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LE DECHIFFREMENT DU DISQUE DE PHAISTOS

De
191 pages
Peu d'objets archéologiques ont suscité autant de controverses entre savants et excité autant l'imagination des chercheurs, professionnels et amateurs, que ce célèbre " disque de Phaistos " qui fait l'orgueil du Musée Archéologique d'Hérakleion. Après vingt-cinq ans de recherches, nous présentons aujourd'hui une solution qui heurte bien des théories que l'on croyait acquises, mais qui paraît définitive tant sont nombreuses et décisives les preuves qui l'appuient.
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Le déchiffrement du disque de Phaistos

~ L'Hannatlan, 1999 ISBN: 2-7384-7703-8

Jean Faucounau

Le déchiffrement

du disque

de Phaistos

Preuves et conséquences

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA illY

IK9

A la mémoire

de Florence qui pressentit,

Melian

Stawell

la première,

la solution de l'énigme

FIGURE

1

LE DISQUE DE PHAISTOS (d'après Evans)

La Face A 8

FIGURE

2

LE DISQUE DE PHAISTOS (d'après Evans)

La Face

B

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LES SIGNES (d'après

3
DU DISQUE Evans)

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PREFACE
AVANT-PROPOS

Le présent ouvrage traite du Disque de Phaistos et de son déchiffrement. Il n'est pas le premier à aborder ce difficile sujet. Depuis juillet 1908, date à laquelle fut découvert le célèbre disque, plus d'une dizaine de livres

et plusieurs centaines d'articles - dont très peu, hélas,
ont contribué à faire avancer le problème vers sa solution - ont été publiés. Près d'une trentaine de déchiffrements, tous différents, ont été proposés, certains relativement plausibles, la plupart visiblement erronés. On a interprété les hiéroglyphes du disque comme un calendrier astral, une prière à quelque déesse, un décret royal, une liste de témoins et même une partition de musique. La langue dans laquelle est écrit le texte a été, tour à tour, supposée grecque, sémitique, hittito-Iouvite, égyptienne, basque, germanique, sumérienne... et même chinoise! Il

Si nous prenons aujourd'hui la responsabilité de publier un nouveau livre sur le disque, c'est parce que nous avons acquis la certitude, après vingt -cinq ans de recherches, que la solution proto-ionienne que nous présentons est la bonne. A la différence de tous les autres déchiffrements qui ont été proposés, cette solution est appuyée par une trentaine de preuves, la plupart décisives par elles-mêmes, dont beaucoup sont extérieures, c'est-à-dire reposent sur des faits n'ayant

rien à voir avec le disque.
Pour des raisons dues à l'histoire du déchiffrement, la plupart de ces preuves ont déjà été publiées, mais de façon éparse, dans des revues diverses. Un ouvrage reprenant l'ensemble du dossier, de manière à le soumettre au feu de la critique scientifique s'imposait donc. C'est cet ouvrage que nous proposons aujourd'hui. Notre livre s'adresse en priorité aux linguistes. Il est destiné à les convaincre que malgré le caractère révolutionnaire d'un déchiffrement qui admet l'existence d'un dialecte proto- ionien vers 1750 avant J. -C. , ce dernier est cohérent sur le plan linguistique avec ce que nous savons par ailleurs. Il n'est, certes, jamais facile, l'expérience l'a montré à maintes reprises, d'accepter une révolution dans les idées. Les savants du XVIe siècle, en majorité des religieux, eurent beaucoup de mal à admettre la révolution copernicienne. De même, un linguiste ne peut que ressentir un sentiment d'incrédulité au premier abord quand il se trouve placé 12

devant un K:ac; proto-ionien : une telle particule n'existe pas en ionien classique, malS seulement en arcado-chypriote ! Mais s'il veut bien surmonter ce premier sentiment, il n'aura pas de peine à se convamcre que, s'agissant d'un archaïsme, rIen n'interdit cette anomalie, comparable au maintien de nos jours d'un archaïque OYEZ! .. .en anglais! Et il en est de même pour les autres formes inattendues que le déchiffrement fait apparaître. Notre ouvrage s'adresse aussi aux archéologues, qui devront probablement surmonter quelques préjugés analogues et, notamment, accepter désormais sans restrictions l'authenticité de l'"épée de Dorak". Eux aussi pourront être choqués au premier abord de voir un texte découvert en Crète et datant de 1750 environ avant notre ère, mentionner le cheval, alors que les premières représentations de cet anllnal datent, dans cette île, du Minoen Récent. Mais, une fois ce premier sentiment d'incrédulité surmonté, ils s'apercevront de la cohérence historique de la théorie proto-ionienne et se rappelleront que le cheval domestique a été attesté à Troie dans les couches de la Deuxième Cité. Nous avons, enfin, rédigé cet ouvrage en pensant aux simples curIeux, hellénistes ou archéologues amateurs, qui auront, peut-être, quelques difficultés à nous suivre sur les chemins ardus de la construction de la phrase en proto-indoeuropéen, mais auxquels nous exprimons toute notre sympathie. 13

,

CONTENU

DE L'OUVRAGE

Le Chapitre 1 est consacré au rappel des données archéologiques et à l'examen des données épigraphiques du disque, à l'exception des enseignements pouvant être tirés du dessin des signes, question traitée dans le chapitre 4. A notre corps défendant, nous avons été obligé de rappeler diverses conclusions sûres, trop souvent négligées par les auteurs s'étant occupés du disque, et de faire justice d'hypothèses fantaisistes. Car, même les meilleurs ouvrages traitant du disque de Phaïstos ne sont pas exempts d'erreurs de ce genre. Pour ne prendre qu'un seul exemple, on relèvera ainsi que le remarquable livre d'Yves Duhoux7, Le Disque de Phaestos , excellent par ailleurs, méconnaît l'alternance entre tracé des spires et impression des signes, et reprend à son compte l'invraisemblable hypothèse que le scribe travaillait avec un modèle sous les yeux. Le Chapitre 2 traite des diverses méthodes de déchiffrement envisageables dans le cas du disque, commentant au passage certains essais concurrents sur des points de détail. Le Chapitre 3 est consacré à la description de la méthode de déchiffrement que nous avons utilisée. Il ne nous a pas été possible de fournir le détail de calculs qui se sont étalés sur quelque sept années; seuls, les principes sur lesquels ils/ reposent ont été exposés. Ce 14

chapitre décevra sans doute le lecteur mathématicien, mais il nous était impossible de faire autrement sous peine de rendre le texte illisible pour les lecteurs peu familiers avec la Statistique et ses méthodes. Le chapitre se termine par un rappel de la grille de déchiffrement publiée en 1973. Le Chapitre 4 traite de l'importante question de l'identification des signes du disque, de leur valeur phonétique et des considérations que l'on peut en déduire. Le Chapitre 5 est consacré au déchiffrement proprement dit, à la traduction du texte et aux commentaires philologiques. Le Chapitre 6 aborde la question des preuves internes montrant que le déchiffrement est bien exact, et traite des signes effacés. Pour juger sur pièces de la valeur de certaines de ces preuves, nous invitons le lecteur à se reporter aux éditions photographiques du disque, et notamment aux excellents ouvrages d'Y-ves Duhoux 7 et J.P.Olivier27. Le problème du nombre de signes utilisés par l'écriture est évoqué en fin de chapitre. Le Chapitre 7 traite de l'importante question des preuves externes, avec trois principaux thèmes: preuves linguistiques, historiques et astronomiques. Ces diverses questions ayant été déjà développées dans des articles, un simple résumé est fourni pour les plus importantes. Nous avons repris dans la Conclusion le problème de 15

la crédibilité du déchiffrement, en comparant ce dernier au déchiffrement du Linéaire B. Une Bibliographie, une Liste des figures, une Table des matières et un Index terminent l'ouvrage, afin d'en faciliter la consultation. NOTA: Dans toutes les figures du présent ouvrage, la numérotation au Chapitre d'Evans 10. nom d'un chiffres en de page. des cases a été faite en partant de l'extérieur vers le centre. Les raisons en sont données 1 ~ 2B. La numérotation des signes est celle Les chiffres indiqués en exposant après le auteur renvoient à la Bibliographie. Les indice renvoient le lecteur aux notes en bas

REMERCIEMENTS

Nous voulons exprlffier ici notre reconnaissance pour tous ceux qui nous ont soutenu et aidé pendant ces longues années de recherche. Notre gratitude va en particulier aux professeurs Jacques Coupry et Michel Lejeune qui ont accepté en 1975 de publier notre premier article. Elle va aussi à tous ceux qui nous ont encouragé, et tout particulièrement aux professeurs Christos Doumas, John Cherry et Pierre Lévêque. Nous ne saurions oublier non plus tous ceux qui ont bien voulu accepter de publier nos travaux, du regretté 16 E.

Platakis, directeur de Krètologia à I. Verheyden, rédacteur en chef de Kadath, en passant par P. Ripert, le dynamique directeur de la revue Actualité de l1fistoire. Enfin, nous remercions tous ceux qui ont pris le temps et la peine de nous faire part de leurs observations et de leurs critiques, et tout particulièrement le professeur Paul Faure, aux remarques duquel ce livre doit beaucoup. Nous terminerons cette introduction en citant cidessous les sources des illustrations que nous avons utilisées: A.Evans, p. 8, 9, 10, 168 ; L.Pernier, p.18; N.Platon, p.20 ; Sp. Marinatos, p.20 ; W.Lamb,p.40 ; Musée d'Athènes, p.72, 74, 76, 80, 94, 96; C.Renfrew, p.78; Musée des Thermes à Rome, p.87 ; P.Montet, p.92 ; R.Laffineur, p.tOO ; J.Mellaart, p.166 ; H.Goldman, p.168 ; M.A. Editions, p.170. On notera que les photos relatives aux signes du disque ne figurent que pour donner au lecteur une idée de la réalité. Nous engageons vivement ce dernier à se reporter, le cas échéant, aux éditions photographiques du disque existantes, en particulier à celles réalisées par Y. Duhoux et J.P.Olivier (Voir p.lS ci-dessus).

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*

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LES FOSSES DU DEPOSITORY DE PHAISTOS (d'après Luigi Pernier)

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18

CHAPITRE Remarques

1

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i-Les

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archéologiques

concernant

la trouvaille Le Disque de Phaistos a été trouvé dans la soirée du 3 juillet formaient 1908 par l'archéologue le sous-sol italien Luigi Pernier, qui dont XL 101 du palais d'argile avaient dans la plus grande des petites fosses rectangulaires du bâtiment minoen de Phaistos, les parois intérieures été soigneusement fin, n'étaient contre). découvert retrouvé en Crète. Ces petites fosses, faites de briques recouvertes

d'une couche de plâtre sur le sol du local où fut

accessibles que par le haut (Voir Fig.4 cile disque, était peut-être la marche probable, d'un sinon

Une pierre, retrouvée Bien qu'aucun 19

escalier disparu.

objet précieux

n'ait été

dans les fosses, il paraît très

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DEPOSITORY DU PALAIS DE ZAKRO

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HACHE D'ARKALOKHORI

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certain, qu'elles constituaient un "Temple Depository", comparable à celui des palais de Knossos et de Zakro (Voir Fig.5 ci-contre). Dans les fosses presque identiques de Zakro (pièce XXV), on a en effet découvert une quantité impressionnante de vases rituels, de même que furent découverts dans des fosses similaires à Knossos des objets de culte divers (statuettes de la déesse aux serpents, vases, etc.). Le disque de Phaistos se trouvait dans une couche de terre noire mêlée à des cendres, des débris charbonneux et des os de bovins plus ou moins calcinés, située à 55cm environ au-dessus du fond de la fosse. Dans la même couche, à quelques centimètres plus au nord, fut retrouvée une tablette écrite en Linéaire A (Tablette PH 1) qui fournit la date approximative de la couche où fut trouvé le disque, et par conséquent un terminus ante quem pour celui-ci.

Cette date est cohérente avec la datation du bâtiment XL
101 dont pour les particularités architecturales Le disque le situent, est donc selon Pernier, certainement du MM3b(I).
-------(1)- Certains (Schwartz, Ephron, Jeppesen, Godart, etc.), avec Ie

à l'ép'oque du Premier Palais qui s'étend, antérieur à 1600 avant J.-C., date de la fin

lui, du MM1b au MM3b.

souci de rajeunir en mettant

le disque, ont tenté de contester cette conclusion, valables, le compte-rendu On est allé jusqu'à / .. . -

en doute, sans arguments

qui est sans équivoque

- de Luigi Pernier.

mettre en doute, sur les prétendus 21

dires d'une vieille dame...