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le Maurice au sommet de la vague économique francophone

De
208 pages
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Ajouté le : 01 janvier 1993
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EAN13 : 9782296281899
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VILE MAURICE AU SOMMET DE LA VAGUE ECONOMIQUE

FRANCOPHONE

Jean-Georges PROSPER

L'ILE MAURICE
au sommet de la vague économique francophone

L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 - Paris

L'auteur

Jean-Georges PROSPER est né à Port-Louis, capitale de l'île Maurice, le 23 août 1933. Docteur-es-Lettres de l'Université de Paris-Sorbonne. Professeur de Lettres dans le cycle secondaire, puis universitaire. Directeur du Centre Culturel Africain du ministère mauricien de la culture. Il est Officier de l'Ordre des Palmes académiques françaises, décoré du M.B.E. britannique ainsi que de l'Ordre du Lion du Sénégal. Il est l'auteur d'un millier d'articles de presse et de 15 ouvrages littéraires dont l'Histoire de la Littérature mauricienne, E.O.I. -Nathan (1978) et Chants Planétaires, poésies, L'Harmattan (1992). Il est également l'auteur de l'Hymne national et du Chant de la République de Maurice.

(C) L'Harmattan 1993 ISBN: 2-7384 - 2113-X

«Le message que l'on reçoit tous les jours - acheter, vendre, gagnerconduit à une telle interprétation de la vie, que l'on peut méme vendre ce quinenousappartientpa~ Je pense que, dans les pays industrialisés, on a perdu beaucoup de valeur de la collectivité, de la famille, du voisinage». Rigoberta MENCHU (prix Nobel de la Paix) (Interview de Télérama) Cité par Coli Venkatasamy (Week-End - 24 jan. 1993) «Quelle est la place de la moralité aujourd'hui dans la vie sociale, publique et privée? Il faut se demander si les rapports entre les individus sont déterminés uniquement par l'argent?» Prof. Uttama BISSOONDOY AL Directeur de l'Institut Mahatma Gandhi (82-92, Les Années Décisives) Malenn D. OODIAH

Cet ouvrage est dédié à :

- Mon

frère,

Frantz

1. Hypolite

Sociologue et président-fondateur de la I ère Communauté Mauricienne de France.

- M le Chanoine Guy Rose 1er Aumônier mauricien de l'Aumônerie

nationale de Maurice,

à Paris.

- au Dr. S. Baligadoo, Professeur - agrégé de Cardiologie, Faculté de Médecine de Paris, directeur du Centre de Recherche S.S.R., Moka.

à la mémoire du Dr. Gopa/jee Samboo président-fondateur du Comité France-Inde, à Paris. - de Robert Cornevin Secrétaire Général de l'ADELF et de l'Académie des Sciences d'OutreMer.
- de Camille de Rauville Secrétaire-fondateur de l'Académie

mauricienne

de langue française.

Avec tous mes remerciements à Christine Deroche,
françaises

-pour

- fière

créole des i/es

avoir mis l'ouvrage sur disquette.

SOMMAIRE
Préface (Jacques AUGARDEAncien ministre français) Avant-Propos (Documentationet références) Introduction (Les enjeux politico-économiques) Période hollandaise (1598-1710) 9 12 16
.

29 36

- L'îleau BoisDormant

- Le commerce

du «Bois d'ébène»

Période française (1715-1810)

-Fille de la Francophonie
avec Mahé de La Bourdonnais
avec Pierre

-Une île à vendre
Poivre

-L'île aux trésors -Fille de la Révolution

- L'Isle de France impériale
Période anglaise (1810-1968)

-L'île franco-britannique
- Fouet à mille branches
avec Rémy Oilier

76

-L'île <<vendue» aux Anglais -Place aux Immigrants
- Les

«Presque-Blancs» - Naissance du XXème siècle mauricien -Rétrocession à la France - Le Parti Travailliste
avec Sir Seewoosagur

avec Sir Anerood Jugnauth

-L'De indépendante (1968) -Un nouveau départ (1982)
- Centre - Revers
républicaine (1992)
financier régional de la Médaille du Développement Sauvons l'âme d'une lie-Pays

Ramgoolam

121
131

- L'lie
-

7

PREFACE
Dans la jeune République de Maurice, sur les rives australes de l'océan Indien, la Francophonie atteint, en 1993, un nouveau sommet. Il m'est agréable de m'associer à cet événement en préfaçant l'ouvrage de Jean-Georges Prosper, Docteur-es-lettres en Sorbonne et Officier des Palmes Académiques françaises, un des plus brillants promoteurs de la langue et de la civilisation de la France dans les Mascareignes. Depuis Bernardin de Saint-Pierre, auteur de «Voyage à l'Isle de France» et de <<.Paul Virginie», c'est, avant tout, et grâce à ses écrivains, à ses poètes, à ses peintres et autres artistes, que l'île Maurice s'est fait de plus en plus connaître, dans l'espace francophone, et à Paris en particulier, à la faveur de l'établissement d'une Ambassade occupée en permanence par des représentants motivés. J'ai été appelé à participer aux mouvements sociaux, culturels et littéraires animés par des hommes actifs et convaincus, regroupés autour du regretté et prestigieux Professeur Robert Debré, fondateur du Comité France-île Maurice. En 1976, j'ai eu le plaisir d'effectuer un voyage au pays de Malcolm de Chazal, l'un des auteurs mauriciens, auquel j'ai voué une grande admiration et au sujet duquel, il n'y a pas appréciation plus remarquable que celle de Jean Paulhan, présentant «Sens Plastique» y ayant découvert «un art qui mérite le nom de génie. Ce nom et aucun autre». Avec les Services Culturels de l'Ambassade, «Racines Françaises» et «Information, Culture et ImmigratioID>,sa pièce dramatique: «JUDAS» avait pu être présentée au Théâtre de l'Atelier et obtint un très beau succès, dû à la qualité du texte,

9

mais aussi à l'enthousiasme des interprètes mauriciens et français. Cet écrivain descendant d'une famille Forezienne venue s'établir à l'IIe-de-France dans le courant du XVIIIème siècle, collaborait, lors de mon séjour, à plusieurs publications, principalement au journal «ADVANCE» du Docteur Seewoosagur Ramgoolam et à la revue culturelle IndoMauricienne de Kissoonsingh Hazareesingh, Docteur-es-Iettres en Sorbonne. Il y a un certain temps, il m'a été donné de prendre connaissance des écrits de Jean-Georges Prosper, dont sa très belle «Histoire de la Littérature mauricienne de. Langue française» par excellence, oeuvre de référence, et son remarquable ouvrage poétique et philosophique, intitulé: «Chants Planétaires». Le livre que ce poète national de l'île Maurice nous présente, cette fois, est d'une veine différente. Il s'articule autour de l'histoire et, à la fois, autour de l'évolution socio-politicoéconomique de la jeune République et de. l'influence de la Francophonie sur cette profonde mutation mauricienne. La «Cirné» d'autrefois, aujourd'hui Malcolmland, comme il arrive à Jean-Georges Prosper d'appeler son île natale, est devenue exemplairement médiatique. Ses côtes, ses paysages intérieurs, sa terre aux sept couleurs et, en tout premier lieu, le charme de ses habitants, en ont fait un paradis touristique. La lùcidité de ses dirigeants, leur esprit d'initiative, ont permis à ce pays d'effectuer un décollage économique assez surprenant. Cela est dû en grande partie à la création de la Zone Franche. L'implantation de centaines d'entreprises venues d'un peu partout dans le monde, a permis une résorption complète du chômage, au point que Maurice est actuellement en quête de main-d'oeuvre, signe combien envié de prospérité. 10

L'auteur a pensé aussi intéressant de connaître l'envers du décor et d'essayer de comprendre, voire de pénétrer cette enveloppe qui recouvre et recèle l'âme profonde de ce peuple et de son terroir. Sous ce rapport, le présent ouvrage vient, à son heure, satisfaire notre curiosité, afin d'être mieux informé sur un pays dont le destin est confié, depuis 1982, à Sir Anerood Jugnauth, Premier ministre habile et efficace. Au vu des enchères et surenchères auxquelles se livrent, de plus en plus, le monde des affaires, les magnats du commerce international; le penseur angoissé se pose la question de savoir si le pouvoir matériel est d'une telle importance qu'il occulte tous les élans culturels. Les éléments de réponse que Jean-Georges Prosper propose, incitent à une large prospection et à une relecture pour mesurer la distance que vit l'île Maurice entre le mythe des siècles passés et son avenir réaliste à l'échelle planétaire.
Jacques AUGARDE Ancien Ministre français Membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer Président d'Honneur de l'ADELF : <<Association Ecrivains de langue française» des et du «Comité France-I/e Maurice»

Il

AVANT-PROPOS

La production de cet ouvrage se veut être un hommage filial à l'île Maurice et à la France, en cette année où plus spécialement l'ancienne Isle de France est appelée à resserrer davantage ses liens, à accroître au maximum ses rapports économiques et financiers avec la Communauté ftancophone et ce, en amitié encore plus retentissante avec la France. Il y a quatre ans, lors de la célébration nationale du Bicentenaire de la Révolution Française, en 1989, je publiai un essai à thèse, intitulé: <<L'ile aurice, ancienne Isle de France, M Fille de la Révolution». L'abondante documentation et la succession des faits et des événements historiques de cet ouvrage m'ont incité à en actualiser les données et à y ajouter d'autres notes collectées au cours de nouvelles études et recherches à travers la presse locale, étrangère et autres publications appropriées. Ce sont donc les propos et observations d'un certain nombre de décideurs politiques, d'économistes, d'industriels, de journalistes, d'historiens et d'autres responsables mauriciens qui sont cités, ici, à l'appui d'une interrogation. D'une brûlante interrogation. Et ce, au terme d'un récit et même d'un roman composé à partir des échos, d'une part, des hommes d'affaires qui semblent vouloir précipiter la «capitalisation de la société mauricienne» et, d'autre part, des hommes de culture qui s'en inquiètent. Et s'en indignent. Tout en se posant la question de savoir si : - L'ile Maurice doit vendre jusqu'à son âme? Cet ouvrage vous propose quelques éléments de réponse auxquels vous ajouterez encore d'autres, du moins, je l'espère! Je voudrais, dès ici, reconnaître ce que mes travaux de recherche et de documentation doivent, avant tout, aux publications que voici: L'Express (économie) (YO Magazine) 12

Le Mauricien (pluriel) et le Week-End Le Business magazine (nOspécial 1968-1993) Les Années Décisives (82-92) Cinq-Plus magazine The Sun et autres quotidiens, hebdomadaires et magazines maunClens. Je citerai également, sans ordre préconçu, les principaux auteurs et les ouvrages majeurs auxquels j'ai eu le plus souvent recours et que je recommande volontiers à tous ceux qui ne connaissent pas encore, ou pas suffisamment l'Histoire de l'île Maurice, ancienne Isle de France: - La Gazette des Des de la mer des Indes, dirigée par Yvan Martial, rédacteur en chef du journal L'Express, et ses distingués collaborateurs. - Auguste Toussaint, dont les nombreux ouvrages spécialisés sur les lIes de l'océan Indien et, en particulier, sur l'île Maurice, publiés à Port-Louis ou à Paris, font autorité. - Antoine Chelin, dont la rétrospection chronologique d'Une De et son passé (1507-1947) s'avère être indispensable. - Raymond d'Unienville et ses volumes d'Histoire politique de l'Isle de France, mettant en lumière, entre autres aspects, les racines démocratiques de la Révolution. - J. Maurice Paturau, CBE, DFC, auteur d'études spécialisées sur l'économie, le commerce et l'industrie (sucrière), a publié récemment l'Histoire Economique de l'Île Maurice: ouvrage encyclopédique et modèle de technicité, de maîtrise et d'objectivité. - Mgr Amédée Nagapen et son ouvrage sur l'Eglise à Maurice. - Rivaltz Quenette dont les ouvrages sur l'Esclavage, tel «le Combat réformiste», sur «Jean Lebrun», et sur «La Triple Espérance», entre autres, sont d'un grand intérêt. A signaler sa prise de position à l'encontre d'une légende discréditant la main-d'oeuvre noire. 13

RAMGOOLAM. - Le livre du M.M.M. sur Anerood Jugnauth : «Le Premier ministre du changement». - Jay Narain Roy et son témoignage fort éloquent sur l'île Maurice en transition. - Charles Giblot Ducray dont les anecdotes et les notes d'histoire font la lumière sur l'évolution de l'île Maurice, dès l'époque française de l'lIe. - James Burty David et le comité dont l'ouvrage intitulé «Le Souffie de la Libération» raconte «quarante années de publications de l'Institut Mahatma Gandhi, dirigé par Uttama Bissoondoyal, dont les communications aux colloques (i) sur l'Immigration indienne, (ii) sur l'Esclavage, (iii) sur la Révolution Française; et le <dournal des Etudes mauriciennes» dont l'article spécialisé d'Aslakha CallikanProag sur la «RétrocessioID>à la France; et l'étude de Raj Mathur sur la Réforme constitutionnelle de 1885. - Le Catalogue de l'Exposition «Isle de France - lIe Maurice» (1715-1978) réalisé en 1978 par les soins d'Armand Maudave, de l'Ambassade de l'île Maurice, à Paris. - L'Almanach moderne, des années 80, réalisé par Lindsay Rivière, alors rédacteur en chef du «Mauricien». Sir Victor Glover, Chef-juge, auteur des pages documentaires sur la Législation et la Constitution, publiées dans l'Almanach cité ci-dessus. - Marcel Cabon dont le livre «Laurent-Rivet» fait la lumière sur le mouvement de la Rétrocession. - Toni Arno/Claude Orian et leur thèse anthropologique sur l'île Maurice: une société multiraciale.

- Basdeo Bissoondoyal et ses quatre vérités sur l'île Maurice. - Sydney Selvon et son livre très révélateur sur

- Les

travaillisme» .

14

- «1789»

ouvrage de haut niveau par Guy ChaussinandNogaret offert grâcieusement par la Banque Nationale de Paris «Intercontinentale», de l'île Maurice. - La Bibliographie, à la fin de l'ouvrage, complète ce tableau d'honneur.

15

INTRODUCTION Quelle chance en or pour l'île Maurice que de pouvoir accueillir, du 16 au 18 octobre - le Vème Sommet de la Francophonie, autrement dit, le Forum Francophone des Affaires, dans l'année même de l'Espace Economique Européen1- L'année où, par ailleurs, l'ancienne Isle de France célèbre, à la fois, - 12 mars 1993 - le 25ème anniversaire de son Indépendance politique et le 1er anniversaire de son accession au statut de République! - Et pourquoi ne pas y ajouter le 10ème anniversaire de son Indépendance économique? Pourquoi ne pas célébrer, comme l'on y est, la 10ème année de l'Espace Economique Mauricien? Il est vrai que l'auteur, l'artisan de ce développement, Sir Anerood Jugnauth, lui-même, Premier Ministre depuis 1982, devait l'avouer: «L'île Maurice a connu un développement économique trop rapide au cours des dix dernières années. Mais on ne peut, ajoute-t-il, freiner le progrès». (Week-End, 2janvier 1993).

1 les 12 pays de la C.E.E. auxquels s'ajoutent les 7 pays de l'AELE (L'Association Européenne de Libre-Echange) 16

A quoi serviraient, entre autres centaines de millions de même source, les récents vingt-cinq millions de francs du Fonds d'Aide et de Coopération de la France pour la construction d'un Centre International de Conférences, sinon à doter l'«île de la fidélité» d'un outil de travail dans le cadre de la stratégie du gouvernement mauricien à faire de Maurice un Centre financier régional? La nouvelle République de Maurice ne s'érige-t-elle pas résolument en un pont flottant entre l'Anglophonie et la Francophonie? -Entre le Commonwealth Britannique et la Communauté des pays francophones? -Entre la SADEC (Zone économique commune de l'Afrique Australe) et l'Inde, l'Australie et d'autres pays qui peuvent passer par Maurice pour y accéder? Promue, en l'espace des dix dernières années, au grade de PM (Pays Nouvellement Industrialisé) la petite île Maurice ne se projette-t-elle pas encore et toujours en images de ciel et de paradis? - Sauf que les enfants du Bon Dieu y doivent de plus en plus céder la place aux marchands du Temple, quand ce n'est plus prosaïquement aux imbéciles heureux et autres canards sauvages! Centre financier de l'océan Indien - offshore et port franc compris! - Tigre économique de la région! - Décidément, entre Dieu et Mammon, l'île Maurice aura finalement choisi de servir Mammon; les banques et les nombreuses filiales de banques étant dévotement plus fréquentées que les églises, temples, mosquées et pagodes liés ensemble, sans exclure les chapelles et des plus équivoques!

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Le CIEL, lisez le Consolidated Investment Enterprises Ltd, n'est en ordre d'importance, que le sixième groupe financier et d'investissements mauricien! Le «vert Paradis des amours enfantines», devenu impitoyablement paradis patronal, serait surtout celui des investisseurs, des touristes et des affairistes propulsés vers le haut de gamme, toutes transactions confondues! Et c'est à coups de trompettes médiatiques que croissent et se multiplient les agences de publicité. La dernière en date serait, par la force des choses, associée à Papaye Communication aux fins d'accéder à toute la banque de données des pays de la Communauté Economique Européenne. Elle aura vite fait, d'ailleurs, de se spécialiser dans la communication d'entreprise et dans la publicité. L'un des deux responsables de l'agence, n'a-t-il pas déclaré péremptoirement: «L'île Maurice est bien vendue en tant que produit touristique, mais il serait grand temps de la vendre comme produit culturel». (L'Express-économie, 23février 1993). La vendre, la vendre à tout prix et d'abord au plus offrant, en l'amenant à vendre jusqu'à son âme.... N'est-ce pas en étroite collaboration avec la Chambre de Commerce de Paris que la Chambre de Commerce et d'Industrie de Maurice organise le prochain Forum Francophone des Affaires? Pas moins de deux cent cinquante intéressés y seront regroupés; la campagne de promotion ayant été lancée dans quarante-cinq pays francophones en Europe, au Canada, en Afrique et en Asie. Le Forum qui aura pour thème: dnvestissement et partenariat dans l'espace francophone», se destine bien évidemment à attirer à Maurice encore d'autres bailleurs de fonds et investisseurs potentiels français et francophones, étant 18

donné les nombreux projets mauriciens évidemment à capitaux mixtes. - «Le système d'économie mixte, n'est-ce pas l'unique modèle économique à adopter pour Maurice» ? Comme le rappelle Maurice Paturau, Matlre-Coordonnateur du secteur privé! Comment l'île Maurice tiendrait-elle autrement son pari commercial et industriel? Comment relèverait-elle son défi agro-industriel, touristique et technologique pour l'An 2000 ? Et quelles sont les nouvelles forces motrices du Sommet de la Francophonie sinon, les stratégies diplomatiques et les rouages politico-économiques des pays participants? Sous ce rapport, la prise de position de l'ex-chef de la diplomatie mauricienne, l'ex-ministre Paul Bérenger, serait incontournable: «La priorité des priorités de notre diplomatie, dit-il, a été, reste et restera la défense et la promotion de nos intérêts économiques et commerciaux». (Week-End, 31 janvier 1993). Dans le contexte tiers-mondiste et afiicain, l'île Maurice n'est-elle pas de plus en plus citée comme exemple de pluralisme, de coexistence pacifique, de démocratie et de liberté ? Elle aura bien évidemment hérité de la France, hors le respect total des Droits de l'Homme, la devise ternaire de liberté, d'égalité et de fraternité! Sauf que la France aura traduit sa ffancosophie dans la pratique d'une immigration libérale et incontrôlée; tandis que l'île Maurice, elle, aura plutôt fait l'expérience d'une émigration intempestive. Ce qui n'aura nullement entravé sa course efITénée dans la voie du progrès. Au contraire! L'île Maurice d'aujourd'hui - demain étant un autre jour n'est-elle pas surtout proposée par des organismes internationaux, comme modèle de rapide développement économique que l'on qualifie d'ailleurs de miracle économique? Tout récemment encore, au début du mois de mars, c'est le Niger, plus précisément, une délégation de la République du 19

Niger qui est venue à Maurice étudier le mécanisme économique du pays; s'inspirer du modèle de «zone tranche mauricienne» et, comme l'affirmait le Dr. Gnandou Ide, ministre nigérien des Finances et du Plan, Chef de la délégation, le Niger voudrait établir des relations économiques avec des partenaires mauriciens dans les domaines de l'agriculture, de l'énergie et surtout au niveau des industries légères. (L'Expresséconomie 9 mars 1993). Valeur du jour, le PNB per capita de Maurice serait dix fois supérieur à celui du Niger, par exemple. En effet, le revenu par tête d'habitant à Maurice est passé de huit cents dollars en 1982, à trois mille dollars (ou Rs 45,000) en 1992. - Le taux de croissance pour 1992 se situait à 6.4% contre 4.5 % en 1991 ( et 1.5 % dans les pays développés) - Le niveau de réserves en devises étrangères a dépassé la barre des Rs 15 milliards, ce qui représente sept mois entiers d'importations. - Les capitaux en provenance de l'étranger qui étaient tombés à Rs 6 millions en 1981, se sont élevés à Rs 19 millions en 1983, à Rs 68 millions en 1984 et, prodigieusement - à Rs 601 millions en 1990, ce qui démontre l'engouement des investisseurs pour cette «ruée vers 1'00). - Les 122 usines et 22,000 emplois en 1981 sont passés à 591 usines et 99,000 emplois en 1990, et ce, grâce aux mesures incitatives favorisant les investissements et la création d'emplois. Cette situation de plein emploi jusqu'à la nécessité du recrutement, -sous contrôle- de la main d'oeuvre étrangère, serait, sans doute, propice à un climat de triomphalisme et d'euphorie, n'étaient certains rappels très opportuns à la prudence et au réalisme. -«Ce qui nous menace, c'est le revers de la médaille du développement», s'écrie le grand économiste Pierre Dinan qui ajoute, par ailleurs: «Evitons le nombrilisme qui consiste à croire que tout va bien parce que nous manquons d'ouverture 20