau des

tives de l'art des orateurs, Un des problèmes chapitre œuvres poète doit littéraires
«

avocats et hommes politiques. est posé par Platon p. 943-951)
oppose

III de la République en général.
les choses dire

à propos

S'interrogeant

sur la manière
les œuvres

dont le
où l'au-

teur parle toujours

en son nom propre

et expOJe l'histoire

(dœgeJu)

et celles où il suit un principe d'Ùnitation, et donne la parole à un personnage, essayant de nous donner l'impression que ce n'est pas lui qui parle. L'imitation (,nÙneJü ) s'oppose ainsi à l'exposition, ou récit (dœgeJü), où le poète raconte en son nom à la fois

les événements qui ont eu lieu et les paroles qui ont été prononcées par les acteurs de l'histoire. Platon fait remarquer que, quand le poète suit le principe d'imitation, (tragédie et fait abstraction prononcées, Inversement, l'histoire, des on obdans ou une événements l'épopée, pour ne conserver le poète peut raconter Platon que les paroles et comédie).

tient le genre dramatique

en son nom toute

donner la parole aux personnages
conversationnels. manifeste

pour « imiter»
à l'égard

les échanges

de l'imitation

méfiance fondée sur des raisons d'ordre à la fois moral, philosophique et esthétique: la capacité d'imiter des hommes très différents entre eux et différents et il conclut du poète lui-même lui paraît suspecte, qu'il n'y a pas place dans la Cité pour des hommes

capables de se diversifier et « d'imiter toutes choses ». C'est clairement le récit pur qui a sa préférence, en partie parce qu'il « a en
vue la même harmonie Il n'est et s'en tient à une seule ». sans doute qu'Aristote, dans sa pas très surprenant

Poétique (1965, ch. 2) prenne un parti différent. Dès le début, il pose, sans le discuter, le principe que l'objet de l'art est l'Ùnitation de la nature humaine, et seule l'intéressent en fait les distinctions Le contraste où il fait parler fort que chez une manière à faire entre les InoyenJ utilisés les personnages, Platon: d'imiter. par cette imitation. moins Aristote,

entre le récit, où seul parle le poète, et l'imitation, est, on le voit, beaucoup est encore, chez la narration

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX

DE LA NARRATOWGIE

17

Bien qu'ils récit, premier poète lorsque L'exemple les deux

n'accordent philosophes

que quelques évoquent

pages

à l'esthétique plusieurs moderne. lorsque pour au

du proLe le lui,

néanmoins

blèmes qui gardent concerne dans une narration: le héros

leur intérêt pour semble au début d'un

pour la narratologie il y a « imitation» directement

la place à donner Platon,

aux paroLed des personnages

feint de ne plus parler

en son nom, c'est-à-dire, s'adresser d'imitation (la prière à penser dialogue. et pourquoi

lecteur. de Chryqu'il ne

qu'il donne du procédé

sis à Agamemnon, production question rateur nage? duction littérale

de l'ILiade) donne ou d'un comment

peut s'agir dans ce cas que de la citation monologue qui se pose encore à nous: nous donne-t-il À l'époque moderne,

en discours

direct, D'où

rela

un narpersonest

un accès direct la question

aux paroLed d'un a été élargie et ce second

à la repro-

des pendéed des personnages,

problème

l'un de ceux qui ne sont pas encore résolus par les analystes du récit: « monologue intérieur », « discours indirect libre» sont des termes qui font encore l'objet de discussions. Enfin, le terme même d'Ùnitation soulève vastes problèmes qui ne relèvent inévitablement de On

pas de la seule narratologie.

retiendra seulement que, pour Platon, le poète « n'imite» au sens propre que quand il feint de se retirer pour faire parLer ded hérod (technique problème pensées) narrative narratologique des personnages, des acteurs de chacun récents : dans l'usage narration, récit habituellement, qui n'a pas sa préférence). de la représentation cette conception modes d'eux. d'une histoire, Appliquée au des discours suffit à poser (et des clairedes diset

ment la question cours et pensées de l'intérêt 1.2. littéraire Problèmes histoire,

des différents

de reproduction

de leurs propriétés

1.2.1.

Les trois sens du mot « récit»
désigne

Le mot de narratoLogie contemporain, l'étude

des InodaLitéJ du récitJ (qu'ils soient de fiction ou non) : emploi ou non-emploi du pronom de 1re personne et accessoirement du passé de la 2e (pronoms présents du dialogue) ; emploi des temps
(<<

ou des temps

ou liés au présent

present

18

LA LANGUE

DU RÉCIT

perfect»

anglais,

présent

perfectif

français,

futur);

expression

d'un « point de vue» unique (narrateur ou personnage privilégié) ou, au contraire, des points de vue de personnages divers, etc. Il s'agit donc d'une étude de la forme dU récitd, ce qui exclut les travaux auxquels donné naissance, l'agencement Greimas, l'ouvrage célèbre de Propp, MorphoLogie du conte, a des récits et de et de « foncpourrait et qui analysent illustrées et Todorov la structuration d'« actants» notamment relèvent

des événements

en termes

tions ». Ces recherches, C. Brémond
«

par les travaux de ce qu'on accepté

nommer une

narratologiedu contenu».
au sens le plus largement maintenant que les diffédistingués.

La narratologie

traite donc de la forme des récits - ce qui nécessite

rents sens du mot « récit» soient d'emblée nettement
Cette distingue clarification est faite par Genette
« récit» :

dans son Difcourd du telle qu'elle est. Genette

récit (1972, p. 72) et elle peut être acceptée trois sens du mot

1. Le récit comme objet (le texte narratif, événements) ;

le discours

qui relate les

2. Le récit comme la série d'événements une existence;

auxquels

le texte donne

3. Le récit comme l'acte de narrer pris en lui-même. Reprenant suivants:
1. «hiftoire ratif ; » (ou parfois « diégède ») pour désigner le contenu nar-

cette

distinction

de Genette,

j'utiliserai

les mots

2. «récit»

pour désigner

le texte narratif; l'acte producteur du récit. qu'il faut la traiter comme

3. «narration» La
« narration»

pour désigner

-

dont je montrerai

une

«

énonciation », au sens de la linguistique contemporainel

-

1. J'entends par là la linguistique de l'énonciation, dont Benveniste peut être considéré comme le pionnier, et qui s'est développée, notamment en France, grâce en particulier aux travaux d'Antoine Culioli et de son école.

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX

DE LA NARRATOWGIE

19

est elle-même distinguer Nous

une activité complexe: l'auteur le narrateur,

comme le dit Genette, écrivant racontant narré),

il faut

l'acte de Proust, ne disposons

La Recherche du tempd sa vie passée. qui seul nous ind'autre grâce part sur aux traced des

perdu, et l'acte de Marcel,

que du récit (du texte), (le contenu

forme d'une part sur l'histoire la narration pertinents linguistiques des pronoms, termes
«

(l'acte créateur de la narration, et narratologiques »2, etc.).

du récit), ou du moins sur les aspects qui sont décelables des déictiques qu'elle laisse dans le texte (emploi en général,

des temps verbaux, ne saurait et seulement

subjectifs

La narratologie pris en lui-même étude à l'échec trompeur. nonyme narration, de
«

avoir pour

objet le texte vouloir serait

narratif son

pour lui-même: sur elle-même des récits»

en faire un vouer

objet clos, une structure

fermée

(le terme d'« analyse narratologie

peut en cela être que comme syau contraire la porte

; il ne sera utilisé ici, occasionnellement, »). La narratologie

sur les relatione! entre les trois objets définis plus haut, l'histoire, le récit. L'étude des relations évidence, en particulier, de périodes de l'histoire problème présentées de la
«

entre l'histoire et le récit narratif met en les inévitables distorsions chronologiau détriment le rythme C'est là le à la vitesse de comme pauvres
»

ques qui visent à créer des temps forts dans l'histoire en événements: et celui du récit ne sont jamais isochrones. ~itedde variable « réel» du récit rapporté de l'histoire. du temps

de l'écoulement

À ce problème

vitesse s'ajoute celui de l'ordre: les événements de l'histoire ne sont pas nécessairement rapportés dans l'ordre où ils ont lieu dans

l'univers fictif de l'histoire:
re et anticipations) fonction L'étude pas abordée littéraire. des relations sont

les

«

anachronies
au narrateur,

»

(retours

en arrièune

permises

et remplissent

temporelles guère,

entre

histoire

et récit qu'à

ne sera ce

ici, car je n'aurais

sur ce point,

répéter

2.

Je préciserai
tifs»
«

plus loin (chap. 2) la nature
», et le rôle qu'ils

de ces éléments
dans

«

évaluadu

ou

«affectifs

jouent

r expression

point de vue ».

20

LA LANGUE

DU RÉCIT «

qui a été fort bien dit ailleurs: sous les rubriques
rée » et « fréquence », Genette a analysé ment du temps chez Proust

ordre », « duJe

dans le détail le traite-

(Difeollrd dll récit, 1972, p. 77-183).

ne puis qu'y renvoyer le lecteur (où le temps remplit naturellement l'analyse de Genette à tous les récits Si le traitement incontestablement vent être analysés des caractéristiques narration Des termes analyser (sauf un certain du temps et, peut-être,

car, par delà l'œuvre de Proust une fonction littéraire majeure), qu'elle utilise sont applicables nombre de romans expérimenet récit) est générale3. les récits doien jeu la définir et

et les concepts

taux) et elle a donc valeur d'essai de narratologie (relation

entre histoire

une des eatégorieJ selon lesquelles répertoriés, fondamentales narrative), et divers catégories

il n'en va pas de même avec le récit. pour

des récits qui mettent et ses relations ont été proposés du récit:

(l'énonciation nombreux ces autres

indtanee narrati~e, typed Cette simple énumédes Bien

majellrd de récit, tYped de narratellrd, point de ~lle, perdpeeti~e, foeali1ation, Inode, di1tanee sont les plus répandus. ration, études) mineure, reconnaître difficulté fort incomplète, qu'aucun suffit à indiquer n'a été atteint considérée consensus (outre la multiplicité

dans ce domaine. comme

que la narratologie préoccupée qu'elle tels que l'emploi

soit parfois des pronoms

une discipline sans mystère, il faut bien dont la de la

de mécanismes

grammaticaux

ou des temps verbaux,

est en fait une discipline des études

bien vivante, et à ceux

tient, pour une bonne part, au fait qu'elle est par nature littéraires

liée à la fois au progrès linguistiq u e. Heureusement en narratologie), considérables siècle. encore développée naturelles

(mais ce fait même pose des problèmes la linguistique contemporaine du structuralisme l'apogée

nouveaux

a fait des progrès vers le milieu du conçue et un nombre linguis-

depuis

La grammaire inégalé d'études

générative portant

transformationnelle, a inspiré sur le langage

par Chomsky fort différentes.

et ses disciples, Néanmoins,

et sur des langues

malgré ses apports

3.

Sur les problèmes l'ouvrage

du temps

dans les récits,

on peut lire également

de P. Ricœur,

TenlpcI et récit, Paris, Seuil, 1995.

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX

DE LA NARRATOLOGIE

21

tiques

majeurs,

elle n'a pas - sauf sur certains

points

particuliers narramalgré c'est-àdans

- éclairé le phénomène de la narration (de l'énonciation tive) : comme les théories qui l'ont précédée, elle reste, l'ampleur de ses ambitions, une grammaire d'opérations de la phrase, Laissant dire de l'objet fini, résultat mais s'exerçant nombreuses de symboles.

et complexes,

sur des séquences

l'ombre les conditions de la production du sens par les énoncés proférés en situation, ainsi que les règles qui régissent l'enchaînement des énoncés dans la construction d'un diJcourJ (narratif ou non), elle ne pouvait éclairer le phénomène complexe qu'est la narration. cette théorie Genette Elle ne pouvait de l'énonciation a, en fait, aperçu donc pas proposer cette carence à la narratologie des dont celle-ci ne peut se passer. de la linguistique à la même

années 1970, et les difficultés dont souffrait la poétique époque. On lit dans son DucourJ du récit (p. 226) :

On Jait que la LinguMtique a /nu queLque tempJ à entreprendre de rendre compte de ce que Ben"eniJte a no/n/né la subjectivité langage, dans le c~eJt-à-dire de paJJer de L~anaLYJedeJ énoncéJ à ceLle du IL Je/nble que La poétique

rapportJ entre cu énoncétl et Leur inJtance productrice - ce que L~on no/nIne aujourd~hui Leur énonciation. éprou"e une difficuLté co/nparable à aborder L~iMtance productrice du diJcourJ narratif, inJtance à LaqueLle nOUd a"onJ rétler"é le terme, paraLlèle, de narration. Ce passage, d'une importance théorique ratologie, ne comporte qu'une inexactitude: ve la poétique a entrepris directe, à aborder l'étude le phénomène aux lenteurs activité fondamentale en narla difficulté qu'éproun'est pas simla linguistique

de narration avec lesquelles

plement « comparable»
car la narration,

de l'énonciation;

elle en est la conséquence des récits, n'est rien

productrice

d'autre qu'une énonciation d'un type particulier, l'énonciation narrative, caractérisée par une Jituation d~énonciation tout à fait spécifique, et par la mise en jeu d'un système de contraintu et de des pou"oirJ à l'intérieur duquel se meut le narrateur littéraire. Ayant bien vu que la narratologie ne pouvait se passer concepts de la linguistique, Genette et d'autres auteurs les ressources que la linguistique de l'époque pouvait

ont utilisé

leur offrir, et

22

LA LANGUE

DU RÉCIT

qui commençait avec des notions cution, cours» de types

à peine à esquisser de discours

une théorie

de l'énonciation, d'interloet le «dis(1966)4.

comme celles de déictiques,

de relation

tels que 1'« histoire»

définis dans un article célèbre de Benveniste ouvrage

Le présent a. A l'exception

défend les deux thèses suivantes: narratologique être définies portant qu'après sur la (mode, une

du temps, catégorie

relation histoire
analyse

- récit,

les catégories

de la narratologie

voix, point de vue, etc.) ne peuvent proprement linguistique tâche des deux prochains b. Les échecs infructueux indispensable et insuffisances pour établir chapitres.

de l'énonciation.

Ce sera la

de la narratologie
«

contemporaine, », les efforts des énonciative et qui, après en les années

la confusion qui entoure le terme de
récits ne sont dus qu'à l'absence à l'étude les tout premiers

focalisation

une typologie de la narration fait connaître

même sommaire littéraire que dans

d'une linguistique

articles de Benveniste,

publiés en volumes

1966, ne s'est vraiment

1980, et ne cesse de se développer 1.2.2

à ce jour.

Deux grands types de récits: l'autobiographique et l'anonyme5

Les controverses, du récit littéraire,

je l'ai dit, sont nombreuses mais elles semblent
«

parmi les théoriciens sur le sens à qui ou « focalisation»)

souvent porter

donner à des termes (tels

point de vue»

s'imposent apparemment à beaucoup, sinon à tous, mais sous lesquels on range des phénomènes différents.

4.

Il importe de souligner d'une part que le mot « histoire»
strictement linguistique, n'a pas de rapport

de Benveniste, avec le concept que désigne

ce mot en narratologie; d'autre part que l'opposition histoire/discours proposée par l'article de Benveniste soulève des problèmes délicats en linguistique une énonciative. entre Elle n'apparaît deux Nous reviendrons pas nécessairement et encore sur ce point. comme mOIns opposition moded J'énonciation,

comme une dichotomie. 5. Le terme phique ».

de récit (narrateur)

Boileau (1982), qui dit « explicite»

«anonyme» est employé par Danonlà où nous disons « autobiogra-

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX

DE LA NARRATOWGIE

23

La distinction personne» guère discuté: et, d'autre Huxley. un narrateur vitablement, sienne part,

entre

les récits

«en

1re personne»

et « en :Je

(ou « impersonnels il y a un contraste

») est du moins fondamental

un fait qui n'est d'une part de

entre, par exemple,

L~Étranger de Camus et le Da~iJ CopperfieLd de Dickens Dans le premier nous donne cas, l'histoire des événements les paroles

le Père Goriot de Balzac ou Point Counterpoint

qui se désigne par le pronom il rapporte

est contée au lecteur par de 1re personne et, inéune version d'un qui est la ou de plusieurs

(sauf quand

des personnages). Lafor/ne du récit peut alors être commodément qualifiée d'autobiographique, puisque le narrateur est censé nous raconter une histoire présentée Dans remment, raconter qu'éprouve dérouler nuancée. à l'énoncé La formule à laquelle il a pris part, et qui peut même être l'histoire de son enfance, de sa forappase se de sa vie. », personne, Pour reprendre une formule semblent première du passé. comme Jon histoire, le cas d'un ne s'adresse eux-mêmes devant doit récit

mation ou d'une période

privilégiée au lecteur.

« en :Je personne

célèbre de Benveniste le lecteur,

(1966, p. 241), « les événements ». C'est bien là, en effet, l'impression qui croit être d'abord l'emploi habituel des temps

voir les événements et fortement ici»), il désigne

lui malgré pourtant

à la fois précisée lui-même ne parle

D'une part, selon Benveniste hâtif selon lequel appelle «personne

(et contrairement il s'agit part, appadéciCette »). D'autre

bien ici d'une apparence (d'où le verbe « semblent le mot « événements» remment non seulement une clarification: les événements

au sens usuel du terme,

mais aussi les faits de conscience (sentiments, croyances, sions, etc.) qui ont lieu dans l'esprit des personnages. remarque suffit à soulever les problèmes délicats cOnJcience deJ perdonnageJ, qui seront évoqués

de l'accu à la

plus bas sous le titre caque

de

«

récits de pensées ».
de façon négative que l'on peut le mieux ils ne laissent d'ajouter les récits en :Je personne: pas apparaître

C'est en partie ractériser de narrateur

qui se désigne par Je6. Mais il importe

6. Je reviendrai

sur le cas marginal

--

malS

il faut

bien

en rendre

24

LA LANGUE

DU RÉCIT

les récits qu'il est commode d'appeler
aux récits autobiographiques non grammaticalement sion unique du narrateur possède récit impersonnel manifestée:

« anonymes»

s'opposent
quoique Le li-

par une propriété

majeure,

ils ne sont pas limités à la viprésent dans l'histoire. d'emmener

- personnage

ce pOll~oir extraordinaire

brement le lecteur d'un lieu à l'autre, et de le transporter d'une époque à une autre sans recourir, explicitement ou non, à la mémoire possède ou à la faculté de prévision d'un narrateur du xxe

- personnage.
siècle a usé et états

En un mot, il
abondamment,

nOllJ déplace

libremenl daM le lelnpd el daM l7upace. Il dont le roman au lecteur accèd à la cOMcience dei! perdes pensées

en outre le pouvoir, de donner

donnaged ; si le « récit»

ou la « description»

d'âme des personnages sont chose fréquente dans les romans des siècles classiques (La ~ie de Marianne de Marivaux, Manon LedcallI de Prévost tion majeure technique rieur», du
«

par exemple),
stream

on peut considérer le recours direct

comme l'innovasystématique à la
inté-

du roman contemporain
of consciousness»

ou au « monologue

qui nous mettent

en contact

avec la vie intérieure

des personnages: W. Faulkner, J. Joyce, V. Woolf sont probablement les romanciers dont l' œuvre illustre particulièrement bien ce pouvoir d'« imitation» au sens parole intérieure des personnages. strict (platonicien) de la

Ces pouvoirs dont est pourvu le narrateur « anonyme» le distinguent radicalement du narrateur « autobiographique », dont la
VISIon est celle d'un personnage plongé dans l'histoire qu'il raconte, quelle que soit l'importance, très variable, du rôle qu'il y Joue. Même si la notion de narration
sonne» au moins d'une / « 3e personne» provisoirement, des récits. une

anonyme

tion, il apparaît inévitable d'attribuer
importance un des critères

une clarificaà la distinction « 1re permajeure, essentiels et d'en dans faire, l'ébauche

appelle

typologie

compte -- où le pronom de 1re personne apparaît anonyme. Cet usage est sensiblement plus fréquent

dans un roman dans les romans

des siècles classiques qu'à l'époque moderne. Le Tom Jonecf de Fielding et le RfJ/nan conzique de Scarron en sont des exemples.

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX

DE LA NARRATOWGIE

25

1.2.3.

Les instances

narratives

Le processus

par lequel une œuvre de fiction, née de l'imagination

d'un écrivain, va finalement être lue par un lecteur individuel est beaucoup plus complexe que tout acte de communication entre deux personnes, qu'il s'agisse d'une lettre personnelle que que deux participants) ou même d'un ouvrage scientifique. aujourd'hui Ce fait a obligé les théoriciens d'« instance narrative», ser le concept (qui n'implide caractère à poaccepté

du récit littéraire généralement divergences. de chair

- mais qui suscite encore certaines désignent sont des êtres jusqu'à humains

Une série de termes et le lecteur particulier grâce auxquelles ratif depuis sa conception

les incJtanced (dont seuls l~auteur et d'os) le parcours sa lecture. écartée relation de la liste à des à la ficindénote aucune un rapport que suit le texte nar-

on peut analyser

La notion d'écri"ain doit être immédiatement

de ces instances narratives:
institutions littéraires tion en général, stance assumant

« écrivain»

et le mot n'implique doit être considéré

ni à une œuvre de fiction particulière. comme la première une des fonctions mises en jeu par la production

Auteur, en revanche,

d'un texte narratif de fiction. Il est d'abord « celui qui imagine »7, mais cette fonction implique qu'il reste extérieur à l'univers qu'il crée, et donc n'est pas, dtricto dencJU, concerné récits. Il est bien connu, cependant, COlnlnentaired que l'on trouve dans certains par l'analyse des des que - notamment dans les

romans - affleurent

considérations, souvent morales, ou esthétiques, ou techniques qui, n'étant visiblement pas dues au narrateur, doivent être considérées comme des inter"entiond de l'auteur de l'auteur dans son œuvre. conduit Une à voir conception ratif auquel dans peut-être trop rigide de la narratologie des manquements pas, cependant,

dans ces « intrusions»
une œuvre

au code narrenvoyer à

tout récit est censé se conformer. de fiction ne peut

Le Je qui apparaît

7.

Cordesse (1986), utilisant le modèle de Greimas (1979), pose, pour décrire la production du texte de fiction, les fonctions suivantes: la fiction (qui imagine 1), l'écriture (qui écrit 1), la narration (qui raconte 1), l'action (qui agit 1), la focaLiJation (qui voit 1).

26

LA LANGUE

DU RÉCIT

l'auteur: celui-ci ne peut se désigner que dans le paratexte (dédicaces, préfaces, postfaces, introductions au récit de fiction, qui accompagnaient Le narrateur production nier la nécessité et se désigne ou moins niscient souvent les œuvres disparu littéraires à l'époque des siècles classicontemporaine). et complexe de narrateurs: de la le sérieusement ques, et n'ont pas entièrement des récits

est une instance de fiction. de distinguer

fondamentale Personne ces deux types l'histoire

ne peut

narrateur autobiographique nécessairement fréquemment

qui connaît

par le pronom

pour l'avoir vécue de 1re personne, plus qu'« om-

selon l'importance absent

du rôle qu'il a joué; et décrit l'univers puisse jamais au monde du

l'autre type de narrateur, »), est au contraire

que j'ai appelé anony'ne (plutôt de l'histoire, sans que le lecteur

du récit de fiction de l'extérieur, le situer précisément fictif du récit rappelle récit, qu'il constitue Le narrateur nements tologique fictifs: proche

ou se le représenter. celle d'un démiurge, et qu'il a le pouvoir

Sa relation de révéler

maître de l'univers

de la manière d'événarra-

et au moment qu'il choisit. anonyme n'est rien d'autre que l'historien un statut il a dans l'histoire qu'il raconte,

de celui de l'historien

dans le récit des faits réels et documents divers individuelles est évide la fiction. quelconque de la sans critiquer

dont il a connaissance grâce à des sources jugés authentiques. L'accès aux consciences demment à l'encontre le privilège du seul narrateur de manifester de narrateur de l'historien Il est donc impossible du concept même façon le statut

anonyme anonyme

un scepticisme

et sa relation

aux événements

qu'il rapporte : l'opposition fiction / histoire suffit à rendre compte de la différence qui les sépare. Le mariage résigné

d'Eugénie Grandet a la même
roman de Balzac,

«

réalité », dans le monde fictif du
politique de Napoléon avec

que le mariage

Marie- I.louise d'Autriche dans le monde réel. Les modalités narratologiques et linguistiques sont les mêmes dans les deux cas, et on

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX

DE LA NARRATOWGIE

27

doit admettre texte8.

une fonction

de narrateur

dans les deux types

de ou

Il est clair que le narrateur

- qu'il soit autobiographique

anonyme - n'est pas un être de chair et d'os, mais bien ce qu'on a appelé une «instance narrative» ; c'est un être abdtrait pourvu d'une conscience: c' est l'auteur en tant qu'iL addillne la fonction de narrer une hidtoire selon des modalités qu'il choisit, et déLègue au narrateur tologiques est l'auteur, ainsi construit les pouvoirs et les caractéristiques narrade l'une ou l'autre espèce de narrateur: mais non le narrateur de narrateur entre autobiographique, de La Pute. mérite une étude détaillée, part, appelle, sembledistincnarrati~ed. Cette nécessaire d'autre rendue Balzac est l'au-

teur, mais non le narrateur Si le concept celui de narrateur t-il, une distinction

d'Eugénœ Grandet, de même que Camus anonyme

deux iMtancu

tion est, au moins apparemment, même des textes narratifs, narrateur tive - doit inévitablement qui est une raison l'imparfait narration, d'elles, mentaux passé dans la narration. en français l'emploi modernes, qui, pour pouvoir

par la nature - vraie ou ficoù il écrit, ce des temps du

quels qu'ils soient: raconter la connaître presque Le prétérit

ils sont écrits par un

une histoire au moment universel

de l'emploi

en anglais,

le passé simple et

sont les temps de base du récit. Si l'on adest de mettre au jour les Lou de la du passé est certainement romans l'une expérides temps

met que l'objet de la narratologie

qui n'a guère été violée que dans certains

tels La MOdifi£ation de M. Butor9.

8.

J'ai indiqué plus haut le caractère malencontreux de la phrase probablement hâtive - de Benveniste dans l'article déjà cité (1966, p. 241), « Personne ne parle ici », phrase insuffisamment corrigée par

-

la suivante:
9.

«

les événements semblent se raconter eux-mêmes ».
est exceptiondans la lit-

Le cas de L'étranger de Camus, écrit au passé composé, nel. Remarquable
comme expérimental.

à plusieurs

égards,

ce roman

doit être considéré
on trouve

A l'époque

contemporaine,

térature française des récits au passé composé, tels ceux de Ph. Djian, Le Clézio, S. de Beauvoir. En anglais, en revanche, le présent perfectif qui n'est nullement un équivalent exact du passé composé, et qui, notamment, est incompatible avec une date, ne peut en aucun cas être le

28

LA LANGUE

DU RÉCIT

Le fait que le narrateur soit censé connaître, dès la première ligne, l'histoire qu'il va raconter ne pose pas de problème narratologique nommer dans le cas du récit anonyme, prendre parfois forme humaine: (bien que, surtout où le narrateur il ne peut désincarné ni se ne saurait il se désigne se décrire

dans les romans

des siècles classiques, n'est pas celui qu'on lui atqui raconte a le pouvoir et la où il écrit. par rapport a le à ce

par Je ou noud). Son savoir

d'un être humain, d'où le qualificatif d'« omniscient» tribue. En revanche, le narrateur autobiographique, une histoire de parler fin de cette vécue, même s'il y joue un rôle mineur, au moment peut coïncider de l'histoire histoire avec le moment de lui-même

qu'il choisit,

Même s'il en va autrement ou si la fin de l'histoire au moment pouvoir de parler aussi de la narration,

(comme dans un roman de formation), le narrateur autobiographique et de se comparer époques

n'est pas située explicitement

de ce qu'il est devenu, comparer Un exemple entre

qu'il était dans le passé. Il peut passée, elles deux les souvenirs de sa vie pouvoir que lui donnent qu'il est censé en

avoir conservés.

de ce survol du passé nous est four-

ni dès la première page du roman de J. Braine, Rooln at the Top (1957), où le héros, arrivant dans une ville inconnue où il fera son éducation sentimentale et sociale, s'interroge sur l'impression simplement acceptable que va produire sa tenue vestimentaire; Braine écrit alors:

Later I learned, alnong other thingd, nerer to buy cheap raincoatd... and not to hare Iny clothu Inatch too exactLy in dhade and colour.1 0 Le narrateur blement Warley, dédoubler qui s'exprime dans ces quelques lignes n'est visil'arrivée à et qui cond'un côté, le

pas le Joe Lampton dont nous est racontée mais un autre Joe Lampton plus expérimenté, que le jeune voyageur ignorait. le narrateur du récit autobiographique:

naît des réalités

On voit donc se

temps de base d'un récit.

10.

«

J'appris

plus tard, entre autres choses, à ne jamais acheter d'imbon marché... et à ne pas porter de vêtements assortis ». de couleurs et

perméables

de tons trop exactement

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX
»

DE LA NARRATOWGIE

29

« narrateur

- perdonnage

dont la vie, les aventures,

les sentiments,

l'activité nous sont contés et qui fait partie intégrante de la « diégèse » (l'histoire). De l'autre, le « narrateur-narrant », qui sait tout de sa propre d'intervenir acquises
sonne

histoire,

et même éventuellement et le moment

de ce qui s'est passé

entre la fin de l'histoire après la période
conduit

où il écrit, et qui a le pou~oir muni des connaissances

dans le récit de son passé,

ment narratologique
- a parfois

Ce fait propre- qui n'est pas rare dans les récits en 1re perà distinguer du narrateur

de sa vie qu'il raconte.

- personnage
qui indiquent autobiodu scripinstances », dans
et Je les si cet

ce «narrateur-narrant» suffisamment graphique. Le problème la fonction

ou «dcripteur» qu'il remplit

- termes dans

le récit

narratologique

posé par la distinction
«

teur et du personnage est celui du statut de ces deux l'analyse des récits. Qu'il y ait des différences de
(d'opinions, le « narré» désigne l'un de savoir) a paru II. et, souvent, avec d'âge, entre incompatible Nous le fait que
«

et même du sens exact qu'il faut donner à ce terme d'instance
le « narrant» le pronom plus loin

point de vue»

et l'autre

emploi narratif
qu'il a dans

du pronom

nous demanderons re personne de 1 diffère dans le but dont

ou non

de celui SI POSSI-

le discours

quotidien,

d'élucider, il s'agit.

ble, la relation 1.2.4.
Les qu'ils part

entre les deux « instances»
», et « récit dans les

« Récit d'événements « récit de paroles» événements puissent sont ceux racontés être, sont

de pensées» de fiction, que ceux devraient dont être et qui, si divers les vies mis d'une ». à

œuvres nature doute,

de la même Seuls, les récits sans

humaines

remplies.

qui peuplent

de science-fiction,

certaine logique

façon, pourraient que j'appellerai la

être qualifiés
pose
«

de

«

doublement le problème

fictifs narrato-

La narration

de ces événements

d'abord
»

dMtance

: un événement

donné

(une

11. Genette va jusqu'à en conclure (1972, p. 252) que la première personne est alors grammaticalement ambiguë. J'examinerai plus loin (cf. 4.2.2.) le comportement linguistique de ces deux types d'occurrences du pronom Je dans les récits autobiographiques.

30

LA LANGUE

DU RÉCIT

rencontre,

un accident,

un crime, etc.) peut être décrit avec plus
«

ou moins de détails, c'est-à-dire qu'il est
loin. L'importance qui lui est donnée

vu

»

de plus ou moins
natu-

dans le texte répond

rellement à une intention littéraire: il s'agit parfois, mais pas nécessairement, de lui attribuer dans l'histoire, donc dans l' œuvre, une importance Lescaut grossièrement proportionnelle à la longueur du texte qui lui est consacré. par un inconnu Ainsi, le meurtre du frère de Manon

nous est-il raconté

en cinq lignes par des

Grieux (Hûtoire du Chetlalier Ded Grieux et de Manon Ledcaux, '1972, p. 133). C'est qu'il n'a pas, dans l'histoire du héros narrateur, une importance bien grande.

Les
dans rentes,

«

récits d'événements»
divers

posent, de façon générale, le proutilisé diffédes par d'autres, notamment

blème de ce que j'appellerai des sens a suscité celui de « focalisation» divergentes problèmes vue», champ
«

le «point de tllle », terme souvent de façons véritable
«

et concurrencé

qui, défini dès le départ controverses

d'innombrables

et interprétations

sans jamais conduire fondamentaux

à une clarification

de la narratologiel2.

La multiplicité des emplois qui ont été faits du mot
et celle de termes (<< perspective», », «focalisation») concurrents «mode», obligent définis parfois «aspect», à donner
comme dans

point de
de

de façon peu «restriction définitions
commun

rigoureuse

des
l'usage

claires pour chacun
Point

des termes qui seront employés.

de tlue », en narratologie
«

du mot, signifie
propre

une façon de voir (un ou plusieurs événements)
». L'utilité des termes témoins, chacun « point de vue» qu'un va donne généraledes témoins est démontrée observé par le fait bien connu

à un sujet humain

et « façon de voir» même événement,

par plusieurs différentes:

ment lieu à des descriptions

exprimer son
La narration

«

point de vue».
d'un événement est sans doute toujours l'exprespoint de vue, qui peut être plus ou moins forte-

sion d'un certain

12. Selon la définition que l'on donne du « point de vue », la « distance» pourra ou non être considérée comme un des aspects de la catégorie

narrative du

«

point de vue

»

(sur ce point, voir le chapitre 4).

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX

DE LA NARRATOWGIE

31

ment marqué mais qui, d'une façon ou d'une autre, est toujours présent, et manifeste une dUbjectivité. Ainsi, le point de vue selon lequel, perçue dans La Chartreude de Parme, la bataille par Fabrice deI Dongo se caractérise pour la bataille, de Waterloo est à par l'intérêt passion-

né de Fabrice

et par le fait que, contrairement fragmentée.

ses espoirs, il n'en a qu'une

perception

La nature exacte du « point de vue» et ses moyens d'expression, ainsi que sa relation aux autres catégories du récit devront être analysés
«

tout

d'abord d'opposer
presque

dans ».

le cas, apparemment au
«

le plus récit de padisles par

simple, des
roled », qui tincts: acteurs sées d'une

récits d'événements

Il est habituel
désigne part,

le récit d'événements
toujours deux ordres effectivement les dialogues), de ces mêmes intérieur. retranscrire

de réalités

les discours

prononcés d'autre acteurs, La langue part

du récit

(notamment la conscience comme

les penl'on offre et les

qui habitent

et que nous

doit considérer en effet

un discours pour

les mêmes

ressources

les paroles

pensées: « classique» spécifiques,

la citation

en

«

discours indirect

direct», libre 13.

le discours

indirect

et le discours en particulier linguistiques

La reproduction de leur restitution des procédés cours direct exacte paroles fiction. Toutefois, d'une vement solitude certaine malgré

des paroles

prononcées

pose des problèmes

celui de la jiJélité plus ou moins grande énumérés, dont seule la citation littérale en disde ces

par le récit. Celle-ci met en jeu le choix de l'un apparence, une image strictement possible dans un texte de ressemble effectila

offre, en première rapportés:

des discours

la reproduction

réalise l'Ùnitation la plus parfaite sa spécificité,

le récit de paroles

façon au récit d'événements: (mis à part les monologues, sont perçus

les discours

prononcés

qui supposent

du personnage),

par le ou les destinataires, il s'agit dans

ainsi que par les simples témoins. pose les mêmes problèmes

En ce sens, le récit de paroles

que le récit d'événements;

13. Ces phénomènes, d'importance en détail au chapitre 3.

capitale

en narratologie,

seront

décrits

32

LA LANGUE

DU RÉCIT

les deux cas de narrer des faits observables, accessibles au même type de narrateur: soit un narrateur - personnage (héros de 1'histoire ou simple témoin), soit un narrateur anonyme qui, libre de se une scène quelmouvoir dans le temps et l'espace, conque comme s'il y avait assisté.
œ

peut raconter

Du point attribuées complexes. discours cription

de vue narratologique, aux personnages De plus, certains indirect

la retranscription linguistiques

des pensées et plus le (notamment

pose des problèmes procédés

différents

libre) sont essentiellement bien que, contrairement
«

utilisés pour la transà ce qui a parfois des paroles. et « récits qui soulève : le

des pensées,

été écrit, ils soient également de paroles sans doute
«

aptes à la reproduction récits d'événements» catégorie,

À côté des notions usuelles de
», on posera les problèmes

donc une troisième les plus délicats

de la narratologie l'activité

récit de pelldéed». Ce mot désignera tous les textes narratifs qui,
ou non, viseront à reproduire des autres autre, d'un mentale

de façon littérale

d'un personnage. Les récits de pensée fondamental narrateur monde même. autre aura qui, d'une intérieur Il s'agit point reconnu d'un donc

se distinguent en contact

récits par le fait accès au luidu tant les le

qu'ils mettent

deu.:y: COlldcœnCed celle d'un : nous donne point et celle du personnage que dans l'esprit qui occupe

façon ou d'une personnage, de l'expression

de vue sur un

de vue qui, lui, n'a d'existence concerné, au passage le problème moderne,

personnage d'œuvres techniques
«

et n edt pad directelnent acceddible. Le lecteur littéraire et que visent à résoudre par les critiques: de cette question, d'événements (degré de au

majeures

à l'époque

narratives

abondamment

discutées traitent

courant

de conscience» aisément de vue),

«( flow of consciousness»), si l'on considère ceux du récit

Ie mono-

logue intérieur. ce qui s'explique pensées (distance, tance pose point

Des études nombreuses à la fois les problèmes

le fait que le récit de du récit de paroles

fidélité du type de retranscription, plus ou moins grande)

qui implique

lui aussi une dis-

et enfin ceux qui sont propres

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX

DE LA NARRATOWGIE »

33

récit de pensées
au narrateur personnages). pensées que que cette seront étude

(statut
Les

« épistémique
qu'il des loin; ait

qu'il
accès

faut pouvoir
de paroles noter

attribuer
des de

pour

expliquer problèmes plus

à la conscience et récits dès

récits

examinés doit offre

on peut rendre

à présent

inévitablement à la reproduction

compte

des ressources et des pensées: (introduit libre par un 14 et enfin

la langue littérale, du type résumé Notions Un

des paroles « classique» discours indirect

citation verbe simple 1.3. 1.3.1.

discours

indirect

de dire ou pender), des discours controversées séduisant analysés large, présente

prononcés

ou intérieurs. essentiels la « focalisation» ci-dessus d'une font notion l'objet due à

et prohlèmes et confus: rapidement

terme

Si plusieurs d'un consensus

des termes assez qui

il en va autrement la double

Genette d'avoir rature breuses,

(1972),
connu un ne l'ignore), des efforts

particularité (aucun à la fois spécialiste

étonnante de litténom-

succès

exceptionnel engendré

et d'avoir considérables

des critiques

de clarification la notion

et des tentatives ». s'occupent dans tel dire éviter de pour la noou tel avec le

de récupération Beaucoup d' œuvres tion phénomène précaution risque

multiples de ceux,

: c'est chercheurs

de « focalisation qui

ou enseignants, apparemment d'analyse ils prennent sont trouver qui

narratives, mais, dans

espèrent un instrument le plus quel plus sens

de focalisation

éclaire

souvent, ils

obligés le mot,

d'apporter

de confusion

que de lumièrel5.

14. Malgré

certains

avis contraires,

le discours

indirect

libre n'est pas une

invention du XIxe siècle. Il a en fait toute une histoire, retracée par M. Lips (1926), qui montre en particulier qu'il n'était pas inconnu en ancien français et que, contrairement aux autres grands écrivains du XVIIe siècle, La Fontaine y a fréquemment recours, aussi bien dans les Conted que dans les FabLed (op. cit., p. 117 sv.). 15. Cette situation si remarquable est celle de la narratologie française, dont Genette est assurément le représentant le plus connu. Mais les discussions concernant la « focalisation» ont, depuis longtemps, largement passé les frontières.

34

LA LANGUE

DU RÉCIT

Le succès du mot « focalisation»
part à la référence à la photographie

est certainement et au cinéma,

dû pour une référence qu'une juscaméra

tifiée par les analogies réelles entre le « regard»

d'une part, et un narrateur d'autre part promènent sur une scène filmée ou racontée. Ainsi, une caméra très mobile, difficile à situer dans l'espace, produit une impression très comparable à celle que peut donner une narration impersonnelle (<< anonyme »), qui se meut elle aussi librement La notion Genette (1972), d'avoir dans l'espace et le temps. a souffert, dès son introduction par reçu au moins deux définitions comme équivalentes. différentes Elle désigne de focalisation

qu'on ne peut guère considérer

un « mode de régulation de l'information narrative », et elle est en cela très proche du « point de vue», tel que j'ai tenté de le définir
provisoirement plus haut (le fait que la bataille Mais le point de Waterloo soit une à la part, vue, dans La ChartreLMe de Par/ne, par les yeux de Fabrice un fait de «focalisation»). fois qualitatifd ceptions, raison une certaine et quantitatifd quantité façon de voir les choses et les événements des opinions, des jugements d'information on a appelé (1983), est ainsi

de vue désigne qui a des aspects et, d'autre

: un point de vue incorpore de valeur sur les faits racontés. « omniscient» la focalisation de
«

des perC'est la a

pour laquelle

le type de narranon limitée reçoit l'intérêt une deuest de

teur qui peut nous communiquer priori. Ainsi, chez Genette xième désigner définition, des degrés «redtriction

une information de cha/np », dont maximale

de régulation

l'information

narrative», limité au

qui est, au moins virtuellement,

dans le cas de la narra-

tion anonyme, et minimale lorsqu'un point de vue d'un seul personnage.

récit est strictement
«

Si donc la focalisation désigne
narrative interprétations de la fonction

la manière dont l'information
entre deux ou personil s'agit de l'incarner (narrateur

est fournie au lecteur », on ne peut qu'hésiter ainsi exercée: individus

dans la vision d'un ou plusieurs nage), ou bien de rutreindre la narration. tative. selon la seconde, la fonction

ou d'élargir, selon le cas, le champ de ne sont pas équivalentes: est purement quantide focalisation

Mais ces deux définitions

LES PROBLÈMES

FONDAMENTAUX

DE LA NARRATOLOGIE

35

La focalisation une catégorie time possible concevables, sation

est présentée

par Genette

(1972 et 1983) comme

majeure

», la « roÏ--'"C ou type de narrateur, de dresser et d'autre

du récit, plus importante en fait que celle de au point que, d'une part, il esune liste exhaustive part - entreprise fondamental, des focalisations ambivisiblede particulièrement plus important évoqué. de plusieurs à trois termes

tieuse - de dresser représente ment que le narrateur, Ayant ses prédécesseurs,

un inventaire le critère

des types de récits où la focali-

qui n'est que rarement propose

à la fois utilisé et critiqué Genette

les analyses une typologie

des faits de focalisation

et donc des types de récit (1972, p. 206) : zéro »), qui ne présente particulier, «récit et correspond omnià narrateur

a. Le récit non focalidé (ou à «focalidation le point de vue d'aucun à ce qu'on scient ». nomme personnage couramment

b. Le récit à focalidation interne, qui présente personnage; « fIXe » (centrée The A,nbaddadord, Madalne Charles Borary, Bovary, toutefois, cette focalisation sur un seul personnage, de James), où le «personnage

le point de vue d'un interne peut être dans dans comme Strether (comme serait focal»

ou «variable»

d'abord

puis Emma, puis Charles externe,

à nouveau). et le lecteur et motivations quelques dif-

c. Le récit à focalidation voient restent ficultés mineurs phantd), secrètes. à illustrer Genette

où le narrateur les pensées éprouver

agir des personnages

dont

semble d'abord

ce type de focalisation:

il cite deux textes

d'Hemingway (The Killerd et Hilu like white elepuis D. Hammett, pour indiquer finalement que la externe caractérise notamment «vrai souvent, sinon des œuvres, énigmatique, Phileas du pour Fogg de récits d'aventures (comme (Dumas,

focalisation Vercors) enfin

moins des passages, révéler son

où un personnage

reste longtemps caractère»

dans Le Tour du Inonde en 80 jourd) 16.

16. Le SaLanzmbô de Flaubert aurait constitué, Genette, le meilleur exemple de «focalisation d'un bout à l'autre d'une œuvre. La même

du point externe» remarque

de vue de maintenue vaut pour la

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