LE SUCRE DANS L'ESPACE CARAÏBE HISPANOPHONE XIXe et XXe siècles

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Pilier de l'économie antillaise des XIXe et XXe siècles, chargé de symboles, le sucre a toujours été au centre des esprits et des préoccupations. En analysant le sucre dans les différents discours historique, politique, économique, littéraire, scientifique, ou au travers de certaines formes d'expression artistique, il est replacé ici au cœur de la problématique antillaise.
Publié le : vendredi 1 janvier 1999
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EAN13 : 9782296376748
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LE SUCRE
DANS AUX L'ESPACE CARAïBE HISPANOPHONE XIXe ET XXe SIECLES

Stratégies

et représentations

Collection Recherches Amériques latines dirigée par Denis Rolland, Pierre Ragon Joëlle Chassin et Ide/ette Muzart Fonseca dos Santos
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SCHPUN Monica Raisa, Les années folles à Sao Paulo (1920-1929), hommes et femmes au temps de l'explosion urbaine, 1997. THIEBAUT Guy, La contre-révolution mexicaine à travers sa littérature, 1997. LUTTE Gérard, Princesses et rêveurs dans les rues au Guatemala, 1997. SEGUEL - BOCCARA Ingrid, Les passions politiques au Chili durant l'unité populaire (1970-1973), 1997. FAVRE Henri, LAPOINTE Marie (coord.), Le Mexique, de la réforme néolibérale à la contre-révolution. La révolution de Carlos Salinas de Gortari 1988-1994, 1997. MINGUET Charles, Alexandre de Humboldt. Historien et géographe de l'Amérique espagnole (1799-1804), 1997. GILONNE Michel, Aigle Royal et Civilisation Aztèque, 1997. MUZART-FONSECA DOS SANTOS Idelette, La littérature de Cordel au Brésil. Mémoire des voix, grenier d'histoires, 1997. GROS Christian, Pour une sociologie des populations indiennes et paysannes de l'Amérique Latine, 1997. LOBATO Rodolfo, Les indiens du Chiapas et la forêt Lacandon, 1997. DE FREITAS Maria Teresa, LEROY Claude, Brésil, L'utopialand de Blaise Cendrars, 1998. ROLLAND Denis, Le Brésil et le monde, 1998. SANCHEZ Gonzalo, Guerre et politique en Colombie, 1998. DION Michel, Omindarewa 1yalorisa, 1998. LE BORGNE-DAVID Anne, Les migrations paysannes du sud-Brésil vers l'Amazonie, 1998. COLLECTIF, L'Amérique Latine et les modèles européens, 1998. GRUNBERG Bernard, L'inquisition apostolique au Mexique, 1998.

@ L'Harmattan,

1998

ISBN: 2-7384- 7275-3

LE SUCRE
L'ESPACE CARAïBE HISPANOPHONE AUX XIXe ET XXe SIECLES Stratégies et représentations DANS

Actes du colloque organisé à Pau les 14 et 15 mars 1997

sous la direction de Michèle Guichamaud-Tollis, avec la collaboration de Sophie Andioc-Torres et de Jean Ortiz

L 'Hannattan
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique F -75005 PARIS- FRANCE

L 'Hannattan Ioe.
55, rue Saint-Jacques MO~(~)-CmmAH~l~F

Couverture: Xylographie de Jules-Marie-René Ladmiral ca. 1860, in: M. Moreno Fraginals, Ellngenio, La Havane, Ed. Ciencias Sociales, 1978, I, p. 193.

Présentation

Au centre de l'économie antillaise, et, plus largement, au centre de l'espace tropical caraïbe, le sucre a pesé lourd, avec la plantation des XIxe et xxe siècles, sur les mentalités, les comportements sociaux et politiques de cette époque. La "littérature sucrière" est tellement abondante, elle est si éloquente, que tout semble avoir déjà été dit sur le sujet. De même, les grandes synthèses de Jean Meyer, de Philip D. Curtin ou de Sydney W. Mintz l'ont montré, l'historiographie est elle aussi fort riche. Bien des œuvres, bien des textes, cependant, n'ont encore fait l'objet d'aucune étude, qu'il s'agisse de la presse, du roman, du théâtre, des articles de mœurs, des arts graphiques et du cinéma, des discours politiques, des rapports économiques ou des traités scientifiques. Comme le café, le sucre a souvent cristallisé en lui tous les espoirs de progrès. Certes, au cours du temps, il lui est arrivé de se voir par moments concurrencé, voire éclipsé, par d'autres ressources nationales. Selon la zone géographique considérée, il a donc pu reculer devant d'autres cultures tropicales jugées plus rentables ou mieux adaptées. Mais, chargé de symboles et toujours au principe de positions divergentes, il n'a pas cessé de tenir dans les esprits et dans les préoccupations de l'époque une place essentielle. Revenir sur tous ces types de productions est donc encore et toujours susceptible d'enrichir l'historiographie sucrière, de mieux en assurer le contenu, d'en améliorer la connaissance. Pour l'espace caraïbe hispanophone, le colloque qui s'est tenu à l'Université de Pau les 14 et 15 mars 1997 a réuni des chercheurs venus d'horizons très variés. Spécialistes de di7

verses aires géographiques - Cuba, Porto Rico, SaintDomingue - ou de différents domaines, ils ont abordé le problème de manière pluridisciplinaire et distribuée dans le temps. D'une part, ils en ont considéré les implications économiques, sociales, politiques et culturelles. D'autre part, ils l'ont étudié depuis la période coloniale jusqu'à nos jours, avant et après l'abolition de l'esclavage, avant et après l'indépendance. En traitant du sucre dans les discours historique, politique, économique, littéraire, scientifique, ou dans certains arts, ils l'ont replacé au cœur de la problématique antillaise. Ils ont pu ainsi saisir ses rapports avec les structures économiques, les pouvoirs politiques et les forces sociales, mais aussi son rôle dans l'orientation, la construction ou l'infléchissement de la vie nationale. A travers les différentes formes d'expression culturelle, littéraire et artistique, ils ont pu appréhender les variations des images identitaires qui lui sont associées, leur vitalité, leur permanence, leur actualité, et s'interroger sur la signification de ces images. Le sucre a donc ici été étudié partout où il est évoqué, décrit, présenté, traité ou utilisé, que ce soit comme réalité ou que ce soit comme représentation, c'est-à-dire comme élément crucial de la vie coloniale, puis nationale. Ce colloque international a attiré des chercheurs et des universitaires français, espagnols et hispano-américains tous spécialistes du sucre et de l'aire caraibe hispanophone. Ils ont abordé les stratégies et les représentations qu'il a développées, et confronté ses approches historique, littéraire ou artistique à la réalité caraibéenne des XVIIIe, XIxe et xxe siècles. Par là, ils ont aidé à saisir le rôle décisif que le sucre, et, en amont, la canne et le moulin à sucre, ont pu jouer dans les premiers développements économiques de la région. A Cuba, cette évolution a connu une apogée au XVIIIe siècle. M. Dolores GARCIA RIPOLL NAVARRO montre précisément le rôle influent que jouèrent le Real Consulado de Agricultura y Comercio et Francisco Arango y Parrefio dans les deux premières années de la création de l'institution (1795-1796). Eduardo TORRES-CUEVAS s'attache à décrire la transformation des ensembles territoriaux en complexes économico-

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sociaux régionaux sur le modèle desquels se redéfinit toute l'organisation géographique, humaine et économique de l'île. Alain YACOU analyse encore les raisons de cette expansion sucrière de la fin du XVIIIe siècle, qui n'est pas sans rapport avec le soulèvement des Noirs de Saint-Domingue, et le contenu idéologique des différentes rébellions nègres qui éclatèrent à Cuba dans la première moitié du XIxe siècle. Pour ce qui est de l'économie portorriquaine, Emilio de DIEGO montre que, à partir de 1815, elle s'impose également comme une économie proprement sucrière. Il est clair que cette révolution liée à l'extension de la production de canne ne va pas sans de magistrales transformations techniques.

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Ce boom sucrier aux Antilles et l'industrialisation des procédés de fabrication des sucres est évidemment en rapport avec le problème de l'abolition de l'esclavage. Sur ce point, Luis Miguel GARCIA MORA et Antonio SANTAMARIA GARCIA renouvellent les interprétations de l'historiographie traditionnelle. Avec l'arrivée de l'industrialisation et de ces nouvelles méthodes de fabrication, le fait est que, dès 1848, Cuba pénètre dans une ère nouvelle marquée par l'introduction, dans quelques plantations cubaines, de nouvelles machines à vapeur. Ainsi, Michèle GUICHARNAUD-TOLLIS expose comment le système Derosne y fut expérimenté à peu près au même moment qu'en Guadeloupe.

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Ce développement de l'économie sucrière a eu d'importantes répercussions sur le plan politique. En étudiant la presse espagnole du XIxe siècle, Sophie ANDIOC- TORRES aborde l'une des facettes du grand prisme formé par certains organes: EL Castellano se révèle en 1839 porteur des idées métropolitaines conservatrices libérales. Pour la république dominicaine, Lauro CAPDEVILA montre que l'implantation des grandes compagnies sucrières fut un facteur décisif dans l'avènement de la dicture de Trujillo (1916-1930).

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Néanmoins, si le sucre semble avoir imposé sa dictature à un moment de l'histoire des Antilles, cette réalité a subi des changements profonds. 9

. Ainsi, pour Cuba, Jean ORTIZ expose le problème posé à certains idéologues et économistes comme Che Guevara, écartelé avant la période castriste, puis à ses débuts, entre les exigences de la monoculture sucrière et la nécessité de promouvoir une réforme agraire qui assure à la fois justice et indépendance nationale. Avec le retrait de l'aide soviétique évoqué par Janette HABEL et la régression de la production sucrière, le problème se pose actuellement en des termes et avec des conséquences entièrement différents. La réflexion de Paul ESTRADE aide à mieux comprendre cette nouvelle conjoncture soumise aux tendances de l'économie libérale mondiale et aux choix, imposés ou volontaristes, du Gouvernement issu de la révolution. Car il reste à expliquer que de nos jours Cuba exporte moins de sucre qu'il y a quarante ans: l'ère de l'hégémonie du sucre serait-elle donc en train de se clôre ?

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En dépit de ces ruptures, dont la dernière est conjoncturelle il est vrai, dans l'imaginaire collectif le sucre alimente toujours un mythe aussi fortement enraciné. Dans les années 1860, le XIXe siècle voit une certaine image de l'Amérique et des possessions espagnoles que l'Espagne y avait préservées se fixer dans la littérature de colportage péninsulaire (le cordel). De la douceur du sucre, voire de sa mièvrerie, Jacques GILARD nous conduit vers la douleur d'un sucre amer que trahissent les pliegos de propagande ou les récits de combat de la guerre de 95, dans lesquels la cannaie (le canaveral) est devenue terrain guerrier, lieu d'affrontement et lit de souffrance. En contrepoint, Robert VAZQUEZ montre que la littérature cubaine de l'époque n'a nullement idéalisé la réalité insulaire. A Cuba par exemple, la plantation et le moulin à sucre ne sont jamais qu'une nouvelle donnée économique écrasante, polluante, de plus en plus dure à l'ère industrielle de la seconde moitié du XIxe siècle. Pour Sylvie MÈGEV AND, la lithographie cubaine du XIxe siècle s'est fort peu préoccupée de la plantation de canne, à l'exception de l'ouvrage Los ingenios du Cubain J. Cantero, illustré par le lithographe français Laplante, qui retient son attention.

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Mais le mythe que le sucre a cristallisé autour de lui et de l'esclave a aussi créé l'image d'un Noir soumis, aliéné par un système dont il fut la première victime. Aux antipodes de cette image figée, la littérature a également contribué à forger et à construire celle, devenue mythique, du Noir marron, rebelle et courageux. Sandra MONET-DESCOMBEYHERNANDEZs'attache à analyser la convergence des écrits poétiques où le marron devient source d'inspiration créatrice et indispensable élément poétique dans la construction de l'identité antillaise, depuis Nicolâs Guillén jusqu'à N. Morej6n, en passant par E. Glissant, R. Depestre ou E. K. Brathwaite. A l'échelle de la Caraïbe insulaire et péninsulaire, Andrés BANSART évoque le langage commun parlé par tous ces écrivains du sucre qui chantent la littérature du tourment, celle qui dit, suggère ou dénonce l'amertume et la malédiction du sucre. Au-delà des contingences strictement historiques, le sucre entre ainsi dans l'histoire de deux temporalités. Pour James DURNERIN, Le Siècle des lumières d'A. Carpentier peut conduire à interpréter le sucre comme support historique, technique, des réalités abruptes de l'esclavage, de l'oppression et de l'aliénation humaines, mais aussi comme lié à une temporalité culturelle qui inscrirait l'histoire de l'humanité dans une dimension fusionnelle. De même, en étudiant le sucre dans l'univers afro-antillais de Carpentier, Jean-Pierre PAUTE en fait un élément structurant aux multiples potentialités qu'il intègre dans la circularité du temps carpentérien, dans cette spirale ascendante qui nous renvoie au temps mythique des origines. Sucre amer, sucre de malédiction: c'est encore le cri déchiré et déchirant que lance R. Arenas dans El Central que Fabrice PARISOT analyse plus largement comme une dénonciation de toutes les tyrannies qui ont successivement asservi Cuba. et son peuple. Autant que la poésie, la peinture, le dessin satirique et humoristique et la lithographie témoignent encore de cette omniprésence du sucre dans la vie nationale aux Antilles. Pour Marie-Thérèse. RICHARD HERNANDEZ, toutes les formes d'expression plastique, qu'elles soient folkloriques, naïves ou franchement satiriques - depuis E. Chartrand, A. Fernandez jusqu'à C. Enriquez, Abela ou Portocarrero -, révèlent cette

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cette omniprésence; ses liens avec la Perle des Antilles en font un élément sacré et maudit à la fois, mais partie intégrante de l'idiosyncrasie d'un peuple. Plus près de nous, le cinéma cubain des années 70 renoue avec la tradition du témoignage historique et littéraire des XVIIIe et XIxe siècles, qu'il s'agisse de La ultima Cena de T. Gutiérrez Alea ou de El otro Francisco et de El Rancheador de Sergio Giral.

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Mais, comme l'explique,

Lourdes PÉREZ VILLARREAL, le ci-

néma subvertit également les valeurs traditionnellement établies. En effet, si les esclaves sont crucifiés, placés sous le signe de la révolte et de la liberté, le dénouement les fait pénétrer dans une autre sphère, quasiment magique, atemporelle, à la façon de Mackandal qui, dans El Reino de este mundo, défie la mort et la dépasse en se transformant en insecte. Enfin, le sucre s'érige en vecteur d'asservissement ou d'avilissement, comme le montre, à différents niveaux, la polysémie du roman de Rosario Ferré Maldito Amor. Mercedes RIVAS l'interprète à son tour comme une relecture de l'histoire de Porto Rico, à travers les membres d'une famille de la saccharocratie et d'une société soumise au double joug politique et patriarcal. Carmen VASQUEZ nous fait encore découvrir la monstruosité et le cannibalisme des centrales de Porto Rico dans les premières décennies du siècle, à partir d'une étude de La Gleba (1912) de Ramon Julia Marin, et de La Llamarada (1935) d'Enrique Laguerre.

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Arbre de vie, doux et amer à la fois, le sucre des Antilles sort de la réalité quotidienne et rejoint, dans un imaginaire magique et foisonnant, les mythes originels qui ont donné vie et unité au monde caribéen. Telle pourrait être la conclusion de ce colloque, qui a pu compter sur l'excellent esprit des participants, et qui a bénéficié aussi de bonnes conditions matérielles. Car ces journées fructueuses ont largement profité des aides accordées par le Conseil régional d'Aquitaine, par la Munici12

palité de Pau et par le Département d'Etudes ibériques et ibéro-américaines, et de la précieuse collaboration du personnel de l'Université. Mais elles n'auraient pu être organisées sans le soutien financier du «Laboratoire de recherches en langues et littératures romanes et d'études basques », Equipe d'Accueil de cette université. Qu'ils en soient tous ici chaleureusement remerciés. Note terminale - Par principe, les références données en note sous forme abrégée ou incomplète renvoient en fin d'ouvrage à la Bibliographie générale. - Lorsque les auteurs ont tenu à restituer l'orthographe ancienne de l'espagnol, celle-ci a été respectée. Michèle GurCHARNAUDTaLLIS « Groupe de Recherche sur l'Espace Caraïbe Hispanophone» (EA 1925 : Laboratoire de recherche en langues et littératures romanes et d'études basques, Université de Pau)

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LE SUCRE SUPPORT

DE L'ECONOMIE
ANTILLAISES

ET DE LA SOCIETE

Emilio de DIEGO Universidad Complutense de Madrid

El azucar y el mundo puertorriqueiio en la primera mitad del siglo XIX

Résumé en français.- De 1815 à 1850, Porto Rico vit une étape décisive de son histoire qui l'a fait passer de l'état de comptoir espagnol sur le continent américain, à celui de colonie d'exploitation économique. Cette « recolonisation » est axée sur la culture de la canne à sucre, sur la fabrication et le commerce du sucre et, à une moindre échelle, sur la culture du café, du coton et du tabac. L'arrivée de milliers d'immigrants et d'un esclavagisme tardif et réduit ont été la cause de grands changements démographiques, économiques et sociaux qui ont transformé l'île. La crise sucrière, dès le début des années 1840, va marquer un fait profond dans le processus qui contraignit à l'adoption de nouvelles orientations dès la première moitié du siècle.

N SIGLOXIX, Puerto E su LOS PRIMERaS COMPASESDELuna avanzada deRico experimentô una de las mas profundas transformaciones de historia pasando de ser la Administraciôn espanola, hacia el continente americano que se independizaba, a convertirse en una colonia de explotaciôn econômica basada en el desarrollo de su propia agricultura de

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plantacion. Dejo de recibir subsidios desde Méjico, el « situado », y empezo a generar sus propios recursos 1. Diversas circunstancias polfticas «externas» influyeron decisivamente en aquel proceso, en especial, la ya aludida pérdida de los territorios de la Corona de Espana en Tierra Firme, el fracaso de las aspiraciones bolivarianas de « libertar» los enclaves hispanocaribenos tras el boicot estadounidense en el Congreso de Panama (1826) y, por otro ladç, la revolucion producida algunos anos antes en Haiti. Pero tampoco habria que olvidar otros factores de tipo economico, como la favorable coyuntura del mercado azucarero hasta comienzos de los anos 1840. Con tales premisas, la reorientacion de la economfa y la sociedad puertorriquena, en la primera mitad deI Ochocientos, girarfa, principalmente, en tomo a las actividades vinculadas al cultivo de la cana, la produccion y el comercio deI azucar que impulsaron una verdadera « recolonizacion » de la Isla, bien que la penetracion hacia su interior continuase limitada por los pocos caminos existentes. Sin duda, las concesiones otorgadas por Fernando VII en la Real Cédula de Gracias de 1815 contribuyeron, de manera decisiva, a hacer posible la nueva situacion que iba a asentarse, en buena medida, sobre un tardfo sistema esclavista 2.
1. Archiva Hist6rico Nacional (A.H.N). Seccion Ultramar. Leg. 1.072 El « situado » era el subsidio que desde Méjico se enviaba para mantener la Administraci6n espanola en Puerto Rico. Segun la R.O. de 27 de junio de 1784 se cifr6 en 376.896 pesos. Posteriormente se debi6 haber incrementado puesto que entre 1797 y 1809, ultimo ana en que se recibi6 el « situado » par un valor de 500.000 pesos, llegaron a Puerto Rico 4.408.911 pesos y se calculaba que debian de haberse enviado 8.523.11 O. 2. A.R.N. Actas del Ayuntamiento de San Juan de Puerto Rico, Acuerdos 1815-1817. El 10 de octubre de 1814 solicit6 Fernando VII informaci6n sobre las medidas mas convenientes para el fomenta de la Isla. La orden al efecto, se recibi6 en San Juan el 2 de enero de 1815; el informe con las aspiraciones deI pais fue trasladado a las Cortes par D. Manuel Hernaiz, donde se entreg6 el 23 de abril deI mismo ana. En atenci6n a su contenido se dict6 la « Real Cédula de S. M. para la poblaci6n y fomenta deI Comercia, Industria y Agricultura de la Isla de Puerto Rico» que contaba con 33 artfculos y en la que se recogia la dispuesto en los artfculos 48, 49 Y 50 de la Real Cédula sobre Comercio libre 18

Trataremos de exponer, brevemente, el paralelismo entre aquel desarrollo economico y los importantes cambios sociales.

Azucar

y desarrollo

economico

Aunque la economia puertorriquena no se subordino al mercado azucarero en tan alto grado como la de otros lugares del Caribe, no cabe duda, como decfamos, que el cultivo y la elaboracion de los productos de la cana de azucar marcaron el devenir de la Isla en el periodo que nos ocupa, de 1815 a 1850 1. No. creemos por ello pecar de «economicistas» si ofrecemos algunos datos en tomo al devenir de estas actividades como elemento de referencia para comprender los rasgos de la nueva sociedad. A modo de orientacion senalamos la evolucion de la superficie dedicada al cultivo de la cana: Anos 1785 1814 1848
La de las cifras de produccion: Numero de cuerdas 2 3.156 5.765 25.248

Anos 1814 1848

Quintales de azucar 19.554 1.012.298

Las de esa misma produccion en valores indices:

de Indias, la Real Cédula de 21 de enero de 1778 para la Isla de Trinidad y la Real Cédula de 24 de noviembre de 1783 para Nueva Orleans. 1. E. de Diego Garda, Puerto Rico bajo la Administracion espanola..., pag. 343. Allado deI cultivo de la cana, cabria situar el deI café que paso de 5.481.258 pies en 1783 a 13.275.523 en 1838 ; el deI algodon que credo de los 103.591 pies de 1783 a los 1.172.085 de 1838; Y el deI tabaco que aumento de las 2.600 cuerdas de 1876 a las 4.113 de 1834. 2. Cuerda : Unidad de medida agraria equivalente a 3.930,40 m2.

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Anos 1787 1848

% 100 37.024

Un auge que se reflejarfa igualmente en el proceso seguido por el comercio de exportaci6n puertorriquefio. Ambos apartados, producci6n azucarera y balanza mercantil, conocerfan su fase mas favorable entre 1826-1837, seguida de un cierto estancamiento desde 1838 a 1841, y finalmente una grave recesi6n a 10 largo de la década de 1840 1. Los trazos econ6micos enmarcaron una sociedad cuantitativa y cualitativamente muy distinta de la anterior a 1815. Junto a la burocracia de la Administraci6n, nuevos hacendados y comerciantes, relacionados con el negocio azucarero y la trata y la explotaci6n de esc1avos pasaron a engrosar el sector hegem6nico de Puerto Rico 2.

El gran

salto

demografico

Uno de los primeros aspectos que llaman la atenci6n del historiador en relaci6n con el mundo puertorriquefio deI perfodo al que nos referimos es el de su panorama poblacionaI. En apenas cincuenta afios, la demograffa puertorriquefia sufri6 transcendentales cambios, tanto en su volumen como en su composici6n. Desde 1800 a 1850, el numero de habitantes, en términos relativos, se increment6 en mas deI 320 por 100, como muestra el resumen estadfstico. El auge espectacular a partir de 1816 hizo que en el plazo, relativamente breve, al que nos hemos referido, se pasase de
1. E. de Diego Garcia, op. cit., pag. 340. El precio deI quintal de azucar lleg6 a un maximo de 12 pesos en 1838 manteniéndose entre este valor y los 10 pesos hasta 1841 para caer posteriormente, de forma continuada, hasta los 5,5 pesos en 1848. 2. A.H.N. Secci6n Ultramar. Leg. 5.062. En la década de 1840, los mas importantes comerciantes de Puerto Rico eran Manuel Hernaiz y Chavarri, Andrés Montana, Mas6n y Cfa, O'Kelly, Guarch y Cfa, Casimiro Capetillo, B. Carreras, Viuda y Sobrinos de Ezquiaga, Lavaca y Austria. Contro1aban la vida econ6mica de Puerto Rico, a través de los negocios de importaci6n y exportaci6n, la actividad financiera, la producci6n de azucar, etc. 20

los 17,4 a los 52,2 habitantes/km2. Una densidad ciertamente elevada si la comparamos con la de Cuba, (2,88 y 9,2 habitantes/km2, en 1800 y 1850 respectivamente), 0 con la de la misma Espana metropolitana (21,4 hab.lkm2 en 1800 y unos 30 hab.lkm2 hacia 1850). Paralelamente, la composici6n étnica y cultural adquiri6 nuevos y llamativos perfiles; el mas destacable de los cuales seria el crecimiento deI numero de esc1avos cuyos datos absolutos evolucionaron.
Evolucion de la poblacion en Puerto Rico

Anos 1800 1811 1817 1820 1830 1842 1846 1850
Poblacion Anos 1802 1812 1817 1820 1827 1830 1841 1846

Numero de habitantes 1 155.429 183.014 207.368 230.622 323.838 425.000 462.000 500.000 esclava en Puerto Rico Numero de individuos 13.333 17.536 18.311 21.730 31.875 34.220 44.619 51.216 2

1. En este crecimiento el significado del aporte inmigratorio puede verse en Cifre de Loubriel, E.: La inmigracion a Puerto Rico durante el siglo X/X, San Juan, 1964. 2. Acerca de los esclavos de Puerto Rico, entre los trabajos mas conocidos se encuentran los de : L. Diaz Soler, Historia de la esclavitud negra en Puerto Rico; Morales Carri6n, A., Auge y decadencia de la trata negrera en Puerto Rico... ; L. G6mez Acevedo., Organizacion y Reglamentacion del trabajo en el Puerto Rico del siglo X/X. 21

El aumento de la cifra de esclavos, en términos relativos, supero el 384 par 100 en poco mas de cuarenta anos. Sin embargo, el flujo migratorio, libre y forzado, de blancos y gentes de color, admite otras lecturas tan elocuentes, al menas, coma la simple estadfstica apuntada.

Una sociedad mas

plural

La entrada en vigor de la Real Cédula de Gracias de 1815, unos meses después de su promulgacion, facilito, desde principios de 1816 hasta 1820, la llegada de cientos de familias de nuevas colonos. Al amparo de su Art°. 8 y siguientes bastaba, para instalarse en Puerto Rico, la correspondiente solicitud y hacer publica declaracion de fe catolica y de fidelidad al Rey. Segun 10 dispuesto en los Art°. 22 al 28, se facilitaba simultaneamente la entrada de esclavos y, ademas, se ofrecfan diversas concesiones economicas, incluidas tierras de cultiva, que hacfan ciertamente atractivo instalarse en aquella Isla. Pronto se documentarfa la presencia de los primeras nuevas inmigrantes. Segun Rosario Rivera, en menas de cinco anos entraron en Puerto Rico, acogiéndose a la Real Cédula de Gracias, un total de 3.499 individuos (de ellos 1.105 esclavos) 1. Fueron muchos mas los que llegaron, procedentes del entomo caribeno, del resta de la América espanola, de la Louisiana y de distintos puntas de Europa y, par supuesto de Espana, en el perfodo que va de 1815 a 18502, pero nos interesa resaltar el protagonismo deI grupo aludido par su relevante papel en el inicio de la transicion socioeconomica de Puerto Rico. La mayorfa eran de origen francés y, en menor cantidad, se contaban los italianos, irlandeses, estadounidenses, alemanes,
1. Rosario Rivera, R., La Real Cédula de Gracias de 1815 y sus primeros efectos en Puerto Rico, San Juan, 1995. 2. Tanto los trabajos de Cifre de Loubriel, E., Cattilogo de extranjeros residentes en Puerto Rico en el siglo XIX, Universidad de Puerto Rico, 1962 ; coma la Tesis Doctoral de Rosario Rivera, R., Los efectos de las revoluciones de 1791-1848 en el poblamiento de Puerto Rico, y de la misma autora Los emigrantes llegados a Puerto Rico procedentes de Venezuela entre 18101848, 1992, tratan con mayor extension la emigracion a Puerto Rico. 22

etc., junto a los espafioles desplazados de otras zonas de América. Tal diversidad de lenguas, costumbres y tradiciones supuso, sin duda, un notable enriquecimiento cultural para la nueva sociedad puertorriquefia. Aquellos inmigrantes aportaron una extensa variedad de conocimientos y profesiones, esplritu de empresa y capacidad innovadora, en multiples campos, que se tradujeron en la puesta en funcionamiento de explotaciones relacionadas con el aprovechamiento de los recursos forestales, la construcci6n naval, el comercio y, sobre todo, la agricultura de plantaci6n. En general, los colonos que entonces llegaban a Puerto Rico, eran hombres « abiertos al mundo » con amplia experiencia, en muchos casos, que venlan a reforzar los sectores mas vivos de su pals de adopci6n. Comerciantes, artesanos, profesiones liberales, hacendados..., gentes capaces de dar un fuerte impulso al mundo puertorriquefio.

Capital

huma no y capital

financiero

Ademas de los recursos citados, muchos de los emigrantes instalados en Puerto Rico al amparo de la Real Cédula de 1815 llevaron consigo unos medios financieros nada desdefiables ; maxime teniendo en cuenta las circunstancias, particularmente diflciles, que atravesaba la Isla en este terreno, debido a las secuelas del proceso independentista de la América hispana continental 1. Recientemente se ha hecho una evaluaci6n, con cierto rigor, de los capitales introducidos por los inmigrantes en Puerto Rico desde 1816 a 18202. Sabemos que la suma total dec1arada por ellos a su entrada en la Isla fue de 1.093.142 pesos y de esa cuantia la mayor parte, atendiendo al origen de sus propietarios, correspondla a los franceses, con 308.131 pesos; aunque a titulo individual la cifra mas ele1. Ver E. Cifre de Loubriel, Cata/ogo... A.H.N. Secci6n de Ultramar. Legs. 1.073 y 1.072. En 1812 y 1813, el problema, por la falta de medios de pago, habfa llegado a tales extremos que hubieron de emitirse 500.000 pesos en papel moneda sin adecuado respaldo y poner en circulacion la facilmente manipulable y poco apreciada « moneda macuquina ». 2. R. Rosario Rivera., op. cit., pags. 98 y ss. 23

vada pertenecia a un tal Jacobo de Castro, procedente de St. Thomas, y el nivel media mas elevado la detentaban los colonos de origen escocés. Sin embargo, se trata de unos datos tan solo orientativos por cuanto en realidad las cantidades de dinera trafdas a Puerto Rico por aquellos inmigrantes fueron mucho mayores. Parece evidente que, en algo tan delicado como la dec1aracion del capital posefdo, casi imposible de controlar por las autoridades, se tiende a la ocultacion. Como ejemplo, sabemos que algunos que manifestaron poseer caudales muy reducidos compraron fin cas, casi inmediatamente, par valores muy por encima de 10 que habfan afirmado poseer. En cualquier caso, para estimar el significado de un capital de 1.100.000 pesos, coma mfnimo, bastarfa sefialar que el valor total de las exportaciones puertorriquefias, en 1820, fue de 755.583 pesos y, en 1825, era de 1.116.983 pesos. Ciertamente estarfamos pues ante unas cifras de gran envergadura 1.

Innovaciones tecnol6gicas
Aunque la expresion puede parecer un tanto pretenciosa, tales inmigrantes cooperaron decisivamente a una serie de innovaciones trascendentales en la maquinaria y herramientas empleadas en la produccion agrfcola e incluso en la pequefia industria puertorriquefia. Aprovechando las facilidades concedidas par la Real Cédula de 1815, para la introduccion en Puerto Rico de productos extranjeros y el suave tratamiento fiscal para los mismos, se importaron nuevas utiles con los que labrar la tierra y elaborar los bienes de consuma derivados de las materias primas agrfcolas, asf coma para la construccion de naves, etc. Podrfamos decir que se llevo a cabo una rapida « modemizacion » de los equipos productivos.
1. A.H.N. Seccion de Ultramar. Leg. 1.079. Podrfamos hacer referencia a otros parametros igualmente significativos para evaluar la cifra de 1.100.000 pesos. Asf tendrfamos que en el presupuesto de 1840 para la Isla de Puerto Rico se prevefan unos ingresos totales (rentas fijas + rentas eventuales + rentas arrendadas + rentas adicionales) de 1.030.062 pesos. 24

El sector mas afectado por las « novedades fue el relacionado con el cultivo de la cana y la obtencion deI azucar. Recordemos, al efecto, que el primer trapiche de vapor, que empezo a trabajar, en 1816, 10 instalo en tierras puertorriquenas uno de aquellos colonos, Juan Donzac, de ascendencia francesa, establecido en Guayama. Pronto le siguieron los hermanos Roberto y José Weil Archibald, de raîz irlandesa, y otros mas. Poco mas tarde se introdujo en la Isla el primer trapiche de hierro y fue, igualmente, otro de los nuevos colonos, Fernando Overman, comerciante y hacendado aleman asentado en el partido de Ponce, quien 10 puso en funcionamiento. Destacado papel en la incorporacion de la nueva maquinaria a la economîa puertorriquena tuvo también el comerciante y agricultor francés, natural de Marsella, Juan Garus, que llego a la Isla en 1823 y se avecindo en Ponce. A él se debe la importacion de las primeras desmotadoras de algodon, de los primeros molinos de café de cierta potencia, de prensas de tabaco «modemas », para aquellos momentos, y otras herramientas novedosas. Algo después, en 1827, pero siempre en relacion con la tolerancia establecida por la Cédula de Gracias, el norteamericano Thomas Davidson, avecindado como los anteriores, en Ponce, instalo uno de los primeros aserraderos mecanicos de Puerto Rico. Con ello se abria un nuevo tiempo en la explotacion maderera y en la construccion de pequenos barcos 1.

Los avances

educativos

Otro de los exponentes dei rapido cambio operado en Puerto Rico, a partir de mediados de la segunda década dei siglo XIX, seria el desarrollo de la educacion publica y privada. Hasta 1816 tan solo habîa en San Juan dos escuelas publicas de ninos y cuatro de ninas y en el resto de la Isla existîan aun muy pocas a las alturas de 1819. Si esto ocurrîa con la instruccion primaria, la ensenanza secundaria estaba en parecida situacion, salvo en 10 concemiente a la ofrecida por la Iglesia. Los estudios medios podîan seguirse en los conventos de Santo Domingo y San Francisco, el primero de ellos capacitado para ofrecer grados académicos
1. R. Rosario Rivera, op. cil., pâgs. 106 y ss.

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con validez en todos los colegios y Universidades deI Reino, desde 1788 ; Y el segundo conseguirfa esa misma facultad en 1819. A partir de 1814 se habian creado, también en la capital y bajo el patrocinio deI obispado, una catedra de Gramatica Latina y otra de Moral, a las que se unio una escuela de diseno. Mientras, en otros puntos, funcionaban algunoscolegios de ese mismo nivel, por ejemplo, en Mayagüez, y una escuela de latinidad en San German. Por 10 que se refiere a la ensenanza superior se trataron de poner en marcha diversos proyectos pero con resultados no demasiado halagüenos. En este sentido habrfa que mencionar la apertura de una Escuela de Medicina, por R.O. de 30-11816, que se mantuvo durante poco tiempo. El rumbo politico de corte liberal, impuesto por la Metropoli, de 1820 a 1823, tuvo grandes repercusiones en el ambito de la instruccion publica en Puerto Rico. Por un lado, la labor de la Iglesia se vio cortada por la supresion de sus centros educativos, que no fueron reabiertos hasta octubre de 1823. Por otro, el Estado trato de incrementar el numero y de unificar las escuelas de primeras letras asi como de establecer una uni versidad con catedras de Filosofia (inaugurada el 15-V1822) ; de Fisica Experimental (abierta el 1-111-1823) y de Derecho (que comenzo sus tareas el l-IX-1823) entre otras. Pero el giro deI reinado de Fernando VII otra vez hacia el absolutismo en las postrimerfas de ese mismo 1823, dejo en suspenso, apenas surgidas, la mayorfa de estas ensenanzas. Nuevamente, la ensenanza religiosa recupero la hegemonia y el Colegio de San Ildefonso se convirtio, desde enero de 1825, en el principal establecimiento con catedras de Filosofia, Teologia y Moral y Liturgia Eclesiastica. El Plan General de 16 de Febrero de 1825 contenia las directrices a las que habfan de sujetarse las actividades docentes en todas sus vertientes 1. Habrfa de ser ya en los anos de 1830 cuando mejoraran de forma sensible y mas duradera las condiciones para el estudio. A tal fin, la Instruccion para el régimen y Gobierno de las Escuelas de Primeras Letras, de 21-X-1834 contenia las pautas para organizar la educacion en los primeros niveles, los requisitos para el personal docente, las comisiones supervisoras de la actividad y las entidades que debfan aportar los recursos
1. L. Cruz Monclova, Historia de Puerto Rico en el siglo XIX. 26

para su financiacion. El objetivo principal habrfa de ser la escolarizacion-de los ninos de toda la Isla; aunque, en muchas ocasiones, no se consiguieron los fondos necesarios. No obstante, la iniciativa privada logro paliar parcialmente las insuficiencias deI sector publico y gracias a ello se abrieron escuelas de varios tipos en San Juan, Caguas, Ponce, etc. Una intervencion de los particulares que alcanzo especial relevancia en la ensenanza secundaria y superior, en materias como las matematicas y otros saberes a los que la Administracion espafiola prestaba escasa atencion. A pesar de todas las limitaciones, a mediados de siglo, se vivia ya en unas circunstancias desde el punto de vista educativo mucho mejores de las que existian apenas tres décadas antes. El numero de escuelas de instruccion primaria en Puerto Rico era ya de 114 (81 de ninos y 33 de ninas) ; de elIas, 71 public as y 43 privadas, con un numero de 5.477 alumnos (3.876 ninos y 1.601 ninas). Ciertamenteel nivel de escolarizacion seguia siendo bastante reducido aunque, por desgracia, no muy inferior al de otras zonas de Espana. La calidad de las escuelas dejaba, con frecuencia, bastante que desear y los castigos corporales resultaban, habitualmente, duros en exceso, aun para la época, puesto que el Conde de Mirasol hubo de prohibir su aplicacion en las escuelas, por Orden de 28-V-1845. Pero hubo también centros de notable prestigio, sobre todo privados, como el Liceo de San Juan 0 el de la Concepcion y algunas instituciones docentes de Mayagüez y Cabo Rojo 1. En cuanto a la ensenanza secundaria y superior, respaldada por la Sociedad Economica de Amigos deI Pais, destacaban las Escuelas de Idiomas, Dibujo, Matematicas, Quimica, etc., y las catedras de Derecho (1840), Medicina y Cirujia (1842) y Farmacia; aunque estos estudios no conformaban una verdadera universidad, solicitada reiteradamente por las «fuerzas vivas» de la Isla. Eso si, se dotaba con becas a los alumnos mas brillantes que querfan cursar sus carreras en Europa, (algunos, como José Julian Acosta 0 Roman Baldorioty de Castro, llegarfan a alcanzar justo renombre).

1. A.H.N. Secci6n de Ultramar. Leg. 294. 27

Un nuevo ambiente

cultural

Los signos de transformacion social se apreciaban también claramente, en una vida ciudadana mas activa y modema. San Juan veia remozado su aspecto con la limpieza y el alumbrado de las calles, con la apertura de nuevas instalaciones como el Jardin Botanico (febrero de 1821), y la construccion de importantes edificios, entre ellos el Teatro, (comenzado el 21IX-1824 con fondos adelantados a las autoridades por 58 capitalistas particulares) 1. Al mismo tiempo se intentaba mejorar los correos de la Isla y se acometia, aunque timidamente, el trazado de algunos caminos, necesidad imperiosa por la escasez de vias de comunicacion terrestres, como ya hemos mencionado. Mientras, se manifestaba en los ambientes culturales una auténtica ebullicion, a la cual no era ajena la masoneria. Un buen numero de periodicos salieron a la luz bajo los vientos liberalizadores de 1820-1823 : Ellnvestigador, El Cigarron, El Eco, El Diario Liberal y de Variedades, etc., eran buena muestra de los nuevos aires. También en este caso, las fluctuaciones polfticas marcaron un tortuoso camino, aun cuando el empuje y el interés de la floreciente poblacion puertorriqueÎia acabarian superando los distintos obstaculos. El avance mas sostenido para la etapa que aqui tratamos se proyectaria desde los aÎios treinta y cuarenta del Ochocientos. La Junta de Comercio, a cuya sombra nacio el Bolet{n lnstructivo y Mercantil con su Revista Literaria, y la ya citada Sociedad Economica de Amigos deI Pais se convirtieron en impulsores de la actividad cultural en Puerto Rico 2. * * *

1. A.H.N. Seccion de Ultramar. Leg. 1.071. Acerca de la Sociedad Economica de Amigos del Pais en Puerto Rico pueden tratar especialmente los expedientes n° 32 y 294. 2. Ver P. T. Cordova, Memorias geograficas.... 28

A manera de conclusion, y como escribiamos al principio de estas paginas, el Puerto Rico de mediados del siglo XIX seguia adoleciendo de multiples carencias en 10concemiente a su situacion economica, social, cultural, etc. Pero, respecto a 1815, era un pais distinto, que cerraba una de las etapas mas decisivas de su historia.

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Maria Dolores GONzALEZ-RIPoLL NAVARRO
(<< Centro

de Estudios Historicos », CSIC, Madrid)

Azucar y poli tic a en el Real Consulado de Agricultura y Comercio de La Habana

Résumé en espagnol.- En este trabajo se analiza una de las instituciones ilustradas mas importantes de Cuba y se centra la atencion en el proceso de creacion y arientacion del organismo, sus principales cometidos y la decisiva influencia de Francisco Arango y Parreiio respecta a la composicion de sus miembros, a la luz de las actas de las juntas en los dos primeras aiios de funcionamiento deI Consulado (1795 y 1796).

UANDO EN 1800 HUMBOLDT visitola isla de Cuba, una de las « islas de azucar y de esclavos » 1 de América y, en compania de un selecto gropo de habaneros recorrio la ciudad y los campos que la circundaban, llego a varias conclusiones que plasmo en su conocido ensayo. Si, por una parte, encomiaba los logros del capitan general Luis de Las Casas, de cuya etapa de gobemacion (1790-1796) databan la fundacion de la Sociedad Patriotica, la Junta de Agricultura y Comercio, el Consulado, la Casa de Beneficencia de ninas indigentes, el Jardin Botanico, una catedrade matemâticas y varias escuelas de primeras letras. [...] El omato de La Habana, la abertura deI camino de Güines, la contruccion de puertos y
1. A. de Humboldt, Ensayo politico..., pag. 283. 31

C

diques y la proteccion dispensada a los escritos periodicos convenientes para dar vigor al espfritu publico 1 ; por otra, Humboldt critico duramente el sistema economico que posibilitaba y daba sentido a todo 10 resefiado, es decir, la produccién azucarera a partir de la utilizacién de mano de obra esc1ava que el cientffico aleman consideraba un estigma y un peligro potencial « en un pafs que abre un vasto campo a la civilizacién humana» 2. Esta valoracién en la que subyacfan elementos, en cierta medida, contradictorios (modemizacién institucional y cultural en una sociedad estamental y esc1avista), ha sido desde entonces un lugar comun en la historiograffa de un perfodo de la historia de Cuba en la que otros han crefdo ver también el inicio deI subdesarrollo de la isla asf como el retraso en la forja de sus caracteres nacionales 3. Los fenémenos calibrados para ello han sido la ausencia de diversificacién agrfcola e industrial y la realidad de una inmigracién forzada desde Africa que conllevé una sociedad desigual regida por una minorfa de productores, funcionarios y comerciantes que, sin embargo,
1. Ibid., pag. 167. 2. Ibid., pag. 160. 3. Véase F. Lopez Segrera, Cuba... ; P. Tomero Tinajero, Crecimiento economico y transformaciones sociales. Esclavos, hacendados y comerciantes en la Cuba colonial (/760-1840), Ed. Ministerio de Trabajo y Seguridad Social, Madrid, 1996 ; A. de la Fuente, « i,Decadencia 0 crecimiento ? Poblacion y economia en Cuba, 1530-1700 », Las ra{ces historicas del pueblo cubano (1), monograffa de Arbor, n° 547-548, CXXXIX, jul-ago, 1991, pags. 11-37; G. Garda también insiste en esta idea de « crecimiento para el subdesarrollo », en un apartado del capitulo VI de Ma deI C. Barcia, G. Garda & E. Torres-Cuevas, Historia de Cuba, pag. 259. Respecto a la forja de la nacionalidad, L. Marrero relaciona la promocion azucarera y a sus protagonistas como forjadores de una Cuba rica pero que «en modo alguno hicieron a Cuba », Cuba: econom{a y sociedad, III, pag. VI. M. Moreno Fraginals se cuestionaba como el grado de autonomia conseguido por Cuba en el transito de siglo no desemboco en una independencia inmediata, 10 que podrfa contestarse atendiendo precisamente a la Iigazon de intereses metr6poli-colonia inherentes a esa libertad mas econ6mica que polftica.

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mostraron la coherencia de sus intereses al extraer ventajas de una metropoli agradecida 1. Uno de los foros donde pueden rastrearse precisamente muchas de las estrategias y representaciones elaboradas por los rectores de aquel «mundo oscuro y visceral deI azucar» 2 es el Real Consulado de Agricultura y Comercio que se establecio sobre las bases de la contradiccion antes apuntada 3, es decir, un organismo de origen medieval reutilizado desde el reformismo ilustrado para atender los conflictos de una sociedad en vias de formacion capitalista pero inmersa en la esc1avitud y el colonialismo, 10 que Moreno Fraginals entendio como una institucion de transaccion 0 « extrana simbiosis » entre « dos impotencias » concretas : la deI comerciante que habia perdido su antigua hegemonia y la deI productor carente de dominio economico 4, 10 que podria traducirse en términos estructurales por una Espana agotada como metropoli economica y una colonia mas exigente dada la transformacion que supuso la irrupcion deI azucar cubano en el mercado mundial.

1. A. Kuethe, « Los Ilorones cubanos : the sociomilitary basis of commercial privilege in the American trade under Charles IV», en Kuethe, A. y Barbier, J. (eds.), The North American role in the Spanish imperial economy, 1760-1819, Manchester University Press, Dover, 1984, seiiala la reladon entre la Corona y la oligarquia cubana en la defensa de la isla con la toma de La Habana como referente ; véase también A. AIlahar, «The Cuban Sugar Planters (1790-1820) The Most Solid and Brilliant Bourgeois Class in All of Latin America », The Americas, july 1984,41, pags. 37-57; Pedro P. Rodriguez reivindica, a pesar de las contradicdones, el decisivo papel de los hacendados azucareros en la formadon de la nacion cubana : « Nacion e identidad », Temas, (La Habana), ene-mar, 1995, 1, pags. 95-117. 2. M. Moreno Fraginals, El Ingenia..., I, pag. 111. 3. J. Cayuela Fernandez, « El nexo colonial de una transicion : élite antillana y capitanes generales de Cuba », Cuba la perla..., pags. 239-248, resalta la contradictoria situacion de Cuba de principios deI siglo XIX (nexo, con sus altibajos, entre el grupo propeninsular, los capitanes generales y la politica metropolitana de Madrid) como una consecuencia de 10 ocurrido a fines del XVIII. Véase también su libro junto a A. Bahamonde, Hacer las Américas.... 4. M. Moreno Fraginals, El Ingenia..., I, pag. 107.

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Origen y creaci6n El Real Consulado

de de La Habana

El historiador cubano Jorge Ibarra sefial6 recientemente la importancia de desentrafiar el pensamiento mas representativo de la clase plantacionista de Cuba en 10que denomin6 su atrincheramiento de los cabildos coloniales, en las instituciones de caracter corporativo, entre los funcionarios de la administracion colonial l, punto de vista que nos parece muy interesante recoger y sobre cuya tematica concreta existen hasta la fecha un muy escaso numero de trabajos 2. En el caso especifico de una de estas « instituciones corporativas », el Real Consulado de Agricultura y Comercio de La Habana, contamos con referencias en las obras que tratan la Cuba de fines dei s. XVIII y los treinta primeros afios dei
1. Temas, 1995, 1, pag. 14. 2. Véanse los trabajos de I. Alvarez Cuartero sobre las Sociedades Economicas en Cuba, « Los estatutos de las Sociedades de Amigos deI Pafs de Santiago de Cuba y de La Habana (1783-1791) (dos reglamentos para los ilustrados cubanos) », Boletln de la Real Sociedad Bascongada de Amigos del Pals, San Sebastian, 1993, pags. 49-79, «Elementos renovadores en el crecimiento economico-social cubano: Las Sociedades Patrioticas (17831791) », Boletln..., 1994, pags. 183-196 y su tesis doctoral El esplritu de la Real Sociedad Bascongada en América: las Reales Sociedades Economicas de Amigos del Pals en Cuba (1783-1832), Universidad de Deusto, Bilbao, 1994 (inédita) ; la tesis doctoral de mi autorfa Ciencia, sociedad y cultura en la Cuba de finales del siglo XVIlI: el gobierno de Luis de Las Casas (1790-1796), Universidad Complutense de Madrid, 1992 (inédita) y los trabajos sobre el Real Consulado de Agricultura y Comercio de La Habana de P. J. Lampros Merchant-Planter Cooperation and Conflict. The Havana Consulado, 1794-1832, Dissertation, Tulane University, 1980 y S. Arregui MartfnezMoya, El Real Consulado de La Habana...,. Sobre aspectos parciales de estas instituciones ligados a cuestiones cientfficas puede consultarse la bibliograffa citada por Miguel A. Puig-Samper Mulero, «La historia de la Ciencia en Cuba: algunas reflexiones crfticas », Cuba. Algunos problemas de su historia, Ibero-Americana Pragensia Supplementum 7, Univ. Carolina, Praga, 1995, pags. 143-152. 34

s. XIX (afios de vigencia del Consulado 1) y, cuyos autores coinciden en afirmar la preponderancia deI grupo hacendado y productor, criollo en su mayorfa 2, asi como resaltar la figura de entre otros integrantes de la « Generacion deI 92 » 3 Francisco Arango y Parrefio, sindico deI Consulado y principal inpirador de las acciones encauzadas al aumento de la produccion azucarera, la resolucion de conflictos entre sus protagonistas, la financiacion de ingenios, renovacion de técnicas y mejoramiento de los medios de comunicacion y transporte, sin olvidar la cuestion decisiva de la mano de obra. La creacion de El Real Consulado de Agricultura y Comercio de La Habana se enmarca en la poHtica reformista de los monarcas borbones que fomentaron la fundacion de consulados, primero, en los puertos espafioles habilitados para comerciar con América y que se extendieron a fines deI s. XVIII a ciudades ultramarinas como Caracas y Guatemala (1793), Buenos Aires (1794 ), Veracruz, Guadalajara, Cartagena de Indias (1795) y Montevideo (1812) 4, sin olvidar la

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1. S. Arregui, El Real Consulado de La Habana..., senala la oscuridad que rodea a los ultimos anos de funcionamiento deI Consulado « parecfa como si la creacion de la Junta de Fomento deI Reino, erigida el 5 de enero de 1824 hubiera liquidiado [su] razon de ser », pag. 345. En 1832 quedaba definitivamente separada la Junta de Comercio de la Junta de Fomento y en la legislacion posterior es patente la ausencia deI Consulado. Pag. 346.

El mismo Arango se referfa a que « Por desgracia, ya no queda de
esa Junta mas que las apariencias », Obras, Direccion de Cultura, Ministerio de Educacion, 1952, II, pag. 620. M. Moreno FraginaIs senala que, «como todas las instituciones deI mundo », el Consulado murio « de muerte natural, por envejecimiento, agotada la fuerza que le diera vida », El Ingenio..., I, pag. 112. 2. Compartimos la idea de S. Arregui al considerar que tanto la fundacion de la Sociedad Economica como el Real Consulado « supusieron la formula ideal para reunir a los representantes deI criollismo y a través de ello obtener el fomento agrfcola y comercial y por ende el establecimiento de unos mas fuertes lazos de fidetidad y dependencia », ibid., pag. 30. 3. Véase E. Torres-Cuevas, «Los reformismos cubanos : de Arango y Parreno a Pozos Dulces », in : Sagra y Cuba, l, pags. 37-59. 4. Sobre los Consulados americanos pueden consultarse: E. M. Lahmeyer Lobo, Aspectos da actuaçao dos Consulados de Sevilla, Cadiz e da América hispanica na evolucao econo35

existencia des de el s. XVI de los tradicionales consulados de México (1592) y Lima (1593), de muy diferente carâcter 1. En La Habana, los primeros pasos para su fundaci6n fueron dados por el Cabildo de la ciudad en 1787 con una proposici6n de los individuos id6neos para los principales cargos de la instituci6n que se solicitaba (entre la veintena de nombres solamente se encuentran cinco hacendados) 2. También el Cuerpo de Comerciantes desde los allOS80 dispuso deI primer
mica do século XVlll, Rfo de Janeiro, G. B., 1965 ; M. Moreyra Paz-Soldan, El tribunal del Consulado de Lima. Sus antecedentes y fundacion, Ed. Lumen, Lima, 1950 ; M. Nunes Dfas, El Real Consulado de Caracas, 1793-1810, Academia Nacional de la Historia, Caracas, 1971 ; R. L. Woodward, The Consulado de Comercio of Guatemala, 1793-1871, Xerox Univ. Microfilm, Michigan, 1976; P. Pérez-Herrero, «Actitudes del Consulado de México ante las reformas comerciales borbanicas (1718-1765) », Revista de 1ndias (Madrid), 1983, n° 171, pags. 97-182; A. Ma Carrillo Alvarez, « El Consulado de Puerto Rico. Aportaciones a la historia de su creacian », Anuario de Estudios Americanos, 1984, XLI, pags 617-718 ; J. Ortiz de la Tabla Ducasse (Ed. y estudio preliminar), Memorias politicas y economicas del Consulado de Veracruz, 1796-1822, Escuela de Estudios Hispanoamericanos, Sevilla, 1985 y C. Parran Salas, De las reformas borbonicas a la Republica: El Consulado y el comercio maritimo de Lima, 1778-1821, Academia General del Aire, Murcia, 1995. 1. C. Parron Salas sefiala que la creacion de los nuevos consulados como «auténticos organos de gestion economico-administrativa» a iniciativa deI gobierno metropolitano, desvirtuo el rasgo definitorio de estas antiguas instituciones (México y Lima) basadas en la « demanda espontanea de la comunidad mercantil », en De las Reformas borbonicas..., pag. 14. Sin embargo, la fusion de intereses entre el gobierno, los comerciantes y los hacendados en Cuba llevaran a un comportamiento y estrategias que modifican esta vision « dirigida » de los consulados ilustrados. 2. Ellistado ofrecido en F. Arango y Parrefio, Obras, I, pags. 172173 (en el apéndice I), consta de unos veinte individuos que, cruzados con la nomina de hacendados y comerciantes elaborada por P. Tornero Tinajero en « Hacendados y Desarrollo Azucarero cubano », Revista de 1ndias, jul-dic, 1978, Madrid, pags. 715-739, da como resultado un numero muy reducido de hacendados : Marqués deI Real Socorro, Marqués de Villalta, Conde de Sta. Ma de Loreto, Nicolas Calvo de la Puerta y el peninsular Juan Bautista de Lanz. 36

representante de sus intereses en Madrid con el fin de presionar para la creacion deI Consulado 1. La intendencia se intereso igualmente por el organismo en ciernes y sellalo la conveniencia de que la presidencia le fuera agregada y evitar que pasara a manos del propio Gobernador. Otras fricciones posteriores entre los comerciantes y el cabildo dieron como resultado que éste ultimo decidiera enviar dos delegados ante el monarca para elevar directamente la solicitud deI Consulado 2. En 1788, sin embargo, el apoderado del ayuntamiento de La Habana en Madrid era Francisco Arango y Parrello, «el estadista sin estado» segun Raul Maestri 3, el cual desplego toda su influencia para que la Corona dictara leyes favorecedoras a los productores azucareros, a cuya clase pertenecia y representaba. Asi, desde 1792 en que el Consejo de Estado autorizo la creacion deI Consulado, hasta 1794 fecha de la Real Cédula que 10 ponia en marcha 4, Arango habia tenido tiempo para concebir un organismo mas audaz y netamente favorecedor de los hacendados que denomino Real Junta Pro-

1. Véase S. Arregui, «La fundacion del Real Consulado de La Habana, 1794 », Anales de la Universidad de Murcia, XLI, n° 3-4, 1983, pags. 43-94, que detalla los pormenores de creacion deI Consulado y sefiala que los representantes de los comerciantes habaneras en Madrid fueran el abogado de los Reales Consejos Francisco Garda Berduc y después los directores de la Compania de lonjistas de la capital. 2. Ibidem. Se reunirfa una vez al mes, compuesto de prior, consules, consiliarios, tesorero, secretario, contador (los tres ultimos sin voto), dos Juntas Generales (primeras dias de enera y ultimos de diciembre). Se hada referencia a diferentes personas que habian colaborado para lograr su creacion : Lorenzo de Quintana, Mateo de Reigadas, José Manuel Lopez, Manuel de Quintanilla, Bernabé Martinez de Pinillos y Juan de Cabo. 3. R. Maestri, Arango y Parrefio, el estadista sin estado, La Habana, Secretarfa de la Educacion, Direccion de Cultura, 1937. 4. «Autorizacion para la ereccion deI Consulado de La Habana en Consejo de Indias », 19 de octubre de 1792 y « Real Cédula de ereccion deI Consulado de La Habana » el 4 de abril de 1794, ambos documentos en el Archivo General de Indias, Santo Domingo, 2190. 37

tectora de Agricultura 1. La Corona sanciono, sin embargo, una institucion como las -que se estaban creando en otros lugares de América, de mayor vinculacion entre Real Hacienda y Comercio y organismo, en fin, aglutinador de comerciantes y hacendados (a la vez Junta Economica y de Gobiemo y Tribunal Mercantil) para promover con igualdad y sin predilecci6n el bien de unos y otros para el adelantamiento de la agricultura y el comercio, la mejora en el cultivo y beneficio de frotos y la circulaci6n interior 2. Arango, ante la fuerza de los hechos y, como sefiala Arregui, «no habiendo sido creada la Junta Protectora de Agricultura, procuro hacer deI Consulado la institucion que habfa querido que fuese, valiéndose de él para sus intereses y los de su clase » 3. Por ejemplo, dos meses antes de la emision de la Real Cédula de creacion del Consulado, Arango se permitio hacer ciertas correcciones a su estructura definitiva, que fueron aceptadas y plasmadas en la citada Cédula, tendentes a otorgar el cargo de juez de alzadas y la presidencia al gobernador y capitân general, Luis de Las Casas, quien, esta de mas recordar, tenfa intereses azucareros 4. Ademas, elaboro un listado (apéndice II) de las personas idoneas para cubrir los cargos del Consulado que, esta vez, sf correspondfan al sector que representaba: de los 31 componentes 14 eran hacendados, es decir, el numero de los productores azucareros aumentaba considerablemente respecto a la primera proposicion deI Cabildo (apéndice I). Por ultimo sefialar que el cargo de sfn1. F. Arango y Parrefio concibi6 esta instituci6n « que proteja interior y exteriormente la agricultura» como parte de un « Proyecto » (artlculos 10 a121) en su «Discurso sobre la Agricultura de La Habana y medios de fomentarla », Obras, J, pags. 156159. 2. «Real Cédula de erecci6n del Consulado », articulo 21, AGI, Sto. Domingo, 2190. 3. S. Arregui, El Real Consulado..., pag. 68. M. Moreno Fraginals habfa sefialado que el Consulado se hizo no a instancias de Arango sino a su pesaro 4. Luis de Las Casas «estaba emparentado cercanamente con la oligarqufa habanera. Con su inc1usi6n en el Real Consulado se cierra el cerco azucarero, productor y familiar », M. Moreno Fraginals, Ellngenio..., J, pag. 108. 38

dieo otorgado a Arango de modo vitalicio - 10 que eonstitufa una novedad - Ie eonfirio un enorme poder de aecion 1.

Funcionamiento del Consulado
Del ingente material que puede eonsultarse sobre el Consulado de La Habana, este apartado se centra en una doeumentaeion muy especffica, las Aetas de las Juntas que, de aeuerdo a la opinion de P. Pérez Herrero con respeeto a las deI Consulado Mexieano, eonstituyen fuentes de informacion mucho mas completas que los escritos oficiales [...] porque [en ellas] se exponian eombativamente y de forma direeta y clara los puntos de vista de cada uno, mientras que en los informes, representaciones etc., que se enviaban a la peninsula [...] las opiniones 0 ataques estan suavizados 2. Las Aetas reflejadas se limitan a los dos primeros afios de funcionamiento deI Consulado, correspondientes a los ultimos de gobemaeion de Luis de Las Casas (1790-1796) 3, etapa de bonanza eomercial y de disefio de una polftiea netamente azu1. Listado presentado por F. Arango y el conde de Casa Montalvo en Madrid, 20 de enero de 1794, la R. Cédula se emitio en abril (AGI, Sto. Domingo 2190). La Junta Economica y de Gobierno del Consulado quedaba integrada por : un prior, dos consules, un sindico, nueve consiliarios (y sus trece tenientes respectivos), secretario, contador y tesorero, de los que corresponderfan a la c1ase de los hacendados el prior y los consiliarios 1,2,5,6 y 9 y a los comerciantes los dos consules y los consiliarios 3, 4, 7 Y 8, siendo el sindico indistintamente hacendado 0 comerciante. La Junta dictada por Arango junto al Conde de Casa Montalvo, nombrado prior, permanecio practicamente estable hasta 1803. Respecto al Tribunal Mercantil, el Capitan General era también su presidente y en caso de ausencia era sustituido por el sindico, o sea, Arango. 2. «Actitudes deI Consulado de México... », op. cit., pags. 101102. 3. El Consulado inicio sus tareas el 10 de abril de 1795 (el Tribunal Mercantil el 16 de junio). Rasta el 21 de diciembre de 1796, hubo 84 sesiones, 74 de ordenanza y 10 extraordinarias, con una duracion, la mas corta de 2 horas, muchas de tres y algunas de 4 horas. En el Tribunal de Alzadas se siguieron 320 causas y mas de 60 recursos. ANC, Real Consulado, folleto, c. 160, n°. 6. 39

carera que no queda tan expresada en la'forma de enunciar las tareas del Consulado 10 que, segun Moreno Fraginals, « revela el lenguaje hipocrita convencional de la clase que surge », pero cuyos contenidos, tanto la mejora de las comunicaciones como el fomento de la poblacion, el avance cientifico-técnico de la produccion y el aumento deI comercio, referian al dulce 1. Deacuerdo a la estrategia propagandista deI Consulado, los primeros acuerdos reflejados en las Aetas, se refieren a la publicacion de la cédula de fundacion y su envio al Papel Periodico y Sociedad Economica que Arango se cuida en definir como « cuerpo que con tanto lustre la habia precedido en el ejercicio de muchas de sus funciones » 2, asi como la exposicion de grandes carteles en lugares visibles para el publico que anunciaban la creacion de un organismo destinado a dar solucion a muchos de los problemas que Arango describia con tintes sombrios al senalar el triste estado de nuestras costas, desamparadas de buques de guerra e infestadas de enemigos que a vista nuestra nos apresan las embarcaciones : los perjuicios que par esta sufren los hacendados y comerciantes ; aquéllos en la pérdida de sus frutas que conducen par mar desde sus ingenios y estas en la de los cargamentos que les remiten de Espana y otras partes y finalmente los males que resultan de hallarse interrumpido el trâfico, as! con la metr6poli coma con los puertos de estas Américas 3. Considerada legitima la ausencia en las Juntas de quienes se encontraran cuidando sus haciendas, 10 que ocurria la mayor parte deI ano 4, se decidio reducir el quorum minimo para tomar decisiones y, a instancias de Arango acordar que, en caso de urgencia y sin mediar reunion y acuerdo de la Junta, « lleven la voz y hagan las veces de la misma junta los sres
l. «Es aun la época de los mantas piadosos », de « eufemismos que envuelven un contenido puramente azucarero », El Ingenia..., I, pag. 109. 2. Junta de Gobierno del Consulado (= JGC), 29 de maya de 1795. ANC, Junta de Fomenta, leg. 161, n° 161. 3. Ibidem. 4. Ibidem.

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