Le défi énergétique en Méditerranée

De
Publié par

Publié le : mercredi 1 janvier 1992
Lecture(s) : 171
Tags :
EAN13 : 9782296254527
Nombre de pages : 176
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

LE DÉFI, ÉNERGÉTI(}UE EN MEDITERRANEE

Collection FORUM DU TIERS MONDE - AIT AMARA H., FOUNOU-TCHUlGOUA B. (soQs la direction de) : Agriculture africaine en crise dans ses rapports avec l'État, l'industrialisation et la paysannnerie, L'Harmattan, 1989, préface de S. Amin.

- AIT AMARA H. : L'Agriculture méditerranéenne rapports Nord-Sud, L'Harmattan, 1992.

dans les

- AMIN S., FAIRE A., MALKIN D. : Avenir industriel de l'Afrique, L'Harmattan, 1981. - AMIN S. : La Faillite du développement en Afrique et dans le Tiers Monde, une analyse politique, L'Harmattan, 1989.

- AMIN S. : Les Enjeux stratégiques mattan, 1992.

en Méditerranée,

L'Har-

- CAPRON M. : L'Europe face au Sud, les relations avec le monde arabe et africain. L'Harmattan, 1991. - FOUNOU-TCHUIGOUA B. : Fondements de l'économie de traite au Sénégal, Silex, 1981, préface de S. Amin.

-

KHENASS I. : Le Défi énergétique en Méditerranée, mattan, 1992. - LAMINE GAKOU M. : Crise de l'agriculture 1984. - YACHIR F.: développement. Crise des théories

L'Har-

africaine, Silex, de

et des idéologies

- YACHIR F. : Crise et redéploiement 1984, préface de S. Amin.

dans la sidérurgie, Silex,

-

YACHIR F. : L'Europe du Sud et le Monde arabe, au défi des technologies nouvelles, L'Harmattan, 1992. ZAROUR C. : La Coopération décennie 1975-1985, L'Harmattan, - ZAROUR C. : La Coopération tan, 1989, préface de S. Amin. arabo-africaine, bilan d'une 1989, préface de S. Amin. arabo-sénégalaise, L'Harmat-

@ L'Harmattan, 1992 ISBN: 2-7384-1170-3

Smaïl KHENNAS

,

LE DEFI ÉNERGÉTIQUE EN MÉDITERRANÉE

Préface de Samir AMIN

Forum du Tiers-Monde-Dakar

Éditions L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

A la mémoire de mon père, à mes chers parents.

PRÉFACE

Je suis heureux de présenter cette analyse synthétique remarquable des enjeux énergétiques dans la région Méditerranée-Golfe, écrit par Smaïl Khennas, qui a coordonné un groupe de recherches du Forum du Tiers-Monde dans le cadre de son programme « La Méditerranée dans le système mondial». Le rôle décisif de l'énergie dans le développement économique n'est plus à démontrer. Chaque étape de l'histoire de l'humanité peut être qualifiée par la quantité d'énergie mise à sa disposition. Pour notre époque moderne, extrapolant les résultats d'un siècle et demi de croissance exponentielle, on en avait dégagé une « loi» de l'intensité énergétique selon laquelle la croissance de la consommation d'énergie devait nécessairement être proportionnelle à celle de la production nationale. Sans doute à l'heure actuelle cette « loi» est-elle l'objet d'une révision critique. Les effets destructeurs de l'environnement d'une surconsommation d'énergie (effet de serre), les menaces d'épuisement au moins des gisements riches d'hydrocarbures, le choc pétrolier de 1973, ont anoncé des réactions salutaires d'économie d'énergie. Durables? Cela reste à démontrer: il me paraît difficile d'y croire tant que la maîtrise de la croissance globale ne sera pas acquise. La croissance exponentielle entraînée mécaniquement dans notre système de société par les lois de l'accumulation du capital et de la concurrence est un véritable cancer et, comme tous les cancers, doit conduire tôt ou tard à la mort. La maîtrise sociale du développement dans son ensemble est la seule alternative au suicide de l'humanité. Cette maîtrise, qui n'aurait évidemment de sens qu'à l'échelle mondiale, implique donc la remise en cause simultanée des 9

règles de base les plus fondamentales qui gèrent notre société (l'aliénation économiste) et de la polarisation de la richesse à l'échelle mondiale (le contraste centres/périphéries) que ce système a impliqué jusqu'ici et pour tout l'avenir visible. Il n'est pas possible, à mon avis, de répondre correctement à ces défis par des politiques «nationales» de l'énergie, sans remise en cause de l'ensemble des concepts du développement social. Il n'est pas davantage possible d'y répondre par des politiques « technologiques» conçues elles aussi séparément de l'organisation sociale porteuse des choix technologiques en question. Il n'est pas dit que la « révolution scientifique et technologique» contemporaine constitue à elle seule une réponse à ces questions, qui la dépassent largement. Dans le cadre de notre système, en tout cas, une « politique de l'énergie» se définit par une triple maîtrise. Premièrement: la maîtrise de la technique depuis celle, ancestrale, de la fabrication du charbon de bois et de l'utilisation des tractions animales, à celle de l'utilisation efficiente de la houille, du pétrole et du gaz, de l'atome, de l'énergie solaire, etc. L'efficience est ici mesurée par le rapport entre la quantité de travail humain total nécessaire à la production finale et à celle de l'énergie d'une part et le volume réel de la production finale de valeur d'usage obtenue d'autre part. Par exemple le rapport entre la quantité de travail paysan mobilisée pour les productions destinées à la consommation humaine et animale d'une part et le volume des productions destinées à la seule consommation humaine d'autre part. C'est le c~cul auquel se sont livrés nos ancêtres quand ils sont passés de l'agriculture à la houe au labour à traction animale. Deuxièmement: la disposition de moyens financiers adéquats, des moyens dont le volume a été lui-même l'objet d'une croissance exponentielle vertigineuse. Notre ancêtre paysan pouvait faire son choix en calculant la dose de son travail nécessaire dans les différentes options, répartie sur une ou quelques années. Le propriétaire capitaliste du XIX. siècle pouvait réunir les capitaux nécessaires à l'ouverture d'un puits de mine de charbon en s'adressant aux notaires et banques locales collectant l'épargne de la communauté régionale. Les grandes compagnies pétrolières ont constitué l'une des assises principales du grand capi-

10

tal financier américain et britannique, collectant l'épargne à cette échelle par les grandes banques des États-Unis et la place financière de Londres: à eux seuls les coûts de la recherche et de l'exploitation, répartis aux quatre coins de la planète, l'exigeaient. Le nouveau capital financier mondialisé, en formation visible depuis une vingtaine d'années, est déjà la source à laquelle puisent les secteurs de pointe de la production énergétique de demain (gaz naturel et atome entre autre). Troisièmement: l'accès à des ressources naturelles, base de la production d'énergie. Ici encore la géographie de cet accès s'est étendue progressivement. L'ancêtre paysan faisait ses calculs sur la base des terres et des bois disponibles dans le cadre de sa communauté villageoise. Les grands pays industriels se sont constitués au XIX. siècle sur la base de leurs ressources nationales propres. Nous avons tous étudié dans les manuels élémentaires comment le charbon avait été l'un des piliers de l'industrialisation de l'Angleterre, de l'Allemagne, de la France et de la Belgique, plus tard la mobilisation de la « houille blanche» des régions alpines, de la Norvège, etc. L'exploitation du pétrole est devenue presque d'emblée d'une dimension mondiale. De ce fait les politiques énergétiques des grands pays qui dominent le monde ont cette dimension géopolitique, et même géomilitaire, incontournable. Il ne peut plus y avoir de « politiques nationales de l'énergie », ou, plus exactement, les politiques mises à la disposition du développement national sont des politiques mondiales. Elles constituent alors, fatalement, un élément important de la polarisation de la richesse à l'échelle mondiale. Pour éliminer ce résultat, inacceptable pour les peuples qui constituent la majorité de l'humanité, il faut concevoir une autre - et véritable politique mondiale, au service de l'ensemble de l'humanité. On en est très loin. L'Occident développé bénéficie donc de cet avantage gigantesque: l'accès aux ressources naturelles de la Planète entière, mis au service exclusif de son propre développement, au détriment de celui des autres. Évidemment, cet « Occident» n'a pas été toujours, et peut être n'est même pas aujourd'hui, un sujet à traiter au singulier. Jusqu'en 1945, les « puissances» ont été avant tout des rivales, poursuivant leur compétition jusque par la guerre. On sait que dans ce cadre géopolitique et géostratégique

-

11

le contrôle de ressources des colonies et zones d'influence d'outre mer a été l'un des motifs principaux de ces conflits: l'Allemagne impériale s'assignant l'objectif - par le canal de son allié subalterne ottoman - d'atteindre par la voie ferrée Mossoul (et son pétrole), Bagdad et le Golfe persique, la Grande-Bretagne y faisant obstacle en s'installant (déjà) au Koweït et en Iran. Aujourd'hui il semble que l'ère de ces conflits violents soit close: le G7, et plus exactement le directoire mondial des trois (États-Unis, Japon, Allemagne) prétend gérer pour la communauté de l'OCDE la géopolitique mondiale. La guerre du Golfe (1991) a démontré néanmoins que, dans ce « fardeau partagé », les États-Unis comptaient imposer leur point de vue unilatéral, et M. Bush semble avoir dit à ses collègues: « agissons ensemble, pourvu que vous me suiviez ». En tout cas, à travers leur rivalité violente ou feutrée, ou par leur action commune, le choix des puissances occidentales annule toute possibilité - ou presque - à la fois de politiques nationales ou régionales de l'énergie dans les différentes parties du tiers monde, et toute alternative d'une politique mondiale digne de ce nom (c'est-à-dire au service de l'humanité entière et non exclusivement des peuples de l'Occident). Dans cette situation, les pays du tiers monde - et les cas des pays étudiés dans cet ouvrage en constituent un bel exemple - n'ont pas d'autre choix que celui de politiques intermédiaires (je dirai donc, dans mon langage, de déconnexion) en attendant que soient créées les conditions d'une véritable politique mondiale de l'énergie (et du développement en général). Maîtriser l'énergie signifie alors pour les pays du tiers monde, dans cette perspective à « moyen terme» (mais celui-ci peut durer encore des décennies), tenter de gérer convenablement le stock de leurs ressources naturelles, du bois de feu aux gisements d'hydrocarbures et d'uranium, et de mettre cette gestion au service exclusif de leur développement « local ». C'est-à-dire de considérer le poids des objectifs de la politique occidentale « mondiale» de l'énergie comme une contrainte négative. Il va de soi que les puissances occidentales réagiront, comme par le passé, pour tenter d'annuler les efforts déployés dans ce sens. Elles ont, à leur disposition, des armes « pacifiques» (le contrôle du savoir technologique et des moyens financiers) et d'autres 12

qui ne le sont pas (comme l'intervention militaire au Moyen-Orient le montre). Gageons également que le discours écologiste et environnementaliste sera mobilisé à cet effet. On ne manquera pas de dire que la survie de la Planète exige que les pays du Sud renoncent à un « développement» gaspilleur, passant sous silence le gaspillage monstrueux des sociétés occidentales, parce que peu sinon rien - peut être fait pour le réduire. Évidemment aussi, des politiques régionales de gestion de l'énergie auraient plus d'impact potentiel et donneraient, pour le long « moyen terme» envisagé, une marge plus confortable. En particulier pour les pays arabes, une politique commune dans ce domaine signifierait tout simplement le problème de l'énergie (et potentiellement du développement) résolu, grâce à l'abondance des réserves d'hydrocarbures de la région. J'entends évidemment par une politique commune autre chose qu'une stratégie commune d'insertion dans le marché mondial de l'énergie. L'OPEP a rempli cette dernière fonction. On en connaît les limites. Pour cette raison, les puissances occidentales considèrent « l'unité arabe» comme un véritable cauchemar. Le soutien militaire à la survie des monarchies archaïques du Golfe (Arabie Saoudite, Koweït, Émirats) comme l'intervention garantissant la supériorité militaire absolue d'Israël et son équipement nucléaire sont aussi des éléments importants de la politique énergétique des puissances occidentales. Dans le court terme, gageons donc que les diplomaties de l'OCDE tableront sur les intérêts immédiats divergents des uns et des autres, définis en termes d'insertion dans le « marché mondial» des hydrocarbures: conflits entre pays dotés de réserves riches et pays dont les réserves tirent à l'épuisement, etc. Le problème d'une coopération Nord-Sud en matière énergétique doit être replacé dans le cadre critique que j'ai voulu dessiner ici. Une coopération véritable n'est pas « inimaginable », si l'on accepte d'emblée qu'elle n'a de sens que si elle s'inscrit dans un plan visant à progresser dans la direction d'une politique mondiale au sens que j'ai défini. Je dirai même que non seulement celle-ci correspondrait, d'évidence, aux intérêts des peuples arabes, mais que de surcroît elle pourrait soutenir un développement européen autonome. Car un rapprochement euro-soviétique libérerait l'Europe dans son ensemble (l'Europe de de 13

Gaulle et de Gorbatchev: de l'Atlantique à Vladivostock) de sa dépendance malsaine à l'égard du pétrole arabe et iranien. Cela ne serait pas une mauvaise chose, puisque nous autres Arabes et Iraniens n'avons pas « bénéficié» de cette position de « fournisseurs indispensables d'énergie », mais en souffrons. L'Europe, libérée donc de sa crainte de perdre l'accessibilité au pétrole du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, favoriserait de ce chef les politiques permettant aux Arabes de mettre cette ressource au service de leur développement commun. Les problèmes posés par cette alternative ont fait l'objet de réflexion systématiques d'autres groupes de travail du Forum du TiersMonde; je pense particulièrement au groupe qui s'est consacré à l'analyse des politiques, géopolitiques et géostratégies dans la région Méditerranée-Golfe, dont les résultats feront l'objet d'une publication prochaine. Mais la coopération Nord-Sud telle qu'elle a été jusqu'ici, et telle qu'on l'envisage encore dans les capitales européennes, est loin de répondre à ces exigences. Samir AMIN

Cet ouvrage a été produit dans le cadre du programme du Forum du Tiers-Monde, « La Méditerranée dans le système mondial », avec le soutien financier généreux de la Coopération italienne, à laquelle nous adressons ici nos remerciements chaleureux. Le Forum du Tiers-Monde bénéficie également de la coopération de l'Institut de Recherche des Nations Unies pour le Développement Social (UNRISD) et du soutien généreux et

continu de la SAREC (Suède). Cependant, selon la formule
consacrée, les opinions exprimées ici n'engagent que leurs auteurs et en aucune manière les institutions signalées.

14

INTRODUCTION

Les profits considérables que génère le contrôle des industries extractives ont suscité, dès le XIX' siècle, la convoitise des grandes firmes. Par le partage territorial, l'exportation de capital, les pays producteurs ont été intégrés au marché mondial capitaliste. Les indépendances politiques n'ont pas remis en cause, fondamentalement, cette division internationale inégale du travail. Jusqu'à la fin des années 1960, l'industrie pétrolière extractive dans les pays du Sud a été impulsée par les intérêts des opérateurs transnationaux, publics et privés, du Nord. Cependant, le poids stratégique de cette matière première, une demande croissante, l'existence d'une organisation de pays producteurs (OPEP) et surtout la hausse des coûts de production des nouveaux gisements (mer du Nord, Alaska) ont engendré, à partir des années 1970, un nouveau rapport de forces et par conséquent un partage de la rente davantage favorable aux producteurs. Ce processus va logiquement aboutir à la revalorisation des prix pétroliers, au cours de la décennie 1970. La concentration des ressources pétrolières dans les pays arabes du Golfe et en Méditerranée confère une nouvelle dimension aux enjeux énergétiques dans la région et va induire d'autres stratégies. Le dialogue euro-arabe résulte de cette nouvelle dynamique. Cependant, les contradictions au sein de l'OPEP et des pays arabes, les forces du marché et les capacités de réponse de l'Occident à la crise énergétique ont fortement érodé la position de cette institution dans le jeu énergétique mondial. Dès lors, la perspective d'une nouvelle division du travail, moins inégale, entre les pays arabo-méditerranéens et l'Europe relèvera de la rhétorique. Or de plus en plus, le développement et 15

les échanges inégaux entre les rives Nord et Sud de la Méditerranée tendent vers des points de rupture qui peuvent remettre en cause la stabilité dans cette région. La diminution des taux de croissance économique dans les

pays de la CEE ne permet plus d'atténuer la pression
démographique par l'absorption de la force de travail originaire de ces pays. Aussi de nouvelles approches de la division du travail semblent-elles se dessiner quoique le démantèlement du bloc de l'Est et les perspectives économiques ainsi que la dimension stratégique qu'offre cet ensemble en font actuellement une priorité. La mise en place d'institutions financières telles que la Banque Européenne, confirme cette stratégie. Quatre parties composent cet ouvrage. La première est plutôt introductive et retrace l'histoire des rapports entre les différents' acteurs (pays exportateurs, firmes, pays consommateurs), depuis la formation de l'industrie pétrolière moderne jusqu'à la guerre du Golfe. La seconde partie est consacrée à la géopolitique des ressources énergétiques dans le bassin méditerranéen. L'inégale dotation en ressources énergétiques entre les pays arabo et euro-méditerranéens est mise en relief. Cette disparité va engendrer un commerce méditerranéen de l'énergie dont les flux proviendront de la rive Sud et plus particulièrement de la plupart des pays arabo-méditerranéens. La troisième partie donne une typologie des politiques énergétiques des principaux pays arabo-méditerranéens surtout le Maghreb et l'Égypte. Nous avons au préalable resitué le secteur de l'énergie dans son contexte macro-économique et politique. En effet, une analyse sectorielle même fine à l'échelle d'une région, la Méditerranée par exemple, ne doit pas occulter la dynamique d'ensemble tant à l'échelle du pays que des rapports qu'entretient ce pays dans la région. Quant à l'analyse du secteur énergétique proprement dit, nous avons fait ressortir les principaux aspects notamment les politiques de branches (hydrocarbures, électricité), le mode et la structure de consommation et les alternatives énergétiques à moyen et long terme. La quatrième partie porte sur les rapports euro-arabes, essentiellement en Méditerranée. Le champ spatial analysé dépasse la Méditerranée car les principaux pays euroméditerranéens sont insérés dans un espace plus large qui 16

est la Communauté Européenne dont il convenait de saisir la logique et les relations avec les autres pays, plus particulièrement ceux de la Méditerranée. En outre, une partie des richesses pétrolières du Golfe est transportée par canalisations (oléoducs) ou par bateaux (tankers) à travers l'espace des pays méditerranéens. D'ailleurs, la Méditerranée, berceau de la civilisation, est un des plus anciens carrefours d'échanges. L'évolution de la politique globale et énergétique de la CEE vis-à-vis des pays tiers est retracée depuis les accords qualifiés de préférentiels jusqu'à la politique méditerranéenne rénovée. Nous avons accordé une place plus importante aux rapports dans le secteur de l'énergie entre les rives Nord et Sud de la Méditerranée ainsi qu'à la coopération au sein des pays araboméditerranéens. Les relations entre les pays euro-méditerranéens de la
CEE et les pays arabes, notamment ceux du Maghreb, sont

structurées autour de flux de marchandises et de services et d'un certain nombre de projets relativement importants dans le secteur de l'énergie. Ces projets actuels et futurs, déterminants dans la gestion du long terme, conduisent à s'interroger sur leur nature et les effets qui y sont attendus. Vont-ils dans le sens d'une intégration maghrébine ou s'inscrivent-ils dans le cadre d'une stratégie d'articulation et de subordination du Maghreb et du monde arabe à l'Occident? Dans le cas du Maghreb, les projets politiques et économiques communs remontent au début du xxe siècle et sont antérieurs aux indépendances. Quelles sont actuellement les perspectives, les objectifs et la nature des regroupements régionaux au sein des pays araboméditerranéens et dans d'autres pays arabes?

17

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.