Le Niger du Président Diori 1960 - 1974

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Publié le : mardi 1 janvier 1991
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EAN13 : 9782296233508
Nombre de pages : 440
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Le Niger du Président Diori

LE NIGER À L'HARMATTAN

AGHALI ZAKARA M.- & DROUIN J.: Traditions Touareg nigériennes, préface de J. Galand, 112p. CLAUX M.: «Ton Blanc arrive avec le courrier», 172p. DUCROZ & CHARLES M.C.: Lexique Songhay-français Parler Kaado du Gorouol, 288p. DUCROZ & CHARLES M.C.: L' homme Songhai tel qu'il se dit chez les Kaado du Niger, préface de G. Manessy, 244p. MULLER J.-c.: Du bon usage du sexe et du mariage-Structures matrimoniales du Haut Plateau nigérien, 285p. ROTHIOT J.-P.: L'ascension d'un chef africain au début de la colonisation-Aouta le conquérant (Coll. Racines du Présent), 31Op. VIDAL L.: Rituels de possession dans le Sahel. Préface de Jean Rouch (Collection Connaissance des Hommes), 303p.

FRANÇOIS MARTIN

LE NIGER DU PRÉSIDENT DIORI
Chronologie 1960-1974

Editions L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris

Le choix des clichés du cahier-photos hors-texte n'a dépendu que de leur qualité, c'est pourquoi tous les personnages publics du régime du président Diori ne sont pas présents. Les photographies sont extraites de l'hebdomadaire «Le Niger», la date indiquée est celle de leur publication.

@L'Harmattan, 1991 ISBN: 2-7384-0952-0

INTRODUCTION

Cet ouvrage n'est pas une histoire du Niger au temps du président Diori, c'est la présentation de documents pour servir à l'écriture de I'histoire du Niger contemporain. La plupart des ouvrages et des travaux historiques s'achèvent au plus tard sur le mot «indépendance» ou peu s'en faut(l). Cet événement est certes une date importante, aboutissement de nombreuses luttes et de multiples souffrances, mais elle ouvre aussi une ère nouvelle qui intéresse le peuple nigérien et les historiens. Ces années 1960 sont proches de nous et pourtant leur connaissance est menacée. Les Etats à parti unique n'aiment guère l'histoire, leurs archives ne sont pas - ou mal- collectées et difficilement consultables(2). Par exemple, quand ce travail a été entrepris, en 1987, la série complète de l'hebdomadaire «Le Niger» n'était pas disponible aux archives nationales à Niamey(3). Qu'en est-il des documents non imprimés, non diffusés à des centaines d'exemplaires comme ce journal? Quelle est la situation des archives des départements, des villes, des administrations, des différentes assemblées, conseils...? Les documents proposés ici résultent d'un dépouillement systématique de l'hebdomadaire «Le Niger, hebdomadaire d'information» de la fin de l'année 1961 quand il cesse d'être explicitement l'organe du Parti Progressiste Nigérien à 1974 au moment où le titre disparaît avec le régime politique issu de l'indépendance. Cet hebdomadaire reprend l'essentiel de l'information de la semaine et sa consultation (plus de 600 numéros au cours de cette période) permet une approche plus commode, plus synthétique, des événements intervenus au Niger que la lecture du quotidien «Le Temps du Niger»(4). La presse contrôlée par un régime politique à parti unique peut-elle servir de base à un travail historique? La réponse est multiple. La première réponse, négative, est étayée par les nombreux exemples de pays totalitaires dont une des tâches prioritaires est de modifier, de truquer la réalité pour se justifier(S). La seconde réponse est plus pragmatique, plus nuancée, illustrée par les documents ici proposés. Même si la langue de bois perce parfois, les informations précises, nombreuses et surtout vérifiables abondent après une lecture d'ensemble de ces documents écrits. Nous disons lecture d'ensemble parce que le gouvernement 5

contrôlant l'infonnation ilIa diffuse à quelques occasions au moment choisi, c'est-à-dire avec un certain retard. Il faut, par exemple, attendre le mois de juin 1965 pour avoir des précisions sur les modalités de l'action des «commandos» du Sawaba en octobre 1964 à l'occasion de la publication de l'intervention du ministre des Affaires étrangères Adamou Mayaki devant l'assemblée de l'OUA réunie à Lagos pour condamner le Ghana. Cet article de plus de quatre pages contient une carte, une liste des armes saisies, des noms de participants, une lettre de Djibo Bakary... Il est évident que ni Djibo Bakary ni l'opposition n'ont le droit de s'exprimer dans les colonnes du journal et pourtant quelques articles très violents dirigés contre la presse étrangère soulignent que certains dignitaires du régime, Boubou Hama notamment, jugent l'infonnation encore trop libre et trop pluraliste, nuisant à l'image souhaitée du pays. En février 1971, 166 prisonniers politiques bénéficient d'une libération ou d'une remise de peine: tous les noms sont publiés. Ce chiffre considérable (surtout si on le rapporte à la population adulte du Niger), minimum (certains prisonniers politiques sont peut-être exclus des mesures de clémence) souligne la répression terrible de l'opposition politique, mais existe-t-il beaucoup de gouvernements prenant dans des circonstances comparables l'initiative de telles mesures? Les infonnations recueillies lors de la lecture de cet hebdomadaire méritent donc la plus grande attention tant par le nombre des faits rapportés que par les noms des protagonistes, partisans ou opposants, cités (plus de 500 noms nigériens figurent à l'index). Sources écrites elles ont conservé des discours, des jugements dont on peut attester l'existence, retracer l'évolution. Le choix des faits ou des documents repris dans la chronologie ne s'est pas limité à la vie politique conçue au sens strict mais embrasse les domaines les plus larges de la vie du pays: l'économie, la diplomatie, la culture (on ne saurait oublier le cinéma nigérien de cette époque), le sport (une médaille de bronze aux jeux olympiques de 1972, en boxe) ou ce qu'on appelle les faits divers qui souvent enregistrent l'évolution d'un mode de vie ou de la mentalité (les «Johnny»). La presse non nigérienne a également été consultée, permettant de retrouver, de compléter ou de préciser certaines informations. Sa lecture montre aussi, par la variation du nombre des articles, à quels moments le Niger a suscité le plus grand intérêt au sein de la communauté internationale. Mais tous ces documents doivent être critiqués et recoupés selon les règles de la critique historique, la publication de telle ou telle infonnation n'étant pas 6

toujours innocente. La différence est souvent ténue entre l'information et ce qu'on appelle maintenant la désinformation, c'est-àdire la manipulation(6). En somme, c'est la vie du pays qui se dessine à grandes lignes. Parler d'histoire totale serait abusif, la période chronologique est trop courte et la documentation largement insuffisante, mais ces documents joints à beaucoup d'autres devraient en donner l'envie. Les autres sources sont en effet nombreuses. En mai 1963 «Le Niger» annonce l'installation solennelle des conseils de circonscription «dont le rôle a été défini par le Président de la République dans un bulletin spécial diffusé sur les antennes de RadioNiger». Les archives de la radio et de la télévision doivent être consultées en comparant l'impact différent au sein d'une population largement analphabète de la presse écrite et de la presse parlée. Les auditeurs sont beaucoup plus nombreux, n'occupent pas les mêmes fonctions que les lecteurs de I'hebdomadaire tiré à 1500 exemplaires au début de 1966. L'impact immédiat (oubliés les délais d'impression ou de diffusion!), national (?) de RadioNiger, relayée par les Radio-clubs est certainement considérable. Les bandes magnétiques existent-elles? La télévision a parfois suivi le président Diori ou des officiels lors de leurs prestations publiques dans la capitale ou en province. Que reste-t-il de ces images? En 1967, J.P. Ruttimann, journaliste à «Afrique nouvelle», a pu consulter les documents saisis concernant les activités du Sawaba ou les déclarations signées par le capitaine Diallo. Ces documents doivent être consultés. Un véritable travail d'historien ne saurait ignorer les archives de l'Etat, de la police, des différents ministères ou des administrations compte tenu des délais légaux de publication des papiers officiels. Il en va de même pour les archives des entreprises, des commerçants, des personnes privées... «Le Niger» et «Le Temps du Niger» ne sont pas non plus les seuls journaux nigériens de cette époque(7). En attendant, la collecte des souvenirs (Djibo Bakary est le seul survivant des principaux protagonistes) doit être entreprise sans privilégier les notables ni la capitale par rapport aux paysans ou aux confins du pays, sans privilégier les détenteurs du pouvoir face à leurs critiques ou leurs opposants. Les contemporains du «Niger du président Diori» restent très nombreux et la mémoire, ici comme ailleurs, doit être une source abondante d'information, seule capable de faire ressurgir des débats, des discussions, des sentiments qui, oraux pour l'essentiel, ne laissèrent aucune trace enregistrée. 7

Les pages incomplètes qui suivent vont ranimer des souvenirs, susciter des discussions, des réactions, provoquer peut-être des surprises mais surtout, c'est leur seule ambition, inciter à mieux connaître ce passé récent. Le premier numéro de I'hebdomadaire «Le Niger» paraît le 13 avril 1953, c'est l'organe de presse du Parti Progressiste Nigérien, section nigérienne du Rassemblement Démocratique Africain. Un mois avant, quittant l'UNIS (Union Indépendante des Nigériens et Sympathisants puis Union Nationale des Indépendants et des Sympathisants), Georges Condat fonde l'UPN (Union Progressiste Nigérienne). Un an après l'UDN (Union Démocratique Nigérienne) nouvellement créée tente de se faire reconnaître comme la section nigérienne du RDA. La vie politique est animée par Djibo Bakary, Georges Condat, Hamani Diori, Issoufou Djermakoye, Boubou Hama, Zodi Ikhia... Cet hebdomadaire présente les positions du PPN dans un contexte de pluralisme des partis politiques, de la presse et de l'opinion, sous la tutelle française. En 1957 Djibo Bakary est vice-président du conseil du gouvernement et maire de Niamey, c'est l'«homme fort» du Niger. Diori Hamani est vice-président de l'Assemblée nationale française. Les conditions de développement de cette vie politique pluraliste après la Seconde Guerre mondiale et la façon dont Djibo Bakary a été évincé au profit de Diori Hamani et du PPN lors du processus qui aboutit à l'indépendance sont certainement deux des principaux points de I'histoire du Niger contemporain. Mais notre propos commence juste après. L'indépendance signifie, du point de vue politique, la mise en place d'un système à parti unique, le PPN, et le contrôle de l'information. «Le Niger» cesse d'être l'organe du PPN pour devenir «hebdomadaire d'information» en en conservant le titre et la périodicité à la fin de l'année 1961. La presse d'information se réduit jusqu'en avril 1974 principalement à deux titres: «Le Temps du Niger», quotidien, et «Le Niger»(8). 27 novembre 1961, premier numéro: Boubou Hama est directeur politique, Ibrahim Issa, directeur de la publication et Idé Oumarou rédacteur en chef. Le premier, président de l'Assemblée nationale et président du PPN, publie fréquemment des articles parfois très longs (sur plusieurs pages, voire plusieurs numéros) intervenant dans tous les domaines. Inamovible, il reste à ce poste jusqu'en avril 1974. Le 8

deuxième est présenté comme étant directeur de l'information et de la presse dès le numéro 3. De novembre 1962 à la mi-janvier 1963 Amadou Beidar est rédacteur en chef adjoint. En juillet 1963 le nom d'Ibrahim Issa disparaît, restent les noms de Boubou Hama et de Idé Oumarou (ce dernier est le directeur de l'information et de la presse au moins à partir du début de 1965). En juillet 1973, l'équipe est remaniée une dernière fois: Sahidou Alou, chef du service de presse écrite et filmée, devient directeur de publication et rédacteur en chef, Diado Amadou est nommé rédacteur en chef-adjoint. Cette énumération suffit à montrer l'étroit contrôle établi par les instances dirigeantes sur l'information. La silhouette de l' éléphant, emblème du PPN, qui domine la première page exprime bien la réalité: «Le Niger» malgré sa nouvelle dénomination est bien un organe de presse officiel représentant le parti et le gouvernement. L'en-tête reprend également la devise de l'Etat nigérien: Fratemité- Travail-Progrès. La numérotation des parutions subit de tels aléas qu'aucune année ne comprend 52 numéros(9). Respectant sa périodicité hebdomadaire, le lundi, le journal ne paraît pas les jours fériés, le 1er janvier 1962 par exemple. Des numéros doubles sont mis en vente avec la pagination d'un numéro simple: N°41-42 datés des 8-15 octobre 1962 ou bien N°43-44 des 22-29 octobre 1962. Parfois le journal porte le même numéro deux semaines consécutives: N°14 du 4 mars 1963 et N°14 du 11 mars 1963, N°38 du 31 août 1964 et N°38 du 7 septembre 1964, N°35 du 18 septembre 1972 et N°35 du 25 septembre 1972, N°36 du 2 octobre 1972 et N°36 du 9 octobre 1972.(10) Par contre il existe des numéros spéciaux lors des grandes occasions, anniversaires du 18 décembre 1958 ou du 3 août 1960. Ces parutions n'étant pas numérotées ni systématiques (il n'y a pas un numéro spécial le 18 décembre de chaque année) il n'est pas possible de savoir, dans le cas où elles ne figuraient pas dans les archives au moment de leur consultation, si elles ont réellement existé(ll). Du mois de mars au mois de juin 1987 tous les exemplaires alors consultables aux archives nationales à Niamey ont été dépouillés. Cette lecture a été complétée par la collection conservée à la bibliothèque nationale à Paris. Au total entre 20 et 30 numéros ont échappé à cette investigation(12). 9

Les événements et les documents retenus sont présentés dans l'ordre chronologique de leur déroulement et non à la date de diffusion; le plus souvent ces deux dates correspondent mais il peut y avoir des écarts. Chaque information reprise est suivie d'une référence. S'il s'agit de l'hebdomadaire «Le Niger» sont indiqués le numéro et l'année: par exemple (8/64) renvoit au numéro 8 de l'année 1964. Si cette simple indication peut prêter à confusion, la référence indique également ou seulement la date de parution. S'il s'agit d'une autre publication, sont indiqués le titre du périodique et la date. Les documents présentés sont complétés d'un bref rappel chronologique des principaux événements de la période 1946-1960, d'une carte, de quelques photographies tirées de l 'hebdomadaire et d'une bibliographie. Plusieurs index (des journalistes, des journaux, des lieux, des noms de personnes et des thèmes), placés dans la première partie permettent une consultation sélective des documents. Fruit d'un réel attachement pour le Niger, né d'un séjour de quatre ans à Niamey, ce travail est dédié aux courageuses populations nigériennes qui affrontent quotidiennement de conditions matérielles de vie difficilement supportables.

NOTES (1) Néanmoins certains travaux concernant principalement des époques antérieures abordent parfois les années 1960. Deux exemples: André Salifou en soulignant la prudence avec laquelle il faut aborder ces événements récents avance une hypothèse à propos des incidents qui opposèrent le Niger et le Dahomey au sujet de l'île de Letté en 1963. (Cf: SALIFOU A: Colonisation et sociétés indigènes au Niger de la fin du XIXème siècle au début de la seconde guerre mondiale. 2 tomes. 1545 p. Thèse de doctorat d'état. Université de Toulouse-Le-Mirail. 1977. Dactylographié. Tome 1 p. 491 note 71) Oumarou Kallam, sur un autre sujet, avance cette idée: pour toute la population soumise ou menacée d'être soumise au travail forcé (c'est-à-dire une grande part), la loi d'abolition de 1946 revêt plus d'importance que l'indépendance politique du Niger prononcée en 1960. (Cf: KALLAM 0: La main d'œuvre «indigène» et la législation du travail dans la colonie du Niger: 1925-1946. 158 p. Mémoire de maîtrise. Université de Niamey. Année 1986-1987. Dactylographié. p. 134) 10

Des informations peuvent également être glanées dans des ouvrages très divers: PERRAULT G: Un homme à part. Qui était Henri Curiel? 2 tomes. 384 et 382 p. Le Livre de poche. Paris. 1985. Henri Curiel était à la tête d'un réseau, nommé «Solidarité», d'aide aux mouvements luttant pour l'indépendance de leur pays dans les années 1960 et 1970. Il a été assassiné à Paris en 1978. Le Sawaba s'est adressé au réseau Solidarité pour demander un stage de formation pour un opérateur radio. La date de cette demande n'est pas précisée, sans doute vers 1962, ni si elle a été satisfaite. (Cf: p. 110, tome 2). (2) Certains documents auraient même été volontairement détruits, c'est le cas du journal «Le Démocrate», Boubou Hama, président de l'Assemblée nationale, ayant été le principal artisan de cette destruction. Cf: PENEL J.D., MAILELE A.: Rencontre, littérature nigérienne. Vol. 1,256 p. Editions du Ténéré. Niamey 1990. page 76. (3) Le personnel des archives nationales à Niamey qui tout au long de ces recherches a fait preuve de la plus agréable gentillesse et d'un grand dévouement n'est bien sûr pas en cause. En 1990 les exemplaires existants sont reliés en gros volumes cartonnés et consultables «en usueI». (4) La lecture de ce quotidien n'a cependant pas été négligée lors de moments importants. En outre l'information publiée dans le quotidien n'est pas toujours reprise dans l'hebdomadaire; c'est le cas notamment des différents communiqués lus à la presse en décembre 1963 pour clore, du point de vue officiel, l' «affaire Diallo». (5) Voir, entre autres: JAUBERT A: Le commissariat aux archives, les photos qui falsifient l' histoire. 190 p. Editions B. Barrault. Paris. 1986. (6) Jacques Baulin indique clairement la volonté de pression sur certains groupes par la publication d'un article dans «Le Monde» (cf: BAULIN J: Conseiller du Président Diori. 191 p. Editions Eurafor-Press. 1986. Pages 107 et 108). De même des journalistes étrangers sont invités, au Niger comme ailleurs, à visiter le pays pour diffuser l'image la plus positive possible du pays. Et si le résultat ne répond pas à l'espoir placé en eux, les protestations sont vigoureuses. 11

(7) Consulter la presse d'opposition, dans la mesure où elle existe encore, ou par exemple: «Labari» (organe mensuel d'information du Niger); «Niger» (revue trimestrielle, à partir d'octobre 1967), «Bulletin d'information politique» (édité par le service de l'information et de la presse de la République du Niger), «Le Niger en marche» (publication annuelle lors de la commémoration de la proclamation de l'indépendance), «Bulletin des principaux arrêts de la Cour suprême» (annuel), Bulletins de la Chambre de commerce,... (8) Le 12 mai 1960, la publication «Bulletin Quotidien» est remplacée par «Le Temps du Niger» qui paraît sur 12 pages (6 feuilles ronéotées), la feuille de couverture est imprimée à Paris tandis que la date et le numéro sont ajoutés chaque jour. Il était en vente à Ilh 15 au bureau de tabac immeuble Rivoli, d'après la publicité! La première parution du nouvel hebdomadaire est datée du 27 novembre 1961, sans numérotation, sur 6 pages. (9) A partir de 1968 la numérotation commence avec l'année civile: le numéro 1 de la deuxième année parut le 26 novembre 1962, mais le numéro 1 de la septième année fut daté du 2 janvier 1968. (10) Dans ce cas, dans la chronologie, le deuxième exemplaire portant le même numéro est indiqué «bis»: (36n2) et (36 bis/ 72) par exemple. C'est en août et septembre 1971 que la numérotation est la plus confuse: deux numéros 35 sont datés des 30 août et 6 septembre, il n'y a pas de numéro 40 et la suite normale est reprise avec le 41 daté du 11 octobre. A Niamey, la numérotation des exemplaires consultés avait été rectifiée au stylographe. Face à une telle confusion, la chronologie indique parfois, en référence des documents, la date de parution et non le numéro. D'autre parutions ont pu être supprimées pour des raisons exceptionnelles: le 17 janvier 1972 est publié l'avis suivant: «En raison d'un spécial «Le Temps du Niger» édité sur l'arrivée du président Pompidou, «Le Niger» ne paraîtra pas lundi prochain. Les abonnés du «Niger» recevront le quotidien.» (3n2) (11) Par exemple la liste des premiers numéros s'établit de la façon suivante: sans numéro. 27 novembre 1961 N°2 4 décembre 1961 12

N°3 N°4 N°5 N°6

11 décembre 1961 18 décembre 1961 25 décembre 1961 8 janvier 1962 15 janvier 1962

numéro spécial, non numéroté. etc.

(I2) Voici la liste des numéros non consultés: Le signe «?» indique, compte tenu de ce qui a été expliqué, qu'il n'est pas certain que la parution ait existé: 1962 6 du 15 janvier 14 du 12 mars 27 du 25 juin 28 du 2 juillet 30 du 23 juillet 31 du 30 juillet 35 du 27 août 36 du 3 septembre 1963 2 du 9 décembre Numéros des 16 et 23 décembre? Numéro spécial du 18 décembre? 1964 11 du 24 février 42 du 5 octobre Numéros des 14 et 21 décembre? 1965 34 du 2 août 35 du 9 août 36 du 16 août (manquent les pages 5 et 6) 1966 46 du 7 novembre 51 du 12 décembre? 52 du 19 décembre? 53 du 26 décembre? Numéro spécial du 18 décembre? 1967 40 1968 Complet 13

1969 19 du 28 avril 1970 23 du 18 mai Numéros des 7, 14 et 21 décembre? 1971 36 du 13 septembre. L'article «Les vieux face à la jeunesse» a été coupé à Niamey. 1972 18 du 5 mai 1973 Numéros des 2 et 9 juillet? 1974 Complet jusqu'en avril.

14

PARTIE I LA RÉPUBLIQUE DU NIGER

CHRONOLOGIE

1946/1960

(Les dates indiquées à propos des partis politiques, associations et syndicats sont celles de leur enregistrement au ministère de l'Intérieur).

1946
AVRIL 11 Abolition du travail forcé (loi Houphouët-Boigny). 16 Décret sur la liberté d'association. 2S Liberté de réunion (loi du 30 juin 1881, JOAF: 25/04/46) MAI 12 Fondation du P.P.N. (Parti Progressiste Nigérien) autorisé par arrêté n0701 du 17/06/46. JUIN 1 Loi Lamine Gueye sur la citoyenneté. OCTOBRE 19-21 Cinq délégués participent, à Bamako, au congrès constitutif du R.D.A. (Rassemblement Démocratique Africain). NOVEMBRE 10 Diori Hamani est le premier député nigérien à l'Assemblée nationale française.

17

1947 SEPTEMBRE 25 Le P.P.N. devient la section nigérienne du R.D.A., apparenté au P.c.F. (Parti Communiste Français).

OCTOBRE La liberté du travail est reconnue dans les territoires d'outremer. 1948
JUIN 4 Enregistrement de l'U.NJ.S. (Union Indépendante des Nigériens et Sympathisants, puis Union Nationale des Indépendants et des Sympathisants) avec Georges Mahamane Condat, Zodi Ikhia, Issoufou Djermakoye.

1949
JANVIER 8 Enregistrement de l' «Association des chefs de canton du Niger» . Reconnaissance des libertés syndicales.

1951
JUIN 17 Djibo Bakary et Diori Hamani candidats du P.P.N. aux élections législatives sont battus de justesse à cause des fraudes électorales. Election de Zodi Ikhia et Georges Condat.
?

Début de la collaboration P.P.N./U.D.S.R. (Union Démocratique et Socialiste de la Résistance). JUILLET Djibo Bakary, secrétaire général du P.P.N., s'oppose à la nouvelle ligne du R.D.A. et au désapparentement avec le P.C.F. 18

?

Mis en minorité au sein du P.P.N., Djibo Bakary se lance dans l'activité syndicale.
?

Djibo Bakary devient l'un des secrétaires de la C.G.T. d'Afrique, il est coopté pour faire partie du Conseil économique français. 1952
?

.

Le code social s'applique à l'outre-mer.

AVRIL 28 Début de «Talaka, organe des syndicats confédérés du Niger» dirigé par Djibo Bakary, puis par Hima Dembele à partir de juin 1957. MARS 30 Elections territoriales,l'U.N.I.S. 1953 MARS 24 Emegistrement de l'U.P.N. (Union Progressiste Nigérienne) par Georges Condat et Issoufou Djermakoye qui quittent l'U.N.LS. AVRIL 13 Premier numéro de l'hebdomadaire P.P.N., section nigérienne du R.D.A.».

bat le P.P.N.

«Le Niger, organe du

DECEMBRE 3 Emegistrement du comité de rapprochement entre le P.P.N. et l'U.P.N.

19

1954
AVRIL 16 Enregistrement de l'U.D.N. (Union Démocratique Nigérienne) par Djibo Bakary qui tente de se faire reconnaître comme section du R.D.A. et utilise ce sigle. MAI 26 Enregistrement de l' «Union de la Jeunesse Nigérienne», secrétaire général: Hima Dembele. JUIN 19 Début du journal «Le Démocrate, organe bi-mensuel de l'Union Démocratique Nigérienne»; directeur politique: Djibo Bakary. OCTOBRE 28 Enregistrement de la «Jeunesse de l'Union Progressiste». Président d 'honneur: Georges Condat.

1955
MARS Fondation du B.N.A. (Bloc Nigérien d'Action) avec Georges Condat et Issoufou Djermakoye. MAI 13 Début de «Niger information, journal d'information du Niger», hebdomadaire publié par le gouvernement (ce journal succède aux «Cahiers Nigériens» qui paraissaient depuis février). Premier semestre: campagne du P.P.N. contre l'U.D.N. qui utilise le sigle R.D.A. JUILLET 8 au 11 Comité de coordination du R.D.A. à Conakry qui refuse à l'U.D.N.le droit de poner le sigle R.D.A. 20

OCTOBRE
18 Enregistrement du «Syndicat des Bâtiments et Travaux publics». Président: Doudou Dial.

1955/1956
Djibo Bakary prend contact avec le Parti radical qui rejette sa candidature.

1956
JANVIER 2 Elections législatives, sont élus Georges Condat (B.N.A.) et Hamani Diori (P.P.N.). MARS 22 Enregistrement de la section de Niamey du Bloc National d'Action (B.N.A.). JUIN 23 Loi-cadre. COURANT 1956 Djibo Bakary est sous le coup d'inculpations pour des événements anciens auxquelles l'administration coloniale n'a pas donné suite. Courant 1956, la justice française fixe la date du procès. Jean Ramadier, gouverneur, propose à Djibo Bakary de rallier la S.F.I.O. pour créer une filiale africaine, sinon «la justice suivra son cours». JUILLET 7 Article dans «Le Démocrate» où Djibo Bakary reconnaît la justesse des positions d'Houphouët-Boigny en 1951: les partis politiques africains doivent être unis pour éviter une division de l'Afrique.

OCTOBRE
Début du journal: «Sawaba, organe hebdomadaire de la section nigérienne du M.S.A.». 21

NOVEMBRE 18 Elections municipales: alliance U.D.N./B.N.A. U.D.N. : 10 conseillers, B.N.A. : 4 conseillers, P.P.N. : 13 conseillers, Djibo Bakary est élu maire de Niamey avec les voix des deux premiers partis. 30 Enregistrement du SAWABA par la fusion de l'U.D.N. de Djibo Bakary et du RN.A. de Georges Condat. Le SAWABA deviendra la section nigérienne du M.S.A. (Mouvement Socialiste Africain) et publie un journal «Azalai, organe de la section nigérienne du M.S.A.». Directeur politique: Adamou Mayaki, directeur de la publication: Gandah Djibo. (En fait, statutairement ce titre est l'organe du P.P.N. qui ne l'a jamais publié et Djibo Bakary le reprend après la création du Sawaba)
?

Il existe un «Syndicat des enseignants africains du Niger» qui édite un bulletin. Maï Maï Gana en est le directeur.
?

.

Publication de «L'observateur nigérien, hebdomadaire mation et d'activités sociales», directeur: Thiam.

d'infor-

1957

JANVIER A Conakry est constitué le M.S.A. (Mouvement Socialiste Africain), lié à la S.F.I.O. Djibo Bakary est secrétaire général adjoint. A Dakar est créée la C.Af. (Convention Africaine) regroupant la plupart des anciens «Indépendants d'outre-mer». 29 janvier au 2 février Discussion à l'Assemblée nationale française de l'organisation administrative dans le contexte de la loi-cadre. On prévoit la formation de gouvernements et de parlements locaux, la France conservant le diplomatie, l'armée, la sécurité, l'enseignement supérieur et la coordination économique. FEVRIER 2 Enregistrement de la «Jeunesse Nigérienne du R.D.A.». 22

MARS 6 L'U.N.I.S. devient la section nigérienne de la C.Af. sous un nouveau nom: ED.N. (Forces Démocratiques Nigériennes) qui publie le journal «L'Unité, organe d'information hebdomadaire du ED.N.». Directeur: Alkeidi Toure. 31 Elections territoriales (premières élections au suffrage universel): défaite du P.P.N. face au M.S.A. M.S.A.: 41 sièges, P.P.N.-R.D.A.: 19 sièges. Djibo Bakary devient vice-président du conseil du gouvernement. Au cours de cette campagne, les partis opposés au RD.A. parlent d'indépendance. Pour le RD.A. cette question n'a pas de sens: qu'est-ce que l'indépendance politique sans l'indépendance économique, qu'est-ce que l'indépendance à l'époque de l'interdépendance des nations? En Côte d'Ivoire, Soudan, Haute-Volta et Guinée: victoire du R.D.A. AVRIL 1 Début du «Bulletin d'information main d'œuvre». Bimensuel.

de l'office territorial de

JUIN 24 Diori Hamani devient vice-président de l'Assemblée nationale française. SEPTEMBRE 25 au 30 Troisième congrès interterritorial du R.D.A. Deux questions dominent les débats: - Quelle forme doit prendre la communauté franco-africaine? - Faut-il instituer un exécutif fédéral?

OCTOBRE
17 Fily Dabo Sissoko adresse une lettre à Félix Houphouët-Boigny proposant, au nom des partis africains non RD.A., une réunion générale pour essayer de réaliser le regroupement de tous les partis intéressés. 23

NOVEMBRE ou DECEMBRE Enregistrement de l' «Assemblée générale constitutive de la Coopérative des Transporteurs du Niger à Niamey». Président: Kaka Koussou. Enregistrement de l' «Association des Acheteurs d'Arachides».
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Premier numéro du journal: «Le Travailleur nigérien, organe officiel de l'Union territoriale des syndicats du Niger. UGTAN». Rédacteur: Badou Traoré. 1958 FEVRIER 15 Ouverture de la conférence de «regroupement» suscitée le 17 octobre 1957, présidée par Hamani Diori: échec. MARS 26 Constitution d'une union restreinte à la suite de la réunion du 15 février à Dakar: M.S.A. et C.Af. fusionnent pour former le P.R.A. (Parti de Regroupement Africain). La section nigérienne du M.S.A. devient section du P.R.A. JUILLET 25 au 27 Congrès constitutif du P.R.A. «Indépendance immédiate» devient le mot d'ordre. Djibo Bakary est élu secrétaire général du P.R.A. Les principaux dirigeants du P.R.A. sont: Mamadou Dia (Sénégal) Aubame (Gabon) Hammadoum Dicko (Soudan) Goumba (Centrafrique) Sylvanus Olympio (Togo) Senghor (Sénégal) Djibo Bakary (Niger) AOUT 18 Article de Djibo Bakary dans le «Sawaba»: «Pour nous, d'Afrique noire, il ne saurait plus être question d'accepter autre chose que l'indépendance. Nous ne fermons pas pour autant la porte aux négociations qui pourraient nous conduire à des liens 24

.

confédéraux avec la France, de la même façon que le Ghana reste au sein du Commonwealth.» 26 A Dakar, rencontre entre Djibo Bakary (et ses compagnons) le général de Gaulle, G. Condat (député U.D.S.R.) et Maurice Camara. 28 A Niamey, Djibo Bakary déclare au gouverneur: «De Gaulle a été très compréhensif. Il n'est pas contre l'indépendance. Je crois qu'il nous a compris. Dans ces conditions, il n'est pas impossible que nous nous décidions à faire voter OUI. Je tenais, Monsieur le Gouverneur, à vous en avertir.» 29 Ouverture du congrès Sawaba. L'objectif est l'indépendance, le vote dépendra de la procédure pour atteindre ce stade: NON signifie indépendance immédiate; OUI que le projet constitutionnel offre des possibilités de fédérations primaires. SEPTEMBRE Premiers jours Publication du texte définitif du projet constitutionnel, à Paris. Le texte intégral ne parvient à Niamey que tardivement, mais on sait très vite que la thèse des exécutifs fédéraux n'a pu être retenue. 7 Un numéro du quotidien «Le Monde» reçu par avion contient un commentaire du projet de constitution. 14 Réunion du comité directeur du R.D.A. à Niamey, chaque section doit se prononcer pour le vote lors du référendum du 28 septembre. Devant l'impossibilité d'une décision unanime, pour préserver l'unité du parti, le comité laisse la liberté de vote à chaque section. Le SAWABA propose le NON. Au cours de cette réunion la Guinée annonce qu'elle votera NON. Diallo Abdoulaye (ministre soudanais du travail) est également pour le NON. Sont présents: L.S. Senghor, L. Gueye, Hamadou Dicko (Soudan), Emile Zinsou (Dahomey).
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Djibo Bakary disparaît de Niamey; on apprendra plus tard qu'il est parti au Ghana rencontrer NKrumah. 25

15 Djibo Bakary déclare: «Sitôt notre indépendance acquise, nous entrerons en contact avec la France pour demeurer dans l'ensemble français, au sein d'une «Association des peuples libres», à condition que notre indépendance soit respectée.» 19 Devant l'utilisation que font les militants du Sawaba des véhicules administratifs et des crédits des ministères, le gouverneur promulgue un arrêté retirant à certains membres du gouvernement, dont le président, certaines de leurs attributions dans l' administration territoriale (utilisation des fonds publics, des véhicules administratifs et des révocations de fonctionnaires). En conséquence, le gouverneur fait confisquer tous les véhicules administratifs en tournée politique.
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- Les deux ministres français du gouvernement démissionnent: Robert Fremine et Pierre Vidal. - Hamani Seydou Djermakoye, président de l'Association des chefs du Niger appelle à voter OUI. - Un arrêté interdit toute réunion publique à Niamey la semaine précédant le vote.
28 Référendum. Le OUI l'emporte au Niger avec 78% des suffrages exprimés: abstentions: 62% votants: 493 953: OUI 372 383 NON 102 687 L'administration a fait voter OUI aux chefs traditionnels. OCTOBRE 19 Djibo Bakary démissionne pour que se constitue un gouvernement d'union. NOVEMBRE 6 Enregistrement du «Front Démocratique Nigérien» (ED.N.). Secrétaire général: Zodi Ikhia. 12 Enregistrement du «Parti Social Nigérien» (P.S.N.). Président: Audibert Roger. 26

14 Dissolution de l'Assemblée territoriale. DECEMBRE 14 Elections pour renouveler l'Assemblée territoriale: victoire de 1'«Union pour la communauté franco-africaine», alliance P.P.N.R.D.A./U.F.N. (parti des chefs traditionnels) qui remporte 49 sièges contre 11 au Sawaba. Le P.P.N. cesse d'être un parti d' opposition~ 18 Le Niger devient une République, adoptant le statut d'Etat membre de la communauté. Hamani Diori est chargé par l'Assemblée territoriale devenue Assemblée constituante, présidée par Boubou Hama, de former le nouveau gouvernement.

1959 JANVIER 22 Loi n059-16 accordant les pleins pouvoirs au gouvernement. 3 Décret N°59-003/MAEF, bloquant les prix de toutes les marchandises et services sur l'ensemble de la République du Niger à leur niveau du 26 décembre 1958. JORN du 14/02/59. FEVRIER 22 La municipalité de Niamey est dissoute, tout rassemblement à caractère politique dans la capitale est interdit. MARS 17 Enregistrement de l' «Union des Femmes (U.F.N.).Présidente: Madame Yacouba Djibo.

du

Niger»

AVRIL 1 Premier numéro de «L'Unité, organe hebdomadaire du parti Sawaba». Directeur: Hima Dembele. 27

30 L'élection des cinq députés du SAWABA de Tessaoua est invalidée. Il sont remplacés par des députés de la majorité.
MAI 29/30 Création à Abidjan, du Conseil de l'Entente.

JUIN 27 Election législative partielle à Zinder à la suite de l'invalidation du scrutin du 14 décembre: le SAWABA boycotte et Diori Hamani est élu. JUILLET 3 Djibo Bakary, absent de Niamey depuis février, est élu viceprésident du P.F.A. (Parti des Fédéralistes Africains). 4 Ordonnance N°59-101, conférant au président du Conseil des ministres le pouvoir de dissoudre par décret tout parti politique, syndicat ou association dont les activités troublent gravement l'ordre public et portent atteinte aux principes de la démocratie, de la Communauté et de la République. JORN
?

La section de l'U.G.T.A.N. (Union Générale des Travailleurs d'Afrique Noire, liée à la C.G.T. française) est dissoute. 15 Installation du sénat de la Communauté au Palais du Luxembourg. Gaston Monnerville est président, Boubou Hama viceprésident.
SEPTEMBRE
?

Djibo Bakary s'installe à Bamako où il peut utiliser la radio.

OCTOBRE 12 Décret N°59-174 portant dissolution du parti Sawaba. JORN
DECEMBRE 12 De Gaulle annonce, à Saint-Louis, l'accord de la France pour l'indépendance du Mali. 28

1960
AVRIL 10 Djibo Bakary lance un appel à la réconciliation et à l'union. 15/16 La décision du 12 décembre est jugée irréfléchie par les membres du Conseil de l'Entente. Houphouët-Boigny est chargé d'une mission auprès de De Gaulle pour étudier si le transfert des compétences doit être demandé par les Etats membres du Conseil de l'Entente. JUILLET 11 Transfert des compétences à l'Assemblée nationale du Niger. AOUT 3 Indépendance du Niger. 16 Enregistrement de l'«Union des Scolaires Nigériens» (U.S.N.). Président: Laya Dioulde. NOVEMBRE 8 Adoption par l'Assemblée nationale et promulgation par le président de Conseil des ministres de la loi constitutionnelle. Le préambule indique: «Le peuple nigérien proclame son attachement aux principes de la Démocratie et des Droits de l'Homme, tels qu'ils ont été définis par la Déclaration Universelle de 1948, et tels qu'ils sont garantis par la présente Constitution. «Il affirme sa volonté de coopérer dans la paix et l'amitié avec tous les peuples qui partagent son idéal de justice, de liberté, d'égalité, de fraternité et de solidarité humaine.» NOTE Les informations sont tirées des ouvrages cités en bibliographie, du JORN (Journal officiel de la République du Niger) et des précieux conseils de Monsieur Sadé, Directeur des archives nationales du Niger.

29

BIBLIOG RAPHIE

Atlas du Niger. Paris. Editions Jeune Afrique. 1980.64 p. BAULIN Jacques: Conseiller du Président Diori. Paris. Editions Eurafor-Press. 1986. 191 p. de BENOIST Joseph Roger: L'Afrique occidentale française' de 1944 à 1960. Dakar. Nouvelles Editions Africaines. 1982. 617 p. BHERTIER Thierry: Le régime politique de la République du Niger. 2 tomes. Thèse de doctorat. Université Paris I. L'exemplaire consulté aux archives nationales à Niamey ne comportait pas de date mais les plus récentes références de bibliographie sont de 1970. La bibliographie de cet ouvrage est très importante pour l'étude des années 1960 (le gouvernement et le PPN avaient leurs propres services d'édition qui ont publié des textes importants: discours, résolutions, bilans ). BONARDI Pierre: La République du Niger. Naissance d'un Etat. Paris APD. 1980. 82 p. CAMPENS: Mémento statistique de l'économie nigérienne. Ambassade de France Niamey. 1975. CAMPENS: Le Niger de A à Z. Ambassade de France. Niamey. 1975.
CHAFFARD Georges: Les carnets secrets de la colonisation. Paris. Calman-Lévy. 1965.310 p.

DECALO Samuel: Historical Dictionary of Niger. African Historical Dictionaries, N°20. Londres. The Scarecrow Press, Inc. Metuchen, N.J., & London. 1979.358 p. FLUCHARD Claude: «Le Niger», organe du PPNIRDA face aux autres partis africains et à la communauté franco-africaine». (19861) 22 p. Dactylographié. FLUCHARD Claude: «Djibo Bakary et le RDA: histoire d'une 30

rupture». Revue de l'Institut africain de recherches historiques et politiques. N°9. Décembre 1987. FUGLESTADT Finn: «Djibo Bakary, the French, and the referendum of 1958 in Niger». Journal of African History, XIV, 2 (1973), pp. 313-330. FUGLESTADT Finn: «UNIS and BNA: the rôle of «traditionalist» parties in Niger, 1948-60». Journal of African History, XVI, I (1975), pp. 113-135.
FUGLESTADT Finn: A History of Niger 1850-1960. Cambridge University Press. African Studies Series 41. 1983.275 p. KALLAM Oumarou: La main d' œuvre «indigène» et la législation du travail dans la colonie du Niger: 1925-1946. 158 p. Mémoire de maîtrise. Université de Niamey. Année 1986-1987. Dacty lographié.

LANCRENON François: La République du Niger. 55 p. Notes et études documentaires N°3994-3995. La Documentation Française. Paris 1973. MARTENS Georges: Trade Union and the political press in Niger. 95 p. Washington. 1984. Politique Africaine: «Le Niger, chronique d'un Etat». Politique Africaine, n038, juin 1990. Paris. Khartala. (avec, surtout, une interview de Djibo Bakary parlant des années 1940 et 1950).
RENAUDEAU Michel: Regards sur le Niger. Dakar-Paris. Société Africaine d'Edition. 1978. 126 p. Photographies de Michel Renaudeau et texte de Idé Oumarou. SALIFOU André: Colonisation et sociétés indigènes au Niger de la fin du XIXème siècle au début de la seconde guerre mondiale. 2 tomes. 1545 p. Thèse de doctorat d'état. Université de Toulouse-Le-Mirail. 1977. Dactylographié.

SALIFOU André: République du Niger. Monographie. Niamey. UNICEF. 1984.476 p. SALIFOU André: Histoire du Niger. Paris. Nathan. 1989. 320 p. Bibliographie. 31

SERE DE RIVIERE Edmond: Histoire du Niger. Paris. BergerLevraull. 1965.310 p. Préface de Hamani Diori.

TOURE ADJO: Madame Toure Adjo a soutenu en 1987 une thèse sur la place du Niger dans les relations internationales de 1960 à 1974 à l'université Paris I Sorbonne. Il faudrait ajouter certains numéros des «Etudes nigériennes» (cf: la bibliographie de SALIFOU André: Histoire du Niger, op. cil.) et les parutions périodiques: «L'année politique africaine», «Europe France Outre-mer»,... (Cf: index des journaux cités dans les documents p. 31).

32

PARTIE II

RAPPEL
Pour chaque élément relaté dans la chronologie, on a indiqué entre parenthèses le numéro de l'hebdomadaire «Le Niger» correspondant <?u,à défaut, la date de parution. Exemples: (5/63) renvoit au numéro 5 de l'année 1963; (27/11/61) renvoit à la publication non numérotée datée du 27/11/1961; (14bis/63) indique que deux livraisons consécutives ont porté le même numéro et renvoit à la seconde. Au cas où l'information rapportée provient d'une autre publication que «Le Niger», figurent entre parenthèses son titre et sa date de parution. Exemple: (<<LeTemps du Niger» n01769, 31/01n2).

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1961

JANVIER 2S Article d' «Afrique nouvelle» traitant des relations difficiles entre les Nigériens et la communauté dahoméenne: «Aperçus sur le problème dahoméen au Niger». «Dans le plus petit village du Niger, il ne peut manquer de se trouver un originaire du Bénin: Togolais, Yoruba, le tout englobé sous le nom de Dahoméen. En effet les Dahoméens semblent être les plus nombreux parmi les travailleurs de toutes branches venus ainsi au Niger». «Le Dahomey a fourni au Niger son premier chauffeur Paul Mensah; il lui a fourni aussi son premier instituteur africain. Les infirmiers seuls venaient de Haute-Volta. Les Dahoméens ont développé administrativement l'ancienne colonie du Niger. La scolarisation étant alors inexistante au Niger les gouverneurs sont allés naturellement puiser dans les "réserves" du sud, dans les écoles missionnaires du Dahomey, puis plus tard au Togo. Certains gouverneurs ont même été accusés d'aimer les Dahoméens plus que les Nigériens». «L'administration nigérienne compte donc un très grand nombre de cadres supérieurs dahoméens. Dans les services, il en est de même. D'ailleurs les concours du Niger se faisaient simultanément au Dahomey et en Haute-Volta, afin de pouvoir faire face à la pénurie de cadres administratifs et sociaux. Que cela soit dû à la trop petite scolarisation au Niger cela va de soi. Mais cela provient aussi du caractère très conciliant - trop peut-être - du Dahoméen, quand il est au Niger. La philosophie du jeune qui arrive un beau matin à Niamey par le car du Bénin est ceci: travailler d'abord pour vivre (peu importe à quoi), ensuite je chercherai mieux». «En effet, les surplus du Dahomey montent chaque semaine au Niger à la recherche du travail. Ils commencent comme apprenti maçon, comme commis auxiliaire, comme garde forestier, comme facteur. Mais bientôt ils apprennent la langue du pays: Haoussa ou Djerma. Dans les concours administratifs, il faut maintenant pouvoir passer l'oral de ces langues. Reçus au concours, les Dahoméens sont toujours très sages et bien notés. Ils ne se mêlent pas beaucoup aux revendications. Les Nigériens les accusent seulement d'être envahissants, parce qu'ils mettent leurs frères un peu partout où ils le peuvent. 35

D'ailleurs les Dahoméens épousent très facilement des femmes du Niger, et certains sont là depuis des dizaines d'années et parlent mieux le Djerma ou le Haoussa que le Fon natal. Quelquesuns se convenissent à l'islam, mais c'est plutôt rare. Mais si les Dahoméens s'aiment entre "frères", cette notion de fraternité est souvent limitée à la tribu. Car vous avez ceux de Savalou qui ne supportent pas ceux de Bohicon; ceux de PortoNovo sont à part de ceux de Cotonou. Ceux du Nord-Dahomey sont les plus malheureux, car ils ne sont acceptés ni par les émigrants du sud, ni par les Nigériens. Ces rivalités se manifestent lors de fêtes, lors des matchs de football, lors des concours. On accuse beaucoup les Dahoméens de faire des gris-gris comme de vulgaires féticheurs. Qu'en est-il exactement? C'est difficile à savoir. On sait seulement que des Dahoméens ont plusieurs fois été condamnés pour violation de sépulture. On a même été jusqu'à raconter dans Niamey en 1952/1953 que les côtes d'une femme avaient été retirées de la tombe. Ce serait un garde cercle qui aurait surpris les coupables. A quelque temps de là, à la poste, un Dahoméen recevait des os de chez lui. On a affirmé qu'il s'agissait d'os de pigeon. Quelle est la vérité? Tout cela a servi à faire aux Dahoméens une réputation assez peu honnête. En généralisant, on ne peut que tomber dans l'erreur, car nombre de Dahoméens n'ont aucune idée perverse derrière la tête. Les manifestations anti-dahoméennes ne datént pas d'aujourd 'hui au Niger. Tout le monde sait que la police est souvent obligée de protéger les joueurs de football dahoméens quand ils gagnent, et ils gagnent souvent. Le cri de guerre du Nigérien est "Gari-rogo". C'est à dire mangeur de Gari. (Il est vrai que le Gari a sauvé le Niger de la mort durant l'hivernage de 1954). Plusieurs fois, même du temps des gouverneurs, la police a dû arrêter des jeunes gens qui poursuivaient des Dahoméens jusqu'à leur domicile avec des pierres après les matchs de football. Des collégiens ont été arrêtés, quelques fois, dans les années 1955 (sic). Mais c'est surtout à Zinder qu'eut lieu vers 1949 la plus grande manifestation anti-dahoméenne. Ce fut ce qu'on a appelé le "tuez-lui". Ce fut la chasse à l'homme, mais, organisée, dit-on, par des militaires africains. On ne saura jamais ce qui s'est passé exactement et qui fut l'instigateur. Des Dahoméens se cachèrent dans des tonneaux vides, sous les lits; des femmes enceintes furent battues; des jeunes dahoméens enfourchèrent leurs vélos, et n'en descendirent qu'à Tanout ou à Maradi. Mais ce qui exaspère certains Nigériens c'est de voir la puissance économique des Dahoméens augmenter de jour en jour. Ceci est dû au fait que le Niger ne produit que du mil et des ara36

chides, plus un peu de riz; tout le reste doit être importé. Les Dahoméens sont les meilleurs agents d'import-export. Les femmes dahoméennes qui sont sur le grand marché de Niamey sont certainement les Africaines qui, après les hauts fonctionnaires, ont le meilleur niveau de vie de tout le pays. Et dans chaque village, le mari travaille et la femme commerce. Elles vendent de tout, et font de bons bénéfices. Certaines d'ailleurs sont de bonnes douairières qui se passent de maris, et sont presque millionnaires. Voici le climat dans lequel il faut replacer les événements qui viennent de se passer au Niger. La question qui se pose est certes grave, mais il vaut mieux en finir avec plus de souplesse que de la manière dont Abidjan a procédé. Comment les deux gouvernements amis de l'Entente s'y prendront-ils? C'est difficile à dire. En tout cas il ne suffit pas d'accuser le Sawaba ou les "éléments incontrôlables" pour guérir le mal.» (<<Afrique nouvelle», 25/01/61, Tarwendé Kanida) AVRIL 13 Le Niger présente sa troupe au Théâtre des nations. En septembre 1960, une sélection des meilleurs danseurs, musiciens et danseurs a commencé dans le pays (Dogondoutchi, Bagadgi, Konni, Hela, Maradi, Madarounfa, Dogueraoua). Depuis décembre, une cinquantaine d'entre eux s'entraînent à Niamey pour représenter des spectacles rituels nigériens comme le rituel de Tarkawa (qui mêle la magie et la possession à l'élection d'un nouveau sorcier) et le concours de beauté des Bororos. Le spectacle coûte 15 millions de francs français pris, pour moitié, en charge par la France (<<Combat»,24/03/61). JUILLET 12 Publication d'une interview du Président de la République dans «Afrique nouvelle». Plusieurs problèmes sont abordés: - Les relations avec le Nigéria: «Nos rapports sont excellents tant avec le gouvernement fédéral qu'avec le gouvernement du Nord... A l'heure actuelle, nous insistons particulièrement sur l'aménagement des Télécommunications (il est impossible de téléphoner directement au Nigéria) et des communications tout court (chemin de fer, route, fleuve).» - L'africanisation, la nigérisation, des cadres: «Tout étranger qui est fonctionnaire au Niger fait partie intégrante de la fonction publique du Niger. La question a été évoquée à Brazzaville et à Yaoundé. Cette question rejoint donc le statut élaboré par les 37

Douze. Le principe est le suivant: aussi longtemps qu'un ressortissant des douze Etats est fonctionnaire dans un pays, il faut qu'il mette en sommeil son patriotisme pour travailler au bien de sa patrie d'adoption. Et il est libre à tout instant de retourner chez lui.» «Le cas du Niger est spécial. La scolarité se développe au Niger. Pour les cadres locaux et moyens, les concours sont ouverts uniquement aux citoyens et à ceux qui ont fait toutes leurs études au Niger. Vous savez que le Dahomey a une scolarisation qui atteint 30% alors qu'au Niger elle n'atteint que 4%. Au fur et à mesure de l'intensification de la scolarisation, le problème du travail des Nigériens va se poser». «Pour les cadres de commandement, nous avons des Maliens, des Dahoméens et même un Guinéen (à Téra). Nous comptons d'ailleurs comme Nigériens les enfants nés de parents étrangers, mais qui ne sont jamais retournés chez eux. Nous avions dans nos cadres un Gabonais qui est rentré chez lui actuellement.» - La mise en valeur du Sahara: «Chaque Etat riverain a sa portion saharienne et le souhait du Niger est que tous les Etats intéressés se rencontrent et qu'il y ait internationalisation du Sahara. Le gaz du Sahara qui ravitaille des villes en Angleterre ou en Allemagne pourrait tout aussi bien ravitailler des villes au Nigéria ou au Sénégal. «Du point de vue économique, je vois l'exploitation du Sahara par un pool qui aurait des structures semblables à celles de la C.E.C.A.» «Il faut modifier la structure de l'O. C.R.S. Rappelez-vous que c'est par un vote unanime de l'Assemblée du Niger (majorité et opposition) qu'en janvier 1959 nous avons demandé à l'O.C.R.S. de changer certains termes de sa constitution pour que le Niger puisse en faire partie. Il faut maintenant à l 'O.C.R.S. des structures internationales. Il ne faut pas que ce soit encore un organisme français. Cependant, je ne pense pas qu'il faudra éliminer les techniciens français du Sahara et les remplacer par d'autres. Beaucoup de pays de l'Est et de l'Ouest n'auront pas, avant longtemps, et le nombre et la qualité des techniciens français. D'ailleurs un proverbe haoussa dit: "Plutôt que de monter un cheval fougueux et de mordre la poussière, il vaut mieux monter son vieux cheval et arriver à destination".» «De même que dans le Marché Commun où nous ne sommes qu'associés, nous demandons une gestion paritaire, de même pour le Sahara, c'est seulement une solution de gestion économique internationale qui peut tout sauver.» - Les relations avec les Français du Niger: «Nos rapports sont très amicaux avec les Français. Il y a évidemment de temps 38

en temps des malentendus, mais cela est le fait des hommes, et non du peuple nigérien dans son ensemble ou du peuple français.» (<<Afriquenouvelle», 12/07/61) SEPTEMBRE 22 Ouverture à Niamey du deuxième congrès de l'Union Nationale des Travailleurs Nigériens (U.N.T.N.) en présence de Hamani Diori, Boubou Hama, des membres du gouvernement, du corps diplomatique et d'une centaine de délégués. Les slogans demandent l'africanisation des cadres, l'élaboration d'une Convention collective nationale, la révision du «SMIG» et l'application de diverses mesures sociales. Le Président de la République indique que le rôle essentiel est «de mobiliser l'ensemble des travailleurs en vue d'atteindre les objectifs du plan triennal de développement économique et social» et rappelle que l'U.N.T.N. est un des premiers syndicats à avoir compris que «le syndicat devait revêtir un caractère national». Boubou Hama indique que l'idéal du Parti est «l'Afrique d'abord» et l'objectif immédiat la construction du Niger. René Delanne, secrétaire général de l'U.N.T.N., présente ensuite le rapport moral avec une analyse du plan triennal faisant ressortir les attributions du syndicalisme. (<<Afrique nouvelle», 04/10/61 ) 25 Départ du Président de la République pour la France où, après un séjour privé à Nice, il effectue une visite officielle du 27 au 30 septembre. II est accompagné de Mme Diori et des ministres Courmo Barcougné (finances), Yacouba Djibo (économie rurale), Maidah Mamoudou (éducation nationale) et Mouddour Zakara (affaires sahariennes et nomades). (<<Combat»,25/09/61) Un long article de présentation du pays (géographique, économique, historique et politique) est publié à cette occasion. (<<Combat»,25-26-27/09/61) A la veille de ce voyage, un communiqué officiel indique que jusque-là le nom du Président a été jusqu'ici inversé. L'ordre correct est Diori Hamani. (<<Le Monde», 28/09/61)

OCTOBRE
«Hamani Diori répond à Djibo Bakary», article d'«Afrique nouvelle». Le Président est prêt à discuter avec Djibo Bakary si ce dernier regagne d'abord le territoire national. «Au sujet d'un appel lancé de Conakry par M. Djibo Bakary, 39

chef du parti d'opposition clandestin "Sawaba" dans le but de parvenir à «une solution pacifique et fraternelle» au "problème nigérien", le Président Hamani Diori a déclaré que, pour lui, le problème nigérien était la construction du pays ainsi que son développement économique et social. Il a rappelé ensuite que beaucoup d'anciens membres du "Sawaba" avaient adhéré en novembre dernier à la politique d'unité nationale et occupaient maintenant des postes importants dans la fonction publique. "Ainsi, a-t-il ajouté, le seul problème qui existe est celui de l'adhésion à la politique de construction nationale. Toutefois ce problème ne peut pas être résolu de l'extérieur mais sur le sol national. Aucune proposition spectaculaire formulée avec l'appui, même timide, d'un Etat autre que la République du Niger ne peut être acceptée par nous. Les Nigériens doivent trouver une solution au problème de l'unité nationale sur le sol national et non à l'extérieur".» Le Président a aussi confirmé l'arrestation de Adamou Sékou, ancien ministre du gouvernement Sawaba, parce que celui-ci, membre de la fonction publique, avait refusé de rejoindre son poste en formulant des menaces verbales à l'encontre des agents de l'autorité et notamment du ministre de la Fonction publique. (<<Afriquenouvelle», 25/10/61) NOVEMBRE 2 Début d'une tournée de neuf jours du Président de la République dans les cercles de Téra, Tillabéry et Filingué, accompagné des ministres de la Fonction publique et du personnel, Ibra Kabo, de l'Education nationale, Maidah Mamoudou, du secrétaire d'Etat à la Présidence, de deux députés du comité directeur du P.P.N.IR.D.A. et de trois représentants de la jeunesse P.P.N./ R.D.A. de Niamey. (27/11/61) 2 Ouverture de la deuxième session ordinaire 1961 de l'Assemblée nationale. Discours de Boubou Hama: «Le Niger n'est situé ni à l'Est ni à l'Ouest.» (27/11/61) 4 au 10 Visite à Niamey d'une délégation polonaise à la suite de la visite dans ce pays de Adamou Mayaki en septembre 1961. Signature d'un accord de coopération technique et culturel et d'un accord commercial. La délégation a été reçue par le Président de la République à Tillabéry. (27/11/61) 12 Départ du Président de la République pour une visite officielle de douze jours au Nigéria, accompagné de cinq ministres. 40

Des accords sont conclus dans les domaines de la santé, des services vétérinaires, eaux et forêts, lutte antiaviaire, agriculture, postes et télécommunications, éducation, information, douanes, transports et communications, commerce et échanges frontaliers. (27/11/61 ) Le 13 le Président est à Sokoto, le 14 à Kaduna et le 18 à Lagos où il déclare que: - les Etats du Conseil de l'Entente ont «éliminé momentanément l'idée de la création d'une fédération africaine» préférant «le développement de la coopération et de l 'harmonisation sur le plan économique, social et culturel dans le respect de la souveraineté de chaque Etat»; - la conférence de Kaduna entre le Niger et le Nigéria du Nord examinera les problèmes de transport, de télécommunication, de lutte contre les grandes endémies et de commercialisation de l'arachide; - une conférence des Etats riverains du Niger est envisagée pour reconsidérer le statut international du fleuve défini par le congrès de-Berlin en 1885. (<<Afriquenouvelle», 22/11/61) 19 Nettoyage de la ville de Niamey à l'appel des dirigeants de la jeunesse P.P.N.IR.D.A. (19/11/61) En novembre il existe une liaison régulière d'Air France entre Niamey et Zinder. (2/61) DECEMBRE 2 Conférence de l'O.C.R.S. (Organisation Commune des Régions Sahariennes) à Niamey. Déclaration de Boubou Hama: «... Nous confirmons une fois de plus avec force la déclaration faite à Paris par le Président de notre République et, qui est pour nous une prise de position que nous estimons constructive et seule capable, avec l'indépendance de l'Algérie, de favoriser la Communauté économique du Sahara dans l'égalité des partenaires et la souveraineté des Etats à responsabilité saharienne». (3/61) 4 A l'occasion du séjour à Niamey de la délégation de l'O. C.R.S. dirigée par Olivier Guichard, Mouddour Zakara, ministre des affaires sahariennes et nomades déclare; «...Nous désirons voir se modifier et évoluer la forme d'aide que nous recevons de l 'O.C.R.S. Nous apprécions hautement les réalisations que cette organisation nous a permis, notamment dans la partie nord de la République. Nous n'ignorons pas que du point de vue 41

minier, en particulier, et industriel cette région est appelée à un (avenir certain). (2/61) 4 Article sur les prospections minières. (2/61) 4 Inauguration de la B.D.R.N. à Niamey. (3/61). Son président, Boubou Hama, déclare: «Son principal objectif est de chercher à orienter l'activité de la nation nigérienne vers la promotion d'entreprises agricoles et industrielles destinées à développer le réseau économique du pays et à accroître le revenu national.» (19/62) Le même jour est lancé un grand emprunt national. Le Président de la République déclare à propos de cet emprunt: «L'argent qui dort est inutile, il faut le faire travailler pour le plus grand bien de tous. Déposé à la Banque, il sera utilisé à faire des crédits à l'économie, à faire des avances pour que nos campagnes s'équipent en matériel, achètent des semences de bonne qualité, des engrais, des produits antiparasitaires, il servira à créer des usines dans lesquelles nous fabriquerons nos matériaux de construction, des cimenteries par exemple, à équiper des ateliers qui assureront une transformation et un conditionnement appropriés de nos produits agricoles, une préparation satisfaisante des cuirs et peaux, matières importantes de notre artisanat.» (19/62) 13 Interview de Mamoudou Maidah, ministre de l'Education nationale qui fixe les objectifs et les moyens de la formation des jeunes. (<<Afriquenouvelle», 13/12/61) 17 Le Président de la République développe devant la presse étrangère les problèmes qui préoccupent le gouvernement; - l'unité du pays: le but est de réussir une excellente fusion entre les ethnies en faisant abstraction des différences religieuses et linguistiques. (Le 18, le Président déclare au correspondant du «Journal de Genève»: «J'ai regretté, moi musulman, de n'avoir pu assister au culte protestant, dimanche matin, parce que j'étais à la même heure à la grande messe présidée par Mgr Maury». «Journal de Genève», 28/12/61) (<<Afriquenouvelle», 03/01/62) - l'unité africaine: la coopération est la vraie voie de l'unité africaine, et non la fédération comme le montrent les échecs des fédérations du Mali et de la R.A.D. (<<Afrique nouvelle», 03/01/62) - le Sahara: les Etats riverains du Sahara peuvent abandonner une partie de leur souveraineté au profit d'une exploitation en 42

commun de cette partie de l'Afrique en une sorte de «Communauté économique saharienne». Celle-ci profiterait d'abord aux pays riverains et ensuite à l' Afrique. (<<Afrique nouvelle», 03/01/62) La coopération sur le plan africain étant affirmée, les richesses du Sahara étant immenses, cette coopération peut s'élever à l'échelon international et servir également à la France et aux Etats européens. (<<Journalde Genève», 31/01/62) - l'opposition politique: Djibo Bakary affirme qu'il ne peut rentrer au Niger à cause d'un mandat d'arrêt dirigé contre lui, le Président répond. «Je ne vois vraiment pas un révolutionnaire à l'heure actuelle qui, pour un mandat d'arrêt ou un mandat d'amener, refuse de rejoindre son pays. «Après mon élection à la Présidence de la République, j'ai proposé à notre Assemblée une loi d'amnistie et tous les camarades qui avaient eu des petites histoires ont été amnistiés. Et de tous ceux qui sont restés dans le pays, il n'y a pas un seul militant du Sawaba qui n'ait bénéficié de cette amnistie à l'exception de Djibo Bakary qui, un beau jour, a estimé qu'il devait quitter Niamey pour aller à Bamako au vu et au su du gouvernement. Nous avons su qu'il partait comme n'importe quel Nigérien peut se déplacer, mais une fois qu'il s'est installé à Bamako il a écrit à tout le monde qu'il est en exil et de là, il s'est donné une auréole.» «Si demain il rentre au Niger, nous allons résoudre ces problèmes du Niger en famille. S'il doit faire de la prison, il fera de la prison; il y a une justice, si la justice estime qu'il ne fera pas de prison, il ne fera pas de prison; une condamnation n'empêche pas l'amnistie mais les problèmes du Niger doivent se résoudre sur le sol nigérien et quel que soit notre attachement à l'Unité africaine, à la fraternité, nous ne pouvons pas accepter l'immixtion d'un Etat quelconque soit comme médiateur, soit comme je ne sais quel autre... pour essayer de trouver une solution aux problèmes nigériens; c'est une solution que nous devons trouver ici. Les anciens du Sawaba sont des Nigériens comme tout le monde; ils ont leur place et sont presque tous ralliés. Le Président Condat qui est délégué du Niger va dans quelques jours rejoindre Bruxelles où il va représenter le Niger auprès du Marché commun et des pays du Marché commun. Tous ses anciens camarades sont avec nous et si vous pouviez prendre des contacts, vous verriez que la plupart des Chefs de subdivisions, des Commandants de cercles sont aussi bien du R.D.A. que du Sawaba.» (<<Afriquenouvelle», 03/01/62) - les étudiants: à la question d'un journaliste (<<Desétudiants sont partis sans l'autorisation de votre gouvernement étudier à l'université Patrice Lumumba à Moscou, à leur retour, avec un diplôme, seront-ils considérés comme déserteurs ou intégrés 43

dans la fonction publique nigérienne?») le Président répond: «D'abord ce ne sont pas des étudiants qui sont partis, ce sont des fantaisistes. Nous avons très peu d'étudiants et quand nous avons des étudiants à l'extérieur ils répondent à un critère déterminé: ceux qui sont recrutés au niveau du certificat d'études, qui ont le baccalauréat et autres diplômes. «Mais un beau jour l'ambassade soviétique à Conakry et l' ambassade soviétique à Bamako ont envoyé des billets pour dire aux jeunes gens: «Si vous partez, vous pourrez suivre vos études» . «Or il faut d'abord que je vous explique la psychologie de ce pays: c'est un pays où la saison des pluies dure quatre mois et à partir du mois de novembre jusqu'au mois de mai, la jeunesse s'ennuie et c'est ce qui explique qu'elle s'expatrie; elle va au Ghana, elle va en Côte d'Ivoire; quand il y a une occasion d'aller à Moscou, à Paris, à New-York, proposez des billets, demain les gens partent. Ces jeunes qui sont partis à Moscou, il ne faut pas que les camarades de la "Pravda" croient que c'est par sympathie pour l'Union soviétique qu'ils sont partis.» «Si ces jeunes gens reviennent, s'ils sont médecins, nous n'avons pas assez de médecins, ils auront des places. Mais s'ils viennent pour planter un drapeau et dire au nom des peuples que ce gouvernement ne va pas vite, alors il y a des lois qui leur diront: "Plutôt que de faire des discours allez travaillez sur le fleuve, construisez-nous des routes. Alors à ce moment-là, ils pourront envoyer des motions".» «... Nous avons même vu arriver une fois de Hongrie un télégramme qui protestait contre l'arrestation de quelqu'un alors que le garçon était en liberté. Je l'ai convoqué immédiatement, et lui ai demandé d'aller répondre à la Sûreté avec son télégramme: j'ai reçu un télégramme de Hongrie protestant contre le Gouvernement qui a arrêté tel et tel de nos camarades et le garçon était en liberté.» «Voilà il faut que vous puissiez sortir pour voir ces choses-là, car vraiment les Africains sont beaucoup plus astucieux que vous ne croyez. Ils connaissent vos faiblesses. Ils savent que quand on est en face d'un soviétique il faut parler du colonialisme, des réactionnaires, des trusts... et que les autres applaudissent. Quand ils sont du côté occidental, il faut dire que là-bas la liberté n'existe pas et que l'homme est un robot.» (<<Afriquenouvelle», 03/01/62) - l'économie: 1) des mesures d'austérité sont décidées: salaires réduits pour le Président et les ministres, plus de voitures administratives, plus d'heures supplémentaires payées, impôts relevés. (<<Combat»,05/01/62) 44

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