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Le couteau de jet sacré

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Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296287877
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LE COUTEAU DE JET SACRÉ

Ouvrage publié avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique.

Joseph Fonier

LE COUTEAU DE JET SACRÉ
Histoire des Sar et de leurs rois au sud du Tchad

Éditions L'Harmattan 7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Photographies appartenant it l'auteur et it la collection de M. Fournier

@ L'Harmattan, 1982 ISBN: 2-85802-245-3

AVANT

- PROPOS

Ce livre de 1 'initiation

n'est

pas seulement et de la mort,

une description annuel de leurs vécues toutes

de 'Ila vie quotidienne" fêtes,

des

Sar de Bédaya, du déroulement

nouvel an et semailles,

deux en communion avec les ancê~

tres. Il veut être bien davantage,.une HISTOIRE, celle d'une famille princière, les Mbang-Dai, apparue, il y a deux cents ans environ, dans un petit village du sud du Tchad. Mbatoumgue, le premier siècle, s'assure d'abord de ces rois les services à sortir de l'ombre à l'aube du 1ge mûu d'un clan de forgerons et met en place

de façon définitive le système d'initiation et la hiérarchie des quarante qui en assure le fonctionnement. Grace à lui, le nom de Bédaya deviendra grand et respecté meurée intacte Pourtant Le secret par tous ses voisins. ce jour. fondé un royaume de quelque jadis et c'est encore Sar, i~portance. d'être à c'était aujourd'hui Tel il apparaft, Son oeuvre, pour l'essentiel, jusqu'à

est de-

le Mbang-Dai n'a jamais de son prestjge,

un ROI SACRE, le symbole vénéré

de tous les vrais

présent encore, lorsque se déroule le rituel de la fête des semailles, le nabena. C'est la qu'une fois l'an est exposé à tous les regards le Couteau de

jet magique. Quand tous les rites sont accomplis, le roi sème et la pluie tombe. C'est grace à lui que l'initiation sar, lors de la révolution culturelle, a eu le pas sur toutes les autres. Ce livre aura profité des résultats acquis par tous les chercheurs, ethnologues ou linguistes, depuis trente ans. Nommons ntre autres Jacques e Hallaire, Jean Robinne, Joseph Goetz, Maurice Fournier, Pierre Palayer, 5

Jean-Claude
SARA

Barbier,

Moundo Nelbalway, nous a stimulés,

de Robert Jaulin

nous devons beaucoup. lA MORT même si nous ne sommes pas toujours
à qui

d'accord avec lui. M. Kogongar nous a signalé plusieurs pistes fructueuses. les conseils de MM. Claude Tardits et Alfred Adler nous ont aidés à améliorer la présentation Lebeuf, tifique, dernier villages. de cet ouvrage. trois Notre reconnaissance équipe ans durant, notre va enfin enquête à MI Jean-paul Scienqui nous a permis, de mener à bien, merci à M. Daniel dans le cadre d'une Groutteau de la Recherche

au Tchad. Disons un et les plans de

qui a dessiné

les cartes

T~ANSCRIPTION

D'après la classification de Tucker, pour les langues non-bantoues, le sar appartient au groupe sara-bongo-baguirmien. Nous avons adopté pour les mots sar une transcription simplifiée qui ne tient pas compte des tons, haut, bas, moyen, mais note seulement les phonèmes. l'orthographe de tous les noms géographiques (tribus, fleuves, villes ou villag~s) est conforme à celle des cartographes français. Nous avons également francisé les noms propres de chefs ou de rois, sauf d~ns certains tableaux généalogiques, Un lexique, à la fin du livre, permet au lecteur de retrouver les noms propres et les mots sar cités en cours d'ouvrage.

s

TRANSCRIPTION

PHONEMES

PRONONCIATION FRANCAISE EQUIVALENTE

EXEMPLES DE MOTS

S A R

B
D r j
mb

bilabiale injective alvéolaire injective

Be

village,

home

Duru Daraa
(prononciation bourguignonne)

graminée,éleusine (nom d'un village) remplir bataille ma main adultère voyage, étranger danse, danser ma jambe, mon pied chef de village être rival en amour viande
prêtre. se un peu

apicale
prédorsale

ros r) jim jang mba ndam njam ngar

djinn (cf.anglais: jean)

prénasalisée

nd nj
ng ng

idem idem
(initial)idem (final) nasale

king, dans mon

song

jang da

vélaire
nasalisation

sein

m,n

entraîne touj. man la nasalisation nan semi-voyel.le + nasalisation
semi-voyelle palatale semi-voyelle

mo ma na
ya

je, moi lune, fête chose. biya
"..,

y y

brillant ban-hi bail yoyo watt bébé
brebis, feu

non-hi billard

bay comment. noy
ay yo waa kete bara
suu

sécher. kiya la Mort, le mort sorgho tardif
devant
I

cabri , ( forgeron caste couteau

w
e

é fermé
e central ( ou ) o o ouvert fermé

avant

a
u J o
UU

filet.

dega

les gens

sou mou doré dos
syllabe longue et modulée idem (Graal)

mu
d:>

héros mythique herbe

tête plaie

do mùu
wàa tTI

deux tons différents

prêtre
sorgho tardif (bas et moyen) sauce (haut et bas)

(ici tons bas et moyen)

aa
-.......

idem idem

aa

idem

7

~00

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BESARA

MO "fSSALA

Carte:

Introduction KlASE

.

Il

_ __ limite des cantons SAR-NO,
NAR,ouDAïqui font l'initiation SAR

. ..

.

limite de préfecture ** * limite de canton

._.

_Route
Préfecture ou sou~ préfecture Canton limite des cantons SAR

~~
X't 9)'fJ 1>'0

.
ij~

.

............

-,

.~-

INTRODUCTION

REGARDS

SUR LE TCHAD ( 1950 - l 980 )
d'Alpes-Provence à fêter 1e à la déci-

Décembre 1950. cinquantième bataille

Il y a deux mois à peine que le Junker de Fort-Lamy. de la colonie. Mitterand, à la tête La capi tal es' Le 25 avril remporté

m,'a déposé sur l' aérodrome anniversaire de Kousseri,

apprête

1900, en effet, une victoire

le commandant Lamy avait

sive sur Rabah. M. François Mer, avait annoncé sa venue,

alors ministre de la France d'Outred'une importante délégatton parlemen-

taire. Le gouverneur de Mauduit, en gardant quinze jours durant le télégramme dans sa poche, manifesta son peu d'empressement à le recevoir, Il fut d'ailleurs Premier dait limogé aussitôt. territoire à s'être de cette C'est rallié que le Tchad était à la France libre alors en juin un fief gaulliste. 1940, il garrappelaient

les souvenirs

époque héroTque.

Le monument Eboué, sur les de la .libération

bords du Chari et le camp Koufra sur la place

à tous les touristes le raid audacieux de Leclerc depuis le Tchad jusqu'à Tripoli. Beaucoup d'administrateurs étaient d'anciens officiers de la 2ème D.B. Fort-Lamy, à llépoque, n1était qu1une petite ville de province, endormie sur les bords du Chari. Elle ne comptait que 25,000 habitants, 200,000 d'aujourd'hui. Le canal Saint-Martin qui la partageait est comblé maintenant au lieu des en deux il

- était

-

un égoüt à ciel ouvert.

Les grandes avenues

n'étaient pas goudronnées et devenaient un véritable bourbier en saison des pluies, En fait d'établissement scolaire, elle ne possédait qulune école primaire, niale Le lycée Eboué n'ouvrira de crédits ses portes modestes qu'en 1955, L'administration que deux objectifs, colole qui disposait et n'avait

coton dans le sud, les puits pour les troupeaux dans le nord, n'avait pas la poigne trop rude. Les corvées de route étaient exécutées avec le sourire, Femmes et enfants sur les bas-cOtés. bouchaient Les grands les ornières gaillards Il avec des paniers qui damaient de terre, prise la route, se conten-

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

taient

de se moquer du "Commandant" par des chansons: ra yan ki to. a pas ~ Kou1a nyan nyan ; gourse Travail beaucoup, goto beaucoup, souffrir.

Darner ~ Darner ~ Nassara mais d'argent, il n'yen

Damer ~ Damer ~ Le blanc nous fait

"Autrefois, il y avait beaucoup à manger", déclare Jérôme Mbalnaji, un ngambaye arrivé à pied de Bébidja à l'âge de seize ans en juillet 1949. Même avec 100 F par jour, rien. suis Il y avait arrivé aussi le 13 juillet, on avait à manger; pour tout aujourd'hui nationale 100 F ce n'est des Français, et du travail le monde, Par exemple moi, je

le 14 c'était

la fête

le 15 je travaillais

déjà comme manoeuvre.11

Nommécuré de Chagoua, dans la banlieue de Fort-Lamy, dès mon arrivée, je n'avais pour paroissiens que des gens du sud, NgambaT du Logone ou Kaba-Lai de la Tandjilé, tous immigrés de fraîche date. Ils venaient spontanément à la Mission catholique, leur région d'origine. ayant été les premiers puis par les Capucins grants, taient qu'ils lointain jeune là six semaines, décrochaient. surtout de fours car presque tous avaient Les départements actuels évangélisés chassés trois d'Ethiopie, mois, ou des "frères chrétiens dans du Logone et de la Tandjilé dès 1928, de mide 1938, Population la vie suivant nun tuteur",

par des Pères du Saint-Esprit, à partir nos gens arrivaient

et assez mouvante, Les écoliers la première à briques,

sans bagages et resle travail proche ou diverses, de parent

,..

toute tous

avatent

qui les hébergeait. année par des tâches ravitaillement matérielles en mil pour les internes

Accaparé surv~illance

notre école primaire, je réussissais rogue dans les villages des environs Chari, mais. fraient en remontant Je mangeais très le fleuve. qui vivaient essentiellement généreusement,

chaque mois ~ faire des tournées en pitantôt sur le Logone, tantOt sur le là-bas' surtout des gens de Lai aussi un peu de m'ofpar mais cultivaient grillée

Je rencontrais de la pêche,

avec eux la boule de mil et la sauce au gombo qu'ils ou encore de l 'anguille

sur la braise

les pêcheurs d'Ardép. J'ai Apollons de bronze, râcler et faire ville. A la Toussaint sécher leurs

vu souvent à la décrue les Massa de Bangor, ces le fond du Logone avec leur filet à larges mailles sur tr~is perches avant d'aller le vendre à la de Moundou

poissons

1952, grâce à Mgr Sirgues,

le préfet

apostolique

qui m'emmène en voiture à Doba, puis à Lai, pour la révision ngamba;, je découvre le sud. C'est pour moi un émerveillement ! décor. Au mi-désert d'épineux et d'acacias 12

du catéchi.sme que le changeûn pays

du nord succède

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

verdoyant et plantureux.
rés, cailcédras, étroites ficus les pistes

La savane est remplie de grands et beaux arbres,
de toute espèce.
En

né-

cette

fin de saison

des pluies, une mon je

sont bordées

par les champs de sorgho qui forment

haie dense et touffue de plus de deux mètres de haut. Et, comme le disait guide : "Derri.~re chaque canne de mil, il y a une frimousse d'enfant. Il Grâce à mes compagnons plus jeunes, commence à avoir devient duisons maitre une teinture d'école contes suffisante à ses heures. Alain de Blic et Bernard Duperray, du ngambaT. Notre cuisinier nous transcrivons avec quel plaisir Sous sa dictée,

MOTro et trail nous

les premiers

de Sou. Je me rappelle

contait "SOu et la guêpe-maçonne".., 00 Sou le farceur s'approprie gne les oeufs de son hôtesse, en fait une omelette et dissimule faisant provision. En mars 1953, le général de Gaulle bref séjour à Fort-Lamy. Le dimanche, tat-major devant fête.
vaux

sans vergoson larcin en sa un 11Efont che1a

des croix

tantôt complice

à l'ocre s'empresse

rouge,

tantôt

au charbon de bois sur le à la guêpe venue vérifier

même oeuf qu'un

de rapporter

rait au cours d'un périple africain après la messe en plein air devant il se mêle à la foule y compris en grand arroi, et serre les musulmans, lui

militaire, le camp Kourra.

près du Chari, sultans de la région

des mains

Tous les Tchadiens,

Les quatre

montés sur leurs

aux couvertures

multicolores
lui

et abrités

sous leurs parasols,
Toutes l es autorités à l'aérodrome

se pressent
1oca 1es, le jour de

sur son passage garde nationale son départ.

aux a l entours à cheval,

de. 1a mosquée, rendent

les honneurs

AVEC LES MBAÏ DE MOÏSSALA

(août

1953

- mars

1960)

En août 1953, je suis désigné comme compagnon du Père Henri Véniat, le futur évêque de Sarh, pour la mission de Moissalq et chargé de visiter les villages de brousse. Je devais I rester près de sept ans et c'est là que j1ai commencé à connaftre vraiment peu leur frère. Jusque là, il coutumes était restée très les gens du sud par le dedans et à me sentir un faut le dire, ma connaissance du pays et de ses Sans se poser trop de problèmes,

superficielle,

les missionnaires jésuites sûivaient les traces de leurs prédécesseurs, les Capucins du Logone. A l'époque, on traduisait encore ainsi la demande du
NOTRE PERE
:

liNe nous laisse alors qu'il

pas succomber à la tentation", est le héros civilisateur 13

par UNe nous des contes

laisse était

pas tomber dans le piège de Sou" : Commefsi Sou le farceur le diable,

de tous les Sara.

REGARDS Tout comme nos homologues tre, le culte des ancêtres dant nous n'avons cherie destinée décrié
tromper

SUR

LE

TCHAD sans bien les connaîJamais cepen-

protestants

nous condamnions,

et des yo, et surtout

l'initiation.

le ndo en public,
les femmes, comme

en le dénonçant
certains

comme une superà la Mission

à

le firent

évangélique.

Mais on différait le baptême de celui qui devait partir dans les
Un baptisé devait renoncer en bloc "aux coutumes professeur paTennes". des pour nous, le Père Joseph nous apprendre Goetz, d'histoire

camps de brousse. Heureusement religions

à Rome, devait

à connaître

et à respecter

"le dieu les an-

des autres".

Dès 1954, et de nouveau en 1956, il interrogea
à Moissala, autels Koumra,

longuement

ciens sur le culte des yo (ou des bessi) Il fut frappé tecteur de retrouver partout Il acquit

Bédaya et Maro. le soleil, prore-

les kadege,

à kade,

de. la fécondité.

la conviction

que le couple nouba-kade

présentait nocturne, inflexible,

les deux faces de la divinité. était le créateur; assimilé

Le premier nouba, -attaché au ciel

à l'ordre du monde, et à ce titre
qu'on ne prie pas et auquel on ne s'ale chef le jour)

il était le dieu lointain publique.

dresse qu'en cas de calamité ordonnera intervient

Lors d'une grande

sécheresse~ (le soleil,

a tous ses gens d'aller au contraire fréquemment

a la l'pêche-Dieu". kade

dans la vie des hommes et peut leur faire Si les femmes en particulier la décounotre

du mal, si on ne lui offre pas de sacrifices. n'ont pas d'enfants,
.

c'est que kade du monde
.

s'est mis en travers., Cependant sara n'infléchira

verte de cette conception

pas immédiatement

manière d'évangéliser. faudra attendre le Concile de Vatican II et l'attenIl

tion portée aux religionsnon-chrétiennes comme "pierresd'attente"

vers la

lumière du Christ pour changer nos méthodes. En attendant, toute une équipe de jeunes jésuites, qui avaient fait un stage au Tchad et terminaient leurs étu~

des en France, travaillaient

en liaison avec les missionnaires restés sur place à la première ébauche lexique comparé des dialectes sara. Parmi eux, du
Charles Vandame qui fut le premier à suivre en Sorbonne les cours de Martinet donna une impulsion décisive a l'étude des langues locales. Le di~ttonnaire sara de Hallaire et Robinne en 1961 fut le premier fruit de ce travail d'équipe. Revenons maintenant à MoTssala. La sous-préfecture, qui comptaient alors 50.000 habitants, était peuplée surtout de MbaY, sauf dans les trois cantons du nord qui étaient daY ou ,nar. Ce sont les cantons mbal que je visiter~i surtout et 00 j'essaierai de former les premiers catéchistes en les alphabétisant

dans leur langue. En dehors de ces stages qui duraient trois mois, chaque année, l'absence de communautés chrétiennes consistantes me laissait beau14

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

coup de temps pour faire pation.

connaissance

avec les villageois

sans autre

préoccu-

En février 1955, commença en pays sar, à Bédaya, la grande initiation qui nia lieu que tous les sept ans. Des milliers de jeunes pqrtirent dans les camps du ndo. Nous en v1mes les retombées trict. Un jour arriva sur la place Ils avancèrent du canton de Modélé. à MoTssala et dans le nord du disinittés la tête ngam à la file indienne, du marché un groupe de jeunes en silence

dissimulée sous un casque de paille en forme de soleil, le corps tout luisant dlhuile et dlocre rouge, et se mirent à danser. Vers la même époque, je vis dlautres lier: groupes courbés chez les OaT de Ngalo et les Nar de Béboro, qui tous suivaient un costume très couvert ils particude lianes, à en deux sur leur sur la tête, sorties 1 linitiation de la famille mourir canne, le corps entièrement la coutume du Mbang ou roi de Bédaya. Les Nar avaient avec des cornes des antilopes En pays mbal, soumis aux cbefs Dakou, avait jeunes riphérie initiés. fait et une queue au postérieur, avait disparu depuis

ressemblaient du centre

de la brousse. dans tous les cantons dlavoir dlavoir Tatola, le temps 00 Ngaboudoul, chef de de la péde

un de ses fils,

coupable loin

volé avec dlautres le presttge

Le ndo se déroula

néanmoins en 1956 dans les cantons Mais il était

à Gon, Dambo et Nadili.

celui de Bédaya. Les épreuves étaient beaucoup plus courtes, parce qulon nly apprenait pas de langue secrète et qulil nly avait pas de cicatrices raciales. La tenue de sortie cochère de cabri ou quelques en guise était dlune grande simplicité: sur la tête, En revanche, à ce titre, un ancien une touffe de poils de phapeau du nâo plumes dloiseau de culotte. Pèu après, avec la traditionnelle essentielle dlinitiation, mlemmena avec le long de

la révélation

mbai consiste sans avoir, Un jour

à voir le masque en forme de tête de cigogne porté par le belag.,
je reçus une espèce bien sOr, passé Paul Tokindang, par les camps de brousse. combattant de la Nana-Baria, près de deux heures

chef des initiés.

lui au hameau de Mougo. Nous marchâmes pendant

la rivière
dlun arbre, bec ouvert de filasse

qui forme la frontière
00 il était et enduit diacre rouge. tout

sud du Tchad. Le fils

caché dans un panier, le corps.

du belaga descendit le fameux masque de bois au long
et revêtit une robe

Il le mit sur sa tête

qui lui couvrait

Je payai le cadeau traditionnel,

100 F, et nous rentrâmes à Bétikanja. Une fois au village, Tokindang me dit: IITu es vraiment initié car tu as vu le kog (le masque), il nly a pas autre

chose:1I
mlappela

IIAlors, répondis-je, donne-moi un nouveau nom,Il Tout de suite il
IIrob-wong-ndon, clest-à-dire : "route 15 longue .de llinitiation" et son

REGARDS vieux

SUR

LE

TCHAD

papa souriait
(1 )

d'un air entendu en

répétant:

I1rob-wong-ndo~ rob-wong-

ndo

:"

Trois ans après, dans ce même village, j'assistai à une curieuse séance
d'envoûtement. que tournaient hameau étaient à barbe blanche énergiquement: Le soir, à la nuit en chantant autour assis en cercle tombée, des féticheurs venus du Centrafrid'un grand feu de bois. Tous les gens du Brusquement, au milieu de la danse

alentour.

rythmée par le tam-tam, le chef des féticheurs
et lui dit: "Je n'ai jamais

s'arrête

devant un viei1lard
Le vieux proteste entre les mains, pas

"i yo :11 Tu es un sorcier~" eu d'oignons-fétiches

une seule fois :11 Et il se retire dignement dans sa hutte. J'interroge a son sujet: liCe nlest pas lui, me dit-on, mais une de ses femmes et une de ses filles qùi sont sorcières et qui ont fait du feu qui brûlait tour pour se faire recouverte et de féticheuses. mourir beaucoup de gens." trois hommes et trois Le patient est couché d'osier, entouré par un anneau de cuiLe lendeMain, autour femmes attendaient leur par terre, une rangée torse de féticheurs toujours, envoQter.

nu, la tête

par un panier

Sur le ventre,

vre au creux de l'estomac, on a versé un peu d'huile de karité. De temps en temps, la féticheuse lui touche la poitrine avec une grande aiguille de bois imprégnée de cette huilé. Elle lui verse aussi dans les yeux quelques gouttes d'une potion 00 ont macéré des herbes. Le chef des féticheurs agite continuellement des sonnailles tantôt au-dessus du patient, tantôt au-dessus du feu, tout cela qU rythme endiablé de trois tambours, De temps en temps, un danseur entre en transes, se contorsionne de façon grotesque, saute par

dessus le feu, monte sur le toit d'une hutte dont il enlève le champignon de chaume, se roule par terre dans la poussière, fait des mouvements convulsifs, écume commeun chien enragé. Puis, brusquement, il part à toute vitesse à travers les trous d'une clôture, va dénicher au pied d'une hutte les oignons-fétiches, terreur du village, et les dépose auprès du feu. Chaque

séance d'envoûtement dure une bonne heure. Lorsque le patient se relève,

délivré de son panier, il entre lui aussi en transes, court en tous sens, va gratter sur le seuil des huttes pour voir s'il ne trouverait pas lui aussi d'oignon-fétiche. La séance recommence avec un autre. Elle aura duré au moins six heures au total, depuis le lever du soleil jusqu'à une heure après-midi. Après quoi les féticheurs, recrus de chaleur, de poussière et de bruit, sont allés s'affaler sur des nattes au pied d'un arbre,
(1)

Le masque

en question

est exposé dans une des salles du Musée de

Ndjaména, depuis 1960. Il n'y a donc plus de secret. 16

REGARDS Ce sont les fils de Ngué-dér, sont chrétiens, Ils forment

SUR

LE

TCHAD et ses frères, dont quelques uns

Tokindang

qui ont fait venir ces féticheurs

de Batangafo,

en R.C.A. à partir

un clan assez uni, mais plus anciens de puissance Quelque

ils ont eu plusieurs dans le village.

fois maille

avec leurs voisins une démonstration

qu'eux

Ils ont voulu faire qu'ils étaient

et convaincre

le clan adverse

aussi forts qu'eux. Archambault,
En

temps après,

la féticheuse parait-il,

fut arrêtée

à Fort-

car sa potion magique toute la sous-préfecture

rendait,

les gens aveugles. par l'arrestation des hommesdes chefs Mais elle des

1955,

avait été agitée

hommes-lions. panthères

Cette confrérie

était autrefois,

comme celle

du ZaTre,

une sorte de haute çour de justice se débarrasser des individus

au service

de terre, qui voulaient avait dégénéré Quelques Ngaro, années

indésirables.

et ne servait auparavant,

plus qu'à de sordides une femme de Guira,

règlements

de comptes. d'un certain des gre-

devenue

l'amante

lui avait demandé

de la défaire

de son mari.

Ngaro,

gardien

niers à mil du chef de canton il organisa un guet-apens comprend,

de D..., recourut

aux hommes-lions désignée.

de Nara et

au domicile outre

de la victime

L'équipement la tête

des hommes-lions

une peau de panthère pattes

qui leur couvre

et le dos, des semelles grande calebasse-gourde

de bois qui imitent dans laquelle

et griffes

des lions, une le rugisseen forme de

ils soufflent

pour lmiter acérées

ment du fauve et une longue griffes avec laquelle

lance armée de trois pointes leur victime. la nuit. Pendant

ils éventrent pendant

Les deux hommes l'autre pénètre

arrivent

que l 'un fait le guet, échoue, parce le

dans la hutte du mari déjà couché. attrape une couverture

L'attentat

que l'agresseur dormeur. prison. L'incident "Commandant" Wadina
Le

avec ses griffes capturé

au lieu d'éventrer

L'alerte

est donnée,

l'agresseur

et condamné

à trois ans de

de 1955 devait rendait visite

mettre

fin aux exploits

de la confrérie.

Le

un soir à Wadina,

chef de canton demande

de Bégara-mbai. le Commandant. venus

avait une blessure répond Wadina".

au bras.

"Qui t'a blessé?

lion,

En fait, il s'agissait kilomètres

de trois hommes-lions,

de Bégara-daT, à quelques
arrêtés attirail et contraints

de là. Les trois hommes à se produire

sont bientôt avec leur

par l'administrateur

en public

sur la place de la sous-préfectur~. garde un silence prudent,

Mais

au lieu

de les huer, la inspiraient

foule rassemblée

tant les hommes-lions

encore de crainte, tant on redoutait des représailles. En 1961, enfin, lorsqu'on célèbre pour la première fois, le 11 janvier, la fête de l'indépenen public,

dance à Fort-Archambault,

les hommes-lions

de Nara se produisent

17

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

en soufflant dans leurs longues calebasses, riques. La confrérie était bien morte.

au milieu

d'autres

groupes

folklo-

ASCENSION D'UNE

FAMILLE)

LES TATOLA

Nous

avons eu la chance, quatre années durant (1954-1958) dlavoir
remarquables, que je désignerai

deux adleur

ministrateurs quête

par le surnom mbai qu'on du poste

avait donné. Le premier, la-bian-ba,"Jette-cabri
approfondie célèbre sur les chefs par la fête Il resta qulil organisa

au f1euvell (1), fit une ende Mo;ssala. 1955, en faisant

de canton et 1 'histoire le 14 juillet

représenter devant un millier de personnes la prise de la Bastille par deux partis de prisonniers, 1 lun assiégeant, l lautre assiégé, enfermé dans un tata

en murs dlargile

rouge. Le second, ngon-kéde, IIPetit-él~phantl1,

nommé ainsi

à cause de sa corpulence, était un ancien officier de la 2ème D.B., il avait suivi Leclerc depuis le Cameroun et le Tchad jusqulà Strasbourg. Il avait une droiture chefs leurs tête), tice leur leurs toute de canton, militaire courroie et fut avec tous le sultan comme on les appelait, de transmission juste. rien faire sans les exécuter F par la juson pour faire Les "commandants", ne pouvaient indispensable

décisions. A eux de faire rentrer l'impôt de capitation (1.000 de rassembler les hommes pour les corvées de route, de rendre de paix. A eux encore de promouvoir gratuitement eux est alors de son frère chefs la culture leurs Tatola, du coton. propres permet de faire administrés. dlentre le chef de canton Ils ont supplanté défricher

En échange,

champs de coton par de en quel-

Le plus puissant Moissa1a. des cantons

Lui et les fils

Kou11o contrôlent de terre

en 1955 la majorité

mbai sur les deux rives

du bahr sara.

ques années à peine les grands

en place en 1912, à llarrivée

des Français: Ngarwi Dog, le chef de Takama, et Ngaba Mao, le chef des Mba;-Bédjou de MoTssala-village. Tato1a est le plus grand polygame du pays, il a eu au cours d'une plus d'enfants: sommes encore existence déjà longue une centaine me dit d'épouses et encore et nous "Nous avons été cent vingt, quatre-vingts". un de ses fils,

L'ascension de Tatola vaut la peine dlêtre contée parce qulelle est un exemple typique de ces hommes nouveaux que l'administration coloniale a favorisés, parce quli1s 1 lavaient aidée au moment de la conquête. du rapport pOlitique Nous citons ici les passages les plus significatifs de 1955.
les sala-

(1) Il avait une fois tué et jeté au fleuve un cabri qui mangeait des de son jardin.

18

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

En 1908, une c.olo nne. 6ltanç-lLWe, apltè-6 av oÂ.JtgueNtO yé c.on:tJte lu VeLL b~que.ux de Bouna et de. BMa, étCLU aJ7.JL1véeà..MoL6-6ala.. EUe avCLU:. tc.M p c.ontac.t au pM-6age avec. NgMw--é.. Vog à Takawa, le c.he6 te. plLl-6 hnpoV ....a. du cLL6:ttU.,c.t,et Y avCLU la.ÂA-6 en gMnL5 0n un -6 é eJtgent -6énéga1.a.ÂA ( c.haAgé de la c.oUec.te du c.aoutc.houc.). Ngaboudoul de. Vakou avCLU demandé à NgaItW--é.. Vog un 6Lt-6il e;t .t' e.nvo--é.. d'une expécL[,t[on pUn-LUve c.on:tlte. lu Bate de Koudou quA..a:t:taquuent -6ouve.nt -6on v~Uage : en éc.hange., il luA.. donne -6on 6ili Tatola c.omme.uc.lave. C'ut Ngon-6éZ, un Va:t Ubélté pM -eu fltan~a.ÂA quA.., avec. le -6eJtge.nt monte t I expédilio n c.oYlÂlLe , 'Koudou ; 0n luA.. donne Tatola c.ommepolt:teUlt. En 1909, le -6eJtge.nt uthne qu'il a M-6e.z de c.aoutc.houc., il -6 me;t en e mMc.he et Ite.v--é..ent Ngodélté (le pO-6te c.ltéé en 1905 pOM -6U1tvUUeJt Bédaya). à Tatola -6u.A..:t c.olonne.. A Foltt-Attc.hambau.U, il ut engagé dan-6 la gMde ; la il Itev--é..entpOUlt que.lqUe.-6moA..-6 MoL6-6ala... En 1910, il ut veJt-6 dan-6 a é l' a.June ; il 6CLU,ta gueNte à Ndélé, eo n:tIte. S énoll-6-6--é.. é (anuen Ueu..tenant de Rabah). Revenu. au paY-6 en 1913, toujpu.1t-6 mJ.1.U:cUJte, il-6eJtt c.omme--é..nteJtpltète du 06 o--é..UeJt-6 il joue. c.e fLôle. )mpolt:tant de 1913 à 1911. Metti, ; il c.oupe. une ofLUUe (ou la 6ut c.oupeJt) en 1918. Le lieutenant Tanguy le 6CLU:. muteJt à K--é..abé.Il monte e.n fLen60ltt en A. O. F., -6'MfLUe à Bamako. La gUeNte. ut 6--é..Me.En mu 1919, --é..e t de nouveau à. MoL6-6ala, c.ommeuu vil. Il e.-6t fLec.ommandéau c.he6 de pO-6,te de KoumJtapM l' .£nteJtpfLète. Il pCVLte 6fLanç.a.i6 plLt-6 ou mo--é..n-6. MoL6-6ala n'a pM de c.he6 de. P9-6te depu..-i.6 1918. Koumlta c.ommande de lo--é..n et Tatola e.-6t à MoL6-6a.lal'agent po~que du c.he6 de pO-6te de Koumlta. Vanc., de 1913 à 1911, et :le 1919 a -6a nom--é..na:Uoc.omme.c.heh le c.anto VL n en 19Z1, Tatola ut pMUc.u.lièltement b--é..en lac.é pOUlt udeJt -6a 6a.mille et p pOUlt -6'udeJt luA..-même. Il n' tj manque pM, avec. une volon-té, une MtUc.e et une -6 u.A..:te dan-6 ,tu --é..d d--é..g d I admÂ.Jta:Uo . V I cULte.uJt-6, -6I il a ,ea éu nu n oave.u.lt de.-6mJ.1.U:aÂ.Jtu quA..-6e -6ouc..£ent peu. de rI légLtûnilé", c.' ut qu I~t ut e6o.£c.ac.e et que -6e.u.l il peut fLendfte lu -6eJtv--é..c.uqu'il fLend. Quand Tatola c.ommenc.e-6e.-6eXpeOŒ en 1913, Ngaba Mao (1), l' homme fLouge et bMbu, ut le c.heo tout pu..-i.6-6antde.-6 3édj ou, (la oltac.~uon mba2 à la quelle appaJr.:U.ent atola). Il c.ommandCLU c.ontJtôla),;t lu c.he6-6de T et c.e quA..étCLU le c.anton de T~undaya et de c.e qui., ut toujou.1t-6 Bé-6-6Ma. A Téundaya, le c.he6 étCLU:.Ngonb2.lgue, apltè-6 R..uJ.. -6on oili Guélyo, pu..-i.6 TaflM, 6ltèlte de Guélyo. A BU-6Ma, Tatola éLi.m--é..ne Nga.ba MOfLkoZa.u. pfLo6~t de -6on pfLotégé Man-go. Ngaba Mao luA..-même, pOUlt avoÂ.Jt 6CLU la gueNte à Békamba e.-6t lic.enué pM le ,u'eutena.nt BonnMd e;t --é..nvdé a dé-6--é..gneJt -60n
-6uc.c.e.-6-6 e.u.It

.

Il

c.ho1.Ad

-60n 6ili

Vo kM

(1 91 3 ), ma.ÂA en 191 5, Va kM

ut

éLi.m--é..né. a c.heoovUe de MoL6-6ala fupMaA..:t ab-60fLbée pM Bé-6-6Ma.où. ,\tanL ya, le pltotégé de Tatola, dev--é..entc.he6 de c.anton en 1921. AA..n-6.£, è-6 d 1915, Ngaba Mao ~t -6a duc.endanc.e -6ont éW11.£né-6pM lu --é..n:tJUguude Tatala., Téundaya, en 1921, ut ab-6oJtbé pM MoL6.6ala, éfLA..gé n. c.anton en,Dte e lu mUn-6 de. Tatola . l l ne fLute piM à c.e.luA.. u poUIt a.JlJtO ncLiJt .6U te/lA u qu'a c.o--é.. eJt .e, e 66 c.anto n de Nadili -6U1tla fLA..ve ode. M Le c.he6 VéfLA..ba v,i,ent de mouJUJt. La mèlte de Tatola ut la dem--é.. .6eLtfL d'une oemme.de VéJUba. L' héJr.J.,UeJt, YéUngo ut m--é..ne.u.lt Tatola' -6'hnpo.6e c.omme.tu.:te.uJt et pltomet, touJOu.1t-6en ; public. de fLendfte la c.he66eJtA..e, pu..-i.6 m~t en:tJte lu main-6 de Yé.ungo u.ne il de -6U nomblte.Lt-6 0emmu et c.ltÂ.,eu. C.Oc.u.Yélingo pltend pe.u.fL et .6e -6auve u a
(1) Ngaba Mao ne mourra qu'en 1929. Son nom est ignoré dans les rapports, et pourtant c'est lui qui, en 1912, avait réquisitionné plusieurs centaines d'hommes pour aider l'adjudant Boeuf à construire les bâtiments poste de Moissala.

19

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

à FoJtt-Lamy, où. il devient boy du gouVeAneJ.1JtCoppet. Ta:tota à .6on tOM a peJ.1Jtet ltappeUe YéUngo quA...6e pfté.6ente avec un mot de .6on pa:tJton e.xig ea.nt la ltem~ e du canto n. Tatola .6' empMe de la le.ttlte. Le lendemun, eUe ut à jamw peAdue. Quelquu mo~ apltè.6, il convoque le pe.u.pie et dédMe que, YéUngo .e' ayant blah[ lt.U, qiU é.:l:.a.li.6on pèJte, il ne . JtendJta pM le canton. SOM BUn (1945-1949), YéUngo poJtte plaJ..nte .6aYL.6 .6uccè.6. SOM GMache (1949-1952), Tatola le 6aLt pM.6eA pOUlt 60u et pOM .6e v eng eJLde .6u plaJ..ntu, 6a.J.;tincend.{,eJL .6a CMe, .60M pftétexte qu'eUe n'é:l:.a.li. pM daM le village. Le caYL-tonne Jtevint à YéUngo qu'en 1968, à la moJtt de Tatota.
La

carrière

de son frère

Koulo est encore plus surprenante.

En 1908, NgaJtWi Vog ut un gJtand che6. Son in6luence .6' étend à. tOM lu cantoM mba.Z de la JU..ve gauche (Mo'w.6a.la, V~nga.la, Bu.6aJLa., Gon, Bê,/zOMOU). POUltlu Bate (Vobadéné, Gon, BékouJtou) .6on JtepJtuentant eAt Ngon-tanja, quA..Jtuide à. Sa-téyan. POWl.lu Bédjou, c' ut Ngaba Mao. Chez. leA VM, .6e.u.l.6Jtui.6tent Bouna. et BMa. 'Lu Jteta.tÂ..o avec le nOJtd M (lu BagtU.JunieM) étaJ..ent activeA. On échang ea.J.;t du eAdav u et de l'Â-voÂJte conbLe du chevaux, du peJLteA, deA chéchiM Jtougu et de gJtand.6 bouboM nOÂJL6. Vog, le pèJte de NgaJtWi, a Jtecu .6on pltemieJL 6Mil de Béalown, le che6 de KoumJta. En 1914, Ngaboudou! me.u.Jtt. Tatola Sail donneJt à -6on 6JtèJte Koail:.o qu.etquu villagu autOUlt de Vakou, avec le tÂ.;tJLede che6 de canton. La menace commence à pO.-LndJte. (Cependant), le lieutenant Tanguy note bien l'VgaJtWi: il pou.JtJta 6aJ.fLe un che6 de gJtoupe. Mw Kou1.lo tftavoJJ!..le à ta peAte de Taka.wa. LOM d'une JtéUMOn de che6.6, Kou1.lo Jtépand de la teJLJte .6M lu bou!e.6 de mil, 60MMe.6 pM NgaJtWi. Tatola de JtetOM :tJtouve cu pJtocédé.6 me.6qt.UM. Tl 6ail. m.-Leuxet aCCMe NgMuU, d'avoÂJt comme 6eu .6on pèlte Vog j ué del> 9 eJ1.6daM un pl.1Â;t.6.EnquUe.6 éJr..,[W,6 6a.de pM un cap.{,;taine venu e d'Altcham'ba.uU : le pl.1Â;t.6 ut vide. On accu.-6e atoM NgMwi de Jte6M eft leA 60MYÙÂ:MU de mil. Le che6 de dJ...6:tJU..ctut à KownJta et c' ut Ta:tola qui Jt~nd compte. GJtégo~e, le .6econd che6 de dJ...6:tJU..ctcivil (1922-1923) licencie NgaJtWÂ- :tJtop vieux". Cel.1U-ci duigne " Vog-bé pOUlt lui .6uccédeA. Mw, lu j eux .60nt 6rLU:6, depuJ...6 1919, l' intentio n du dJ...6 :tJU..ct eAt de donneJL Taka.wa.à Koulio. En 1923, NgClJtW.{, licencié ut et pM Jtemplacé. Le canton. de Tak.awa ut démenblté. Tout le .6ud avec Tak.a.wa.eAt donné à Vakou, qui devient bientôt le canton de V~nga.la. . (Chez lu Bate) Ngon-K.-Lnja, .6' en6u.Lt à l'etJlJt.-Lvée de la. colonne quA.. 6a.J.;tla pau6,{,catA:on. Tl éta.J.;t viA é comme bta6,{,cant d' udaveA. Il eAt pW et meuJt.t en pWon. NgClJtW.{, JtecoJ1.6W.Le pM ce;t;te che66e.JU.,e, il ne con6-Uune lu che6.6 locaux daM leuJt comma.nC:d11ent MMÂ- KÂ-ngang à Voba: déné, bÂ-en noté, CM il a a..-ûlé lu che6.6 Ba.:te à 6aJ.fLe leM .6oumi.6.6,{,on. Mw, il meuJt.t en 1918. C'eAt VjJ.mte.ga, onde mateJLnet de Tatola. quA..le Jtemplace. La. ltume..ull.. aCCMe leA geM de Vobadéné de l'avoÂ.Jt empoi.6onné. Ii a pu, avant de mol.1JUJr.., dUÂ-gneJL Balaye, le jeune 6Jtèlte de Tatola. com-

.

me -6on .6UC.CU.6euJt. clan Kou1.lo-Ta.:tola.a miA ta main .6Ult un nouveau Le
canto n. Balaye n' 0.6e pM -6'Â-M:tcLtteJLà Vabadéné, il CJtée un villag e Moyoumtolto. Se.u.l, paJLmi leA adm,{,¥lAÂ:tJta.:teuM,VehcUe (1924-1926) demande.6a ltévocation pOUlt exactioM : "Il tend à deverWt le pltopJtiétaJ.fLe de .6on canton, cheJLche à .6upplanteJL leA aubteA che6.6". LeA Â-nteJtpftète.6 6avoltableA à Ta.:tola aVMent été chM.6u. SOM Vjonouma (le pme) le.6 plaJ..nteA avaient a66lué : ltéquJ...6ilion de ma..,{,n oeuvlte, 6emmeA pWe.6 .6aJ1.6 d' dot... mw en 1941, Abdou! (le nouvel Â-nteJtpltète) doil j UlteJL.6M le COJz.a.ne ne Jtien d cLUte ou bLadLtÂJLequA..pOUltJtCLU UAe J1.lU.6Â-ble Ta.:tola.ou JtévUeJL lu anà uennu ,{,ntJt.,tgUe.6. 20

REGARDS
Et le rapport Tel
avec

SUR

LE

TCHAD du
c..antoYl.e d prudent, à vie MoI6-6a1,a. sachant perdre
Ta-

concl ut

: TeR.le ut

..t' L6tobte h assagi, chef

est

1 'homme,
Comblé

aujourd'hui
d'honneurs

plus

élégance.

(décoration,

voyage

Paris en 1955)
d'exactions de Denys et de

tola

est

comme sont

ces

vieux

souverains par leurs tu

qui, sujets. car

après Clest ton sur

une

de Sypi,re

cruauté, racuse que

acceptés pri e pour tout son

1 'histoire successeur la rive valable mort en

: "Je

que

vi ves,

pourrai gauche, des 1968,

t être

toi ". Dans et

canton, Rien Ngaba

du moins ne

Tatola anciennes et tout

est famil. Moissa-

indiscutable les
I la 1 a pl eu ré

indiscuté. et de

subsiste Tatola

de est

de

Tétindaya
.

Mao.

Il ne devait laye. Kadadouma destitué

pas en être de même pour les héritiers le fils de Balaye, qui détenait

de Koullo et de Bafut

le canton de Dobadéné

en 1955, pour trafic

dialcool.

Lors de la fête donnée des notables,
liA

par La-bian-

ba, le 14 juillet,

on vit dans le défilé

le nouvea'J chef de

cantonMoussa Bénén, portant une pancarte:
rateur". son au La famille et de Ngarwi de Dog, Takawa, Sou encore éviction profit en le canton fils de dans détaché IV, libre, qui et

Pierre Eydoux, notre libéni avait jamais fut galons accepté

puissante, de avait fut

Dilingala gagné député ses au

restauré d'adju-

dl un

Ngarwi, la

dant

combattant

France

Palais-Bourbon.

L'AUBE

DE L'INDEPENDANCE

(1956-1958) années où la bonne entente et une vraie cordiasans nuages. chefs de caneuropéens

Il Y a eu trois brèves

lité a régné entre noi~s et blancs, Le "commandant", à l'époque,

co~me un beau jour dlété, chez lui les notables, agents

recevait

ton, fonctionnaires de la Cotonfran,

de la sous-préfecture, catholiques

dlagriculture,

missionnaires occasions

ou protestants,

pour un pot, ou les

ou dans les grandes futurs ministres

pour un méchoui. pas encore

Les futurs députés 1 'expérience

tchadie~s

nlavaient savaient

du pouvoir,

les administrateurs traient

français

qui ils allaient

partir et ils se mon-

beaux joueurs. typique de ce temps là, la conférence de presse que fit Toura en offigéné-

Anecdote Gaba, député

de Mo;ssala,

dans une salle de cinéma à Fort-Archambault en majorité tchadiens, il y avait quelques ancien déclare résident

1958.

Parmi les auditeurs

ciels français, ral à Hano;. mençant.

dont le chef de région,

M. Del~oe,

liOnme dit qui il nly a rien de changé, vous voyez bien qulil y a quelque

Toura en compuis-

Pourtant,

chose de changé, !II Et la salle

que le chef et région est à mes pieds et qulil m'écoute

dlapplaudir à tout rompre.

21

REGARDS Tout avait commencé devait mener avec le vote territoires

SUR

LE

TCHAD

à Paris,

de la loi Deferre, en 1956, qui
d'Outre-mer, à l'autonomie les

les anciens

de la France

d'abord, en 1958,
plus visibles forcé,

puis à l'indépendance,

en août 1960.

Un des effets

de cette loi fut la suppression de route et surtout

de ce qui restait non rétribué

du travail dans les champs

les corvées

le travail

de coton des chefs de canton. On a beaucoup territoriale; proclamation te, le dBputé gouvernement Moyen-Chari, ter Monsieur préfecture, de Koldaga. Toura, comme Tombalbaye, Normale faisaient partie du corps des instituteurs, sorvoté en ces années là : en 1957, pour la seconde Assemblée Assemblée et la Lisetdans le

puis en 1958, pour la première anticipée antillais de la République.

législative

C'était

le temps ou Gabriel premier ministre

à Paris, qui allait encore

devenir

provisoire,faisait Les grands Gabriel". écoliers

des réunions

de propagande

dans le écou-

nous disaient:

"Ce soir nous allons

Au cours de mes tournées plusieurs

dans le sud de la sousson canton

j'ai rencontré

fois Toura Gaba qui visitait

tis de l'Ecole ils étaient R.D,A.,

de Brazzaville.

Engagés

dès 1946 dans la politique, du P.P.T., section locale du avait

les deux fondateurs

au Moyen-Chari Africain

lB Rassemblement

Démocratique

que Lisette,

le premier,

lancé au Logone.

Toura était aussi et vindicatif,

placide

et pince-sans

rire, que Tombal-

baye était passionné et de tribun leaders, apparent~

mais il n'avait

pas les dons d'orateur entre les deux

de son collégue

sar. A l'origine Lisette. Quand

de la rivalité celui-ci,

il y a essentiellement aux communistes,

suspect

d'être

perdit

son mandat

de député

au Palais-Bourbon Assemblée jabien il

(1951),

il vint se faire élire au Moyen-Chari Toura fit campagne

dans la première

territoriale. mais.

avec lui. Tombalbaye

ne le lui pardonna qui parlait A ce titre, à l'ONU.

Toura était à l'époque

un des seuls hommes de sa jeunesse de Tombalbaye

politiques au Nigéria.

l'anglais,

ayant passé une partie des Affaires

fut ministre Plusieurs

Etrangères fonctions,

et ambassadeur arrêté

fois

démis de ses

il sera finalement

et déporté d'iso-

à Ounianga, dans le désert du Borkou (1962-1965),
lement très dures pour son moral. A FORT ARCHAMBAULT En octobre français (1960-1967) Moissala, Lwanga. En

dans des conditions

1960, après avoir quitté Charles

je suis nommé

professeur

de

et de latin au collège pendant les vacances

Mais je retournerai j'achève

souvent

à Moissala

scolaires. 22

1961,

le dictionnaire

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

mbai-français. la collecte dirigée

A partir
des contes,

de 1962, pendant qui aboutira

1 'été

je ferai

deux années de suite du premier re-

en 1967 à la publication Tardits.Outre

cueil MYTHE ET CONTES DE SOU, dans la collection
par Eric de Dampierre et claude

des Classiques Africains,
la légende du voyage

de Sou au ciel, déjà bien connue, ci est la découverte passionnante, bribe par bribe, de 1 'oeuf primordial qui donne naissance aux premiers jumeaux, puis celle du Fondeur dl hommes qui ressuscite dévore les humains. Partout, les morts, et de la sorcière-calebasmes amis d'autrefois persistante. perdues. Les semailLe sous-préIl en se qui elle je retrouvais

et je me sentais mêlé à la vie du pays. Ainsi, en juillet 1963, il y avait une sécheresse les de coton faites fet, C'était pour détourner la faute depuis le 15 juin de pluie risquaient populaire, le mécontentement

d'être trouva

un bouc émissaire.

aux chefs

qui ne faisaient

pas leur métier.

fit arrêter grand oncle tomber.

trois, celui de Gon, un inconnu, celui de Tatola, et celui de Moissala-village jusqu'à ce que... d'une tourn~e dans le sud, juste Otarague,

de Dakou : Otarague, le : Ba-Kam-To, petit-fil~ la pluie se décide à au moment où ils venai-

de Ngaba Mao. Il les mit en prison, Je revenais arrêtés ent d'être et j'allai saluer

affublé

pour la circonstance

d'une tenue léopard empruntée à son fils ancien combattant. Il protestait de son innocence: "Clest Alla qui empêche la pluie de tomber, je nly suis pour rien." Je tâchai de le consoler en lui disant que le matin même j'avais prié rent pour la pluie. La nuit pendant suivante, il y eut un orage formidable, et la pluie ne cessa des trombes d'eau tombèdeux heures, vraiment que vers dix heures

du matin. Nos trois gai1lards après midi, quelqu'un frappe je vois? Un colosse jovial,

étaient toujours en prison. Vers trois heures dans ses mains. Je vais ouvrir. Qui est-ce que en grand boubou blanc, c'était Ba-kam-to ; à à la main une poùle noire: la pluie est tombée, alors voiIITu couperats le cou à la poule, d'accord. Le commandant mla dit ne tombe pas encore, il tu

côté de lui un garçon de douze ans qui tenait IITu nous a donné le coup de la main, puisque là ce que ma femme t'envoie". et tu es blanc, en partant: retournes jour d'août, Et il ajoute: toujours

1e san9 cou1era', cie st 1e san 9 de Dieu (un pacte d I a11i ance). Je sui s noi r
mais nous serons Alors, était Deux jours! en prison. deux jours! tu travailles très noir, 23 si la pluie

de ton côté et moi du mien, avec Alfred Adler,

faut que lap lui e tombe tous où le ciel

1es deux jours'.

A que 1que temps de 1à, un beau nous avons sur-

pris Otarague à Dakou. Il venait de faire

une offrande de boule de mil à

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

ses sept karité.

pierres

de pluie, était presque

la plus grosse, noire tant elle

amincie avait

en son milieu été ointe

comme une de par la venaient

bobine de fil,

de beurre

Nous avons cru, culture attelée.

en ce temps là, Les derniers chefs

au développement de service

de l'agriculture français

agricole

d'introduire au Moyen-Chari les premières charrues, vers les années 60. La J.A.C. (Jeunesse Agricole Chrétienne) fondée par le Père Xavier Rousselot emboîta lable le pas. nécessaire Pour encourager à l'emploi les jeunes à dessoucher la J.A.C. le terrain, préapouvaides créa à de la charrue, distribua des boeufs, des primes soit

de dessouchage ent ensuite charrues.

de 5000 F. par hectare. avec l'argent un Suisse s'initier

Les jeunes

qui se groupaient Cordonnier

acheter

de la prime soit du Valais, des Centres pendant

Parallélement, pouvaient

François

Monkara, près de Koumra, le premier nes gens mariés
La J.A.C.

de formation,

00 des jeuattelée. On initia

un an à la culture privés Puis, d'eau.

connut quelques belles
On creusa à faire leur des puits budget,

années surtout
pour les villages dépenses

dans le secteur de Koumra
le mouvement

(1960-1967). les jeunes s'essoufla qui lança majorité la culture départements

et recettes.

et fut relayé par le ~.D.P.A., organisme financé par la France, trois ans durant des groupements coopératifs, où entrèrent une d'aînés attelée sera de la J.A.C.. était entrée des dizaines Malgré bien des échecs, dans les moeurs. de milliers d'attelages, au bout de dix ans, dans les trois et vers 1970, on On comptait

estimai\t que di x pour cent des pl anteurs de coton étai ent devenus des "paysans modernes" utilisant, outre la charrue, les engrais et les insecticides. J'ai participé En juillet au mouvement dans le secteur 1966, une initiation générale, d'Archambault. décienchée à Bédaya, s'étendit

bientôt

à tout le département,

les camps de brousse,
des missionnaires

de jeunes partirent commeen 1955. Nous avons dit l'attitude
le baptême à ceux qui devaient

des milliers

encore dans négative
faire le ya-

qui refusaient

nda. L'abbé Mathias Ngartéri, originaire Père Hallaire, que le nda était vraiment qu'il était pratiquement accord avec les prêtres participer, à condition (les esprits), Déjà, institué depuis le Parti trois

de Bédaya réussit à convaincre le le coeur de la culture sara et

impossible d'y renoncer. Il fut donc convenu, après du nda, l~ mü~ que les chrétiens pourraient y toutefois d'être dispensés des offrandes aux béssis loyalement fait réélire 24 observé. à la dictature. Président, Après avoir Tombalbaye fit ans, le régime tournait

ce qui fut d'ailleurs unique et s'être

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

arrêter

en septembre

1963 les trois

leaders

musulmans au domicile

de l'un

d'entre eux, Jean-Baptiste, près de la mosquée qui fit 1964, à Fort-Archambault. le général Malloum. Deux ans après, les exactions

le maire de Fort-Lamy. cent morts. Jean-Baptiste Koulamalah ne devait être

Une émeute s'ensuivit mourut en prison en libéré qu'en 1975, par

les paysans

de Mangalmé se révoltaient sara. Le lendemain,

au Guéra contre

des fonctionnaires

Tombalbaye eut la fran-

chise de reconnaître que les responsables Fort-Lamy. Ses fonctionnaires réclamaient administrés. Dès lors, les attentats isolés

n'étaient pas à Mangalmé, mais à souvent deux fois l'impôt à leurs contre les militaires ou les

fonctionnaires se multiplièrent dans tout le centre-est, du pays de Mongo jusqu'à Abéché. Tombalbaye, qui ignorait encore que le Frolinat venait d'être fondé à Khartoum, en juin 1966, par Ibrahim fantôme, Abatcha, organisé les imputait à des "bandits" soudoyés par un gouvernement de ses ministres, Abou Nassour.
ENTRE LA FRANCE ET LE TCHAD (1968-1975)

au Soudan par un

Rapatrié n'aurai passe. quarts

pour raison

de santé

en décembre 1967, je quitte

le Tchad et je

plus pendant deux ans et demi que des éc~s assourdis de ce q~i s'y La rébellion éclate au grand jour et va s'étendre rapidement aux trois du territoire. Fin janvier 1968, les rebelles tuent le médecin-chef Abatcha qui a désapprouvé le meurMademoiselle Fauvet sous sa protecà l'armée, il tombe lui-

Lièvre au sud d'Abéché et un vétérinaire; tre, prend la survivante, une infirmière tion.

Mais, dans le combat d'Am-Timam qui l'oppose

même sous les balles. Le Père de Montgolfier qui a recueilli l'infirmière est expulsé du Tchad, pa~ le Président qui l'accuse d'être de connivence avec les rebelles. attaquées çais ter dats aident français. En juin 1968, les missions catholiques saccagés En avril ans. et protestantes et pillés.Le 1969, juste du Guéra sont 27 août, AoLes Franavant de quitpar les bandes,les l'armée dispensaires le poste. envoie trois durera

zou, au nord du Tibesti, le pouvoir, le général

tombe aux mains du Frolinat. de Gaulle

à reprendre

au Tchad la Légion et 2000 solMais en 1972, malgré le radu Ouaddaï, les appels à la

L'intervention

tissage

et les bombardements

sur les villages

réconciliation tombaient dans le vide et la lutte devenait plus inexpiable. Entre temps, ayant présenté au Musée de 1 'Homme, fin mai 1968, la tra-

duction de mon second recueil contrat de travail du

de contes,

DRAGON ET SORCIERES,

j'obtiens

un

C.N.R.S.,

grâce à Eric de Dampierre. 25

Une fois

le re-

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

cueil terminé, en 1971, je pourrai retourner quête en pays sar, cette fois, qui aboutiront

au Tchad pour des voyages d'enen 1976 à la thèse de 3e cycle ma première grande enquête

en ethnologie,
sion abrégée.

sur BEDAYA ET SES ROIS, dont le présent ouvrage est une verHeureusement pour moi, je pus faire

à Bédaya (décembre 1971 à mai 1972) en compagnie du Père Maurice Fournier qui était installé depuis un an sur place, et avant le début de la Révolution culturelle. En juillet 1973, l'initiation le pays sar. régulière des adolescents s'était déroulée Dans' la foulée Tombalbaye, sous l'in-

à Bédaya et dans tout

fluence de ses conseillers haitiens, décida de pratiquer le "Retour aux sourcesll. Il envoya dans les camps de brousse tous les adultes de 16 à 50 ans

qui n'avaient
TIQUE. Deux

pas fait

le ndo dans leur jeunesse.
pendant l'été sudistes, parmi lesquels

Ce fut l'initiation

POLI-

années de suite,

de 1973 et celui deux ministres,

de 1974, trois un colonel,

mille

fonctionnaires

et au moins autant de paysans et de citadins birent les mêmes brimades que les adolescents. ments de compte, tout à fait contraires mises à mort pour violation

furent envoyés au ndo et y suIl y eut de sanglants régleselon laquelle les

à la tradition,

du secret étaient

extrêmement rares.

Le plus grand nombre des victimes ayant publiquement décrié l'institution. des missions furent arrêtés baptistes américaines,

fut du côté protestant. Les pasteurs En novembre 1973, tout le per30nnel une vingtaine de personnes, fusillés les victimes
Les catholiques

fut expulsé de Koumra dans une ce

du Tchad. Vers le même temps douz~ pasteurs par les Compagnies de sécurité,

tchadiens

de la région et jetés

fosse commune,non loin du Chari.
Un seul homme éleva la voix pour défendre
fut
Toura

innocentes,
et spéciale-

Gaba, qui donna sa démission
où il citait les noms des

d'ambassadeur

d'Allemagne

et diffusa les firent

un tract
exécutions,

fusillés.

ment les catéchistes

ne furent

pas épargnés. le silence

Le Président, des évêques.

pOur nier Ceux-ci

se retranchait

derrière

savoir dans la Croix, le journal catholique français, qu'ils n'en pensaient pas moins, mais que toute nouvelle dénonciation publique aurait abouti à de nouvelles en février riés leurs arrestations et de nouvelles tueries. 750.000 tonnes général. défricher et cela de coton, lancée Des milliers gratuitement loin de leur de saladurant domiLa fin du régime approchait. 1975, suscita furent les grands des villes week-ends contraints L'opération d'aller

le mécontentement domaines de l'état, 26

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

cile. Quand

début avril

Tombalbaye accusa la gendarmerie de comploter contre

lui, ce fut le putsch où quelques sections ramenées d'Am-Ti man, Mongo et 80koro, marchèrent de nuit sur Ndjaména. Le 13 avril au matin, le Président pris dans sa villa des bords du Chari comme dans une souricière fut abattu par un soldat.
ET POURTANT LA VIE CONTINUE
III

Les événements sanglants qui se sont déroulés à Ndjaména depuis la reprise de la guerre civile en février 1979 sont dans toutes les mémoires. Ils ont fait la Une des journaux et de la radio. Mais pendant ce temps-là dans la zone sud, régnaitdans préservée plusieurs des destructions régions du centre à tourner de la capitale et de l'est', entreprises malgré textile, au loin et de l'insécurité la vie continuait. industrielles qu'elle produits, leurs de Sarh épqu'il qui

Au Moyen-Chari en particulier et de sa banlieue rouvaient, s'agisse nerie tant ont continué

les trois

les difficultés ou de la sucrerie

pour vendre que pour exporter de l'usine

de la Coton-Tchad, de Banda. que la culture pluvieuse. du mil,

et raffise dule

Maintenant rant striga, teurs santé guerre la saison

du coton n'est

plus obligatoire

les paysans

sont mis à semer du riz dans les zones inondées En d'autres on fait par cette endroits, plante ont fait un parasite tchadiens morale.

de Doba et de Bédiondo, comme à Koumogo où sévit et cela parasite. Bref les agriculet de par la

plus de coton qu'avant,

rapporte

car le coton n'est

pas touché

qui en ont vu d'autres

preuve de patience apportées

Le commerce marche au ralenti, à la circulation routière.

à cause des entraves Et pourtant on trouve

sur tous les marchés

même à la campagne les produits essentiels: le mil et les arachides, le poisson frais ou fumé, alors que la viande est plus rare, l 'huile, le savon et le pétrole; Les principaux routiers dicaments. mais les prix ont monté enflèche. services publics sont toujours fonctionnent des écoles assurés: malgré primaires, les grands la pénurie axes de méles hôpitaux des enseignants

sont entretenus, La majorité

des collèges

courts et des lycées (dont les effectifs ont presque doublé avec les élèves repliés de Ndjaména) ont bien mérité l'estime de la jeunesse. Très mal payés et irrégulièrement, mettaient mens, certificat ils ont parfois doubles fait des grèves durant l'année, eu lieu mais ils après les bouchées pendant le temps des vacances; ont toujours et les exa-

d'études,'brevet,

baccalauréat, 27

REGARDS

SUR

LE

TCHAD

la rentrée A trois colonel

dl octobre. jours de Jistance, les 21 et 24 août 1982, M. Hissén Habré et le plutôt optimistes sur les résultats de la

Kamougué se sont déclarés

Conférence de Franceville. Après tant de réunions, Kano 1, Kano 2 et Lagos en 1979, serait-ce 1 laube de la paix qui pointe à 1 'horizon pour l Ian nouveau 1983 ? à Sarh, le 25 août 1982

28

PREMIERE

PARTIE

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CHAPITRE

1 ET SARA

BAGUIRi1I

Le. ltoÂ- du .6aJz.a..6' appefl.e. mbang (c.omme..te. ltoÂ- du BagUÂJunÂ-), maÂ..6pe.u.,t-we. .6ont-c.e. .tu bagUÂJun.ie.YL6e:t non .6U pJtopltU .611j e.;lA qUÂ- .tu.i do nne.nt c.e. :tU:Jte.. (ESCAYRAC VE LAUTURE, 1855)

.

Le plan de ce chapitre

tient

en trois

propositions:

-

y a-t-il
Cette

eu "un modèle baguirmien" pour la royauté sar ?
baguirmienne en pays sar n'a pas eu lieu avant 1850.
l 'histoire de Bédaya en deux périodes: les

L1intervention

date de 1850 partage

temps obscurs et les temps proprement historiques.

I.

LE ROYAUME BAGUIRMIJ MODELEPOUR LA ROYAUTESAR ? DU

Bien que 1es fonda teurs du Baguirmi fussent des "paiens ", leur royaum,e était un assemblage de populations hétérogènes dont le ciment fut bientôt l'Islam. Très vite, ils créèrent une armée puissante dont le noyau étro tune cavalerie permanente. La dime du bétail ne rapportai t'pas grand chose au pouvoir central à cause de la multitude des collecteurs intermédiaires. Les rois du Baguirmi ne pouvaient maintenir leur puissance que par une industrie, la razzia anuelle. La société baguirmienne ressemblait à une pyramide à trois étages : au sommet, dans l'enceinte de capitale, le roi et sa cavalerie, son harem et ses esclaves, les principaux dignitaires étant d'origine servile. Dans les limites du royaume qui n'excéda jamais 100.000 km2, des paysans libres qui payaient l'impôt en grain ou en bandes de coton (gabak), slils étaient cultivateurs; en beurre, têtes de bétail ou étalons, pour la remonte de la cavalerie, s'ils étaient éleveurs ou nomades. Enfin, sur les frontières, surtout à l'est ou au sud du royaume, une ceinture de peuples plus ou moins vassalisés, où le roi avait un représentant permanent, avec un peloton de caJI