Le ventre de la France

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Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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EAN13 : 9782296337534
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LE VENTRE DE LA FRANCE

Historicité et actualité agricoles des régions et départements français

@ Éditions l'Harmattan, ISBN: 2-7384-5260-4

1997

Pierre CARRÉ

LE VENTRE DE LA FRANCE Historicité et actualité agricoles des régions et départements français

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

FRANCE

ADMINISTRATIVE

PRÉFACE: "LE VENTRE DE LA FRANCE"
Par Luc GUYAU Président de la FNSEA
*****************

ENTRE

POUR UN NOUVEAU CONTRAT LA SOCIÉTE ET SES AGRICULTEURS

Nous, agriculteurs,

sommes fiers de notre travail. Je vous

invite donc chaleureusement à découvrir" Le ventre de la France" avec Pierre CARRE.
A travers les chiffres bien documentés qu'il cite, avec son vocabulaire simple et coloré, c'est toute la richesse de nos régions et de nos produits agricoles, leur diversité, mais aussi le travail des hommes et des femmes qui font l'agriculture française, qu'il restitue. Aujourd'hui, à l'aube du XXème, siècle, nous vivons à nouveau une extraordinaire mutation de notre métier car les attentes de la société à notre égard ont changé. La société française est devenue urbaine à 800/0et, dans les zones rurales, nous, agriculteurs, sommes devenus minoritaires. Le besoin de produits alimentaires à des prix compétitifs est naturellement toujours présent dans notre société. S'y ajoutent désormais une exigence de qualité et de sécurité, ainsi qu'un besoin d'espaces, de paysages, de services liés au territoire, de qualité de l'eau, de l'air, qui

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expriment une demande France et en Europe.

croissante

de qualité

de Vie en

Alors que les charges agricoles se mondialisent, nous savons que la recherche exclusive de la productivité et de la compétitivité conduira à la disparition de la majorité de nos 700.000 exploitations et ne nous permettra pas de répondre à la demande de la société en matière d'emplois de qualité, d'espace et d' environnement. Nous ne vous voulons être ni les" mercenaires de l'agroindustrie ", ni "des jardiniers de la nature" rémunérés par l'Etat. Sur des exploitations nombreuses, à responsabilité personnelle et à taille humaine, nous voulons pouvoir vivre de nos activités professionnelles, vente de produits et de services; nous voulons aussi garder l'espace rural ouvert et accueillant pour tous, ménager les ressources et le patrimoine des générations futures. C'est ainsi que nous parviendrons au renouvellement des générations d'agriculteurs. C'est ainsi que nous trouverons une considération renouvelée pour notre métier et que nous obtiendrons une juste rémunération pour notre travail. A la FNSEA, nous proposons aux Français de renouveler sur ces bases le contrat entre la société et ses agriculteurs. En choisissant de construire une société plus responsable et plus solidaire, développons ensemble une agriculture durable et citoyenne dans les vingt prochaines années.

Luc GUYAU Président de la FNSEA

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INTRODUCTION

Notre roi Henri IV (1553-1610), roi des Français de 1589 à 1610, souhaitait à to.utes 'les familles françaises " la poule au pot du dimanche" SULLY, son fidèle conseiller avait comme devise: "pâturage et labourage sont les seules vraies richesses de la

France".

.

Combien ces formules concises sont d'actualité. Cet ouvrage est un résumé de la production agricole de nos départements groupés par région. il nous montre la progression de notre première richesse nationale depuis plus de cinquante ans. Louons la fantastique transformation de notre agriculture, de l'élevage, des provinces, des villages, des bourgs, des champs, des paysages, des hommes. Combien nos paysans ont été courageux, inventifs, travailleurs et pas toujours récompensés comme ils le méri tent! La progression de l'agriculture permet de nourrir des millions d'habitants en France, dans la Communauté Européenne et dans le monde. L'agriculture a donné industrie agro-alimentaire naIssance qui traite à une fantastique des tonnages de 7

conserves, de produits surgelés, de plats cuisinés, fromages et manipule des sommes considérables.

de

Les pur-sang de nos élevages qui courent sur tous les hippodromes du monde. Louons l'importance de nos vignobles, la qualité et le renom des grands crus. et n'oublions pas le champagne sans lequel dans le monde, aucune fête, aucune signature internationale ne saurait se terminer. Cet ouvrage est aussi une leçon de géographie, pour que les jeunes apprennent et pour que les autres se souviennent. Chapeau à la terre de France!

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LA RÉGION ALSACE 2 départemen.ts:

le Haut-Rhin (67) et le Bas-Rhin (68).

LE HAUT-RHIN

Chef-lieu de département: COLMAR Population totale: 671.000 habitants. Superficie totale: 353.286 ha.

- Les sols de montagne représentent 92.000 ha vers 900 à 1.000 mètres d'aIt. -les sols de collines sous-vosgiennes représentent 15.000 ha très diversifiés -les sols du Jura de Ferette représentent 13.000 ha dans un climat pluvieux. - les sols du Sundgau représentent 97.000 ha de sols riches. - les sols de la plaine représentent 135.000 ha formés des déjections des torrents vosgiens. - La plaine de l'Ill représente 33.000 ha à vocation agricole. - La Basse-Terrasse rhénane représente 62.000 ha Cette région est parsemée de régions tronquées que l'on nomme "Heuschiene" . - Les Rieds représentent 6.000 ha de prairies plus ou moins humides. 9

- Les Terrasses rhénanes récentes représentent où les cultures souffrent de sécheresse.

16.000 ha.

Les plus hautes cimes de la chaîne des Vosges se trouvent dans le Haut-Rhin. Sept sommets dépassent les 1.300 m et le plus elevé, le Grand Ballon, atteint 1.426 m. La hauteur moyenne de la ligne des Vosges est de 1.050 m. Les caractéristiques des montagnes des Vosges sont les sommets arrondis connus 'sous le nom de ballons. Leur versant vers la plaine du Rhin présente une pente plus abrupte que le versant occidental. Le plus souvent les coteaux ont des formes arrondies. A l'exception de la Suarcine, qui parcourt au sud-ouest une petite partie du département appartient au bassin du Rhône, tous les cours d'eau du Haut-Rhin se déversent soit directement, soit indirectement dans le Rhin. Le Haut-Rhin comprend 741 cours d'eau d'une longueur totale de 2.380 km qui appartiennent au bassin du Rhin. Le Rhin sépare le département, sur toute sa limite est, du pays de Bade. Sa largeur moyenne est de 200 à 250 m. La régulation de son cours réalisée dans la deuxième moitié du dernier siècle a produit un affaissement très sensible du plan d'eau dans toute la plaine qui borde le Rhin. L'Ill, long de 217 km coule parallèlement au Rhin qu'il rejoint
.

en aval de Strasbourg. Un certain nombre de lacs servent de
barrages-réservoirs. Le climat est continental, avec des étés chauds et secs, parfois orageux et des hivers rigoureux. La pluviosité sur les hauteurs est de 2.000 mm et de 700 mm en plaines. Les vents soufflent en général selon l'axe de la vallée rhénane avec tme prépondérance très nette des vents du sud pendant les quatre saisons. La région de Colmar est sujette aux coups de vent pendant les orages, sinon le vent y souffle modérément.

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UTILISATION

DU SOL PENDANT

L'ANNÉE 1994

73.000 ha. 3.490 .. 1.550 .. 1.630 .. 5.300 .. 3.250 .. 12.900 .. 420 .. 8.720 .. Surfaces toujours en herbe 28.700 .. Les cultures diverses couvrent une surface agricole 140.000 ha. Oléagineux Betteraves industrielles Pommes de terre et lég. frais Fourrages annuels Prairies Jachères Cultures fruitières Vignes PRODUCTION ANIMALE

Céréales

de

Cheptel bovin: 63.500 bêtes dont 24.100 vaches laitières Cheptel porcin: 23.000 porcs. Cheptel ovin: 10.700 brebis, agnelles, Cheptel caprin: 1.450 chèvres et chevrettes. Production de lait: 1.243.000 hl. Livraison à l'industrie: 1.026.000 hl. LA CULTURE DE LA VIGNE Implanté de longue date sur les collines sous-vosgiennes, le vignoble alsacien occupe une étroite et longue bande de terrain de 120 km, partant schématiquement de THANN au sud pour se terminer vers MARLENHEIM au nord. Tout au nord en bordure de la frontière allemande, se trouve une enclave isolée, le vignoble de Cleebourg. L'altitude moyenne varie de 200 à 400 m. Une centaine de localités parsèment cette zone viticole.

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Les sols ont une très grande homogénéité liée aux importants mouvements tectoniques subis dans la région. La dominante est calcaire et marneuse de nature basique. Ces sols typés impriment aux vins des caractéristiques particulières d'où se dégage la notion de terroir. A l'inverse de la plupart des autres vignobles, les vins d'Alsace sont commercialisés sous le nom de cépage. Les différentes variétés ont été classées en deux groupes :' - Groupe 1: il comprend les cépages de bas chasselat, sylvaner, auxerrois, pinot blanc et cépages en mélange

(edelzwiker) qui représentent 41,1% de l'encépagement. Une
proportion importante d'auxerrois et de pinot utilisée pour l'élaboration du crémant. blanc est

- Groupe 2: il regroupe les cépages les plus nobles: riesling, pinot gris et noir, muscat et gewurztraminer, ce groupe constitue 58,6% de l'encépagement et comprend les fleurons des vins d'Alsace. Le rendement moyen de tous les cépages confondus avoisine 80 hl/ha. Selon les densités de plantation, les temps par hectare hors récolte s'échelonnent de 300 à 500 heures. La récolte manuelle nécessite en moyenne 200 heures par ha. LES FORÊTS: 3 catégories

- Les zones de montagne: Vosges granitiques et Jura alsacien, caractérisés par un taux de boisement supérieur à 55% et par une majorité de peuplement résineux et mixtes.
- la zone de transition: représentée par les collines sousvosgiennes, transition entre la montagne et la plaine, comportant une proportion encore assez forte de peuplements résineux et mixtes.

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- les zones de plaine: aux taux de boisement variant de Il à 39%, dont la proportion de peuplements feuillus purs avoisine les 90%. Les futaies mélangées: les conifères-feuillus occupent un minimum de 25% dans la composition du peuplement. Ces futaies représentent 30.250 ha. Les futaies de hêtres: ce type couvre 9.370 ha. Les futaies de chênes: les chênes rouvres ou pédonculés représentent plus de 50% du couvert. Ces futaies couvrent 4.240 ha. Les futaies de feuillus mélangés: elles couvrent 3970 ha. Le mélange futaie-taillis: il couvre 27.510 ha. Les taillis simples: ils couvrent 7.830 ha. Les peuplements morcelés feuillus: ce sont des boisements dispersés dans les zones agricoles. Ils couvrent 8.720 ha. Les boisements lâches: ces formations boisées se sont installées spontanément sur d'anciennes friches; elles couvrent 2.620 ha. Les peuplements de fonds de vallée: ils forment des franges boisées et couvrent 1.790 ha le long des cours d/eau. La hêtraie d'altitude : c'est un peuplement pur de hêtres localisé dans les Vosges granitiques et couvrant 1.200 ha.
LE BAS-RHIN

Chef-lieu du département est STRASBOURG. Surface totale du département: 480.000 hectares. Population totale du département: 953.000 habitants.

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RÉPARTITION

DU TERRITOIRE

SAD des exploitations 194.900 ha. Vignes: 5.737 ha. Surfaces boisées: 171.200 ha. 9.420 unités de production supérieure

à 1 ha.

Population agricole: 5%: 46.000 personnes environ. Entre 1979 et 1992, la population agricole a diminué de

25 %.
PRODUCTIONS VÉGÉTALES

1er producteur de houblon: 10.349 q. 1er producteur de choux à choucroute: 478.500 qx. 1er producteur de tabac: 42.875 q. 3° producteur de maïs: 5.784.600 q. 17° producteur d' asperges : 5.440 q. 14° producteur de vin AOC: 522.067 hl. 16° producteur de betteraves à sucre: 2.156.443 q. Blé tendre: 1.691.800 q. Maïs: 5.784.600 q. la superficie de maïs a doublé en 12 ans. PRODUCTIONS ANIMALES

Bovins: 130.000 dont 35.000 vaches laitières. Porcins: 70.600 dont 7.500 truies. Ovins: 36.300 dont 24.300 brebis mères. Volailles Gallus: 1.874.000 dont 980.000 poulets chair. Poules pondeuses: 720.000. oeufs: 221.500.000. Lapins: 227.000. Lait: 2.050.000 hl.

de

Le cheptel bovin a connu au cours de la dernière décennie une forte réduction due à la diminution du troupeau laitier.

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Le cheptel porcin enrégistre une concentration de ses effectifs dans des élevages de plus en plus importants. 73.000 porcs charcutiers contrôlés en 1987. 104.600 porcs charcutiers en 1994. Le cheptel ovin est en régression constante faute d'une véritable organisation économique: 36.000 bêtes. PRODUCTIONS AGRO-ALIMENTAIRES ALSACIENNES 1992/93 Fabrication de charcuterie, conserves de viande: 42.223 tonnes. dont viande séchée, salée, fumée: 7.537 tonnes jambons cuits: 2.642 tonnes saucissons cuits: 7.101 tonnes saucisses: 13.450 tonnes. produits laitiers: lait liquide: 1.437.000 hl. produits frais: 34.178.000 hl. crème de consommation: 123.690 hl. meunerie, livraison de farine: 275.000 tonnes biscuiterie: 17.800 tonnes malterie: 267.000 tonnes. fabrication d'aliments pour animaux: 130.000 tonnes. brasserie: 9.940.000 hl. chocolaterie: 129.000 tonnes confiserie: 21.500 tonnes L'HISTOIRE DU BAS-RHIN DE 1946 A 1955

La Deuxième Guerre mondiale s'achève en 1945. L'Alsace a payé un lourd tribut au conflit, avec des destructions massives, un champ de ruines, et beaucoup de personnes disparues. Tout ou presque est à reconstruire et à réorganiser. La rénovation du pays passe par l'agriculture chargée de nourrir la population. La relance de la production s'avère très difficile, les terres étant minées, les exploitations étant sinistrées, le 15

cheptel décimé, la main-d'oeuvre rare. Pour combler l'absence de quelque 7.000 prisonniers allemands sont envoyés sur les exploitations agricoles du Bas-Rhin. Les pouvoirs publics mettent en place avec la profession, des Comités départementaux d'action agricole. Les services du Génie Rural entreprennent le déminage. La toute récente Fédération départementale des syndicats d'exploitations agricoles lance son journal qui écrit " La France doit produire dans l'intérêt de tous les Français, il faut aux paysans des semences, des engrais, des aliments pour le bétail, des bonnes matières, des carburants, des chaussures, des vêtements, du fer et des clous. L'objectif est la production, l'organisation et la formation des jeunes. En 1947, après un hiver très rude, la situation est telle que le pain est rationné à 200 g par personne. Le 30 janvier 1948, une poignée de militants crée le Cercle des Jeunes de la CGA. La même année, le ministre Pierre Pflimlin pose la première pierre de l'école ménagère d'Erstein qui accueillera chaque année 45 jeunes femmes rurales. En 1949, 15.000 producteurs de lait créent le bassin laitier de Strasbourg. 1950 débute par une manisfestation de planteurs de tabac. En mai 1950, plus d'un millier de travailleurs yougoslaves, qui fuient le régime de Tito, arrivent dans les exploitations agricoles du département. En septembre 1950, Strasbourg. accueille le congrès de la Confédération européenne de l'Agriculture. Au bout de cinq ans, l'oeuvre de redressement de l'agriculture du Bas-Rhin commence à porter ses fruits. Mais la motorisation est encore modeste. Les maladies et les insectes causent encore beaucoup de pertes. Toute la profession lutte contre la tuberculose, la fièvre aphteuse, la brucellose, mais aussi contre les doryphores, les hannetons, les mauvaises herbes. Les produits de traitement contre tous ces parasites arriveront vers les années 1955 et : avec les nouvelles semences, ils vont améliorer très nettement la productivité et la qualité.

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La reconstruction bat son plein mais tous les dommages de guerre ne sont pas encore réglés. Les tracteurs commencent à faire leur apparition en 1951. Au nombre de 800 cette année-là, ils sont 4.000 5 ans plus tard 4.000 et les premières moissonneuses-batteuses arrivent. Au printemps 1953, les paysans protestent contre la hausse des impôts. Le gouvernement crée les Sibev, Interlaits, et un fonds de garantie mutuelle, ainsi que l'attribution de prêts "d'installation" pour les jeunes. A noter qu'en 1955 la meilleure vache française a produit 4.257 kg de lait. Le 25 février, 2.000 agriculteurs bas-rhinois manifestent à Strasbourg contre l'exode rural et la disparition des exploitations. L'HISTOIRE de 1956 à 1965 Maintenant que l'agriculture bas-rhinoise a retrouvé ses moyens de production, il faut l'améliorer. Pour cela trois objectifs sont envisageables : l'augmentation quantitative des productions, la réduction des coûts de production et l'allègement du travail des agriculteurs et de leurs familles. L'étroitesse et la dispertion des parcelles, le mauvais état du cheptel freinent le recours à la mécanisation. Priorité est donné à la restructuration foncière. En 1959, 42 communes sont remembrées (14.500 ha) 50 sont en cours de remembrement (22.000 ha), et 50 en ont fait la demande (25.000 ha). Les professionnels prônent la spécialisation grâce aux cultures spéciales comme le tabac, le houblon, la vigne, les fruits. L'utilisation en commun de machines et matériels agricoles est organisée. Les structures collectives sont appelées à collecter, valoriser et commercialiser les produits agricoles. En 1958 la motorisation fait une percée remarquée 5.000 tracteurs, 250 moissonneuses-batteuses et quelques cueilleuses mécaniques de houblon. Les nouveaux produits de traitement arrivent sur le marché. L'insémination artificielle est appliquée à 30.000 bêtes en 1988. Les éleveurs se regroupent en défense sanitaire.Tout cela demande un gros effort de formation professionnelle. Les écoles 17

saisonnières, les centres intercommunaux postscolaires, les groupements de vulgarisation se multiplient, ainsi que les séances de démonstrations. En 1956, les syndicalistes se mobilisent pOlIr dénoncer la baisse des prix du lait et les manifestants barrent les routes. En 1957, l'Assemblée nationale vote l'indexation des prix agricoles. En 1959, le gouvernement Debré supprime cette indexation; alors 8.000 agriculteurs se réunissent à Strasbourg pour assurer la rentabilité des entreprises agricoles. En 1958 , 40.000 dossiers de dommages de guerre sont réglés par le service des armées et par la visite du général de Gaulle en novembre 59. En 1960 est votée la loi du Forma (Fonds d'orientation et de régularisation des marchés agricoles) et des Safer. Dès 1960, la politique agricole s'européanise progressivement. Les accords historiques sont signés entre les six pays de la CEE, pour la libre circulation des céréales, porcs, oeufs, volailles. L'année suivante ils s'appliquent aux produits laitiers, à la viande bovine, au riz. Mais, en 1965, la politique de la "chaise vide" bloque le marché commun. TI s'agit d'accélérer la restructuration foncière et l'aménagement des structures, de soutenir les marchés, de prendre des mesures sociales. Des structures juridiques originales (Gaec, Gia, Sica) encouragent les regroupements et le travail en commun. L'assurance maladie devient obligatoire en 1961. L'indemnité viagère de départ est instaurée en 1963 ; le fonds de garantie contre les calamités agricoles voit le jour en juillet 1964. Avec l'agrandissement des structures et l'apparition de nouvelles espéces, le blé de printemps connaît une certaine extension. L'orge maintient sa place de deuxième dans le département, les surfaces en avoine progressent. Avec 5.000 ha, le maïs progresse grâce à la variété "Rika". Le tournesol est testé pour la première fois en 1962 à Roppeheim. La pesée des rations alimentaires pour les vaches laitières dont les meilleures produisent 4.500 litres par an

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apparue ainsi que le contrôle des naIssances pour les taurillons. En1964, le premier groupement de producteurs de viande, la Siporc, et plus tard la Copvial. Le premier Salon international de la machine agricole à Paris est inauguré en 1964. La récolte du maïs avec l'aide de l'armée en 1965 a aidé les prOdtlcteurs. L'HISTOIRE DE 1966 A 1975

Au terme d'un marathon, le 25 juillet 1966, les six pays de la CEE donnent naissance à la Politique Agricole Commune. Les produits sont soumis à des règles communes, à des prix communs, à l'exception du tabac, des pommes de terre, de la viande ovine, du vin et des fleurs. L'Europe verte vient de faire un pas en avant. En 1968 un nouveau pas est fait avec la disparition des droits de douane au sein du Marché Commun. Ce sont des tarifs douaniers communautaires. Les formidables gains de productivité commencent à inquiéter la CEE. En 1968, Sicco Mansholt préconise un plan pour lutter contre la surproduction laitière: vives réactions dans toute la paysannerie. De grandes manifestations se déroulent dans toute la France en octobre 1967. La construction européenne progresse et, le 3 décembre 1969, l'Irlande,! a Grande-Bretagne, le Danemark, et la Norvège demandent à entrer dans la CEE. Les progrès techniques et technologiques se poursuivent. En 1970, il Y a dans le Bas-Rhin 17500 tracteurs et on envisage d'utiliser des ordinateurs pour calculer les rations alimentaires des animaux. L'utilisation de l'azote liquide facilite le stockage de doses pour l'insémination artificielle. En 1968, le rendement moyen en blé atteint 52 quintaux à l'hectare en Alsace. La France est devenue le premier producteur de blé en Europe. En 1973 les SIX sont devenus NEUF à la CEE. Les productions ayant augmenté les prix baissent et la crise éclate... Le 23 mars 1971, 100.000 paysans européens se 19

réunissent à Bruxelles, où les incidents sont nombreux et violents. En 1974, la situation n'a pas changé, le 15 février, 2.000 agriculteurs alsaciens manifestent devant le palais de l'Europe. Dans le Bas-Rhin 6 à 7.000 tracteurs défilent sur les routes et dans les villes. En 1971, la coopérative des planteurs de tabac voit le jour. En 1972 la filière lait se dote d'un laboratoire. Sont créés les gîtes ruraux et le relais départemental du tourisme rural. Désormais 214 communes sont remembrées, ce qui représente 115.800 ha. L'HISTOIRE DE 1976 A 1985

L'année 1976 reste comme l'année de la sécheresse Cette catastrophe climatique provoque des pertes estimées à 500/0. La faiblesse du dollar (4F) met l'agriculture dans une mauvaise position en ce qui concerne tous les produits exportés. En 1979, la CEE met en place le système monétaire européen (Sme) et crée l'Ecu afin d'améliorer les mécanismes de solidarité financière. Six pays membres adhèrent à la Sme, la Grande-Bretagne restant en dehors. En 1979, la communauté signe le protocole d'adhésion de la Grèce et, peut-être, de l'Espagne et du Portugal. En janvier 1979, les betteraviers revendiquent l'augmentation du quota de la sucrerie d'Erstein. Les salariés de la SEITA défilent à Strasbourg en mai 1980 et, cette même année, la concrétisation, après un long et difficile processus, de la restructuration des entreprises laitières donne naissance à l'usine "l'Alsace Lait." En 1981 le dollar monte à 6 F et, en février 1985, il est à 10 F; Le franc est dévalué à trois reprises. Les Etats-Unis se montrent très agressifs dans les négociations du GATT. le 23 mars 1982, 120.000 paysans manifestent à. Paris. le 23 mars 1985, 10.000 agriculteurs français et allemands font cause commune sur le pont du Rhin. Cette période se caractérise par le début de la forte restructuration des exploitations laitières sous l'impulsion 20

des primes à la cessation, des primes pour la culture du maïs et du tournesol, l'arrivée des machines à vendanger et l'application de l'électronique aux machines agricoles. L'HISTOIRE DE 1986 A 1996 La CEE comprend 12 membres et, en outre les bouleversements à l'Est modifient les données géopolitiques du vieux continent. En 1988, le traité de Hanovre ouvre les voies de l'union monétaire au marché unique fixé à 1993. Le libéralisme sauvage pénalise les productions européennes. Les organisations agricoles réagissent en adaptant leur politique d'orientation et de développement.. Le 18 decembre 1986, 2.000 tracteurs défilent sur les routes du Bas-Rhin. Le 5 decembre 1987, les syndicats bloquent l'entrée des abattoirs de Strasbourg aux arrivages de porcs hollandais. JI Copvial voit le jour en janvier 1987. L'usine Alsace Lait" est inaugurée en mai 1987. En 1990 l'empire soviétique se disloque et les pays de l'Est s'ouvrent à l'économie de marché. L'agriculture subit de profonds bouleversements avec la réforme de la Politique agricole commune LA PRODUCTION LAITIÈRE

En 1946, 45.000 vaches et 15.000 chevaux avaient disparu au profit des armées, privant l'agriculture de ses moyens de production. En 1948 les vaches sont au nombre de 90.000 mais elles ne produisent qu'environ 2.000 litres de lait chacune par an, alors qu'en 1994 elles produiront entre 5.500 et 6.700 litres. En 1960 l'effectif est de 103.000 bêtes mais, depuis cette date, leur nombre ne cesse de diminuer: 70.000 en 1970, 35.100 en 1994. Les producteurs, dans ces mêmes années, sont passés de 15.000 à 1.100 actuellement.

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L'INSÉMINATION

ARTIFICIELLE

C'est en 1946 que le ministère de l'Agriculture a lancé le principe de l'insémination artificielle pour l'amélioration génétique du cheptel. Les éleveurs considéraient cette pratique comme perverse et contre-nature. La coopérative pour l'insémination a été créée en 1948. TIest vite apparu plus facile de faire appel à l'inséminateur que d'amener une vache au taureau. En 1950 quatre coopératives fonctionnent et, en 1951, 2.221 éleveurs y adhèrent 5.370 inséminations sont réalisées à partir de 8 taureaux. A l'époque, une insémination ne coûtait que 1200 F. En 1974, les producteurs de porcs font aussi appel à l'insémination. Aujourd'hui la coopérative détient 60 taureaux et réalise 7.000 inséminations bovines. LA PRODUCTION DE VIANDE BOVINE

En 1955, la production est de 40.000 gros bovins, en 1986, de 67.700. Actuellement, il reste environ 3.000 détenteurs de bovins qui ont élevé en 1994, 41.300 gros bovins. LA PRODUCTION PORCINE

En 1950, le Bas-Rhin comptait environ 118.500 porcs, dont 113.000 truies. En 1960, certains éleveurs se sont regroupés pour organiser la commercialisation, mais c'est en 1970 que les élevages spécialisés ont vu le jour. Les progrès techniques et génétiques ont amélioré la qualité de la viande. De 1970 à 1983, la producion a progressé de 3% par an. En 1987, un nouveau plan de relance s'est traduit par une progression de 10%. Actuellement une centaine d'éleveurs produisent 90% des 113.500 bêtes. LA PRODUCTION OVINE

Globalement, l'effectif ovin a plutôt progressé en 50 ans, tout en restant peu important. En 1996, l'on recense 24.000 brebis mères contre 11.000 après la guerre. 22

Si le gardiennage demeure une pratique courante chez les éleveurs, la transhumance hors département a définitivement cessé. L'éleveur ovin peut affirmer son rôle en participant à l'effort collectif d'entretien des paysages menacés tout en respectant la richesse écologique de ces territoires.

AVICULTURE - LAPINS
Jusqu'au début des années 60, tous les agriculteurs élevaient leurs poulets pour leurs besoins personnels. en 1986 cinq éleveurs se sont regroupés et ont créé le "Poulet Fermier d'Alsace". Aujourd'hui 43 éleveurs produisent 570.000 poulets par an. La production d'oeufs a pris son essor en 1964, à l'époque, les élevages comptaient 2 à 3.000 poules. Aujourd'hui 12 producteurs élèvent 300.000 pondeuses. Dans le département, l'on compte aujourd'hui 34 producteurs pour 473.000 poules. La production du lapin est constituée par une filière de 16 producteurs pour 114.000 lapins par an. n n'y a qu'une vingtaine de producteurs de foie gras 6.300 oies et 55.000 canards. CÉRÉALE A PAILLE En 1955, le blé, l'orge, l'avoine et le seigle occupent 72.000 ha dans le Bas-Rhin, soit 35 010 dela surface utilisée. En 1960, la surface baisse légèrement pour atteindre 60.000 ha. Grâce à la fertilisation, les rendements en blé sont passés de 15 q/ha en 1946 à 50 q/ha en 1980, et actuellement à 65 q/ha. En 1995, la surface à blé est tombée à 34.000 ha. L'avoine et le seigle ont pratiquement disparus.

M AÏS:

un formidable

développement

Aussitôt après la fin de la guerre, le besoin de nourrir rapidement la population entraîne l'importation de semences américaines de maïs, céréale pratiquement inconnue dans notre pays.

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En 1950, le maîs n'est produit que dans trois régions françaises, le Sud-Ouest, la Saône-et-Loire et l'Alsace, sur une surface de 360.000 ha. En 1965, il couvre 5.000 ha dans le Bas-Rhin avec une production de 35 q/ha. C'est en 1970 que s'amorce véritablement le développement du maïs avec des variétés hybrides permettant des rendements de 66 q/ha sur 16.450 ha. Actuellement, les surfaces en maïs sont stabilisées autour de 75.000 ha. avec des rendements moyens de 100 q/ha. Le maïs domine largement toutes les autres cultures; il sert à l'alimentation animale mais aussi à la fabrication de produits dérivés comme les huiles, l'amidon, les colles, le papier, les plastiques, les peintures, les bio-carburants. LA VIGNE ET LE VIN Après la guerre, la culture de la vigne en Alsace était encore en grande partie une production de masse destinée à l'auto-consommation de la famiile et des ouvriers agricoles. L'ordonnance du 2 juillet 1945 constitue la base de la viticulture actuelle en définissant une appellation d'origine simple "vins d'Alsace". C'est en 1962 que l'Alsace accède à la consécration d'appellation d'origine contrôlée. Puis la mise en bouteilles dans la région et la mise à jour de la liste des cépages en 1971 : sylvaner, riesling, pinot blanc, tokay gris, pinot noir, muscat et gewurtztraminer. Plus tard en 1976, le crémant d'Alsace. La sélection des grains nobles en 1984, les grands crus en 1992. Le recensement en 1950 indique une surface totale de 17.300 ha en Alsace dont 8.750 dans le Bas-Rhin. En 1994, la surface totale est de 14.060 ha. On constate la disparition du chasselas, une baisse du sylvaner et du muscat, une stabilité du gewurtztraminer mais une progression importante du riesling, pinot noir, du pinot blanc et du tokay. Pendant cette période, les viticulteurs, moins nombreux, passent de 12.000 en 1969 à 7.000 en 1994.

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La production de vin en AOC pour le Bas-Rhin: 433.000 hl. Haut-Rhin: 683.000 hl. LA BETTERAVE A SUCRE La betterave fait son apparition en Alsace en 1810 sous Napoléon 1er. 17 sucreries transforment la production de 3.000 ha. A la chute de l'Empire, l'arrivée en masse de la canne à sucre entraîne la fermeture des sucreries. Après la Deuxième Guerre mondiale, quelque 6.000 planteurs cultivent 2.000 ha. La betterave est exigeante en main-d 'œuvre: 400 heures de travail par hectare. Les paysans vendent leurs betteraves et il leur reste du fourrage à bas prix et les pulpes. La mécanisation s'accélère à partir des années 50 avec les planteuses, le désherbage automatique et la récolte avec des machines à haut rendement. La technique devient de plus en plus pointue. Le planteur aujourd'hui produit 10 tonnes de sucre à l'ha, alors qu'il en produisait le tiers il y a 50 ans. La production a atteint en 1995 320.000 tonnes de betteraves à sucre. LE TABAC: UNE CUL TURE SÉCULAIRE

En Alsace, la culture du tabac a connu des phases d'expansion et de récession au gré des contraintes administratives et des réglementations. Le tabac est apparu dès le XVllème siècle. Louis XIV accorda à notre région l'exemption de l'impôt sur les ventes en 1648. Le monopole de la vente et de la fabrication "la Régie des Tabacs" fut instaurée en 1810. Les tabaculteurs rejoignent la tutelle de la SEITA après la guerre de 1914/18. En 1938, l'Alsace compte 15.000 planteurs produisant du tabac noir pour la SEITA dont le contrôle allait jusqu'au nombre de pieds, voire de feuilles. Les premiers essais avec une machine datent de 1950. En 1970, l'abolition du monopole et l'ouverture des frontières donnent un nouvel élan avec la création de la coopérative en 1971. En 1975, les premières livraisons de porte-cueilleurs, en 1978, les premiers essais de tabac blond. 25

En 1979, la coopérative d'Alsace s'est associée aux Il autres coopératives tabacoles françaises pour former l'union des coopératives qui a mis en service l'usine de transformation de Sarlat, maillon indispensable pour la commercialisation et la valorisation du tabac français. En 1995, on compte 1.276 planteurs et le volume produit atteint 3.920 tonnes. LE HOUBLON A la fin du XVIIIème siècle, le houblon fait son apparition. Cent ans plus tard, les houblonnières couvrent dans le Bas-Rhin 4.500 ha. Dans le même temps, des dizaines de brasseries et d'auberges sont apparues les villes et les bourgades. Une civilisation de la bière est créée dans la région. En 1939, le houblon occupe 1.350 ha mais, pendant l'Occupation, les autorités allemandes ramènent la surface à 500 ha. En 1960, 1.100 ha sont exploités. Les brasseries achètent le houblon sur le plan mondial et les producteurs en sont préoccupés, en 1978, ils se regroupent au sein de la "Cophoudal", mais cela ne suffit pas. en 1983, le seuil critique est atteint avec 420 ha et 200 producteurs. Aujourd'hui la production a augmenté, soit 620 ha avec 128 producteurs pour préserver la spécificité et la qualité du houblon d'Alsace. LE CHOU A CHOUCROUTE Le Bas-Rhin est le leader incontesté pour la culture du chou à choucroute. TIreprésente les 2/3 de la production nationale. De 400 ha en 1950, le chou est passé à 750 ha dans les années 1970. Il est actuellement stabilisé sur 560 ha avec 200 producteurs. La productivité est de 90 tonnes à l'ha. En 50, depuis les ravages de la guerre, l'Alsace s'est transformée complèteme11t grâce à son agriculture, elle est devenue une grande région agricole.

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L'HISTOIRE SES VINS

DE L'ALSACE

EST AUSSI CELLE DE

TIétait une fois un climat sec, baigné de soleil et des sols particulièrement favorables à la vigne. Ces conditions exceptionnelles étaient très appréciées par les Romains qui l'apportèrent en Alsace lors de leurs conquêtes. La viticulture s'épanouira ensuite sous le règne des Mérovingiens et des Carolingiens qui font une grande consommation de ce "vin tonique et qui rend gai" . Avant la fin du premier millénaire 160 localités alsaciennes cultivent la vigne. Au moyen âge, les vins d'Alsace comptent parmi les plus réputés et les plus chers d'Europe. Déjà, les vignerons en assurent la renommée grâce à des règles très strictes de production et de sélection. Mais la guerre de Trente ans interrompt brutalement cette période de prospérité. Les batailles, le pillage et la peste ruinent l'Alsace. La population est décimée. Après deux siècles encore d'épreuves et de dévastations, le vignoble alsacien renaît au lendemain de la Première Guerre mondiale. La vigne se reconstitue et les vignerons se remettent à l'ouvrage. Ils s'intéressent à la notion d'Appellation d'Origine Contrôlée qui commence alors à s'instituer en France. Après 1945, une politique de qualité est clairement mise en oeuvre avec la délirnitation de l'aire de production et la fixation de règles strictes de production. Elle trouve son aboutissement en 1962 dans la reconnaissance de l'AOC Alsace par l'Institut National des Appellations d'Origine Contrôlées suivie en 1975 de l'A.O.C. Alsace Grand Cru et, en 1976 de l'AOC Crémant d'Alsace. LE MARIAGE D'UN CLIMAT EXIGEANTS DE SOLS GÉNÉREUX EXCEPTIONNELS ET POUR DES VINS

Abrité des influences océaniques par le massif vosgien qui lui procure l'une des pluviosités les plus faibles de France (450 à 500 mm d'eau par an), le vignoble d'Alsace bénéficie 27

d'un climat semi-continental ensoleillé, chaud et sec. Ce climat est propice à une maturation lente et prolongée des raisins et favorise l'éclosion d'arômes d'une grande finesse. La géologie alsacienne représente une véritable mosaïque, du granit au calcaire en passant par le gneiss, le schiste, le gré... Dans cette grande variété de terroirs s'épanouissent de nombreux cépages. Le vignoble s'étend du nord au sud, sur une centaine de kilomètres, au pied du versant Est des Vosges dont il couvre les premières collines (entre 200 et 400 mètres d'altitude) sur une superficie en production de 14.000 hectares. AU FIL DES DERNIÈRES ANNÉES, LES VINS D'ALSACE ONT CONQUIS UNE PLACE SOLIDE EN FRANCE ET EN EUROPE Avant 1920, les vins d'Alsace se relevaient à peine de trois siècles difficiles. Aujourd'hui, ils représentent une production annuelle moyenne d'environ 150 millions de bouteilles. Les vins d'Alsace sont commercialisés pour deux tiers en France et un tiers à l'exportation dans les pays européens. Ils sont leaders des vins blancs de qualité en France dont ils représentent près de 40% de la consommation à domicile. Ce développement, fruit des efforts constants de toute la profession viticole, trouve un relai naturel dans l'intense activité économique et touristique de l'Alsace.
UN VIGNOBLE VILLAGES FLEURIS 'VALLONNÉ, PONCTUÉ DE

La route des vins d'Alsace serpente du nord au sud à travers les collines du vignoble, sur plus de 170 kilomètres au pied des pentes boisées des Vosges. Son parcours est un pur bonheur: les dessins ondulants des vignes, parfois escarpées, alternent avec des villages fleuris aux ruelles étroites et aux maisons inimitables serrées autour de leur 28

clocher. Les winstubs et caves de dégustation, fraîches et accueillantes, y disent à tout instant l'amour du vin. De la route, on peut s'aventurer au coeur du vignoble et jusqu'au sommet des coteaux par de nombreux sentiers viticoles fléchés qui invitent à découvrir le travail de la vigne et la diversité des cépages. D'avril à octobre, les fêtes viticoles ainsi que les foires aux vins perpétuent les traditions.

UNE SURPRENANTE DIVERSITÉ
LES IDÉES REÇUES

BOUSCULANT

En Alsace, contrairement aux usages des autres vignobles français, ce n'est pas en général le terroir qui donne son nom aux vins, mais les cépages eux-mêmes. Ils proviennent de sept cépages qui sont au nombre de sept: sylvaner, ..pinot blanc, riesling, muscat d'Alsace, tokay pinot gris, gewurzstraminer et pinot noir. Toujours présentés dans leur bouteille typique et élancée, ils sont obligatoirement embouteillés dans la région de production. Le sylvaner est remarquablement frais et léger, avec un fruité discret. Agréable et désaltérant, il sait montrer aussi une belle vivacité. Le riesling sec, racé, délicatement fruité, offre un bouquet d'une grande finesse avec des nuances parfois minérales ou florales. Reconnu comme l'un des meilleurs cépages blancs au monde, c'est un vin gastronomique par excellence. Le pinot blanc, rond et délicat, allie fraîcheur et souplesse pour représenter un juste milieu dans la gamme des vins d'Alsace.

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Le muscat d'Alsace se distingue des muscats doux du Midi par son caractère sec. Très aromatique, il exprime à merveille la saveur du fruit frais. Le tokay pinot gris développe une opulence et une saveur caractéristiques. Charpenté, rond et long en bouche, il présente des arômes complexes de sous-bois parfois légèrement fumés. Le pinot noir en Alsace est le seul cépage à produire un vin rouge ou rosé dont le goût fruité typique évoque la cerise. Vinifié au rouge, il peut être élevé en barriques de chêne, ce qui ajoute à ses arômes une structure plus charpentée et plus complexe. Le gewurzstraminer, corsé et bien charpenté, est probablement le plus célèbre des vins d'Alsace. Son bouquet intense développe de riches arômes de fruits, de fleurs ou d'épice (gewurz : épicé). Puissant et séducteur, parfois légèrement moelleux, c'est souvent un vin de garde.
LES /JVENDANGES TARDIVES
Il

/JET

LES

/JSÉLECTIONS

DE GRAINS NOBLES

Rares et prestigieuses, ces deux mentions peuvent compléter des appellations Alsace et Alsace Grand Cru, lors d'années exceptionnelles et selon des critères très rigoureux. Les vendanges tardives proviennent de cépages identiques à ceux admis dans les grands crus, mais récoltés en surmaturité, souvent plusieurs semaines après le début officiel des vendanges. Au caractère aromatique du cépage s'ajoute la puissance due au phénomène de concentration et au développement de la pourriture noble. Les sélections de grains nobles sont obtenues par tris successifs de pourriture noble. La concentration rend l'identité du cépage plus discrète, au bénéfice d'une

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puissance, d'une complexité et d/une longueur en bouche exceptionnelles. On atteint là de véritables chefs-d'oeuvre. FRAÎCHEUR ET NATUREL

La saveur des vins d'Alsace n'attend pas le nombre des années pour se révéler dans toute sa richesse: six mois à cinq ans leur suffisent. Les grands millésimes, les Grands Crus, les Vendanges tardives et les Sélections de Grains nobles gagnent cependant à vieillir beaucoup plus longtemps. Dans tous les cas, les alsaces se conservent couchés, entre 10 et 15° C en cave ni trop sèche ni trop humide. Certains cépages présentent parfois tm certain pétillement dû à un tirage précoce permettant de conserver toutes leurs qualités. La présence éventuelle d'un léger dépôt de tartre au fond de la bouteille est un phénomène naturel, souvent signe de plus grande finesse. Les vins d'Alsace doivent être servis frais et non glacés. Leur température se situe entre 8 et 10° pour les vins et entre 5 et 7° pour les crémants. Leur saveur, leur élégance et leur bouquet s'épanouissent dans des verres tulipe à long pied et, pour le crémant, dans une flûte en cristal longue et fine. Et n'oubliez pas que les arômes du vin s'exprimeront d'autant mieux que les verres ne seront pas remplis complètement! LE CRÉMANT D'ALSACE

Dès la fin du XIXème siècle, des vins mousseux étaient élaborés en Alsace selon la méthode traditionnelle. Cette tradition, moins vivace durant la première moitié de ce siècle, a cependant été maintenue jusqu'à la reconnaissance, par décret du 24 août 1976, de l'Appellation d'Origine Contrôlée crémant d'Alsace. La personnalité originale et la qualité irréprochable du crémant d'Alsace, garanties par des règles de production d'une sévérité exemplaire, ont rencontré un succès

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considérable, en Alsace bien sûr, mais également dans les autres régions françaises et auprès de nos voisins européens. Le crémant d'Alsace est devenu aujourd'hui l'un des premiers vins mousseux à appellation d'origine contrôlée consommés en France. Dans la production du vignoble alsacien, il représente environ une bouteille de vin d'Alsace sur dix et compte près de 500 producteurs qui contribuent chaque jour à sa renommée grandissante. Le crémant d'Alsace est issu de l'heureuse alliance des cépages d'Alsace et de la méthode traditionnelle qui apporte sa délicate effervescence au pinot blanc, riesling, pinot noir, pinot gris ou plus rarement chardonnay. Les cépages destinés a la production de Crémant - qui proviennent exclusivement de l'aire de l'Appellation Alsace Contrôlée - sont le plus souvent récoltés les premiers, au tout début de l'ouverture du ban des vendanges, afin de saisir le moment propice où le raisin offre pour la vinification le meilleur de son équilibre et sa plus fine harmonie. Le crémant d'Alsace doit une grande part de sa finesse et de son originalité à la personnalité inimitable de chacun des cépages d'Alsace et aux conditions privilégiées dont bénéficie leur vignoble: climat sec et ensoleillé, exposition des coteaux au soleil levant, caractéristiques géologiques particulières. Les crémants sont issus généralement d'un assemblage harmonieux de plusieurs cépages, chacun d'eux contribuant à l'équilibre subtile de la cuvée. Mais lorsque le nom d'un cépage est mentionné sur l'étiquette, le crémant est bien évidemment obtenu exclusivement à partir de celui-ci. La plupart des crémants blancs de blancs sont élaborés à partir du pinot blanc qui leur confère délicatesse et équilibre. Le riesling produit quant à lui des crémants aux notes plus vives et plus fruitées, pleines d'élégance et de noblesse. Le pinot gris apporte aux crémants richesse et 32

charpente. Le pinot noir est le seul cépage à produire des crémants d'Alsace rosés ou plus rarement, des blancs de noirs (le pinot noir est un cépage à jus blanc) plein de charme et de finesse. L'ART DE LA VINIFICATION Après la fermentation traditionnelle, c'est dans la bouteille même que s'effectuera naturellement la "prise de mousse ", grâce à une deuxième fermentation. Cette méthode artisanale exige pour chaque bouteille des soins patients et attentifs. Aussi, durant une période de vieillissement dite "sur lattes, "les bouteilles sont tournées jour après jour sur leur pointe, soit manuellement, soit mécaniquement, afin que le dépôt se rassemble dans le col en attendant l/heure du dégorgement. Le dépôt est alors évacué par refroidissement, le volume libéré permettant le dosage en brut, sec ou demisec - à l'aide d'une liqueur de sucre de canne - dans le respect de la méthode traditionnelle la plus pure.

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LA RÉGION AQUITAINE 5 départements: la Gironde (33), "la Dordogne (24), le Lot-et-Garonne (47), les Landes (40), les Pyrénées-Atlantiques (64).

Département du LOT-ET-GARONNE Chef-lieu du Département d'AGEN

L'agriculture est l'entreprise N° 1 du département: - 12.400 exploitations occupent 180/0de la population active sur 337.000 ha. - La production agricole finale s'élève à 4 milliards de francs. % de la production - Les exportations représentent 40 départementale. LES SOLS: se composent de boulbènes, de terreforts, d'alluvions, de sables. - les boulbènes sont des terres en général profondes, imperméables à l'eau pendant l'hiver et très sèches en été pauvres en éléments fertilisants. - les terreforts sont des terrains argilo-calcaires, difficiles à travailler, humides en hiver. Ce sont de bonnes terres pour les céréales à paille et les pruniers d'ente. - les alluvions se trouvent dans les grandes vallées de la Garonne et du Lot; elles sont profondes et faciles à travailler. - les sables s'étendent au sud-ouest du département et constituent des terrains humides en hiver, secs en été. La plus grande partie est valorisée par les forêts de pins, la culture du maïs et des asperges.
.

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LA CLIMATOLOGIE: le climat océanique est dit "aquitain.' l'hiver c'est-à-dire en général tiède et humide. Le printemps est souvent précoce. L'été est sec ou humide suivant la prédominance de l'influence méditerranéenne. L"automne, tardif, est souvent lumineux. Les précipitations moyennes sont de l'ordre de 600 à 800 mm sur 150 à 160 jours. La grêle survient assez souvent et peut dévaster les cultures. La proximité de la forêt landaise, ainsi que les caractéristiques orographiques et les phénomènes d'évapo-transmission y contribuent grandement. LES HOMMES: l'Agenais a été pendant des siècles le théâtre de guerres incessantes. Au coeur des guerres de religion, l'affrontement entre protestants et catholiques, situé sur la ligne de front lors des guerres franco-anglaises, a fait que les villages ont été souvent dévastés et les populations passées au fil de l'épée. Le pays s'est sans cesse repeuplé avec l'immigration venue des Pyrénées, du Massif central, du Limousin, du Rouergue, de la Saintonge, de Suisse et plus récemment d'Afrique du Nord. La diversité des races, du sol et des climats fait que toutes les productions métropolitaines sont présentes. Les exploitations sont basées sur la polyculture. LES PRODUCTIONS ANIMALES

Leur importance a diminué au cours de la décennie passée et ne représente plus que le quart des livraisons agricoles. L'effectif bovin s'élève à 138.000 têtes dont 29.000 vaches laitières. Les exploitations laitières deviennent de plus en plus spécialisées mais leur nombre se réduit fortement. La recherche d'une meilleure valorisation prend appui sur la race Blonde d'Aquitaine qui présente d'excellentes

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qualités bouchères. La production de viande de qualjté bénéficie du label "boeuf blond d'Aquitaine". Les ovins, caprins, porcins trouvent leur place dans nombre d'exploitations ainsi que les volailles destinées pour partie à l'engraissement. La filière palmipèdes gras est en plein développement et apporte une valorisation importante des produits fermiers. LES GRANDES CULTURES

La surface consacrée aux céréales et oléagineux atteint 190.000 ha et s'est accrue dans la dernière décennie d'environ 20°10.Elle procure 23°10de la valeur des livraisons. On constate: - la diminution des céréales à paille qui ne représentent plus que 50.000 ha. -l'augmentation de la surface du maïs qui atteint 70.000 ha. - l'accroissement rapide des oléagineux et du tournesol qui ont dépassé 37.000 ha en 1992 et connaissent maintenant une diminution importante - 50°10en deux ans conséquence directe de la PAC. L'avenir ne paraît pas favorable. Afin de mieux affronter les difficultés qui s'annoncent, les trois principales coopératives de céréales se sont regroupées dans la structure " Terre du Sud" dont le chiffre d'affaires est' supérieur à 2 milliards de francs.

LES PRODUCTIONS SPÉCIALISÉES
Ce secteur est celui sur lequel l'économie du département compte le plus car il génère davantage d'emplois tant au niveau des exploitations qu'à l'amont et à l'aval. TI représente 50°10des livraisons. LES LÉGUMES: ils couvrent près de 12.000 ha dans les vallées. Leur culture se développe sur les coteaux grâce à l'opiniâtreté des cultivateurs à l'irrigation des réseaux collectifs et à la création de réserves culinaires. 37

Parmi la large gamme de légumes cultivés, citons: LA 'TOMATE: cette production qui a fait depuis longtemps la réputation de Marmande représente un chiffre d'affaires de 259 millions de francs. Le développement des serres sur sites a pour but d'allonger le cycle de production, de consolider les volumes commercialisés, de fidéliser les acheteurs. En 1993, 36.000 tonnes ont été récoltées pour le frais et 42.000 tonnes pour la conserve. LA FRAISE: plus du quart de la production nationale est réalisé sur 1.250 ha du département. La superficie a quintuplé de 1970 à 1987. Depuis elle a légèrement régressé devant la concurrence espagnole. La variété Elsanta, bien que fragile, est majoritaire. LE MELON: du type charentais, il occupe enViron 1.600 ha. La culture sous abri froid en tunnel de 5 à 8 mètres permettant une nette précocité, elle se développe dans le Marmandais. Dans le bassin de production -le Néracais - ce melon, produit sous chenille, arrive sur le marché vers le 15 juin. Les coteaux de L'agenais produisent le melon de saison Bien d'autres productions ont leur place sur les exploitations: LE HARICOT VERT: 12.000 tonnes. LE MAIS DOUX: 32.000 tonnes. LA COURGETTE: 7.600 tonnes. LES ARTICHAUTS, SALADES, POIVRONS, AUBERGINES etc... PRODUCTIONS FRUITIÈRES

Ces cultures occupent 15.000 ha. et représentent plus de 27 °10de la valeur totale des livraisons. Au Moyen-Agel la prune dite de Saint-Antonin était déjà séchée et exportée. 38

LA PRUNE D'ENTE: c'est à partir du XVIIIo siècle et dans la région de CLAIRAC que s'est développé un prunier greffé auquel on faisait subir une taille servile et qui donnait une prune ferme et oblongue. Planté dans les joualles de vignes, le prunier se répandit entre elles et son fruit, confit avec adresse, sut conquérir rapidement des marchés lointains, portant à des pays allant du nord aux Antilles, la renommée d'Agen et de son pruneau. Sa superficie ( 7.400 ha ) augmente régulièrement depuis une vingtaine d'années grâce au plan de relance qui a permis de recevoir des arboriculteurs des aides de l'ONIFLORE. Le verger qui représente 70% du verger français est implanté en majorité sur les coteaux du Lot. La production de pruneaux a représenté en 1993 une valeur de 250 millions de francs. LA POMME ce verger occupe 2.300 ha dans les vallées de la Garonne et du Lot, surface en légère augmentation. Les variétés sont la Golden 50%, la Granny Smith 15%, la Rouge Délicious 15%. LA POIRE: cette espèce connaît un véritable déclin depuis une quinzaine d'années et n'occupe plus que 500 ha. LA NOISETTE: en 10 ans la surface est passée de 50 à 410 ha faisant du Lot-et-Garonne le premier département français producteur. LE KIWI: sa surface a pratiquement décuplé en 10 ans pour atteindre 500 ha. TI est localisé dans la vallée de la Garonne. LES AUTRES PRODUCTIONS: LE TABAC: c'est pratiquement la seule culture industrielle qui subsiste des siècles passés. Développé à partir du XVllème siècle dans la région de Clairac, il a connu des vicissitudes diverses, soumis qu'il était alors au "fait du prince" comme nous le sommes aujourd'hui à la directive de Bruxelles. Il occupe 1.000 ha qui

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produisent 1.900 tonnes pour 39 millions de francs en 1993. LA VIGNE A RAISIN DE CUVE: au milieu du siècle le vignoble occupait 80.000 ha, il est tombé à moins de 9.000 ha aujourd'hui. L'avenir du Lot-et-Garonne se situe à trois niveaux: production améliorant en les

1° Consolider les entreprises de poursuivant les investissements et en équipements.

2° Adapter la production aux conditions dans le respect de l'environnement.

du marché

3° Renforcer les entreprises d'aval en resserrant l'organisation économique des fruits et légumes afin de créer des unités adaptées face à une demande concentrée et internationale. Département: LES LANDES

Chef-lieu du département: MONT-DE-MARSAN Surface totale de 934.684 ha, Superficie agricole utilisée est de 225.427 ha. Deux régions s'opposent tant au niveau pédologique que climatique. L'Adour, principal cours d'eau, sépare au nord les Landes de Gascogne de la Chalosse Tursan au sud. PÉDOLOGIE: les sols sont issus de quatre grands types de roche mère: - LES TERRAINS MIO- PLIOCENE, terrasses anciennes formées au quaternaire par les gaves et l'Adour. LES SOLS PODZOLIQUES qui caractérisent les landes de Gascogne. Ce sont des terrains très secs l'été, humides l'hiver, formés des sables noirs de la lande sèche, très pauvres en éléments nutritifs. 40

LES SOLS DES CÔTEAUX LANDAIS: D'origine calcaire mis à jour par l'érosion et des sols, ils ont été d'origine non calcaire, ils proviennent de l'érosion des plateaux de sable fauve. - LES VALLÉES CONSTITUÉES d'alluvions récentes caractérisées par des sols hydromorphes et possédant une bonne fertilité. CLIMATOLOGIE: le climat est du type océanique et le département est sous l'influence de l'Atlantique. Le climat du Sud-Adour est très doux et réchauffé par le GULF STREAM. L'entrée des masses océaniques se fait entre la zone forestière qu'est la haute lande et les Pyrénées. Les hivers sont en général humides et cléments, avec U11e moyenne de 7°C. Les brouillards sont fréquents. Le printemps est pluvieux et peu ensoleillé. Les étés sont secs et très ensoleillés avec des orages. Les automnes sont doux et lumineux. La somme des températures au-delà de 6°C dépasse les 2.000° C par an, permettant l'implantation de variétés de maïs tardives et de cultures légumières de plein champ. L'ensoleillement moyen est de 1970 heures. LA FORÊT LANDAISE: SON HISTOIRE

Elle représente le premier massif forestier d'Europe. Elle s'étend sur 635.000 ha, soit 68% du département. Hier, lID vaste marécage, c'est aujourd'hui une forêt productive. En 1870, Brémontier commença les travaux de fixation sur la dune littorale en plantant des végétaux comme l'OYAT, dont les racines très longues et très touffues fixent solidement le terrain. On a pu alors réussir l'assainissement de l'intérieur grâce au drainage réalisé par Chambrelant et Crouzet et grâce à la plantation de pins maritimes. La loi de 1857, en obligeant les communes à assainir et à ensemencer leur terrain, contribua 41

à la réussite de ce vaste programme, auquel Napoléon ill, le régénérateur de la lande, apportera l'impulsion de l'Etat. Dans les Landes, cette forêt s'étend sur 5 régions naturelles: la Grande Lande, les petites Landes de Roquefort, les Pays de Born, le Marensin, la Marenne. En 1880, environ 800.000 ha étaient boisés. La récolte de la gemme a fait la richesse du Massif Landais, mais aujourd'hui, victime de son coût d'exploitation et de la concurrence internationale, elle a pratiquement disparu. Vers 1865, la forêt landaise a connu un débouché important avec les mines de charbon du Pays de Galles. Elles ont absorbé jusqu'à un million de tonnes de bois. Les houillères françaises, sarroises et les mines de phosphates d'Afrique du Nord prirent ensuite le relais. Aujourd'hui cette activité a cessé. La forêt landaise n'est constituée que d'une seule essence: le pin maritime. Les progrès techniques réalisés en font une véritable plante sarclée, ce qui constitue une originalité remarquable par rapport à la sylviculture française. Les différentes étapes de cette culture sont: le drainage, le labour, la fertilisation, le semis ou plantation de plants en container (1.200 à 1.500 plans à l'ha), les dépressages après semis l'enlèvement des sujets en surnombre pour arriver à environ 1.200 pins à l'hectare, l'élagage, afin d'obtenir le bois sans noeuds (6m) nécessité dans le cadre de la plantation. Les éclaircies: elles prennent le relais des dépressages, les peuplements étant assez âgés (15 ans environ)-. Ces bois sont transformés en cellulose et en panneaux. La coupe rase a lieu à l'âge de 40 à 50 ans. La protection sanitaire par épandage aérien est indispensable contre la, chenille processionnaire du pin, ravageur indésirable.

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Le FEU est l'ennemi le plus redoutable de la forêt. Dans le Massif Gascon, de 1940 à 1949, 450.000 hectares sont partis en fumée. De cette catastrophe, est née une organisation efficace et modèle, la DFCl (Défense des forêts contre l'incendie ). La lutte est à la fois préventive avec la création et l'entretien de pistes, les pare-feux, les réserves naturelles d'eau, l'assainissement, et active avec les pompiers professionnels et volontaires, dans des centres bien répartis sur l'ensemble du massif, et l'utilisation de l'électronique pour une surveillance permanente. La répartition de la forêt en propriétés est la suivante: Domaniale: 2.36% Communale: 4.73 %. Privée: 92.89 % En 1988, l'inventaire était le suivant: surface en forêt: 554.232 ha. en feuillus: 61.000 ha en pins résineux: 494.000 ha. LA PRODUCTION DES FORÊTS EN 1991

135 Entre exploitations forestières et SCieries entreprises. Bois d'industrie: feuillus: 92.000 m3. Résineux: 1.170.000 m3. Bois d'oeuvre: feuillus: 84.000 m3. Pins: 2.280.000 m3. Ces bois sont utilisés pour la: fabrication d'éléments de charpente et de menuiserie du bâtiment. fabrication de parquets, moulures et baguettes. fabrication et transformation de panneaux, bois de placage, bois amélioré. fabrication d'emballage de bois. industrie du papier et de la pâte à papier. industrie de l'ameublement. emplois de 5.500 salariés.

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