La table du diable

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Publié le : mardi 27 mars 2012
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EAN13 : 9782296340350
Nombre de pages : 152
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Photo de couverture: Marie-Claire Delbé-Cilla. Dessins de Daniel Accamah et André Boulanger. Maquette: Myline.

René

Louise

LA TABLE DU DIABLE

Collection Veiltées Vivantes

r

L'-aribéennes

ditions

s, rue Lallier 75009 Paris

@ Editions

CARIBEENNES,

1984

Tous droits de traduction, d'adaptation et de reproduction, réservés po~ tous pays. ISBN 2-903033-54-4

«

A Daniel Glovil, à qui j'offre les fleurs

de la pensée. Si j'évoque ton souvenir, c'est pour te raconter un conte, la Table

du Diable. Et cric... Et crac...

»

J'adresse mes remerciements au Docteur Aliker, à Monsieur Acélor et à la Municipalité de Fort-de-France, . à Monsieur Gervinet et à l'association Identité et Culture, à Jean-Paul Césaire, à Mesdames Cilla-Delbé et Louis-Marie.

La Table du Diable a été montée pour la première fois à l'occasion du XIIIe Festival Culturel de la ville de Fort-deFrance, en juillet 1984, par l'OMSTROM Théâtre.

Mise en scène: Assistant:

Serge Lof. Christophe.

Jean-Jacques

Comédiens: Arlette Suzanne Martine Guioubly Nadine Ventura Christiane Jean José Exelis Georges Ancarno Michel Hilaire J ean-J acques Christophe Serge Lof Suzy Manyri

.

Dans les profondeurs de notre culture populaire et dans celles de notre inconscient collectif vit un peuple fantasmatique et fantasmagorique où se côtoient animaux imaginaires, plus ou moins humanisés, diables et diablesses plus ou moins animalisés, vieillards puérils et enfants adultes, sans compter une nuée de petits démons secondaires, quasi familiers: zombis, chevaux à trois pattes et autres soucougnans : c'est le monde du conte traditionnel antillais, celui de la distorsion du temps et de l'espace, où l'enfant naît le jour de sa procréation et part pour une symbolique errance,. celui de l'inversion des valeurs sociales et du rejet de la contraignante hiérarchie coloniale, où le faible vainc le puissant, où le pauvre parvient à annihiler son ancestrale misère,. celui, enfin, du rêve, aux aspects mi-souriants mi-grinçants, où les vieilles sorcières se posent la tête sur leur genoux pour s'épouiller ou étirent leurs seins en ailes pour s'envoler dans les azrs. C'est sur la base de cette forte tradition orale, à la surprenante poésie surréaliste, que René Louise a choisi d'édifier sa première œuvre théâtrale. Tout en respectant la plupart des équivalences chaque personnage étant la du conte antillais
~

représentation

d'un membre

du corps social ou d'un 9

type psychologique hérité de notre peu commune histoire René Louise a délibérément élargi notre symbolique et coutumier bestiaire en y projetant son imagerie propre et en y insérant les divers apports de la société à composantes multiples qui a créé notre culture originale: la culture caribéenne. Il y ajoute également, les personnages exogènes entre autres, missionnaires et soldats - qui ont jalonné l'histoire de la colonisation aux Antilles. Pour faire vivre cette multitude de personnages, René Louise a choisi, fidèle au fond et à la forme du conte traditionnel, la voie de la distanciation symbolique. C'est pourquoi sa pièce appelle à une transposition permanente et celui qui s'y refusera ne saurait pénétrer dans le monde très particulier qui est le sien. René Louise tente manifestement d'exorciser tous les démons de la société coloniale moribonde: désunion, irresponsabilité, et, surtout, aliénation. Aux feux parfois maléfiques de La Table du Diable, l'oiseau migrateur, le cadre «métropolitain» peut également, à l'instar de ses subordonnés insulaires, se brûler. La pièce de René Louise est violemment marquée par le système magico-religieux antillais. De l'évocation des pratiques magiques les plus obscures, il passe sans ambages aux grands rituels synchrétiques où la tradition hindoue se lie à la tradition africaine. Peintre, René Louise nourrit son style de couleurs violentes, d'élans et d'embrasements flamboyants. Plasticien, il imprègne son discours de matériaux bruts issus du monde physique qui est celui des

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Antilles: terre argileuse, humus végétal, bois des îles, fougères arborescentes et hautes herbes. La nature est omni-présente dans La Table du Diable: les mornes, la mer et le ciel y jouent leur éternel rôle cosmique, donnant ici et là au conte traditionnel des allures de mythe, nourri d'un souffle épique. La Table du Diable est une pièce à multiples dimensions : la dimension historique se double d'un pamphlet social et politique, sous la forme d'un long poème lyrique, ancré aux traditions et soumis, sans immobilisme, à la symbolique populaire des Antilles. Foisonnante, pléthorique, douloureuse et généreuse, telle est La Table du Diable de René Louise. Il y a là, à l'évidence, un souffle, un ton et une personnalité authentique et irréductible. Ina CESAIRE

LE DECOR L'axe principal du décor est constitué de trois éléments forts: a) Une échelle dont les barreaux sont mobiles. b) Un œuf géant qui symbolise l'embryon d'une culture et d'une civilisation. Un personnage naît et sort de l'œuf avec son cordon ombilical: nous voilà face à nous-mêmes à plusieurs niveaux! c) Un mât de cocagne qui symbolise le jeu et l'enjeu d'un pays sans drapeau, d'un voilier sans voile.

Le « poto mitan» d'une maison traditionnelle; les poteaux
magiques du «pitt»; le mât des cérémonies indiennes; l'arbre vertical du manège. Tout le jeu tourne autour de ce mât de cocagne maléfique, qui symbolise aussi l'homme antillais dans son quotidien.

LES PERSONNAGES DU CONTE

Commère Lapia Le Diable La Diablesse L'enfant surnaturel Compère Colibri La Pieuvre Madame Colibri Compère Crapaud La somnambule Monsieur Pied-Bœuf Le prêtre L'enfant de chœur Les enfants de l'école Madame Pipiri Compère Macaque La psychologue Le concierge du centre Les deux dieux Monsieur Oiseau Compère Lapin Monsieur Malfini Monsieur Merle Mademoiselle Raie Mademoiselle Balaou Les Lucioles Les Colibiris 15

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