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LA LANGUE

fRANÇAISE missions

À LA CROISÉE pour l'Alliance

DES CHEMINS française

De nouvelles

Ont participé à l'organisation de ce colloque

Jean AUBA
Sylvie BLUMENKRANfZ Martine FLAGEUL jean HARZIC jean-Marie jacques LE BRETON

VIOT

@ L' Harmattan, 1999 ISBN: 2-7384-8499-9

Fondation

SINGER-POLIGNAC.

Présidée par Edouard BONNEFOUS
Chancelier honoraire de l'Institut de France Ancien Ministre d'État

Actes du Colloque

LA LANGUE FRANÇAISE À LA CROISÉE DES CI1EMINS

De nouvelles missions pour l'Alliance Française

Sous la présidence de Jacques VIOT Ambassadeur de France Président de l'Alliance Française

Paris, le 14 octobre 1998

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique
75005 Paris

-FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADAH2Y IK9

SOMMAIRE

MATINÉE

Ouverture du colloque par Jacques VIOT
Ambassadeur de France Président de l'Alliance Française

La langue française, handicap ou atout pour notre action culturelle et de coopération par François NICOULLAUD Directeur général des Relations culturelles, scientifiques et techniques et, depuis janvier 1999, Directeur général de la Coopération internationale et du Développement, Ministère des
Affaires étrangères

Les sonunets de la francophonie: une constellation souveraine par Jacques LEPRETTE
Ambassadeur de France

La langue française en Amérique du Nord par Jacques-Yvan MORIN
Professeur émérite à l'Université de Montréal Ancien vice-Premier Ministre du Québec

La langue française et les pays francophones d'Afrique: le cas du Sénégal par Seydou Madani SY Ancien Ministre
Médiateur de la République du Sénégal

La langue française dans les sciences par Hubert CURIEN Ancien Ministre Membre de l'Institut

La langue française dans le domaine du droit par Marceau LONG
Vice-Président honoraire du Conseil d'Etat

APRÈS-MIDI Langue et culture par Jacques RIGAUD
Président de RTL

Lefrançaisetran~ais par Jean-Marie LE BRETON
Ancien Ambassadeur Directeur du Conseilfranco-britannique (Section française)

La langue française et les médias par Gabriel de BROGLIE
Conseiller d'Etat Membre de l'Institut

La vraie nature du défi américain par Guy SORMAN Ecrivain

Le cinéma et la langue française par Nicolas SEYDOUX
Président Directeur Général de Gaumont

Langue française, langue des autres par Salah sTÉTIÉ
Ambassadeur honoraire du Liban Ecrivain, Grand prix de la francophonie de l'Académie française

Présentation de r Alliance Française par Jean HARZIC
Secrétaire Général de l'Alliance Française

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Les Alliances Françaises en Belgique par Jean-Pierrede LAUNOIT
Président de l'Alliance Française de Bruxelles

Les Alliances Françaises des Etats-Unis
par Jane Marie ROBERT Vice-Présidente de la Fédération des Alliances Françaises des Etats-Unis

Les Alliances Françaises du Mexique par Agustin LEGORRET A
Président de la Fédération des Alliances Françaises du Mexique

Conclusion par Jean AUBA
Vice-Président de l'Alliance Française,

Témoignage par 'ÉdouardBONNEFOUS
Président de la Fondation Singer-Polignac Œancelier honoraire de l'Institut de France

Ancien Ministre d'Etat

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ONT ÉGALEMENT PRIS LA PAROLE AU COURS DU COLLOQUE

Gérald ANTOINE Membre de l'Institut

Laurent AUBLIN Directeur de la Coopération culturelle et linguistique au Ministère des Maires étrangères
Marcel BEAUX Ancien Ambassadeur

Jean BÉLIARD Ancien Ambassadeur André DANZIN Président du Forum International des sciences humaines Vice-Président de la Commission française pour l'UNFSCO Charles HARGROVE Journaliste et écrivain
France de HARTINGH Ancien Ambassadeur Pierre HUNT Ambassadeur de France

Francis LANGLUMÉ Associé gérant de l'Office PICARD Dominique MARTINEAU Adjointe au Directeur des réseaux et projets culturels - TV5 10

Claude

MOISY

Journaliste Ancien Président Directeur Général de l'Agence France Presse
François PLAISANT Ambassadeur de France Robert RICHARD Ancien Ambassadeur

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Jacques VIOT

OUVERTURE

DU COLLOQUE

En ouvrant ce colloque, je veux remercier la Fondation Singer-Polignac et son Président, Monsieur Edouard Bonnefous, ancien Ministre d'Etat, Chancelier honoraire de l'Institut de France, pour nous avoir proposé de le tenir et nous avoir apporté l'aide généreuse qui a permis de l'organiser. Je remercie aussi tous les participants, en premier lieu les nombreuses et éminentes personnalités qui ont accepté de prendre la parole. Nous éprouvons une reconnaissance particulière pour les amis étrangers (mais faut-il les qualifier d'étrangers ?) qui ont répondu à notre invitation. Leur présence prouve, s'il en était besoin, que notre langue n'appartient pas aux seuls Français; elle est le bien commun de tous ceux qui la pratiquent. Nous avons intitulé le colloque: "La langue française à la croisée des chemins de nouvelles missions pour l'Alliance Française" . Ce libellé mérite quelques explications. Il s'agit de la langue française. De la langue française partout où elle est parlée, écrite, enseignée. Ce n'est pas un colloque sur la francophonie à proprement parler. Ni sur l'Alliance Française. Mais nous serons amenés à traiter de l'une et de l'autre. Notre entreprise n'est pas seulement ambitieuse, elle est téméraire. Les questions sont nombreuses. Pour y répondre il faudrait plusieurs rencontres. Au moins pouvons-nous les poser et essayer d'éclairer le débat. TIen est deux qui paraissent essentielles. Le français est-il appelé à devenir une langue de très large diffusion ou à rester

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une langue de culture? Doit-il craindre la mondialisation? Nous n'aurons pas loisir de disserter sur le nombre réel des francophones. Le chiffre de 160 millions est très souvent avancé. Certains disent 200, voire 250 millions. D'autres vont jusqu'à 400 millions. Des observateurs peu bienveillants sont plus restrictifs. Le magazine américain TIME, dans son numéro du 7 juillet 1997, ne fait pas figurer le français parmi les dix premières langues, alors que le japonais occupe la neuvième place avec 124 millions et l'allemand la dixième avec 121 millions de locuteurs. Toute analyse sérieuse devrait distinguer entre les ressortissants des Etats" ayant le français en partage", ceux dont le français est la langue d'usage général et quotidien, et ceux pour qui il constitue une seconde, voire une troisième langue acquise à travers l'enseignement. Si certaines évaluations paraissent excessives, d'autres sont réductrices, car elles ne prennent pas en compte l'universalité du français, sa dissémination sur l'ensemble du globe, son enseignement dans la quasi totalité des pays et le rôle qu'il joue dans les organismes internationaux. Aussi bien "Language Today", repris par 1"American Council on the teaching of foreign languages", place Ie français au deuxième rang, derrière l'anglais et devant l'espagnol, parmi les" dix langues les plus influentes". La présence de notre langue dans l'ensemble des pays francophones représente pour elle un atout majeur. Elle se trouve renforcée par leur poids dans le monde et par l'action des instances de la francophonie. Les pays francophones s'inscrivent en faux contre ceux qui affirment que le français est une langue élitiste, qui de ce fait appartiendrait au passé. Bien au contraire le français est aussi langue de développement. 11ouvre à ceux qui le pratiquent les voies de la promotion interne et leur permet d'accéder aux relations régionales et internationales. Les pays francophones donnent une autre leçon. La langue française y prend des formes qui peuvent déconcerter. La syntaxe et le vocabulaire heurtent parfois un goût classique. Plutôt que de le déplorer, il faut y voir la preuve de la 14

vitalité de notre langue et de son aptitude à exprimer des cultures très diverses. La littérature française ne se trouve-t-elle pas fécondée depuis des décennies par des écrivains africains, québecois et cara'ibes ? Sur un plan plus général, on ne peut qu'être impressionné par la floraison d'écrivains de toutes origines qui choisissent le français pour s'exprimer, alors même que ce n'est pas leur langue maternelle. Les exemples ne manquent pas, y compris parmi les plus grands de ce siècle. De surcroît, nous avons tous constaté, en particulier dans les Alliances Françaises, le rôle de celles et ceux qui ont appris et parlent le français. Ils représentent des minorités agissantes, qui constituent des pôles d'influence et contribuent à maintenir sa place dans le monde. On ne saurait établir des distinctions rigides entre les pays francophones et les autres. Le combat pour la langue française doit être mené partout où il faut la défendre et la promouvoir. La mission de l'Alliance Française elle-même n'est-elle pas de rassembler tous ceux pour qui, suivant la belle formule de Maurice Druon, la langue française est "une patrie sans frontières" ? Se tournant vers les Français eux-mêmes, il faut leur rappeler que l'attrait de leur langue reste inséparable de l'intérêt qu'ils y portent en France même. Il leur appartient de maintenir la qualité de son enseignement et de défendre sa place dans la vie nationale et internationale. Cet attrait sera d'autant plus fort que les Français sauront se montrer plus ouverts et plus généreux qu'ils ne le sont actuellement en accueillant les étudiants étrangers, en octroyant des bourses et en invitant les professeurs, les artistes et les chercheurs. *
* *

La mondialisation frappe les activités culturelles comme les activités économiques et financières. Après la radio et la télévision, de nouveaux réseaux de communication enserrent 15

la planète. Une bataille décisive de grande ampleur se livre sur ces réseaux. L'anglo-américain renforce ainsi ses positions. Dans un tel contexte, le combat pour la langue française constitue pour nous tous une priorité politique. Nous savons "qu'en le menant nous ne défendons pas seulement la place singulière de notre langue, nous maintenons le pluralisme culturel et nous luttons contre une uniformisation qui vise à être ùniverselle mais qui apparai~ trop souvent réductrice. Le combat se livre au sein de la francophonie et dans nos relations avec les autres pays. Qu'il suffise de mentionner les objectifs de la politique culturelle, les accords de réciprocité, le maintien du français dans les organisations internationales et la nécessité du pluralisme linguistique, en particulier au
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sein de l'Union européenne.
L'accroissement des moyens et l'adaptation des méthodes restent une nécessité: recours à l'audiovisuel et à l'enseignement à distance ... Il appartient de surcroît à tous les francophones d'assurer la présence du français sur les réseaux électroniques. L'importance de la diffusion d'émissions françaises de radio et de télévision n'est plus à souligner. Dans ce domaine, des efforts significatifs sont accomplis. Radio France Internationale est le plus grand média francophone au monde. Quant à TV5, qui peut être reçue dans 140 pays, elle fait l'objet d'une relance ambitieuse. C'est en partie de l'audiovisuel extérieur que dépendent le maintien et l'extension de la francophonie. Nous ne pouvons pas écarter le débat sur les rapports entre la langue et la culture. Que notre langue soit porteuse de culture est une évidence. Mais la transmission de nos oeuvres et de nos idées ne peut-elle se faire que par et à travers le français? Devons-nous au contraire accepter qu'elles passent par une autre langue afin d'être reçues par le plus grande nombre? Cette position n'est pas seulement défendue par des scientifiques, mais aussi par des hommes de culture et de communication. Elle amène à admettre et encourager la diffusion de productions scientifiques, littéraires, cinématogra16

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