LA ROUMANIE DU COMMUNISME AU POST-COMMUNISME

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Attendu pendant plusieurs décennies, l'après-communisme est devenu une réalité. Ce volume se propose de répondre à quelques questions majeures concernant le passé récent et le présent de la Roumanie : quelles étaient les spécificités du communisme roumain ? Quelles sont les versions les plus plausibles des circonstances de la chute de Ceaucescu ? Comment expliquer les avatars du post-communisme ? Comment la population roumaine voit-elle l'Occident et qu'en attend-elle ?
Publié le : vendredi 1 janvier 1999
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EAN13 : 9782296377127
Nombre de pages : 200
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La Roumanie
du communisme au post-communismeCollection Le Monde en transition
dirigée par
lean-Paul COURBON et lean-François SOULET
Avec cette nouvelle collection, des spécialistes originaires des pays ayant
connu des transformations politiques, sociales et économiques radicales
nous donnent les clefs pour comprendre les mutations en cours.
(QL'Hannattan, 1998
ISBN: 2-7384-7293-1Cristian BOCANCEA
La Roumanie
du communisme au post-communisme
L'Harmattan L'Harmattan Inc.
5-7, rue de l'École Polytechnique 55, rue Saint-Jacques
75005 Paris -FRANCE Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9À la mémoire de mes Grands-Parents,
Maria et Nicolae MercoreSOMMAIRE
Avant-propos ...13
Chronologie sommaire de 1'histoire de la Roumanie. .. ... ... ... . ... ... 17
"
PREMIÈRE PARTIE
LE COMMUNISME À LA ROUMAINE
Chapitre I
L'INSTALLATION DU COMMUNISME .21
I.Le premier gouvernement"vraiment démocratique" .22
2. Le cheminvers la république populaire... ... ... ... ... ... ..26
3. Un pluralisme mourant face au parti unique... .... ... ... ...28
Chapitre II
LE SYSTÈME POLITIQUE DE LA ROUMANIE
SOCIALISTE... ... .., ... ... ... ... ... ... ... .., ... ... ... ... ... ... ... ... ..33
1. Trois Constitutions pour bâtir une nouvelle société.. . ...34
2. L'État communiste... ... ... ... '" ...39
'"
3.Le Parti Communiste, "patron" du système politique. .. . 46
-"Le pluralisme" de la démocratie populaire ... ... 47
- Du "dégel" à la re-stalfnisation ... ... ... ... ..49
9Chapitre III
LA SOCIÉTÉ SOCIALISTE ET "L'HOMO
SOVIETICUS" ... '" ... ... ... ... '" 55
'"
1. Les effets politiques d'unestructuresociale .56
2. Politique et socialisation: l'idéologie nationale. .. ... .. ... .. .67
SECONDE PARTIE
LA CHUTE DU COMMUNISME
Chapitre IV
LA RÉVOLUTION ET LES SCÉNARIOS DE LA
LÉGmMATION POLITIQUE .., ... ... ... ... 73
'"
Chapitre V
LES MOMENTS ET LES ACTEURS DE LA GRANDE
MUTATION. '" ... ... '" ..87
'"
Chapitre VI
LE PROJET POLmQUE DE LA RÉVOLUTION... ... ... ... ... ...97
TROISIEME PARTIE
UN PAYS EN TRANSITION
Chapitre VII
LA TRANsmON INSTITUTIONNELLE ... ...109
1. Les institutions provisoires. .. ... ... ... ... ... ... ... ... 110
'" '"
2. Les légitimes pré-constitutionnelles.. . .. . . .. . 116
"
3. L'Étatconstitutionnelpluraliste... ... ... ... ... ... ... .122
'" '"
10Chapitre VIII
LES ACTEURS POLITIQUES DE LA TRANSITION ... ..129
1. Trois étapes décisives... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ..129
'"
2. Les forces politiques parlementaires.. . ... .. . .. . ... ... ... .. . .134
-La social-démocratie... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ..134
-Le socialisme... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 141
-Le nationalisme ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 142
-L'orientation politique ethnique ... ... ... ... ... ... 146
-Le libéralisme... ... ... .. . ... ... ... ... . ... ... ... .. . ... ..148
-La démocratie chrétienne .., ... ... ... ... 150
'"
3. Les syndicats 152
4. Les médias ...156
Chapitre IX
LA TRANSITION AU QUOTIDIEN 159
1. Processus de la recomposition sociale et économique. . . . .. ...159
2. L'image de la transition ... .. ...166
- L'image de la politique ... ... ... ... ... ... ... ... .....167
-L'image de la démocratie ... ... ... ... ... ... .172
-L'image de l'Occident ... ... ... ... ... ... ... .175
-Le langage politique et les mythes
de la transition ... ... .177
'"
Bibliographie. . . . . . ... ... .. . . . . . .. .. . .., ... . .. .. . . .. . . . .. . . .. .. . . .. .. . 183
Annexes... .., ... ... ... ... ... ... ... ... ... .., ... ... ... ... ... ... ... ... ...187
'" '"
11AVANT-PROPOS
Désespérement attendu pendant plusieurs décennies,
l'après-conununisme est devenu, enfin, une réalité. Néanmoins cette
réalité est beaucoup moins confortable que la bipolarisation, tant pour
les démocraties occidentales que pour les anciens pays socialistes.
L'Occident était satisfait, jusqu'à un certain point, d'avoir sous la main
un exemple de mauvaise organisation sociale et politique, tandis que les
membres du "camp socialiste" construisaient leur propre "confort" sur
fond d'un énorme effondrement humain. A présent, la réflexion et la
pratique politiques doivent répondre à deux questions fondamentales:
qu'est-ce que le conununisme a été et qu'est-ce qui le remplace? Les
réponses ne sont pas faciles à donner.
On entend souvent des expressions concentrées, qui veulent
être des réponses métaphoriques aux interrogations portant sur la
nature et le sens du conununisme: un grand échec historique (selon
Zbigniew Brzezinski), un cauchemar (pour la plupart des intellectuels
dissidents d'Europe de l'Est) ou (pourquoi pas?) un effondrement
humain, un échec de l'humanité, qui s'est produit non conune une
"expérience nocturne", mais en plein jour (conune l'affirme Joseph
Brodsky). Qu'adviendra-t-il après ce grand échec? Naturellement,
l'après-conununisme. Celui-ci deviendra-t-il un nouvel épouvantail
pour l'Occident démocratique ou bien engendrera-t-il ce que Vâc1av
Havel espère: une nouvelle compréhension de soi-même de la part de
l'honune et un nouveau type de politique?
Deux siècles après la Révolution française, l'Europe de l'Est
est en train de donner une nouvelle signification au terme de
"restauration". Cette fois-ci, la restauration ne fait plus revenir sur
scène un régime conservateur, tyrannique et obtus, mais s'efforce de
rétablir les valeurs universelles de la démocratie. "L'Ancien Régime"
est maintenant le régime révolutionnaire de 1917 ou celui qui a suivi la
seconde guerre mondiale, et s'est transformé depuis en une expérience
tragique de l'humanité. Qu'il soit traité conune une curiosité historique
ou qu'il soit perçu conune un fantôme qui hantera longtemps encore la
13réflexion et l'action politiques, le communisme provoque
inévitablement des réactions affectives et intellectuelles. Nourries par la
sensation de "soulagement" d'après 1989, les réactions ont été
dominées, au début, par la rage de la destruction. Le manichéïsme s'est
imposé dans les jugements portés sur le communisme, comme une
compensation tardive au manque de courage et à l'absence d'attitude
d'opposition dans la période de gloire du totalitarisme de gauche. Après
avoir consommé le surplus d'énergie critique, l'analyse du régime
communiste commence à se détacher de plus en plus de l'approche
passionnelle, pour gagner en lucidité. La compréhension de 1'histoire
récente, dans son déroulement contradictoire, représente la prémisse de
la construction d'une civilisation humaine plus prudente, capable
d'éviter une nouvelle tragédie.
À la fin de la période communiste, toute une série de processus
de changements politique et économique laissait comprendre que le
monde en général, et l'Europe tout particulièrement, changeaient de
visage. Mais le changement, portant le nom de "transition"ne devait pas
être identique dans tous les anciens pays socialistes; pas davantage, en
tout cas, que ne l'avait été le communisme lui-même.
Vu de l'extérieur, le système communiste étalait une unité et
une cohérence étonnantes, grâce aux structures économiques, politiques
et militaires construites selon le modèle soviétique. Néanmoins, le
paysage uniforme du monde communiste devait être ébranlé par les
troubles de 1956, de 1968 ou de 1980. C'est ainsi que le monde apprit
qu'au-delà du rideau de fer il y avait encore des nations distinctes,
ayant des aspirations et des orgueils propres. L'image d"'enfant
terrible" de l'Est, dont a joui longtemps la Roumanie, maintenait la
même idée de sa différence à l'intérieur du camp socialiste. Le mélange
de l'esprit national, de l'uniformité de la doctrine communiste et du
modèle soviétique a produit des structures politiques et sociales fondées
sur des systèmes axiologiques souvent contradictoires (esprit
intégrateur versus indépendantisme, internationalisme versus
nationalisme, esprit communautaire versus individualisme, etc.). Si l'on
observe l'homme soviétique (homo sovieticus), analysé de manière
exemplaire par Alexandre Zinoviev, on constate que ce n'est qu'une
structure génériqpe, une matrice peuplée de types humains et nationaux
très divers.
Il y a, actuellement, dans la course infernale à la
démocratisation et à l'intégration européenne, des différences
significatives entre des États qui ont eu, pendant un demi-siècle, une
14histoire commune et qui ont essayé, presque en même temps, d'y mettre
fin. Surenchéries quelquefois par les médias, les différences des
"performances" à l'intérieur de l'ancien bloc communiste sont devenues
des arguments pour concevoir une intégration européenne et
euro-atlantique à plusieurs vitesses. Si souligner les différences est
parfois stimulant, souvent cela ne fait que satisfaire les orgueils de
certains pays (qui se considèrent comme "champions" de la transition)
et accentuer les frustrations des autres. Les nations de l'Europe
Centrale et de l'Est ont assumé différemment l'expérience communiste;
maintenant, elles doivent assumer la transition, chacune à sa façon, en
maintenant les justes proportions d'universalité et d'identité nationale.
Pour pouvoir s'orienter dans un monde qui change, tous ces pays
devront regarder non seulement autour d'eux-même, mais devant; une
épreuve plus difficile que la réforme ou la révolution est constituée par
l'analyse mûre et lucide du passé récent, puisque celui-ci projette
encore son ombre sur la transition actuelle.
C'est justement ce que j'ai essayé de faire, à travers mes
recherches concernant le monde communiste roumain et les processus
de la transition post-communiste. Si j'ai réussi à jeter quelques
lumières sur cette période de l'histoire récente, c'est grâce à l'aide de
mes anciens professeurs Jean-Claude Lugan, Jacques Poumarède,
Anton Carpinschi et Teodor Dima. J'aimerais aussi témoigner ma
sincère gratitude aux professeurs Jean-François Soulet et Jean-Paul
Courbon pour le soin qu'ils ont apporté à la révision de mon livre.
15CHRONOLOGIE SOMMAIRE
DE l'Histoire contemporaine de la ROUMANIE
1859, Union des Principautés de la Moldavie et de la Valachie
1866, Instauration de la dynastie de Hohenzollern-Sigmaringen
1877, Proclamation de l'indépendance d'État de la Roumanie
1881, du Royaume de la Roumanie
1918,27 mars, union de la Bessarabie avec la Roumanie
28 novembre, l'union de la Bukovine
1er décembre, union de la Transylvanie et l'achèvement du
processus de création de la Grande Roumanie
1938, Instauration de la dictature royale
1940,26 juin, occupation de la Bessarabie et de la Bukovine du Nord
par les Soviétiques
30 août, Diktat de Vienne, et occupation du Nord de la
Transylvanie par la Hongrie
6 septembre, Arrivée au pouvoir du général Ion Antonescu
1941,22 juin, Début de la guerre contre l'URSS
1944,23 août, Coup d'État contre le Maréchal Antonescu, début de
la guerre anti-fasciste
1945, 6 mars, Installation du premier gouvernement communiste
1947,30 décembre, Abolition de la monarchie et proclamation de la
République Populaire Roumaine
1948, Il juin, Nationalisation de l'industrie, des banques et du
transport
1962, avril, Fin de la collectivisation en agriculture
1964, 22 avril, Déclaration sur la position du POR concernant les
problèmes du mouvement communiste et ouvrier
international
19 mars, Mort de Gheorghe Gheorghiu-Dej et élection de
Nicolae Ceau~escu à la tête du PCR
1968, 21 août, Manifestations contre l'invasion soviétique en
17Tchécoslovaquie
1977, août, Grève des mineurs de la Vallée de Jiu
1989, 15-17 décembre, Manifestations anti-communistes de
Timi~oara
21 décembre, Manifestations contre le régime Ceau~escu à
Bucarest
22 décembre, Chute de la dictature
1990, 20 mai, Elections libres, gagnées par le FSN et Ion Iliescu
13-15 juin, "la minériade"
1991, 25 septembre, Nouvelle minériade et démission du
Gouvernement Roman
16 octobre, Formation d'un gouvernement de coalition (FSN,
PNL, PDAR, MER), présidé par Theodor Stolojan
1992,9 février, Elections locales, gagnées par la Convention
Démocratique dans les grandes villes
27 septembre, Elections générales et présidentielles,
gagnées par le PDSR et Ion Iliescu
20 novembre, Installation du Gouvernement Vacâroiu
1996, 2 juin, Elections locales, gagnées par l'opposition
3 novembre, Elections générales, gagnées par la CDR
17 Deuxième tour des élections présidentielles,
gagnées par Emil Constantinescu
décembre, Formation d'un gouvernement de coalition (CDR,
USD, UDMR), présidé par Victor Ciorbea
1997, décembre, Début de la crise gouvernementale provoqué par le
Parti Démocrate de Petre Roman
1998, avril, Formation d'un nouveau gouvernement de la coalition
CDR-USD-UDMR, présidé par Radu Vasile
18PREMIÈRE PARTIE
LE COMMUNISME À LA ROUMAINE

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