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LA NUIT DES CAURIS

De
145 pages
(Côte d'Ivoire).
Cet ouvrage est le roman d'un homme, semble-t-il inachevé, qui récupère et reconstruit les joies d'une enfance ivoirienne à travers le regard désormais meurtri et déterminé de l'adulte occidental. Un roman d'initiation dont l'écriture en spirale laisse présager - au-delà de cette quête conciliatrice - une plongée progressive dans le monde poétique et foisonnant de l'inconscient et du symbolique.
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LA NUIT DES CAURIS

Collection Encres Noires dirigée par Maguy Albet et Alain Mabanckou

Alexis ALLAH

LA NUIT DES CAURIS
Roman

L'Harmattan

@ L'Harmattan, 1999 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal (Qc) Canada H2Y lK9 L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino ISBN: 2-7384-8425-5

À N aJ1J1 ail

Koko

N' Guessal1

I.
Trois coups de Inachette sur le bois sec suffisent à réunir la population. Nanllan est au centre. Conlnle toujours, il prend plaisir à s'adresser à elle. Elle l'écoute avec attention, le suit du regard dans ses gestes, car à la fin, la réC0111penSe fort agréable. est « - He, Nannan, aujourd'hui le gros coq n'est pas en tête du cortège, lui dis-je.
- Bien sûr, 1110nOiseau. C'est nor111al. C'est C0111111e et nloi. toi Je te prends avec nloi pour te pernlettre d'assil11iler les bonnes coutu111es dont ces volailles sont friandes. Ainsi, le jour où tu viendras seul, tu sauras t'adresser à eux de la nlê111e façon que nl01. » Ce jour-là, j'ai nourri en 1110icette consécration en substituant notre couple à celui du gros coq et son petit. Nan11an 111'avait fait cadeau d'une poule. Maintenant elle a beaucoup de poussins. Je l'ai prise et l'ai caressée, conln1e à l'accoutunlée. Elle apprécie cette attention. Les poussins m'ont donné l'Ünpression d'être jaloux, ce qui 111'aper111isd'exercer 1110nart sur eux: caresses par-ci, caresses par-là. J'ai donné à chacun sa dose. Ils sont heureux. La confiance est totale. Je sais que je viens de créer un nouveau rapport avec ces poussins qui sont d'une insatiable gournlandise. « Surtout, il ne faut pas que tu cèdes à leurs caprices », souligne Nannan. Chen1in faisant, il faut croire que les 111ên1esgestes se répètent tous les jeudis et dinlanches, nlatin et soir, en arrivant et avant de quitter le chanlp. Et toujours Nannan finit par leur donner le 111aïs en den1ier lieu après le ll1anioc, l'igna111e et la papaye. Ils saluent ce geste devenu rituel par le fait qu'ils nous accolnpagnent jusqu'au coin du chanlP avec des cris de coqs, de poules et de poussins tous azinluts. J'interprète cette gratitude C0111n1e une ovation, un re111ercielnent, un au revoir. De loin, suivant le Che111inparcouru du

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regard, j'aperçois le gros coq nous observer dans l'éloignenlent. Du challlp au village, nous traversons une nature habillée par un coucher de soleil qui exprinle la douceur après une jouTIlée torride. Je ne souhaite qu'une chose en étant avec cet hOl11nle que, seul, un regard d'enfant peut juger plein de vie: que nous perdions beaucoup de tenlps entre le cha111pet le village bien que les autres nlenlbres de la fanlille attendent notre retour. Arriver à destination, c'est nlettre fin aux nonlbreuses histoires d'une existence; des histoires qui peuplent nlon inlagination. Le chenlin a beau être court dans nla tête, je Ille trouve les nleilleurs argunlents pour résister à la déception et susciter l'espoir: d'ici trois ou quatre jours tout reconlnlencera.

La beauté de la vie enrichit l'inlagination de l'enfant et lui donne des perspectives de réflexion. Et voilà que parfois les cruelles lois de la nature peuvent porter un coup dur à tout enchantenlent. Du coup, sans avoir dégusté le suc savoureux de l'existence, il est désabusé de tout, vrainlent de tout. La vie est tout et rien à la fois. * * * C'est jeudi. C'est un nlatin bien gris oÙ le soleil a du nlal à S'Üllposer.La fanlille vaque à ses occupations nlatinales. On entend une voiture s'arrêter.
« - C'est bien tôt pour l1langer, 111ur111ure Manlie. - Non, ce n'est pas un client ~c'est Mo, répond Margo. - Que fais-tu là si tôt? - Je viens du village; d'habitude. - Et ça va ? - Oui, ça va, nlais pas vrainlent. Je suis fatiguée. - Si cela peut te rassurer, nloÎ aussi je suis épuisée et je 11lesens lourde. » Dans la conversation entre Manlie et Mo, un 1110tde passe nl'a Je SUIS paliie encore plus tôt que

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échappé. C0111111e intuition, cette arrivée ne provoque pas autant par de joie que les visites précédentes. C'est Ahou, une des e111ployées de Malnie qui trouve la nleilleure solution; celle qu'il faut, dans ce genre de circonstances, pour vaincre les contingences. « Zoukouba, du pain! »

Son retour de la boulangerie ne facilite pas les choses. Tristesse et attendrissenlent se lisent sur tous les visages. Personne n'ose affronter son regard. Ce nlalaise le nlet hors de lui-nlênle. Les spéculations entre les deux tantes causent en lui une énlotion faite de peur. Il pressent le pire. Fin comll1e il est, l'exactitude est chez lui une qualité qui perturbe son entourage. Avant que les soupçons de Zoukouba ne deviennent des annes qui affaiblissent sa stratégie, Mamie ajoute ceci: « Tu dois partir au village avec Mo ! »
Les lar111es qui coulent prennent l'allure d'une chute d'eau au S0111nletd'une 1110ntagne. La parole de la fenl111ene fait qu'inciter la cascade de larnles dans sa course. Pour apaiser ces la111entations sans fondenlent, basées sur les blessures que l'inlaginatiol1 inflige à cet enfant qui croit détenir la clé de l'atnlosphère alllbiante, atnl0sphère ayant le parftul1 d'un nlystère, Maulie balbutie ces 1110tS sortis d'une logique qui ne fait qu'aggraver les peines de Zoukouba. « Vrainlent, tu vas partir au village avec Mo, parce que 1110n frère ne va pas bien. Je vous rejoindrai plus tard, quand j'aurais lnis un peu d'ordre dans 111es affaires. »

Maintenant, une chose est sûre; il Y a un dranle au village, pense le jeune honlnle qui pleure toujours. Mo aide Ahou à faire son sac et sans chercher à savoir si tous les paquets contiennent ses vêtenlents et autres affaires, le taxi approche; trois coups de klaxon signalent le départ de la voiture. Dans le taxi, Zoukouba se pose beaucoup de questions sans réponses. Il ne c0111prendpas pourquoi c'est lui que sa tante est venue chercher et non pas Manlie, alors que c'est son propre frère qui est nlalade. À douze ans, dans une jeune tête beaucoup de doutes persistent, l1lais lui l1e se laisse ,pas consoler par ce prétexte

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censé lui faire prendre la route. Les lanlles coulent toujours; il avale celles qui tOll1bentdans sa bouche. Il aurait fallu annoncer sans détour ce qui s'était passé. C'est plus sinlple. Le nloral en prend un sacré coup et la raison aidant, on se résout à la force de la vie. Personne ne peut aller contre le destin. Quarante nlinutes de route, dans l'ignorance du dranle : le dranle de sa vie. Ils arrivent sous un soleil resplendissant au village. C'est le soleil de la vérité, celui qui tranche. Le ciel de Bouaké nourrit des doutes. Celui du village, bleu conlnle il est, rend au soleil son authenticité. Après avoir pris son argent, le chauffeur de taxi fait ses nlanœuvres et part de là sans nlanifester une quelconque curiosité. Zoukouba suit Mo qui traîne toute seule ses bagages. À cinquante ll1ètres de la ll1aison où il a fait le début de sa vie, une foule compacte est rassenlblée. Il croise le regard de son père, et ce regard conlnlunicatif écarte une part du grand doute. Les visages des ll1ell1bresde la fanlille se succèdent dans son inlagination, dans sa pensée. Le bouillonnelnent intérieur réduit en lnêlne tenlps son chanlp de réflexiol1. Mo devance sa prénlonition et enchaîne: « On ne pouvait rien te dire tout à l'heure parce qu'on sait les liens entre toi et cet h0111nle.Gnokossenako a ll1al aux pieds. Cela s'est passé ce ll1atin 111êllle. »
La vérité est née. La cntelle vérité, la vérité "venin ", la vérité vipère; celle qui pique, qui nlord et qui fait 111al.Elle rougit les yeux, nlais ne les détruit pas. L'enfant court dans tous les sens conlnle un chien enragé. Il ne perd pas la tête ~ il est lui-nlên1e perdu. Il n'a plus de lanlles n1ais il pleure encore. La sécheresse des lanlles vient de conln1encer. Le corps inerte, exposé dans le salon, est celui du père de sa n1ère. Il le bouscule, 111aiscelui-ci ne réagit pas. Les nonlbreuses fen1n1es qui entourent le corps n'ol1t plus de larnles. Malgré tout, elles continuent de pleurer, pleurer le petit fils et non le nlort. Une voix se distingue des autres. C'est celle de l'épouse du défunt: «Atounlani est à plaindre. Mon nlari est à pleurer. L'un et l'autre sont dans la peine. Atounlani doit affronter la vie sans repères. Il n'a pour seul C0111pagnonà conlpter d'aujourd'hui que le vide; il est aussi grand que le nlonde. Mon hon1nle est parti sans

la

prendre le tenlps de nlettre de l'ordre, sans nlêIne prévenir son Atoumani. Les larnles peuvent-elles consoler cet enfant qui, sans avoir usé de la vie, doit la subir avec adversité. Les anlles de son Nannan ne lui serviront .laInais. Il est désarlné avant nlênle d'être forIné. Le destin sait bien faire les choses et je le renlercie du sort qu'il fait subir au petit! » Longtenlps après, ces lanl1es de désespoir résonneront dans la nlé11loirede l'enfant conln1e un écho. Cet écho est le lien qui unira le vieil hon1n1eet le jeune enfant. Il enlplira pour plusieurs années le vide, l'imlnense espace. Mo fait venir son cousin Abo, suivi de quelques adolescents de son âge. Ils l'entourent de cette chaleur juvénile et consolante dont seuls, eux, ont le secret. Ils l'éloignent du foyer funéraire pour un petit monlent. * * * Bien avant que le vide ne se creuse, la vie était si agréable à plus d'un. Agréable à deux, à trois, à quatre que sais-je? Je ne relate que ce que je sais d'avant nla venue à aujourd'hui. Connaissant par avance le dénouenlent heureux, conlnle par enchantenlent, pris sous le coup de l'énlotion, Nannan dit ceci à son gendre: « Cours le plus vite possible extraire le bangui et reviens avec le vieux barbu. Moi, je dois attendre désespérénlent au carrefour. Pour désan11er110trepatience et celle des convives, nous en aurons besoin; pour décrisper les acolytes, nous aurons à noyer nos angoisses, nous aurons besoin ce nlardi soir sans aucun doute de troubler le sonl111eilde nos ancêtres. Nous perpétuerons le savoir qu'ils nous ont légué. C'est notre façon de nous faire pardonner, de perl1lettre à leur l1lél1loirede traverser les âges, de voyager dans la douceur de la nuit. Pour le nlo11lent,c'est à nous de voyager dans la chaleur de l'après-midi. » Gnokossenako et Kédjébonou se quittent bien agités, chacun partant de son côté.

Il

Nannan

file couvre

de bonheur. Il consacre sa vie à l'éducation

de ses petits-fils. Selon lui, la vie d'un enfant dépend des soins, de l'attention et de l'affection que lui dOlll1eson entourage. Un enfant est COfilnleune plante; il faut l'arroser sans lassitude pour nlieux l'observer pousser. Un enfant a besoin de la cellule fanliliale ; elle lui pernlet par ses petits soins de grandir dans la plénitude, dans la gaieté anlbiante. Il est le troisiènle enfant issu d'une fanlille cOlnposée de six enfants. Il est grand et nlesure environ un nlètre soixante-seize. Pour sa physiono111ie,il faudrait se référer à sa fille. Quant aux traits physiques de celle-ci, d'aucu11saffirnlent que je lui ressemble. Ces gens 111e regardent et prétendent tenir dans leurs nlains le portrait de Monleh. Par conséquent, sans chercher à conlprendre réellenlent les }jens nous unissant, ils nle font systénlatiquenlent passer pour son petit frère; à leurs yeux, je deviens le petit frère de celle qui ln'a donné la vie. Nannan, MOlneh et nloi, nous nous ressenlblons conlnle trois gouttes d'eau. Le village est divisé en deux parties. Nannan dirige l'une et l'autre vit sous le règne de son collègue et anli. Ils s'entendent bien, s'apprécient énonllénlent parce qu'ils ont tous deux un point conlnlun : le sens du pouvoir ne les intéresse pas, nlais ils ont la ferlne conviction qu'une société a besoin d'un h0111me charisnlatique et rigoureux pour sa baIlle nlarche. Ils sont nés et faits pour diriger.
Nalll1an aurait bien voulu avoir des enfants; il n'en a eu qu'un seul: nla nlère. Dès lors, il considère les enfants de sa fille conllne les siens. Il voit son gendre C0111nleson enfant. Il ainle se consoler dans le fait que sa fille, elle, en a beaucoup. Mon père est son double pour diriger le village. C'est autour de nloi que Nannan a posé les bases de sa forteresse. Elle est invulnérable à tout sauf à ce qui peut constituer nla propre blessure. Cet honlnle d'aploll1b a une réputation qui dépasse les frontières régionales. La nouvelle de sa disparition traversa tout le pays. La radio nationale se chargea de la diffuser le jour du décès. Elle surprit ceux qui l'avaient connu et laissa les autres indifférents. En l'espace de quelques heures, les gens, venus de près ou de loin, rell1plirent la cour et le village afin de saluer l'holl1111e dans son dernier

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voyage. Le village dut faire face à une croissance dénl0graphique. Il prit en charge l'hébergen1ent des gens venus des quatre coins du pays. Les funérailles étaient grandioses. Toutes les activités subirent du coup un arrêt de trois jours; le tenlps de l'inhulner. Pendant ces trois jours, seuls les enfants s'offraient le sonlnleil habituel. Quant aux adultes, ils observaient le soleil dans ses va-etvient sans oser succonlber aux bras de Morphée. Le poids de la fatigue traduisait l'effort acconlpli pour rendre ce dernier honln1age au chef. Les autochtones se denlandaient si la cour retrouverait encore son envergure: le théâtre des rencontres nocturnes où chacun disait un conte ou plusieurs selon son inspiration. L'onlbre de Nannan pesait sur le village et particulièrenlent sur la cour. Cette fois, il ne s'agissait plus de narrer ou d'écouter des histoires, nlais de pleurer un être qui avait tout fait pour satisfaire ses senlblables ; un être foudroyé par un destin brutal conlnle le jaillissenlent de l'éclair au cœur de l'orage. Il fut d'opinion très comnluniste car il ainlait rendre service à ceux qui en avaient besoin. Du coup, sa générosité était perçue conln1e une provocation, voire une condanlnation par ceux dont les croisades sociales se résunlaient aux spéculations financières. Riche, il n'eut besoin de personne pour organiser sa vie. Il avait tout pour être considéré conlnle un notable digne de considération et pourtant il disait souvent: « L'argent ne fait pas tout; les honlnles conlptent plus que les pièces et les billets des banquiers. » Tous les éloges ont été entendus durant ces trois journées de deuil. Lorsque les tanl-tanlS nlessagers ont retenti, c'était pour les rendre encore plus vivants. Il fallait qu'ils aillent au-delà du périnlètre habitable, qu'ils traversent les bois pour atteindre quelques lointains voisins. Pour la jeune génération, ces tanl-tanlS font du bnIÏt ~ ils n'ont rien conlpris à la chose. Quant aux vieillards, ils partent du principe que la nlort installe toujours un désordre au sein de la cOlnnlunauté. Par conséquent, à travers leurs paroles sacrées, les tanl-tanlS essayent de planter le décor d'une vie nouvelle. C'est pour cette raison que, seuls, eux vieillards avertis, sont capables de décoder ces appels au secours prônés par les tanl-

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tanls de leurs ancêtres. C'est au quatrièl11e jour que le village retrouva son allure habituelle. Les habitants recouvrèrent leur rythnle de vie. Quant à la fanlille, il lui fallut encore un peu plus de tenlps pour renouer avec le quotidien. Ce l11atin-Ià, en nle réveillant, il n'y avait plus de pèlerins. Tous étaient partis. La nlort de Nannan a eu une profonde répercussion sur nla vie scolaire. Ce n'est ni nlon père, ni nla 111ère ont pris la résolution qui de m'inscrire à l'école. C'est en observant les enfants plus âgés que j'ai décidé de nle lancer conlll1e eux, sur le chell1in de l'école. À défaut de recueillir l'adhésion des parents, je fonds en larnles. Je veux 1l10iaussi apprendre à lire, à écrire et à parler ell langue étrangère. Les parents encouragent leurs enfants. Certains, C0111nle deux de nles cousins, refusent d'aller à l'école. D'autres sont ravis. ConlIlle toujours, dans de telles circonstances, Nannan use de son arnle de prestige: la parole. En outre, nles torrents de lanl1es apparaissent conlme un arguI11entsûr. Ma n1ère, que le hasard a conduit dans la cour parentale à ce 1110111ent-Ià, frappée par la est divine réaction de son père: « Écoute, va dire à ton nlari que je veux le voir tout de suite. C'est urgent. On ne peut pas laisser pleurer un enfant à qui l'innocente sagesse dicte la bonne voie. » Il senlble nl0ntrer une n1ine sévère, nlais rassurante en prenant la décision d'appuyer l110nidée. Janlais ses proches ne lui refusent ce qu'il leur denlande. Il sait toujours ce qu'il veut. La plupart des gens le redoutent, ou plutôt redoutent sa droiture. Je le suis dans ses prol11enades quotidiennes. En attendant files parents, Nannan n'a pas arrêté de Ble consoler, de file rassurer en disant que son soutien nl'est acquis:
« De toute façon, je n'en pense pas l11oins. Je l'aurais fait un jour ou l'autre, lllais j'attendais que tu sois un peu plus grand. En allant à l'école, tu auras une double culture. Déjà, tu es ll1a fierté. Mais avec la culture des Bl~fàllès, tu feras ll1a double fierté. C'est pourquoi je ll1ettrai toute ll1a force pour que ton choix soit respecté. S'il faut aller jusque dans leur pays, dans le pays des Blancs pour l11ieux assinliler leur culture, tu iras. Tiens, ton père est là ! »

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