Le Languedoc, le Roussillon et la mer

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Publié le : mercredi 1 janvier 1992
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EAN13 : 9782296242913
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LE LANGUEDOC,

LE ROUSSILLON

ET LA MER

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

En couverture: Sète et le golfe d'Aigues-Mortes, depuis le Mont SaintClair à Sète, par Barbara Robinson (octobre 1991). Barbara Robinson est née à Londres le 7 mars 1928. Elle vit et peint à Vic-le-Fesq, au Nord de Sommières dans le Gard, depuis 1957, où elle rencontrera l'écrivain britannique Lawrence Durrel en 1982. L'auteur du « Quatuor d'Alexandrie» préfacera «Lumières de Barbara Robinson» (Editions Tierra, Toulouse, 1985), recueil d'entretiens et biographie du

peintre. Barbara a trouvé son « équilibre pictural» en quittant l'Angleterre,
pour découvrir le Sud de la France, prenant le parti d'un trait toujours épuré, d'une extrême rigueur de formes, sans défaillance, pour traduire le ciel du Languedoc et l'architecture méditerranéenne. Jean Rieucau Montpellier, 9 décembre 1991.

@ L'Harmattan, 1992 ISBN: 2-7384-1055-3

sous la direction de Jean RIEUCAU

et Gérard CHOLVY

LE LANGUEDOC, LE ROUSSILLON

ET LA MER
(des origines à la fin du xxe siècle)
Volume 2

Actes du colloque, Sète, 8, 9, 10 juin 1990 Colloque organisé par: - La Fédération Historique du Languedoc Méditerranéen et du Roussillon. - L'URA 904 du CNRS «Dynamique et gestion des espaces littoraux ». - Le laboratoire universitaire «Aménagements des littoraux et organisation de l'espace» (Université Paul-Valéry). Réalisé avec le concours de: - Conseil Régional du Languedoc-Roussillon. - Conseil Général de l'Hérault. - La ville de Sète. - La Fédération Historique du Languedoc Méditerranéen Roussillon. - L'URA 904 du CNRS.

et du

Sommaire
TOME I Avant-propos: L'aménagement Gérard Cholvy, Jean Rieucau de la côte, l'édification

..................

11 15 17 19 31 37 39 48 67 77 79 98 109 133 144 158 171 173 187 7

Le Languedoc-Roussillon

et la mer dans l'histoire........... des ports ..........

Alain Teulade. La conquête des marais par le peuple de Posquières- Vauvert ................................................ Paul Bouteiller. Les projets d'agrandissement du port d'Agde au XVIIe et XVIIIe siècles .. . . . .. . . .. . .. . . .. . . .. . . .. . .. . .. .

La défense du littoral et la constructîon navale............
Alain Ayats. La défense de la côte roussillonnaise à l'époque
moderne. .............................................................

Didier Catarina. La défense de la côte du Languedoc au XVIIIesiècle.......................................................... Romero Gonzalez y Manuel Martinez Neira. Consules de nave y nautico-militares en el derecho maritimo deI Mediterraneo occidental (siglos XII-XIV)

............................

Les aléas du commerce maritime...............................
Cyr Descamps. L'épave antique de la Mirande à Port-Vendres Kathryn Reyerson. Montpellier et le transport maritime: le problème d'une flotte médiévale............................... Alain Degage, Jean-Paul Jeanjean. Frontignan et la Méditerranée: l'exemple des Argelliès, quirataires de barques de mer, 1633-1661 ................................................. Annick Chele. Les déclarations de construction, d'achat et de vente de bateaux à l'Amirauté de Collioure (1740-1789) Robert Chamboredon. Cadix et le Languedoc à travers la correspondance et la comptabilité du fonds Fornier (17481786) .................................................................. Manuel Pelaez. Cambios Maritimos en el derecho de Cataluna
y Rossel6n (siglos XIII al XVIII)

.

................................

Pêcheurs et marins de commerce du Levant.................
Alain Cabantous. Ponant et Levant au XVIIe et XVIIIesiècles: des communautés halieutiques semblables? ................

Benoît Coutancier. Pêcheurs en Roussillon au XVIIIesiècle: les procès de l'Amirauté de Collioure.......................

Raoul Balso. Agde, capitaines au long cours: 1800-1850 ... ., . , .. L ltterature et splntua Ilte ............................................. Henri Guitter. La côte languedocienne selon Auienus .. .... Henri Barthès. Le vocabulaire maritime du littoral Languedocien du xe au xve siècle.. .. .. .. .. .. .. . .. .. .. .. .. . .. .. . .. .. .. . Roland Andréani. Un languedocien, romancier de la mer et des terres lointaines: Louis-Frédéric Rouquette (1884-1926) Gérard Cholvy. Le Languedoc-Roussillon et la mer dans
l'histoire. .............................................................

204 213 215 223 297 305 307

Jean Rieucau. Le Languedoc-Roussillon contemporaine

et la mer à l'époque , .

TOME II Avant-propos: Gérard Cholvy, Jean Rieucau .................. Jean Rieucau. Le Languedoc-Roussillon et la mer à la fin du xxe siècle....................................................... La mer, le lido, les étangs,. milieu naturel et aménagements Jean Rieucau. Grille de lecture introductive................... Martine Ambert. Milieu naturel et aménagement de l'étang
de Mauguio

11 15 19 21 23 36 56 58 72 84 99 102 120 123 125

.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Martine Ambert. L'évolution récente de la ligne de rivage de Sète à l~ Petite-Camargue.................................. Jean Rieucau. Evolution des cordons littoraux, colmatage des étangs (Conclusions et observations) .......................... Alain Saussol. Un siècle de mutations sur le littoral languedocien: le cas de Gruissan (1860-1990)

.....................

Didier Moulis. Plages et dunes du Golfe du Lion, analyse du fonctionnement (techniques de protection et de restauration) ............................................................ Guy-François Frisoni. Fonctionnement écologique et évolution du milieu lagunaire en Languedoc: les étangs palavasiens ... Jean Rieucau. Lidos et lagunes: des milieux naturels en aménagement rapide (Conclusions et observations) ....... Robert Rezenthel. Le Languedoc-Roussillon et la Loi relative au littoral............................................................ Jean Rieucau. La côte, les lagunes, nautisme, véliplanchisme et Loi Littoral (Conclusions et observations) ............... La mutation des activités lagunaires et maritimes.......... .Jean Rieucau. Grille de lecture introductive................... 8

Jean-Claude
Roussillon.

Bizien. Pêche et aquaculture
et observations)

en Languedoc127 145 148 177 183 186 199 206 213 215 217 235 239 249 254 272 281 284 311 313 316 349 361 9

...........................................................

Jean Rieucau. L'exploitation des ressources marines et lagunaires (Conclusions

......... ........... .... ..

Jean Rieucau. Des citadins, des viticulteurs pour la mer côtière en Languedoc: nouveaux pêcheurs, nouveaux aquaculteurs ............................................................... Michèle Taurines. La chasse à l'eau en Bas-Languedoc: les
rythmes guedoc de vie

Jean Rieucau. Les micro-sociétés
(Conclusions

...

des marais du Bas-Lan-

...

et observations)

.........................

Isabelle Dubost. Des hommes et des bateaux: la charpenterie de marine sur la côte languedocienne....................... René Perret. Port-la-Nouvelle et Port-Vendres, deux ports de commerce de rang régional................................. Jean-Claude Barthès. Le tourisme sur le littoral du Languedoc-Roussillon: une rente immobilière...................... Les pratiques de la mer en Languedoc-Roussillon......... Jean Rieucau. Grille de lecture introductive................... Jean-Pierre-Augustin. Les pratiques de plaisance en Languedoc- Roussillon: nautisme et sports de glisse............... Jean Rieucau. Les loisirs et la mer: aménagements, pratiques nautiques, sports de glisse, navigateurs plaisanciers
(Conclusions et observations)

... .. .... .. ....... .... .............

Claude Bonfils. Les régatiers et la ville de Sète.............. Jean Rieucau. Régates, navigation de plaisance, associations nautiques dans l'image de la ville de Sète (Conclusions
et observations)

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Jean Rieucau. Les navigateurs circum-terrestres au départ des ports de plaisance languedociens........................ Yves Leenhardt. La sécurité et le sauvetage en mer sur les côtes du Languedoc-Roussillon................................. Jean Rieucau. La solidarité et le sauvetage en mer (Conclusions et obervations) . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Jean Rieucau. Des hommes de la côte en Languedoc, aux gens de mer des rivages français.............................. Identité et maritimité languedocienne........................... Jean Rieucau. Grille de lecture introductive................... Jean Rieucau. Sète, ville de la mer, des milieux maritimes........ André Freisses, Catherine Lopez. Géographie culturelle d'une cité de la mer à travers la représentation des joutes nautiques Jean Rieucau. La géographie culturelle d'une cité de la mer à travers la peinture d'une manifestation collective: l'exemple des joutes nautiques (Conclusions et observations)

Jean Rieucau. Les néos-marins en Languedoc (1980-1990), de l'analyse des néos-ruraux en zone rurale désertifiée, à celle des né os-marins en mer côtière surchargée......... Brigitte Simon. Nous irons voir les bateaux... Contribution à l'éclairage des représentations contemporaines de la mer en Languedoc....................................................... Jean Rieucau. Les représentations contemporaines de la mer en Languedoc (Conclusions et observations) ................ Jean Rieucau. Identité et maritimité languedocienne (Conclusions et observations sur le chapitre)

365 396 400 402 406 408

.. ...... .. ...... .... ....
et la mer dans

Gérard

Cholvy. Le Languedoc-Roussillon

l'histoire.

................. ............................................

Jean Rieucau. Le Languedoc-Roussillon
contemporaine..

et la mer à l'époque

. . .. . . . . . . . . .. . . . . .. . . .. . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

10

AVANT-PROPOS

Gérard CHOLVY, Jean RIEUCAU
Le 8-9-10 juin 1990, s'est tenu à Sète, à l'initiative de la Fédération Historique du Languedoc Méditerranéen et du Roussillon, de l'Unité Associée du CNRS 904 «Dynamique et gestion des espaces littoraux », du Laboratoire universitaire (Université Paul Valéry) «Aménagements des littoraux et organisation de l'espace », un colloque international sur le thème du «Languedoc, du Roussillon et de la mer ». Une demande concomittante, émanant des scientifiques et des responsables des différentes collectivités territoriales (Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, Conseil Général de l'Hérault, Mairie de Sète, Musée Paul Valéry sie la ville de Sète), ainsi que des partenaires institutionnels de l'Education Nationale (Inspection Académique, Rectorat de l'Académie de Montpellier), permet d'harmoniser les approches, sur un thème maritime, ayant fait l'objet d'études et recherches partielles, isolées, n'ayant jamais donné lieu à l'organisation d'un colloque, participant d'une démarche globalisante. Quarante participants, présentant une ou plusieurs communications, universitaires ou chercheurs permettent le rassemblement de l'ensemble des disciplines des sciences sociales: historiens, géographes, ethnologues, sociologues, juristes, halieuticiens, mais également acteurs de terrains, représentant diverses associations, plusieurs administrations, différentes sociétés: sauveteurs marins, administrateurs maritimes, responsables de Chambre de Commerce et d'Industrie, municipalités, associations sportives (nautisme, véliplanchisme), mouvements de défense du patrimoine naturel, ont, durant trois jours, posé les principales questions, traitant des relations entre l'espace et les sociétés sur l'interface littorale. Cette rt?ncontre participe de la dualité majeure au sein des sciences sociales, associant les données temporelles et de l'espace. Le colloque se place dans une continuité méthodologique, amorcée en 1986, à l'Institut de Géographie de Paris, sur le thème de «la 11

société littorale et maritime en Manche et en Atlantique, éléments d'une socio-géographie historique et contemporaine, à l'instigation Jean Rieucau et de l'URA 904 du CNRS. La démarche, visant à associer l'histoire sociale, la géographie culturelle et sociale, permet la recherche des synergies scientifiques et thématiques, autorisant des échos entre les interventions, à l'instar de l'étude présentée

par Alain Cabantous

«

Levant et Ponant: des communautés halieu-

tiques semblables, XVIIe-XVIIIeiècles» et celles proposées par Jean s Rieucau, «Gens de mer des côtes de France », «Les hommes et la mer en Languedoc à la fin du xxe siècle» 1. La Fédération Historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon pratique une alternance entre des colloques thématiques et plus directement attachés à un champs géographique, relevant de son aire d'investigation. Elle apporte un dimension temporelle à l'exercice des sciences sociales contemporaines, mais également des éclairages internationaux sur la maritimité languedocienne et roussillonnaise, grâce à des communications présentées par des universitaires catalans, espagnols (Manuel Pelaez et Elias Romero Gonzalès) et la vision de la recherche universitaire américaine sur la flotte médiévale montpélliéraine (Kathryn Reyerson). Le questionnement central du colloque s'établit d'emblée autour de l'interrogation formulée par l'historien Jean Combes, au XIVesiècle, décrivant le littoral languedocien tel «une côte ayant une faible valeur maritime ». Les romanciers, en particulier le Piscénois Georges Beaume (1861-1940), le Bédaricien Ferdinand Fabre, s'accordent, pour reconnaître que les habitants du rivage appartiennent à un monde à part, jusqu'au zélé missionnaire, le père André Soulas, découvrant ces petites communautés côtières, en 1839, aux cabanes de Palavas, avant de les évangéliser 2. Historiens contemporains et géographes posent le problème du littoral, source de richesse récente, en particulier depuis la mise en place de la Mission Racine, à l'œuvre de 1963 à 1982, faisant reconnaître la vocation touristique du littoral languedocien, dont elle. assurera la mutation, d'une situation de «vacuité côtière» 3 au façonnement de «rivages balnéarisés ». Cette région devient, dès les années 1960, exemplaire pour étudier les mutations socio1. RIEUCAU (J.), 1986, «La société littorale en Manche et en Atlantique, éJ'éments d'une sodo-géographie historique et contemporaine », colloque organisé par l'auteur à l'Institut de géographie en janvier 1986, publié par le Bulletin de l'Association des Géographes Français, N° 3, 30 p.

2. CHOLVY (G.), 1983, « André Soulas et l'évangélisation des "sauvages des cabanes
de Palavas" », in Les zones palustres et le littoral méditerranéen de Marseille aux Pyrénées, Actes du LVIe congrès de la Fédération Historique du Languedoc Méditerranéen et du Roussillon, pp. 156-172. 3. RIEUCAU (1.), 1991, «Le Languedoc, les languedociens et la mer, à la fin du xxe siècle », actes du colloque: «100 ans de géographie en Languedoc », Bulletin de la Société Languedocienne de Géographie, à paraître, 25 p.

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spatiales, symbolisées par le tropisme solaire et les pratiques nautiques. Comment, en effet, l'aménagement de cinq unités touristiques, la prise en compte de 66 communes avec rivage lagunaire ou maritime, contribuent à créer des pôles d'attraction maritimes, devenant des catalyseurs de pratiques récréatives de la mer, déployant dans un premier temps, l'utilisation de voiliers traditionnels, puis de nouveaux utilisateurs de la mer côtière, les différents «engins de glisse », posant de sérieuses questions d'aménagement, en même temps qu'elles interrogent la société sur le sens à donner à l'espace, au territoire. A l'intérieur de l'interface littorale, en situation de surcharge, en particulier dans la mer côtière, au cours de la décennie 19801990, le phénomène de découverte de la mer, décalé dans le temps, par rapport au mouvement de retour à la terre dans un arrièrepays désertifié, actif dans les années 1968-1975, porte vers la discontinuité géographique terre-mer, deux types de populations qualifiées de «néo-marins»: d'une part de nouveaux habitants côtiers ou «ripuaires» 4, aquaculteurs, pêcheurs, producteurs de ressources marines vivantes, d'autre part des populations recherchant, en haute mer, les sensations physiques, sportives, procurées par le nautisme, que nous proposons d'appeler «les néo-marins plaisanciers ». La complémentarité entre la démarche historique et celle des sciences humaines contemporaines prend toute sa dimension lorsque les historiens maritimes insistent sur la fréquence des conversions maritimes: démontrant le recrutement de paysans pour la mer au XVIIesiècle, de marins de commerce pour la pêche au
XVIIIe siècle.

Quel attrait pour la mer, quelle acculturation maritime, peuton attendre de ces milliers de citadins «mis sur l'eau », l'été? Il est clair que les languedociens semblent apparaître davantage comme des pêcheurs que comme des marins. Le Languedoc- RoussiJlon, d'autre part, est perçu en France comme une région peu maritime, bien qu'elle recelle des cités marquées par l'histoire et le fait maritime (Agde, Sète, Gruissan). Cependant, l'ensemble des congressistes, des élus et responsables de la région, s'interrogent sur l'émergence d'une nouvelle maritimité culturelle, articulée autour des salons nautiques, des fêtes de la mer pour plaisanciers, fondée sur les compétitions nautiques (base d'entraînement pour la course de l'America's Cup à Sète), mais également sur les nouvelles formes de loisirs nautiques, transformant les représentations classiques de l'élément marin, par une véritable recomposition artificielle du milieu naturel, à l'intérieur des bases de loisirs aquatiques ou
4. RIEUCAU(J.), 1990, «Les hommes et la mer en Languedoc à la fin du xx. siècle », in Les gens de mer, Sète en Languedoc, l'Harmattan, sous la direction de Jean Rieucau, pp.41-70. 13

« aqualands ». D'autre part, que penser de la mise en place de

l'image d'une «Méditerranée décor », de la projection maritime des grandes villes de proximité littorale, telle Montpellier, par l'aménagement de ports de plaisance dans les terres (projet PortMarianne) ?

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LE LANGUEDOC, LE ROUSSILLON ET LA MER, A LA FIN DU xxe SIÈCLE

Jean RIEUCAU
Comprendre les activités maritimes, les relations entre les languedociens, les roussillonnais et la mer, impose le recours à une large pluri-disciplinarité entre chercheurs, universitaires des sciences sociales proches (historiens, géographes, sociologues, ethnologues, juristes...), associant également les élus des communes littorales, des villes portuaires, les responsables économiques, les responsables administratifs, les personnalités en charge d'associations à caractère maritime. Le thème fédérateur, central, une fois les fonctions, les activités côtières et leurs aménagements associés présentés, réside largement dans les aspects culturels et sociaux du LanguedocRoussillon côtier. Existe-t-il, une ou des relations à la mer, chez les languedociens, selon que leur profession soit maritime (conchyliculteurs, pêcheurs...), selon qu'ils s'agissent de citadins, cadres, professions libérales, navigant à la plaisance, en été, les fins de semaine, selon que l'on s'intéresse aux populations de « néo-marins », récemment acculturés, puis convertis à l'exploitation de la mer côtière? Existe-t-il une identité maritime ou «maritimité» 1 historique, languedocienne, à caractère diachronique, ou bien contemporaine, depuis l'aménagement du littoral par la Mission Racine, qui crée un appui portuaire tous les dix kilomètres, sur un littoral sableux, aux médiocres conditions nautiques, de plus, longtemps

1. La maritimisation, dans certains, la dé-maritimisation, ou imprégnation maritime des mentalités et comportements humains de la société maritime, se fonde sur la présence ou non, de bassins, de darses et de quais, au cœur même de la ville, c'està-dire de la proximité d'un paysage portuaire, pouvant susciter un appel de la mer, une vocation à naviguer, chez les populations de la cité, en particulier chez les jeunes. 15

impaludé. Cette «imprégnation maritime» «ou maritimité» 2 estelle lagunaire, laguno-côtière, seulement littorale ou bien maritime? Quelles en ont été les étapes, quelles en sont les formes, voire les apports à la culture régionale? Les littoraux sont devenus des fronts pionnier de mise en valeur de l'espace. L'occupation du liseré et de la branche côtière, par des activités polyvalentes, crée des situations potentielles de concurrences, de conflits spatiaux. La relation homme-milieu côtier et maritime, est devenue davantage complexe, sur cet espace de

contact 3.
Les combinaisons socio-spatiales, qui ont réglé la structure et le fonctionnement des sociétés traditionnelles 4, largement pluriactives, notamment les sociétés paysannes de proximité littorale, en l'occurrence viticoles en Languedoc-Roussillon, et les sociétés de pêcheurs, tant d'étang que de mer; apparaissent transformées, lors de l'arrivée de nouvelles fonctions, aquacole, agricole, résidentielle, par le renforcement des doublets côtiers des grandes villes de proximité littorale et principalement en raison du développement de deux fonctions majeures: la fonction de retraite et l'activité récréative, consécutive à l'aménagement de la côte par la Mission Racine, mais également par l'activation de flux migratoires d'un type nouveau, correspondant à l'engouement pour la mer, à l'origine de l'arrivée sur le rivage languedocien, dans la décennie 1980-1990, des «néo-marins plaisanciers» (candidats à la navigation circumterrestre), mais également producteurs de ressources vivantes de la mer (nouveaux pêcheurs et nouveaux aquaculteurs). La côte languedocienne, sans connaître une activité halieutique très dynamique, en dépit de l'absence d'industrie lourde, connaît un phénomène de densification de ses activités côtières. Le système littoral, organisé autour du triptyque côtier: mer côtière/lido/étang, connaît une situation de surcharge. La mise en valeur des masses lagunaires et de la bande côtière s'effectue dans un contexte, assez
2. La maritimité, à l'instar du concept de ruralité, forgé pour le monde rural, ou d'urbanité concernant la ville; désigne l'appel du large (vocation pour naviguer dans la Marine de Commerce, volonté d'effectuer son service militaire dans la Royale, désir de pratiquer la pêche, de construire un voilier pour naviguer en solitaire, de pratiquer un métier spécialisé dans l'exploitation des océans), l'intérêt pour les choses de la mer. En Languedoc, elle se fonde sur la présence de cités marquées par le fait maritime (Gruissan, Agde, Sète). Les joutes, associées à la fête de la St Pierre des marins, maintiennent une culture vivante, liée à la symbolique de l'eau, éléments d'une culture maritime plus ample, concernant l'ensemble de la Méditerranée occidentale française. 3. J. RIEUCAU,« La société littorale en Manche et en Atlantique, éléments d'une socio-géographie historique et contemporaine », colloque organisé par l'auteur à l'AGF, BAG.F., 1986, n° 3, pp.163-165.
4. J. RIEUCAU, « La géographie sociale dans l'espace côtier », Cahiers nantais, n° 29,

1987, pp.63-75. 16

unique sur les littoraux français, d'excessive spécialisation côtière, de mono-activité récréative (66 communes ayant un rivage maritime ou lagunaire sont concernées, entre 1963 et 1986, par la Mission Racine, cinq grandes unités touristiques nouvelles modifient profondément le paysage côtier) ; et une tendance forte à l'urbanisation entre le Cap d'Agde et le delta du Rhône, sur une frange côtière large de 5 à 10 kilomètres. Un colloque pluridisciplinaire, regroupant l'ensemble des sciences sociales, se doit de s'interroger sur l'existence, en 1990, de sociétés enracinées, perennes, stables, telles que le furent les sociétés de pêcheurs, véritables animatrices de la «vie de côte» depuis l'Antiquité, perdurant à travers les cycles de l'économie côtière et maritime?

Comment, à l'instar des populations de « néo-ruraux, se manifeste
en Languedoc-Roussillon, le phénomène socio-géographique des « néo-marins» et «néo-côtiers»: pêcheurs, aquaculteurs, navigateurs trans-océaniques, non issus des milieux maritimes, pêcheurs d'étang languedociens passés à la haute mer, conchyliculteurs travaillant sur des «filières mytilicoles », établies entre 1 et 3 milles marins, devenant parfois, malgré eux de « pseudo-marins» ; pêcheurs

sportifs (pêche au thon dite « pêche au tout gros» en Méditerranée,
pratiquée jusqu'à 60 milles nautiques, par des fonds de 80 mètres) ; candidats «tour-mondistes» (généralement des cadres, construisant leur bateau de leur main, en raison de motivations liées au tropisme solaire) ; navigateurs plaisanciers 5. Ces nouveaux arrivants, en situation de concurrence avec les sociétés maritimes traditionnelles (rivalités pour les espaces disponibles à quai entre le personnel de la Base de l'America's Cup à Sète et les patrons-pêcheurs des thoniers et chalutiers), opposition pour la maîtrise des espaces lagunaires, opposant la territorialité séculaire des pêcheurs des prud'homies et les associations de véliplanchistes, utilisant les plans d'eau non comme des aires de production de ressources vivantes, mais comme des partenaires sportifs, générateurs de sensations physiques. La véritable «révolution touristique », l'aménagement des ports de plaisance, sont-ils à l'origine d'une nouvelle tonalité maritime languedocienne? Existe-t-il des identités maritimes à caractère urbain, Sète, cité de la mer constituant l'exemple le plus accompli ? Existe-t-il une maritimité régionale, c'est-à-dire languedocienne, de quelle façon se trouve-t-elle recomposée, par l'émergence du nautisme plaisancier, par le développement des pratiques liées. aux sports de glisse, par la diffusion de l'image d'une «Méditerranée
5. J. RIEUCAU, Les hommes et la mer en Languedoc à la fin du xx' siècle », in « Les gens de mer, Sète en Languedoc, l'Harmattan, Paris, 1990, pp.41-71.
17

décor », revendiquée par les grandes villes languedociennes de proximité littorale, en particulier Montpellier, mais également propagée par les initiatives de recomposition du milieu marin, de façon artificielle, à l'intérieur d'aires de jeux et de parcs d'attraction, que constituent les différents «aqualands» implantés sur la côte.

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LA MER, LE LIDO, LES ÉTANGS: MILIEU NATUREL ET AMÉNAGEMENTS

LA MER, LE LIDO, LES ÉTANGS: MILIEU NATUREL ET AMÉNAGEMENTS (GRILLE DE LECTURE INTRODUCTIVE)

Jean RIEUCAU
Quatre communications (M. Ambert, A. Saussol, D. Moulis, G.F. Frisoni) analysent l'interface terre/mer, représentée en Languedoc par la trilogie mer-lido-laguIle. M. Ambert pose deux problèmes géomorphologiques fondamentaux: le mobilité et le concept même de cordon littoral ou lido; le colmatage des étangs. D. Moulis montre comment ce trait de côte original, constitué de cordons littoraux, constitue un système complexe et instable, à protéger. L'auteur insiste sur la double fonction jouée par le lido dunaire : économique, mais également patrimonial, les dunes appartenant au contexte paysager. La conjugaison de paramètres naturels (tempête de 1982) et anthropiques, concourant à la dégradation des cordons dunaires, nécessite la mise en œuvre d'opérations de restauration (ouvrages en bois, végétalisation du milieu...), ainsi que des actions de réhabilitation. Le dernier élément du tryptique littoral languedocien est présenté par G.F. Frisoni. L'auteur insiste sur l'étendue des lagunes littorales, soit 70000 hectares, qui constituent à la fois un patrimoine naturel, mais également un support d'activi.tés économiques (pêche, chasse, navigation, nautisme...). La communication montre l'existence de crises hydrologiques brutales, ainsi que le rôle imparfait joué par les graus ou communication avec la mer, notamment en matière biologique, économique, mais principalement sanitaire. L'exposé s'interroge enfin sur les menaces pesant sur ces écosystèmes lagunaires: édification de routes sur les lidos, sur les berges des étangs, endiguement, cloisonnement, voire comblement des lagunes. Alain Saussol, grâce à l'analyse des cartes topographiques (cartes au 50 OOOe),grâce à l'interprétation des formes du rivage donnée par les historiens locaux, mais également, en s'appuyant sur les témoignages d'hommes-mémoires, à l'origine des plans de reconstruction de l'agglomération de chalets de Gruis21

san-Plage, après 1945, présente l'évolution des rivages, de l'emplacement et de l'utilisation des lagùnes, dans le site audois de Gruissan, au droit de Narbonne. R. Rezenthel expose la vision juridique de questions abordées d'un point de vue morphologique. L'interrogation centrale concerne la délimitation du Domaine P)lblic Maritime, que tout propriétaire peut demander au Conseil d'Etat. Le juriste révèle que la mise en communication naturelle d'un étang avec la mer, par le bais d'une tempête, créant un grau naturel, modifie le sJatut juridique du plan d'eau, en l'incluant dans la propriété de l'Etat.

22

MILIEU NATUREL ET AMÉNAGEMENT DE L'ÉTANG DE MAUGUIO

Martine AMBERT

*

L'étang de Mauguio constitue dès le Néolithique, un axe de vie régional très prospère. Son terroir exceptionnel a favorisé cette implantation des hommes. La toponymie exprime peut être le mieux ce contraste jusqu'à la période contemporaine, entre ces lagunes autrefois très peuplées, riches du commerce et de la pêche (étang de Mauguio dit de l'Qr pour sa richesse en poissons) et la côte déserte, sans abri naturel, siège de tempêtes terribles, à l'origine de l'appellation Golfe du Lion apparue dès le XIIIesiècle. Ce caractère exceptionnel s'explique par sa position d'interface terremer-air, particulièrement favorable à la vie aquatique.

UN TERROIR EXCEPTIONNEL À L'INTERFACE TERRE-MER-AIR Le continent lui fournit eau douce et limons
Les fleuves côtiers, quoique très courts (seul le Vidourle dépasse 100 km) et mal alimentés, ont un régime excessif passant de l'indigence la plus sévère en été (souvent moins de 501/s à St Laurent d'Aigouze à 10 km de la mer) à des crues d'automne démesurées: les célèbres vidourlades. Par leur fréquence (2 à 3 fois par siècle) et leur puissance (on a enregistré 1800 m3/s le 27/ 9/1933 à Sommières contre 7 à 8 en moyenne) elles contribuent à remblayer activement les étangs, réduisant leur superficie et leur
* Département de Géographie, Université Paul-Valéry, Montpellier III, Route de Mende, 34032 Montpellier Cedex. Cette communication a été présentée en séance sous forme de poster.
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profondeur. C'est l'alluvionnement du Vidourle, du Vistre et de la Radelle qui ont progressivement désolidarisé l'étang de Mauguio de ceux de Petite Camargue: Charnier et Scamandre entre AiguesMortes et Saint Gilles (M. Ambert infra). Les graus assurent les relations mer-étang

Ces coupures dans le cordon littoral sont naturellement très instables. Ouverts par des tempêtes ou des crues, ils s'ensablent par le jeu des dérives littorales d'autant plus facilement que le courant fluvial est discontinu. Or leur rôle est fondamental. Ils renouvellent et vivifient l'eau des étangs, contribuant à leur équilibre physico-chimique (température, salinité, oxygène), et partant à leur salubrité. Le milieu lagunaire est très dépendant des conditions climatiques Cette dépendance est directement corrélable avec ses faibles profondeurs, en moyenne 80 cm à Mauguio. Les eaux présenteront de ce fait de grandes variations de température, avec une amplitude sensiblement identique à celle de l'air (entre 220 et 50). Les valeurs de la salinité varient en fonction des apports par les graus, mais aussi des températures et des précipitations. Le minimum s'observe au début de l'hiver, après les violentes pluies d'automne (jusqu'à 5 pour 1000). Par contre, la sécheresse estivale augmente son taux qui peut même dépasser en été celui de la mer (+ de 37/1000). (Fig. 1 et 2). Dans ces conditions, seules quelques espèces vivent toute l'année dans les étangs. La plupart, sensibles aux variations physicochimiques, migrent. Les muges, dorades, loups, soles, turbots et crevettes grises passent l'hiver sur la Planasse où ils frayent. Ils pénètrent dans les étangs dès le début du printemps avec leurs alevins. Ceux-ci engraisseront jusqu'à l'automne ou au printemps suivant dans les épais tapis d'algues ou de zoostères. Leur croissance sera spectaculaire dans ce milieu rapidement réchauffé et, par voie de conséquence, riche dès le début du printemps en plancton et algues, dont l'intense activité photo synthétique entraîne une bonne oxygénation (teneur maximale dans les étangs à cette période, supérieure à celle de la mer; l'automne, par contre c'est l'inverse). Les lagunes jouent donc le rôle d'immenses viviers naturels. Néanmoins, l'équilibre est précaire en raison de cette double dépendance tyrannique, qui est à l'origine des multiples corrections apportées par les populations riveraines à l'hydrographie.

24

LES RÉORGANISATIONS HISTORIQUES DE L'HYDROGRAPHIE (Fig. 3)
A) Le canal de Lunel collecte les Dardaillon dès le XIIIesiècle. Régularisé au XVIIIesiècle, il fut élargi au XIXesiècle. B) La Radelle correspond semble-t-il à la branche du Rhône dite de Canavere, canalisée au XIIIesiècle. Ce canal, très actif au Moyen Age, assurait la liaison commerciale Pont Juvénal-Lattes jusqu'à Aigues-Mortes et Saint Gilles. C) Les modifications du Vidourle ont été particulièrement importantes pour l'évolution du milieu. Il fut canalisé (fig. 3, A) au début du XIVesiècle de Gallargues à Marsillargues, suite aux plaintes des populations riveraines pour les dommages d'inondations.
La décision de ces travaux remonte à la conférence du 15 décembre 1299, réunissant sur conseil de Philippe le Bel (lettres royales de 1297 et 1299) les notables de la région: représentants de l'Abbaye de Psalmody, de Marsillargues, du Cailar, d'Aimargues, Gallargues, Saint Laurent d'Aigouze et Lunel.

Le Vistre et son affluent le Rhony (artificiellement réunis depuis au Caylar) se perdaient à la même époque dans les marais de Psalmody et d'Aigues-Mortes. La convergence de leurs crues avec celle du Vidourle s'avérant particulièrement préjudiciable, il fut décidé de séparer leurs aires d'épandage et de les canaliser «à travers le bois de Psalmody vers le Rhône ». Plus tard le marquis de Calvisson, nous apprend qu'en 1697, la canalisation du Vidourle fût prolongée jusqu'à sa possession de Terre de Port (fig.3, B). De là, les eaux rejoignaient l'étang de Mauguio par deux branches: l'une dite de Cogul, l'autre par l'intermédiaire du canal de la Radelle. Mais, en temps de crue les eaux continuaient à envahir les basses terres environnantes, emportant même le château de Port. Finalement, comme l'aIluvionnement obstruait également le canal de la Radelle, on lui fraya en 1823 un passage à travers ce dernier par une écluse double, le guidant dans l'étang de Repausset et vers le Grau du Roi (fig.3, C). Toutefois, jusqu'en 1960 (période d'assèchement de la plaine de Marsillargues), les crues du Vidourle continuent d'alimenter l'étang. Ainsi, à l'image de Venise, le plus turbulent tributaire fut détourné de Ja Jagune. D) L'extrait de la carte de Cassini (1774) témoigne de l'avancement du canal des étangs (fig. 4) créé pour suppléer à la navigation lagunaire rendue difficile par le colmatage. Il relia dans un premier temps, le Lez récemment endigué au nouveau port de Sète. En 1820, on le prolongera jusqu'à la Radelle dont il reprend le tracé. 2S

Tous ces canaux jouèrent un grand rôle dans le drainage des terres avoisinantes, et à l'intérieur des étangs servent désormais de point d'ancrage à la sédimentation. Ces mêmes endiguements du XVIIIesiècle ont compartimenté artificiellement l'étang de Mauguio (en particulier dans son secteur occidental, par la canalisation du Lez jusqu'à la mer) gênant considérablement dans toute la lagune la libre circulation des eaux et de la faune. E) Côté maritime, ce grand étang (3 100 hectares dans ses limites actuelles) était traditionnellement ouvert par deux graus: celui de Camon mentionné dès le XIIIesiècle et celui de Melgueil sis au Grand Travers, exutoire naturel du Vidourle. Très actif durant le Moyen Age, en particulier au XIIesiècle, il a été fermé en 1589 comme le raconte Germain dans la chronique de Mauguio (16101638). Il Y avait un grau (celui de Melgueil), qui dura 120ans et qui se ferma en 1589, d'un côté à cause de la guerre,par crainte qu'on y entrat, ensuite parce que les rentiers de la Maniguière du Travers fermaient les trous et canal par où les eaux de la mer et de l'étang
entraient ou sortaient qui entretenaient le dit grau. Quelques années après, s'ouvrit un nouveau grau du côté du Levant qui dura quelques années puis s'ensabla.

Depuis, seul demeure celui de Camon. Dès lors, les problèmes hydrologiques prennent le pas sur les problèmes de colmatage, d'autant qu'à l'Ouest également, l'étang de Mauguio sera progressivement amputé des apports du Lez (capté par Montpellier dès 1854, et surtout depuis 1982) et que le Vidourle sera assagi à l'amont par des barrages écréteurs de crue.

LES PROBLÈMES ACTUELS: SALINISATION, MALAIGUE ET RETOUR DU VIDOURLE
A partir des années soixante, le problème de l'équilibre entre les apports d'eau marine, et les apports d'eau douce a suscité un débat long et difficile. Schématiquement, l'option eau douce a été défendue. par les pêcheurs (spécialisés dans la pêche à l'anguille) et les chasseurs (affectés par la régression des foulques en liaison avec la salinisation qui fait reculer les roselières). Finalement, depuis 1985, cette option l'a emporté: le Vidourle étant réinstallé (à raison de 2 m3/s) dans son tracé originel (fig. 3, D) sans pour autant résoudre correctement le problème de la sursalinité estivale de l'étang, l'apport du Vidourle n'étant effectif que d'octobre à mai. 26

L'option eau marine, outre qu'elle aurait pu diversifier la pêche, semble encore le meilleur moyen de lutter contre les malaïgues. Les malaïgues rouges sont les plus connues et les plus fréquentes. Ce sont des crises estivales (280 semble un seuil de sensibilité), dystrophiques (s'accompagnant d'une chute de l'oxygène dissous), en liaison avec l'intense activité bactérienne qui décompose la surcharge algale très importante dès le printemps. Elles sont traditionnellement localisées dans l'espace, de courte durée (le phénomène s'arrête avec l'apparition du mistral qui provoque une baisse de température et chasse les eaux rouges vers la mer) et considérées comme bénéfiques par les pêcheurs (les mouvements des poissons du site contaminé vers les autres parties de l'étang aidant leurs captures). Aujourd'hui, elles s'amplifient en nombre et en intensité, au point que chaque année, elles occasionnent des dommages sévères à la faune. Cette intensité accrue a été mise en relation (Frisoni, ln DRAE, 1984) avec l'enrichissement du milieu en sels nutritifs qui favorisent la production végétale. Cet apport nutritif supplémentaire est directement imputable aux activités humaines (en particulier l'azote et le phosphore qui parviennent dans l'étang par les cours d'eau). Dans ces conditions, il est difficile d'affirmer si l'apport en provenance du Vidourle sera bénéfique ou aggravera la situation. Le problème de la gestion des eaux n'est donc pas résolu. Bibliographie
AMANIEU BALEUX GUELORGUET et MICHELP. (1975). - «Étude M., B., O. biologique d'une crise dystrophique (malaïgue) dans l'étang du Prévost à Palavas (Hérault) », Vie et Milieu, vol. XXV, 2, B, pp. 175-204. AMBERTM~(1986). - }<Le Milieu naturel des Étangs à l'époque médiévale. ln Les Etangs à l'Epoque Médiévale sous la direction de Ch. Landes », Publication du Musée de Lattes (Hérault), pp. 19-29. DRAE (1984). - «Table ronde scientifique sur la gestion de l'étang de l'Or, Archives départementales », Montpellier, 98 p. PaNs M. (1980). - «Sodo-écologie du complexe lagunaire palavasien », Thèse de Spécialité, Univ. Paul-Valéry, Montpellier, 293 p.

Liste des figures
Fig. 1 : Distribution moyenne de la salinité. La distribution moyenne de la salinité révèle la décroissance des valeurs à partir de l'unique grau excentré de Camon, mais masque des variations très rapides dans le temps. Fig. 2: Distribution instantanée de la salinité (D'après les relevés du BCEOM). 27

Fig. 3: Réorganisations historiques de l'hydrographie. A) Moyen Age; B) XVIIe; C) XIxe; D) 1985. Fig. 4: Extrait de la carte de Cassini (1774).

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L'ÉVOLUTION RÉCENTE DE LA LIGNE DE RIVAGE DE SÈTE A LA PETITE CAMARGUE

Martine AMBERT
Résumé

*

Le littoral languedocien oriental a connu, depuis la transgression flandrienne, d'amples modifications d'ordre kilométrique. Mais, si la progression des cordons à l'Ouest du Rhône a été précisée grâce notamment aux nombreuses datations isotopoques, le secteur sétois manquait d'informations. Notre but est d'y recenser les divers témoignages archéologiques et géologiques qui ont trait à l'évolution de la ligne de rivage et de les comparer aux deux extrémités rhodaniennes et roussillonaises qui ont fait l'objet de synthèses récentes. Par ailleurs, une reconstitution du colmatage récent des étangs, de l'étang de Mauguio en particulier, peut être proposée, grâce aux nombreux sites archéologiques, aux sondages palynologiques, aux textes médiévaux et aux cartes anciennes. De Sète à la Petite Camargue, les données concernant l'évolution récente, holocène du trait de côte sont inégales. Alors que l'extrémité occidentale rhodanienne, examinée depuis longtemps, est désormais mieux connue grâce aux méthodes modernes de datation utilisées par A. L'Homer et F. Bazile, le secteur occidental, hormis les sondages palynologiques précurseurs de N. Planchais et les observations novatrices de F. Doumenge sur l'évolution subactuelle de la ligne de rivage, était plus lacunaire en informations. Le support d'investigation y est, il est vrai plus fragmenté, moins continu, de par sa situation excentrée, à l'écart des zones pourvoyeuses de matériel qu'il s'agisse des sédiments rhodaniens ou des apports continentaux. Ici, l'environnement carbonaté a ralenti l'évolution.
* Département de Géographie, Université Paul-Valéry, Montpellier Ill, route de Mende, 34032 Montpellier Cedex. 36

Au cours de ces dernières années, les découvertes archéologiques y ont révélé voire confirmé des points importants intéressant l'évolution de la ligne de rivage. Cette analyse des données archéologiques, dans une optique géographique, a par ailleurs été couplée à un examen méthodique des sondages géologiques dans une recherche entreprise sous notre direction par C. Julien (1988). Cette communication fait donc le point de l'état actuel des connaissances, à partir de ces sources bibliographiques nombreuses et des données inédites des archéologues locaux, que nous remercions pour leur collaboration.

LE CORDON INITIAL
Il est à l'origine de la trilogie actuelle du paysage côtier languedocien et connu en domaine rhodanien depuis les travaux de Dumas et Denizot. État de la question en domaine rhodanien Sensiblement de même altitude (:t 2 mètres) que les cordons actuels, le cordon ancien s'en différencie néanmoins très nettement par sa composition granulométrique beaucoup plus grossière. Alors que ceux-là sont souvent sableux, celui-ci est plus caillouteux. Il renferme de nombreux galets d'origine rhodanienne (variolites), auxquels s'ajoutent des fragments de grès coquilliers, arrachés lors de la transgression flandrienne aux cordons anciens (consolidés en grès dits de Carnon), aujourd'hui immergés à moins d'un kilomètre du rivage par 8 à 12 mètres de fond. Il entre en contact direct avec la mer au droit de Maguelone. Par contre vers l'Est, c'est le cordon sableux actuel ou subactuel que la mer modèle, le cordon primitif demeurant sur sa face interne, côté étang, bien visible dans la coupe du canal des étangs aux environs de la Grande Motte (fig.l) comme l'a relaté F. Bazile. Au-delà, il se poursuit suivant une direction Ouest-Est, émergeant du paysage grâce à ses bosquets de pins (Sylve Godesque), en passant par la Bergerie de la Haute plage, Grand Chaumont, jusqu'à Sylveréal. Les coquilles marines à test épais qu'il recèle ont permis de nombreuses datations radiocarbones (L'Homer, Bazile, 1980) (fig.2). Les résultats convergent remarquablement autour de 6500-7050 BP, hormis l'anomalie du Mas Solan, qu'une nouvelle approche du matériel malacologique, dans une perspective paléoécologique, a permis de résoudre, rattachant ce site au Grand Chaumont voisin (Archambault-Guézou, 1982). Ce cordon s'intègre spatialement au 37

premier stade défini par L'Homer (fig. 3) et correspond au maximum transgressif. Pourtant, si l'on tente la corrélation avec les données fournies par Aloisi (1986), à savoir l'existence d'un cordon sableux, sur le plateau continental au large de Palavas-L'Espiguette à-3D m, daté de 8000 BP et bien que la remontée du niveau marin soit de l'avis général très rapide au Boréal, les datations ici présentées semblent hautes. Sur la courbe d'Aloisi à - 7000 la côte atteinte est de - 15 mètres. Cette confrontation incompatible soulève le problème très général des datations qui souvent discordent, fonction du matériel sur lequel elles ont été réalisées. lei, A. L'Homer s'était heurté dans un premier temps, à des disparités de résultats obtenus sur des espèces différentes d'un même cordon. Aussi, avait-il pris le parti d'échantillonner uniquement à partir de cardium à tests très massifs ce qui explique cette homogénéité des résulta!s. Mais les travaux récents, en particulier celui de J. Courtin et J. Evin sur le site de Châteauneuf-lès-Martigues (1985) attirent l'attention sur les différences obtenues selon le type de matériel. Pour une même couche, et en particulier pour les couches de cette période (Cardial), les datations sur coquilles y sont systématiquement plus anciennes - et de 800 ans - que celles obtenues sur charbons de bois. Malheureusement cette possibilité de datations sur support varié est exclue en Languedoc dans les cordons littoraux de cette époque. On sait aussi depuis les travaux de Thommeret que les conditions de conservation influencent le résultat: les coquilles conservées en milieu marin donnent des résultats plus représentatifs car moins influencés par la nappe. Voilà l'état de la question en domaine rhodanien. Qu'en est-il à l'Ouest, là où progressivement le cordon disparaît? Le secteur sétois

N. Planchais au sondage des quatre canaux à Palavas (1977)

indique pour le niveau B, vaseux, situé entre - 20 et - 12 m et
daté de l'Atlantique, c'est-à-dire entre 7500 et 5400 BP, un milieu largement ouvert aux influences marines. Ce n'est qu'en A, selon ses propres termes, «vers la fin de l'Atlantique et pendant le Subboréal que le milieu devient lagunaire fermé» autrement dit que le cordon est en place de manière très continue. La carotte du Canal des Quilles (Sète) a quant à elle traversé un véritable cordon aggloméré en poudingue daté de 5 650 :t 200 HP et situé entre 5, 10 et 4 mètres de profondeur. L'étude des sondages géologiques, nombreux dans ce secteur aménagé, a permis de retrouver ce premier lido, enfoui en plusieurs points. La figure 4 présente la coupe la plus significative, située à 38

l'extrémité occidentale de l'étang d'Ingril, au droit de Frontignan. Le cordon actuel repose sur un premier édifice, riches en rognons calcaires, sis entre 7 et 5 m. La présence de vases en arrière de ce seuil montre qu'il ne s'agit pas d'un îlot, mais bel et bien d'un cordon continu. Cette organisation des lidos succes,sifs, superposés l'un sur l'autre, est identique à la fermeture de l'Etang de Salces Leucate (Martin 1977) (fig. 5) où il est daté sans précision d'inférieur à 4200 BP, et confirme donc les vues de G. Denizot qui, sans ces sondages auxquels nous nous référons, et malgré les nombreux textes antiques ou les cartes du XVIesiècle présentant Sèt~ comme une île, prolongeait ce cordon initial en barrage de l'Etang de Thau. Comment interpréter cette différence d'organisation, révélant ici une superposition, là-bas une juxtaposition? La réponse est évidemment difficile en présence de datations aussi différentes. En tout état de cause, aucune information dans le sens d'une déformation tectonique n'est fournie au pied des Corbières par les nombreuses études du laboratoire de Perpignan. Nous avions par ailleurs montré (1982) que la subégalité remarquable des niveaux tyrrhéniens, témoignait dans ce secteur d'une stabilité depuis cette époque. Aussi, l'interprêterions nous plutôt en termes d'érosion. Les témoignages historiques, aussi bien antiques qu'actuels, expriment pour la région sétoise, la multitude des graus et donc la fragilité du cordon, qui est à mettre au compte de la faiblesse des apports sédimentaires ultérieurs et ce, contrairement au Languedoc oriental, où ce premier cordon, a été protégé très rapidement par les cordons récents.

LES CORDONS

RÉCENTS

En Languedoc oriental en effet, c'est la juxtaposition et non la superposition qui est la règle. Déjà entrevue au niveau du Mas de la Grande Motte (fig. 1), cette disposition s'accentue en direction du Rhône, où trois ensembles de cordons plus récents et plus méridiens témoignent d'une progradation historique d'ordre plurikilométrique dans ce secteur, contrastant avec la permanence de la ligne de rivage ailleurs. Ces cordons, sur le plan dynamique, se raccordent (L'Homer, 1981 ; fig.3) vers le sud aux barres d'embouchure représentant les

divers stades d'avancée du delta dit de Saint Férréol avec sa forme
triangulaire progradante typique d'une mise en place en période de bas niveau marin. Ultérieurement, fonction de légères oscillations positives de ce même niveau, ces barres seront reprises par les dérives littorales. Ainsi se crée le cordon de la Pataquière sur 39

lequel est bâti Aigues-Mortes entre 5600 et 5350 BP; de la même manière vers 2000, celui de Listel (L'Homer, 1988). La figure 6 (L'Homer, 1988) présente ces deux cordons au XIIIesiècle. Celle ultime interprétation qui donne le bord interne du Repausset comme rivage marin, rejoint finalement celle de Pagézy (1879). L'évolution ultérieure conduira comme le suggère le tracé actuel, à la perduration de cette tendance, qui associe le recul de la Petite Camargue (900 m au Grau Neuf depuis Cassini; 4 à 5,5 m par an depuis 1895) - en raison de l'appauvrissement successif du Rhône de Peccaïs et de son déport progressif vers l'est -, et de la redistribution du matériel à l'Espiguette (progression de 5,5 m par an depuis 1869). C'est du reste le seul secteur qui connaît encore aujourd'hui un engraissement. Partout ailleurs, le trait de côte serait en recul sans les nombreuses protections dont il a été l'objet. Les causes de ce recul sont complexes mais deux principales se conjuguent: d'une part une appropriation excessive du littoral qui le prive de ses échanges naturels et d'autre part, une élévation du niveau marin, mondiale qui depuis un siècle est de l'ordre de 1,2 à 1,5 mm/an avec des risques notables d'accentuation en raison de l'effet de serre. Les inqutétudes n'ont pas encore atteint en France le même degré qu'aux Etats-Unis où on redoute d'ici 2070 une élévation de 70:t 25 cm, c'est-à-dire dans l'hypothèse maximaliste 1 m de remontée. Mais en Europe, déjà les Britanniques et les Allemands s'organisent pour faire face à cette submersion. A l'arrière de ces divers cordons, le paysage lagunaire témoigne lui aussi d'amples modifications du trait de côte depuis sa fermeture à l'aval par le lido.

L'ÉVOLUTION

DU TRAIT DE CÔTE INTERNE

Les données cartographiques et dynamiques
La carte de Cassini est suggestive à cet égard des modifications survenues depuis la fin du XVIIIesiècle (M. Ambert, infra). La figure 7 propose un état antérieur, entaché d'erreurs plus nombreuses puisque cumulant les données de Cassini et celles fournies par les textes médiévaux comme l'avait réalisé Pineau (1961). Ainsi, ont été répertoriés, les sites des embouchures et des principaux ports médiévaux, bien que cette fonction soit très imprécise (port lagunaire ou port fluvial) et le domaine lagunaire ou de marais inondables à l'époque médiévale. Le paysage s'est surtout modifié à l'Est, où Psalmody a gardé son caractère insulaire au moins jusqu'au IXesiècle.
40

Ce colmatage, important en superficie, l'est aussi en profondeur puisqu'il atteint 29 mètres au sondage de la Marette, et une douzaine au minimum dans l'étang de Mauguio. Il est beaucoup plus modeste à l'Ingril et dans l'étang de Thau (5 à 6 mètres en moyenne, Chassefière, 1968) en raison de l'indigence des écoulements locaux sur leur~ bordures calcaires. Ce colmatage récent, est en effet avant tout l'œuvre des fleuves côtiers, dont on reconnaît aisément les deltas internes: Lez-Mosson, Salaison et surtout à l'Est celui du Vidourle, qui avec l'appoint du Vistre et du Rhône de Canavère, autrefois tributaires de l'étang de Mauguio, l'ont progressivement désolidarisé des étangs de petite Camargue. Tous ces cours d'eau ont un régime excessif, typiquement méditerranéen, avec des crues d'automne }lémesurées, les célèbres vidourlades, qui suivant l'expression d'Elysée Reclus «roulent alors trente fois plus d'eau que la Seine à Paris à l'étiage ». L'étude hydrologique (Tricart, 1958) et historique des crues (Gaussen, 1936) a montré que ces phénoSans compter que point n'est besoin d'une vidourlade pour transporter des limons jusqu'à l'embouchure; l'observation actuelle montre que des crues plus modestes participent à ce colmatage (Coulet, 1975). Pour les périodes plus anciennes, les diagrammes polliniques au nombre de trois sur l'espace considéré - autorisent par la présence continue d'espèces méditerranéennes, l'extrapolation de ce régime pluviométrique contrasté qui favorise l'action érosive (Planchais, 1973; 1983). En outre, ceux de Palavas et de Mauguio ont permis la mise en évidence d'une accentuation de la pluviosité respectivement à 3 200 :t 100 BP à Mauguio et 3 000 :t 80 BP à Palavas, période qui correspond aussi à l'apogée de la civilisation des oppida. Cette conjonction rend évidemment malaisée la recherche des causalités respectives de l'abondante sédimentation que l'on constate autour de ces mêmes dates dans le sondage de Marsillargues. Seule une étude exhaustive des sédiments holocènes le long des cours d'eau tributaires permettrait de préciser la part qui revient à l'homme dans la dénudation des versants et celle qui est à mettre au compte des variations climatiques, mais cette étude nécessairement pluridisciplinaire reste à faire. Cette variation du trait de côte interne a été également influencée, mais à une autre échelle de temps et d'espace par les oscillations du niveau marin.

mènes, . bien qu'irréguliers, se répètent deux à trois fois par siècle.

Les oscillations du niveau marin
Elles furent modestes, centimétriques mais multiples depuis l'Atlantique comme le suggère la figure 8. Cette courbe a été établie 41

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