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LA SANTE AU CUR DES JEUNES

144 pages
La santé des jeunes devient un enjeu de société tant la modification des habitudes de vie a, en l'espace de quelques années, bouleversé les comportements des individus : nutrition, tabac, sédentarité… autant de nouvelles habitudes dont on mesure la répercussion sur l'état santé. Les auteurs de ce livre, acteurs de terrain, chercheurs, mettent en avant leur volonté de développer plus encore l'éducation et la promotion de la santé.
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La santé au cœur des Jeunes
Sant' Aisne

@ ORS Picardie, 1999 ISBN: 2-909915-15-5

@ L' Harmattan, 1999 ISBN: 2-7384-8697-5

Ouvrage

coordonné par

Philippe Lorenzo

La santé au cœur des jeunes
Sant' Aisne

Actes du Colloque du 21 octobre 1998 Saint-Quentin

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris FRANCE

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L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

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LES PARTENAIRES

DE SAN1~A'SNE;

Observatoire régional de santé de Picardie Observatoire de la santé du Hainaut Réseau santé du cœur en francophonie Union européenne Ministère des Affaires sociales et de la Solidarité Secrétariat d'État à la Santé et à l'Action sociale Préfecture de l'Aisne Conseil général de l'Aisne Caisse primaire d'assurance maladie de Laon Caisse primaire d'assurance maladie de Saint-Quentin Établissement de transfusion sanguine de l'Est-Picardie Biobanque de Picardie Rectorat de l'académie d'Amiens Inspection académique de l'Aisne Direction diocésaine de l'enseignement catholique Ville de Saint-Quentin Centre de formation des apprentis de la chambre cJ'agricu~ture de l'Aisne Centre de formation des apprentis de la ch~mbre de cOmmerce et d'industrie de l'Aisne Centre de formation des apprentis de la chambre des métiers ~e l'Aisne . Syndicat des enseignants (SE) Syndicat national des principaux et directeurs de l'Éduc!'tion nationflle Fédération des parents d'élèves de l'Aisne (FCPE) Caisse régionale de l'assurance maladie Nord-Pic¥die Mutualité sociale agricole de l'Aisne Assurance maladie des professions indépendantes de Picardie (CMR) Mutualité de ]' Aisne Comité régional d'éducation pour la santé de Picardie Comité départemental d'éducation pour la santé de J'Aisne Union régionale des médecins libéra\lx de Picardie Infirmières libérales de l'Aisne

PARTENAIRES DU COLLOQUE DV ~1 OCTOBRE
Conseil régional de Picardie Institut de formation de soins infirmiers de Saint-Q\.lent;n L'Aisne NouveUe

SOMMAIRE
Avant-propos Odile Kremp . présidente de l'ORSPicardie
Pour une promotion durable de la santé Philippe Lorenzo. . directeur-adjoint de l'ORS Picardie

p 11

P 15

Supplique à nos aînés

.

Claude Renouvin, professeur au collège Pieflre de la Ramée. Saint-Quentin et les élèves de 3' 6

P 29 P 31

INTRODUCTION Christian Galli grand reporteur
DISCOURS INTRODUCTIFS

p 33 P 33 P 35
de la sant4 du H~il1flut

Odile Kremp présidente de l'ORS Picardie Christian Huguet maire-adjoint de Saint-Quentin Luc Berghmans médecin-directeur de l'observatoire

P 37 p 39

Annick Garin conseillère régionale de Picardie PROTOCOLE DU PROGRAMME, PARTENARIAT "OÇA~

P 43 P 43 P 47 P 48 P 51 p 53 p 56

Alain Trugeon directeur de l'ORS Picardie Jacques Legru inspecteur d'académie de l'Aisne Marie-Madeleine Morville présidente de la CPAMde Saint-Quentin Luc Paraire directeur de la DDASSde l'Aisne Martine Harang responsable du service action sanitaire et social~, CPAMde Laon Guy Fourcade conseiller général de l'Aisne

Sant'Aisne, la santé au cœur des jeunes

SANT' AISNE:

PREMIERS RÉSULTATS

p 65 p 65

Marielle Lambourg médecin de santé publique, ORSde Picardie Jean-Marie Sueur pharmacien biologiste, directeur de la biobanque de Picardie Sandrine Le Moing chargée d'études, ORSde Picardie TABLE RONDE: TABLE RONDE: COMPORTEMENTS ACTIONS ET PRÉVENTIONS DE SANTÉ

P 71 p 75 p 83 pIll p 133

ET POLITIQUE

SYNTHÈSE Patrice Morville chef de service, professeur pédiatrique, hôpital américain de Reims

CONCLUSION Gottfried Thesen DG5, Commission européenne ALLOCUTION DE CLÔTURE Jean-François Cordet préfet du département de l'Aisne

p 137

p 141

8

Les textes reproduits ici n'engagent que leurs auteurs et les éditeurs ne sauraient en être tenus pour responsables. Ils ont été retranscrits à partir des enregistrements magnétiques réalisés lors du colloque et corrigés par les auteurs. Durant ce colloque, des cassettes vidéos conçues par des élèves d'établissements scolaires de l'Aisne ont été visionnées. Ni ces vidéos ni les courtes discussions qui les ont suivies ne sont reproduites ici. Classes ayant réalisé les vidéos: CE2/CMl, école primaire Jean Racine, La Ferté-Milon CM2, école Jules Verne, La Fère SEGPA, collège Georges Cobast, Hirson l'" S, Lycée Pierre de la Ramée, Saint-Quentin

Avant-propos
Odile Kremp présidente observatoire région<ll de santé de Picardie

Le colloque dont les Actes sont reportés dans tes pages qui suivent est un travail de longue haleine qui a mobilisé durant un an l'ensemble des partenaires associés au projet Sant'Aisne (I).Le fil conducteur en était la restitution des premiers résultats de l'enquête effectuée en milieu scolaire et centres d'apprentissage avec la volonté d'asspcier à la fois observation d'un état de santé et actions d'éducation à la santé. De fait, les participants ne vinrent pas de la communauté scientifiq"e mais étaient pour l'essentiel des acteurs de terrain, y compris pour ta majeure partie des intervenants. Au-delà de l'analyse scientifique, ce colloque se devait de leur laisser la parole. Cette proposition est centrale dans la démar-che de l'ORScar, et puissions-nous l'affirmer avec assez de force, seule cette convergence entre acteurs scientifiqqes et acteurs d'éducation pour la santé est à même de relever nombre de défis en santé publique et assure aussi à l'ORS une plus grande ouverture sur le plan départemental, régional et international. Rappelons brièvement quelques-uns des attendus de Sant'Aisne. Santé du cœur en francophonie Ce programme repose sur l'existence du Réseau santé du cœur en francophonie né, entre la fin des années quatre-vingt et le début de l'actuelle décennie, d'une synergie entre équipes francophones. À l'issue de la conférence de Victoria (Canada, mai 1992), le Réseau a entamé la réalisation d'un projet sur la promotion de la santé du cœur des jeunes, prenant acte de plusieurs des recommandations de la conférence. Il a
(I) Cf, la liste des partenaires en page 6

Sant'Aisne, la santé au cœur des jeunes

d'ailleurs été la première organisation à appuyer la Déclaration de Victoria émanant de la conférence. C'est à cette date que les membres du Réseau choisissent les jeunes comme la "clientèle prioritaire." Le postulat général de ce programme de santé tourne autour de l'idée que "l.a prévention des maladies cardio-vasculaires nécessite l'élimination des facteurs de risque chez les enfants et les jeunes de tous les milieux, ainsi que dans l'ensemble de la population des pays où les maladies cardio-vasculaires n'ont pas encore atteint de proportions épidémiques, et l'élimination et la réduction des facteurs de risque au sein de toutes les populations" (Déclaration de Victoria, 1992). De fait, le réseau associe des équipes de recherches tant de pays industrialisés où les maladies cardio-vasculaires sont l'une des premières causes de mortalité (Belgique, Canada, France, Suisse) que de pays plus protégés (Tunisie). Dès l'année suivante à Oslo (3e conférence internationale de cardiologie préventive, 1993) le Réseau prenait l'initiative de la réalisation d'une enquête épidémiologique (1993-1998), de projets de démonstration ou d'expérimentation (2000-2005) et d'une phase de diffusion des résultats des expérimentations (2005-2010). C'est dire combien ce projet s'inscrit dans la durée! Enfin, en mars 1994 à Montréal, le protocole d'enquête fut présenté pour discussion et validation à un comité international d'experts. L'enquête L'enquête que nous avons menée sur le département de l'Aisne s'inscrit donc dans ce double constat: mortalité élevée due aux maladies cardio-vasculaires et nécessité de mise en place précoce d'actions de prévention. On rappellera concernant la situation épidémiologique, que le département de l'Aisne (et la Picardie dans son ensemble) est l'un des trois départements où la mortalité par des maladies cardio-vasculaires est la plus élevée. L'objectif général poursuivi est d'œuvrer à l'amélioration de la santé des jeunes générations en favorisant l'adoption des comportements sains pour les enfants, les jeunes et leur famille. Les projets de démonstration et la phase de diffusion des résultats et actions répondent à ce but à partir des données fournies par l'enquête épidémiologique et doivent s'inscrire dans les politiques de santé publique définies régionalement. La notion "d'adoption de comportements sains" ne doit pas prêter à confusion. Certes, elle n'est pas neutre car porteuse d'une vision a priori 12

Avant-propos

et particulière de la société. Il ne s'agit cependant pas d'imposer une norme comportementale quelconque, dut-eIle être au nom de la santé et du bien-être, mais d'engager une réflexion partenariale. Comme le font remarquer Bernadette Roussille et Pierre Arwidson : "les difficultés (de mesure de l'efficacité en éducation pour la santé) sautent alors aux yeux:

- éthiques: au nom de quoi peut-on affirmer qu'un comportement est plus favoràble à la santé qu'un autre, puisque la santé, au sens où nous l'entendons, tend à coïncider avec la qualité de la vie et le sentiment de bien-être ?
- méthodologiques: à quel indice se référer pour dire que le comportement a évolué, sur quelle durée se placer (le changement de comportement prend beaucoup de temps) et avec quel angle de vue (le risque isolé, le symptôme ou l'ensemble du rapport à la santé) ?" (Roussille, Arwidson, 1998). Cette mise en tension entre éthique individuelle et éthique collective est d'importance car lourde de conséquences sur l'enjeu de la santé publique et de la promotion de la santé en terme de capacité de modifications des comportements, principe fondateur formalisé par la Charte d'Ottawa en 1986. Il est vrai aussi qu'elle repose sur le principe du "faire avec les individus" et non du "faire pour/au profit des individus", mettant en avant une dynamique participative et non dirigiste ou coercitive. À son échelle, l'enquête s'est donnée pour objectifs opérationnels d'étudier la distribution des facteurs de risque cardio-vasculaires chez les jeunes (tabagisme, inactivité physique, alimentation riche en graisse, obésité, tension artérielle, lipides sanguins), de décrire les facteurs sociodémographiques, l'histoire familiale, l'histoire médicale, les facteurs psycho-sociaux et environnementaux associés aux facteurs de risque cardio-vasculaire et de décrire les relations entre les différents facteurs de risque et les facteurs associés-afin d'identifier les priorités d'actions. Elle s'adresse à un échantillon d'enfants âgés de JO, 13 et 16 ans au moment de l'enquête, soit de la période pré-pubère à la période post-pubère, en milieu scolaire et centres d'apprentissage. Les résultats présentés ci-après donnent un premier aperçu de ces relations. À partir de ce protocole commun, la réalisation des enquêtes a connu une fortune diverse. Ainsi, les équipes de recherche ont dû se fondre dans les priorités locales des divers partenaires financiers pour pouvoir être réalisées. De fait, le protocole tel qu'imaginé conjointement en 1994 n'a pu être respecté à lalettre, si ce n'est dans l'esprit. 13

Sant'Aisne, la santé au cœur des jeunes

En délai de réalisation tout d'abord. L'équipe suisse de l'institut universitaire de médecine préventive et sociale de Lausanne a collecté les données dès 1996 ; au même moment, les équipes des observatoires de santé du Hainaut (Belgique) et de Picardie (France) recherchaient et trouvaient conjointement des fonds au niveau européen (programme Interreg II) et loco-régional et procédaient en décembre 1996 à la phase de test de l'enquête. À cette même période, les équipes québécoise et tunisienne étaient dans une délicate situation de négociation, tant financière que de faisabilité. En définitive, le recueil des données suisse sera conclu dès 1996, les recueils belge et français en 1997, québécois et tunisien en 1999. Dans le contexte ensuite. L'équipe suisse a fortement recentré son étude autour de la pratique d'activités physiques et des comportements alimentaires; l'enquête québécoise s'est trouvée incluse dans une recherche plus large sur la santé des jeunes; l'enquête tunisienne a limité son investigation à deux des trois populations envisagées (13 et 16 ans) ; les enquêtes hennuyère et axonaise n'ont pu intégrer le module d'étude nutritionnelle Gournal alimentaire) faute de moyens et d'encadrement suffisants. Ces différences locales, même si elles peuvent être importantes sur certains points, ne sauraient rendre caduque le processus de travail en commun et les comparaisons internationales entre les sites. Une fusion des différentes bases de données issues des enquêtes locales est engagée afin de répondre à la nécessité de pouvoir se comparer les uns aux autres. Bien entendu, cette fusion ne pourra éluder les discussions sur la valeur des réponses et, partant, des indicateurs utilisés. Pierre Mormiche faisait ainsi remarquer lors du congrès organisé par le REFIPS,Connaître et surveiller pour agir sur la santé des populations, (Montréal, 1997) la difficulté des comparaisons internationales, prenant l'exemple cité par Éric Hauet au meeting de REVES Rome: 5 % des Hollandais déclarent à une santé mauvaise ou très mauvaise, 12 % des Grecs et 21 % des Portugais! (Mormiche, 1998). Cette voie reste cependant prometteuse. Elle est la seule, en tout cas, qui puisse permette d'avancer, d'une part, dans la compréhension des comportements et attitudes de la population, d'autre part, dans la mise au point de nouvelles méthodes d'investigation et d'actions en santé publique.

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