LE DIEU UNIQUE ET LE RECIT DE JESUS : ANALYSE DES MYTHES FONDATEURS

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Au Proche-Orient, l'apparition du Dieu unique puis le surgissement du Christianisme autour du récit de Jésus il y a deux millénaires, restent l'objet d'une fascination autant historique que spirituelle. Comment se sont créées les " mythes successifs " - au sens noble du terme - au sein du peuple Hébreux : Yahvé, Moïse, le Dieu d'une tribu puis Dieu national, ses " alliances ", le sens du sacrifices et du sang, la formation finale du messianisme.
Publié le : samedi 1 janvier 2000
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EAN13 : 9782296403406
Nombre de pages : 240
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Le Dieu unique
et
le récit de Jésus:
Analyse des mythes fondateurs ©L'Harmattan, 1999
ISBN: 2-7384-8670-3 Suzel FUZEAU-BRAESCH
LE DIEU UNIQUE
ET
IF RÉCIT DE JÉSUS:
Analyse des mythes fondateurs
Éditions L'Harmattan L'Harmattan Inc.
55, rue Saint-Jacques 5-7, rue de l'École-Polytechnique
Montréal (Qc) — CANADA H2Y 1 K9 75005 Paris Collection Religion et Sciences Humaines
dirigée par François Houtart et Jean Remy
collaboration : M-Pierre Goisis et Vassilis Saroglou
Dans les sociétés contemporaines, le phénomène religieux est remis en
valeur, sous des formes très diverses. Il s'agit, dans le cadre du
christianisme, de la naissance de nouveaux mouvements religieux,
aussi bien à l'intérieur des Églises classiques, qu'en dehors d'elles.
Pour ce qui est de l'Islam : les mouvements islamiques dans les pays
musulmans, la place que prend l'Islam dans les pays européens et un
renouveau de la pensée islamique dans les questions sociales, sont des
faits qui revêtent une grande importance. Par ailleurs, l'évolution des
institutions religieuses se situe également à la croisée des chemins.
Bref, les phénomènes religieux sont reconnus aujourd'hui comme des
faits sociaux significatifs. Par ailleurs, l'angle d'approche des sciences
humaines est aussi utile pour ceux qui recherchent dans l'adhésion
religieuse une spiritualité ou des motifs d'acfion.
Dans cette perspective, la collection Religion et sciences humaines
possède deux séries:
1.Faits religieux et société
Les ouvrages publiés dans cette série sont des travaux de sciences
humaines analysant les faits religieux, dans les domaines de l'histoire,
de la sociologie, de la psychologie ou de l'anthropologie.
2. Sciences humaines et spiritualité
Il s'agit d'ouvrages où des croyants s'expriment sur des problèmes en
relation avec les diverses sociétés dans lesquelles ils vivent et jettent
un regard, avec l'aide des sciences humaines sur l'évolution des faits
religieux, la relecture des écritures fondatrices ou l'engagement des
croyants. A mes amis,
crdyants et athées. SOMMAIRE
INTRODUCTION 13
23 CHAPITRE I
23 ORIGINES DU DIEU UNIQUE
25 La création de l'homme et le déluge
Moïse et l'Exode 35
Yahvé, le dieu unique guerrier d'une
44 tribu
Le dieu unique selon les hypothèses de
49 Freud
62 L 'hénotheisme : une évolution précisée
65 CHAPITRE II
65 LES ALLIANCES DU DIEU UNIQUE
Les premières alliances 67
72 Sacrifices et holocaustes : le sang
Nouvelle alliance : origines du
76 messianisme
Le messianisme de Qoumrân 82
97 CHAPITRE III
AUX ORIGINES DES EVANGILES
CHRE' LIENS 97
La langue des Evangiles 100
Qu'est-ce que l'hébreu ? 102
Un Christ hébreu 2 105
Histoire et sectarisme ? 108
Un théologien dans le dédale 110
Un récent essai de synthèse de
P. Nautin 112
« L'invention de Jésus » selon
B. Dubourg 115
CHAPITRE IV 123
DES ORIGINES SOCIALES 123
Les groupes religieux juifs 126
Des religions environnantes : la Syrie 129
Influences égyptiennes 131
Influences grecques 132
CHAPITRE V 135
LE GRAND RECIT DE JESUS 135
Faire de point 137
Résumés thématiques des Evangiles 140
Historiens et théologiens 145
Les historiens des premiers siècles 152
Une vie de Jésus analysable ? 158
10
Retour au présent : an 2000 ? l'ère
chrétienne et les autres 187
CHAPITRE VI 195
DE JERUSALEM A ROME 195
197 Un dénommé Paul
Racines dans la Bible juive 198
199 Le problème du nom Damas
Un Paul malade ? Des avis médicaux 200
L 'évolution du judéo-christianisme 203
Marcion le catalyseur 204
Rome et Constantin 207
211 CHAPITRE VII
REFLEXIONS EN GUISE DE BILAN 211
« L'homme est la mesure de toute chose »
Protagoras, philosophe grec
230 Remerciements
231 BIBLIOGRAPHIE
11
« Les grands évènements, les innovations capitales
ne sont pas des champignons ; il leur faut une longue
histoire, une longue préparation, un long mûrissement
pour venir au jour »
Jean Bottéro, assyriologue
(La plus belle histoire de Dieu ,1997)
INTRODUCTION
« On permettra à un historien d'agir en
naturaliste » écrit Taine dans sa préface des Origines de la
France contemporaine ; à l'inverse sera-t-il permis à une
universitaire naturaliste d'agir en historienne ?
Car c'est de cela qu'il s'agit au début de cet
ouvrage. Je n'ai nulle autorité en histoire (tandis que 150
publications scientifiques ont reçu ma signature), sinon
celle d'une méthode scientifique de réflexion ; nulle
connaissance professionnelle, sinon celles que j'ai
acquises au cours des décennies de mon activité en ne me
confinant jamais dans une « tour d'ivoire », nulle qualité
particulière sinon celle que mon esprit m'a autorisée, faite
de curiosité naturelle et, j'ose le mot, d'humanisme.
13
Ce serait donc, à mon sens, un bien grand
aveuglement que de m'interdire de réfléchir à l'une des
sources fondamentales de notre culture, de notre
civilisation - les origines du grand mythe fondateur Jésus -
sous prétexte de ma fonction reconnue de scientifique...
Cependant pour, valablement, me situer sur le plan
historique, le matériau à maîtriser est considérable. Depuis
très longtemps, mes connaissances se sont accumulées, à
la fois riches mais nécessairement incomplètes, par avance
critiquables. Je les utiliserai au mieux .
Alors quelle méthode utiliser ? Celle d'usage
courant en sciences d' « analyse des analyses » d'un
emploi usuel dans mon métier. Le Doctorat d'Etat que
j'obtins comportait obligatoirement, à l'époque, la
rédaction d'une « seconde thèse » non expérimentale
celle-là, choisie par le Président du jury dans un domaine
tout à fait différent qui, en quelques mois, devait aboutir à
un manuscrit assez volumineux. Plus tard, j'ai la
souvenance d'une paillasse de laboratoire de 15 mètres de
long recouverte d'une épaisse couche de documents
nécessaires à l'analyse en anglais de phénomènes de
changements de couleurs animaux pour une encyclopédie
publiée chez l'éditeur Pergamon. Chaque thèse des élèves
que j'ai dirigés comportait toujours aussi ce que je
considère comme bien plus qu'un exercice de style mais
une preuve de maturité et d'affirmation de la pensée : des
analyses préliminaires au sujet abordé. La nôtre sera située
d'emblée loin des « Candide » ou « Lettres persanes »,
distincte aussi bien des oeuvres clefs sur Jésus comme
celle de C. Guignebert, par sa structure méthodologique et
scientifique.
Je possède donc, si je puis dire, l'instrumentation
et des matériaux. Mais le but ?
14 A l'approche du nouveau millénaire, quelqu'auteur
allait bien adopter mon attitude familière ? Nombreuses
sont les oeuvres parues récemment, mais toutes, jusqu'à
maintenant, tiennent un discours de nature ubiquitaire sur
le Christ . Le livre récent de M. Sachot ( L'invention du
Christ, SACHOT) constitue cependant une véritable - et
excellente - analyse de la genèse judaïque du
christianisme , mais surtout en fait, de l'Eglise catholique,
sans aborder la paléogenèse du mythe fondateur Jésus,
pourtant fondamentale à mes yeux. Cette dernière n'est
étudiée nulle part objectivement.
Avant d'être abouti, le mythe s'est en effet
construit par la convergence d'un grand nombre de
facteurs, comme tout phénomène naturel, en histoire
d'ailleurs comme en sciences. Avant d'être adoubé, un
certain Jésus, ayant vécu ou non, devient en tout cas
mythe issu des couches profondes superposées que je
voudrais ici progressivement disséquer, sans aucun a
priori et sans aucun conformisme déformant.
Cet ouvrage veut donc tenir la gageure de combler
ce qui m'apparaît comme une certaine lacune dans les
publications de cette fin de siècle, d'être à la fois une
réflexion scientifique sur les racines ethno-
comportementale, géographique et historique du mythe
fondateur des religions chrétiennes s'approchant des
définitions de Lévi-Strauss, en même temps qu'une
profession de foi en faveur des valeurs humanistes
universelles qui y sont inhérentes.
J 'utilise ,en effet, d'emblée le terme de « mythe »,
celui-ci me paraissant le plus propre à convenir à ce
travail. Bien entendu utilisé loin de son sens figuré , plus
ou moins péjoratif, se rapportant à une chose fabuleuse et
rare, le « mythe » Jésus, comme celui du Dieu unique,
15 pour moi, permet d'évoquer de façon pivotale ce qui va
être ma démarche : l'analyse de langages codés, organisés,
écrits sous forme de récits plus ou moins anciens dans les
textes vétéro- et néo-testamentaires, aboutissant à ce grand
récit fondateur des religions chrétiennes.
Je suis consciente que « mythologie » renvoie le
plus souvent le lecteur à la Grèce : ce stade est largement
dépassé depuis que les plus célèbres chercheurs, tel C.
Lévi-Strauss, ont isolé « les niveaux où évolue le mythe:
géographique, économique, sociologique, cosmologique »
de sorte que le problème de la croyance disparaît, et que
l'on sait maintenant que les mythes sont attestés dans
toutes les sociétés du monde.
« On est enclin à ne jamais reconnaître comme
mythes que les mythes des autres » remarque avec justesse
P. Smith dans l'Encyclopaedia universalis... Faisons un
effort d'objectivité et alors un champ passionnant s'ouvre
devant nous : comment s'est constitué le mythe moderne
de Jésus ? Le même auteur précise en effet que «dans la
société industrielle, les récits de la Bible et des Evangiles,
mais aussi de l'Histoire en général telle qu'elle est utilisée
dans l'éducation ou pour expliquer ou justifier des choses
actuelles, sont des mythes qui ont bien ce caractère de
récits dont l'intérêt réside dans la cohérence qu'on y
suppose et le crédit qu'on leur accorde ». Les mythes ont
pour principale caractéristiques d'êtres reçus et adoptés
par les membres d'un groupe qui ont comme garanties,
avant tout, leur propre adhésion, souvent héritée
simplement d'une tradition culturelle.
Or le mythe de Jésus - contenu dans l'ensemble des
récits néo-testamentaires, basés eux-mêmes sur les récits
vétéro-testamentaires -, n'est pas isolé dans le monde,
mais se situe d'emblée, pour le scientifique, auprès de
16 tous les mythes si bien analysés par les ethnologues, ayant
trait à la création du monde, leitmotiv profond de l'esprit
humain, au même titre que celui de la mort, et celui, plus
général encore, des règles de vie en société.
Littré, dans sa préface à l'oeuvre de STRAUSS,
précise fort bien qu' « un récit est reconnaissable comme
mythe quand il provient d'un temps où [...] les faits
n'étaient transmis que par tradition orale[...], faits d'un
ordre surnaturel, ou tels qu'en raison des circonstances
personne n'a pu être témoin, servent de thème à une
relation qui a la forme historique, ou quand ces récits ont
reçu une élaboration qui vise au merveilleux, ou sont
conçus dans un langage symbolique. « Or de tels récits -
écrit-il - ne sont pas rares dans la Bible ; si l'on ne veut
pas y appliquer l'explication mythique, c'est qu'on se fait
une fausse idée de l'essence du mythe et du caractère des
livres bibliques , car on le confond avec des fables, avec
des impostures préméditées et des fictions arbitraires, au
lieu de savoir y reconnaître le milieu nécessaire où l'esprit
humain a pu essayer ses premiers mouvements
[...]néanmoins l'examen attentif des écritures bibliques
montre que l'idée de leur inspiration, bien loin d'en
empêcher la conception mythique, n'est elle-même pas
autre chose qu'un mythe ».
Il est certain que le mythe peut être aussi symbole
et qu'on trouverait là un autre niveau d'analyse à réaliser.
Ce n'est pas celui que nous avons adopté, conscient
pourtant que les niveaux historique et symbolique des
mythes correspondent tous deux à des réalités
socioculturelles. La métamorphose symbolique de tous les
mythes constitue un domaine immense, participant de la
croyance et de la foi qui peuvent enchanter l'esprit et le
coeur de ceux qui en éprouvent le besoin intime.
17 Nous demeurons donc ici dans le premier domaine,
celui de l'histoire en proclamant bien haut que ce travail
ne se veut pas destructeur mais au contraire constructeur
par la lucidité scientifique qu'il s'efforce de suivre. Mieux
seront reconnues les racines des grands mythes du Dieu
unique et de Jésus, mieux seront appréciées la dure et
longue aventure, les arcanes d'efforts et de souffrances,
les accumulations de forces humaines qui ont présidé à sa
formation, mieux aussi en conséquence seront
intrinsèquement appréciés à leur juste valeur les
innombrables chefs-d'oeuvre artistiques dédiés au grand
mythe Jésus, des cathédrales à Michel-Ange, de Bach à
Haydn....
Il nous faut donc choisir un classement à l'étude
entreprise ; il sera thématique et voudra dérouler les
principaux thèmes suivants , dont les premiers devront
obligatoirement remonter aux origines de la religion juive
en une sorte de vue panoramique : l'origine du dieu
unique et ses alliances qui précéderont la recherche des
origines des Evangiles chrétiens, tant linguistiques,
qu'historiques et sociales, réalisant un grossissement
progressif de la photographie. C'est seulement ensuite que
pourra être abordé le grand récit de la vie de Jésus et les
différentes hypothèses sur son éventuelle réalité
historique ou construction mythique qui découlent de
l'ensemble de l'étude. Dans toutes ces parties, le texte
sera volontairement concis, le plus accessible et court
possible — choix qui s'est imposé à nous, en quelque sorte
par contraste, devant un sujet qui pourrait faire
évidemment l'objet de plusieurs volumes.
18 N.B. Chaque auteur, cité en majuscules par son
patronyme, se trouve dans la bibliographie finale, à la
disposition de ceux qui veulent en savoir plus.
19 MER NOIRE
SINOPE carte schématique
Bosphore des principaux sites
géographiques évoqués
(i)
GRECE-k,-
ANATOLIE EPHESE
-r35°
TARSE ?,- '
-4%
( 4"deeer el o età / l e 0
SYRIE LATITUDES
MEDITERRANEE
4se,404 4 A _ DAMAS *
'7:e I‘e QOUMRAN
JERUSALEM 4" -300
Mer Morte ALEXANDRIE
"i c l 1 it N AAN
GOLFE PERSIQUE
p ?. Cades #.2 4r r
e e ARABIE
Monts du EGYPTE 4 e \e-
LUDJAZ
os
MER ROUGE
CHAPITRE I
ORIGINES DU DIEU
UNIQUE La création de l'homme et le Déluge
Le propre des mythes, dit C. Lévi-Strauss, est
d'essayer de donner une explication globale, moralisante,
de plusieurs phénomènes, en remontant le temps.
« Un mythe, écrit l'assyriologue bien connu, J.
BOTTERO, est un récit forgé pour répondre aux grandes
questions que les hommes se sont toujours posées quand
ils réfléchissent à leurs origines, aux raisons d'être et aux
destins de notre univers [...] aux grands phénomènes
énigmatiques qui s'y présentent à nous de toutes parts ».
« Le mythe n'est pas le moins du monde le récit d'un
témoin ou de son truchement ». « Le mythe a pour but de
matérialiser et d'habiller de palpable, de visible, de
mouvementé et de dramatique des intuitions, des
conjectures, des idées [...] pour nous les communiquer
dans l'imaginaire [...], il n'enregistre pas des constatations
mais des explications ». « Incapables encore d'accéder à
la pensée abstraite et scientifique et livrés à la seule force
de leur imagination, sans disposer, pour éclairer leurs
doutes, d'autres données que concrètes, individualisées et
fictives, les auteurs des mythes s'en sont servis pour
calculer et construire des situations imaginaires qu'ils ont
adaptées aux propres données de leurs problèmes ».
Nous retiendrons ce panorama dans l'ensemble de
ce que nous allons prospecter.
On sait en effet, maintenant, qu'un certain nombre
de mythes concernant l'origine du dieu unique de la Bible,
sans lequel Jésus n'est pas concevable, sont issus de récits
antérieurs remaniés : tels la création de l'homme ou le
Déluge ainsi que le célèbre « Cantique des cantiques ».
Pour d'autres, on n'a pas, ou pas encore, retrouvé de
25 sources comme c'est le cas, apparemment, du mythe du
péché originel.
L'Ancien Testament dans lequel il convient de
rechercher l'apparition de ce dieu unique commence avec
le « Pentateuque », ensemble de cinq récits que nous
allons aborder ( c'est la « Thora » juive ).
La Genèse rapporte la création du monde et de
l'homme : « Dieu ( Yahvé = celui qui est ) crée l'homme à
son image » après avoir créé le monde, tel que pouvaient
se le représenter les hommes de l'époque.
Le mythe de la création d' Adam et d'Eve, est trop
connu pour que nous nous y attardions. Rappelons
seulement qu'il leur est interdit de manger du fruit de la
Connaissance : fruit qui ne se concrétise en pomme
qu'après de IXesiècle où, dans les pays latins, le même
mot, malum, signifie aussi bien le mal que la pomme...Ils
désobéissent , sont chassés du Paradis par Yahvé qui les
oblige à travailler et vont souffrir : péché originel qui va se
transmettre à toute la descendance : ce sera la racine des
idées ultérieures de « rédemption ». Remarquons que
l'imagination des auteurs de cette histoire de
désobéissance se retrouve dans beaucoup de contes et
légendes. Zeus défend à Pandore d'ouvrir la boite, Barbe
Bleue à sa femme d'ouvrir la porte, l'empereur chinois
d'ouvrir la boite de son meilleur grillon combattant - ce
que chacun s'empresse de faire et en est invariablement
puni : en réalité, les hommes malheureux réfléchissent et
cherchent une cause à leurs malheurs. Ne la trouvant pas,
ils supposent qu'ils ont fait quelque chose de mal.
Il en est de même du récit mythique du premier
meurtre dans la Genèse : Caïn, agriculteur, jaloux de son
frère Abel , pasteur, le tue. Mais on oublie trop souvent
que de cette jalousie , Yahvé lui-même est responsable
26

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